Cash investigation : la justice donne raison au Crédit agricole
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Cash investigation : la justice donne raison au Crédit agricole

Le Crédit agricole aura son droit de réponse face à Cash investigation.

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris a ordonné, jeudi 12 juillet, la diffusion sur France 2 d'un droit de réponse de la banque, a annoncé l'AFP. La banque avait assigné France Télévisions en référé, une procédure d'urgence, à la suite d'un reportage de Cash investigation, le 4 mai, sur le "greenwashing" (ou manière de se présenter comme écolo, sans l'être vraiment ), dont une partie était consacrée au Crédit agricole.

La banque avait demandé le 16 mai à la chaîne de télévision de diffuser un droit de réponse. Mais la chaîne avait refusé, au motif que rien n'était diffamatoire dans l'émission. Précisons que contrairement à la presse écrite, dans l'audiovisuel, le droit de réponse pour une personne citée au cours d'une enquête n'est pas automatique, et doit être lié à une "imputation de diffamation". Et le tribunal a jugé que plusieurs éléments du reportages sont susceptibles de relever de la diffamation.

Voici les quelques phrases incriminées : "Le grand gagnant dans la catégorie greenwashing est le Crédit agricole", "Le Crédit Agricole classé numéro 1 dans les banques les plus émettrices de CO2 et émissions de gaz à effet de serre", ou encore : "Aux 4 coins de la planète, le Crédit Agricole est impliqué dans plus d'une dizaine d'investissements considérés comme polluants par les principales associations écologiques".

Un extrait sursceptible de diffamer la banque ? picto


De cette même émission, nous avions déjà repéré un extrait dans lequel le responsable développement durable du Crédit Agricole est pris à son propre piège, en train de reconnaître hors caméra (mais pas hors micro)...

picto qu'un des investissements de la banque dans une plate-forme pétrolière n'est pas vraiment écologique.

Même si cet extrait n'est pas cité dans la procédure, il a peut-être joué dans la colère du Crédit agricole à l'encontre de l'émission.

"Au sein de l'émission, il est allégué que le Crédit agricole insiste sur ses préoccupations écologiques dans sa communication, alors qu'en réalité, il est l'une des banques aux investissements les plus polluants en ce qu'il finance des projets et entreprises polluants ou dangereux", rappelle le référé. Ce qui "suffit à caractériser des imputations susceptibles de porter atteinte à son honneur ou à sa réputation".

Dans son refus de diffuser le droit de réponse, France 2 avait également estimé que la réponse du Crédit agricole n'était pas "pertinente". Ce que réfute aussi le tribunal. Voici ce que souhaitait écrire le Crédit agricole : "Tout esprit informé sait que le Crédit Agricole, banque mutualiste éprise de solidarité, a pour objectif le développement d'une économie la moins polluante possible et, ce, au profit de communautés, de pays, de peuples, qui sont loin d'atteindre tous des niveaux de ressources élevées". Le référé estime que "cette phrase ne constitue pas une publicité sans corrélation avec l'émission, mais se trouve au contraire en lien avec les exemples donnés d'investissements en Inde ou en Afrique du Sud."

La justice a donc ordonné à France 2 de diffuser le droit de réponse au début de l'émission dans un délai de trois semaines, à partir de la signification du jugement, et à verser au Crédit agricole 4000 euros au titre de ses frais de justice. L'émission étant arrêtée pour l'été, le droit de réponse devra être diffusé "un vendredi à 22h30", "par le déroulement à l'écran d'un texte écrit et sa lecture simultanée à l'antenne". Contacté par @si, l'avocat de France Télévisions, Me Thierry Levy, a indiqué que France télévisions n'a pas encore pris sa décision de faire appel ou non.

Elise Lucet, sans concession dans ses interviews a suscité plusieurs des "clash", comme le montre notre article. Retrouvez aussi la journaliste dans l'exercice de l'auto-critique.

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