Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

La sociologue Monique Pinçon-Charlot sur notre plateau

arrêt sur images, émission Par la rédaction discuté depuis 17:31 le 03/02/2017

Comme tous les grands fait-divers, l’affaire Fillon a le mérite de révéler tout un monde : le petit monde des grands élus de la République d’abord, avec leurs avantages, et l’opacité qui les entoure, mais aussi, en élargissant le champ, leurs rapports avec le monde de la finance et des médias. Pour explorer ce dévoilement d’un pan de la société, nous avons invité la sociologue Monique Pinçon-Charlot ainsi que Nicolas Thibault, président de l’association française des collaborateurs parlementaires (AFCP).

L'émission est présentée par Daniel Schneidermann,
préparée par Anne-Sophie Jacques et Adèle Bellot
et déco-réalisée par Antoine Streiff et Sébastien Bourgine.

La vidéo dure 1 heure et 20 minutes.
Si la lecture des vidéos est saccadée, reportez-vous à nos conseils.

Coulisses de l’émission par Anne-Sophie Jacques
C’était couru...... > Lire l'intégralité du texte
Participations votées d'utilité publique sur ce sujet

Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pinson-Charlot est sociologue. Spécialisée dans la haute bourgeoisie et l'aristocratie qui l'ont reçue très aimablement pendant des années, lui ont ouvert des portes, facilité des contacts, se sont souvent confiés à elle et son mari. Elle en a tiré des livres, des articles et se répand dans les médias pour dire à quel point toute cette classe supérieure est nauséabonde, égoïste, malfaisante, inconsciente, etc. Bref des gens méprisables. Imagine-t-on un instant un sociologue sérieux réalisant de longues enquêtes dans les banlieues pour en conclure que les jeunes de banlieue sont des connards, paresseux, voleurs, dealers, immatures, analphabètes, etc. Sa grande trouvaille, c'est l'entre-soi. Si elle était un peu moins spécialisée, elle saurait que l'entre-soi ouvrier, paysan, employés, marginaux, petits cadres etc existe tout autant. Ce n'est pas un élément discriminant.
Et sa citation de Nizan, présenté comme l'alpha et omega de la pensée sociale, si elle est intéressante et même brillante est parfaitement discutable et remonte à une époque de luttes sociales exacerbées.
Cette soit-disant scientifique (à la Bourdieu) applique allègrement sa grille d'analyse marxiste (elle le dit elle-même) avant toute autre considération. Ses livres sont à prendre avec des pincettes et des ciseaux. Elle est là pour dénoncer, condamner. C'est une militante. Parfait, mais que l'on ne fasse pas appel à elle pour une opinion à peu près objective.
Au passage, je lis dans la présentation de l'émission une remarque narquoise sur la manière dont les propriétaires de châteaux, manoir, grandes demeures, parlent de leur "maison". Et alors? Quel est le problème? C'est leur maison, leur foyer. DS préfèrerait-il qu'ils affichent encore davantage leur richesse supposée, pour mieux humilier leurs interlocuteurs, les autres enfants? Contester à quelqu'un le droit de parler de "maison" quand il parle de l'endroit où il est né, où il vit n'a pas de sens, traduit juste un sentiment assez bas de mépris de classe, exactement ce dont nous n'avons pas besoin.
Ceci étant dit et pour éviter toute confusion : Fillon est un assez minable représentant de la classe aristocratique et assimilés (notables, notaires, politiciens) de province. Il a profité honteusement du système, semble-t-il, il doit être écarté et sanctionné par la Justice....
> Lire ici > Lire en contexte

Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Brillant munstead.
Comment pouvez-vous, du haut de votre morgue, être aussi bête en étant aussi intelligent.?

C'est le paradoxe permanent de votre pensée qui comme la maison pour un manoir n'en est pas une.
Bonne soirée....
> Lire ici > Lire en contexte

Par Adarr

Re: l'insulte heureuse

Franchement, les critiques sur Monique Pinson-Charlot, ça vole pas très haut...
Certes, ses propos choquent à la première écoute. Qu'une "dame d'âge respectable" ose rentrer dans le lard de la bien-pensance, aussi frontalement, ça pique un peu. On se dit "comment ça, elle les attaque un peu durement quand même".

Et puis si on réfléchit 5 minutes, on se dit qu'ils le méritent cette sale bande de profiteurs. Oui, cette caste nous bouffe littéralement, nous domine totalement.

Pour ma part j'ai fait une "grand école d'ingénieur". Venant d'une famille très modeste, je n'ai pas compris ce que je voyais pendant mes études (les beuveries codifiées, les rallyes, les social events en tout genre...) . C'est une fois sorti, sur "le marché du travail" que j'ai commencé à tout bien comprendre. Et aujourd'hui, 10 ans après, c'est plus que clair. Ceux de ma promo qui ont les plus beaux postes aux plus hautes responsabilités sont ceux pour qui j'aurais pu facilement le deviner quand on partageait les mêmes bancs d'amphi. J'en ai la preuve manifeste, à chaque fois que je reçois des nouvelles des quelques 350 élèves des 3 promos que j'ai côtoyé. Et ce que je vois, c'est que les fils et fille de, sont les mieux lotis.
Pas forcément issus de l'aristo hein. Mais à minima enfants de cadres supérieurs, grands propriétaires, ou de belles familles de commerçants. La petite et la grande bourgeoisie bien intégrée dans son réseau d'influence. Ces mêmes ont tous, à même pas 35 ans, déjà acheté (totalement) leur bien en ville, roulent dans des bagnoles neuves et partent 3 fois par an en vacances au soleil et au ski. Leurs salaires sont le double voir le triple de ceux des autres.

Et Pinson Charlot a raison de dire qu'on y rentre comme on en sort. Pour ma part, même si ma situation n'est pas mirobolante au niveau financier, j'ai acquis un bagage socio-culturel que je transmettrai de fait à mes enfants. Et malgré moi, ils auront plus de facilités dans la vie que je n'ai pu en avoir (si la situation économique ne se dégrade pas plus, cela va de soi...). Même si l'héritage socio-culturel dont ils bénéficieront est totalement gauchiste (ça sera ma façon de me déculpabiliser...).

Donc on ne dit pas que c'est tout noir / tout blanc. Mais force est de constater que dans les écoles d'ingés les enfants d'employés représentent 5 à 10% des effectifs (comme dans nos parlements finalement) et que ces derniers ont beaucoup plus de difficultés à la sortie que ceux qui viennent de "bonne famille".

Bref, l'attaque frontale des exploiteurs, des dominants, des profiteurs, est plus que légitime et salvatrice. D'autant plus que l'on entend bien plus souvent parler des assistés RMIstes que des assistés rentiers ! Un autre son de cloche, désolé, mais ça fait du bien au moral !...
> Lire ici > Lire en contexte
Tous les commentaires (353)
Par Robert.

Pour Fillon on ne dit pas château, on dit manoir.

La propriété de François est un manoir.
En particulier :
"On peut distinguer un manoir d'un château par le fait que l'exploitation agricole était essentielle pour le manoir et gérée directement par son seigneur, qui n'avait pas le privilège d'exercer des fonctions plus honorifiques, militaires ou administratives (acquises non par compétence, mais par achat de « charges »)." (Wikipédia)
Par Robert.

Re: Pour Fillon on ne dit pas château, on dit manoir.

"La propriété de François est un manoir. "

D'où, d'ailleurs, "le contrat de fermage et les 218 kilos de viande offerts au Fillon. "
Par labellebleue

Re: Pour Fillon on ne dit pas château, on dit manoir.

Manoir et manants semblent avoir la même racine.. Nous sommes les manants.
Par Cugel

Re: Pour Fillon on ne dit pas château, on dit manoir.

... donc ce n'est pas un manoir puisque avec le fermage l'exploitation agricole n'est pas gérée directement par le proprio du manoir, du château... heu, du truc avec les tours.

--
Par Bracam

Re: Pour Fillon on ne dit pas château, on dit manoir.

Franchement, Fillon aurait déclaré un truc avec des tours en tant que patrimoine, il serait Président aujourd'hui ;-) Je propose de réviser le vocabulaire, truc avec des tours me semble de nature à rassembler une large entente populaire.
Par Robert.

Re: Pour Fillon on ne dit pas château, on dit manoir.

Justement dans un fermage le propriétaire confie la gestion de l'exploitation agricole au fermier en échange d'un loyer (qui pouvait être stipulé en nature).
La propriété de Fillon est désignée comme "Le manoir de Beaucé".



Modifié 1 fois. Dernière modification le 22:25 le 05/02/2017 par Robert..
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pinson-Charlot est sociologue. Spécialisée dans la haute bourgeoisie et l'aristocratie qui l'ont reçue très aimablement pendant des années, lui ont ouvert des portes, facilité des contacts, se sont souvent confiés à elle et son mari. Elle en a tiré des livres, des articles et se répand dans les médias pour dire à quel point toute cette classe supérieure est nauséabonde, égoïste, malfaisante, inconsciente, etc. Bref des gens méprisables. Imagine-t-on un instant un sociologue sérieux réalisant de longues enquêtes dans les banlieues pour en conclure que les jeunes de banlieue sont des connards, paresseux, voleurs, dealers, immatures, analphabètes, etc. Sa grande trouvaille, c'est l'entre-soi. Si elle était un peu moins spécialisée, elle saurait que l'entre-soi ouvrier, paysan, employés, marginaux, petits cadres etc existe tout autant. Ce n'est pas un élément discriminant.
Et sa citation de Nizan, présenté comme l'alpha et omega de la pensée sociale, si elle est intéressante et même brillante est parfaitement discutable et remonte à une époque de luttes sociales exacerbées.
Cette soit-disant scientifique (à la Bourdieu) applique allègrement sa grille d'analyse marxiste (elle le dit elle-même) avant toute autre considération. Ses livres sont à prendre avec des pincettes et des ciseaux. Elle est là pour dénoncer, condamner. C'est une militante. Parfait, mais que l'on ne fasse pas appel à elle pour une opinion à peu près objective.
Au passage, je lis dans la présentation de l'émission une remarque narquoise sur la manière dont les propriétaires de châteaux, manoir, grandes demeures, parlent de leur "maison". Et alors? Quel est le problème? C'est leur maison, leur foyer. DS préfèrerait-il qu'ils affichent encore davantage leur richesse supposée, pour mieux humilier leurs interlocuteurs, les autres enfants? Contester à quelqu'un le droit de parler de "maison" quand il parle de l'endroit où il est né, où il vit n'a pas de sens, traduit juste un sentiment assez bas de mépris de classe, exactement ce dont nous n'avons pas besoin.
Ceci étant dit et pour éviter toute confusion : Fillon est un assez minable représentant de la classe aristocratique et assimilés (notables, notaires, politiciens) de province. Il a profité honteusement du système, semble-t-il, il doit être écarté et sanctionné par la Justice.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Brillant munstead.
Comment pouvez-vous, du haut de votre morgue, être aussi bête en étant aussi intelligent.?

C'est le paradoxe permanent de votre pensée qui comme la maison pour un manoir n'en est pas une.
Bonne soirée.
Par Olivier

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Hum, pas si vite. La leçon de Pinson-Charlot à Nicolas Thibault était d'une sacrée condescendance. Ca dessert son propos. Qu'il soit militant ou pas, Thibault, il faut travailler. L'ajusteur chez Dassault est-il convaincu des raids aériens des Rafale qu'il construit ?

Du coup, GP, en matière de morgue, vous avez été également pas mal.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Oui, je sais mais je me mouche.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Ceci pour dire que je ne suis pas complètement froid.
Par Robert.

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

" La leçon de Pinson-Charlot à Nicolas Thibault était d'une sacrée condescendance"
Aux députées (LR) qui l'auraient choisi pour son sourire aussi. Cinq minutes de n'importe quoi.
Par morvandiaux

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

...L'ajusteur chez Dassault est-il convaincu des raids aériens des Rafale qu'il construit ? ...peut-être pas mais l’État qui commande à Dassault et joue un rôle de représentant de commerce : démontre, si besoin était, une "complicité" évidente, ...hier confirmée par le simple fait que la "J"ustice n'inflige aucune peine de prison au malfaiteur !!

JUSTICE DE CLASSE :...deux faits divers l’an dernier, deux jugements exemplaires, l’un concernant un SDF de 18 ans condamné en mai 2016 à deux mois de prison ferme pour un vol de pâtes et de riz. Cet autre cas d’une personne ayant volé un fromage de chèvre en novembre, casier judiciaire vierge jusque-là, condamné lui à 3 mois de prison ferme. Ça nous rappelle furieusement l’histoire de Jean Valjean le héros de Victor Hugo dans « Les Misérables » qui fut condamné à 20 ans de bagne pour avoir volé du pain....

sur le site d'Eric Bocquet Sénateur du Nord
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Oui mais tu comprends, c'est quand même pas aussi violent que d'oser parler de "dominants" !

Ce mépris de classe envers les riches doit cesser ! Ce que ces gens de bien se prennent de la part d'une population aigrie et rancunière est intolérable !

Alors on apitoie la populace avec l'histoire de quelques malchanceux désargentés, uniquement pour faire considérer la délinquance comme une chose quasiment normale et juste !
Mais dans quel monde vivons nous, cher Charles-Edouard-Amédé-Gontrand-Cénelier-de-Rigonzague ? Hein ? Je vous le demande !

Je vous le dis, ce pays va sur son déclin ! Je vous le dis !
D'ici à ce que nous voyons arriver au pouvoir un bolchévik, je vous le dis, cher Charles-Edouard-Amédé-Gontrand-Cénelier-de-Rigonzague, je suis fort inquiet !

Non, Germaine, les bijoux c'est dans cette mallette ! Comment ça le courtier suisse n'a plus de place ? Il vient d'où encore celui-là, De la SNCF ???
Par Bracam

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Hum, pas si vite. La leçon de Pinson-Charlot à Nicolas Thibault était d'une sacrée condescendance. Ca dessert son propos. Qu'il soit militant ou pas, Thibault, il faut travailler. L'ajusteur chez Dassault est-il convaincu des raids aériens des Rafale qu'il construit ?

Du coup, GP, en matière de morgue, vous avez été également pas mal.


Ce que vous appelez condescendance est en fait l'expression du travail et de la connaissance très grands d'une sociologue militante, personne n'a disqualifié le mot juste ! et le reflet de la réalité. Une réalité qui dérange certains et des mots qui ont une signification précise, et bien sûr des dizaines d'interprétations possibles. Monique Pinçon-Charlot ne gazouille pas dans l'air du temps, certes... Son propos choque le dominant, le dominé qui voudrait bien avoir l'air mais qu'a pas l'air du tout (Brel), et moi qui ai de la chance dans cette vie mais "probablement" au détriment de moins bien lotis. Il y a plus à se braquer contre n'importe parole qu'à apprendre quand on pense que sa vision de la réalité est la réalité. J'étais également, disons, surpris en entendant M.Pinçon-Charlot s'adresser à N.Thibault (que j'ai apprécié), m'imaginant recevoir à sa place la description de la sociologue. Ce sentiment est évidemment de très peu d'importance dans le contexte d’une telle émission de réflexion.

Mathilde Larrère (son nom et sa chronique manquent au moins dans les"Coulisses", grave erreur !), dans un témoignage qui me fascine par sa luminosité, une mise en perspective historique saisissante, me donne également une leçon de vie bouleversante, qui éclaire plus vivement encore le remarquable exposé de M. Pinçon-Charlot, sur la question de nos engagements, nos reniements, nos solidarités ou trahisons de classes précisément. Et elle répète ce qui nous est si difficile à comprendre, notre rapport à la réalité que nous refusons de voir ET de nous faire expliquer souvent. Car, je l'espère, nous nous interrogeons, nous doutons ; ce n'est pas toujours confortable. Mais l'ouverture de notre pensée à notre environnement passe par l'écoute de l'autre et par l'acceptation de la parole des maîtres. Je me bats contre ma suffisance "de jeunesse" depuis quelques années, laquelle me semblait indispensable à la conquête de la place que je crois légitime dans la société. Il y a dans les propos de la sociologue et de l'historienne de violentes questions qui peuvent naître : en substance, qu'ai-je fait pour vous ou contre vous semblables, quelle position veux-je conserver dans cette société, avec quelle légitimité, à quel prix (payé par qui).

Eh oui, parler de maison n'est pas anodin, se faire tirer le portrait non plus. Et donc, la lumière n'est pas condescendance, elle est nécessaire pour y voir un peu dans ce monde assez complexe et inégal.
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Hors polémique, pouvez-vous m'expliquer en quoi parler de "maison" quand on habite un château, un manoir ( ce qui concerne sans doute à peine quelques dizaines de milliers de personnes) "n'est pas anodin"?
J'ai longtemps vécu en appartement, et disais couramment, "je rentre à la maison". Pouvez-vous m'expliquer? En avais-je le droit? Qu'est ce que cela exprime? et pour vous rassurer, je n'habite pas dans un château.
Par poisson

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Dire "à la maison" est une chose. Dire "j'ai une maison dans la Sarthe" est autre chose.

En réalité les châteaux d'époque, ça ne vaut rien dans l'immobilier. Mais dans l'imaginaire du bas-peuple, des foules entassées au pied du podium médiatique, pensent-ils, cela est arrogant de l'étaler ou cela peut laisser entendre qu'on a du patrimoine de riches.
Dire "maison" comme un petit E.T. perdu sur une autre planète, c'est une façon de dire "laissez-moi tranquille avec votre ISF".

Il y a des gens qui disent "château", ce sont ceux qui n'ont rien à se reprocher au sujet des sous qui leur ont permis de l'acheter et de l'entretenir, ou qui ont des fuites dans le toit.
Par Bracam

Re: ma cabane de jardinier

Parler de maison pour désigner un manoir ou un château procède d'une volonté d'adoucir. voire de masquer une réalité que le bon peuple n'est pas forcément disposé à entendre, et comme on le constate, l'expression maison est employée par F. Fillon justement dans le cadre d'une opération "vérité". Je ne doute pas que vous concevez la médiocre différence qu'il y a lorsque vous regagnez la maison, sympathique F2 avec vue sur le périphérique, et lorsque vous gagnez votre maison à tourelles en Falcon pour partager en famille le boeuf bourguignon élevé sur vos terres. Maison est aussi, je l'ai découvert, une aimable manière de parler de ses châteaux dans la grande bourgeoisie et la noblesse, qui après la grande Révolution s'est très possiblement intéressée au sens des mots dans un souci de survie. Ce sens que nous avons peut-être un peu de peine à concevoir chez les gens simples, trompés par des mots valise, volontairement vidés de leur sens, des mots "euphémisés" mis en place par les pouvoirs, j'ai failli dire les dominants, comme SDF - sans domicile fixe pour clochard, qui signifie en fait sans désir financier.
Je n'ai pas envie de tenter de vous convaincre ; je me permets de ressentir entre vous et nombre de forumeurs dont je fais partie une forme d'incompatibilité de sensibilité concernant la condition des uns et des autres, en l'occurrence sur la perception de l'égalité de certains qui dépasse sensiblement celle des autres. Je ne suis pas pour une autoritaire égalité en tout, dont on peut estimer qu'elle est irréalisable et en rien souhaitable, dans la mesure où elle serait considérée comme une interdiction de vivre sa propre vie. Chacun peut penser qu'elle lui serait préjudiciable, bien qu'il n'y ait certes pas une manière unique de considérer ni de définir ce que serait une égalité légitimement attendue en société ! On doit pourtant la considérer comme un préalable fondamental à la possibilité pour chacun de vivre décemment, et la Déclaration des droits de l'Homme ne transige pas sur certains principes de cet ordre. Mais quand ce refus d'égalité amène à dire "il y aura toujours des riches et des pauvres", on court le risque de glisser dans le totalitarisme très rapidement, nécessaire pour assurer l'inégalité heureuse. J'aimerais n'avoir pas à gloser sur le mot totalitaire, je me comprends et suis parfois compris, cela devrait suffire.
Quoi qu'il en soit, je l'ai déjà écrit, je ne suis pas pour ma part très bien disposé au partage de mes biens, de ma maison, de mon temps, de ma considération pour le genre humain qui souvent désespère, sans que cela ne soit très largement partagé dans un immense mouvement populaire. Je suis admiratif face à ceux qui donnent (de) leur vie pour les autres, parfois littéralement, j'essaie d'apprendre.
Par munstead

Re: ma cabane de jardinier

Votre léger délire est hors sujet. Vous déniez à un enfant ou à un adulte le droit d'utiliser le mot de "maison" en l'accusant de dissimulation. Le mot maison, home, heim, casa a un sens universel, celui du foyer, de l'endroit où l'on vit. Il ne signifie pas une surface, un coût, une architecture, simplement l'endroit où l'on se sent bien, chez soi, en famille. Si vous ne pouvez comprendre ça, dommage pour vous. Cela signifie aussi que vous refusez tout échange, tout dialogue avec ceux… censés être plus riches que vous peut-être. Etymologiquement, historiquement, sémantiquement, vous avez tort. Quant à ma sensibilité et votre tentative de me distinguer des membres de ce forum, elle ressort de la même démarche: séparer, dénoncer, isoler, en attendant la punition sans doute.
C'est amusant de voir Pinson-Charlot dénoncer l'entre-soi, et vous l'applaudissez, alors que ce forum , si l'on vous suivait, en serait l'exemple parfait.
Par Bracam

Re: délirons, mais chacun pour soi

Navré de vous contredire, mais je ne dénie rien du tout. Vous éprouvez ce que votre ressenti vous inspire, mais mon léger délire, ainsi que vous le dites aimablement ! relève de la douce insulte, je n'entre donc pas en matière. Je vous propose en contrepartie de rester dans le vôtre, avec mes plus plates excuses pour vous avoir suggéré de prendre en compte ma conception du mot maison dans ses diverses acceptions. Un point de vue qui n'intéresse pas que moi, heureusement.

Bon vent, je viens de passer une bonne soirée avec de vos compatriotes (français) tentés par Macron et qui respectent la différence, la mienne par exemple. Peut-être était-ce dû au fait que nous étions en face les uns des autres, ce qui induit en principe un respect qui fait souvent défaut dans les relations virtuelles (je dois m'interroger à tout instant sur cette problématique dans les forums, mais ma résistance est limitée et il se peut que je ne respecte pas les principes qui me tiennent pourtant à coeur). Vous me faites procès de ne pas respecter votre sensibilité, alors que j'espérais n'y avoir pas attenté, et vous comptez pour peu la manière dont je m'expose sincèrement dans mes questionnements (et non des certitudes). Je ne trouve pas la ressource nécessaire pour faire l'effort supplémentaire d'essayer de vous faire entendre que je ne vous mets pas en cause mais que je tente d'exprimer une réflexion qui n'a rien de l'incrimination personnelle, niveau auquel vous me semblez vous cantonner. J'ai mille fois éprouvé cette impossibilité de communiquer sur internet qui vient surement de moi en partie. Mais, me demandant si vous êtes capable de faire un pas en ma direction, la lecture de votre réponse me faisant craindre le contraire, l'envie me vient de vous adresser toute ma déconsidération pour réponse. C'est évidemment une mauvaise option.

Comme chacun d'entre nous se croit habilité à porter un jugement sur autrui, je me laisse aller, en vous lisant, à l'idée que vous manquez de pertinence dans vos verdicts. Après tout, vous ne vous embarrassez pas de précautions en me faisant un procès ad personam, et je n'ai pas la disposition nécessaire cette nuit à revenir à un échange civilisé. Alors dans cette ligne, je vous propose de réfléchir à la réaction relationnelle hostile à laquelle prédispose votre réplique, du point de vue de ceux que vous prenez sur le ton de la polémique personnalisée. Je suppose que vous disposez d'un certain temps devant vous à cet effet, je ne désespère donc pas. Je ne sais évidemment pas qui vous êtes, mais à votre manière de regimber quand on parle de grande bourgeoisie, je pressens que vous supportez mal qu'on en parle, avant même qu'on s'interroge sur sa responsabilité sociale.

Dans ces conditions, quelle que soit votre culture, je m'interroge sur votre disposition à lire et comprendre autrui, interrogation que vous faites naître dans ce fil de discussion. C'est bien regrettable, mais je me demande si vous pouvez concevoir d'échanger des idées avec d'autres dont le langage n'est pas forcément conforme au vôtre : je parle bien, dans le cas présent, de forme au moins, sinon de fond. Je me pose cette même question à titre personnel chaque jour, et je reconnais que cela ouvre des abimes insondables. Quant à la manière dont j'exprime mes opinions (eh oui, guère plus), je ne pense pas vous avoir mis en cause personnellement. Cela fait une différence que je vous suggère de prendre en compte, et de mesurer à sa modeste valeur. Je me dévoile, plus honnêtement que Fillon ne le fait en parlant de maison ( ça c'est pour le bon mot), vous en profitez pour dénaturer le sens de ma contribution : je connais le procédé, j'en ai soupé et l'envie me vient de réagir brutalement. C'est à croire qu'il faut adopter désormais ce mode de discussion, j'en reste bien surpris.

