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Triche carte scolaire : un parent d'élève répond à Libération

Par le - 09h37 - lu

"On est toujours le pauvre de quelqu’un" : dans une lettre publiée jeudi soir sur le site de Libération, un parent d’élève a pris la plume pour répondre au rédacteur en chef adjoint et chef d’édition du quotidien Michel Becquembois, auteur d’un article publié en début de semaine épinglant ses "amis qui trichent avec la carte scolaire".

Libération

Dans ce billet coup de gueule malgré tout bienveillant, le journaliste s’inquiétait de voir ses proches "globalement blancs, favorisés, progressistes, tolérants, qui votent à gauche malgré nos déceptions" qui, à l’arrivée de leurs enfants en 6e, "font un autre choix que le collège de secteur". Pour quelles raisons ? "Parce que la mixité scolaire", écrit-il, "ça va bien à la maternelle et à la primaire. Mais au collège, fini de rigoler, on retrouve ses semblables". Et de raconter les astuces de contournement de la carte scolaire, comme mettre son nom sur une boîte aux lettres dans un autre quartier, ou inscrire son enfant dans une classe musique, après lui avoir trouvé "un fulgurant intérêt pour la clarinette".

Ces propos ont, sans surprise, fait réagir un parent d’élève, nommé Pierre-Marie Lasbleis. Dans sa réponse au billet qu’il qualifie d’"adresse un peu donneuse de leçons", il tente d’expliquer que cette triche à la carte scolaire est plus complexe que décrite par le journaliste. Lui-même, à l’heure d’avoir un enfant, a quitté Paris pour la banlieue en raison des prix des loyers parisiens prohibitifs. Il a ensuite décidé d’inscrire son fils dans une classe musique, non pas en Seine-Saint-Denis, son département, mais à Paris.

"Un vrai chagrin"

Au-delà des spécificités propres à son fils qui l’ont poussé à faire ce choix, il évoque son "angoisse" du "déclassement", "la peur que nos enfants ne retrouvent pas notre position", mais aussi sa "foi, celle qu’un petit nombre de filières scolaires peut leur garantir d’y échapper, et que notre rôle de parent est de leur donner le plus de chances d’y accéder". Avant d’ajouter : "j’éprouve […] un vrai chagrin de voir mes idéaux de méritocratie républicaine ainsi bousculés et surtout le morcellement de notre société de plus en plus endogame. […] L’entrée en 6e est un rendez-vous intime pour chaque parent avec ses peurs reptiliennes, ses représentations cachées plus ou moins assumées, et ce qu’il projette sur ses enfants. C’est un moment de vérité où on n’a d’autres possibilités que de choisir un camp, une appartenance. Cela peut être un déchirement. Cela l’a été pour moi."

Cette triche à la carte scolaire, cette peur du déclassement, et finalement cette stratégie de l’entre-soi, sont le sujet de notre émission de la semaine avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot et l’adjoint à la Maire de Paris en charge du logement Ian Brossat. Sur la question scolaire, pour endiguer la fuite des bons élèves et favoriser de nouveau la mixité, Brossat a soutenu la fusion de deux collèges du 18earrondissement de Paris, l’un huppé, l’autre populaire. Une expérience trop récente pour disposer d’un bilan. Quant à cette triche, selon l’adjoint à la Maire, elle est l’œuvre des familles les plus riches, qui ont les ressources pour contourner la carte scolaire, quand les familles les moins aisées décident de mettre leurs enfants dans un établissement privé.

Pour voir l’intégralité de l’émission, c’est ici >>


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