Affiches : Brad Pitt, ou Chibidule Machin ?
Brève

Affiches : Brad Pitt, ou Chibidule Machin ?

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Aujourd'hui sort sur les écrans 12 Years a Slave de Steve McQueen, une bobine qui risque de faire beaucoup parler d'elle. Ce film est consacré à l'esclavage et plus précisément à la vie de Solomon Northup, qui écrivit une autobiographie publiée à Londres en 1853.

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Un film inspiré d'une histoire vraie, donc, ainsi que le précise l'affiche : "L'incroyable histoire vraie de Solomon Northup" (voir à ce sujet ce précédent Vite dit) :

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L'affiche officielle nous montre Chiwetel Ejiofor courant de profil, la liste des acteurs s'inscrivant sur son torse. On avait pu voir récemment une disposition semblable sur l'affiche du Majordome, autre film réalisé "d'après une histoire vraie" :

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Il exista deux autres visuels pour 12 Years a Slave. À la fin du mois de décembre 2013 paraissaient en effet - et en Italie - deux affiches promouvant ce film :

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On y voyait Brad Pitt et Michael Fassbender en gros plan, et Chiwetel Ejiofor en petit en bas à droite. Alors que Brad Pitt n'apparaît que quelques minutes dans ce film, que Fassbender est le méchant de l'histoire, et qu'Ejiofor est à l'écran dans quasiment tous les plans de ladite bobine.

Bein oui mais il est inconnu du grand public, Chibidule Ejiomachinchose ! Plaçons-le en tout petit, mettons en avant Brad Pitt et Michael Fassbender et basta ! se dirent les distributeurs italiens qui firent ainsi fabriquer ces deux affiches rigoureusement non autorisées aux relents un tantinet racistes mais bon, essayez un peu de vous mettre dans la peau (blanche) d'un distributeur de films italien, c'est un métier pas facile vous savez, et reconnaissez qu'un Noir qui court au nom imprononçable est beaucoup moins vendeur qu'un Brad Pitt aux yeux bleus même défraîchi.

L'affaire, révélée par le blog Carefree Black Girl, fit grand bruit aux USA et en Grande-Bretagne. Les producteurs du film et leurs avocats s'en émurent, les affiches italiennes disparurent trois jours plus tard !


L'occasion de lire ma chronique intitulée Têtes de nègres dans laquelle il est question de la très sanglante répression pratiquée par la France au Cameroun en 1958, ainsi que de la représentation du Noir dans la peinturlure occidentale.

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Quatre têtes de Nègre par Antoon Van Dyck, date inconnue

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