lettre ouverte à Pierre Laurent,

directeur de la rédaction de l'Humanité

chronique Par Alain Korkos publié dans le dossier : Gaza : Israël mène la bataille de l'image discuté depuis 07:48 le 10/01/2009

Monsieur,

Vous avez, mercredi 7 janvier 2009, publié cette photographie à la une de l'Humanité :

Photographie de Fadi Adwan, Associated Press

Et, en dernière page, ces huit photographies :

Photographies de Ismail Zayda, Reuters ; Mhamud Hams, AFP ; Mohammed Abed, AFP ;
Ismail Zayda, Reuters ; Ismail Zayda, Reuters ; Mohammed Abed, AFP ;
Abu Mustafa, Reuters ; Anja Niedringhaus, Associated Press

Dans son éditorial publié en page 3 et intitulé Les photos du crime, Patrick Apel-Muller écrit : « Nous ne les avons regardées qu’avec frissons. (…) Nous avons quelques fois détourné le regard de ce visage d’enfant émergeant seul des gravats, d’une main crispée à côté d’une sandale en plastique rose, de ces corps alignés dans des morgues qui débordent. Peut-être, éprouverez-vous aussi cet effroi devant la barbarie. Nous avons décidé de montrer ces images. Elles témoignent mieux que tout du sort de ce confetti où souffrent 1,5 million d’êtres...... > Lire l'intégralité du texte
Participations votées d'utilité publique sur ce sujet

Par MARTINE BUOSI

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Pas de photos ça serait tellement plus confortable n'est ce pas ? comme ça on peut continuer à croire que cette guerre n'a pour objectif que de s'en prendre à de vilain du hamas. et puis s'en prendre à l'huma en l'accusant de vendre du papier ça aussi c'est confortable. Vous n'avez pas oublié la photo de cette fille nue fuyant les bombardements au naphalm au vietnam ? il est vrai que les photos de ns et carla ou rachida et son bb son tellement plus tendances et confortable. alors oui l'huma vend du papier mais elle vend de l'information qu'aucun autre média ne montre. mais tirer sur l'ambulance ça aussi c'est tendance. un monde aseptisé où on ne verrait pas les enfants mourir quel bonheur....
> Lire ici > Lire en contexte

Par eskimo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

L'argument est spécieux. Pour éviter l'habitude face à l'horreur il n'en faudrait montrer aucune car elle anesthésierait par avance toute photo future ayant le même objet.

À quand alors l'article fustigeant les modes de pédagogie à propos des camps d'extermination ? Au lycée notre classe comme la plupart nous avions eu un documentaire avec images d'époque sur les camps d'extermination = photos des charniers, des cadavres maigres, des survivants avec des têtes disproportionnées tellement le corps était atrophié par les privations. Suis-je devenu un anesthésié à toute image future de l'horreur ? Non j'ai tressailli adolescent en voyant des images des charniers en Yougoslavie et au Rwanda. Et j'ai opéré un rapprochement anthropologique au-delà de toute condition ethnique ou nationaliste. Et a posteriori je suis reconnaissant à l'enseignant qui nous a montré ces images.

Oui l'émotion d'abord mais elle débouche invariablement sur une réflexion, et une horreur n'annihile pas l'autre loin de là.
De toute façon si tel était le cas comment expliquer que 22 ans après Oymara Sanchez ce petit palestinien puisse d'une quelconque façon choquer.

Plus meme, autant la photo de la petite Sanchez était inutile du point de vue politique, autant celle ci, dans la guerre des légitimités entre Ismael et Palestine, trouve son sens en rendant inique la légitimation de la guerre par Israel. Parce que les discours d'Israel sur cette guerre, pris au mot, devraient entrainer l'impossibilité de l'existence de telles images. Leur existence à la face du monde (au moins des lecteurs de l'huma) transforme la légitimation de l'intervention en discours cynique. En ce sens cette photo n'est elle pas le plus puissant antitode à la propagande d'Israel sur la guerre propre et technologique ?

Et puis d'abord selon quel règle le choc serait il contraire à la raison ? Quelle étude le montre ? Les récits de l'engagement de diverses personnalités ne sont ils pas tous ancrés dans l'expérinence d'une horreur, dans une expérience sensible ?Le musée du génocide arménien à Yerevan, avec toutes ses photos de cadavres décharnés, est-il pensé comme un court circuitage de la raison ? L'image dans ce cas n'est elle pas au contraire une façon de lutter contre les écrans des discours négationnistes ? qu'a t on à opposer aux négationnistes de toute sorte de génocide sinon l'évidence des cadavres et de leurs traces ou témoignages ?



Une bien triste lettre ouverte....
> Lire ici > Lire en contexte

Par Arya

Je préférais le Alain Korkos d'avant!

On peut tout montrer, pourvu qu'on explique?

Maître Alain Korkos semble donc prêt à accepter plus facilement des photos qui peuvent être choquantes quand c'est de l'art (cf débat sur Virgin Killer) que de la réalité? J'aimerais d'ailleurs également voir sa réponse à Cassandre sur l'apparente contradiction entre ses propos sur les images de la Shoah et ceux d'aujourd'hui.

Mais je suis déçue: jusqu'à présent, sa position me paraissait claire et cohérente, et pour moi se résumait ainsi: on peut TOUT montrer, pour peu qu'il y ait une explication du contexte qui accompagne. C'est la position qu'il a défendue lors de la polémique sur les photos de Paris sous l'occupation. Là, curieusement, ce n'est pas l'horreur qui choquait l'opinion mais la non-horreur. Et les bien-pensants de s'écrier "Quoi, pendant une guerre où il y a eu tant de morts et d'horreurs, on veut nous montrer des images de gens normaux dans leur vie quotidienne? Honte!", ce à quoi Alain Korkos a magistralement répliqué que ces photos n'avaient aucune raison d'être censurées, du moment qu'elles étaient replacées dans un contexte plus large qui permet de ne pas oublier que ce n'était pas le seul aspect de Paris sous l'occupation, et d'expliquer comment et pourquoi ces clichés ont été pris. En revanche, ici, il faudrait montrer UN aspect de Gaza (l'aspect qualifié d' "humain", celui où l'on voit des gens dans leur vie de tous les jours) et occulter l'autre, la terrible vérité de la guerre? Allons, ce n'est pas sérieux, ce n'est pas digne d'un défenseur de la liberté de montrer, ni, surtout, de celui qui disait au sujet de la fameuse exposition sur l'occupation:

"Et le visiteur de l'exposition - distrait ou mal informé - en viendra peut-être à penser que l'Occupation, finalement, ne fut pas aussi terrible que ça. Que l'on a beaucoup exagéré"

Comme ce serait facile de se dire dans peu de temps "Allons, à Gaza, c'était pénible d'accord, mais on a beaucoup exagéré! Sûrement de la propagande du Hamas!"

