Belgique / édito critique : un rédacteur en chef condamné
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En parlant dans un éditorial publié en janvier 2012, d'une importante affaire de fraude fiscale dans les milieux diamantaires d'Anvers, Yves Desmet, rédacteur en chef du quotidien De Morgen avait écrit: "On pourrait parler d'une apparente partialité. Ou, si le mot n'était pas si désuet, d'une pure justice de classe". Ainsi, à ses yeux, Yves Liégeois, procureur général d'Anvers, s'en prenait plus facilement aux travailleurs au noir qu'aux criminels en cols blancs. Le procureur avait fait pression sur le magistrat qui dirigeait l'enquête pour qu'il accepte une transaction avec le fisc au lieu de poursuivre les diamantaires qui avaient fraudé. Bien que l'éditorial ne la mentionne pas, c'est l'épouse du procureur qui avait porté plainte contre Desmet, estimant qu'il diffamait sa famille, en lui causant un "dommage irréparable". Elle demandait 19 000 euros de dommages et intérêts. Estimant que les affirmations du journaliste étaient "fautives du point de vue de l'information objective", le tribunal civil de Malines a condamné Desmet à lui verser un euro symbolique de dommages et intérêts. Selon Dirk Voorhof, professeur de Droit des médias, cité par Le Soir, "la condamnation fait totalement l’impasse sur la position de la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg sur la liberté d’expression". |
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