Le jour où Le Figaro a vu Sarkozy "prendre la crise à bras le corps"
...avant de conclure, en bas de page, à son impuissance
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"Le jour où Sarkzoy a pris la crise à bras-le-corps". Tout est dans le titre de cet article du Figaro consacré à la gestion de la crise financière par le président de la République et son équipe. Mais ça vaut la peine, quand même, de se pencher sur ce reportage, heure par heure, digne d'un scénario de la série 24h chrono. |
Dans le dernier épisode, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie et des Finances de la France, sauvait l'économie mondiale. En ce 1er octobre, Le Figaro vous proposait de suivre les aventures de Nicolas Sarkozy.
"À 4h40, le réveil sonne. Nicolas Sarkozy est retourné chez
lui, dans le XVIe arrondissement, pour y dormir quelques heures avant de
reprendre le fil des négociations de la veille."
On y est, on visualise le réveil, le regard endormi du président, la nuit noire et la finance mondiale qui l'attend.
Si l'on comprend bien, Guéant, sortant d'une réunion de crise, vient expliquer qu'il ne faut pas parler de réunion de crise. Ou le décryptage au secours de l'investigation.
Puis vient la réunion avec les banquiers et assureurs. "Le président passe outre le conventionnel tour de table, et prend la
parole pour un long propos, "très franc, comme il en a le secret",
raconte un témoin de la scène, qui ajoute: "C'était tonique, c'était
le discours de Toulon en plus viril et plus direct." Un témoin totalement impartial, donc.
Mais attention, ce n'est pas parce qu'il a sauvé la finance mondiale que la journée du président s'arrête pour autant. Après avoir accueilli le premier ministre indien, Manmohan
Singh, "il enfile sa tenue de
jogging pour faire pendant une heure le tour du jardin de l'Élysée. À
16heures, il trouve le temps d'accueillir… Jean-Pierre Raffarin pour
évoquer "ses projets pour l'avenir" après son échec lors de la primaire
pour l'élection du président du Sénat." Et en plus, il est présent pour ses amis.
S'ensuivent une rencontre avec Carlos Ghosn, le patron de Renault, et enfin une autre avec les représentants du patronat européen. "Nous avons assisté à une séance étonnante, nous étions devant un
président remonté à bloc, dans un état d'indignation bluffant", note
l'un des participants, qui s'avoue impressionné par l'abattage du chef
de l'État. "Il s'est montré absolument décidé à aller aussi loin que
possible pour entraîner l'ensemble mondial vers une redéfinition des
règles du jeu". Et s'il est décidé...
Mais soudain, dans le dernier paragraphe, tout bascule. Sous cette même plume, on lit que "le chef de l'État ne peut
pas grand-chose face à un cyclone dont l'œil se trouve à New York et
Washington. Une situation qui met le président dans une position
d'attente." Mais alors, n'a-t-il pas "pris à bras-le-corps" la crise, comme le vendait si bien le titre ? "Mardi, faute de peser directement sur les événements,
Nicolas Sarkozy a voulu à toute force démontrer qu'il y avait bien "un
pilote dans l'avion", conclut, lucide, l'article. Et Le Figaro n'a pas été le dernier à l'y aider.
le 26/03/2009
le 08/10/2008
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