Zemmour : haro sur les médias
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Zemmour : haro sur les médias

... dit celui que les médias surexposent depuis six mois (montage)

S'il peut se présenter, c'est grâce à l'exposition médiatique massive fournie depuis la rentrée. Mais Éric Zemmour, loin de les remercier, double la mise à Villepinte envers les journalistes : des "militants" qui "veulent [sa] mort sociale" en le plaçant à l'extrême droite. Ce que le désormais candidat récuse... tout en se coulant dans le bréviaire anti-journalistique de ce courant politique.

Les journalistes veulent l'abattre, soutiennent Emmanuel Macron, et sont des gauchistes anti-France : voici, résumée en une phrase, l'essence du discours zemmourien envers les journalistes, lors de son meeting du 5 décembre à Villepinte. Pourtant, le journaliste de profession, maintenant candidat officiel, a bénéficié depuis plusieurs mois d'une exposition médiatique massive, notamment sur les chaînes d'information en continu avides de ses moindres faits et gestes, le tout avec un regard plutôt bienveillant jusqu'au doigt d'honneur fatidique. Pendant son meeting dont les images (notamment celles provenant de son équipe) ont alimenté 2,3 millions de téléspectateurs sur BFMTV, LCI et CNews, des journalistes étaient interpellés dehors par la police, et frappés dedans par des militants pro-Zemmour.

Dans la bouche de Zemmour, ce dimanche après-midi, les journalistes "avaient souhaité" ce que le pouvoir "avait décidé", c'est-à-dire une victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, explique-t-il à ses militants venus le voir malgré "la haine des médias" . En effet, ses meetings "dérangent les journalistes" – le rideau est tombé, on ne parle plus de rencontres avec les lecteurs pour désigner les réunions politiques faites depuis la rentrée. Le thème revient quelques minutes plus tard : les attaques médiatiques sont en réalité celles du pouvoir macroniste, qui "inventent des polémiques sur des livres [qu'il a] écrits il y a quinze ans" (ou plus), "fouillent dans [sa] vie privée" et le "traitent de tous les noms"Alors, "la meute est désormais lancée à ses trousses" et "les journalistes veulent [sa] mort sociale". Car les journalistes sont aussi "militants" que les juges sont "aux ordres" (ça, il  le disait déjà il y a 25 ans) du système. 

Un système qu'il décrit une heure après : "La gauche, et les médias, et le pouvoir macroniste, et le centre, et même les dirigeants de LR." Car en fait, vu d'Éric Zemmour, le "système", ce sont tous ceux qui le qualifient comme un homme d'extrême droite. Un système qui, accompagné de ses "journalistes militants", promeut "le mondialisme", le "vivre-ensemble", "l'immigration de masse", ainsi que "la théorie du genre" et "l'islamogauchisme". Sur BFMTV, juste après le discours, le chef du service politique Philippe Corbé a noté que les militants présents au meeting "réussi" de Villepinte avaient des réactions "très vives" lors de ces attaques verbales contre les médias – des huées ou des applaudissements, selon qu'il s'agissait de célébrer Zemmour ou de moquer les journalistes. Avant de préciser que Bayrou, Mélenchon et "même Fillon" pouvaient faire huer les médias lors de leurs meetings. Il est cependant rare qu'ils y soient aussi agressés physiquement ou  victimes de vols de leur matériel.

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