Je vous prie de remarquer que je n'applaudis pas Pinçot-Charlot, cette interprétation relève du préjugé : leur propos m'intéresse au plus haut point, mais comme un élément utile à la réflexion, la mienne par exemple. Si j'ai été enthousiasmé par l'émission, j'ai relevé, sans en faire l'étalage critique puisque le point de vue me semblait pertinent, un certain nombre d'expressions (qui révèlent disons une.. idéologie, cette béquille individuelle sur laquelle tant de personnes s'appuient en le niant souvent) qui m'interpellent, voire m'agacent pour toute sorte de raisons. Je n'ai pas envie, vu l'intérêt de leur contribution, de hurler avec leurs contempteurs, qui font très bien le travail et nous alertent parfois utilement par leur sens critique.

Ce qui m'intéresse in fine, c'est le "matériel" intellectuel à la source duquel j'espère apprendre. Oui, je me souviens m'être fait insulter parce que j'avais prétendu, sur un forum et hors sujet, que l'on apprend durant toute sa vie : aussi étonnant que cela (me) paraisse, il y a des gens qui ont prétendu être insultés par cette réflexion intime. Si j'en avais le coeur, j'en rirais. Je répète donc aujourd'hui que l'on apprend de ses maîtres.

Je ne dénie pas votre humanité, quoique mon intervention vous ait amené à croire. En retour, je serais reconnaissant à ceux qui me font un peu facilement ce procès en sorcellerie de réviser leur jugement souvent définitif, en admettant que leurs répliques me semblent tout autant que les miennes à leur sens pénibles. A ce moment de la discussion (démocratique), sans attaques à la personne, il devrait être possible de partager ne serait-ce que les multiples acceptations d'un seul mot. Quelle avancée de l'esprit ! Je ris tristement quand je vois combien il semble que la tolérance doive être le maître mot des relations en société aujourd'hui, mais à quel point cette utile disposition est bafouée. Je peux vous garantir que vos préjugés clairement exprimés à mon encontre sont totalement étrangers à ce que j'ai voulu exprimer. Cependant j'ai remarqué qu'il était souvent vain d'espérer retrouver un terrain d'entente lorsque j'avais par malheur failli par un seul mot et tenté de m'en expliquer. Il ne resterait donc que la confrontation, le mépris, le rapport de force, que je n'ai jamais compris comme un valeur acceptable. Peut-être m'avez-vous vous aussi, sans le rechercher certes, conforté dans cette impasse banale.

Je vous ai fait part de ma compréhension du mot "maison", distinguant celle qui donne sur le périphérique du manoir à tourelles, vous me parlez de mon léger délire : difficile à accepter.
Par Bracam

Re: condescendance

Par contre, ayant regardé le film des Pinçon-Charlot, c'est amusant d'entendre Monique expliquer la notion sociologique de "stratégie de condescendance", à 1h16´30´´, qu'elle décrit comme une manière de nier la distance sociale qui sépare des personnes de rang différent, par l'usage d'une politesse extrême par exemple, témoin de la pratique en question. Monique ne manque pas d'évoquer opportunément qu'elle exerce aussi cette stratégie à son niveau, bien qu'elle n'appartienne pas à la classe sociale de son interlocuteur.
Par Tatanka

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Je ne sais pas, mais particulièrement observé les expressions de Nicolas Thibault. Et j'ai l'impression qu'il a découvert et appris quelque chose - son air atterré en dit long. Je ne dirais pas qu'il votera Melenchon pour la prochaine présidentielle, mais il s'est passé quelque chose...
Par marco negre

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

est ce qu' on pourrait suivre ce qui va arriver à nicolas thibaut ? je crains qu' il ne soit vite licencié par ses 2 députées
Par marco negre

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

au dela de toutes ces interventions serait il possible de remarquer la propension de plus en plus forte de DS de couper la parole et surtout de donner son avis ?
Par Bracam

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Nicolas Thibault s'est comporté en bon employé, discret et clair dans ses réponses, qui jamais ne mettent en difficulté ses employeuses. Disponible et à l'écoute de ce qui s'est dit, sans chercher aucune contradiction. Sauf s'il était mal compris, il me semble qu'il a rétabli en douceur une vision positive de l'activité d'aide parlementaire et l'a fait mieux comprendre.
Par Cultive ton jardin

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Olivier
L'ajusteur chez Dassault est-il convaincu des raids aériens des Rafale qu'il construit ?

Justement, il est temps que nous nous posions tous cette question: à quoi sert le travail que nous faisons? Certains répondent déjà, en quittant des professions bien établies pour un projet aléatoire et nettement moins juteux. D'autres ne peuvent guère se permettre ce luxe. En tous cas la question, il faut se la poser.

Souvenez vous de ce petit film de Handicap International: une joyeuse réunion de jeunes cadres dynamiques. Entre deux exposés techniques (sur les mines anti-personnel...) ils partagent leurs photos de vacances et bavardent amicalement. Mais la porte, à laquelle on frappe, s'entrouvre sur une petite silhouette mutilée appuyée sur des béquilles.
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

J'imagine que vous êtes content de votre petit texte, longuement mûri, qui, cependant,t n'a aucun sens.
Je conteste juste la "morgue" le reste, on peut laisser tomber.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Vous avez raison de contester morgue.
En effet, vous remuez encore.

Souriez, munstead.
Je ne mûris rien.
Je fais ça au "feeling".
Au débotté.
Par Spawn

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

J'ai beaucoup aimé cette émission. Anne-Sophie est toujours aussi juste et précise, au passage.

Et sinon, à quand une chronique de socio ?
Par Yannick22

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Les jours passent et le déchaînement envers Monsieur Fillon sur les réseaux sociaux, blogs et autres forums gonfle exponentiellement. Il me semble que les internautes oublient le rôle décisif joué par notre ancien ministre des technologies de l’information. Sans lui, laissés aux mains des fonctionnaires de France Télécom nous serions restés ensablés dans notre désert numérique.
Prenons un peu de recul, si nous pouvons échanger nos points de vue via l’Internet comme sur ce forum à une vitesse frôlant (à peine) celle d’une Lotus dans la ligne droite des Hunaudières, c’est bien grâce à Monsieur Fillon. Alors un peu de gratitude, devant son écran, chaque internaute même déçu par les dernières révélations devrait se rappeler tout ce qu’il doit à ce bâtisseur de réseau visionnaire avant d’exprimer sa rancœur au monde entier.
Par Rolleyes

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

J'ai pensé trop tard à ce qu'on aurait pu lui rappeler à ce moment-là : qu'internet a été inventé par des fonctionnaires.

[fr.wikipedia.org]
[fr.wikipedia.org]
Par VIGOR

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Et vous aussi con !
Moi, je viens du bas du bas et votre Pinson elle me court sur le haricot ... Elle et son mari nous coûtent aussi cher que Pénélope mais Pénélope, elle au moins, elle la ferme...

Pas très châtié, mais ça soulage !
Par VIGOR

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

A GPMarcel

"Comment pouvez-vous, du haut de votre morgue, être aussi bête en étant aussi intelligent.? "

Et vous aussi con !
Moi, je viens du bas du bas et votre Pinson elle me court sur le haricot ... Elle et son mari nous coûtent aussi cher que Pénélope mais Pénélope, elle au moins, elle la ferme...

Pas très châtié, mais ça soulage !
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pourriez répéter s'il vous plait ?
Par jeanbat

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

nous coutent aussi cher?

vous pouvez préciser?
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

C'est frais, c'est gouleyant...
Ce doit être le vent.

Il y a comme un écho. Connaissez-vous VIGOR la légende d'Echo (la Nymphe) et Narcisse qui se noyit, non noya, non noyut...?

Un Gastilbelza de Brassens...

Cool camarade, cool.

[www.youtube.com]
Par Bracam

Re: Et Brassens, l'était duba ? Quand on est...

Quand on vient du bas, on n'a pas à être frais et gouleyant, non mais. C'est triste, mais la réaction du monsieur est vraiment à désespérer, et on ne sait même pas si on ose le dire, ni comment :( C'est vraiment éprouvant et inquiétant.
Par GPMarcel

Re: Et Brassens, l'était duba ? Quand on est...

Bracam, votre moralisme me désespère aussi.
Ma radicalité vous froisse l'ami.
C'est ainsi.

Vous a-t-il traité de con?

Que veut dire venir du bas du bas ou alors j'en viens moi aussi?
Ce qui me désespère aussi, c'est que nous sommes de la même classe sociale...
Et ce monsieur VIGOR ne voit pas qui est son ennemi en m'insultant.
Le temps le lui dira peut-être.

Alors j'ai opté pour un frais et gouleyant plutôt qu'un basse injure.
C'est vous qui voyez.
Par Bracam

Re: Et Brassens, l'était duba ? Quand on est...

Mais GPMarcel, il me semble que j'ai pris un risque dont je craignais que vous ne le compreniez pas, parce que précisément je pensais qu'une complicité entre nous était possible. Mots un peu provocateurs, qui faussement ressentis vont passer pour insultants eux aussi ? C'est vrai, Vigor me semble manquer singulièrement de... je cherche le mot, qui ne me vient pas. Puis je ne voulais pas répondre directement à Vigor, dont je trouve le message désespérant. Vous avez plus de ressource que moi, qui peux aussi comprendre au-delà de l'insulte ce qu'il exprime. Vous avez eu raison de répondre avec détachement et légèreté, je l'ai apprécié, sans savoir le dire... En fait de radicalité ben non justement, je trouve remarquable la manière dont vous répondez ici :)

A la question de savoir si Vigor me traite de con, je le ressens dans une certaine mesure parce que c'est la manière dont il vous traite, et Pinçon-Charlot de même, qui à mon sens défend réellement les classes ouvrières. J'ai horreur de l'insulte, que je ressens vivement y compris adressée à d'autres. Bête question d'éducation et de principes. Cette histoire me fait penser, incidemment, à l'agression d'un syndicaliste contre Mélenchon à Périgueux, qui revient comme un taureau lui crier : J'use ma vie à vous défendre ! C'est dur de se faire prendre à partie par ceux dont on croit partager, de coeur ou de malheur, la condition.
Par GPMarcel

Re: Et Brassens, l'était duba ? Quand on est...

Bracam,
Incident clos sur des incompréhensions que nous pouvons mettre sous "des styles différents d'écriture."
Dans la réponse de 21h52, je voulais glisser à Vigor , l'altercation entre Mélenchon et le "syndicaliste" de Périgueux.
Puis, je me suis ravisé.

Car depuis de nombreuses années tout un pan d'Education Populaire et Permanente a été abandonné.
Celui de la Culture politique, des idéaux, des luttes, des combats contre le patronat mais aussi des combats à l'intérieur des partis de "gauche" . Les modérés, les progressistes, les radicaux, les réformateurs...

Quant à moi, j'en suis resté à Kronstadt (1921) avec en prémices la 1er internationale ouvrière de 1864--lutte de pouvoir à l'intérieur de... (et les tensions nées de la Commune de Paris)

Alors, que faire...EDUCATION. (relire Victor Hugo)?
Bonne soirée.
Par Youri Llygotme

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

VGOR,si vous voulez vous soulager, il y a des lieux appropriés pour ça. Pas la peine de faire en plein forum.
Par alexandre westfahl

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

J'allais faire le même commentaire, dès que daniel creuse, elle divague sans arguments.
Il y a un réseautage dans les milieux aisés (venant d'un milieu "moyen" et ayant fait HEC, je suis bien placé). Cependant, j'aimerais bien la voir s'indigner que pour bosser chez EDF il y a quelques dizaines d'années il fallait être encarté au PC... Là aussi, accès seulement par réseau.

TOutes les castes sont solidaires entre elles (riche ou pauvre), je ne vois pas en quoi il faut s'indigner sur cette partie.
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

et ayant fait HEC

Apparemment, cela ne vous a pas donné beaucoup de clairvoyance.
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

aussi clairvoyant que Hollande ( qui a également " fait " HEC )
En fait, on serait mieux sous l'Ancien Régime ...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:13 le 03/02/2017 par Jean-Ali-Lévy-Feuerbach.
Par fifi

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Si HEC était fait pour donner de la clairvoyance, cela se saurait. En revanche, conférer morgue ou mépris, c'est souvent réussi...
Par alexandre westfahl

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

alors petit détail, je viens comme je le dis d'un milieu "moyen", ni bougeoisie, ni aristocratie. Il y a certes beaucoup de nobles qui vivent entre eux mais il y a bien plus de classes moyennes que vous ne l'imaginez.

Vivant au Japon depuis plusieurs années, j'ai beaucoup de recul sur la situation en france. De mon point de vue, vous avez des œillères bien attachées ;)
Par jeanbat

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

mais qu'il y est un entre -riche ne signifie pas qu'il n'y ai pas d'entre-pauvre.

un quartier populaire est une forme d'entre soi.

même les SDF évoluent dans un entre-soi.

mais il se trouve que les Pincon-charlot étudient le fonctionnement des riches et les moyens qu'ils emploient pour maintenir leurs dominations. il se trouve que l'entre soi est un de ces moyens.
ce qui est critiqué, ce n'est pas l'entre soi en lui même mais le but qu'il poursuit .

l'entre soi des classes moyennes n'a pas pour finalité la domination économique.
Par cécile clozel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

"l'entre soi des classes moyennes n'a pas pour finalité la domination économique."
je serais moins affirmative...
Par jeanbat

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

en période révolutionnaire, la classe moyenne convoite la place dominante, c'est vrai, mais la ...elle convoite son pouvoir d'achat et rien de plus.

par contre l'entre soi des ultra riche est constamment utile au maintient de leur domination.

avec ces nuances?
Par Faab

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Ou même, si on raisonne dans les termes de l'Ancien Régime pour les adeptes de châteaux : l'entre-soi des dominants est constamment utile au maintien de leur fortune.

L'esprit aristocratique est celui d'un héritage de dominant, d'éducation à être l'élite par nature ou culture, d'où leur manière d'insister sur leur moralité, leurs vertus (sobriété, sens du sacrifice, service de la nation, conservation du patrimoine etc.), et de ne considérer l'argent que comme l'expression secondaire de celles-ci. Pour eux, il ne s'agit pas d'être riche pour être les meilleurs, mais d'être les meilleurs pour être (éventuellement) riche. Cf le doc sur les Pinçon-Charlot, Voyage dans les ghettos du gotha, pour les rhétoriques aristocratiques.

"Aristos", en grec, "meilleur", avec d'ailleurs ce barbarisme républicain qu'on appelle "méritocratie" pour éviter de voir que se reconstituent facilement des aristocraties, reproductions sociales par le scolaire et élites (?) intellectuelles, entre-gens des notabilités locales ou de la bourgeoisie de la capitale, ministres de père en fils et grandes écoles etc., dynamiques oligarchiques quasi-mécaniques dans des sociétés hiérarchisées.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:27 le 12/02/2017 par Faab.
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

De mon point de vue, vous avez des œillères bien attachées ;)

Et vous des certitudes bien ancrées.
Par alexandre westfahl

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

je m'excuse de ne pas être mélenchoniste (^-^')
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Vous êtes tout excusé.

Peut-être cela vous changerait-il du Japon.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

" . Là aussi, accès seulement par réseau. .."

Là, tu avoueras que pour rentrer à EDF c'était un réseau branché!
Par Dilettante

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pas d'accord avec vous Alexandre : j'avais participé à une soirée débat avec les Pinson-Charlot à Utopia pour la sortie du film "Dans le ghetto du Gotha".
En début de discussion, M. Pinson Charlot nous avait justement fait remarquer que si nous (classes moyennes ou populaires) étions aussi solidaires que les très riches, on vivrait sans doute beaucoup mieux. En tant que membre de la classe moyenne - n'ayant pas fait HEC- je souscris totalement, nous vivons tous en concurrence et n'avons que trop rarement l'occasion de faire montre de solidarité.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 23:38 le 03/02/2017 par Dilettante.
Par Cugel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Avant de s'indigner et de colporter les bobards des droites immondes, il faudrait au minimum y connaitre un chouia.
Chez les gaziers, les PTT et toutes les autres entreprises publiques on y entrait par concours externes, donc les partis politiques et leurs pendants syndicaux n'avait pas grand-chose à voir dans les recrutements.

--
Par alexandre westfahl

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

et les entretiens oraux? les avancements?

C'est vrai que les syndicats étaient davantage occupés à piquer dans la caisse (http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-nouailhac/nouailhac-la-cgt-d-edf-lourdement-condamnee-21-10-2014-1874245_2428.php) ^^
Par Tatanka

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Il y a juste une différence:
Les uns ont LE Pouvoir
Les autre ont un boulot...
Par Tony A

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

"Les autre ont un boulot..."

ou pas.
Par Tony A

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

mal placé.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:01 le 04/02/2017 par Tony A.
Par gracques

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Et confondre une 'solidarite' d'employés d "EDF et celle unissant un ancien premier ministre qui aurait voulu être président et un milliardaire qui donne des 'bons points' aux états ... ça ne vous paraît pas idiot?
La possibilité de modeler leur environnement et celui des autres vous paraît il le même ?
Un bourge domine , mais'il ne dira pas q'il domine par 'solidarite' mais par son 'merite' propre et que la 'domination' en elle même est 'naturelle' depuis'que le monde est monde...... alors il vous laisse à votre solidarité de petits employés (ou moyens ou plus grands) pour que surtout ' surtout vous trouviez tout ça 'bien naturel' parce-que vous a leur place vous feriez pareil........ mais je vous rassure , vous ne serez JAMAIS à leurs places.
Par OuvreBoîte

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Ceci étant dit et pour éviter toute confusion : Fillon est un assez minable représentant de la classe aristocratique et assimilés (notables, notaires, politiciens) de province. Il a profité honteusement du système, semble-t-il, il doit être écarté et sanctionné par la Justice.


ça tombera dans la prescription
Par Catala93

Les grilles d'analyse toutes-prêtes empêchent de penser ...

L'apposition systématique de grilles, marxistes, libérales, identitaires, etc. ne permet pas d'énoncer des jugements sans appel. La réalité est plus complexe et exige l'inconfort du doute. En l'occurrence Monique Pinçon-Charlot ne nous apprend rien. On sait ou on imagine parfaitement qu'il y a un entre-soi dans les catégories les plus aisées et dans les cercles du pouvoir. Personne d'un peu informé ne peut être surpris de voir la séquence où une jeune femme prend la carte de visite d'un banquier pour chercher un poste de financier dans les grands vins. Oui, la fille du plombier du coin a très peu de chances de se retrouver dans une garden party pour obtenir ce boulot très bien rémunéré mais faut-il invoquer les mannes de Nizan ou Bourdieu pour le comprendre ? Au passage , on note " Est-ce que Pierre Beregovoy s'est suicidé ?" par Pinçon-Charlot comme dans la théorie du complot qui prétend qu'une équipe de plongeurs de trouvaient dans le canal à proximité de Beregovoy ce jour-là ...
Parmi les Bourdieusiens, citons aussi Serge Halimi, directeur du Monde Diplomatique qui dans son éditorial du mois de décembre, s'empresse d'appliquer la thèse de Bourdieu du "Racisme de l'intelligence" à l'élection de Trump. Les électeurs les moins diplômes, méprisés par les classe supérieures et riches se seraient ainsi vengés. Aucune autre analyse n'est invoquée dans son édito. C'est un peu court pour tenter de comprendre cet accident démocratique comme l'indique ce billet du club de Mediapart.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:16 le 03/02/2017 par Catala93.
Par petit - saconnex

Re: Les grilles d'analyse toutes-prêtes empêchent de penser ...

oui je suis d'accord avec vous .Madame Pinçon- Charlot va parfois un peu trop loin ,notamment ce qu'elle a dit sur Bérégovoy
Par sandy

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Je ne suis pas d'accord. L'entre soi dont elle parle n'a rien avoir ni de près ni de loin à ce qui peut exister dans les autres classes sociales. Ce qu'elle met en lumière c'est justement à quel point ces gens ont compris l'intérêt des relations sociales et leur savoir faire pour les cultiver. Ces gens passent l'essentiel de leur temps à tisser des relations, à étoffer leurs carnets d'adresse, à mettre au point des échanges de bons procédés, à flatter les uns, à tendre la main aux autres, parce qu'ils savent qu'ils ont quelque chose à y gagner. Elle montre aussi comment cette façon de vivre est tenue dans le secret. Pour nous, en apparence, ce sont juste des personnes oisives qui passent leur temps grâce à leurs richesses à s'amuser à faire des fêtes ou des banquets ... Nous n'avons aucune conscience qu'il s'agit pour eux d'un travail, et que c'est grâce à ce travail qu'ils maintiennent leurs privilèges et leur pouvoir, bref qu'ils arrivent bien à nous enculer ...
Et ces révélations sont d'un intérêt public, car leur domination tient pour beaucoup à notre ignorance. On nous persuade des vertus du mérite et du mythe de l'ascenseur social, alors qu'en réalité la compétition sociale est complètement pipée.
Elle montre aussi que si ces gens dominent, ce n'est pas pour rien, ce sont des gens cultivés, intelligents, et ils prennent bien soin à perpétuer cela à travers leurs enfants.
L'étude sociologique qu'ils ont réalisé est sans doute l'une des plus importante qui soit.
Par Bracam

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Il me semble en tout cas, pour répondre à Catala et pour modérer mon texte précédent qui semble encenser sans réserve M. Pinçon-Charlot... que rien de ce qui (vous) semble évident ne saurait l'être sans que cela n'ait été longuement étudié, expliqué et diffusé. De plus, quoi que l'on en pense, l'accès reste très relatif à l'information et à la connaissance pour chacun, faite de réalités de conditions sociales, d'opportunités et de dispositions intellectuelles pour les études.

Dans ces situations inégales "à l'évidence" également, on sait et on comprend facilement que les frontières entre les catégories sociales sont très peu perméables. On peut ne pas s'étonner de ce que classes supérieures pratiquent le "réseautage", parce qu'on le constate de même dans les classes inférieures, parce qu'en somme et en toute logique, le principe du réseau est parfaitement logique, nécessaire et profitable au sens large. Il n'empêche que pour le commun des citoyens, les petits arrangements obtenus, souvent au détriment des autres puisque la compétition fait rage, sont d'un tout autre niveau que ceux qui lient les puissants de ce monde. Cela ne rend pas le principe du privilège très défendable éthiquement parlant, quel que soit le milieu dans lequel il se pratique.
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

"Pour nous, en apparence, ce sont juste des personnes oisives qui passent leur temps grâce à leurs richesses à s'amuser à faire des fêtes ou des banquets ". Là c'est le bouquet! C'est l'image que PC donne de l'aristocratie. Elle est totalement fausse, et c'est là ou tout son analyse critique se casse la figure. Et en plus, les chiffres sont là, L'aristocratie française n'est pas riche. Elle est appauvrie, endettée, elle croule sous les problèmes d'indivision, elle ne représente plus la culture, la connaissance, le pouvoir de l'argent ou des traditions qui disparaissent. Ses enfants travaillent comme tout le monde. Regardez un peu autour de vous. Ils gagnent leur vie comme la plupart des Français, dans des tâches qui n'ont rien de glorieux, comme tout le monde.
Le problème, si problème il y a (c'est plut^to une évidence) se trouve au niveau de la très haute bourgeoisie, riche, "mariée dans la noblesse" parfois pour la firme, et ses relais politiques.
le château n'a plus de sens en France, y compris dans les campagnes. Ce que PC dénonce, se retrouve dans tous les pays. Elle a fait une fixette sur l'aristocratie, intéressant sujet d'étude à saisir avant qu'elle n'ait disparu, mais veut en faire un des pôles de la société française alors que ce n'est plus le cas depuis 70 ans au moins.
Par cécile clozel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

je crois que vous faites erreur : elle parle de classe dominante, signalant au passage qu'en effet, les noms de familles aristocratiques y sont nettement plus nombreux que chez les prolos, mais sans la limiter à l'aristocratie.
Par Adarr

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Le forum pue la soumission à la splendeur de l'élite... CQFD j'ai envie d'écrire... Incroyable cette façon de vouloir mettre au même niveau la condition des exploiteurs et des exploités... Je comprends mieux l'engouement de certains pour le royaliste libéral Macron...
Par Bracam

Re: l'insulte heureuse

Ah, vous ne seriez pas en train de simplifier outrageusement ? J'avais cru au contraire y lire une intéressante réflexion commune et diverse, pour un problème existentiel complexe.
Par Bracam

Re: mes excuses...

Et voilà, je me suis encore fait avoir avec le déroulé des commentaires, mes excuses Adarr, vous réagissez à munstead, ma pique n'a donc aucun sens.

