Crowdfunding anti-réfugiés : le navire des identitaires stoppé à Chypre
Brève

Crowdfunding anti-réfugiés : le navire des identitaires stoppé à Chypre

Le navire anti-migrants, affrété par des activistes identitaires européens, stoppé dans le nord Chypre ?

C’est ce que relate ce mercredi le site du quotidien britannique The Telegraph et l’organisation antiraciste Hope not Hate, confirmant des informations du site chypriote Cyprus Post. Le capitaine du bateau et son adjoint ont été arrêtés dans le port de Famagouste pour falsification présumée de documents.

Jusqu’ici, ni la fermeture de leur cagnotte sur Paypal, ni la clôture de leur compte par le Crédit mutuel, n’avaient réussi à mettre un coup d’arrêt au projet "Defend Europe". Début mai, plusieurs factions européennes de jeunes d’extrême droite avaient lancé une campagne de financement en ligne. L’objectif ? Réunir assez de moyens pour affréter un grand bateau afin d’entraver les missions de sauvetage de refugiés des ONG en Méditerranée. Une campagne de crowdfunding qui, comme nous vous l’expliquions, avait soulevé l’indignation de nombreux internautes et associations. Ce qui n’avait pas empêché les militants identitaires de se procurer un navire, le C-Star, parti la semaine dernière de Djibouti, en Afrique de l’Est pour entraver le sauvetage des migrants.

"Ces militants d’extrême-droite et l’équipage qui les accompagne sont-ils armés ?". Très probablement, avançait ce mardi Bastamag en s’appuyant sur une enquête menée par Hope not Hate (L’espoir pas la haine). Ces dernières semaines, cette organisation antiraciste, basée à Londres a livré quasi-quotidiennement des éléments sur l’opération menée en mer par les activistes d’extrême droite. "Hope not Hate craint désormais que des armes aient également été transbordées" La raison ? Le C-Star et son équipage de bord ont été loués aux identitaires par un certain Sven Tomas Egerstrom, entrepreneur suédois aux manettes d’une société de sécurité maritime privée. Cette entreprise Sea Marshals Risk Management Ltd, possède deux navires, dont le C-Star qui effectuent habituellement des prestations de sécurité le long des côtes est-africaines, dans des zones maritimes confrontés à la piraterie. "Durant les cinq dernières années, Sea Marshals Risk Management Ltd a fourni des personnels de sécurité armés dans les zones à haut risque" peut-on lire en page d'accueil du site de la société. "Nous avions l'habitude de ne recruter que des ex-militaires britanniques, mais le marché a été inondé et nous employons maintenant des hommes d'autres pays comme l'Inde, l'Ukraine et la Serbie", relatait en mai dernier, le directeur de la société au site d’information gallois, Wales online, expliquant que ces vigiles des mers étaient équipés d’armes semi-automatiques.

"Le fait que Sven Egerstrom ait des intérêts au sein d’une compagnie de sécurité maritime privée et qu’il admette avoir fourni un équipage pour l’opération Defend Europe, le fait que Defend Europe communique sur son équipage ukrainien, combiné à un mystérieux rendez-vous avec un bateau transportant des gardes armés, pose sérieusement question", commente l’organisation antiraciste. Le bateau "anti-réfugiés" avait été bloqué une première fois pour inspection le 20 juillet au port de Suez par les autorités égyptiennes. Ce mercredi, selon le Telegraph et Cyprus Post, le navire de Defend Europe avait changé d’équipage à Chypre et se préparait à reprendre la mer. Alertée par des associations, dont Hope not Hate, la juridiction turque de la moitié nord de l’île de Chypre a ouvert une enquête et fait évacuer le bateau, sans préciser si des membres de l'équipage étaient armés. "L’éventualité que le navire puisse reprendre la mer dans la foulée avec un nouvel équipage est encore incertaine", explique le Telegraph. Ce mercredi, les membres de Defend Europe se sont, quant à eux, dits déterminés à poursuivre leur opération : "Nous suivrons les règles, attendons le résultat des enquêtes et prendrons tout le temps nécessaire pour commencer correctement notre mission."

L'occasion de relire notre article : "Crowdfunding anti-réfugiés : Paypal sommé de réagir"

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