Retour (s) à Biarritz
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Retour (s) à Biarritz

On n'a peut-être pas assez parlé de Biarritz. De la ville de Biarritz. Des plages de Biarritz. De ce que charrie, pour les Français, le signifiant "Biarritz".  Pourquoi le directoire fracturé de l'Occident s'est-il retrouvé dans cette station balnéaire de salons de thé et de crème chantilly, fondée au XIXe siècle par l'impératrice Eugénie, et qui exhale davantage un parfum de fin du monde que de nouveau monde ?  (J'apprends d'ailleurs que c'est à Biarritz que Napoléon III, en 1865, donna à Bismarck l'autorisation implicite d'écraser l'Autriche. A l'époque, le sommet d'arrière-saison avait tout de même duré huit jours. On prenait le temps.)

Il faut lire le Guardian, pour reprendre la mesure de ce que Biarritz projette au monde : « Biarritz, c’est le glamour du vieux monde, surplombant le golfe de Gascogne, avec de douces brises et une lumière dorée du soir sur ses plages. Il évoque une grandeur d’une autre époque où l’Europe était le centre du monde.  Le sentiment d’importance [des dirigeants participant au G7], combiné à leur impuissance évidente, rappelait les dynasties dirigeantes de l’Europe à la veille de la Première Guerre mondiale, complètement inconscientes du fait que leur monde allait s’achever ». S'achever ? "Sur fond de Brexit, de montée des populismes, d’affaiblissement des démocraties libérales et de crise environnementale" précise Le Monde. Car je découvre cet extrait du Guardian dans la revue de presse étrangère du Monde (le même Monde qui, au cours du G7, a chanté la Geste de Super Macron, ici ou ici). Il faut, une fois de plus, la presse étrangère, pour nous faire voir ce qui, peut-être, nous crève les yeux. Où sera-t-il, dans cinq ans, dans dix ans, ce directoire du vieux monde ?

La presse étrangère, ou la presse indépendante. Exemple. Depuis plusieurs années, on se querelle  sur le CETA. Les Canadiens vont-ils, oui ou non, inonder l'Europe de boeuf aux hormones, de farines animales, de viandes d'animaux traités aux antibiotiques ? 

Toutes ces questions apparaissent vaines, à la lumière de cette petite révélation : de toute manière, et quoi que prévoient les textes, les contrôles à l'entrée de l'Europe sont parfaitement insuffisants. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est une mission de l'inspection générale des finances, citée par une enquête de France Info.

L'Inspection générale des finances a dressé le bilan des contrôles effectués à un poste d'inspection frontalier français en 2017. Elle y a constaté des "lacunes" : "Aucune recherche d'hormones n'est réalisée sur les viandes importées, la recherche d'antibiotiques n'est réalisée que pour la viande d'agneau et de cheval. La recherche de farines animales, quant à elle, n'est effectuée que dans l'huile de poisson". Et ce n'est pas tout. "Rien ne figure dans le CETA sur l'adaptation nécessaire de l'organisation des contrôles", constate la commission indépendante chargée d'évaluer le traité. Pis, le CETA permet une diminution des contrôles physiques".

Cette enquête de France Info m'aurait échappé, comme elle a échappé à presque tout le monde, si je n'avais pas vu ce matin une vidéo du site indépendant Le vent se lève, dénonçant les subterfuges de la conversion écologique d'Emmanuel Macron. L'information est disponible, il suffit de la chercher.

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