(et je n'emploie pas suffisamment l'application de Gemp, c'est pas malin :( )
Par Adarr

Re: mes excuses...

Ah ben c'est ballot, je viens juste de poster une envolée nocturne... ça tombe à l'eau maintenant ;)
Par Bracam

Re: mes excuses...

Par Adarr

Re: l'insulte heureuse

Franchement, les critiques sur Monique Pinson-Charlot, ça vole pas très haut...
Certes, ses propos choquent à la première écoute. Qu'une "dame d'âge respectable" ose rentrer dans le lard de la bien-pensance, aussi frontalement, ça pique un peu. On se dit "comment ça, elle les attaque un peu durement quand même".

Et puis si on réfléchit 5 minutes, on se dit qu'ils le méritent cette sale bande de profiteurs. Oui, cette caste nous bouffe littéralement, nous domine totalement.

Pour ma part j'ai fait une "grand école d'ingénieur". Venant d'une famille très modeste, je n'ai pas compris ce que je voyais pendant mes études (les beuveries codifiées, les rallyes, les social events en tout genre...) . C'est une fois sorti, sur "le marché du travail" que j'ai commencé à tout bien comprendre. Et aujourd'hui, 10 ans après, c'est plus que clair. Ceux de ma promo qui ont les plus beaux postes aux plus hautes responsabilités sont ceux pour qui j'aurais pu facilement le deviner quand on partageait les mêmes bancs d'amphi. J'en ai la preuve manifeste, à chaque fois que je reçois des nouvelles des quelques 350 élèves des 3 promos que j'ai côtoyé. Et ce que je vois, c'est que les fils et fille de, sont les mieux lotis.
Pas forcément issus de l'aristo hein. Mais à minima enfants de cadres supérieurs, grands propriétaires, ou de belles familles de commerçants. La petite et la grande bourgeoisie bien intégrée dans son réseau d'influence. Ces mêmes ont tous, à même pas 35 ans, déjà acheté (totalement) leur bien en ville, roulent dans des bagnoles neuves et partent 3 fois par an en vacances au soleil et au ski. Leurs salaires sont le double voir le triple de ceux des autres.

Et Pinson Charlot a raison de dire qu'on y rentre comme on en sort. Pour ma part, même si ma situation n'est pas mirobolante au niveau financier, j'ai acquis un bagage socio-culturel que je transmettrai de fait à mes enfants. Et malgré moi, ils auront plus de facilités dans la vie que je n'ai pu en avoir (si la situation économique ne se dégrade pas plus, cela va de soi...). Même si l'héritage socio-culturel dont ils bénéficieront est totalement gauchiste (ça sera ma façon de me déculpabiliser...).

Donc on ne dit pas que c'est tout noir / tout blanc. Mais force est de constater que dans les écoles d'ingés les enfants d'employés représentent 5 à 10% des effectifs (comme dans nos parlements finalement) et que ces derniers ont beaucoup plus de difficultés à la sortie que ceux qui viennent de "bonne famille".

Bref, l'attaque frontale des exploiteurs, des dominants, des profiteurs, est plus que légitime et salvatrice. D'autant plus que l'on entend bien plus souvent parler des assistés RMIstes que des assistés rentiers ! Un autre son de cloche, désolé, mais ça fait du bien au moral !



Modifié 2 fois. Dernière modification le 00:51 le 04/02/2017 par Adarr.
Par petit - saconnex

Re: l'insulte heureuse

j'approuve votre post
Par Mona

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Est-ce que vous dites , munstead , que les manants , en un silence respectueux de bon aloi , doivent demeurer taillables* et corvéables** à merci par les gens du manoir ?

Pas le temps de détailler , et mes voisins en @sinautique ont fait de magnifiques réponses , mais juste un détail :

- quelle que soit l'intelligence de leurs chères têtes blondes , les écoles privilègiées et néanmoins gratuites de la République leur sont réservées .
- quant aux beaux cerveaux nés dans la plèbe*** , ils étoufferont à devenir fous de ne pouvoir se nourrir

* ** *** : en langage du XXI° siècle :

* tous impôts entièrement prélevés sur leurs revenus , sur leur consommation de première nécessité ( la seule possible )

** payés au smic , en durée limitée afin de s'en débarrasser à la première désobéissance ou de tête qui dépasse ou de vélléité à se tenir DEBOUT

*** dixit le Petit Robert : second ordre du peuple romain / Bas peuple , qui ose donner en synonymes : populace , racaille

Dites-vous qu le couple Pinçon-Charlot doit courber la nuque , humble et reconnaissant , et se taire sur le sujet des aberrations constatées ?
Dites-vous que les journalistes en immersion dans les banlieues n'ont pas parlé de la violence et de ses causes ?

...pourquoi me prend ici une irrépressible envie de hurler moralement .
Je subodore que les dictionnaires sont écrits par les gens du château .
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

C'est curieux cette manie de me faire dire des choses que je ne dis pas.

Si je réagis, c'est au nom d'un désir, d'une recherche d'objectivité de la connaissance, Je pense que les Pinson-Charlot ont fait un mauvais boulot, n'ont rien compris à leur sujet, ont passé leur vie à enfoncer des portes ouvertes et se targuent d'une scientificité de démarche qu'ils n'ont pas puisqu'ils ils s'expriment maintenant ouvertement en militants.
Je vous laisse à vos fantasmes misérabilistes.
On doit toujours garder la tête haute y compris devant les idéologies.
Par Geugeu

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Si elle était un peu moins spécialisée, elle saurait que l'entre-soi ouvrier, paysan, employés, marginaux, petits cadres etc existe tout autant. Ce n'est pas un élément discriminant.

La différence c'est que les classes populaire n'ont pas beaucoup de pouvoir donc leur "entre-soi" n'a pas vraiment d'effets, en dehors des grandes grèves et autres mouvements de grande ampleur.

Et si tu lis la misère du monde ou la distinction tu verra que la sociologie n'a pas une image idéalisé des classes populaires ou des immigrés.
Par Tigi

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Quels que soient leurs niveaux de pouvoir, tous les groupes sociaux ne tendent-ils pas à favoriser leurs membres ?

Contrairement à ce que dit Mme Charlot, il n'y a vraiment rien d' "extra-terrestre" dans la scène où cette étudiante se voit offrir un contact pour un stage ou un boulot.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

C'est vrai Tigi, " tous les groupes sociaux ne tendent-ils pas à favoriser leurs membres?"

Certaines personnes sans emploi poussent les membres de leur famille à être comme eux, des assistés, en leur donnant tous les tuyaux, leur carnet d'adresse (Pôle Emploi, CAF, les endroits ou dormir Pont de Machin, Squat du truc....).

Ils s'entraident et se pavanent dans leur maison de carton.

Il y a comme une "indécence" dans votre remarque.
Par Tigi

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Même en voulant jouer comme vous le faites au petit malin qui pratique le second degré, l'indécence n'est-elle pas de qualifier d' "assistés" les "personnes sans emploi" ?

La solidarité existe encore, ne vous en déplaise, dans les groupes sociaux défavorisés ou dans les familles des classes populaires.

Elle n'est pas l'apanage des clients de Mme Charlot.
Par Bruanne

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

GPMarcel, je ne comprends pas ta réaction.
Si, à l'intérieur d'un groupe il n'y a pas de solidarité et de sentiment d'appartenance, qu'est-ce qui va définir le groupe, alors ? Comment le groupe se reconnait-il sans cela ?

La CGT, la messe : ça aussi, ça a été ( et ce sont encore pour certains) des lieux et des moments de socialisation de classe, où des tas d'informations circulent, des lieux où se prennent des décisions, où se jouent beaucoup plus de choses que le motif affiché du regroupement.

Je ne comprends pas comment / pourquoi autant de gens voudraient que " l'entre-soi" soit spécifique aux riches ?

Personne ne prétend que ça a les mêmes incidences pour tous les groupes, mais la dynamique est la même.

Il ne suffit pas toujours d'être pauvre, par exemple, pour accéder au logement social, et s'investir dans certaines associations bizarrement, ça fait remonter les dossiers en haut de la pile.

Avoir réussi un concours de la fonction publique territoriale, c'est un préalable indispensable pour être recruté dans certaines mairies, mais il faut parfois donner d'autres garanties, en se faisant connaitre dans certains groupes.

Et dans beaucoup de bureaux, si on n'est pas ua bon moment autour de la machine à café, on passe à côté de beaucoup de choses.
Par Bracam

Re: quand on veut, on peut

Il me semble que l'entre-soi, que l'on appelle aussi solidarité et lycée de Versailles, n'est pas vraiment un point d'achoppement, si l'on veut bien distinguer la différence fondamentale qu'il y a entre celle de la classe dominante, pour reprendre une discrimination qui excède souvent ceux qui en disposent principalement, et celle des employés, ouvriers, parents de l'hypothétique classe moyenne, réfugiés également, etc. Différence qui a pour conséquence que les uns disposent toujours du pouvoir, qu'ils se partagent tant que les haines de familles ne les dressent pas les uns contre les autres, alors que dans les milieux populaires, on parle plutôt de survie, et d'injonction à se constituer des "résos" pour se sortir les ... et autres considérations de l'ordre du coup de pied au luc salvateur. Car entretenir une armée de feignasses est quasi anti-constitutionnel, ma chère Marie-France.
Par Bruanne

Re: quand on veut, on peut

"Il me semble que l'entre-soi, que l'on appelle aussi solidarité et lycée de Versailles, n'est pas vraiment un point d'achoppement"

... moi j'ai clairement l'impression opposée en lisant le forum, et c'est uniquement sur ça que je réagis.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Je ne nie pas ce que tu dis.
Je me suis peut-être mal expliqué mais...

Dans le quartier populaire où j'ai grandi la solidarité dont tu parles servait à aider un copain ou une copine des tracas, des problèmes dans lesquels elle, il se trouvait.
C'était pour lui tenir la tête hors de l'eau.
C'était pour qu'il, elle survive.

Mon père ajusteur a trouvé une place d'apprenti pour mon frère pour qu'il devienne ajusteur...par connaissance. Il ne connaissait personne dans la banque, le commerce...et ses compagnons de travail non plus.

Les enseignants des quartiers populaires ( années 1950-1965) repéraient les enfants filles ou garçons susceptibles de passer les concours administratifs (postes, edf, gdf, sncf...) il est vrai que les enfants dont les parents travaillaient déjà dans cs boîtes là bénéficiaient de points supplémentaires (acquis des syndicats) mais dont l'effet inverse était que fils de cheminot ton fils sera cheminot comme ton arrière grand-père... Les familles étaient attachées à l'entreprise.

Un prof de collège est venu voir mes parents leur disant que je devais passer le concours de l'Ecole Normale...

La solidarité existait non pas pour sauver "la classe sociale" dans laquelle on était né comme les aristos et autres bourgeois (on pourrait parler des grands propriétaires terriens dans le vignoble) pour garder les privilèges et ne pas les partager avec le bas peuple mais pour permettre à chacun d'entre-nous d'optimiser au maximum ses possibilités.

En gros, je dirai
Dans les milieux populaires le groupe défend l'individu, sa liberté et son "émancipation".
Dans les milieux de la "haute" le groupe défend le groupe pour qu'il ne soit pas souillé par des arrivées qu'il n'aurait pas maîtrisées

Peut-être que ma réflexion et mon vécu date mais...

Par chez nous la tempête Marcel arrive.
Je t'assure, je n'y suis pour rien.
Par Bracam

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

GPMARCEL, je partage votre approche de ce monde, et nous pouvons nous demander si elle date, quoique les principes restent au moins partiellement actuels. Mais il faudra demander à la jeune génération internet. Il me semble probable que les entrées dans l'entreprise sont aujourd'hui très différentes, avec la possibilité d'étendre ses recherches et connaissances dans la recherche d'emploi et de frapper souvent bien plus facilement à la bonne porte. Peut-être que cela a relevé ou contribué à l'individualisme dont on voit la réalité dans la société ? Ceci étant, un marché du travail exsangue continuera à attribuer des postes selon un certains nombre de critères parfois très subjectifs et indépendant des qualifications réelles des candidats.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:37 le 05/02/2017 par Bracam.
Par Geugeu

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Comme je comprend la théorie est que les groupes dominants arrivent à imposer leur intérêts aux groupes dominés (en moyenne, il y a toujours des exceptions). Ça se voit par exemple quand les gens votent contres leur intérêts objectifs, ou reprennent les discours, les thématiques et les façons de voir le monde des dominants. Y'a tout un travail pour faire passer les intérêts des groupes dominants comme naturel et inévitable ("une politique réaliste", "les réformes nécessaires", etc.), qui s'oppose au "militantisme" des méchants gauchôs.

Cela dit tout les groupes sont en constante bataille pour favoriser et imposer la vision du monde qui leur profite, le groupe dominant est juste le gagnant du moment (et il peut changer, genre aristocratie -> bourgeoisie).

Y'a aussi un travail pour lier objectivement les intérêts des dominants à ceux de la masse, par exemple avec la retraite par capitalisation, qui rend les gens plus dépendant du bien-être des banques.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14:35 le 04/02/2017 par Geugeu.
Par tony

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Elle en a tiré des livres, des articles et se répand dans les médias pour dire à quel point toute cette classe supérieure est

Citation:
-nauséabonde

Non, nulle part dans leurs écrits un tel qualificatif n'existe: vous confondez expertise scientifique et jugement moral.

Citation:
-égoïste

Oui, cette classe a conscience plus que tout autre de ses propres intérêts, et à travers les mécanismes de reproduction, de domination symbolique et d'échange de capital social, elle est fermement décidée à conserver pour elle et sa progéniture tous les privilèges liées à l'argent et au pouvoir.
Elle ne se distingue de l'aristocratie seulement parce que ses "privilèges" ne sont pas légaux, mais simplement légitimés par le mythe méritocratique de l'"égalité des chances", qui prétend que ces gens ne doivent leur position et leurs avantages à leur seuls mérites et à leur travail personnel, alors qu'il ne s'agit que de mécanismes d'héritage et de cooptation (comme l'illustre Penelope, qui n'a rien foutu de sa vie à part s'occuper de son mari et élever des gosses)

Citation:
-malfaisante
:
Oui, dans la mesure où s'il y a des pauvres et des misérables d'un côté dans un pays qui est un des plus riches du monde comme la France, c'est bien parce qu'il y a de l'autre des riches qui se "gavent" comme dit Mélenchon.
Oui dans la mesure où s'il y a des gens qui subissent une société organisée par d'autres, appelés improprement "élites", alors que les compétences de ces élites sont toutes relatives et essentiellement héritées, c'est bien parce que ces "élites" s'accaparent tous les pouvoirs (politiques, économiques, idéologiques, symboliques) aux dépens de la majorité des citoyens.
Ces gens-là sont donc malfaisants car responsables de la misère de la majeure partie du peuple, et il est urgent de renverser cette oligarchie ploutocratique faussement méritocratique fondée sur le népotisme.

Citation:
inconsciente
:
Non, vous faites un contresens. Ce que dit la sociologue est que ces gens-là agissent selon des dispositions (l"habitus") qui font en sorte que la morgue, le sentiment d'impunité et la présomption de sa propre excellence sont des choses qui "vont de soi".
S'il existe effectivement à force une dimension "inconsciente" de ces dispositions - de la même façon qu'une personne finit par croire à une histoire qu'il a inventée à force de la raconter - sur le plan collectif, la haute bourgeoisie est justement la seule classe sociale qui a hautement conscience de ses propres intérêts aujourd'hui - contrairement au prolétariat qui, du fait du reflux de la culture et de la conscience ouvrière, n'est plus qu'une "classe en soi".
A l'inverse, la haute bourgeoisie est une classe à part entière, "en soi" (objectivement dominante dans les rapports de production) et "pour soi" (qui a subjectivement parfaitement conscience de ses intérêts et les défend en connaissance de cause contre le peuple).

Citation:
Bref des gens méprisables.


Ici encore, rien ne transparaît de tels dans leurs écrits. Le "mépris" est une catégorie morale et affective qui ne doit pas intervenir dans le travail sociologique scientifique.

Les Pinçon-Charlot peuvent à l'inverse être soupçonnés, à force de travailler sur cet objet de recherche qu'est la haute bourgeoisie, de finir par les aimer: car les sociologues autant que les grands bourgeois sont des êtres humains, particulièrement gentils et cordiaux, ce qui est une qualité première de l'ethos bourgeois.

De ce point de vue, les Pinçon-Charlot sont des petits bourgeois intellectuels, certainement plus proches socialement de la haute bourgeoisie que du prolétariat de l'industrie ou des services. Il suffit de les écouter parler pour se rendre compte que les locutions employées, et même le ton de Monique à l'oral ressemblent à s'y méprendre à ceux employés par n'importe quelle connasse de la haute bourgeoisie.

De ce point de vue, ont peut dire qu'il n'y a ni mépris ni admiration, mais qu'il est évident que l'"ethos" bourgeois a finit par déteindre sur le couple Pinçon, même s'ils conservent sur le plan politique des idées anticapitalistes: les deux ne sont pas incompatibles.
Par Gilles Vilain

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Typique des stratégies d'effacement, d'invisibilité et d’humiliation dans lesquelles les élites sont passées maîtres.
Le premier stade de cette stratégie est rhétorique, avec l'euphémisation (p.e. plan social/licenciement, assistanat/solidarité) qui, par le Discours, tend à camoufler la violence sociale et ses effets concrets.
Le second est patrimonial, avec la construction de récits historiques (revendiquée aujourd'hui par la Droite) et la destruction, concomitante, de toutes les traces et témoignages relatifs aux mouvements d'émancipation (qu'il s'agisse du rôle de la Nueve dans la Libération de Paris, en août 1944, des massacres de Sétif, de la guerre coloniale au Cameroun ou, dans un tout autre registre, de la création de la Sécurité sociale ou de celle de l'Université à Vincennes...).
La dernière phase, enfin, est la plus insidieuse car elle emprunte à une forme d’expression liée à la critique de la Restauration monarchique et du conservatisme bourgeois : celle de la caricature. Un siècle et demi après Daumier, le cinéma, et bien-sûr, la télévision sont devenus les principales fabriques de caricatures à travers lesquelles les classes sociales sont sommées de prendre conscience de leur condition. « Vouée » à disparaître, la classe ouvrière a, pour sa part, subi, un sort peu enviable au détour des années 80.
Le succès d’une troupe de café-théâtre créée par un groupe de lycéens de Neuilly-sur-Seine est à cet égard emblématique d’une grande inversion dans la représentation du « Peuple » héritée de la tradition romanesque, de Hugo à Gorki et prolongée par cinéma d’Après-guerre. La sortie dans les salles, en 1982 (soit un an après la victoire de F. Mitterrand et un an avant le virage libéral de 1983, du « père Noël est une ordure », suivi en 1988 (soit trois mois avant l’effondrement du PCF (6,8%) et la percée du FN (14,4%) à l’élection présidentielle) du long clip publicitaire « la Vie est un long fleuve tranquille » constituent les premières mises en scène de grande envergure, sur le mode comique, de la lente déchéance des classes populaires en sous-prolétariat orchestrée par le libéralisme compassionnel. Elles inaugurent le long processus de dégradation qui conduit aux représentations abjectes que diffusent aujourd’hui ad nauseam les émissions dites de « télé-réalité ». Ce bestiaire du « populisme » est le pendant télévisuel du catéchisme « libéral » des classes dominantes en guerre contre cette partie du « Peuple » auquel elles entendent refuser toute « assistance » afin de lui interdire toute perspective de « solidarité »*.

*"There is no such thing as society." (La société n'existe pas)
Margaret Thatcher, Women's Own magazine, octobre 1987
Par Cultive ton jardin

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
une époque de luttes sociales exacerbées
Tandis qu'aujourd'hui?
La guerre aux pauvres qui se mène avec une rare et croissante violence... ne peut-elle être considérée comme une lutte sociale exacerbée? Et ne pourrait-elle pas faire remonter de très vieux souvenirs?

"Nous tisserons le linceul du vieux monde
et l'on entend déjà la révolte qui gro-on-de"
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Vous confondez 36 et la loi EL-Khomry. C'est rigolo.
Par Catala93

Pinçon-Charlot: un travail nécessaire

Peut-être que l'angle de l'émission était trop serré sur l'affaire Fillon. En tout cas, elle renvoie une image dogmatique et incomplète de Monique Pinçon-Charlot dont le travail est intéressant. Lire les chiffres, les exemples concrets et l'analyse de la domination économique, sociale et symbolique de la caste des riches dans ce papier de Bastamag sur les travaux de MPC et son mari:
Par grrrz

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

mais bien sur que Monique Pinçon-Charlot sait que l'entre-soi existe dans tous les milieux. Mais l'entre-soi chez les ouvriers ne produit bien évidemment pas les mêmes conséquences que dans la classe dominante, qui a tous les pouvoirs, et tout le patrimoine.
Ensuite vous interprétez complétement ce qu'elle dit; bien qu'appliquant une lecture marxiste de son travail de sociologue, je ne l'ai pas entendu porter de jugement ni sur un individu ni même sur le groupe social (nauséabonde ne fait pas partie de son vocabulaire je crois). Elle décrit les mécanismes sociologiques à l’œuvre chez les dominants, et les effets directs et indirects qu'ils produisent chez les classes moyennes et populaires. Et il y a effectivement de quoi s'alarmer.
Par Neity

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

D'ailleurs, si l'on regarde son film ( [vimeo.com] ), on l'entend dire qu'elle apprécie humainement les gens qu'elle cotoie et qu'elle ne se sent pas à l'aise avec le fait de devoir dénoncer leurs pratiques en tant que sociologue.

Cela me semble appuyer le fait qu'elle n'a pas de mépris envers ces gens et qu'elle décrit juste les conséquences de leur comportement de classe. Ceux qui ne comprennent pas n'ont en général pas bien intégré le fait que tout se passe à un niveau plus ou moins inconscient ou venant d'un "endoctrinement" provenant de leur éducation et de leur entre-soi.

Forcement si tout est ramené à une volonté consciente et malfaisante de dominer, ça peut paraître plus difficile à accepter. selon moi cette mauvaise compréhension de l'aspect inconscient est récurrent chez ceux qui critiquent ses travaux (pour ce que j'ai pu voir).
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Merci Neity pour le film que je n'avais pas vu.

C'est un vrai bonheur !

Le Michel, emprunté, qui noue sa cravate, la Monique, malicieuse, sous le charme de la baronne, et tous les deux comme un couple d'inséparables dans des décors tour à tour fastueux et bucoliques (enfin du bucolique fastueux aussi, quand on sème des coquelicots on en sème des milliards, "autant que d'humains sur la terre"),
La journaliste qui les interroge sur la violence du titre, "le ghetto du gotha", entre deux flashs sur la bourse,
La scène de chasse à courre,
La baronne qui demande une correction sur le mot domestiques "non, dites employés, c'est mieux, d'ailleurs j'ai demandé à ma soubrette, elle est d'accord avec moi"

Du miel !
Devant ce spectacle de violence de classe, pouvoir en rire, sans que ce soit un rire de connivence, c'est du grand art !
Par Annie Stasse

schizophrénie de la secretaire de patron

Comme quelques milliers ou millions de secrétaires j'ai vécu cette schizophrénie d'avoir un bon rapport avec son "patron" : avocat, notaire, chef d'entreprise (PME ou plus) et à la fois d'être en total décalage par rapport à ma vraie vie à moi (mère célibataire).

Mise dans cette situation pour juste gagner ma vie (et pourquoi pas aimer mon travail) il est difficile de ne pas déconnecter de la réalité. Où est la "vraie" réalité ? ma vie à moi qui doit compter pour payer mon loyer, m'habiller, me nourrir, sortir le moins possible car hors de mes moyens en général, un emploi de temps assez chargé, épuisée le week-end car courant tous les jours de la semaine,

et ce patron qui, même s'il est discret, laisse "dépasser" son propre mode de vie à l'opposé du mien : costumes de prix, véhicules, emploi du temps, bonne à plein temps, garde pour les enfants, sorties "chics" invités ou spectacles (théâtres, cabarets), habitude d'être servi en me demandant un café ou de passer l'aspirateur, interlocuteurs téléphoniques et les échanges, etc…

Ce patron ne sait rien de ma vie, ne comprend rien à ma vie, il manque de curiosité, lui aussi est en décalage total mais n'a pas bien l'air de s'en rendre compte et à quel point. Dans ce rapport à deux celui qui s'adapte pour survivre c'est la secrétaire… et en même temps une révolte intérieure sourde et violente qui m'encourage à m'engager politiquement à gauche.
Par Bracam

Re: Mille sabords clos

Nauséabond ; James nauséabond... Sinon on peut regarder le film tourné dans le cadre de leur enquête, qui est merveilleux à plus d'un niveau humain de lecture. Je l'ai fait entre temps, j'ai été touché. Et en particulier par cette expérience, qui est en particulier celle du couple Pinçon-Charlot.
Par didier felbacq

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

oh oui les pauvres grands bourgeois malmenés par la méchante marxiste!
Qu'est-ce qu'ils doivent en souffrir de tous ces livres et émissions qui les rabaissent, les humilient, les méprisent.

