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Manif travail : black blocs contre Gaspard Glanz

Par le - 18h44 - suivi

Altercation entre membres des "black bloc" et le vidéaste et photographe Gaspard Glanz. Le fondateur de l'agence Taranis News, qui couvrait la manifestation contre la réforme du code du travail, jeudi 21 septembre, a été violemment pris à parti par plusieurs manifestants au visage masqué. L'altercation a été filmée par un journaliste du site RT France. La vidéo montre des personnes bousculer Glanz à plusieurs reprises, l'enjoignant à quitter la manifestation. Le vidéaste reçoit ensuite plusieurs coups sur la tête, tandis que d'autres manifestants tentent de séparer les deux parties.

Sur Twitter, Glanz a dénoncé une "crise de paranoïa fratricide de la frange la plus débile du blackbloc". Selon ce que laissent entendre ses tweets, le vidéaste se serait vu reprocher de faire le jeu de la police et de la justice en diffusant des images non floutées des manifestants violents : "Citez-moi une seule affaire où mes images sont dans un dossier sans avoir été mis par un avocat, avant de me traiter de poucave". A quels dossiers Glanz fait-il lui-même référence ? Ce vendredi, le fondateur de Taranis News n'était pas joignable.

Filmer sans flouter et compromettre ainsi des manifestants, le reproche n'est pas nouveau. Invité en mai 2016 sur notre plateau pour évoquer les manifestations contre la loi travail du gouvernement de l'époque, Glanz expliquait que s'il ne floutait pas les visages des manifestants, il faisait cependant attention, au montage, à couper les scènes où apparaissaient les visages des manifestants s'en prenant aux forces de l'ordre ou à des bâtiments. "Il y a des plans que je ne mets pas parce qu'ils mettent clairement en danger une personne", assurait-il. Et d'ajouter : "Je ne me sentirais pas très à l'aise si je participais à mettre quelqu'un en prison à cause de ce qu'il a commis dans une rue de Paris".

L'année dernière a été marquée par des démêlés avec la justice et la police pour le fondateur de Taranis News. Il a été tour à tour gardé à vue en marge du démantèlement de la jungle de Calais, placé sous contrôle judiciaire, fiché S et convoqué par la justice. En juin dernier, Glanz a annoncé que Taranis News allait réduire la cadence de ses publications jusque début septembre, dans l'idée notamment de changer de statut administratif, et, pour Glanz, de pouvoir faire une demande de carte de presse. Taranis News était présente aux deux manifestations de septembre contre les ordonnances travail, celle du 12 et celle du 21.

Mise à jour 23 septembre 2017, à 09h22 : Après publication de l'article, Gaspard Glanz a tenu à préciser qu'il avait été pris à parti par "un groupuscule de féministes qui [l']accuse de sexisme", ce qui n'était pas évoqué dans son tweet. Il précise également que l'altercation ne tournait pas autour de la question des images non floutées, comme écrit plus haut dans l'article. "Ça, c'est un autre débat", explique-t-il. Il évoque pour l'altercation, sans plus de précision, "une affaire personnelle".

L'occasion de (re)voir nos émissions avec Gaspard Glanz : Manifs : "On laisse pourrir pour inciter à la violence" et Calais: "Si je n'étais pas journaliste, j'aurais ramené des paquets de riz"


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