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Intermédiaires sulfureux : et maintenant, Djouhri

Par le - 15h29 - lu

Le livre faisait déjà polémique en avril, bien avant sa sortie. La république des mallettes - Enquête sur la principauté française de non-droit, le livre du journaliste Pierre Péan qui sort le 14 septembre chez Fayard est une"bombe", selon le site Atlantico. Péan y brosse le portrait de l'homme d'affaires Alexandre Djouhri. Inconnu du grand public, il disposerait de puissants réseaux au sein du pouvoir politique et économique. Péan met en cause directement Dominique de Villepin et Claude Guéant.

Livre de Péan dans Le Point

Les bonnes feuilles du livre sortiront ce week-end dans Marianne, qui affirme qu'on y "découvre comment se négocient, grâce à des intermédiaires nomades, des contrats d'État permettant l'octroi de rétrocommissions pour financer la politique". Le Point offre aujourd'hui une longue interview à l'auteur, tout en prenant ses distances : "Faut-il croire tout ce qu'il écrit ?", s'interroge le magazine. L'interview, est, en effet, peu argumentée par moments.

Bermuda - Le Point


L'homme d'affaire avait déjà une réputation sulfureuse. Pierre Péan vient la confirmer, et ajouter des révélations tonitruantes. Dans son livre à paraître le 14 septembre, il révèle l'ampleur des relais dont dispose Djouhri, "à l'Elysée, de François Mitterrand à Nicolas Sarkozy" et met "à nu sa proximité explosive avec Dominique de Villepin et Claude Guéant ", affirme Le Point. Un livre qui se résume dans cette formule attribuée à Djouhri : "Je les tiens tous par les couilles."

Parmi les révélations du livre, la plus détaillée concerne ses rapports avec Villepin. On connaissait déjà la proximité des deux hommes, par exemple détaillée dans une enquête du Nouvel Observateur l'an dernier ou en janvier dans Libération. Mais Péan va plus loin, et lance dans son interview, sans plus d'explication: "Je n'accuse pas l'ancien Premier ministre d'être corrompu, car je ne connais pas l'utilisation qu'il a pu faire de la vingtaine de millions de dollars, estimation probable, qu'il a reçu de chefs d'Etat africain entre 1992 et 2005." On est curieux de connaître le contexte.

12,8 millions payés à la demande de Guéant ? 

Autre révélation, l'Elysée, en la personne de Claude Guéant, aurait exigé le versement par EADS de 12,8 millions d'euros de commissions à Djouhri, sur un contrat de vente d'Airbus à la Libye, alors même que l'intermédiaire n'est pas intervenu. Interrogé par Le Point sur les preuves dont il dispose, Péan répond seulement : "Airbus dit que cet argent indu n'a pas été versé. Je sais pourtant qu'Alexandre Djouhri s'est fait régler cette somme à la demande du secrétaire général de l'Elysée."

Autre affaire sur laquelle revient Péan : les infirmières bulgares. Péan avance que ni la France, ni Cécilia Sarkozy n'ont joué de rôle dans la libération des infirmières. Il assure que les infirmières auraient été de toute façon libérées: "C'est la volonté de Sarkozy de faire intervenir sa femme qui a coûté une fortune, car Kadhafi a cassé l'accord". Une indemnisation du régime libyen avait déjà été prévue, mais elle a été revue, poursuit-il : "Ce que des sources m'ont confirmé, c'est que l'argent qui est arrivé du Qatar dans la foulée, pour des montants inconnus et dans des contiions imprécises, a généré des commissions indues versées par la France. On me cite un chiffre de 30 millions d'euros. Celui qui a suggéré l'intervention de Cécilia et qui a monté le coup avec le libyen Béchir Salah, le directeur de cabinet de Kadhafi, c'est Alexandre Djouhri."

Le Point a contacté les personnes mises en cause par Péan. Pour Djouhri, il s'agit "d'allégations malveillantes, fantaisistes et diffamatoires dont il est bien évidemment incapable d'apporter la preuve". Guéant, de son côté; réplique : "J'ignore tout de cette affaire. Jamais, ni dans cette affaire, ni dans aucune autre, je ne me suis occupé de commissions." Et pour Villepin, ces accusations sont "d'autant plus absurdes et scandaleuses, que, depuis 1993, alors que j'étais directeur du cabinet du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, je n'ai cessé de me battre contre tous les réseaux et les pratiques financières occultes".


Article de Paris Match annulé

En avril, Le Monde, sous la signature de Raphaëlle Bacqué, avait commencé à évoquer le livre de Péan. De façon sulfureuse: l'article racontait comment une enquête de Paris Match sur celui "qui symbolise les réseaux occultes du pouvoir" avait été annulée, à la demande du désormais célèbre Ramzi Khiroun, conseiller en com' de Dominique Strauss-Kahn, mais aussi porte-parole d'Arnaud Lagardère et membre du comité exécutif du groupe Lagardère, qui détient Match. Djouhri est en effet présenté comme un proche, notamment, de Lagardère.

Un homme d'affaires louche, proche du pouvoir, habitué des commissions et des pays du Moyen-Orient, cela ne vous rappelle rien ?


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