Bakchich : dirigeant controversé
Brève

Bakchich : dirigeant controversé

Un acteur des médias à la réputation controversée bientôt à la tête du conseil de surveillance du site Bakchich.info.

Vendredi, La Lettre A, spécialisée dans la publication d'informations confidentielles, annonçait que le site d'info satirique accueillerait bientôt à la tête de son conseil de surveillance Jean-Pierre Brunois, ancien propriétaire de France Soir, qu'il avait racheté au tribunal de commerce en 2006, avant de le céder à Alexandre Pugachev.

Jean-Pierre Brunois - le JDD.fr - 27/04/09

Interrogé par @si, Nicolas Beau, directeur de Bakchich confirme l'information. "Cela n'est pas encore validé officiellement, il faut encore attendre notre Assemblée générale du 15 octobre, mais Jean-Pierre Brunois arrive chez nous. Il remplacera Olivier Hurtado, qui nous aide depuis longtemps et dont la petite société de production, Kino, nous a hébergé pendant un an, mais qui n'est même pas actionnaire."

Beau explique qu'il a rencontré Brunois "il y a trois ans, lorsque nous avons vendu un peu de contenu à France Soir, et je me suis bien entendu avec lui" :"C'est un interlocuteur intéressant, notamment compétent sur les questions de distribution, où nous rencontrons pas mal de problème avec notre hebdomadaire papier. Il devrait aussi devenir actionnaire minoritaire."

Lorsqu'il avait repris France Soir, Brunois avait dû faire face à une grève de huit semaines, contre son projet de relance low-cost du journal, avec nombre de licenciements à la clé. Il traîne aussi la réputation d'avoir employé plusieurs personnes proches de l'extrême-droite. En 2006, il avait prévu de mettre à la tête de la rédaction du quotidien le journaliste sportif Olivier Rey, qui clamait haut et fort sa volonté de faire un tabloïd à la française. Rey avait finalement été écarté car son projet suscitait trop de réactions hostiles de la part de la rédaction… Rey a été condamné en 2008 à six mois de prison avec sursis pour violences et menaces à caractère antisémite. Pour le remplacer, Brunois avait alors fait appel à François Mattei, journaliste qui a débuté sa carrière à… Minute.

Mais Nicolas Beau refuse de voir en Brunois un homme aux convictions d'extrême-droite. Je le connais assez bien depuis trois ans, il n'est vraiment pas d'extrême-droite. De droite, assurément, il ne s'en cache pas, mais pas d'extrême-droite. Il est absolument carré sur ces sujets, sinon il ne serait absolument pas question qu'il entre à Bakchich." Beau rappelle notamment que sous sa direction, France Soir avait fustigé les propos de Pascal Sevran sur la "bite des Noirs" en décembre 2008, en publiant en Une un violent "Heil Sevran".

Par ailleurs, un mystère entourait encore Brunois, puisqu'il avait été annoncé en 2009 qu'il conservait 15% du capital de France Soir, et qu'il devait obtenir, justement, la présidence du conseil de surveillance du quotidien. Après vérification auprès de la nouvelle direction, il apparaît qu'il n'en est en fait rien, et qu'"Alexandre Pugachev, Président-Directeur Général de France-Soir, est bien le propriétaire à 100% de France-Soir".

Heil Sevran - France Soir - 17/12/08

Mise à jour - 4 juillet 2010 : Jean-Pierre Brunois nous demande de préciser que s'il se considère comme "un homme de droite", il est "bien loin de l'extrême-droite et de ses valeurs", qui ne lui "ressemblent pas du tout".

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