Aurélie et Trouvé font la vélorution dans le 93
chronique

Aurélie et Trouvé font la vélorution dans le 93

Cheffe du "parlement de L'Union populaire", ex-porte-parole d'Attac et candidate Nupes en Seine-Saint-Denis, Aurélie Trouvé participe ce mardi à une conférence de presse avec Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry pour défendre le programme économique de la Nupes. Daniel Schneidermann l'a suivie à vélo faire campagne dans une circo acquise à sa cause. Reportage.

NOISY-LE-SEC (93). Enfin un ! Enfin un râleur, qui vitupère ces politiques, tous les mêmes, qui promettent beaucoup et ne tiennent jamais, tiens par exemple la terrasse de son bar, regardez bien, elle n'est pas sécurisée : les scooters peuvent monter sur le trottoir. Il en a parlé à la mairie, rien à faire. C'est le tout premier râleur rencontré le long de cette "vélorution"(déambulation à vélo) du Pré-Saint-Gervais à Noisy-le-Sec, avec Aurélie Trouvé, candidate Nupes de la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis, ex-porte-parole d'Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne), que j'ai aimablement été invité à partager (Aurélie roule électrique ; personnellement, on m'a prêté un vélo à l'ancienne, mais j'ai réussi à suivre !)

Enfin un. Parce que pour le reste, cette circonscription, ex-fief de Claude Bartolone, ex-président socialiste de l'Assemblée, où la gauche a atteint 62 % au premier tout de la présidentielle, cette circo en or, en ce samedi, est désespérante d'unanimisme. Ça devient vite la blague de la randonnée :"Daniel cherche un opposant, pour son papier". Sur la terrasse d'un bar des Lilas, dans une rue de Romainville, dans une cité de Noisy-le-Sec, partout : "Bien sûr, je vais voter pour vous !" lancent les passants à la candidate en vélo. "La seule question, chuchote-t-elle, pas trop fort pour ne pas démobiliser les troupes, c'est si je vais être élue au premier ou au second tour". L'économiste vise bien entendu le premier tour.

Si ensoleillée que soit la circo en ce samedi de juin, on est dans le 93. Le 93 et ses services publics en miettes. Justement, trois lycéennes sont venues à l'étape des Lilas, pour rencontrer la candidate. Elles viennent de fonder une association de lycéens, sur le département, Trajectoire 93. Elles racontent trois mois, six mois, un an entier d'absence d'enseignants non remplacée. Un an entier ? Je fais répéter. Oui. Un an entier d'absence de prof de français, en seconde. Et pourquoi ne pas avoir adhéré à un syndicat de lycéens existant ? Réponse diplomatique mais ferme : "Ce sont surtout des Parisiens. Nous, dans le 93, on a des difficultés différentes". Rien que le neuf-trois, mais tout le neuf-trois. 

Une circo socialement composite

"Vous êtes d'où ?" demande-t-on fréquemment à l'ex-porte-parole d'Attac. Sous-entendu : si vous venez d'ailleurs, vous ne pourrez pas comprendre. Soulagement quand elle répond qu'elle habite aux Lilas (demi-vérité, elle y vit à mi-temps). Peu importe. "Leur colère, je la partage. Je ressens la même, quand je vais aux urgences avec un de mes enfants, ou quand je découvre qu'ils ont un prof absent, non remplacé".

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