Appel pro-Benoit XVI : "déplacé" (rédacteur en chef témoignage Chrétien)
Dans une tribune publié sur Rue 89, le patron de Témoignage chrétien pousse un coup de gueule. Des réactions "déplacées", s'insurge-t-il, alors que l'église devrait se placer du côté des "victimes".
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C'est un rédacteur en chef d'un journal catholique, certes classé à gauche, qui s'insurge. Luc Chatel, (homonyme du ministre), patron de la rédaction de Témoignage chrétien, publie une tribune dans Rue 89 : "église et pédophilie, la double peine du crime et du silence". Il s'insurge contre la mobilisation de certains catholiques pour soutenir l'église face aux affaires de pédophilie. (Notre enquête sur le sujet est ici). Chatel signe de son nom propre, sans mentionner son statut de rédacteur en chef de TC |
Parmi ces mobilisations, le "droit de réponse" demandé à un dessin de Plantu paru en Une du Monde (le 29 mars) réclamé par le père Patrice Gourrier, qui a également ouvert un site pour soutenir l'Eglise: www.jaimemonpretre.com. Et surtout, la publication d'un «Appel à la vérité» le 2 avril dans le Figaro. "Ces réactions, quand elles ne frisent pas le ridicule, paraissent particulièrement déplacées," dénonce Luc Chatel.
"Le père Patrice Gourrier est chroniqueur sur RMC, station bien connue pour son sens de la nuance et son traitement exemplaire des questions religieuses", raille-t-il. Quant à «l'Appel à la vérité», il souligne que celui-ci est signé, entre autres, "par des journalistes dont la plupart travaillent au Figaro", journal qui a publié l'Appel.
Le patron de Témoignage chrétien s'insurge également contre les termes employés par l'Appel à la Vérité, qui minimise, selon lui, le rôle de l'église. "En devenant bourreaux, des prêtres n'ont pas été seulement sources «d'offenses portées au Christ». Et en les couvrant, des membres de la hiérarchie catholique ne se sont pas limités à de simples «dysfonctionnements» ou «manquements», selon les mots employés par l'appel à la Vérité. L'église aurait dû se placer, selon lui, du côté des "victimes." "Plutôt que de se lamenter sur les assauts extérieurs qui maltraitent l'Eglise et son pape, (...) certains catholiques feraient mieux de se recueillir et de méditer sur les raisons d'un tel renversement de son message et de sa mission, qui l'a amenée à protéger des bourreaux, condamnant des victimes innocentes à une double peine: le crime et le silence."
Sur Twitter, un des blogueurs à l'origine de l'Appel, Koz, annonce d'ores et déja qu'il va publier une réponse.
Le débat se poursuit, sur @si, avec, ce soir, notre émission "@rrêt sur images", qui revient sur la manière dont les médias ont traité les scandales de la pédophilie dans l'église.
Mise à jour à 14h30 : Nous avons retiré l'extrait de la Tribune de Luc Chatel dans laquelle il disait que Christian Vanneste, un des signataires de l'appel, "a été condamné pour propos homophobes", puisque, selon le député UMP qui nous a contacté, "l'arrêt de la Cour de Cassation du 12 novembre 2008 a cassé sans renvoi l'arrêt de la Cour d'appel de Douai me condamnant."
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