Et en plus ils doivent subir la dictature du prolétariat!

...
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

M'enfin ! Les riches sont comme nous ! Blessés, le même sang coule de leurs veines ! Chatouillés, les mêmes spasmes secouent leurs zygomatiques ! Riches et pauvres, exploiteurs et exploités, une seule espèce humaine ! Le clivage droite-gauche est démodé-grave !
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

A propos de grave, mon fils est venu manger et nous avait porté un petit vin de graves..." las Gravas de Bordèu" pas piqué des tonneaux...Si tu vois ce que je veux dire.

Mais tout le monde s'en fout.
C'est à désespérer de rouler en Bugatti.
Par Robert.

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Quel millésime, la Bugatti?
Par Bracam

Re: titi mosellan

Elle coûte un oeil, veyron évidemment
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Avoir un fils alcoolique au graves est une chance que je vous envie. Je n'ai qu'une fille dont je ne révèlerai jamais, même sous la torture, les préférences papillaires.
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Dénoncer, ce serait trop grave ...
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

D'accord, vous êtes jaloux de ma Bugatti, je la mets au garage avec un Lalande-Pomerol.

Je vais rouler avec ma vieille Chenard&Walcker Aigle22- 1936

Vous n'êtes que des jaloux et je ne dirai rien ce ce que vous buvez en roulant dans des...
Par Robert.

C trop !

" Chenard&Walcker Aigle22- 1936 "



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:48 le 23/02/2017 par Robert..
Par GPMarcel

Re: C trop !

Dans mon milieu, Robert, on ne dit pas véhicule automobile, on dit voiture.
Par Robert.

Re: C trop !

Dites! Mon cher, dites!
Par GPMarcel

Re: C trop !

Une petite démo à Nogaro Robert?

" Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin
Parfois au fond de moi se ranime
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes...
Ô mon paîs, ô Toulouse, ô Toulouse..."

Ah, ces vieilles fortunes défaites par la spéculation et les mauvais placements en emprunts russes...
Le flop.
Savez-vous, très cher que mon garage, sans toit, ne recèle plus qu'une Opel Agila AA de 14 ans d'âge, mais que je bichonne, et dont le contrôle technique est pour avril.
Je vais dire à mes gens de changer les bougies....

Tenez, même le thé n'est plus ce qu'il était , surtout en été...

Le thème du Printemps des poètes est l'Afrique.
Certains vont se rappeler le bon temps des colonies....( deuxième, les gars, deuxième!)
Par Robert.

Re: C trop !

On avait pas mal de littérature africaine l'an dernier au "Marathon des mots" à Toulouse. Cette année "un grand cycle sera consacré à la fascination que suscitent les boxeurs chez les écrivains du monde entier.", ça défoule !



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:54 le 23/02/2017 par Robert..
Par Ervé

Re: C trop !

"Quatre boules de cuir tournent dans la lumière
De ton œil électrique, Boxe, Boxe..."
Par Chat noir

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

J'adore l'argument de Larcher qui s’enorgueillit que les collaboratrices soient en moyenne mieux payées que les collaborateurs. Un esprit mauvais pourrait conjecturer qu'il y a plus d'épouses collaboratrices que d'époux collaborateurs et que les conjoint(e)s collaboratrices(teurs) sont mieux payé(e)s que les collaborateurs(trices) lambda.
Par fitz_

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pas bête le raisonnement, je n'y avais pas pensé! A vérifier cependant.
Par Robert.

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Et, à la fin, il a fait sa révolution intérieure, Nicolas Thibault?
Par Dilettante

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

La tête qu'il fait (Nicolas Thibault) quand M. Pinson Charlot ose la comparaison entre familles dirigeantes et mafia!
Par grrrz

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

il est resté absolument stoïque en tout cas, même quand Schneidermann et Pinçon-Charlot l'ont -gentiment- cuisiné.
Par Sebastien Melmoth

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pourquoi encore inviter Monique Pinson-Charlot ? Elle manque un peu de subtilité, elle passe son temps à coller au marteau-pilon sa grille de lecture sur chaque situation. Son analyse de la photo de famille est grotesque, tout comme le fait de reprocher à M. Thibault d'avoir été embauché par cooptation de pensée - parce que quand la cooptation de classe ne peut pas coller on sort la cooptation de pensée. C'est bizarre, les députés préfèrent embaucher des assistants qui pensent comme eux...

Et cerise sur le gateau, après nous avoir ressorti le sketch de la classe incestueuse qui vit entre soit, quand on lui rappelle que Fillon n'est justement pas originaire de cette classe, parade ninja de MPC qui nous dit : "il y a des entrées et des sorties"... Mêmes quand ça ne colle pas à la grille, ça colle quand même.

Elle aurait sans doute des choses intelligentes à dire mais elle est extrêmement caricaturale, elle voit tout comme un immense complot et elle tue le débat. C'est dommage car cet assistant parlementaire avait surement des choses intéressantes à dire.
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Fillon n'est justement pas originaire de cette classe,

Maman prof d'Université et papa Notaire ?
Par Sebastien Melmoth

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

C'est sûr, c'est pas fraiseur-tourneur mais ce n'est pas non plus vieille aristocratie française. Penelope Fillon non plus n'est pas de ce monde (moyenne bourgeoisie).

Ce qui est gênant avec Monique P-C, c'est qu'elle mène une lutte et donc qu'elle voit tout avec un prisme déformant et, à mon avis, cela nuit à son travail. Ce qui est embêtant car elle n'a pas tort sur le fond.
Par jeanbat

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

elle mène une lutte, cela nuit à son travail*...il faudrait être neutre ?

*ne pas mener de lutte nuit à la société toute entière .
Par Sebastien Melmoth

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Il faudrait être objectif et un peu détaché. Ne pas voir le mal partout.
Le piston, par exemple, n'est pas l'apanage des dominants.

Elle conclut avant d'analyser, agitant ses "dominants" à chaque coin de phrase, comme si une espèce de secte secrète complotait pour avoir le pouvoir. J'ai l'impression d'être dans Frankenstein Jr, à chaque fois qu'elle dit "dominant" les chevaux hennissent et le tonnerre gronde. Le terme même de "dominant" oriente la réflexion, ça pourrait être l'élite, les bourgeois ou autre. Dominant est vraiment un mot violent, son utilisation n'est pas innocente, qui n'a pas envie d'être contre les "dominants" ?
Par jeanbat

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

ben oui c'est une analyse d'influence marxiste .



"il y a deux type de travail:
le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière se trouvant à la surface de la terre, ou dans le sol même ,
le second, à dire à quelqu'un d'autre de le faire.
le premier type de travail est désagréable et mal payé ; le second est agréable et très bien payé.
le second type de travail peut s"étendre de façon illimitée: il y a non seulement ceux qui donnent des ordres mais également ceux qui donnent des conseils sur le genre d'ordre à donner. etc..."
Bertrand Russell
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Dominant est vraiment un mot violent,

Celle là va prendre une place de choix sur mon étagère à citations.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Peut-être Pierre, voulait-il dire que, vieux, nous avions le dos miné....par le travail et que "eux" avaient un dos minant le dos des minets, si nous étions chats...

Il est complexe Aldux, non?
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Ça m'aura en tout cas miné… d'avocat
Par Cultive ton jardin

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Dominant est vraiment un mot violent,

Oui, moi aussi, j'aime bien. Que le mot soit "violent", on le sait, car on hésite toujours à l'utiliser. Plus exactement, on sait que l'utiliser sera perçu comme une violence par... les dominants (et leurs alliés). Et du coup, bien souvent, on fait soft, on cherche des équivalences, des périphrases, des édulcorants.

Je suis étonnée du nombre de commentaires qui attaquent... "violemment" Monique Pinçon Charlot. Elle a vraiment touché quelque chose chez certains d'entre nous.

Oui, les solidarités de classe n'existent pas que chez les "dominants". Heureusement, la solidarité se porte bien dans les milieux populaires, mais ce n'est pas le sujet, aujourd'hui, de MPC. Faisons simplement remarquer que, si un apprenti peut se faire aider d'un ami de ses parents pour trouver un stage... ça ne va jamais aussi loin, et pour cause, les réseaux des pauvres ne sont pas aussi étendus que ceux des riches.

Et, à propos de "violence" des mots, il y a pas si longtemps le mot même de "classe" était considéré comme violent, on cherchait des équivalences pour éviter de l'utiliser (et parlons pas de "classe sociale", l'horreur). On progresse, mine de rien, dans la capacité à appeler un chat un chat, une classe une classe, et un dominant un dominant. Encore un petit effort.

Je me suis demandé pourquoi, en effet, Fillon et d'autres de sa... classe, mentent avec autant d'aplomb, y compris devant l'évidence. Comme si ça leur était... naturel. C'est, peut être, que dans un milieu où les apparences comptent tellement, on est souvent amené à faire semblant, à dissimuler, à mentir. On en prend l'habitude. Et on possède l'aplomb nécessaire.

Bah, yen a encore qui vont me trouver violente... ou me dire qu'il y a des menteurs aussi chez les pauvres. Comme si j'avais dit le contraire...
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

- "Dominant est vraiment un mot violent,"
- "Oui, moi aussi, j'aime bien. "

Dans mes bras, Cultive !!!
Par Bracam

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Il faudrait être objectif et un peu détaché. Ne pas voir le mal partout.

(...)

Dominant est vraiment un mot violent, son utilisation n'est pas innocente, qui n'a pas envie d'être contre les "dominants" ?


Je suis d'accord avec votre sentiment dans votre première phrase, et la gène que j'éprouve dans la rugosité... militante de la parole de M. Pinçon-Charlot, qui me met mal à l'aise. Alors je m'efforce de comprendre le fond de son discours et la manière dont il s'applique à ce que je perçois de la réalité à laquelle nous sommes confrontés face aux, hum, dirigeants ?

Qui n'a pas envie d'être contre les dominants ? Eux justement, et bien que ce ne soit pas le sujet exact de la charge de MPC, on y mettra sans doute le mari violent, le cheffaillon chez Amazon, la contractuelle urbaine (un mot violent, urbain. ;-)
Par Adarr

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

La violence n'est pas dans le mot "dominant" mais dans leur domination réelle :
- Rien qu'en France, plus d'un mort / jour sur son lieu de travail
- Sans parler des accidents graves et des maladies du travail
- Sans parler de l'espérance de vie plus faible pour les travaux les plus pénibles
- Sans parler de la pauvreté massive qui s'installe durablement
- Sans parler de l'exploitation menée à l'étranger, par nos belles élites (Raza Plana, ça ne vous dit rien)
- Sans parler des guerres à leur pur profit
- Sans parler du système répressif qui les protège (La propriété privée, un des piliers de notre constitution, faut il le rappeler... ?)

Je m'arrête là.
Et je vous signale juste que les Pinson-Charlot sont parmi les très (!!) rares a utiliser ce vocabulaire dans nos médias. Alors bon, ça change du discours sur les assistés et les immigrés qui violent, volent et se baffrent dans la luxure...

Elle est où la violence hein ? Réveillez vous bon sang ! Le monde s'écroule et vous venez nous faire ch*** sur un pauvre mot appliqué à de parfaites ordures.
Par gracques

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Hé oui c'est ce caractérise cette classe dont les termes aristocratie ou bourgeoisie est une variante .... comme nomenkaltura le terme générique est DOMINANTE , ce sont eux qui impriment leur marque et idéologie au reste de la société ..... et comme illustration , voir beaucoup de commentaires ici.
Par grrrz

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Il n'y pas plus subjectif que quelqu'un qui pense être objectif.
Etre "objectif" c'est tout ignorer l'histoire de la pensée, et l'histoire tout court, et comment elle a pu mener au moment actuel ("l'historicisation"), et s'imaginer que ce qui existe ici et maintenant est un état permanent, et n'est pas en perpétuel évolution, que par exemple la "méthode scientifique" est quelque chose d'immuable que quelqu'un a inventé pouf un jour comme ça, alors que c'est le fruit de plusieurs siècles de réflexions philosophiques qui logiquement vont continuer sur le temps long, que la "logique" est défini par des règles qui sont celles de l'univers, alors que la logique est le fruit d'une histoire, qu'il y a plusieurs types d'approches (propositionnel, prédicative, syllogistique...).
"Ils croient qu'ils pensent mais ne savent pas qu'ils croient" résume très bien wajdi mouawad
[www.arretsurimages.net]
L'idéologie dominante de la quantification, de l'essentialisation de l'objectivisation; du logos comme suffisants pour représenter le monde.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:43 le 06/02/2017 par grrrz.
Par Neity

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Le terme "dominant" est utilisé dans le cadre d'un travail de sociologue et a une définition très précise dans ce cadre :
[sociologies.revues.org]

Ce n'est pas à prendre avec une conotation négative. C'est juste se donner les outils de comprendre la société. Les termes employés en sociologie ont un sens très précis. Il faut se donner le temps de relire cette définition dans un cadre de travail de sociologue.

Pour faire une analogie, le mot "programme" n'a pas le même sens selon qu'on parle d'un assistant ou d'un développeur.

Concernant le pistonnage, comme d'autres l'ont dit : un boulanger qui pistonne, ça n'a pas le même impact sur la société que si ça vient d'un milliardaire. Quand les plus grands propriétaires de France se retrouvent entre eux, ce n'est pas comparable avec le fait que des ouvriers se retrouvent entre eux.
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Oui, il faut s'efforcer de rester neutre quand on prétend à l'objectivité scientifique. Mais pour certains la sociologie est un sport de combat comme disait l'autre.
Par gracques

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

L'objecivile scientifique n'à strictement rien à voir avec 'la neutralite' c'est juste l'application d'une méthode elle mème soumis à critique ...... un scientifique qui étudie la climatologie est actuellement forcément un militant car il dévoile que notre civilisation perturbe de manière catastrophique notre environnement.Il y a des choses que'l'on ne peut dire calmement car en admettre la réalité pousse à l'action.
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Je crois que c'est Mao qui disait "si tu veux savoir de quoi est faite une pomme, croque la !"

(vous croyez que Munstead peut comprendre le sens de cette phrase ?)
Par Mona

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

"Oui, il faut s'efforcer de rester neutre quand on prétend à l'objectivité scientifique . Mais pour certains la sociologie est un sport de combat comme disait l'autre."

L'objectivité (^^ ) scientifique ( ;-)) ) demande à rester neutre , dit munstead , neutre et imperméable à l'empathie pour ne pas avoir à combattre l'injustice , l'indifférence , la régression , la complicité avec les corrompus , dans la Grande Peur de se retrouver en bas de l'échelle sociale .

Le couple Pinçon-Charlot ne sait pas être neutre ? C'est une Belle qualité !
Par Hannah Themista-Soubirous

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

D'un côté l'analyse approfondie et la pensée rigoureuse des Pinçon-Charlot,
de l'autre les tentatives approximatives de ce charlot de munstead.
Entre les deux, il y a la même différence qu'entre un château et une masure
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Alors Hannah, vous reconnaissez qu'un château c'est quand même quelque chose.
J'aime beaucoup aussi la comparaison du couple sociologisateur avec un château, cela leur fera sûrement plaisir.
Par Hannah Themista-Soubirous

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

et charlot, ça vous plait aussi
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Charlot est la première représentation des dominés au cinéma. Ça me va.
Par Hannah Themista-Soubirous

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

C'est vrai que semblez avoir du mal à dominer un sujet
Par amad

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Il est toujours bon d'entendre les Pinçont-Charlot, ils remettent les pendules à l'heure. Il n'y a rien de caricatural à démontrer qu'une classe vit aux dépens des autres, et d'expliquer les mécanismes de l'exploitation. Si vous n'êtes pas marxiste c'est votre droit, mais alors expliquez nous comment vous comprenez ce monde même de façon simplifiée, comme dans le cadre d'une émission d'une heure. Les Pinçont-Charlot écrivent aussi des livres.
Par amad

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Une atmosphère de moyen-âge autour de la famille Fillon. Il manque le gibet pour parfaire le tableau.
Par BibiTaupe

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Une atmosphère de moyen-âge autour de la famille Fillon. Il manque le gibet pour parfaire le tableau.

Non, pas le gibet Amad, la guillotine ! On n'a pas coupé les bonnes têtes en 1789. Il est à remarquer qu'une bonne partie des aristocrates y sont passés mais les "bourgeois" s'en sont toujours sortis, de la Révolution, la Commune, les guerres... Et ça va être dur de s'en débarrasser.
J'ai beaucoup aimé cette émission, le coup des 218 kilos de barbaques par an, j'en suis sur le cul !
Par Francis CLEMENT

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Bonjour,

Citation:
Et cerise sur le gateau, après nous avoir ressorti le sketch de la classe incestueuse qui vit entre soit, quand on lui rappelle que Fillon n'est justement pas originaire de cette classe, parade ninja de MPC qui nous dit : "il y a des entrées et des sorties"... Mêmes quand ça ne colle pas à la grille, ça colle quand même.

Il n'y a pas réellement de contradiction. Il y a un entre-soi indiscutable chez les Témoins de Jéhovah, mais on y entre et on en sort. Les termes ne sont donc pas contradictoires par nature.
Pour entrer dans la classe dominante, il faut passer sous les fourches caudines de l'acceptation sociale et de la cooptation. Cela garantie que celui qui y entre a le "bon esprit" pour s'y ébattre. Si à un moment il y a une remise en cause du fonctionnement de cette micro-société, l'exclusion sociale en sera le résultat. Il n'y a donc pas nécessairement un entre-soi physique, mais psychologique. Il faut noter toutefois que l'ascendance, par la reproduction intellectuelle, sociale et culturelle, est un moyen d'entrée royale dans cette classe sociale, dont la porosité est effectivement plus grande aujourd'hui qu'il y a quelques décennies.

Sinon, je n'ai pas eu l'impression qu'elle reprochait quoi que ce soit à M.Thibault. Je ne pense pas non plus d'ailleurs qu'elle le considère comme appartenant à la classe dominante. Elle tenait probablement à le situer, comme elle s'est situé elle même d'emblée en tant que sociologue marxiste. Pour se faire, nous avons eu la description de son parcours, qui nous renseigne sur la manière de choisir un assistant parlementaire. Là, pas de surprise, la trajectoire est sociale par les diplômes et par l'engagement politique. Comme vous, cela me semble tout à fait naturel et logique. Mais il est aussi naturel que la sociologue y voit une confirmation, même si elle est triviale, de ses conclusions globales.

Quant à l'analyse de la photo, elle n'a rien de grotesque. Il y avait pleins d'autres cadres possibles pour cette photo. Avec 6 hectares de terrain, il y a de quoi faire. La conclusion n'est pas que François Fillon cherche délibérément à écraser le peuple sous la violence de ses marqueurs de classe, ça se serait grotesque. C'est que de fait, cette image vient conforter et justifier la position de François Fillon en tant que candidat politique par l'usage du marqueur de classe qu'est un manoir. C'est une instrumentalisation de la demeure qu'il a acquis il y a 20 ans, peut-être d'ailleurs dans le but d'affirmer son appartenance à la classe sociale dans laquelle il venait d'entrer.

Par parenthèse, j'ai presque toujours remarqué que lorsqu'un physicien, un chimiste, un médecin, un linguiste ou un économiste nous assène, à nous béotiens, le résultat d'une recherche qui ne nous est pas familier ou va à l'encontre de notre sens commun, il nous arrive de prendre parfois ce qu'il nous dit comme quelque chose de potentiellement discutable. Mais, comme nous savons qu'il nous faut des arguments liés à sa discipline, il ne nous reste plus qu'à considérer les preuves qu'il expose, ou à faire des recherches poussées sur le sujet. En matière de sociologie, du fait que nous nous croyons nous même être le sujet d'étude, ce qui est aussi vrai en médecine mais non perçu de la même manière, nous nous croyons aussi fondés à émettre des arguments pour discuter de sociologie sans utiliser la discipline, et sans même connaître réellement ses méthodes. C'est ainsi qu'un "Mais mon garagiste a embauché sa belle-fille comme secrétaire." se trouve opposé à un "la classe dominante est soudée comme nulle autre.".
Par Bracam

Re: je suis, car je sais

Bon eh bien, Francis CLEMENT, je suis vraiment content de lire votre contribution, elle exprime "trop" bien ma perception des choses, merci.
Par fitz_

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

on analyse de la photo de famille est grotesque, tout comme le fait de reprocher à M. Thibault d'avoir été embauché par cooptation de pensée - parce que quand la cooptation de classe ne peut pas coller on sort la cooptation de pensée. C'est bizarre, les députés préfèrent embaucher des assistants qui pensent comme eux...


L'argumentaire de Monique vient du fait que M. Thibault prône l'objectivité et surtout le non-militantisme de la même manière que Le Monde alors que tous deux sont militants du néolibéralisme. C'est très grave de considérer que le courant de pensée majeure est objectif.
Par Annie Sétoualé

Mathilde est revenuuuue !

Chronique d'utilité publique. On ne pourrait pas l'isoler du reste ? Vu que ça n'a rien à voir avec la choucroute du jour, et que le plat est quand même de la haute gastronomie.
Et pis, c'est pas bien de la mettre comme ça en fin d'émission et de même pas l'annoncer dans la page web. Mathilde de toute manière faut pas la mettre en digestif, c'est un starter..
Moi je dis ça, je dis rien...
Par Florence Arié

Re: Mathilde est revenuuuue !

Déjà elle n'est plus enfermée dans sa boîte!
Par OHbt

Re: Mathilde est revenuuuue !

Oui, je n'ai regardé que ça, le reste ne m'inspirait pas des masses.

Chronique de Mathilde magnifique comme à son habitude. A rajouter sur sa page svp qu'on puisse voter pour elle sans voter pour cette émission.
Par Benjamin

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Excellente chronique de mathilde ! et non moins passionnante émission.
Par Bruanne

Banal ou extra-terrestre ?

Acte 3.
On voit l'extrait de film dans lequel une étudiante trouve un contact pour un stage.
Commentaire de la sociologue : pour nous, c'est extra-terrestre, mais pour eux c'est une scène banale.

Bien, merde alors, je dois faire partie de la haute sans m'en rendre compte, parce que dans mon milieu à moi ( la sphère très fermée et secrète et ultra-riche des profs de primaire), ... ça se passe exactement pareil !
On a des enfants, et puis on a des potes, et on connait des parents d'élèves... et quand quelqu'un cherche un stage, si c'est une personne en qui on a confiance et qu'on a envie d'aider, on lui file des contacts quand on en a. Super banal.
Alors bien sûr, ce ne sont pas les mêmes postes, ce n'est pas pour les mêmes stages, mais dans la façon de procéder, je ne vois strictement aucune différence.

Et à mon avis, un fils de charpentier qui cherche un stage en électricité ou plomberie doit disposer d'un bon réseau, ça doit aller assez vite pour lui.
Par Oblivion

Re: Banal ou extra-terrestre ?

« Alors bien sûr, ce ne sont pas les mêmes postes, ce n'est pas pour les mêmes stages, mais dans la façon de procéder, je ne vois strictement aucune différence. »

Eh bien, c’est ça le problème : la reproduction des inégalités sociales.
Les dominants n’ouvrent pas la porte aux dominés.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:13 le 03/02/2017 par Oblivion.
Par Bruanne

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Evidemment que les dominants n'ouvrent pas les portes aux dominés : le nombre de places est limité à l'intérieur.
Mais ce n'est pas là mon propos : la solidarité de classe ou de caste est présentéé comme spécifique à l'oligarchie, et c'est cela que je conteste.
Par poisson

Re: Banal ou extra-terrestre ?

N'empêche que Leonard Triermachin a pris la place d'un apprenti en cuisine. Dans ce sens là pas de barrière, au contraire même j'ai la sensation qu'on s'assoit sur les compétences requises plus facilement quand un apprenti va favoriser des ouvertures vers les milieux favorisés (cuisinier: Pour faire face aux conditions de travail éprouvantes de son métier, le cuisinier doit être en bonne condition physique. Il gère le stress et fait preuve d'ordre et de méthode pour ne pas se laisser déborder, etc.).
Par Tigi

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Citation:
N'empêche que Leonard Triermachin a pris la place d'un apprenti en cuisine.

Selon "Closer", relayé par "Valeurs actuelles".

Mais les intéressés ont démenti.
Par poisson

Re: Banal ou extra-terrestre ?

