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Le Monde snobe Cheminade

Par le - 15h40 - grrr !

Curieuse absence. Le Monde publiait ce week-end le résultat d'un questionnaire envoyé aux candidats sur le "défi écologique". Les résultats sont exposés dans un tableau, en ligne ici, dans lequel le lecteur peut découvrir les réponses de tous les candidats. Tous ? Presque.

Ni Natalie Arthaud, ni Jacques Cheminade n'y figurent picto

Pour le comprendre, il faut lire un astérisque en bas du tableau. Si la candidate de LO a refusé de répondre, c'est le quotidien qui a fait le choix de ne pas questionner Cheminade : "Nous n'avons pas interrogé Jacques Cheminade, position qui est celle du Journal Le Monde depuis l'officialisation de sa candidature".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Sans davantage d'explication :

cheminade@si a interrogé Patrick Jarreau, rédacteur en chef politique au Monde, qui assume ce choix. Il l'explique par l'impossibilité pour le quotidien de savoir précisément qui est Jacques Cheminade, et où se situe son parti, Solidarité et progrès. "Devant l'incapacité de dire de qui nous parlons, de savoir quelle est la nature de son organisation, nous avons décidé de ne pas lui donner la parole comme les autres candidats", explique Jarreau. Il cite les accusations de dérive sectaire, publiées dans un rapport de la Mivilude de 2005, ou encore l'impossibilité de dire quels sont les liens exacts entre "Solidarité et Progrès" et l'homme politique américain très controversé Lyndon Larouche.

Un choix contestable, mais autorisé, car la presse écrite n'est pas contrainte de respecter une égalité de temps de parole des candidats, contrairement aux radios et aux télévisions.

De son côté, la réaction de Cheminade n'est pas loin du "point Godwin", qui consiste à faire référence de manière dispoportionnée au régime nazi pour mettre fin à un débat. "Le seul commentaire que suscite pour moi cette mise à l’index est un rappel des déclarations d’Hubert Beuve-Méry à la fin des années 30, constatant ce qu’il appelait alors "la pourriture de la presse". Je crains d’être le révélateur d’une histoire qui se répète (...)", déclare-t-il dans un communiqué qu'il nous a fait parvenir. "Qu’alors la grande presse se soit laissée abuser par Monsieur le Chancelier Hitler, comme on disait en ces temps-là, ne relevait pas du simple hasard. Il fallait y voir, selon Hubert Beuve- Méry, «la connivence, aveugle ou non, de telle ou telle grande banque, de tel ou tel haut personnage de l’état»."

Mais les radios et télés ne sont pas pour autant plus enclines à donner la parole à Jacques Cheminade. Retrouvez ici notre émission sur le sujet. Et au fait, pourquoi les maires ont-ils donc donné leur signature à Cheminade ? Notre enquête est ici.

Mise à jour, 10 avril à 19h20 : changement de la capture du tableau publiée par Le Monde. (la capture de la version papier comportant plusieurs erreurs).


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