Comment distinguer voyeurisme et information?

Mais quelle est la différence entre une photo prise pour dénoncer, informer, et une photo qui montre l'horreur pour l'horreur, par fascination du morbide, parce que ça choque et que ça fait vendre? Là encore, tout est dans le contexte autour de la photo: si l'Huma se prend pour Paris Match et montre les photos en double page avec deux-trois phrases choc, là, oui, c'est choquant. Si, en revanche, cela s'accompagne d'articles détaillant la situation, rappelant les tenants et les aboutissants de la guerre, c'est différent (je n'ai pas la réponse, n'ayant pas acheté ce journal). De plus, tout dépend également du but de la photo. Montrer l'horreur d'une guerre pour la dénoncer, pour pousser les gens à se mobiliser pour la paix, est à mon sens légitime. En revanche, montrer une fillette en train de mourir à cause d'une catastrophe naturelle, c'est déjà très douteux. Et pour moi, le comble du voyeurisme malsain, c'étaient les photos qui s'étalaient partout, où l'on voyait une certaine Chantal Sébire au visage horriblement déformé. La raison avancée était de "mobiliser" les gens sur la cause de l'euthanasie mais en réalité, cela ne fournissait aucune information: on provoque le dégoût et l'horreur chez les gens, puis on utilise leur émotion pour faire passer des lois. C'est pareil quand l'émotion provoquée par une agression pédophile est soigneusement entretenue afin de faire passer des lois sécuritaires tout à fait discutables. Comme quoi, nul besoin d'une photographie pour exploiter l'émotion des gens sans les amener à réfléchir davantage au contexte.

Oui, ces photos sont nécessaires... mais pas suffisantes!

Pour conclure, pour moi la question est :

1) Ces photos nous apportent-elles des informations, et
2) Sont-elles accompagnés d'informations sur le contexte, de réflexions, d'arguments?

Pour le 2), je l'ai développé ci-dessus. Pour le 1), c'est peut-être utile d'en dire deux mots, car un argument repris par endroit dans ce forum est de dire "on sait bien que la guerre c'est horrible et ça tue des enfants, pas besoin de le montrer". Je trouve cet argument tout à fait discutable: pendant longtemps, on nous a bassinés avec la guerre "propre" permise par la technologie actuelle, et les frappes "chirurgicales" qui permettent de viser soigneusement le dangereux terroriste en épargnant les femmes et les enfants, c'est magique, on n'arrête pas le progrès. Comme nous sommes les pays occidentaux civilisés (cela inclut Israël), nous ne sommes pas des barbares qui tuent des civils, sauf par erreur et à notre grand regret (on appelle ça des "dommages collatéraux", mais rassurez-vous, ça n'arrive que rarement). Alors oui, ces photos sont un choc salutaire qui nous réveille de cette guerre aseptisée dont l'image a été soigneusement construite et entretenue durant les dernières décennies. Elles ne sont sûrement pas les seules, et les précédentes n'ont à l'évidence pas suffit puisque de telles choses recommencent. Mais tiens, n'est-ce pas le même Alain Korkos qui déplorait, au sujet de l'Afghanistan:


"Aujourd'hui les conflits se veulent propres, les frappes chirurgicales et les dommages collatéraux.
Les photographes sont empêchés de travailler, secret défense. Pire : il en est même qui s'en satisfont. Pas de sang, pas de sueur, pas de larmes. Tout est clair, net et sans bavures. Compris ? Oui chef ! Bien chef ![...] Nous n'aurons pas d'images montrant la réalité des "opérations extérieures en Afghanistan""


Alors Alain: Afghanistan, Palestine... Deux poids deux mesures?

Oui, ces photos sont indispensables. Mais pas suffisantes: il faut expliquer, proposer, relativiser, toujours, en permanence. Car les photos forment une vision partielle et partiale du conflit, et doivent être accompagnées et contrebalancées par d'autres (les fameuses photos "humaines", le reportage Gaza-Sderot qui est remarquable par exemple), par des informations factuelles (nombre de morts, situation humanitaire), par des mises en perspective.

C'est vrai, une photographie n'a jamais arrêté une guerre. Mais elle y contribue....
> Lire ici > Lire en contexte
Tous les commentaires (534)
Par sylvie LASSALLE

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci Alain pour ce texte si juste et si fort.
Par FLORA

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Sauf, qu'Alain a probablement oublié que les images de la guerre du Vietnam ont participé à la prise de conscience du peuple Américain et ont grossi les rangs du mouvement pour l'arrêt de la guerre. Cela change bien sûr de la "guerre propre" ! Comment peut-on enfermer 1 500 000 personnes, les bombarder, interdire la présence des journalistes et discuter de l'horreur des images.
Par Renard

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ah Alain ! ne savez vous qui dirige aujourd'hui l' Humanité ?! L'argent là aussi s'est emparé du résultat ! de l' audience ! Depuis que le Monde est Monde, les hommes n'ont cessé de se battre, de fabriquer des armes toujours plus meurtrières envers ses frères, le premier responsable me semble celui qui lança la première pierre, ensuite tout s'enchaina !! ................

La question qu'il faut se poser : cela s' arrêtera t' il un jour ? Tant que les hommes fabriqueront des armes, son Frère n'aura d'autres choix que n'en fabriquer lui même. Une photo n'arrête pas la guerre, seul les Hommes peuvent le faire, sans doute dans quelques siècles serons nous jugés par les générations futures comme des barbares, se poseront ils la question : pourquoi ont ils laissé faire ? .....................
Par Paméla

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Vous avez, mercredi 7 janvier 2008, publié cette photographie à la une de l'Humanité


Merci pour la chronique. On nous bombarde tellement d'images atroces qu'on finit par détourner les yeux. Les morts ou les blessés ont droit à plus de respect.
Par Paméla

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Argh ! j'ai mis la citation et puis j'oublie d'indiquer le motif : n'est-ce pas le mercredi 7 janvier 2009 ?

Bon, je ne suis pas encore bien réveillée !.
Par kawouede

Je préfère être bombardé d'images atroces

que de bombes "intelligentes" à uranium enrichi.
Ci-joint un article assez équilibré du New York Times (sauf qu'il ne mentionne pas l'uranium enrichi) [www.nytimes.com]
on y apprend au passage qu'Israël bloque la bande passante pour empêcher l'envoi de photos des combats et des ruines prises à Gaza par les téléphones portables

L'Humanité est dans l'émotion c'est sûr, mais il y a d'autres motifs d'indignation actuellement
Par * * * Stanley MILGRAM™ * * * Soumis à aucune autorité

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Bonne analyse de Alain Korkos…

Mais précisons qu’il s’agit de photos parus le mercredi 7 janvier 2009 (et non 2008).

