El Khomri / Leonarda : Hollande critique Valls (et les médias)
Brève

El Khomri / Leonarda : Hollande critique Valls (et les médias)

Mais qui a relu et corrigé l’interview de la ministre ministre du Travail, Myriam El Khomri ?

Comme @si vous le racontait ici, en février dernier, une interview de la ministre laissait entendre que le gouvernement allait faire usage de l'article 49-3 pour faire passer sa contestée réforme du code du travail. Une phrase, "Nous prendrons nos responsabilités", que l’intéressée n’avait pourtant jamais prononcée, et qui aurait été ajoutée par les services de Matignon à en croire le Canard Enchaîné. Dans le livre Conversations privées avec le Président, signé Karim Rissouli et Antonin André, François Hollande revient sur cet épisode en sous-entendant que c’était Manuel Valls lui-même qui était à l’origine de la "correction", et dans des mots très durs pour le premier ministre.

"Le passage en force n'est pas ma méthode. C'est celle de Manuel Valls, qui souligne qu'il tiendra bon... explique le président dans un extrait cité par Le Point. Et qui a ajouté la phrase sur le 49.3 dans l'interview aux Echos ? Valls m'assure que ce n'est pas lui. Mais il y a quelqu'un à Matignon qui pense que c'est bien de l'évoquer. Le texte n'a même pas été présenté au Conseil d'Etat ni au conseil des ministres et a fortiori pas au Parlement, et on annonce par avance qu'on utilisera le 49.3 ? Traduction : on n'y croit pas, on a peur. C'est l'erreur majeure de communication qui crée le désordre. «S'ils veulent passer ainsi, c'est qu'il y a un mauvais coup» : c'est, en substance, ce que les parlementaires de la majorité redoutent. Manuel Valls ne s'est pas rendu service en faisant cela, il s'est contraint à jouer la concertation. Il est victime de sa communication."

Hollande revient également sur un épisode marquant de son quinquennat (symbole du hollandisme, estimait à l'époque Daniel Schneidermann) : l’affaire Léonarda, du nom de cette jeune fille expulsée au Kosovo et à qui le président avait proposé de revenir en France… mais sans sa famille. Fidèle à lui-même, Hollande réussit aujourd’hui à faire mine de reconnaître des torts tout en rejetant la faute sur les médias : "A la réflexion, une solution aurait été beaucoup plus simple : ne pas parler et se contenter d’un simple communiqué. Si je devais refaire le film, je traiterais cette affaire de la même manière, mais je laisserais Valls en faire le service après-vente télévisé. Leonarda, ce n’est pas un personnage qui surgit d’un coup parce que je décide de parler ! Elle avait été invitée dans la semaine, pas simplement sur BFM et sur iTELE mais au journal télévisé de 20 heures de France 2 ! J’assiste à cette folie qui s’empare des chaînes d’information, qui multiplient les interviews de cette gamine avec une complaisance inouïe ! On sait maintenant que Libé a payé 50 euros pour l’interviewer [on le savait déjà à l'époque, ndlr] ! Ça en dit long sur notre système d’information ! Peut-être que les chaînes info l’ont aussi payée ?! Qui sait ?"

Plus surprenant, Hollande charge aussi le PS et Harlem Désir : "Mais je pense au fond que le problème n’est pas qu’elle me réponde. Le problème, c’est le parti. Si le PS, si Harlem Désir avait dit lors de sa première expression que j’avais pris la bonne décision, ça aurait été différent. Mais là il me lâche ! Le PS dit qu’il faut faire rentrer toute la famille. Les Français se disent : "Hollande parl et il n’est même pas suivi par son propre parti !"

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