C'est dans l'école d'apprenti que je disais qu'il a pris une place. Pas à l'elysée.
Voilà pourquoi j'aime écouter les sociologues de terrain, nous autres pour sortir de notre champs sociologique on en est rendu à se référer à la presse people :-)
Par gracques

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Et personne ne peut imaginer que les stages disons d'une grande ville où d'un département soit reparti par tirage au sort ?
Par exemple que le fils du plombier de quartier fasse se premiers armes en entreprise dans un grand cabinet d'avocat d'affaire (pas un pénaliste hein) ou autre lieu 'feutre' ou la première chose qu'il apprendra est le 'maintien' c'est à dire la méfiance de la 'spontaneite' qui'lui est familière ..... juste ça ! Premier pas du 'dressage'..... ou de la rébellion.
Par Bruanne

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Mais ne faites pas comme si j'affirmais que les choses doivent à tout jamais rester comme elles sont !

Je dis juste, pour reprendre votre exemple, que pour le fils du plombier de quartier, le stage dans un cabinet d'avocat sera plus facile à trouver si c'est son père qui a récemment installé le spa chez l'avocat !
Par Oblivion

Re: Banal ou extra-terrestre ?

La solidarité entre personnes existe à tous niveaux.

Mais la solidarité de la classe dominante a ses spécificités :
elle est calculée et organisée.

Quand tu dis on a des potes, tu as des amis en fonction d’affinités affectives, de goûts, d’idées.
Tu n’organises pas une soirée entre amis dans le but de placer tes enfants dans la vie active.
Tu connais des parents d’élèves incidemment.

Quand les riches organisent des évènements mondains (comme dans l’extrait), vont au golf,
participent aux rallyes, participent à l’automobile club de véhicules de collection, téléphone à telle connaissance,
c’est dans le but intentionnel d’entretenir et de fortifier leur réseau pour réserver les places à ceux de leur classe
sociale.

Toi, tu ne vas pas à ton cours de yoga en te disant : je vais faire la connaissance d’un grand chef d’entreprise
qui connait un banquier qui me conseillera en placements fiscaux et qui pistonnera Hubert, mon neveu.
En plus, je demanderai à François Fillon, qui vient au cours, de cesser le matraquage fiscal, trop c’est trop.


Tu précises :
si c'est une personne en qui on a confiance et qu'on a envie d'aider, on lui file des contacts quand on en a.

Dis toi bien qu’eux s’en foutent de la confiance. Je ne compte plus le nombres de stagiaires que j’ai vu
débouler, parachutés chez nous car fils ou fille de notre graaand client. Aucun diplômes, aucune compétence.

Mais eux peuvent venir se balader en stage sans avoir de compte à rendre.

Pour ce qui concerne la solidarité de la classe populaire, elle s’exprimait par les manifestations,
le syndicalisme.
Tu peux constater que notre société actuelle a été gagnée par l’individualisme.

Cela handicape un peu la classe moyenne, mais détruit la solidarité de la classe populaire.
Cela se traduit par moins de syndicalisme, des manifestations dont les gouvernements se foutent.

Quelle classe a gagné quand la classe populaire dans son ensemble ne se manifeste presque plus et ne vote presque plus ?
Par Bruanne

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Pour moi, effectivement, aller boire un café chez une copine, c'est un loisir.

Pour les riches, aller à une réception ce n'est pas un loisir : c'est leur job, c'est une obligation de classe, c'est comme ça que leur fortune ou leur pouvoir se constitue, se maintient ou s'agrandit. C'est sur point que, même si on dit la même chose, on n'est pas d'accord. Je vois dans les mondanités des riches le coeur même de leur vraie activité : c'est effectivement là que ça se joue et c'est ça leur boulot, c'est là qu'ils font et défont leurs carrières, et non dans les ( souvent prestigieuses) écoles qu'ils ont fréquentées et qui ne sont qu'un prélable.

Par contre, pour une femme très riche, ça peut être un loisir de faire elle-même sa confiture, ou d'avoir un potager et faire ses conserves de ratatouille : la même activité pour des gens qui manquent d'argent sera un moyen d'améliorer leur quotidien.
Par Bracam

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Bruanne, je me demande, pouvons-nous parler "des riches" opportunément ? Je veux dire que ce que je sais d'eux, si j'ose l'expression, vient de l'extrait du film des Pinçon-Charlot. Et de quelques impressions que j'aurais de la peine à prendre pour leur réalité. Sans aller et en fait, pour ne pas vouloir m'aventurer à imaginer ce que pourrait être leur vie, au seul sens général qu'une discussion de ce genre permet, j'ai envie de me borner à dire que l'extravagante richesse des uns ne grandit que parce que la misère gagne dans le monde. Banalité aujourd'hui ? Peut-être, mais alors pourquoi la macronite, pourquoi l'euromillion, pourquoi... Et je m'en veux, parce que dire cela revient à enfoncer des portes ouvertes, étrange expression quand on parle d'un monde verrouillé comme il semble l'être depuis quoi ? La nuit des temps ? Faut reconnaître que l'Humanité n'a pas bien progressé et qu'au vu du progrès dont nous nous rengorgeons, il est étonnant que nous soyons encore et à nouveau au bord de la destruction programmée.
Par Neity

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Oui c'est un loisir, oui c'est un travail, mais c'est aussi et surtout l'entretien d'un réseau comme Oblivion l'a dit.

Il se trouve que je connais quelqu'un qui cherche à intégrer "la haute" au Luxembourg. Et franchement ce qu'il m'en raconte c'est que c'est surtout un énorme entretien de réseaux. L'aspect loisir/travail dans tout ça m'apparaît très négligeable alors qu'au Luxembourg cette haute dont il est question est fortement liée au travail (beaucoup de chefs d'entreprise, peu de nobles) et pas au patrimoine comme en France.
Alors certes c'est juste ma perception des choses, mais ça recoupe bien l'état des lieux posé par la sociologue.

A mon avis vous vous fourvoyez en vous focalisant sur la dimension travail/loisir et en négligeant le principal : l'entretien du réseau.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:05 le 09/02/2017 par Neity.
Par grrrz

Re: Banal ou extra-terrestre ?

l'existence des rallyes est une preuve effectivement flagrante de l'organisation de la reproduction sociale chez les dominants.
Par GPMarcel

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Ralliez-vous à mon panache blanc...en effet.
Par Oblivion

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Vers mes 25 ans, une collègue de travail issue d'un milieu aisé m’avait dit : je vais à un rallye samedi, ça me fait chier par avance.

Je l’avais visualisée instantanément en train de faire des dérapages contrôlés dans la boue dans une Peugeot 306 customisée.
Et je ne comprenais pas le rapport avec la personne que j’avais en face de moi.

Je ne connaissais pas son type de rallye (j’ai appris cette acception à cette occasion) et elle, régulièrement, elle m’appelait la prolétaire
sur un ton très méprisant.
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Banal ou extra-terrestre ?

On sous-estime souvent la force du carcan social qui pourrit la vie de nos malheureux riches. La sociologie a par exemple forgé le concept de " consommations obligées" pour nommer ces achats ( la bagnole en est l'exemple le plus flagrant) sans lesquels l'ostracisation ( pouvant aller jusqu'à la mort sociale) est automatique. La vieille opposition entre les deux luxes, celui proche de la dilapidation ruineuse et propre à l'aristocratie, et le luxe fonctionnalisé des cadres des années 70-2010, " consommateurs-pilotes" mis en scène par la pub, est tout sauf caduque. Mais le gros problème de la sociologie même subtile, c'est qu'elle devient vite répétitive et litanique. Seul remède : le retour aux sources, aux pères fondateurs...tous philosophes.
Par Robert.

À moins que ?

"On sous-estime souvent la force du carcan social qui pourrit la vie de nos malheureux riches"
Même pas un riche sur le forum pour nous en faire prendre conscience?
Par GPMarcel

Re: À moins que ?

Notre entre-nous, gens de classe sous-moyenne, est désespérant de platitude.

Organisons un rallye ou un bal de débutants du 4ième âge, ou...
Par Al1

Re: À moins que ?

Attends, y'a une orgie dans le bâtiment d'à côté !
Je connais pas la langue, si ça se trouve c'est une tournante !



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:38 le 07/02/2017 par Al1.
Par jeanbat

Re: À moins que ?

ou...pas une partie fine quand même?
Par Bracam

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Oblivion écrit : Vers mes 25 ans, une collègue de travail issue d'un milieu aisé m’avait dit : je vais à un rallye samedi, ça me fait chier par avance.

Je l’avais visualisée instantanément en train de faire des dérapages contrôlés dans la boue...

Je le visualise immédiatement comme prévoyant de se rendre à un rallye en chaise percée à porteurs, de boue droit dans ses bottes.
Par munstead

Re: Banal ou extra-terrestre ?

ET les bals de campagne (qui ont changé de nom, mais ont toujours la même fonction) est une preuve flagrant de la reproduction sociale chez les dominés.
Par Cugel

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Quel rapport ? Les rallyes sont des entre-soi, les bals et fêtes de villages sont au contraire des moments de mixité sociale.

--
Par Faab

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Oui, c'est à se demander si derrière cette surprise qu'elle s'attend à voir, il n'y n'aurait pas le biais inverse, comme si on ne trouvait du boulot que par le biais des concours de la fonction publique.
Ils ont des enfants les Pinçon-Charlot ?
Par poisson

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Quelle drôle de question que celle de savoir si ils ont des enfants. Ils ne devraient raisonner que à partir de leur propre expérience? On voit ce que ça donne dans le forum.
Les pinçon-Charlot sont à un autre niveau, et même si ils viennent vulgariser ils ont une rigueur universitaire.

C'est comme dire à ceux qui font "ma thèse en 3 mn" et ont donc simplifié pour résumer: "c'est un peu simpliste votre thèse".
Par Faab

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Euh, non, il ne s'agirait pas de raisonner mais de ne pas s'attendre à de la surprise si on a soi-même expérimenté la chose et j'imagine qu'à défaut de l'avoir connu soi-même, on a au moins par ses enfants l'écho des galères des premiers boulots.
En fait, c'est assez surprenant que Pinçon-Charlot voit dans cet épisode quelque chose de particulièrement significatif, j'aurais cru que tout le monde considérait comme normal d'utiliser son réseau pour trouver un stage ou du boulot.

Tiens, d'ailleurs, conseil Pôle Emploi : Bâtir et développer son réseau.
L'intro : "Difficile aujourd'hui de trouver un emploi en répondant uniquement à une annonce. Réseauter devient incontournable, que la démarche soit physique ou virtuelle. Mais comment développer son capital relationnel ? Par où commencer ?"
Par Oblivion

Re: Banal ou extra-terrestre ?

En fait, c'est assez surprenant que Pinçon-Charlot voit dans cet épisode quelque chose de particulièrement significatif, j'aurais cru que tout le monde considérait comme normal d'utiliser son réseau pour trouver un stage ou du boulot.

Bien entendu. Les Pinçon-Charlot se sont tapé les mondanités du monde mondain pour constater que le piston
se déroulait exactement comme chez les caissières de Carrefour.
Par Al1

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Par Cultive ton jardin

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Essayez donc d'obtenir un stage chez Rothschild par une caissière de Carrefour!
Par poisson

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Ça dépend à quel catégorie professionnelle, et donc socio-professionnelle, vous appartenez . le journal d'une femme de chambre
Par Cultive ton jardin

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Citation:
Faab Tiens, d'ailleurs, conseil Pôle Emploi : Bâtir et développer son réseau.
L'intro : "Difficile aujourd'hui de trouver un emploi en répondant uniquement à une annonce. Réseauter devient incontournable, que la démarche soit physique ou virtuelle. Mais comment développer son capital relationnel ? Par où commencer ?"

Quand les pauvres seront capables d'imiter les riches pour... réseauter, et à condition que ça marche, yaura quand même pas de la place pour tout le monde. Ayant contribué à ces formations du genre "mieux se mettre en valeur se vendre, comment rédiger son CV, etc... je me suis souvent dit que je ne faisais que contribuer à changer l'ordre de la file d'attente. Mes stagiaires, certes, auraient amélioré leurs chances... au détriments d'autres moins chanceux.

Un de mes oncles, qui avait obtenu, avec de lourds sacrifices dans tous les domaines, un diplôme d'ingénieur en cours du soir, prétendait que "tout le monde pouvait en faire autant". Heureusement que non, car s'ils avaient été des millions à tenter leur chance, le pourcentage des siennes, de chances, serait tombé bien bas.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:29 le 05/02/2017 par Cultive ton jardin.
Par Bracam

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Il faut admettre que le "quand on veut on peut" ne saurait s'appliquer qu'à des situations précises, et que dans le cas où une grosse compétition est ouverte, à la réussite des concours d'entrée ne répond plus la distribution heureuse de postes pour tous. Soit il y a suffisamment d'emploi, soit c'est la grosse bagarre pour le travail, qui s'obtient mieux avec l'appui d’une personne opportunément placée dans le système. Fonctionnement solidaire aussi, mais aux possibilités réduites souvent aux meilleurs postes, laissant pour compte une proportion plus ou moins grande d'employables chaque année. Quand aux bénéficiaires, dans les activités secondaires de production, ils ne décrochent probablement pas la lune ; pas d'emblée. C'est un peu différent que de postuler dans les directoires de grandes entreprises, avec plans de carrières de haut vol.
Par Robert.

Re: Banal ou extra-terrestre ?

" Heureusement que non, car s'ils avaient été des millions à tenter leur chance, le pourcentage des siennes, de chances, serait tombé bien bas."
L'obtention de diplômes en cours du soir ne me semble pas être une procédure de "concours". Rien ne semble y dépendre du nombre de candidats.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 12:27 le 05/02/2017 par Robert..
Par Cultive ton jardin

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Mais le nombre de personnes pouvant prendre des cours du soir, surtout à cette époque lointaine où les cours étaient en vrai, avec de vrais profs et un vrai local était loin d'être extensible à l'infini. Et ensuite... le nombre de postes d'ingénieur n'est pas non plus illimité. Quoi qu'il arrive, dans une logique de compétition, yen a toujours qui sont devant, et d'autres dans le fossé.

C'est comme la blague du dernier wagon du train: on peut le supprimer, ya toujours un dernier wagon.
Par Robert.

Re: Banal ou extra-terrestre ?

C'est votre "heureusement que non" opposé au "tout le monde peut en faire autant" de votre oncle qui m'a interpellé. Il semble impliquer qu'il doit sa réussite principalement à la chance ce qui n'était certainement pas le cas.
Par Cultive ton jardin

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Citation:
impliquer qu'il doit sa réussite principalement à la chance ce qui n'était certainement pas le cas.

Si vous relisez mon texte, vous verrez que je parle d'abord des lourds sacrifices qu'il a fait dans tous les domaines. Loin de moi l'idée qu'il devrait son succès "principalement" à la chance. Mais s'ils avaient été plus nombreux à bosser comme des malades et à sacrifier leur entourage... ses "chances" de réussite auraient été diminuées, non? Dans une société de compétition tous azimuts, le succès des uns ne se fait qu'au détriment des autres.
Par Robert.

Re: Banal ou extra-terrestre ?

annulé



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:58 le 05/02/2017 par Robert..
Par Makno

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Pour ma part, mon pere vient d'une famille nombreuse, d'un milieu un peu bourgeois, qui a des connections.
Jamais il a leve un doigt pour m'aider a trouver un boulot, un stage...
Ma soeur qui a choisit la meme branche professionnel que mon pere (social), n'a pas non plus recu de coup de pouce au dela de quelques conseils a la con.

Je vous reproche rien, mais vous et fillon, faut pas en faire une generalité.
Par Bruanne

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Makno : super, la comparaison entre Fillon et moi, j'apprécie énormément, je sens bien que c'est un compliment.

Bon, je vais quand même poser pour hypothèse qu'éventuellement vous n'avez pas compris mon exemple, et que peut-être même c'est parce que je l'ai mal expliqué. C'est pas du tout une question de branche professionnelle en plus.

Donc, dernier exemple en date : un de mes enfants, lycéen en bac pro, cherchait un stage de technicien lumière. 6 semaines.
Il se trouve que j'ai une collègue dont une copine travaille dans un lieu qui emploie des techniciens lumière, elles se sont mises en contact et c'est ainsi que le stage a été trouvé.
On a donc un réseau de connaissances, qui facilite l'accès à un stage.
C'est le même processus que celui qu'on voit dans l'extrait, mais dans une autre milieu.
Donc, le processus n'est pas spécifique au milieu.

Alors, évidemment, au lieu d'en parler autour de lui, de sa recherche de stage, il aurait pu aussi envoyer par la poste 200 ou 300 CV ( vides, hein, puisqu'il est lycéen...) en attendant qu'une société se dise " putain, mais c'est une aubaine géniale de recevoir un gamin qui ne sait encore rien faire, vite, téléphonons-lui ! " Ou alors, peut-être même qu'ils auraient pu mettre en concurrence 7 ou 8 lycéens, leur passer des entretiens ou organiser un concours...


Après, si on parle de ma branche professionnelle : là, pas de réseau en jeu, puisque le recrutement se fait par un concours de la fonction publique et que les affectations sont régulées. C'est aussi le cas pour la majorité des métiers du social, je le précise au passage.
Si un de mes enfants décide d'être prof, je n'aurai aucun réseau à activer pour lui trouver un stage, puisqu'il n'aura même pas à le chercher !! Et à part des conseils à la con, je ne pourrai pas lui filer le moindre coup de pouce.

Et donc, vous, Makno, quand vous cherchez un stage ou du boulot, vous n'en parlez pas du tout autour de vous ?
Par Makno

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Ok, c'etait une erreur de ma part, je voulais pas reellement confondre votre position a celle de Fillon, et je l'ai fait. C'etait une connerie.

Citation:
Et donc, vous, Makno, quand vous cherchez un stage ou du boulot, vous n'en parlez pas du tout autour de vous ?
Oui, j'en ai parlé a ma famille, une fois... mon pere nada > demerde-toi (comme dit avant, il avait des contacts soit familiale, soit professionnels), meme dans ma merde, passé et actuel, il n'a jamais cherché a m'aider a trouver un boulot ou un stage ( a ce stade je crois que je suis un "raté" pour lui), il se contente de filer un peu d'argent, et je suis chanceux d'avoir une famille capable de faire cela.

j'ai fait parti des gens qui envoient des centaines de CV, et oui globalement je suis un "looser".
Je suis dans le cas du type ou son paternel aurait pu filer un coup de pouce professionnel, mais il s'est toujours refuse a le faire, je crois qu'il a jamais voulu se "compromettre".... est-ce que je meritais vraiment son coup de pouce ? est ce que je suis digne de confiance ? seront des questions que je me poserais toute ma vie....
Voila c'est pathetique, mais je sais ce que ca fait de n'avoir pas de reseau, et de voir les gens qui en ont.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 01:46 le 04/02/2017 par Makno.
Par cécile clozel

Re: Banal ou extra-terrestre ?

il me semble que ce qui fait scandale dans cet entre-soi et ce réseautage, c'est moins le fait qu'il soit au service d'une solidarité de classe que l'hypocrisie qui l'accompagne : ces gens là font comme si cette solidarité n'était justement pas réservée à leur caste, mais tournée vers le bien commun. La légende de la photo de famille est une pépite, dans le genre : "pour bien gouverner il faut être équilibré". Ben voyons.
Sauf erreur, la petite sauterie amicale où s'échangent les pistons, n'est pas une fête privée, mais une opération de communication au profit d'une association de préservation de patrimoine (si j'ai bien compris le discours de la personne qui remercie "la deuxième dame de France" de son soutien). Ou comment pomper des fonds publics pour entretenir sa "maison"... l'alliage de cette captation du "bien commun" (la légitimité, le pognon) et de cet entre-soi est un métal inoxydable, une chape qui écrase tout le fonctionnement social.

bien sûr, ces réseaux existent dans tous les milieux, et on peut largement supposer qu'ils sont utiles au fonctionnement social — si chaque recrutement devait se faire par concours, on passerait plus de temps à recruter qu'à produire. Ils ont leurs effets pervers, j'ai moi-même mesuré au cours d'une enquête auprès des "exclus" des emplois jeunes à quel point ces emplois avaient été cooptés dans une petite bourgeoisies d'emplois intermédiaires, et fort peu accessibles aux enfants d'ouvriers et de chômeurs qui n'avaient pas le "ticket".
Mais dans l'usage qu'en fait la "classe dominante" (la violence du terme n'est que peu de chose au regard de la violence de cette domination) il faut prendre la mesure de la force de ce système, du savoir-faire qu'il suppose, et, de façon plus triviale, de la pompe à phynance qu'il opère sur l'argent public et les biens sociaux. Il n'est pas un épiphénomène, un des dimensions parmi d'autres de la socialité, mais bien un des principaux processus vitaux de la ploutocratie qui nous gouverne. C'est le ressort qui leur a permis en quelque décennie de "naturaliser" leur enrichissement effarant et la paupérisation de couches croissantes de la société.
Par Cultive ton jardin

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Citation:
Cécile Clozel
ces gens là font comme si cette solidarité n'était justement pas réservée à leur caste,

Et en même temps, pour défendre le droit d'aider de pistonner ses enfants, chépluki a dit que ça se faisait "dans toutes les bonnes familles". J'ai trouvé ce "bonnes" assez violent, insultant pour tout dire, pour toutes les familles qui tentent d'aider leurs enfants avec leurs pauvres moyens, qu'ils soient financiers ou relationnels, et qui n'y arrivent pas, ou parfois craquent, parce que accueillir ses enfants dans son petit appart chaque fois que leur CDD prend fin... c'est pas toujours folichon. Et aussi, parce que si on peut aider, on est impuissant face à l'humiliation de celui ou de celle qui supporte mal d'avoir "encore besoin" de ses parents à trente ans passés.

Car ça fait partie de la morale, de la fierté populaire, de cesser de peser sur sa famille quand on est "en âge de". C'est un peu moins fort dans les classes dominantes. Ou je me trompe? Car je connais mal ces milieux là.
Par fitz_

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Je suis en école d'ingé réputée dans son domaine, fils de prof au collège et de chômeur. Comment mes collègues fils de chefs d'entreprises, d'ingénieurs ou de financiers ont-ils trouver leur stage? Coup de fil à papa/maman, l'affaire est réglée en une semaine. Moi, j'envoie CV sur CV. Et encore, ma condition s'est clairement améliorée, en école d'ingé, on est déjà profondement utile à une entreprise donc les réponses arrivent. Mais quand j'étais en prépa (et donc totalement inutile à qui que ce soit) et qu'il fallait interviewer le temps d'une après-midi un ingénieur sans lui offrir la moindre compensation, je peux vous dire que j'ai cravaché au contraire de mes camarades.
Par Bruanne

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Bein oui, c'est exactement ce que je dis.
Par Olivier Deleauvive B.

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Le contrat de fermage vaut son pesant de cacahuètes, mais après tout n'allons pas nous plaindre que les Fillon n'alourdissent pas leur bilan carbone en faisant leurs emplettes dans la capitale. Les fermiers alentours veillent à les approvisionner, tandis qu'eux et leurs illustres invités se délectent de mets de première fraîcheur payés rubis sur l'ongle, tout le monde y trouve son compte non ?

Pour le reste, Je suis d'accord avec certains commentateurs, on se demande bien la pertinence de chercher à englober le métier d'assistant parlementaire dans les analyses connues et rebattues de MPC. Résultat, un Nicolas Thibaut qui entre deux envolées lyriques de MPC n'a pas eu tellement l'occasion de nous apprendre quoi que ce soit qui n'ait déjà été abordé dans les médias suite aux tout récents rebondissements de l'affaire Fillon. Il aurait fallu l'affubler d'un contradicteur de type (ancien ?) inspecteur du travail ou syndicaliste, à mon humble avis, pour faire saillir peut-être les deux ou trois enjeux qui posent réellement question.
Alors oui, une poignée d'assistants sont devenus parlementaires eux-même mais la caste si caste il y a est davantage celle de la haute administration que celle des Dominants avec un grand D, à moins d'invoquer un improbable "terreau propice à la domination de classe" au sein des assemblées!
Par Yvonne Schmitt

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

il y a une incompréhension sur le fermage versé aux Fillon, il ne s'agit nullement que leurs fermiers leur apportent de la viande saignante au manoir ou du blé dont la famille Fillon n'aurait que faire surtout pour le blé ; ces quantités fixées au bail déterminaient selon les cours du blé et de la viande de l'année tels que fixés par l'arrêté préfectoral après l'avis de la commission consultative des baux ruraux l'équivalent monétaire à verser par les preneurs aux bailleurs ; ainsi pas besoin de clause d'indexation au bail ; ce système n'existe plus, les loyers devant maintenant être fixés dans le bail en espèces, cf le lien

[www.eure-et-loir.gouv.fr]
Par fitz_

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pourtant, ma famille loue (je ne sais pas du tout si c'est le bon terme) un champ en savoie à un paysan et nous recevons chaque année un mouton à nous partager. (Je n'ai pas les détails, ce sont mes parents et mes oncles/tantes qui reçoivent et partagent). Cela serait fait au black?
Par ramon 4

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

C'est quand même très étonnant.