Je retiens, dans l’article, les multiples occurrences du mot chaland.

…pour paraphraser Alfred de Musset…
« Qu’importe l’horreur, surtout si on a l’acheteur… »

Stan 1000g
Par Alain Korkos

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

STANLEY MILGRAM : Oups ! Petite fôte de phrape korijée ! Merci de me l'avoir signalée.
Par * * * Stanley MILGRAM™ * * * Soumis à aucune autorité

« fôte de phrape »

Même fôte dans l’avant dernier paragraphe de ton article...
... mais est-ce une « fôte de phrape », ou bien le champagne était-il trop frappé ?

Stan 1000g
Par JIEM 92

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Bonjour

Je ne connaissais pas cette photo, merci de nous l'avoir rappelée.
Atroce.
Par Claude Benza

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

c'est vrai M KORKOS que cette image fait un peu Paris Match , mais quand même et loin de moi de vouloir défendre absolument l'Huma ou P M mais quand on veut frapper l'inconscient, les paroles ne suffisent plus; par contre les images fortes telles que celles là , on les prends en pleine gueule et elles frappent
si je prends pour exemple les batailles de Napoléon avec tout son cortège de barbarie , comme on en a eu aucune images , on se doute par les écrits de ce que cela a pu être mais si la photo avait existé à cette époque et que l'on en ait eu des reportages on aurait certainement été horrifiés et on aurait eu peut être une autre opinion sur le bonhomme
plus près de nous, si l'on avait pas vu les images de camp de concentration avec ses monceaux de cadavres entassés comme de vulgaires rondins de bois, si on ne nous l'avait simplement raconté, je suis certains que beaucoup n'y aurait pas cru pensant que les rescapés devaient exagérer ou l'avaient rêvé; ces images pourtant on les passe souvent en boucle sur des chaine comme Arte ou Histoire et personne n'y trouve à redire et surtout Paris Match n'existait pas, pourtant là le choc des photos...
c'est pour cela qu'il est difficile de porter un jugement hatif sur le procédé de l'huma arguant simplement d' un bénéfice après vente supposé
Par Jane

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Très juste !
Et il y a des pays qui ne censurent pas l'horreur, comme l'Espagne, les pays d'Amérique du sud et les pays du Moyen-Orient. En Afrique aussi.
Ils n'ont pas un regard aussi froid sur des crimes de guerre.
Je suis moi même incapable de regarder ces images. Je ne me détourne pas pour autant du drame qui se joue à nos portes, destiné à provoquer une nouvelle guerre mondiale, en commençant par une attaque contre l'Iran. Alors les décortiquages cyniques de chirurgien de l'image ne sont pas de très bon ton aujourd'hui.
Ouvrez les yeux !
Sortez du brouillard !



Modifié 1 fois. Dernière modification le 09:40 le 10/01/2009 par Jane.
Par fifi

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

On pourrait penser que la référence à PM est injurieuse. Mais oublions le PM d'aujourd'hui. Même si PM a toujours été un "journal bourgeois" (revoir Rouge Baiser de Kurys), il a connu une époque où il servait l'information par ses photos. Beaucoup de gens de ma génération (10ans environ en 56) ont pris conscience du monde et ses affrontements par ses reportages sur Budapest. Conscience confuse pour nous "les petits" mais conscience forte pour les adultes. Beaucoup d'interrogations (je ne parle pas des critiques a priori) sont nées de là, à propos de l'URSS.
Ainsi, si je ne sais guère lire les images (question de génération), si je me méfie de leur pouvoir de suggestion, si on peut les manipuler, il en faut tout de même.

A A.Korkos : quelqu'un s'est réjoui de ne pas lire votre "pinaillage" habituel. Je l'aime bien ce "pinaillage", et j'espère en lire de nouveaux. Le cerveau humain a assez de capacités pour recevoir la diversité.
Par jerome bellay

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

C'est pas les photos qui me choquent ca fait 60 ans qu'israel veut exterminer les palestiniens. Donc pour ceux qui s'y interesse bien avant le 27/12/09 ca n'a rien de nouveau, la barbarie israelienne on la connaît ! Non ce qui est choquant c'est la passivité des médias et leur capacité à reproduire la propagande israelienne. Lorsqu'on pense à Saddam et que l'on voit les crimes israeliens, on ne peut que se dire : Saddam a été pendu pour moins que ca ! Par contre pour l'irak l'horreur devait être en première page. Pour moi La mafia dirige le monde et les médias officiels en sont les serviteurs. Lorsqu'il faut faire un casse, volé ou tuer un peuple, ils répondent toujours présent pour tout justifier.

Soakely
Par Collongues

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Pris de court l'ami Korkos... déstabilisé... C'est que là on est plus dans l'enculage de mouches... dans le prétentieux pinaillage... la référence culturelle qu'il chérit tant!... Obligé de sortir la tête de ses ouvrages sur l'art de la photographie!... Il se trouve tout à coup colleté à la réalité Alain Korkos, et il le supporte mal. Et pourtant...
Par MARTINE BUOSI

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Pas de photos ça serait tellement plus confortable n'est ce pas ? comme ça on peut continuer à croire que cette guerre n'a pour objectif que de s'en prendre à de vilain du hamas. et puis s'en prendre à l'huma en l'accusant de vendre du papier ça aussi c'est confortable. Vous n'avez pas oublié la photo de cette fille nue fuyant les bombardements au naphalm au vietnam ? il est vrai que les photos de ns et carla ou rachida et son bb son tellement plus tendances et confortable. alors oui l'huma vend du papier mais elle vend de l'information qu'aucun autre média ne montre. mais tirer sur l'ambulance ça aussi c'est tendance. un monde aseptisé où on ne verrait pas les enfants mourir quel bonheur.
Par Hélène Assekour

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Pas de photos ça serait tellement plus confortable n'est ce pas ? comme ça on peut continuer à croire que cette guerre n'a pour objectif que de s'en prendre à de vilain du hamas. et puis s'en prendre à l'huma en l'accusant de vendre du papier ça aussi c'est confortable. Vous n'avez pas oublié la photo de cette fille nue fuyant les bombardements au naphalm au vietnam ? il est vrai que les photos de ns et carla ou rachida et son bb son tellement plus tendances et confortable. alors oui l'huma vend du papier mais elle vend de l'information qu'aucun autre média ne montre. mais tirer sur l'ambulance ça aussi c'est tendance. un monde aseptisé où on ne verrait pas les enfants mourir quel bonheur.


