"gogleu" à la Cour d'appel de Paris
Brève

"gogleu" à la Cour d'appel de Paris

La fracture numérique n’est pas une vue de l’esprit, elle sévit aussi à la cour d’appel de Paris. Dans un article publié aujourd’hui, Mediapart revient sur le procès en appel d’Olivier Laurelli, journaliste connu aussi sous le nom Bluetouff, qui se voit reprocher d’avoir piraté le site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Ce dernier s’en est toujours défendu, expliquant qu’il est tombé par hasard sur l’extranet de l’Anses via des liens accessibles depuis le moteur de recherches Google.
Bluetouff

L’homme n’est cependant pas un simple quidam. Selon Mediapart, il est un hacker réputé et l’un "des animateurs de Reflets.info, un site d’information alimenté par des hacktivistes et des journalistes à l’origine de nombreuses révélations, notamment sur la collaboration de sociétés françaises telles qu’Amesys ou Qosmos avec les dictatures syrienne ou libyenne". Cela dit, en première instance, le tribunal a relaxé Laurelli, sous prétexte qu’il "n’est pas contesté par l’Anses qu’une défaillance technique existait et que monsieur Olivier Laurelli a pu récupérer l’ensemble des documents sans aucun procédé de type «hacking»." L’Anses a même reconnu ladite défaillance. Mais, allez savoir pourquoi, le parquet a fait appel.

Seulement, lors de l’audience tenue mercredi dernier, les juges ont semblé totalement dépassés par les notions techniques du dossier. Mediapart raconte que "la magistrate chargée de rappeler les faits semblait même ne pas connaître Google, prononcé à la française «gogleu», ni savoir ce que signifie un «login», prononcé «lojin»". Même perplexité du côté du parquet qui avoue : "La moitié des termes que j’ai entendus aujourd’hui, je ne les ai même pas compris. [...] Mes enfants, eux, pourraient très bien m’expliquer tout ça mais je pense que, dans ce dossier, il faut avant tout simplifier et ne pas se perdre."

Malgré cette méconnaissance manifeste du sujet, le parquet continue à mettre en doute la bonne foi de Laurelli. Conclusion de Mediapart : "Bluetouff sera fixé sur son sort le 5 février prochain. À noter sur son «gogleu calendare»..."

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