D'après le barême proposé, dans l'Eure et Loir, le mois de septembre a 31 jours...
Par Tony A

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

J'ai des amis qui, pour un champ loué à un agriculteur en Auvergne, recevaient chaque année un sac de patates.
C'était une location verbale qui a été mise par écrit quand le dit agriculteur a trouvé plus intéressant de la déclarer pour toucher une subvention de l'UE...
Par Yvonne Schmitt

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

les baux de petites parcelles ( taille variable selon les régions ) peuvent échapper au statut du fermage, les parties conviennent du montant et de la forme du loyer
Par SANTERRE

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Mme Pinçon-Charlot ignore certaines réalités : si le fermage est exprimé en blé ou en viande (selon le type d'exploitation), les sommes sont versées en Euros, qui sont bien sûr imposables (micro-foncier si les sommes sont modestes). J'en tiens des exemples à la disposition de Mme Pinçon Charlot. Le fermage est une forme de loyer, beaucoup d'agriculteurs ne possèdent pas, mais louent les terres qu'ils cultivent.
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Passage instructif sur Bérégovoy :
Daniel n'était pas au courant du virage libéral de 1983 !

Ça explique des choses, vous croyez pas ?
Par Bolzano

Assistant parlementaire de père en fils: facile quand on est né dedans

Pas grand-monde ne semble s'y intéresser, peut-être pour cause de prescription, mais ça serait vrai d'une grande partie de l'affaire Penelope aussi: François Fillon a été comme ses enfants assistant parlementaire pendant ses études!

Il suffit de lire l'article de Ouest France mentionnant l'élection du plus jeune député de France:

Si on lit bien, Parallèlement à cette formation, en 1976 il devient l'assistant parlementaire de Joël Le Theule, député de la Sarthe

Donc d'une part François Fillon était rémunéré par l'assemblée (à 22 ans) cinq ans avant sa première élection alors qu'il a déclaré que sa femme l'accompagnait depuis le début de sa carrière en 81, et d'autre part comme l'article précise qu'il a eu son master en 77 et deux DEA ensuite, ce travail ne devait pas être trop prenant pour que l'étudiant mène sans problème ses études en même temps.

C'est donc tout un état d'esprit que notre sociologue doit expliquer: celui des hommes politiques pour qui l'ami député de papa notaire trouve un job étudiant pas trop prenant et bien payé, où madame touche un salaire de l'assemblée sans même y penser et où la génération suivante reprend bien entendu le flambeau comme assistant parlementaire pendant ses études, le tout évidemment en étant convaincu d'être pleinement honnête et exemplaire.
Par Faab

Re:

Et Fillon serait-il du genre à se suicider à la Bérégovoy pour cause de déshonneur ?
Quand on y pense, si c'est un petit bourgeois qui s'est construit une image "romantique" d'accès aux plus hautes fonctions par son mérite et sa probité, peut-être n'a-t-il pas les ressorts psychologiques pour assumer les magouilles visant à assurer le train de vie du milieu où il entendait entrer. Le fait que son épouse n'ait pas eu l'air au courant, sa défense proche du déni, ça ressemble à ces gens qui s'enferment dans un mensonge pour sauver la face, très attachés aux apparences.
Spontanément, je vois les vrais riches par héritage culturel trouver naturel de n'avoir pour limite que la loi dans une société dont ils réprouvent la prétention égalitaire, se satisfaire comme Trump de dire qu'ils sont autorisés à tout tant que ce n'est pas illégal. Un Fillon s'efforçant chez Pujadas d'apparaître de classe moyenne, avec juste une maison et un compte épargne, ce n'est pas du Sarkozy de Nagy-Bocsa parlant de travailler plus pour gagner plus avant d'aller faire un tour sur le yacht de Bolloré.
Par Robert.

Pinson \vs Pinçon

en citations indépendantes 5/4.
Une étude sociologique sur un forum d'@si.
Par Bruanne

contrat de travail

Il est dit dans l'émission, et dans le résumé écrit, qu'il est impossible de ne pas avoir de contrat de travail.
Ce n'est pas tout à fait exact, je crois.
Le contrat de travail écrit n'est pas absolument obligatoire s'il s'agit d'un CDI. Je l'ai découvert récemment et ça m'a beaucoup étonnée.

Mais dans le cas précis de cet emploi-là, dans ce contexte-là, l'absence de contrat est très hautement improbable, ça, c'est sûr, et elle peut être interprétée comme l'absence d'emploi.
Par poisson

Re: contrat de travail

Il n'est pas obligatoire à l'écrit, le contrat est oral. Il est tacite. Il existe! Et c'est donc d'office un CDI, car pour les autres contrats il faut écrire noir sur blanc la durée du temps de travail, la durée du contrat, etc tout ce qui n'est pas établi par les lois du travail (35h par semaine, durée indéterminée par exemple).
Mais je ne sais si tout cela a encore cours car il y a des changements et on entretient un flou stratégique sur eux.
Par Cugel

Re: contrat de travail

Comme le dit poisson, la norme actuellement en terme de contrat de travail est le cdi et la feuille de paye suffit à le caractériser.
Après il ne faut pas se leurrer, l'hôtellerie/restauration, le secteur agricole et la fonction publique s'asseyent, en général, allégrement sur le code du travail pour ce qui est des cdd... à leurs risques et périls en cas d'employés revendicatifs et de syndicats un tant soit peu compétents... dans les années 2000, La Poste l'a appris à ses dépens.

--



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:55 le 04/02/2017 par Cugel.
Par Patrice Pichard

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Depuis longtemps Madame Fillon déclare ne pas s’occuper du travail de son mari. Il n’y a aucune raison de ne pas la croire.

Monsieur Fillon indique sa femme comme l’aidant dans son travail avec contrat.

Trouver l’erreur ?

Dans ces milieux, comme dans tous les autres, un conjoint peut agir à l’insu de l’autre...
Par Tigi

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

La signature de Pénélope Fillon figure bien sur son contrat de travail de 1998, avec la mention "lu et approuvé".

[pbs.twimg.com]

Il est donc bien difficile de croire qu'elle bénéficiait d'un emploi d'assistante parlementaire... sans le savoir.
Par Patrice Pichard

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Réfléchissez un peu plus, quittez votre naïveté, et vous trouverez

Je vous aide: la mention et la signature ne sont pas faîtes devant un officier ministériel...
Par Tigi

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Vous avez déjà vu une signature de contrat de travail effectuée devant un officier ministériel, vous ?
Par Patrice Pichard

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Bravo! Vous avez presque la réponse à la question comment connaissait-il l’existence des contrats alors qu'elle ne savait pas.

Souvenez-vous: Dans ces milieux, comme dans tous les autres, un conjoint peut agir à l’insu de l’autre...
Par Tigi

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Votre hypothèse est que monsieur Fillon a imité l'écriture et la signature de madame Fillon (ou aurait fait une fausse signature) ?

Et que les sommes versées mensuellement par l'assemblée nationale le furent sur un compte en banque dont elle ignorait tout ?
Par Robert.

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

On apprend vers 26'30 qu'il existe des cas (rares) de "gestion déléguée" qui fait passer l'argent du salaire par le compte du député.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:41 le 04/02/2017 par Robert..
Par titi du un-trois

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

C'est incroyable que les attachés, collaborateurs des députés n'aient pas une adresse mail perso professionnelle sur les serveurs sécurisés de l'assemblée nationale.
Par Yanne

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Très intéressant.

Il y a quand même quelque chose qui me turlupine : à un moment, l'attaché parlementaire explique que l'argent qui n'était pas dépensé dans les allocations pour les collaborateurs retournait jusqu'en 2012 dans l'escarcelle du député.

Mais alors, pourquoi Fillon aurait-il fait ce montage, un emploi fictif de sa femme, si de toutes façons il récupérait l'argent ?

Là, je pense qu'il y a eu un blème. Du fait qu'il y a deux postes pour payer le député, l'un est acquis de toutes façons, et l'autre est subordonné à son utilisation, l'explication ne tient pas.

Quant au réseau des riches que décrit Mme Pinçon-Charlot, le problème n'est pas tant que c'est un réseau de connaissances, mais plutôt l'attitude de la personne qui se présente comme un ami d'un dirigeant et qui affirme que ce patron acceptera son stage quoi qu'il advienne. Un tel comportement ne se passe pas chez l'ébéniste ou l'épicier qui cherche quelqu'un de confiance : on lui signale quelqu'un et cette personne est reçue et évaluée. Et le patron l'accepte ou pas : là, c'est l'appartenance à une classe qui garantit le stage.
La stagiaire putative n'aura qu'à dire : ma classe est garantie par M. de ... pour être acceptée a priori, et je suppose que ce serait un camouflet pour M. de .... que Mlle .... ne soit pas choisie comme stagiaire par l'ami.
Par Fantômas

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Il y a quand même quelque chose qui me turlupine : à un moment, l'attaché parlementaire explique que l'argent qui n'était pas dépensé dans les allocations pour les collaborateurs retournait jusqu'en 2012 dans l'escarcelle du député.
Mais alors, pourquoi Fillon aurait-il fait ce montage, un emploi fictif de sa femme, si de toutes façons il récupérait l'argent ?
Là, je pense qu'il y a eu un blème. Du fait qu'il y a deux postes pour payer le député, l'un est acquis de toutes façons, et l'autre est subordonné à son utilisation, l'explication ne tient pas.


Je crois que la somme leur revenait, non comme revenu mais venait s'ajouter à l'enveloppe des frais. C'est à dire que son utilisation était conditionnée à la présentation de facture.

Alors qu'en salariant son épouse, ce problème ne se pose pas...
Par Fantômas

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 01:05 le 05/02/2017 par Fantômas.
Par Fantômas

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 01:05 le 05/02/2017 par Fantômas.
Par emilie bouyer

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Le contribuable, même le plus modeste, a participé à l'achat du castel. L'appellation "maison" pour un tel monument relève de l'hypocrisie. Et de la bêtise, en même temps. C'est un "bien mal acquis", et il est gêné ?
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Le coût unitaire du pauvre est certes souvent négligeable. Mais ils sont si nombreux que l'on peut, sans se tromper, affirmer que la pauvreté est beaucoup plus onéreuse que la richesse. C'est le sens profond de l'apostrophe fameuse de Guizot " enrichissez-vous !". Enrichissez-vous, vous coûterez moins cher à la collectivité. Imparable. Bon apéro.
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Tu as raison, je vais guillotiner quelques olives.

Santé!
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

On remarquera, une fois de plus, la remarquable analyse de notre Maître, à tous, ( notre bon maître Aloys ).
On peut cependant noter, qu'en France, 5 familles possèdent beaucoup plus que 30% de la population la plus pauvre.
Ces familles ont-elles des maisons ou des châteaux ? ( bonne question )
Pour oublier ( temporairement ) ces légères inégalités, trinquons !
Par ailleurs, puis-je me permettre de critiquer certains asinautes qui critiquent eux-mêmes, avec virulence ( mais sans leur compétence ) des sociologues reconnus. Ces asinautes me paraissent contents d'être cocus.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:19 le 04/02/2017 par Jean-Ali-Lévy-Feuerbach.
Par Coin-coin l'Araignée 2·0

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Puisque vous parlez de %ages, en voici 1 :

« Dans ce monde, un député gagne 5 357,34 € nets par mois auxquels s’ajoute une indemnité représentative de frais de mandat non imposable de 5 805 € bruts mensuels et fait donc partie du 1 % des plus riches (en revenu) de la population française (on fait partie du 1 % lorsque l’on gagne plus de 9 000 € par mois). »1

1. « Les Fillon passent, les pratiques restent : Pour l’abolition des privilèges », Frustration, 1er février 2017.
Par Bracam

Re: 1+1 = 1 et quelque-chose

Cependant, il me semble injuste d'additionner les frais de représentation comme un salaire revenant au député ! Sauf s'il les emploie pour son bon plaisir ; j'espère en tout cas que les employeurs paient tous les frais liés à l'obtention du revenu, et que le fisc sait évaluer la question honnêtement.
Par Coin-coin l'Araignée 2·0

La Commission pour la transparence financière de la vie politique (en 2012) : "le montant de l'indemnité représentative des frais de mandat (IRFM) contribue, pour la durée d'un mandat, à un enrichissement oscillant entre 1 400 € et 200 000 €"

Naturellement que l'IRFM et l'indemnité parlementaire s'agglutinent. « L'Assemblée ne demande, en effet, aucun justificatif et ne contrôle pas comment est utilisé cet argent. » [www.francetvinfo.fr]



Modifié 5 fois. Dernière modification le 00:07 le 06/02/2017 par Coin-coin, député·e du violon d'Ingres et de la baignoire.
Par Bracam

Re: surface de réparation financière

Je comprends bien que l'autorité ne demande pas de justificatifs de l'usage fait de ces indemnités. Mais comme l'indique leur dénomination, elles ne constituent pas un salaire, et leur usage est bel et bien défini par les textes légaux. C’est dans ce sens que j'écrivais "sauf s'il les emploie pour son bon plaisir", soupçon a priori non avenu.

Par contre, l'examen de la réalité des dépenses et les preuves de mauvais usage qu'en font certains élus exige probablement l'établissement d'un contrôle des frais effectifs qui seraient seuls payés et plafonnés raisonnablement, etc.
Par A. Decheuze

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Excellente émission, j'adore Monique Pinçon-Charlot.
L'attaché parlementaire de droite est resté dans son rôle, bravo à lui pour son professionnalisme.
une question à arrêt ...Melenchon, ancien ministre, ancien parlementaire ancien sénateur fait bien parti de la caste des nantis, des dirigeants n'est-ce-pas ?
Fillon démission bien sûr !
Par fitz_

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Le terme nanti s'applique pour les gens fortunés si je ne m'abuse? Du peu qu'on connaisse de son patrimoine, il ne fait pas partie de la même catégorie que Fillon de ce point de vue (après, tout dépend du diamètre qu'on donne à cette même catégorie, bien entendu).

Si vous parlez de ce que lui-même semble parfois appeler le "système", oui, il en fait bien partie. Il n'y est pas né mais y est bel et bien entré et ne l'a pas quitté.
Par jack

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Très belle émission. Bravo ! Dommage que l'assistant soit parti, la dernière partie de l'émission l'aurait sans doute définitivement convaincu de changer de monture parlementaire !!
Par jack

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

L'analyse des travers des "dominants" faite par MPC peut parfaitement correspondre aux "dominants" hiérarchiques, ceux qui détiennent le pouvoir (chef de service, directeur...). J'y reconnais "l'entre-soi", la coupure avec la base, l'auto satisfaction, la non remise en question... On parle aussi de "maison" dans ces milieux ("je fais partie de la maison"), une caste.
Par patrick

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Monique Pinson-Charlot est peut-être marxiste et elle a fait un excellent boulot de sociologue avec son mari mais elle a le langage condescendant des bourgeois et son dialogue avec Nicolas Thibault est assez incroyable. Elle vient elle même d'une famille bourgeoise, son père a été magistrat et il n'est pas étonnant qu'elle est accepté d'avoir sa fiche dans le Who's Who et surtout d'avoir accepté la légion d'honneur. Je trouve son mari plus discret et plus agréable et surtout moins donneur de leçon mais lui vient vraiment du milieu ouvrier.
Par fitz_

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Si je suis votre raisonnement (sans la moindre apathie, je le jure!), considérez-vous que Lordon (par exemple) a le langage condescendant des bourgeois?
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Par définition, le bourgeois est déjà entre deux chaises. Mais Mme Pinson-Charlot chausserait-elle le discours dominant, qu'il lui resterait la Nuit du 4 Août : le riche, c'est le privilégié. Mais le privilège suprême, c'est de renoncer aux privilèges. S'accrocher aux privilèges, c'est se comporter en pauvre ( quelle horreur). Tout a l'air compliqué, mais au fond, quelle biblique simplicité...
Par fitz_

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Je ne suis pas sûr d'avoir compris. Néanmoins, je ne suis pas sûr d'être d'accord avec votre dernière phrase. Surtout (par exemple) pour La violence des riches qui est quand même incroyablement simple à lire pour un bouquin de socio.
Par petit - saconnex

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

oui mais justement , ceux qui ont supprimé les privilèges lors de la Nuit du 4 août ont compris que ce n'était plus tenable et qu'il fallait renoncer à certains privilèges. Ce qui est extrêmement intéressant avec François Fillon c'est qu'il se présentait comme un modernisateur défendant l'intérêt général ,alors qu'en fait il abusait semble t il des avantages des ses postes de parlementaire.
Par patrick

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Je pense que Lordon n'aurait jamais parlé à Nicolas Thibault avec ce ton condescendant et Lordon n'est pas dans le Who's who :-)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:43 le 04/02/2017 par patrick.
Par fitz_

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Ah, d'accord, on parle du ton. Je pensais qu'on parlait du langage. C'est de la perception, donc je comprends qu'on puisse percevoir ceci.
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Heu, souvenez vous de Lordon causant à Sébastien Bohler dans l'émission "CE PLAN EST ÉTONNANT : IL VIOLE LES DOGMES EUROPÉENS"

Ah c'est sûr, au début il est gêné, il y va avec des gants, mais qu'est-ce qu'il lui met !

Et c'est normal : il faut rappeler leur rôle aux serviteurs de la domination.
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Au passage, cette émission, qui réunissait Lordon et Berruyer, mérite d'être revisionnée trois ans plus tard !
Par munstead

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Ça c'est évident. Vous l'avez déjà rencontré?
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pour faire popu, elle devrait faire autant de fautes de français que Sarkozy ?
Par Colas Nahaboo

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Ce qui est terrible dans cette image - si on s'y arrête, ha ha -, c'est que Pénélope n'a même pas de chaise... Ils donnent l'impression de ne considérer vraiment leur femme ou mère que comme une bonne idiote, qui ne mérite que d'apporter les cafés et trop demeurée pour participer aux conversations, ... ou que on tente de lui expliquer que elle est déclarée comme employée fictive.
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Par Rinat

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

" Ils donnent l'impression de ne considérer vraiment leur femme ou mère que comme une bonne idiote, qui ne mérite que d'apporter les cafés et trop demeurée pour participer aux conversations, ... ou que on tente de lui expliquer que elle est déclarée comme employée fictive."

Je viens de survoler les discussions pour voir si un intervenant ressentait la même chose que moi. Je vais tenter d'étayer mon sentiment qui est le suivant: "Et si Mme Fillon était peu connectée à cette affaire?"
Tout d'abord, je ne connais pas Mme Fillon si ce n'est que Wikipédia indique qu'elle est fille de juriste.

Le 25/01 à la lecture de ASI, je me suis posé la question suivante : comment une femme ayant un diplôme d'avocate peut exprimer à un média en 2007 qu'elle est femme au foyer alors que son mari la déclare comme attachée parlementaire? J’émets alors pour la première fois l'hypothèse qu'elle n'est pas vraiment au courant de ses emplois fictifs.

Le week end dernier, ASI montre que l'équipe Fillon a monté une séquence émotion: les mains qui se tiennent. Je les visualise et je me fais la réflexion suivante: elle en met du temps Mme Fillon à répondre à la marque d'amour de son mari et en plus sans trop d'empressement. C'est subjectif comme jugement mais je ne peux m'empêcher de penser que si elle était au courant de ce"moment émouvant", elle n'a pas très bien joué la scène du genre "les doigts qui s'entremêlent vraiment". Je complète alors mon hypothèse par:
- soit elle est au courant et elle joue la scène à minima.
- soit, elle n'était pas prévenue et elle ne ressent pas vraiment le besoin de montrer une grande solidarité.

C'est en visualisant l'interview retransmise dans Envoyé spécial, que j'ai ressenti mon plus gros doute mais j'ai été étonné de n'entendre aucun commentaire dans ce sens.C'est pour moi le témoignage d'une femme malheureuse, désabusée mise de côté. C'est suite à cela que j'ai lu les commentaires et repris une partie du commentaire de Colas.
Bien sûr ma réflexion est subjective. Elle suppose:
- un grand cynisme de la part de M Fillon mais pourquoi pas?
- Qu'elle n'est pas au courant des revenus du couple mais c'est lui le notaire?.
Si mon hypothèse est ne serait ce qu'en partie vraie, Mme Fillon a du bien souffrir d'entendre son mari se défendre en dénonçant "une telle misogynie" alors qu'il en serait le premier spécialiste.
Par petit - saconnex

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Votre analyse est très fine . Peut être en effet Madame Fillon souffre- t-elle du machisme de son mari qui ne l' a pas laissée travailler comme avocate et qui peut être n' a pas pu le quitter car une séparation aurait été mal vue des électeurs . Madame Fillon ,femme malheureuse , c'est un point de vue original.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:51 le 04/02/2017 par petit - saconnex.
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

encore quelques années, et je vais compatir et même peut-être , qui sait ,pleurer ...
Par petit - saconnex

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Vous êtes trop préoccupé par la lutte des classes pour comprendre la mélancolie féminine .
Par petit - saconnex

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Une émission très intéressante.Merci
Par petit - saconnex

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Une émission tout à fait intéressante. Merci
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: ils sont tous un peu fêlés

Il devient nécessaire de procéder à l'analyse psychologique de nos " dirigeants " et de leur famille.

Un collège dé psychiatres américains vient d'annoncer que Trump était un narcissique malveillant et serait bon pour l'internement : une pétition a même été déposée.
Par GPMarcel

Re: ils sont tous un peu fêlés

" une pétition a même été déposée." par l'Association des narcissiques bienveillants.

Y'a narcissique et narcissique faut pas déconner!
Par Cultive ton jardin

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
C'est pour moi le témoignage d'une femme malheureuse, désabusée mise de côté.

Vous avez tout à fait raison. Elle dit même, clairement, qu'elle se sent diminuée devant ses enfants, qui "ne la voient que comme une mère", et dit quelque chose comme "prouver que je ne suis pas si stupide". Sa tentative de sortir de là en s'inscrivant à l'université.. en anglais (là où elle risque moins l'échec?) est émouvante. Même la journaliste, dans sa surprise, essaie de l'aider: "en littérature anglaise?".

Elle a une posture très classique de la mère de famille qui s'est laissée enfermer dans son rôle, qui a abandonné toutes ses ambitions au point qu'elle ne se croit plus capable de rien, son mari est très occupé, ses enfants grandissent et ont moins besoin d'elle, pire, ils commencent à devenir condescendants comme savent si bien le faire les adolescents avec la cruauté de leur âge, elle se demande qui elle est vraiment. Et aussi... elle s'ennuie, et du coup, une journaliste qui parle sa langue maternelle, qui l'écoute...

Bon, je gamberge peut être un peu, mais c'est vrai que j'ai eu pitié d'elle, et en plus cette tornade qui s'abat sur elle, ces plaisanteries sur son prénom... et vraiment, l'hypothèse que tout ça s'est fait à son insu s'est quasiment imposée à moi.
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Oui, je pense ça aussi.

On peut aussi penser qu'elle s'est laissée bercer dans ce système jusqu'à ce qu'elle n'y trouve plus son compte, ou jusqu'à ce quelle prenne conscience de sa situation, mais peu importe.

Quoi qu'il en soit, les imbéciles qui s'en sont pris à elle (quolibets et jeux de mots minables) ont tout mon mépris.
Par Cultive ton jardin

Laissez ma femme en dehors de ça!

Pour le coup, je suis complètement d'accord avec Fillon, quand il dit "laissez ma femme en dehors de ça". Il oublie juste que c'est lui qui l'a mise dans cette situation humiliante et douloureuse, de se faire interpeller sans pouvoir répondre. Car depuis le début de cette affaire, qui a entendu le son de sa voix, hormis sur de vieilles vidéos. Et encore même pas vraiment, on entendait surtout la traduction.
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Laissez ma femme en dehors de ça!

" L'intraitable Pénélope berce sans doute de jolies pensées interlopes "l
Par Cultive ton jardin

La question du pouvoir

Il me semble qu'en focalisant sur les chiffres, on masque le plus important, le pouvoir que donne tout cet argent, qui est le véritable objectif de toutes ces jongleries légales ou illégales.

Il y a en effet l'entre soi de toute une classe sociale, qui doit quand même se renouveler un peu, d''où les procédures d'entrée et de sortie, on aura compris que le mariage en est une pourvu qu'il ne soit pas trop déclassé, et que l'obtention d'un poste de collaborateur en est une autre, mais il y en a pas mal, qui permettent à des "en-bas" méritants d'obtenir une place, strapontin ou fauteuil, chez les "en-haut". D'où les "contre-exemples" qui n'en sont pas.