Mais qu'est-ce que vous croyez ?
Vous parlez du Hamas, mais est-ce que l'image montre quelque chose du Hamas, des causes de cette guerre, est-ce que l'image apporte une analyse politique des événements, est-ce que l'image permet d'avoir une hauteur de vue sur la situation ? Absolument pas.
L'image montre un enfant mort, point. Ca ne permet pas de réfléchir sur la situation, puisque ça met en état de choc. J'avais parfaitement conscience du massacre d'innocents avant de voir cette image, j'étais révoltée, j'avais envie de comprendre, de réfléchir. Et quand j'ai vu ça, ça m'a juste choquée, mise dans un état qui n'est pas propre à la réflexion. Je n'ai plus pensé ni au Hamas, ni à Israël, ni à Gaza, ni à rien de tout cela, j'étais incapable de penser. J'avais juste envie de vomir, j'étais juste fébrile, attendant quelque chose, n'importe quoi pouvant me faire sortir de cet état. Belle efficacité, vraiment !
L'image ne provoque pas la réflexion, ni la révolte, elle provoque juste le dégoût.

Alors, oui, il y a des enfants qui meurent à Gaza.
Mais personne n'a besoin de cette image pour savoir que la guerre, c'est moche, que la guerre, ça tue, que la guerre, ça broie des gens, déchiquète leurs corps, écrase leurs crânes, arrache leurs membres, décime des familles...
Oui, il faut des images, sans aucun doute, mais Alain Korkos ne dit pas le contraire. Il constate juste l'escalade vers toujours plus de choc et d'émotion, qui ne mène à rien sinon à l'habitude.
Par eskimo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

L'argument est spécieux. Pour éviter l'habitude face à l'horreur il n'en faudrait montrer aucune car elle anesthésierait par avance toute photo future ayant le même objet.

À quand alors l'article fustigeant les modes de pédagogie à propos des camps d'extermination ? Au lycée notre classe comme la plupart nous avions eu un documentaire avec images d'époque sur les camps d'extermination = photos des charniers, des cadavres maigres, des survivants avec des têtes disproportionnées tellement le corps était atrophié par les privations. Suis-je devenu un anesthésié à toute image future de l'horreur ? Non j'ai tressailli adolescent en voyant des images des charniers en Yougoslavie et au Rwanda. Et j'ai opéré un rapprochement anthropologique au-delà de toute condition ethnique ou nationaliste. Et a posteriori je suis reconnaissant à l'enseignant qui nous a montré ces images.

Oui l'émotion d'abord mais elle débouche invariablement sur une réflexion, et une horreur n'annihile pas l'autre loin de là.
De toute façon si tel était le cas comment expliquer que 22 ans après Oymara Sanchez ce petit palestinien puisse d'une quelconque façon choquer.

Plus meme, autant la photo de la petite Sanchez était inutile du point de vue politique, autant celle ci, dans la guerre des légitimités entre Ismael et Palestine, trouve son sens en rendant inique la légitimation de la guerre par Israel. Parce que les discours d'Israel sur cette guerre, pris au mot, devraient entrainer l'impossibilité de l'existence de telles images. Leur existence à la face du monde (au moins des lecteurs de l'huma) transforme la légitimation de l'intervention en discours cynique. En ce sens cette photo n'est elle pas le plus puissant antitode à la propagande d'Israel sur la guerre propre et technologique ?

Et puis d'abord selon quel règle le choc serait il contraire à la raison ? Quelle étude le montre ? Les récits de l'engagement de diverses personnalités ne sont ils pas tous ancrés dans l'expérinence d'une horreur, dans une expérience sensible ?Le musée du génocide arménien à Yerevan, avec toutes ses photos de cadavres décharnés, est-il pensé comme un court circuitage de la raison ? L'image dans ce cas n'est elle pas au contraire une façon de lutter contre les écrans des discours négationnistes ? qu'a t on à opposer aux négationnistes de toute sorte de génocide sinon l'évidence des cadavres et de leurs traces ou témoignages ?



Une bien triste lettre ouverte.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:01 le 10/01/2009 par eskimo.
Par poisson

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Et a posteriori je suis reconnaissant à l'enseignant qui nous a montré ces images.

On ne peut pas comparer, mettre sur le même plan, faire un parallèle... Votre enseignant a fait de la prévention. Les montrer n'était pas gratuit. L'intention était pesée et soupesée, certainement. L'utilisation dans l'immédiateté de l'événement, en imposant l'image, pareil qu'on vous l'a imposé certes mais sans recul, est marquée par une nuance assez importante. Quelle est l'intention? Très différente de celle d'un enseignant des dizaine d'années après l'événement. Est-elle atteinte? On a le droit d'en douter!
Le problème n'est pas montrer ou cacher ces images. La réponse serait simple : on ne doit pas les cacher. Seulement on ne peut pas dire que puisqu'il est normal de ne pas les cacher, quelques soient les circonstances dans lesquels on les montre c'est forcément une bonne chose.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:26 le 10/01/2009 par poisson.
Par eskimo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Attention = j'ai pris l'argument de la Shoah pour contester le point selon lequel une image choc serait forcément mauvaise, pas pour dire que c'est pareil que Gaza.

Votre réponse (« oui mais il faut aussi réfléchir et mettre en contexte l'image ») apporte une heureuse précision mais confirme aussi mon intention argumentative. Maintenant nous sommes d'accord pour dire qu'a priori l'image de l'horreur peut, au moins sous certaines conditions, être accepté pour un objectif qui la dépasse.

Se faisant nous sommes déja tous deux éloignés de Korkos qui écrit
« A ces deux objections de taille, je répondrai en premier lieu que loin de sensibiliser, l'accumulation d'images horribles a un pouvoir hautement anesthésiant ; par conséquent, pratiquer la surenchère dans ce domaine est parfaitement improductif. »

Maintenant examinons un second point = sous quelles conditions l'image de l'horreur est elle acceptable ? Seulement 40 ans après pour faire réfléchir sur des morts dont les cendres des cadavres sont déjà dispersés aux 4 vents ou bien un usage politique de l'image de l'horreur en vu de le faire cesser est il acceptable ?

(pour en revenir à la Shoah - et sans aucune intention évidemment de jeter cela à la figure d'Israel, c'est juste que c'est devenu l'exemple paradigmatique - je me remémore à l'instant de l'argument des Alliés à l'époque = si on avait su ... on savait que qqch de pas net se passait mais on en imaginait pas l'horreur ...).

