Ayrault / "spéculation" : un lapsus, une dépêche ?
Brève

Ayrault / "spéculation" : un lapsus, une dépêche ?

Evénement de la plus haute importance lors de la conférence de presse de Jean-Marc Ayrault aujourd'hui, sur la compétitivité des entreprises.

Le crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour relancer la compétitivité ? La hausse de la TVA? Non. Le premier ministre a fait un lapsus. Il a prononcé "spéculation" au lieu de "spécialisation". Un lapsus qui a eu les honneurs d'une dépêche AFP, que l'on peut lire ici.

Ce matin, dans le fil AFP donc, se glissait cette dépêche au milieu des autres annonces de Ayrault : "Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a fait mardi un lapsus à même de susciter quelques commentaires, parlant de favoriser "la spéculation" avant de se reprendre : "la spécialisation. (...) Rires dans la salle." L'histoire du lapsus a ensuite été reprise sur plusieurs sites, ici ou encore ici en vidéo sur le site du Nouvel obs. Avant même la dépêche, il avait buzzé sur Twitter.

Mais pourquoi faire une dépêche AFP sur le sujet ? Est-ce le rôle de l'AFP de faire une dépêche sur un lapsus, fût-ce un lapsus de Premier ministre? Nous avons posé la question à Christophe Vogt, rédacteur en chef à l'AFP. Ce type de dépêche sur un lapsus est "assez régulier", souligne-t-il. L'AFP avait ainsi publié une dépêche sur le lapsus de Rachida Dati, qui avait dit "fellation" au lieu "d'inflation". (la dépêche y associait un autre lapsus de Jean-Pierre Elkabbach, oublié depuis, qui croyant être hors antenne soulignait que l'interview d'Arnaud Montebourg serait "moins intéressant" que celui de Christine Lagarde). On trouve sur le fil AFP nombre de dépêches sur des lapsus. Ainsi cette dépêche le 26 juillet dernier sur le lapsus du ministre du Travail, Michel Sapin, qui a affirme que "nul ne voudra encadrer la foudre" de Montebourg (au lieu de "fougue"). Ou encore Gérard Longuet (UMP), en mai: "nous, au Front national". Le 26 mars 2012, l'AFP publie une dépêche sur le ministre de l'Intérieur Claude Guéant qui parle de "communauté israélienne de France" au lieu d'"israélite" dans une cérémonie d'hommage aux victimes de Merah.

"C'est ça aussi le journalisme : décrire un moment particulier dans une conférence de presse, un moment drôle et décalé, qu'on retrouvera dans tous les zappings ce soir", explique-t-il. Si le lapsus se retrouve dans les zappings du soir, est-ce justement parce que l'AFP l'a relayé? Vogt pense que non : "tout le monde l'aurait repris sans notre dépêche, le lapsus avait déjà été retwitté'". A l'inverse, est-ce parce que ce type d'info buzze, que l'AFP se sent obligée de le relayer ? Ce n'est pas ce qui a motivé Vogt cette fois-ci, assure-t-il. Tout en reconnaissant: "on fait attention au buzz, c'est quelque chose qui peut nous donner l'idée d'une dépêche. Aujourd'hui on ne peut pas être aveugle à ce qui se passe sur Twitter". C'est le cas par exemple avec cette dépêche sur un lapsus de Fillon, en 2011, parlant de "gaz de shit" au lieu de "gaz de schiste" à l'Assemblée. La dépêche soulignait le "buzz" suscité "sur internet" par le lapsus.

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