Didier Porte se lâche. Mais pour une fois, ce n'est pas contre ses cibles classiques, hommes politiques ou têtes de gondole médiatiques. L'humoriste de France Inter s'en prend cette fois à son collègue, qui officie sur la même station, Stéphane Guillon. Il l'accuse d'avoir pris la grosse tête et de ne pas être confraternel. Ambiance.
Lorsqu'il s'agit de critiquer le travail du collègue, Stéphane Guillon et Didier Porte abandonnent ces jours-ci le second degré qui a fait leur marque de fabrique. Comme l'a repéré Guy Birenbaum, Porte, a gentiment taclé son confrère lors d'une rencontre avec les étudiants du master de journalisme de Montpellier, qui centralisent leurs travaux sur le site Haut Courant.
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Après avoir rappelé qu'il était "très client de Stéphane Guillon" , qu'il avait " beaucoup de talent", qu'il était un "excellent technicien du rire" et " un vrai bosseur", Didier Porte balance : "Il a un peu pété les plombs, il est sur un piédestal et commence à donner des leçons à tout le monde". Du coup, Porte "n'oublie pas de rappeler qu'il y a trois ans, Stéphane Guillon n'en avait rien à foutre de la politique"... Et pointe un "anti-sarkozysme de pure circonstance" |
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Et pan dans les dents. Mais pourquoi ce coup de sang? Un peu de jalousie, peut-être, pour celui qui officie le jeudi un peu avant 8 heures, alors que Guillon occupe la case trois fois par semaine ? Certes, Porte tient également chronique dans Le Fou du roi, à la mi-journée, mais la place est moins exposée. Il y a peut-être un peu de cela, mais, explique-t-il, il balance surtout "quelques vacheries" parce qu'il juge que son collègue n'est plus "bon camarade". Porte
prévient : il ne va pas se "faire marcher sur les pieds" |
Comme il l'explique lui-même, ce sont plusieurs sorties de
Guillon qui l'ont énervé. Mais pas les petites piques qu'il a l'habitude de
glisser, en toute bonne humeur, contre son collègue en cours de chronique. Il
s'agissait de déclarations "sérieuses", que Porte a manifestement
très mal prises.
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Dans Télérama en juillet, Guillon déclarait "qu'un humoriste qui affiche des sympathies à droite ou à gauche ne fait plus son boulot. C'est ma conviction." Sympa pour Porte, qui n'a jamais fait mystère de ses sympathies pour la gauche. Et le 15 novembre dans l'émission de Canal+ Pop com, il glissait, mine de rien, que les politiques préféraient désormais participer aux matinales de France Inter du jeudi et du vendredi, c'est-à-dire les jours où Didier Porte et François Morel tiennent la chronique humoristique... Les invités seraient "plus libres" quand Guillon
est absent |
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Interrogé par Rue89, Porte déclare se foutre que les gens croient qu'il est jaloux : "Je passe mon temps à critiquer les gens, je ne vois pas pourquoi je me priverais de critiquer Guillon." Guillon, lui, déclare, elliptique : "Comme le disait Guy Bedos en citant François Mitterrand, «n'offense pas qui veut.»"
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L'affrontement ne se fait donc plus à fleurets mouchetés. Pourtant, en mars, les deux humoristes de France Inter étaient sur notre plateau pour parler de leur métier. Après avoir écouté une chronique de Porte, qui moquait déjà, sur le ton de l'humour, le non-engagement de son collègue, ils étaient convenus qu'ils n'envisageaient pas de la même manière leur rapport au matériau politique. Mais les échanges étaient encore cordiaux. |
(Avec Julie Guilbault)
Mise à jour - 4 décembre :
Bisbilles des humoristes d'Inter, suite. François Morel, l'humoriste du vendredi matin, s'amuse de la querelle entre ses deux collègues Didier Porte (jeudi) et Stéphane Guillon (lundi-mardi-mercredi). La chronique intégrale de Morel est ici.
Ecoutez une partie de sa chronique ![]() |
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le 02/03/2009
le 02/03/2009
le 18/02/2009