Je continue l'argument en répondant au post suivant.
Par Hélène Assekour

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
L'argument est spécieux. Pour éviter l'habitude face à l'horreur il n'en faudrait montrer aucune car elle anesthésierait par avance toute photo future ayant le même objet.

À quand alors l'article fustigeant les modes de pédagogie à propos des camps d'extermination ? Au lycée notre classe comme la plupart nous avions eu un documentaire avec images d'époque sur les camps d'extermination = photos des charniers, des cadavres maigres, des survivants avec des têtes disproportionnées tellement le corps était atrophié par les privations. Suis-je devenu un anesthésié à toute image future de l'horreur ? Non j'ai tressailli adolescent en voyant des images des charniers en Yougoslavie et au Rwanda. Et j'ai opéré un rapprochement anthropologique au-delà de toute condition ethnique ou nationaliste. Et a posteriori je suis reconnaissant à l'enseignant qui nous a montré ces images.

Oui l'émotion d'abord mais elle débouche invariablement sur une réflexion, et une horreur n'annihile pas l'autre loin de là.
De toute façon si tel était le cas comment expliquer que 22 ans après Oymara Sanchez ce petit palestinien puisse d'une quelconque façon choquer.

Plus meme, autant la photo de la petite Sanchez était inutile du point de vue politique, autant celle ci, dans la guerre des légitimités entre Ismael et Palestine, trouve son sens en rendant inique la légitimation de la guerre par Israel. Parce que les discours d'Israel sur cette guerre, pris au mot, devraient entrainer l'impossibilité de l'existence de telles images. Leur existence à la face du monde (au moins des lecteurs de l'huma) transforme la légitimation de l'intervention en discours cynique. En ce sens cette photo n'est elle pas le plus puissant antitode à la propagande d'Israel sur la guerre propre et technologique ?

Et puis d'abord selon quel règle le choc serait il contraire à la raison ? Quelle étude le montre ? Les récits de l'engagement de diverses personnalités ne sont ils pas tous ancrés dans l'expérinence d'une horreur, dans une expérience sensible ?Le musée du génocide arménien à Yerevan, avec toutes ses photos de cadavres décharnés, est-il pensé comme un court circuitage de la raison ? L'image dans ce cas n'est elle pas au contraire une façon de lutter contre les écrans des discours négationnistes ? qu'a t on à opposer aux négationnistes de toute sorte de génocide sinon l'évidence des cadavres et de leurs traces ou témoignages ?



Pour commencer, je ne crois pas qu'il y ait besoin de se référer systématiquement à la Shoah lorsque l'on parle d'horreur. Je suppose qu'étant considéré comme l'horreur absolue, on ne peut s'empêcher de la citer en exemple et de la comparer aux autres horreurs, mais je trouve cela regrettable.
Je vais néanmoins vous répondre sur l'enseignement de la Shoah.
L'enseignement de l'histoire a pour objectif -à mon avis- d'expliquer les événements en prenant soin de les replacer sans arrêt dans leur contexte. Parler ou montrer un événement sans contextualiser n'a aucun sens et même, nuit à la compréhension de l'histoire. C'est par exemple le cas de la lecture de la lettre de Guy Môquet, hors contexte, qui n'a aucun intérêt pédagogique. Votre prof de lycée qui vous a montré des images de camp de concentration et d'extermination n'a pas fait que vous montrer ces documents (du moins je l'espère, mais il est évident qu'il y a aussi des mauvais profs). S'il a bien fait son boulot, il a tout replacé dans son contexte, expliqué le système concentrationnaire nazi, la spécificité de la Shoah, mais toujours comme étant un élément de l'histoire, et non pas un phénomène quasi a-historique comme c'est malheureusement trop souvent représenté.

Là où est le problème, c'est quand vous dites que vous avez "opéré un rapprochement anthropologique" avec les images de charniers de Yougoslavie et du Rwanda. Certes, un mort est toujours un mort, un massacre est toujours un massacre, la douleur est toujours la douleur. Mais je crois qu'on ne peut pas se contenter de ça. Ce sont des contexte historiques, géographiques et politiques différents, qu'il convient d'analyser. Ce ne sont pas les mêmes causes, pas les mêmes phénomènes, et il est dangereux de dire que "c'est la même chose", parce qu'on considèrerait alors que c'est "la faute à la nature humaine", poussée à s'entre-tuer, alors qu'il n'y a aucune fatalité, et surtout, qu'il y a des actions politiques à mener.
C'est bien cela que je reproche à l'image de la mort : elle est toujours la même, alors que le contexte est différent.
Et si on ne tient pas compte du contexte, on en reste à l'émotion, et toute réflexion est impossible.

Je ne crois pas que "cette photo est le plus puissant antidote à la propagande israélienne", parce que, soyons honnête, avant même d'avoir vu cette photo, qui pouvait ignorer que des civils, dont des enfants, étaient tués à Gaza, alors même que toutes les chaînes de télévision, toutes les radios, tous les journaux, font chaque jour le décompte des morts civils ?
Cette photo ne nous apprend rien. Des enfants sont tués par Tsahal ? On le savait déjà.
Par poisson

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
l'image de la mort : elle est toujours la même

"La mort, la mort, toujours recommencée" (Georges Brassens) en écho à : "la mer, la mer, toujours recommencée" (Paul Valery)
Par Pacontente

