Du secret défense et du dentifrice
chronique

Du secret défense et du dentifrice

Est-ce possible ? Est-ce possible que l'on revive exactement 2016 ? Le triomphe annoncé du démocrate raisonnable, urbain, civilisé, annoncé, claironné, par tous les sondages publiés par tous les médias professionnels, raisonnables, argumentés, du New York Times à CNN ? Et, dépouillement après dépouillement, État après État, le coup de tonnerre de la victoire du barbare, victoire accordée par la multitude des points aveugles, les péquenots de la Rust Belt, les latinos, les Noirs ? Est-ce possible qu'ils n'aient, à ce point, rien appris ? Oui, c'est possible. Mais comme, à l'heure où j'écris, ce n'est pas acté, parlons d'autre chose pour ce matin.

Depuis le début de la pandémie, en mars dernier, vous entendez parler du "conseil de défense". "Emmanuel Macron a réuni le conseil de défense". "Le conseil de défense a décidé ceci ou cela". Et vous vous demandez vaguement, sans trop y réfléchir, pourquoi il est besoin de galonnés, de la fine fleur française de la lutte antiterroriste, pour décider de départager le dentifrice et le rouge à lèvres dans les rayons hygiène des supermarchés. C'est très opportunément que Jean-Luc Mélenchon s'est saisi hier de la question, en détaillant la liste des membres du fameux conseil de défense, et en avançant une raison de sa nouvelle toute-puissance : étendre à tout le gouvernement l'immunité dont bénéficie le président de la République, et prémunir les ministres contre des poursuites pénales  ultérieures.

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