Action EDF : France 2 évoque la baisse-Hulot, mais pas la hausse-Macron
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Action EDF : France 2 évoque la baisse-Hulot, mais pas la hausse-Macron

Alerte au 20H de France 2 !

La nomination de Nicolas Hulot comme ministre de la Transition écologique et solidaire fait chuter le cours de l’action EDF de 6,7% (et même de - 5% dès l'annonce du gouvernement). Mais pas un mot dans les JT sur... les 27% gagnés par le cours en un mois en pleine ascension d’Emmanuel Macron.

Les actionnaires d'EDF tremblent. Les voilà inquiets de l'arrivée de Nicolas Hulot au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. Et cette inquiétude a touché le JT de France 2. Comme l’explique un court sujet diffusé dans le 20H du jeudi 18 mai, l’image d’un "partisan de la sortie de nucléaire au Conseil des ministres [...] inquiète les professionnels du secteur".

Même si la position de Hulot a évolué au fil du temps, rappelle de son côté le site de Capital, il est vrai que l’écolo, depuis la campagne présidentielle de 2011, s’est prononcé pour un référendum sur le nucléaire et a proposé qu’on en sorte. Une position qui trouble le patron de l'entreprise publique Jean-Bernard Lévy qui, selon France 2, a mis "en garde le nouveau ministre de l'Environnement… mais sans le citer".

Une mise en garde étrange : Hulot s’est engagé à appliquer le programme de Macron, lequel a promis de poursuivre la transition énergétique telle qu’elle est inscrite dans la loi votée en 2014 – à savoir, selon son site de campagne, atteindre "l'objectif de 50% d'énergie nucléaire à l'horizon 2025" (au lieu des 75% actuellement). Côté promesses, Macron souhaite également la fermeture de la centrale de Fessenheim (qui "interviendra au moment de la mise en service de l'EPR de Flamanville") et dit vouloir attendre les conclusions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) en 2018 pour se prononcer sur la poursuite ou non de nos vieilles centrales.

Mais étonnement : ces promesses n’ont pas inquiété la filière. Au contraire ! Comme le signale Le Figaro, lors de la nomination du premier ministre Edouard Philippe, le titre d’EDF "a bondi de 7 % pendant la seule journée de mardi". Mieux : on apprend que ce même titre "avait gagné 27 % en un mois à la Bourse de Paris" durant "la folle ascension d'Emmanuel Macron". Explication du Figaro : "le nouveau président de la République est considéré par les investisseurs comme un solide partisan du modèle actuel d'EDF". Tout comme Philippe qui fut directeur des affaires publiques d'Areva, géant du nucléaire français, en 2007 et 2010. Mais cette hausse, les JT de France 2 n’avaient pas cru bon de la signaler.

EDF, mécène de la fondation Hulot

Le groupe EDF restera-t-il longtemps inquiet ? Pas sûr. Selon un autre article du Figaro, "si Nicolas Hulot fait son entrée au gouvernement, l'industrie nucléaire française compte beaucoup sur Édouard Philippe pour faire contrepoids si nécessaire". A en croire un spécialiste interrogé par le quotidien, son passé rassure la filière : "disons-le tout net, dit-il, c'était le lobbyiste de l'entreprise. Même si quelques années se sont écoulées depuis cette période, je le vois mal prendre le contre-pied des intérêts de la filière".

D’autres ne se font pas trop de cheveux blancs non plus concernant Hulot. Certaines mauvaises langues, dixit Capital cité plus haut, rappellent qu’"EDF et sa filiale RTE comptent parmi les mécènes de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme. Selon le rapport annuel 2015 de l’organisation, les entreprises privées ont contribué à hauteur de 2,5 millions d’euros, soit plus de la moitié de son budget. Outre EDF, les principaux donateurs sont TF1, Carrefour, Kering, L’Oréal, Lesieur, la SNCF et Veolia". De nouveaux sujets en perspective et à inscrire, le cas échéant, dans le dossier conflits d’intérêt de l’équipe Macron.

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