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Tout à fait d'accord avec Martine Buosi et eskimo. Je ne lis pas l'Huma et je dois paradoxalement remercier AK d'avoir montré une image qu'il réprouve. La photographie de guerre est une arme précieuse pour les pacifistes. Je ne parle pas de ceux qui veulent savoir qui a raison et qui a tort qui sont les gentils et les méchants, pour qui l'image en effet gêne (mais n'empêche pas, il ne faut pas exagérer) la réflexion. Pour les pacifistes, l'intérêt est justement la décontextualisation que permet l'image. On ne voit que l'horreur d'un fléau qui ne fait pas de distinction de couleur, de religion, d'âge, de degré de responsabilité, la guerre. L'idée que l'on peut tirer de toute photo de guerre, c'est qu'il n'y a pas de guerre juste ou propre, qu'elle soit menée par des Américains (bien vu le rapprochement avec la photo de Nik Ut, Martine Buosi), des résistants (les profs ne sont pas avares des photos de lynchage de l'épuration et surtout de femmes tondues), des nazis (je ne comprends pas pourquoi le rapprochement vous gêne, Virgule. Là aussi le but est de montrer l'horreur et de, à l'intérieur du journal, expliquer. Ceci dit, la pédagogie sur la Shoha n'est pas si cartésienne que vous la dépeignez. Cela s'explique par le "comprendre c'est presque justifier") ou des ex-victimes (ex. Rwanda). Le souverain bien ce n'est pas selon Pascal, la Raison ou la Justice mais la Paix, le montrer, c'est l'intention, j'espère, de la publication de cette photo (sur le plan esthétique pas extraordinaire, tout est dans le sujet, c'est donc une photo qui n'aura pas la longue vie de celle de Nik Ut, c'est sûr).
Pour la question de l'escalade ainsi ouverte, je doute que d'autres journaux papiers ne se lancent là-dedans, ne serait-ce parce que des personnes qui voient dans la photo de guerre un moyen de dire le vrai (qui a raison, qui est le gentil...) et non un appel à la paix, personnes qui dirigent ces rédactions, ne verront pas d'intérêt à la publication en une de ce genre de photo. Car je doute que ce soit d'ailleurs comme vous le présentez un moyen de booster les ventes. Secouée par la couv j'aurais tendance à penser "ça doit être pire à l'intérieur, je ne veux pas d'images comme ça qui traînent chez moi!" Enfin, dans le genre photos-de-guerre-qui-retournent-l'estomac, ce n'est pas une tendance récente. Je garde en mémoire les photos des Gueules Cassées et des communistes pendus (le prof de collège nous expliquait en les montrant que "la plupart avaient notre âge").
Pour finir, je dirais que ceux qui déclarent ici "savoir ce qu'est la guerre" et "ne pas avoir besoin de photo pour en être conscients", je leur répondrais que ce n'est pas le cas de tout le monde. Vous êtes peut être omniscients mais pour beaucoup, la guerre c'est une idée lointaine, une façon d'être comme un héros de film américain. Aussi quand des soldats français meurent, tout le monde dit "ben ça alors, c'est inadmissible". A ce propos, voir ou revoir le début de l'émission ASI du 05/12/08 et l'article associé de mon point de vue très parlant sur la perception de la guerre dans nos sociétés. Et à ceux qui s'offusquent qu'on ne respecte pas les victimes que c'est déplacé, je leur signale que l'image est (malheureusement) le seul moyen pour les victimes de vraiment exister. Il n'il y a qu'à voir la (non)place du génocide le plus gigantesque de l'histoire de l'humanité, celui des Indiens d'Amérique qui n'ont pas eu la chance d'être photographiés et dont tout le monde se fout.
Par Hélène Assekour

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Tout à fait d'accord avec Martine Buosi et eskimo. Je ne lis pas l'Huma et je dois paradoxalement remercier AK d'avoir montré une image qu'il réprouve. La photographie de guerre est une arme précieuse pour les pacifistes. Je ne parle pas de ceux qui veulent savoir qui a raison et qui a tort qui sont les gentils et les méchants, pour qui l'image en effet gêne (mais n'empêche pas, il ne faut pas exagérer) la réflexion. Pour les pacifistes, l'intérêt est justement la décontextualisation que permet l'image. On ne voit que l'horreur d'un fléau qui ne fait pas de distinction de couleur, de religion, d'âge, de degré de responsabilité, la guerre. L'idée que l'on peut tirer de toute photo de guerre, c'est qu'il n'y a pas de guerre juste ou propre, qu'elle soit menée par des Américains (bien vu le rapprochement avec la photo de Nik Ut, Martine Buosi), des résistants (les profs ne sont pas avares des photos de lynchage de l'épuration et surtout de femmes tondues), des nazis (je ne comprends pas pourquoi le rapprochement vous gêne, Virgule. Là aussi le but est de montrer l'horreur et de, à l'intérieur du journal, expliquer. Ceci dit, la pédagogie sur la Shoha n'est pas si cartésienne que vous la dépeignez. Cela s'explique par le "comprendre c'est presque justifier") ou des ex-victimes (ex. Rwanda). Le souverain bien ce n'est pas selon Pascal, la Raison ou la Justice mais la Paix, le montrer, c'est l'intention, j'espère, de la publication de cette photo (sur le plan esthétique pas extraordinaire, tout est dans le sujet, c'est donc une photo qui n'aura pas la longue vie de celle de Nik Ut, c'est sûr).

La décontextualisation dessert votre but, parce qu'elle fait perdre son sens à l'image. Un enfant mort, hors contexte, qu'est-ce ? Est-il mort d'une maladie, d'un accident, d'une catastrophe naturelle, ou assassiné ? Eh bien, je crois que ce n'est pas la même chose.

De plus, la décontextualisation est malsaine parce qu'elle met tout et tout le monde sur le même plan.
Il ne s'agit évidemment pas de savoir "qui a raison et qui a tort, qui sont les gentils et les méchants". On ne raisonne pas de cette façon en histoire, et ce n'est pas le point de vue que je cherche à adopter. Il ne s'agit pas de jugement de valeur, mais d'analyse. Or, quand on cherche à analyser et à comprendre, on se rend bien compte que tout ne se vaut pas, et qu'on ne peut pas dans un bel élan pacifiste dire qu'après tout, nous sommes tous des hommes quelles que soient les situations dans lesquelles on vit (même si c'est vrai, ce n'est pas suffisant)
La guerre, ça n'existe pas dans l'absolu, en-dehors de son contexte historique, ce n'est pas une notion "magique".
La mort est universelle, mais si aujourd'hui des enfants sont tués à Gaza, ce n'est pas la faute à pas d'chance, quand même ! Il y a bien des raisons à cela !
Quel est l'intérêt de l'occulter sinon éluder les responsabilités et se contenter d'incantations inutiles pour que palestiniens et israéliens fassent la paix ?

C'est bien joli d'être pacifiste quand on vit dans un pays qui n'a pas connu de guerre sur son territoire depuis 60 ans, les fesses bien confortablement installés sur son fauteuil d'occidental, mais il faut un minimum de réalisme. Les israéliens et les palestiniens, qui sont quand même les premiers concernés, vous vous demandez ce qu'ils en pensent ? Et s'ils désiraient d'autres choses plus que la paix ? Leur point de vue serait-il moins légitime que le vôtre, à décider de ce qu'ils veulent pour leurs peuples respectifs ?

