Banon : TF1 ne me voulait pas en direct (L'Express)
Brève

Banon : TF1 ne me voulait pas en direct (L'Express)

Quel regard porte Tristane Banon sur la médiatisation de son affaire ? Quelles sont les coulisses de ses interviews à Canal et TF1 ? Elle l'explique dans une interview à l'Express.fr.

Banon pointe tout d'abord une différence de traitement de l'affaire DSK entre la presse étrangère et la presse française. "La presse de gauche a voulu protéger DSK", dit-elle. "Le traitement qui lui a été réservé à l'étranger n'a rien à voir avec celui choisi par les médias français. Il est hallucinant de constater à quel point les médias de ce pays ont protégé, épargné, durant des mois, un homme que la presse étrangère, notamment anglo-saxonne, a parfaitement jugé au regard de ce que l'on savait depuis longtemps et que la justice et la police américaines avançaient. "Elle poursuit : "Je n'ai jamais compris l'attitude du Monde, je ne m'explique toujours pas le comportement de Libération ou du Nouvel Observateur, si ce n'est que ces journaux de gauche ne voulaient ni brûler une icône, ni injurier l'avenir. Comme si les faits incriminés n'avaient aucun poids, aucune valeur et que seule l'envergure politique de celui que la justice américaine poursuivait alors importait à leurs yeux."

Différence de traitement, aussi, la concernant : "Il y a que les journalistes français se sont imaginés que je pouvais mentir. C'est moins les faits incriminés et la procédure alors en cours qui les intéressaient, que ma vie privée, que l'on fouillait avec obstination. La vie privée de DSK devait être protégée, mais la mienne était consciencieusement labourée". Elle souligne un positionnement du Point, "très dur" envers elle, en raison, dit-elle, d'une volonté de se démarquer de l'Express, qui a publié plusieurs scoops mettant en cause DSK. "Il faut l'apprécier à l'aune de sa relation à L'Express, journal avec lequel il est en concurrence frontale".

Ses interviews à TF1 et Canal + ont permis de changer le regard de l'opinion publique sur elle, estime-t-elle, et, par la même occasion, le regard des médias : "convaincante, à leurs yeux, face à Denisot ou à Ferrari, je devenais soudainement crédible et donc fréquentable. Le fait que ces deux grands médias m'aient ouvert leurs portes a légitimé la démarche de ceux qui dans la presse n'osaient m'approcher jusqu'ici. Banon avait soudainement du fond. C'est triste, mais c'est ainsi: après mon passage sur TF1, les SMS tombaient comme à Gravelotte sur mon portable". 

Banon révèle les dessous de son interview sur Canal et TF1. C'est le passage de DSK au 20 heures qui accélère les choses. Banon contacte TF1 le soir même, pour avoir un droit de réponse. La chaîne lui propose une interview, mais pas en direct : "On téléphone alors à Laurence Ferrari, qui nous dit "OK, mais pas de direct, il y a trop de risques de débordements..." "J'ai dit non. Et c'est comme cela que je me suis retrouvée sur le plateau de Michel Denisot, le soir même", raconte-t-elle.

Finalement, après l'interview sur Canal, Ferrari la recontacte, quelques jours avant sa confrontation avec DSK. "J'y suis allée dans le plus grand secret. Même mon avocat n'était pas au courant. Car je ne voulais pas que ce passage programmé au 20 heures de cette chaîne pèse en quoi que ce soit sur la difficile confrontation qui m'attendait avec l'autre", raconte-t-elle. "Ferrari m'a rappelée peu avant pour me proposer de préparer l'entretien. Et je lui ai dit que ce n'était pas nécessaire, que je ne voulais pas connaitre ses questions et que mon histoire, je la connaissais suffisamment pour en parler sans briefing préalable."

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