Covid-19 : le Conseil scientifique, début de transparence
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Covid-19 : le Conseil scientifique, début de transparence

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Pour la première fois, le Conseil scientifique a rendu un avis en son nom propre, favorable au confinement, annoncé par Emmanuel Macron ce soir, sans qu'il ait prononcé le mot. ASI revient sur le manque de transparence du conseil depuis sa nomination le 11 mars, et s'intéresse à certains de ses membres, comme l'étonnant microbiologiste Didier Raoult... qui contestait, ce lundi encore, la pertinence du confinement.

[Mise à jour : à la fin de l'article, précisions sur l'annonce par le Pr Raoult du succès du traitement à la chloroquine testé à l'IHU]. 

 La ligne du gouvernement sur le Covid-19 semble, c'est le moins que l'on puisse dire,  hésitante, contradictoire, improvisée, et in fine dangereuse. On y verrait peut-être plus clair si les informations communiquées par le Conseil scientifique désigné par le gouvernement mercredi 11 mars et réuni à l'Élysée jeudi 12 puis samedi 14, avaient été rendues publiques, et de manière exhaustive. On y découvrirait peut-être l'inquiétude des 11 experts sur le maintien du premier tour des municipales. Cette opacité vient cependant de prendre fin, puisque le Conseil a fait savoir ce lundi soir 16 mars, en son nom, qu'il était favorable au confinement, sur le modèle italien.  " (...) le gouvernement devrait présenter au plus tard lundi une première synthèse des travaux du Conseil scientifique, tels qu’ils ont été exposés samedi au premier ministre", signalait Le Monde ce dimanche 15 mars. Peut-être une réaction aux propos du journaliste du Monde Franck Nouchi, longtemps spécialiste des questions de santé, qui regrettait, la veille, cette confidentialité

"qui les a nommés? on ne sait rien"

Les membres eux-mêmes - une anthropologue, un sociologue, des médecins et des chercheurs, avec, à leur tête, l'immunologiste Jean-Francois Delfraissy - s'expriment peu depuis leur nomination. Vendredi 13 mars, ASI avait réussi à joindre Simon Cauchemez, le "modélisateur" du Conseil scientifique, un épidémiologiste de l'Institut Pasteur. Il nous avait expliqué qu'il ne pouvait communiquer sans autorisation. La veille, il avait présenté à l'Elysée plusieurs modélisations, dont celle, alarmante, de l’épidémiologiste londonien Neil Ferguson (Imperial College). Il a accepté de commenter cette projection auprès du Monde, pour un article paru dimanche 15 mars. Mais ce lundi 16 au matin, son numéro de poste à l'Institut Pasteur n'était plus valable. Les membres du Conseil scientifique ne parlent pas. "Même les journalistes qui les connaissaient avant leur nomination au Conseil scientifique n'arrivent pas à les joindre, peste un journaliste spécialisé d'une rédaction parisienne. C'est le black out. Le gouvernement a choisi des pointures et les empêche de parler!" Dans une autre grande rédaction, un spécialiste de longue date proteste : "Qui exactement les a nommés? Sur quelle base, en fonction de quelles publications scientifiques? En quoi sont-ils pertinents? On ne sait rien." 

Sur BFMTV, le pneumologue Jean-Philippe Derenne critiquait ce lundi 16 mars le fait que les chercheurs membres du Conseil scientifique connaissent surtout les virus Ebola ou du sida : "C'est une pneumonie, c'est une maladie du poumon (...) ça va concerner le médecin généraliste, l'urgentiste, le pneumologue, le radiologue (...) et le réanimateur. Qu'est-ce qu'il y a [dans ce Conseil scientifique]? Un généraliste, une réanimatrice, et (...) trois infectiologues spécialistes du sida et de l'Ebola, plus le président qui est également immunologiste." Pas de pneumologue, donc. 

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