[Quant à la photo de Nik Ut, si elle avait permis l'arrêt de la guerre du Vietnam, ça se saurait... Alain Korkos en parle dans la dernière émission, si vous ne l'avez pas encore vue]
Par Hélène Assekour

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:



Je voulais éditer mon message, mais je n'ai pas pu, donc je rajoute juste ceci :



Vous comparez les épurations d'après-guerre avec les crimes nazis... soyons sérieux deux minutes... Est-ce vraiment comparable ? Il me semble quand même que ce sont des systèmes de pensée différents, et envoyer en masse des gens à la mort, de façon industrielle, et surtout, en étant théorisé, ce n'est pas tout à fait la même chose que la vengeance des vainqueurs après une guerre.
Par Pacontente

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:

Je voulais éditer mon message, mais je n'ai pas pu, donc je rajoute juste ceci :



Vous comparez les épurations d'après-guerre avec les crimes nazis... soyons sérieux deux minutes... Est-ce vraiment comparable ? Il me semble quand même que ce sont des systèmes de pensée différents, et envoyer en masse des gens à la mort, de façon industrielle, et surtout, en étant théorisé, ce n'est pas tout à fait la même chose que la vengeance des vainqueurs après une guerre.


Il n'existe pas aux yeux des non-violents (dont je fais partie, vous avez deviné) de bonnes raisons de tuer, de systèmes de pensée prônant la violence contre un ou plusieurs groupes mieux que d'autres. Décider d'exécuter quelqu'un que ce soit parce qu'on est lâche, parce qu'on obéit aux ordres d'un nazi ou qu'on tue parce qu'on a "ses raisons" de se venger c'est toujours le même échec du Bien et de l'humanité. Le pacifisme, l'antimilitarisme et la non-violence ont cette faiblesse qui est de refuser les logiques dominantes, comme celles tendant à hierarchiser les guerres selon qu'elles sont plus ou moins "légitimes" (critère très relatif, mais passons). Je dis "faiblesse" parce que le pacifiste est du coup soit tourné en ridicule par les garants des logiques dominantes (professionnels de la politiques, historiens, élites économiques), soit incompris par les victimes de ses logiques (les "profanes" comme disent les sociologues qui vont gonfler les contingents, les destinataires du bourrage de crâne). Etant donné que dans le post précédent vous parlez du pacifisme comme une solution confortable (si vous saviez à quel point on en bave pour défendre le pacifisme et la non-violence ! ça devient mission impossible pour l'antimilitarisme, seul Kant s'y est vraiment risqué), je suppose que vous êtes dans la première catégorie.

Citation:
"C'est bien joli d'être pacifiste quand on vit dans un pays qui n'a pas connu de guerre sur son territoire depuis 60 ans, les fesses bien confortablement installés sur son fauteuil d'occidental, mais il faut un minimum de réalisme. Les israéliens et les palestiniens, qui sont quand même les premiers concernés, vous vous demandez ce qu'ils en pensent ? Et s'ils désiraient d'autres choses plus que la paix ? Leur point de vue serait-il moins légitime que le vôtre, à décider de ce qu'ils veulent pour leurs peuples respectifs ?"


J'ai un scoop pour vous : il y a des pacifistes israëliens et palestiniens. Mais pour la raison que je viens d'exposer leurs voix n'atteignent que rarement nos médias. Mais cela ne me semble pas vraiment la question puisque cette photo a pour cible nous, les occidentaux. Elle dit "Vous pensez à faire les soldes, à votre épargne ou à qui peut être le père de Zohra Dati, sachez qu'il y a la guerre, sentez-vous concernés, bordel !"

Citation:
"La décontextualisation dessert votre but, parce qu'elle fait perdre son sens à l'image. Un enfant mort, hors contexte, qu'est-ce ? Est-il mort d'une maladie, d'un accident, d'une catastrophe naturelle, ou assassiné ? Eh bien, je crois que ce n'est pas la même chose"

On joue sur les mots... Pour être moins évasive alors quand je vois cette photo, je vois une victime de la guerre, gazaoui en janvier 2009. Promis je suis sincère je n'écris pas cela pour renforcer mon propos.


Citation:
"La guerre, ça n'existe pas dans l'absolu, en-dehors de son contexte historique, ce n'est pas une notion "magique".
La mort est universelle, mais si aujourd'hui des enfants sont tués à Gaza, ce n'est pas la faute à pas d'chance, quand même ! Il y a bien des raisons à cela !
Quel est l'intérêt de l'occulter sinon éluder les responsabilités et se contenter d'incantations inutiles pour que palestiniens et israéliens fassent la paix ? "


Si j'ai bien tout lu, le débat est : pourquoi montrer en une cette horrible photo ? La position des uns : vendre du papier et alimenter la course à la photo trash, persuader plus que démontrer que le gouvernement israëlien est l'immoralité incarnée. La position des autres : pour montrer l'horreur de la guerre. Dans cette seconde perspective, c'est réussi. Et cela n'implique pas qu'il faille occulter les causes et issues. Mais une chose à la fois. Cette photo (les photos de guerre en général) est un cri d'alerte et contient de l'info certes limitée (sur ce qu'est la guerre) mais n'est pas du sadisme gratuit envers le récepteur. Je n'ai pas lu ce n° de l'Huma mais je suppose qu'il contient des informations sur ce conflit précisément. Il y a donc une dimension universelle de la guerre d'une part (restituée à son échelle par le cliché) intemporelle, liée à l'Homme et son inhumanité, part de l'ontologie des Humains et qui doit susciter la réflexion (la violence des Humains n'est pas une fatalité, ça peut se travailler. Donc, je pense que la guerre en tant qu' expression du penchant pour le mal de l'Homme n'est pas un absolu mais une structure universelle de l'Homme...) et une dimension particulière à chaque conflit qui en effet est circonstanciée, complexe, que 10 numéros de l'Huma ne parviendraient pas à expliquer de façon exhaustive avec des ramifications historiques, géostratégiques, économiques. C'est une approche très intéressante mais qui ne parle qu'à un de nos cerveau, le rationnel. Je ne la dédaigne pas, au contraire c'est très important de comprendre les guerres proches, lointaines, présentes passées, le comment du pourquoi. Et l'idée que j'ai de l'Huma, c'est qu'ils font quand même un peu de journalisme, non ? Mais apprendre sur les Humains, même si ça fait vomir son petit déj c'est indispensable aussi. Parler d'une de ces dimensions n'exclut pas de parler de l'autre.
Par Hélène Assekour

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Il n'existe pas aux yeux des non-violents (dont je fais partie, vous avez deviné) de bonnes raisons de tuer, de systèmes de pensée prônant la violence contre un ou plusieurs groupes mieux que d'autres. Décider d'exécuter quelqu'un que ce soit parce qu'on est lâche, parce qu'on obéit aux ordres d'un nazi ou qu'on tue parce qu'on a "ses raisons" de se venger c'est toujours le même échec du Bien et de l'humanité. Le pacifisme, l'antimilitarisme et la non-violence ont cette faiblesse qui est de refuser les logiques dominantes, comme celles tendant à hierarchiser les guerres selon qu'elles sont plus ou moins "légitimes" (critère très relatif, mais passons). Je dis "faiblesse" parce que le pacifiste est du coup soit tourné en ridicule par les garants des logiques dominantes (professionnels de la politiques, historiens, élites économiques), soit incompris par les victimes de ses logiques (les "profanes" comme disent les sociologues qui vont gonfler les contingents, les destinataires du bourrage de crâne). Etant donné que dans le post précédent vous parlez du pacifisme comme une solution confortable (si vous saviez à quel point on en bave pour défendre le pacifisme et la non-violence ! ça devient mission impossible pour l'antimilitarisme, seul Kant s'y est vraiment risqué), je suppose que vous êtes dans la première catégorie.