Mais il y a surtout des réseaux de pouvoir, qui passent par l'argent... ou pas, qui passent par des cooptations pour truster les postes "intéressants" et pour les cumuler ou les faire se succéder dans le temps. Plus les renvois d'ascenseur, j'embauche ta fille, tu m'épingles la légion d'horreur, etc...

Toutes les simili similitudes entre l'entre-soi d'en bas, parfois contraint ("Nous vivons avec les hiboux et les larrons amis des ombres") et l'entre soi d'en haut butent sur cette différence qualitative: le pouvoir que ça donne et que ça permet de perpétuer et d'amplifier.
Par BIBI

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

j'ai la même impression.
Par Rolleyes

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Tout à fait d'accord.

Ce qui me rend François Fillon encore plus imbuvable.
Par Rolleyes

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

En passant, les fiches de lecture de Penelope Fillon ont l'air d'être sur des livres assez intéressants.

ça m'a fait rigoler de voir que la femme du catholique écrit sur Aleister Crowley dans la première... Et je pensais avoir trouvé un combo gagnant quand j'ai vu qu'elle citait "Marx" dans la deuxième, malheureusement, c'est William Marx, et non Karl.
Par Francis COMMARRIEU

Re:

Une précision concernant le contrat de "fermage" évoqué par les invités sur le plateau. Fils de paysan, mais pas dans la Sarthe, je peux vous fournir une piste d'explication.
Un contrat de fermage entre un propriétaire foncier et un exploitant prévoit le versement d'un loyer qui s'appelle justement fermage. Ce dernier est une somme d'argent, pas une part de produits de l'exploitation. Je n'ai jamais entendu parler de forme mixte de contrat, mais il faudrait plonger dans le code rural pour en être certain.
L'échange de produits contre le prêt de la terre s'appelle métayage ou colonat partiaire, au sens où le propriétaire prélève non un loyer mais une partie des fruits de l'exploitation, produits de l'élevage ou de la culture. Cette forme d'exploitation était fréquente dans le Limousin, une partie du sud-ouest aquitain par exemple. Elle a sûrement son cachet féodal : mon père m'a souvent raconté l'aspect humiliant de ces moments où mon aïeul allait porter "au château" poulets, canards ou oeufs etc. Mais c'est une forme de contrat. Une loi votée par l'Assemblée en 1946 a modifié en profondeur le métayage. La modernisation agricole des années 1960 a largement eu raison de cette formule juridique d'exploitation, en favorisant l'achat par le métayer des parcelles exploitées. Le métayage continue à exister, mais est résiduel aujourd'hui. Les terres en France sont donc majoritairement exploitées en FVD (faire valoir direct = l'exploitant possède les terres), ou en fermage, notamment dans un vaste Bassin parisien.
Francis Commarrieu.
Par jack

Re:

Merci pour ces précisions. Sur le fond, pourquoi pas payer en "nature" au châtelain Fillon. La question de base est de savoir si cette procédure est aujourd'hui encore légale . Perso, je n'ai pas le courage d'aller le vérifier sur le code rural, mais ça vaudrait le coup, histoire de charger (ou pas) encore un peu plus la mule !
Par Fantômas

Re:

Selon Wikipédia, le colonat partiaire aurait été supprimé par l'assemblée nationale en 2006. Quelqu'un a l'article du Canard pour savoir si les Fillon le pratique toujours ?
Par Holden

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pour mettre à jour le statut des assistants parlementaires, il suffirait que leur embauche soit réalisée par une direction des ressources humaines de l'assemblée nationale, qui établirait leur contrat de travail, leur fiche de paie, le tout sur la base d'une grille salariale précise.

Leur mission serait définie précisément par une fiche de poste.

Bien sûr, on peut comprendre qu'il vaut mieux que l'assistant partage les idées du député. On imagine mal un assistant communiste aider un député LR a préparer une intervention favorable à la retraite à 70 ans.

Le député pourrait soumettre ses candidats à la RH, qui examinerait la recevabilité de la candidature, et qui au cour du mandat contrôlerait la réalité du travail effectué.
Par AF30

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Plus je lisais les commentaires et plus j'étais étonné de découvrir des défenses au système oligarchique. Alors je me suis dit soit ceux-la en sont et alors logiquement il défendent le système soit ils n'en sont pas et alors il a bien raison celui qui a dit " L'arme la plus puissante aux mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé. Steve Biko " . Bien évidemment ( ce qui précède le laisse deviner ) j'apprécie les analyses de Monique Pinçon-Charlot et j'ai été ému par le chronique de Mathilde Larrère.
Par Patricia

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Merci pour cette émission éclairante et merci à Mme Pinçon-Charlot pour son intelligence lumineuse.
Par Liberty

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Mme Pinçon-Charlot est très intéressante et sa grille de lecture aussi.
Rien que pour la tête de Nicolas Thibault à partir de 48:45 cette émission n'a pas de prix (oui, je sais, finalement, c'est pas exactement ça).

Vendredi matin, Alain Minc était sur France infos. Il rapportait une anecdote datant de 1981 montrant que le "hors sol" des politiques quand il s'agit d'argent ne date pas d'hier.
On peut l'entendre ici, à partir de 6:00.


Dans ce milieu, on dit "maison" plutôt que "château", dans d'autres, on dit "résidence" à la place de "cité". Dans tous les cas, on dissimule le "où on vit", parce qu'on est mal à l'aise avec, mais pas pour les mêmes raisons.

Fillon, il voulait faire "voeu de probité". Il savait pas ce que ça voulait dire, mais trouvait que ça faisait quand même hyper-classe ! (cf Yvain et Gauvain, Kaamelott, S02E70, "Les Voeux", Alexandre Astier)



Modifié 2 fois. Dernière modification le 17:15 le 04/02/2017 par Liberty.
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

"Fillon, il voulait faire "voeu de probité". Il savait pas ce que ça voulait dire, mais trouvait que ça faisait hyper-classe ! (cf Yvain et Gauvain, Kaamelott, S02E70, "Les Voeux", Alexandre Astier)"

Excellent ! Et on a même droit à la référence précise !

Il y a aussi celle-ci qui est bien :
"Sire, vous êtes quand même un sacré souverain ! Accueillir des bouseux comme nous dans votre chapeau, moi je dis château !"
Par Liberty

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Qui aurait pu croire qu'Astier inspirait Fillon !

En attendant, "on en a gros" !
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Bon, ben, révolte !
RÉVOLTE !!!


(au passage, une étude sociologique de cette série permettrait de montrer à quel point on place le téléspectateur en empathie avec le dominant, et on rit plus volontiers du pauvre paysan)

C'est chiant, la sociologie, si on peut plus rire de la misère, où va-t'on ?
Par Sedinam Fianyo

Une affaire de confiance

Le scandale Fillon, mis à part, la raison pour laquelle son cas est emblématique, est que je connais des gens de gauche, qui sont partis voter dans cette primaire de droite, pour ce "candidat de vérité, qui dit les choses comme elles sont" Le pays a idéologiquement basculé à droite et Le Pen n'est qu'un épiphénomène de ce fait.

Ce qui m'a mis mal à l'aise dans le discours de madame Pincot-Charlot, c'est l'équation entre les valeurs morales et éthiques et les classes moyennes et ouvrières. Si il y a une chose que la l'élection de Trump a montré, c'est que les membres des classes ouvrières/petits employés se sentent abandonnés par tous et il n'y a pas de solidarité de luttes entre les classes sociales. Le Front National est très bien représenté dans les classes populaires. Comme l'a expliqué Sophie Wahnich "Les gueux ne sont pas forcément formidables".

C'est la scène du piston, et l'extraordinaire confiance, que cette séquence implique, qui m'a poussé à faire un arrêt sur image et regarder Monique Pincot-Charlot, mise en pli impeccable, maquillage élégant, fausse (ou vraie fourrure) pour compléter le dispositif. Avec le phrasé et la richesse du discours et du vocabulaire, madame Pincot-Charlot, pourrait aisément être confondue avec un des membres de la caste qu'elle étudie.
S'en rend-t-elle compte? Cet attirail est il nécessaire pour être acceptée par ce milieu? C'est probable, mais malgré ses convictions marxistes elle ne fait pas partie des classes populaires, qu'elle défend. Elle peut être aisément identifiée à la « gauche caviar », participant sans doute à son insu et à corps défendant au divorce entre une élite intellectuelle, qui sait (et qui est à l'abri du besoin) et ceux, qui attendent avec impatience la fin du mois ou les alloc.
On n’est pas sorti de l'auberge!


Grande emission, merci.
Par Bracam

Re: Une affaire de confiance

Je suis extrêmement surpris par votre perception de M. Pinçon-Charlot ! A croire que pour défendre ses thèses, il faudrait se présenter en "habits de pauvres". Je n'ose pas imaginer quel discrédit supplémentaire s'abattrait sur la personne qui manifesterait ostensiblement une telle outrecuidance de pue-la-sueur...
Sinon hélas, je partage votre doute en ce qui concerne l'équation qui lierait classes moyennes/ouvrières et morale. Mélenchon s'appuie beaucoup sur une telle idée, et l'on pourrait aussi penser que c'est une bonne démarche, qui consiste à rappeler la nécessité fondamentale dans notre propre existence de l'éthique que nous exigeons de nos dirigeants. Je n'ose pas le mot de morale très méprisé, la question de savoir pourquoi est intéressante.
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Une affaire de confiance

L'économie françoise est de plus en plus assise sur le luxe. Or, en matière de luxe, le vulgum pecus est plutôt petit bras. Qu'on me montre comment l'industrie du luxe peut se passer de nos parasites fillonesques et de leurs miroirs aux alouettes anglo-saxons !
Par Arnaud StA

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Monique Pinçon-Charlot montre son adhésion profonde à la philosophie libérale dans cette phrase (un peu avant la 45ème minute au sujet de l'étudiante en œnologie qui reçoit par relations les coordonnées d'un important responsable du Crédit Agricole dans son domaine) : "Elle devrait passer par des demandes spécifiques en envoyant son curriculum vitae".

Pour Monique Pinçon-Charlot, cette scène dévoile un dysfonctionnement du marché du travail, en contradiction avec la théorie libérale. Si l'étudiante avait envoyé son CV par la voie normale, le libre jeu de la concurrence des talents aurait joué son rôle. On imagine qu'un CV anonyme nous rapprocherait encore davantage de l'idéal de fonctionnement d'un marché totalement libre.

Rassurons Monique Pinçon-Charlot : lorsque la logique libérale sera arrivée à son terme, toute notion de solidarité entre humains aura heureusement disparue, les individus seront enfin devenus des monades sans attaches communautaires, et la main invisible du marché pourra sélectionner ceux qui méritent vraiment de réussir des autres.

Il n'est pas étonnant qu'avec de tels soubassements idéologiques, l'extrême gauche ne soulève pas l'enthousiasme des classes populaires. Je renvoie à la lecture du dernier livre de Jean-Claude Michéa "Notre ennemi, le capital" pour ceux que cette pensée intéresse.
Par Tony A

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Elle ne faisait que souligner une inégalité structurelle.
Qu'auriez-vous préféré qu'elle dise ?

"Après l'abolition du salariat et l'instauration de la dictature du prolétariat, cette étudiante en œnologie sera envoyée dans un cap de rééducation." ?

C'est cela être d'extrême gauche ?
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Vous êtes candidat au prix Nobel du Capillotractage ?
Par Al1

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

"Monique Pinçon-Charlot montre son adhésion profonde à la philosophie libérale"

Non, vraiment, celle-là fallait la faire ! :-D

C'est marrant, j'ai toujours beaucoup moins de mal avec Michéa qu'avec ses partisans !

Je pense que c'est parceque la critique de la gauche, nécessaire, est un point d'appui intellectuel à la droite qui n'en a pas les moyens.
Par Tony A

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Les dominants sont comme les agriculteurs : ils sont concurrents, ils se jalousent mais savent aussi s'entraider et coopérer.
L'essentiel c'est que les dominés les vaches soient traites et les moutons tondus.
Par evemarie

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

pour l histoire du fermage, le canard enchaine est a l ouest. Les contrats de femages peuvent être rédigé comme ca, en faite c est la valeur equivalent monétaire que dois fournir le paysan pas le blé et la viande . C est juste la tournure que PEUT prendre le contrat, mon cousin qui avait des terres en fermage avait ce type de contrat et le propriétaire n etait pas du tout bourgeois .
Par DétecteurdeVérité

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Cette émission est des plus intéressantes

La sociologue Monique Pinçon-Charlot nous aide à décrypter (ou plutôt à remettre en lumière) ce que nous savons mais n'avons de cesse d'excuser car nous sommes en partie dans le rouage.

Bien sûr, on est en droit de s'étonner qu'elle aille au château de Luces (pardon, la maison !) et d'une certaine manière trompe ses hôtes trop naïfs pour croire que l'image qu'ils nous donnent sera utilisée contre eux, puisqu'elle leur paraît si naturelle et l'étalon d'or par excellence. Mais Monique Pinçon-Charlot ne fait que son travail, celui qui est de comprendre les mécanismes. Si elle s'était occupé des castes les moins argentées, elle aurait aussi trompé ses hôtes sur des points qu'ils auraient découverts ensuite pris à leur encontre mais qui n'en auraient pas moins étaient révélateurs.

Si Monique Pinçon-Charlot faisait un reportage sur nous, nous autres touristes qui profitons d'un peso dévalué et jouons des rapprochements humains pour obtenir des photos et autres souvenirs bien gentiment fraternels, alors qu'ensuite nous oublions ces rencontres et continuons de payer notre café au tiers de la valeur qui donnerait à ces indigènes rencontrés une existence descente, nous aurions vu dans les images de cette vidéo prise à notre encontre la révélation de nos ambiguïtés morales;

J'ai aimé aussi Nicolas Thibault chez qui j'ai trouvé quelques attitudes admirables rappelant certains personnages des nouvelles de Maupassant, ou même de Flaubert, et ce n'est pas l'aspect Normand qui y pousse. Merci à lui de nous avoir permis de mieux percevoir ce qu'est le métier d'assistant parlementaire avec justesse, franchise et non sans ironie. C'est rare que j'avoue apprécier un homme de droite.

Et Mathilde Larrère bien sûr merveilleuse.. avec mama Erou et cette souche qui n'est qu'un arbre mort.

Une belle émission.

Maintenant je voudrais terminer par une supputation : du temps où Fillon œuvrait sous le petit roy Sarkozy, on le sentait terriblement à la peine et on avait de la peine pour lui.
Et aujourd'hui où s'abat son rêve incroyable il y a encore quelques mois, on ne peut s'empêcher de sentir son désarroi même si l'on souhaite que la Justice fasse son ouvrage à elle.
On n'ose croire cette Justice capable d'agir puisque Sarkozy est encore en liberté et Balkany siège à l'Assemblée mais on se dit qu'elle risque de s'abattre plus facilement sur ce fils de notaire mariée à une fille de notaire car il ne font pas tout à fait partie de cette caste qu'étudie Monique Pinçon-Charlot.
Par cécile clozel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Balkany et Sarkozy non plus n'en font pas vraiment partie : au fond, la carrière politique est sans doute un des principaux ascenseurs sociaux permettant à des enfants de la moyenne bourgeoisie, à des provinciaux et des fils d'immigrés, d'accéder au petit monde de la ploutocratie... comme serviteurs, tout de même, et qui en gardent sans doute durablement la trace. Sans doute ceux-là, et d'autres, savent jouer au petit jeu de je te tiens tu me tiens, éviter d'être de trop faciles fusibles. Mais là, ils doivent bien sentir qu'ils ne sont pas vraiment "du même monde".
Par DétecteurdeVérité

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Votre commentaire est exact. Dans l'émission il a été dit qu'il s'agissait en quelque sorte de mafia, et ceux qui comme Balkany ou Sarkozy utilisent les méthodes plus prosaïques de la vraie mafia n'ont aucun mal à s'y faire une place. Mais ces méthodes qu'ils ont affutés si longtemps leur permettent encore de tenir en respect ceux qui les approchent dangereusement
Par Cultive ton jardin

Nicolas Thibault

Citation:
DétecteurdeVérité
J'ai aimé aussi Nicolas Thibault chez qui j'ai trouvé quelques attitudes admirables rappelant certains personnages des nouvelles de Maupassant, ou même de Flaubert, et ce n'est pas l'aspect Normand qui y pousse. Merci à lui de nous avoir permis de mieux percevoir ce qu'est le métier d'assistant parlementaire avec justesse, franchise et non sans ironie. C'est rare que j'avoue apprécier un homme de droite.

Je vous rejoins complètement. Il m'a semblé très digne et très clair dans sa volonté de défendre l'intégrité de sa profession, de rétablir la vérité tant en ce qui concerne le salaire que la réalité du travail, de reconnaître ses failles sans se laisser trop prendre aux pièges de "donnez votre avis sur ce qui n'est pas votre sujet". Il a écouté Mathilde Larrère avec intérêt, puis avec consternation (mon idée est qu'il se rendait compte à quel point ce voisinage sulfureux pouvait lui nuire plus tard dans sa carrière, le seul fait d'avoir accepté de venir pouvant lui être reproché, j'espère, pour lui, que je me trompe*).

En tous cas, il a bien éclairé ma lanterne sur ce métier mal connu et peu valorisé, j'hésite entre majordome et secrétaire de direction. Car, s'il n'est encore jamais allé porter ou chercher un costume au pressing, c'est peut être parce que ses employeurs sont des femmes, culturellement habituées à se charger de ça, ou faisant un usage plus modéré du pressing.

*Merci à ASI de prendre de ses nouvelles d'ici quelques temps
Par Al1

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Il est vraiment étonnant ce forum.

Sur les sujets de politique électorale, en les parcourant, vous pouvez vous dire que les abonnés sont majoritairement de gauche, et plutôt proches de FI que PS.

Tout à coup, quand on cause des riches, il y a une levée de boucliers sur le terme "dominants".

"Quelle violence !" "Quelle haine de classe !"

Sans blague, j'hallucine !

Ah, ça mérite une étude sociologique !
Est-ce que les gens de droite ont abandonné l'idée de tout débat avec cette horde de gauchistes, et que vraiment, sur ce sujet, c'en est trop, parler des riches en ces termes c'est vraiment insupportable ?

En fait je trouve ça assez drôle, alors qu'on peut avoir des raisons de penser que c'est dramatique !
Par Cultive ton jardin

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Citation:
Tout à coup, quand on cause des riches, il y a une levée de boucliers sur le terme "dominants".

Vous avez complètement raison de pointer cet accès de violence contre MPC, il y a eu deux ou trois commentaires vraiment très agressifs, carrément insultants. Çà m'a laissée perplexe: pourquoi son analyse sociologique assez technique, pas vraiment "militante", a-t-elle touché au vif plusieurs d'entre nous? La clé est peut être dans la phrase de Nizan: ils ne doivent pas seulement faire croire qu'ils agissent pour le bien de l'humanité, ils doivent le croire eux-mêmes. Alors, celui qui dit que non... est un ennemi.
Par jeanbat

Re: Banal ou extra-terrestre ?

c'est une analyse marxiste.
donc interdite parce que, au choix:
-goulaguisante ou Corée du norisante.
-simpliste parce que on est plus au 19em et c'est fini les usines et les ouvriers.
-injuste parce que quand même, c'est les riches qui nous font bouffer et si ils etaient pas là, on serait tous des pauvres alors hein..pas cool.
-j'connais un riche qui aime les pauvres alors....ferme ta boite à camembert.
Par Tigi

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Il n'est pas interdit d'utiliser la science marxiste du 19ème siècle pour analyser la société contemporaine, pas plus qu'il n'est interdit d'utiliser les bonnes vieilles équations de Newton pour rendre compte de la chute des pommes.
Par jeanbat

Re: Banal ou extra-terrestre ?

Tigi qui défend l'emploi de la"science Marxiste " pour analyser notre époque...

y'a un truc louche derrière?
ou vous avez pris mon message comme une critique du marxisme?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 22:01 le 05/02/2017 par jeanbat.
Par Fantômas

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Très bonne émission.

Dans l'acte 3, après l'extrait de Fillon au JT de France 2 dans lequel il évoque son patrimoine, Daniel se demande si Fillon cache ou montre.

Fillon utilise un stratagème presque vieux comme le monde : Il se cache dans la lumière.

Il utilise le même genre d'artifice lorsqu'il "révèle" avoir employé ses enfants au JT de TF1, même si là c'est un peu différent.
Par Cultive ton jardin

La question du pouvoir

Il me semble qu'en focalisant sur les chiffres, on masque le plus important, le pouvoir que donne tout cet argent, qui est le véritable objectif de toutes ces jongleries légales ou illégales.

Il y a en effet l'entre soi de toute une classe sociale, qui doit quand même se renouveler un peu, d''où les procédures d'entrée et de sortie, on aura compris que le mariage en est une pourvu qu'il ne soit pas trop déclassé, et que l'obtention d'un poste de collaborateur en est une autre, mais il y en a pas mal, qui permettent à des "en-bas" méritants d'obtenir une place, strapontin ou fauteuil, chez les "en-haut". D'où les "contre-exemples" qui n'en sont pas.

Mais il y a surtout des réseaux de pouvoir, qui passent par l'argent... ou pas, qui passent par des cooptations pour truster les postes "intéressants" et pour les cumuler ou les faire se succéder dans le temps. Plus les renvois d'ascenseur, j'embauche ta fille, tu m'épingles la légion d'horreur, etc...

Toutes les simili similitudes entre l'entre-soi d'en bas, parfois contraint ("Nous vivons avec les hiboux et les larrons amis des ombres") et l'entre soi d'en haut butent sur cette différence qualitative: le pouvoir que ça donne et que ça permet de perpétuer et d'amplifier.
Par 230460

Re:

Je me demande si la catégorie des élus est si différente de celle du reste de la société . Après tout pourquoi deviendraient-ils intègres et désintéressés une fois en haut de l'échelle sociale alors que pour y monter ils n'est pas obligatoire de l'être voire même contre productif.
Même si on reste en bas l'intégrité et l'honneteté ne payent pas toujours
Tout le monde n'est pas pourri mais je ne suis pas sur les élus le soit plus que le reste de la société.
Bien sûr les sommes et les pouvoirs ne sont pas les mêmes mais la mentalité n'est pas fondamentalement différente.
Par Cultive ton jardin

Re:

Un de mes oncles, militant ouvrier, m'a raconté autrefois une histoire: un de ses potes, ouvrier comme lui, avait été élu à la députation (je vous parle d'un temps lointain où un ouvrier pouvait être élu député). Il a fait une mandature, et a refusé de se représenter. Il a confié à mon oncle "j'y retourne pas, je vais finir par devenir comme eux".

Pris individuellement, avant de plonger dans le grand bain, ils ne sont peut être ni plus méchants ni plus corrompus que la moyenne (quoiqu'on remarque souvent que les pauvres prennent plus au sérieux que les riches les préceptes moraux qu'on nous inculque, au point d'être parfois naïfs quand il s'agit de croire à l'honnêteté d'un puissant).

Vous écrivez "pourquoi deviendraient-ils intègres et désintéressés", et moi je pense de suite "comment resteraient-ils intègres et désintéressés" dans un milieu où la fraude est une seconde nature? Bien sûr, la question ne se pose pas s'ils étaient déjà malhonnêtes et intéressés, ce sont des qualités qui aident puissamment à l'ascension sociale. On peut imaginer un ... biais de sélection.

À propos de Cahuzac, j'ai entendu un médecin dire: s'il fait de la chirurgie plastique et n'a pas de compte clandestin, c'est un imbécile. Comment un homme honnête pourrait il survivre dans ce milieu? Soit il se barre, comme le copain de mon oncle, soit il fait comme tout le monde. Je veux bien imaginer quelques exceptions, dues à une force de caractère hors du commun.
Par David T

Re: A propos de cette histoire de viande...

Je fais référence au décryptage suivant: [www.arretsurimages.net]

Ce qui est quand même extrêmement gênant, c'est que Mme Pinçon-Charlot, sociologue spécialisée dans l'étude des milieux privilégiés, puisse relayer une idée aussi fausse et aussi déconnectée du réel, sans qu'un doute s'allume dans son esprit. Même si l'information était trompeuse dans le Canard enchaîné, on se serait attendu à ce qu'une spécialiste des milieux dont elle parle avec la posture du savant ne tombe pas dans le panneau.

Je trouve ça gênant quant à sa crédibilité, et pas simplement anecdotique.
Par Bracam

Re: A propos de cette histoire de viande...

D'une manière générale, n'arrive-t-on pas à la conclusion qu'il n'y a pas un spécialiste, quel que soit son domaine, qui ne doive faire face à l'opposition de 9 autres et de mille citoyens rendus sceptiques plus que de raison par le foisonnement des informations et déformations de la réalité dont désormais nous sommes abreuvés à la seconde près par les réseaux, une info dont on ne sait pas grand chose chassant l'autre à jet continu ?

