Cash investigation / Free : syndicats contre "représentants du personnel"
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Cash investigation / Free : syndicats contre "représentants du personnel"

"Représentants du personnel" contre syndicats.

Après la diffusion, mardi 26 septembre dernier, d'une enquête de Cash Investigation dénonçant notamment la politique brutale de licenciements de Free, le site Univerfreebox.com, qui traite de "l'actualité du groupe Iliad/Free", a publié jeudi 28 septembre une lettre adressée à Élise Lucet. Signé par de mystérieux "représentants du personnel", anonymes, le texte accuse Lucet d'avoir "pris parti" dans son enquête, et prend la défense de la direction en s'attaquant aux témoins (représentant syndical et anciens employés) qui apparaissent dans le documentaire.

Pour rappel, l'enquête de Cash Investigation sur Free se concentrait notamment sur un centre d'appels de Colombes, le centre Mobipel. En octobre 2014, les salariés du centre avaient lancé sous l'impulsion d'un délégué syndical SUD et de la CGT un "débrayage", une grève courte de trois heures, pour protester contre leurs conditions de travail. Cash expliquait que depuis cette date, et jusqu'en janvier 2017, 248 salariés avaient été licenciés, sur les 650 que comptait le centre avant la grève. L'émission donnait également la parole à un ancien "chef de plateau" Féral Messak qui confiait avoir licencié de très nombreuses personnes et établi une "liste noire" de personnes ayant débrayé. Cash pointait la politique de licenciement de Free, qui a usé, pour le centre Mobipel, de très nombreux licenciements pour "faute grave" - qui permettent à l'entreprise de se séparer d'un salarié sans payer d'indemnités. L'émission mettait également en cause la politique de management de la responsable des centres d'appel Angélique Gérard.

Vendredi 29 septembre, des représentants syndicaux de CFE-CGC, FO, CGT et SUD ont dénoncé la lettre publiée sur Universfreebox.com. Dans un communiqué de presse, que Franceinfo a obtenu, les syndicats se désolidarisent du texte et "[tiennent] à préciser n'avoir été sollicités d'aucune manière préalablement à la rédaction de cette lettre, tant sur le fond que sur la forme." Les syndicats dénoncent le fait "qu'aucune signature claire ne soit apposée en fin de courrier, laissant ainsi supposer que cette lettre aurait été rédigée d'un commun accord par les organisations syndicales représentatives au sein du groupe Iliad". Dans un second communiqué paru dans la foulée, le syndicat CFDT, qui se présente comme le "syndicat majoritaire au sein du Groupe Iliad", ainsi que la CFDT-F3C (affiliée à la CFDT) ont aussi condamné le texte, auquel ils disent ne pas avoir été associés. "Depuis de nombreuses années, la CFDT dénonce des conditions de travail très éloignées de la vision «idyllique» mise en avant par les rédacteurs de cet article, rédacteurs qui prétendent, abusivement, s'exprimer au nom des «syndicats majoritaires» [l'article sur Universfreebox.com se dit signé par des "élus majoritaires", ndlr]".

Suite à la diffusion du Cash Investigation, le site Politis affirmait mercredi 27 septembre que le directeur de Mobipel, le centre d'appel au cœur de l'enquête, "doit quitter ses fonctions le 29 septembre «pour raisons personnelles»".

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