Merci à vous et ASI d'avoir précisé, grâce à sa forumiste YS et au lien que vous rappelez ici, que le principe du fermage versé aux Fillon, présenté de manière caricaturale comme le fait le Canard par nature, prend aujourd'hui une forme légale beaucoup plus banale. C'est en effet bien embêtant que M.Pinçon-Charlot prenne à la lettre un article satirique du Canard qui lui aussi aurait pu ou dû faire l'effort de compléter l'information. Je vois une fois de plus l'énorme difficulté, pardon pour l'enfonçage de porte semi-fermée, à laquelle nous sommes confrontés lorsque nous absorbons une information, qui peut être suivie comme ici de multiples mises au point.

L'image de ces boisseaux de blé tendre et loyal dans le jardin du truc à tourelles de Sarthe me convenait pourtant bien ;-)
Par Faab

Re: A propos de cette histoire de viande...

Et du coup, je découvre avec l'article d'Anne-Sophie qu'on pouvait avoir la ferme du Grand domaine de Beaucé avec 7,2 hectares de terre pour 61 000 €. Ca équivaut à 6-10 m² à Paris aujourd'hui d'après ces tarifs...

J'ai jeté un oeil au prix des terres agricoles et dans le tableau qu'on trouve, en 1997, c'était en effet pas cher, 1880€ l'hectare en Pays de la Loire. Comptons 16000€ les terres, ça fait le bâti à 45000€.
A moins de 50000€, actuellement, on trouve : ce type de maisons à Sablé-sur-Sarthe.

Fillon en bon fils de notaire et bon père de famille a dû faire une bonne affaire.

P.S. un malheureux qui souffre peut-être actuellement : Me Fillon François, notaire dans les Deux-Sèvres. L'homonymie ne doit pas le servir...
Par poisson

Re: A propos de cette histoire de viande...

N'empêche que l'archaïsme subsiste. Le cours de la viande et le cours du blé détermine le loyer et le loueur n'est pas libre de mettre des chevaux ou des ânes. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes usages entre agriculteurs propriétaires qui passent la main et font cultiver leur terre à un collègue. C'est pourquoi il y a beaucoup de colza et de maïs.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 09:36 le 06/02/2017 par poisson.
Par cécile clozel

Re: A propos de cette histoire de viande...

non, justement : dans le fermage (le contrat le plus répandu actuellement), le fermier est libre de ses choix sous réserve qu'il maintienne l'exploitation en état. Si le loyer est indexé sur le cours de certains produits agricoles (ce qui n'est pas toujours le cas) c'est par souci de pertinence dans le choix de ses variations, comme on indexe le loyer d'un logement sur l'indice du coût de la construction.

C'est dans le métayage (où le propriétaire demeure lui-même agriculteur) que le principe du partage des récoltes impose au métayer de soumettre ses choix au bailleur.
Par Florence Arié

Re: A propos de cette histoire de viande...

Citation:
comme on indexe le loyer d'un logement sur l'indice du coût de la construction.


Cela fait près de 15 ans que les loyers ne sont plus indexés sur l'indice du coût de la construction, mais sur l'indice... de référence des loyers.
Par cécile clozel

Re: A propos de cette histoire de viande...

ça n'enlève rien à la clarté de l'exemple, il me semble...
Par cécile clozel

Re: A propos de cette histoire de viande...

de toute façon, on parle ici du bail à ferme tel qu'il a été rédigé au moment de l'achat, puisque désormais ces références aux produits sont absentes des baux. L'indexation se fait sur un indice national prenant pas mal de variables en compte... je ne suis pas certaine que les fermiers y aient gagné tant il existe d'écarts entre les différents types de production agricole :(
Par poisson

Re: A propos de cette histoire de viande...

Par soucis de pertinence, on écrirait "kilos de viande de bœuf vif" au lieu d'une somme, je n'arrive pas à y croire. On revient au point de départ: la satisfaction de se sentir châtelain est plus cruciale.

Être du côté des privilégiés est une maladie qui peut toucher toutes les classes sociales et qui m'agace toujours. Parce que souvent c'est mis en avant comme la plus grande part de satisfaction d'une expérience (visiter un musée en dehors des heures, d'être en haut du mont blanc, ...). C'est quand tu n'aimes pas vraiment les choses que tu prétends aimer, non?
Par cécile clozel

Re: A propos de cette histoire de viande...

prix du kilo de viande, vif, carcasse, boucherie... un exemple pour comprendre les différences et pourquoi le "vif" est le plus significatif du travail du fermier, sans l'impact des variations de prix liées ensuite à tous les intermédiaires.
Par cécile clozel

Re: A propos de cette histoire de viande...

et pour être bien claire, il ne s'agit pas pour moi de "défendre" Fillon mais d'apporter quelques éclaircissement sur le sens du contrat de fermage :)
Par Bruanne

Re: A propos de cette histoire de viande...

Tu fais bien de préciser, parce qu'on avait vraiment des doutes !

:-D :-D
Par cécile clozel

Re: A propos de cette histoire de viande...

merci Bruanne... mais dans certaines discussions on a vite fait de passer pour un suppôt du grand capital :(
Par poisson

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Et il n'y a personne pour s'apercevoir que François Fillon ment quand il dit qu'il a payé le château 440 000 euros et que maintenant il vaut 660 000 (j'ai oublié le chiffre exact, j'avoue)?
Je crois qu'il l'a payé 440 000 francs en vrai et qu'il fait l'abruti devant Pujadas.

J'imagine aussi que tout ce soutien des membres de son parti, n'est pas sans évoquer des sommes en transit sous des noms "de confiance" (des qui ne risque pas de partir avec la mallette de billets alors qu'on ne pourra même pas porter plainte pour vol, y-en a j'vous jure aucune morale) vers un parti qui a besoin de trésorerie. Moi je vois bien un mauvais perdant qui espère encore, à la manœuvre derrière ce bazar.
Par GillesPR

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Les mots sont importants. Celui qui maîtrise le vocabulaire maîtrise le sens. Pourquoi sinon, nous parler de PSE (Plan de Sauvegarde de L'Emploi) ?
Par titi du un-trois

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Monique Pinçon-Charlot est effectivement une référence.(humour second degré rapport à sa désinformation volontaire au sujet du contrat de fermage)



Modifié 2 fois. Dernière modification le 07:11 le 07/02/2017 par titi du un-trois.
Par Mona

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Et le peuple imbécile va s'engouffrer dans la thèse millénaire : il est normal que les gens du château aient des privilèges . ( suite aux discours du fion et des experts réunis )

Combien sommes-nous à exiger la somme exacte engloutie par la foule des cabinets de ces messieurs-dames qui "gouvernent" dont le nombre augmente jusqu'au vertige à chaque changement de calife ,

ces très attachés à eux , conseillers , maîtres de basses oeuvres , chauffeurs , gardes du corps , copains-copines , fils , filles , neveux , nièces ,
et autres chefs des-dits cabinets plus ou moins puants , ministres sans maroquins mais aux poches profondes et à la main leste , meubles et oeuvres d'art du patrimoine disparaissant lorsque l'occupant quitte les lieux ? Quitte les lieux mais néanmoins toujours rémunéré ad vitam eternam ?

La somme est facile à connaître grâce à Bercy .

Y aura-t'il un lanceur d'alerte enfin conscient de sa complicité ? Une lanceuse d'alerte écoeurée par le summum de la maltraitance faite à l'épouse coincée au logis ? ( même confortable , un foyer peut être une prison avec chape de plomb du silence imposé )

Démonstration par l'absurde : ce jour , la visite du fion au baroin , grand parasite de Champagne , dont l'arrivée à la représentation suprême n'est plus une impossibilité .
Par roumegaire

Re:

les elus sont scandalisés que le bon peuple puisse lui demander des comptes horreur!!! pour entrer dans la fonction publique , il faut montrer pate blanche c'est a dire avoir un casier judiciaire VIERGE!!! ce que l'on demande aux gens il semble que cela soit interdit en ce qui concerne nos elus!!!!???? lorsque je remboursais les frais de stages des professeurs et autres personnels de l'education nationale, ils avaient l'obligation de nous fournir les factures de leurs deplacements hôtels etc et le remboursement se faisait automatique...quid de nos elus a qui on pourrait demander des comptes !! il ne s'agit pas là d'une république bananière, mais d'une monarchie elective les senateurs deputés et autres politiques ont remplacés les nobles le president decide ..il peut même entamer une guerre sans demander l'avis (obligatoire en allemagne par exemple) donc nous le tiers etat ne devons pas demander à ces princes pourquoi ils dépensent notre argent, car le notre leur appartient le leur ...c'est de l'ordre du secret...essayons de ne pas payer nos impots durant quelques années nous simples contribuables!!ou d'acheter un appartement avec les frais dus au titre des frais de deplacements de ces messieurs les senateurs, je n'arrive pas à comprendre pourquoi nous ne parvenons pas à manifester et à imposer comme en roumanie actuellement nos volontés...la revolte gronde mais il semble que nous soyons nous français trops raisonnables
Par Cugel

Re:

Citation:
Les élus sont scandalisés que le bon peuple puisse lui demander des comptes...

Ben c'est un peu normal, votre bon peuple élit des truands patentés et leur reproche d'en être une fois fait, on peut comprendre qu'ils l'aient un peu mauvaise.

--
Par Fantômas

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Durant sa conférence de presse d'hier, François Fillon a dit que le travail de sa fille auprès de lui au sénat consistait à l'aider à écrire un livre, dont j'imagine il tire un bénéfice. Tout ça avec de l'argent public.
C'est semble t-il passé comme une lettre à la poste.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:47 le 07/02/2017 par Fantômas.
Par Bracam

Re: Affaire Fillon : Dans ces milieux, on poste d'abord, on récolte ensuite

C'était du temps où la Poste était un service public ; on ne ferait plus ça de nos jours, les Français ne le comprendraient pas
Par BIBI

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Pour Fillon les voyous sont les opposants à NDDL, au barrage de Sivens, au centre d'enfouissement de déchets radioactifs de Bure, aux fermes des 1000 vaches, poulaillers et porcheries industrielles.
Sa vie campagnarde s'accommode mieux des vues de la FNSEA que de celles de la Confédération paysanne.
Sablé-sur Sarthe a au moins deux abattoirs; petit accident dans l'un d'eux[www.lemainelibre.fr]
[sarthe-agroalimentaire.over-blog.com]
Les grands groupes sont à la manœuvre, il ne s'agit pas de petits producteurs locaux.

J'aimerais savoir si c'est la viande qui sort de ces usines qui se retrouve sur la table du sieur Fillon; et sur la table de l’Élysée.
Par BIBI

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Au sujet de l'écotaxe: l'installation des portiques a été décidée par le gouvernement Sarko-Fillon.

[www.lemonde.fr]

Collecte de la taxe par la société italienne ecomouv. Encore un sujet d'étude.
Par * * * Stanley MILGRAM™ * * * Soumis à aucune autorité

Maison à Vendre...

À voir sur M6 http://www.m6.fr/emission-maison_a_vendre/

Superbe affaire à saisir rapidement :
Comparer avec les prix du marché

Maison individuelle
Beaucé, 72 300 SOLESMES
Superficie bâti : 3 162 m2
Superficie non-bâti : 12,0 ha [120 000 m2]
Commentaire :
SURFACE HABITABLE : 1 107 m2
DÉPENDANCES : 1 062 m2
FERME HABITABLE : 993 m2
Valeur 750 000 €
photo

Plus d'info ici et

Source : https://www.fillon2017.fr/2017/02/06/transparence/
Par MarzacDev

Re: Coupure à 30'19

Bonsoir à tous,

je ne veux pas faire le parano de service (ou un "autoritaire" de la transparence)
mais quelle est cette coupure à 30'19?

Vous m'avez habitué à un Arrêt sur Images sans montage, ni césures ...

Merci par avance, Frédéric
Par Faab

Re: Coupure à 30'19

Quelle coupure ? Je n'en vois pas.
Pour moi, il y a la question de Daniel sur les boites mail, la réponse qui commence par "non", et la poursuite de la réponse avec juste un changement de caméra.
Par Coin-coin l'Araignée 2·0

Re: Coupure à 30'19

Le monsieur bafouille un peu, c'est tout. Pas de coupure.
Par Thomas Barrou

Re: Coupure à 30'19

Effectivement... dans la version téléchargée au moins, cela coupe net à un moment.... l'apparition de Penelope propage l'obscurité... c'est ballot ! quel pouvoir tout de même...:-)
i
Par Alain Ptizef

Re: Tyrannie de la transparence

L'affaire Fillon me parait limpide. Son épouse reconnait qu'elle n'a jamais été l'assistante de son député de mari (voir la diffusion d'"Envoyé Spécial"). Alors pourquoi l'émission sur ARTE, 28 minutes, parle de "Médias et politique : tyrannie de la transparence ?" [www.arte.tv].
Le scandale est donc le travail des vrais journalistes ?
Dans une démocratie Fillon se serait retiré non ?
Expliquez moi, j'ai raté un épisode
Par Martin S.

Re: Tyrannie de la transparence

On appelle cela une fillonnade
Petit jeu concours pour celui qui définira le mieux la fillonnade
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Tyrannie de la transparence

- filoutage
- couillonnage
- tripotage
- fripouillerie
- tripotage
- filouterie
- friponnerie
Pillons pillons , pillons le Trésor Public ...


,



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:44 le 13/02/2017 par Jean-Ali-Lévy-Feuerbach.
Par Martin S.

Re: Tyrannie de la transparence

Pas mal...
hypocrisie, foutage de gueule, nepotisme, misogynie (a-t-il seulement prévenu sa femme qu'il l'avait embauchée, probablement pas...).
Mais une fillonnade c'est aussi prendre les gens pour des cons, c'est se sentir au dessus de la morale car on le vaut bien. Par contre c'est : pas de pitié pour les pauvres, car ils ne vallent rien, voir même coûtent.
Enfin, la fillonnade c'est aussi un abîme de bêtise, car cet homme est avant tout très bête, ça défense et son entêtement en sont la preuve.

Comme disait l'autre, je préfère fermer ma gueule et que tout le monde pense que je suis un con que l'ouvrir et le confirmer.
Dès que fillon c'est senti libre de parler, ça n'a pas manqué, que ce soit pour la sécurité sociale ou sa défense... Ce que sarko laissait entendre, il nous l'a confirmé, fillon c'est un genre de bush junior, une marionnette pour les néolibéraux.

Le problème n'est pas fillon, mais tous les autres fillonneurs, qui sont prets à renier l'esprit républicain, la démocratie (qui doit se caractériser pour l'élu : par le devoir d'honnêteté et de probité). Ces fillonneurs qui sont prets à renier toutes morales pour conserver leur place. Quand la fin justifie les moyens (cf trump) alors c'est le début de la fin.
Hollande aura tué le PS par hollandade, fillon tuera le PR par fillonnade... A eux deux ils auront fait plus de mal que tous les fn réunis.

Ils ont détruit l'image du politique en se vendant au néolibéralisme, en vendant aussi l'europe et en coupant tous les ponts pour détruire toutes alternatives. Ils nous laissent devant le fn, nus comme des vers, en rigolant...
Par M.D.

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Quand on recherche à écouter une analyse honnête sur un sujet, une dose d'émotion n'est pas nécessaire et discrédite la personne qui la laisse transparaître.
C'est le cas de Monique Pinson-Charlot. Désolé, mais je n'arrive pas à écouter et prendre au sérieux une personne qui semble tellement dans le registre de l'émotion et du "je vous l'ai bien dit". Constamment cherchant à valider sont postulat de départ "tous pourris".
Dommage que les intervenants se laissent aller à s'emporter dans des commentaires personnels coulants et mielleux, peu universitaires. parce que le sujet est intéressant et digne d'analyse non biaisée.

NB. Les passe-droits ne sont pas le privilège de "la haute". Regardons autour de nous à 360 degrés.
Une discussion dans un cocktail, à la fête de l'huma, entre deux personnes sur un emploi potentiel débouche souvent sur l'envoi d'un curriculum vitae; qui sert de preuve d'un "piston" injustifié ou non.



Modifié 5 fois. Dernière modification le 04:19 le 21/02/2017 par M.D..
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Quand on recherche à écouter une analyse honnête sur un sujet, une dose d'émotion n'est pas nécessaire et discrédite la personne qui la laisse transparaître.

Est-ce vous qui cherchez à écouter ?
L'analyse honnête est-elle celle de Monique Pinçon-Charlot ?
Et la dose d'émotion, n'est-ce pas vous qui l'éprouvez ?

Quant à la suite et la fin de votre message, elles laissent entendre que soit vous n'avez pas compris, soit vous tentez de délivrer un message discutable.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 07:40 le 21/02/2017 par Pierre38330.
Par alexandre westfahl

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
Une discussion dans un cocktail, à la fête de l'huma, entre deux personnes sur un emploi potentiel débouche souvent sur l'envoi d'un curriculum vitae; qui sert de preuve d'un "piston" injustifié ou non.


C'est exactement ce que je voulais dire plus haut, mais comme la plupart sont en mode "tous des riches pourris", ils entendent mais n'écoutent pas....
Par alexandre westfahl

Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Une autre façon de voir l' "affaire" qui aurait pu être abordée par un "vrai" journaliste.

QUelle est la perte ou le trop payé pour les français?
Réponse: 0

Explications: les enveloppes sont attribuées à somme fixe et les excédants étaient retournés au parti. Si Fillon n'avait pas embauché sa femme, il aurait pris Germaine, qui aurait touché l'argent mais en aucun cas cela ne change le coût (très élevé) de nos élus (et de Fillon en particulier).

Du coup c'est pas très Monsieur Propre mais ça n'est pas pour autant un vol d'argent sur le budget au sens "comptable" du terme. De toute façon cet argent aurait été donné...
Encore faut-il ne pas être un mélenchoniste 1er dégré pour le comprendre...
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

En fait, vous dites qu'il a bien fait d'en profiter..
Et, ça " profiter ", il sait y faire : un modèle irréprochable, un homme politique exemplaire . Il mérite qu'on vote pour lui : il continuera d'en profiter....
signé un filloniste 1er degré ( ...ou presque )



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:47 le 21/02/2017 par Jean-Ali-Lévy-Feuerbach.
Par Hannah Themista-Soubirous

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

En fait, ça fait 41 ans qu'il en profite ( 1976 )
ça serait dommage que cela s'arrête, surtout qu'il pourrait retrouver une immunité .
Pillons, pillons le Trésor Public gràce au bon peuple (qui le mérite bien)
Par Bruanne

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Verser un salaire sans travail effectif est très clairement illégal, donc la perte est : 100%.
Car quand on est le payeur, il est particulièrement crétin de ne regarder QUE le montant payé, sans prendre en compte en échange de quoi on verse ce montant.
Or, pour les Français, si les tous les députés bossaient vraiment et leurs attachés parlementaires aussi, il y aurait un meilleur travail fourni.

Par ailleurs, si Mme Germaine, qui n'a pas eu cet emploi ( à cause de Pénélope), a gagné moins ( ou pire, a été indemnisée pour son chômage), il y a à nouveau une perte : pour Mme Germaine et son entourage.

Donc, non, ce n'est pas neutre du tout.
En plus d'être immoral et illégal ( pas d'embaucher sa femme mais de déclarer un emploi fictif)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:40 le 21/02/2017 par Bruanne.
Par Robert.

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

"particulièrement crétin "
Attention, Alexandre â fait HEC. Quand il dit 0 c'est 0. Germaine aurait aussi pu ne pas travailler.
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

C'est vrai : il a "fait" H.E.C.. C'est donc " l'élite " . Ce n'est même plus la peine d'argumenter.

Comme disait à peu près Desproges : l'élite affirme: je pense donc tu suis !
Par cécile clozel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

tout de même, Alexandre, nos députés et nos attachés parlementaires nous les payons pour faire un travail, non dénué d'importance... s'ils font mal ce travail, ou ne le font pas (Fillon n'a jamais brillé par sa participation au débat parlementaire), nous subissons les lois pourries, mal ficelées, les commissions qui traînent en longueur et n'aboutissent à rien, l'ignorance globale du législateur sur la société qu'il est supposé servir, et qu'il croit connaître parce qu'il a rencontré quelques "clients" à sa permanence et quelques notables dans les sauteries de sous-préfecture.
Si vous payez une garde d'enfant pour s'occuper de vos gosses à la sortie de l'école, et qu'elle préfère aller faire les boutiques, nul doute que vous considèrerez ça comme un vol. Et c'en est un.
Par alexandre westfahl

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Je suis tout à fait d'accord sur l'aspect immoral ou sur la perte de travail. Ce que je veux dire, c'est que s'acharner sur fillon en disant qu'il est un voleur à envoyer au bucher ne peut se faire qu'en regardant les 20% d'autres députés faisant la même chose. SI son programme ne consistait pas à tailler dans le gras de la fonction publique, l'affaire n'eût pas été montée autant en épingle...

Après, les autres commentaires de mélenchonistes...
Par Cugel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Personne n'a dit qu'on ne voulait pas faire du petit bois avec les 20% des autres.

---
Par alexandre westfahl

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

si c'est le cas, alors pas de soucis, je vous soutiens :)
Mais vous allez avoir du boulot, aucun personnage politique de 1er, 2nd et 3ème plan n'est épargné par des magouilles ou arrangements, on ne le sait juste pas encore ;)
Par Cugel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
... on ne le sait juste pas encore.

Le pire c'est qu'on le sait mais tant quelles ou ils ne postulent pas pour le podium ou ne menacent le pré carré d'une ou d'un autre, tout le monde semble s'en foutre... à part le Canard, m'enfin s'il devait publier tout ce qu'il garde sous l'aile il ressemblerait au bottin de la Seine toutes les semaines.

--
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Être pris les doigts dans le pot de confiture, ce n’est pas toujours très grave.

Mais être pris les doigts dans le pot de confiture alors qu’on se la joue, comme Fillon, Thatcher la vertu et que l’on promet de tailler sévère dans le lard du mammouth improductif, c’est de la provocation.

Alors, de grâce n’agitez pas vos petits arguments à deux balles.

A propos, je ne suis pas mélenchoniste. J’appartiens à la foule des insoumis.
Par alexandre westfahl

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Citation:
J’appartiens à la foule des insoumis.


mélenchoniste cqfd ;)
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

De mon point de vue, vous avez des œillères bien attachées

Mais où ai-je donc lu ça ?
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Vous étiez dans la promo d'Eric Woerth ?
Par Mona

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Le châtelain et la châtelaine :

[www.monde-diplomatique.fr]
Par Bernard-Henri Beau-Tul

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Merci beaucoup, je ne l 'avais pas vu...
" il faut que tout change, pour que rien ne change .. ",
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Mise au point.

Si je suis mis en examen, je me retire
Je suis mis en examen, je ne me retire pas.

Annexe un et unique: je vous emmerde.

J'ai bon sur le résumé?

Ah ça ira, ça ira, ça ira...
Par Robert.

Réforme constitutionnelle?

"Annexe un et unique: je vous emmerde."
Par Pierre38330

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Comme on n'est pas chez Ruquier, il n'est pas interdit de rire. Jaune
Par tchd

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

S'il s'était retiré à temps, il n'aurait pas eu quatre enfants
Par GPMarcel

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Merde! Il ne s'est pas retiré: 4 000 000 d'enfants.
Par baloo

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

Et que penser de Le Maire qui joue les choqués alors qu'il a salarié sa femme ("artiste peintre et mère de 4 enfants" disait-il lui-même) comme assistante parlementaire pendant 6 ans...?
Par Olivier Deleauvive B.

Re: Affaire Fillon : "Dans ces milieux, on ne dit pas château, on dit maison"

"Celui qui croit pouvoir trouver en soi-même de quoi se passer de tout le monde se trompe fort;
mais celui qui croit qu'on ne peut se passer de lui se trompe encore davantage."
A mon sens, jamais cette fameuse citation de De La Rochefoucauld n'aura à ce point convenu à un homme politique français.
F. Fillon, entré par la grande porte, son heure de gloire sur le point de sonner, amené sous quizaine à être sorti par la petite
par l'un de ses plus proches lieutenants B. Retailleau pour ne pas le nommer. Ceci dit, je pense que dans son for intérieur,
l'intéressé ne se faisait plus guère d'illusion du jour du dernier communiqué du PNF.
Une pensée émue pour J. Chartier qui selon des critères au faciès, donc hautement subjectifs,
semble accuser le coup avec un peu plus de sincérité que le reste des tristes sires qui composent son entourage proche.
Désolé, seuls les utilisateurs connectés peuvent envoyer des messages dans ce forum.

Cliquer ici pour se connecter

Remonter en haut de page