Si vous voulez, je vais dire clairement les choses afin que vous ne puissiez me soupçonner d'être complaisante avec le crime, et peut-être pourrons-nous nous débarrasser de cet aspect du débat. Tuer quelqu'un, c'est mal, quelles qu'en soient les raisons. Rien n'excuse le meurtre.

Maintenant, je pense qu'il y a des différences entre le fait de tuer quelqu'un pour son appartenance religieuse ou culturelle, et tuer quelqu'un parce qu'on ne le supporte plus. Ce n'est pas très compliqué à comprendre, et d'ailleurs, la justice sait faire la différence. Je le répète bien : on est d'accord, dans les deux cas, c'est pas bien.
Mais dans le cas par exemple du nazisme, il s'agit d'un système. Ce ne sont pas seulement des personnes qui en tuent d'autres. C'est non seulement l'échelle qui est différente, mais aussi toute l'idéologie qui est derrière et qui mène à cela. Il s'agit d'une véritable organisation, tout est pensé dans le but d'exterminer une population. Vous ne saisissez vraiment pas la différence ?

Diantre, on commence les catégories ! Mazette, je fais partie des "garants des logiques dominantes" ! Quel honneur ! Si seulement je pouvais en plus avoir les avantages matériels qui vont normalement avec, j'en serais ravie. C'est compris dans le lot ? ;) Et en plus, je ne suis pas "non-violente"... moi qui ne tue même pas les mouches... ^^
Plus sérieusement, le pacifisme tel que vous l'entendez (tuer, c'est mal, et je ne veux rien savoir du reste) est certes une position confortable au moins intellectuellement : on se contente de s'accrocher à son dogme, se posant en donneur de leçons sans même chercher à savoir pourquoi on fait la guerre... un peu facile. Mais ce qui me frappait plus dans votre raisonnement, c'est surtout le fait de "dire aux autres ce qu'ils doivent faire", ce qui sous-entend que l'on sait mieux qu'eux... (j'y reviens)

Citation:
J'ai un scoop pour vous : il y a des pacifistes israëliens et palestiniens. Mais pour la raison que je viens d'exposer leurs voix n'atteignent que rarement nos médias. Mais cela ne me semble pas vraiment la question puisque cette photo a pour cible nous, les occidentaux. Elle dit "Vous pensez à faire les soldes, à votre épargne ou à qui peut être le père de Zohra Dati, sachez qu'il y a la guerre, sentez-vous concernés, bordel !"

Bien, alors maintenant que vous vous sentez concerné (personnellement, je n'ai pas eu besoin de cette photo, mais enfin...), vous allez faire quoi ? Concrètement, vous proposez quoi ? On va tous boire un café et on arrête de se tirer dessus ?

Ma question, c'était surtout : quelle légitimité vous sentez-vous pour savoir mieux que les concernés ce qu'il convient de faire ?

Citation:
On joue sur les mots... Pour être moins évasive alors quand je vois cette photo, je vois une victime de la guerre, gazaoui en janvier 2009. Promis je suis sincère je n'écris pas cela pour renforcer mon propos.

On est bien d'accord, la valeur informative de cette photo est quasi-nulle. Mais il est sans doute vrai qu'une photo n'a pas pour but d'informer mais d'illustrer.


Citation:
Si j'ai bien tout lu, le débat est : pourquoi montrer en une cette horrible photo ? La position des uns : vendre du papier et alimenter la course à la photo trash, persuader plus que démontrer que le gouvernement israëlien est l'immoralité incarnée. La position des autres : pour montrer l'horreur de la guerre. Dans cette seconde perspective, c'est réussi. Et cela n'implique pas qu'il faille occulter les causes et issues. Mais une chose à la fois. Cette photo (les photos de guerre en général) est un cri d'alerte et contient de l'info certes limitée (sur ce qu'est la guerre) mais n'est pas du sadisme gratuit envers le récepteur. Je n'ai pas lu ce n° de l'Huma mais je suppose qu'il contient des informations sur ce conflit précisément. Il y a donc une dimension universelle de la guerre d'une part (restituée à son échelle par le cliché) intemporelle, liée à l'Homme et son inhumanité, part de l'ontologie des Humains et qui doit susciter la réflexion (la violence des Humains n'est pas une fatalité, ça peut se travailler. Donc, je pense que la guerre en tant qu' expression du penchant pour le mal de l'Homme n'est pas un absolu mais une structure universelle de l'Homme...) et une dimension particulière à chaque conflit qui en effet est circonstanciée, complexe, que 10 numéros de l'Huma ne parviendraient pas à expliquer de façon exhaustive avec des ramifications historiques, géostratégiques, économiques. C'est une approche très intéressante mais qui ne parle qu'à un de nos cerveau, le rationnel. Je ne la dédaigne pas, au contraire c'est très important de comprendre les guerres proches, lointaines, présentes passées, le comment du pourquoi. Et l'idée que j'ai de l'Huma, c'est qu'ils font quand même un peu de journalisme, non ? Mais apprendre sur les Humains, même si ça fait vomir son petit déj c'est indispensable aussi. Parler d'une de ces dimensions n'exclut pas de parler de l'autre.


Beaucoup de religiosité dans votre discours ("la violence des Humains" - avec un grand H, ça ne rigole pas-, "le mal de l'Homme", le "penchant pour le mal de l'Homme"), j'ai beaucoup de mal avec ça.
En-dehors de ça, je ne suis pas d'accord, ni avec votre vision de l'homme (mais franchement, je n'ai pas le coeur à débattre de ça ici et maintenant ;) ), ni, surtout, avec le fait que cette photo montrerait, mieux que les autres, l"horreur de la guerre". Pourquoi cette photo est-elle indispensable ? Pourquoi les autres (celles de la dernière page en l'occurrence) ne suffisent-elles plus ? C'est bien là qu'est le problème, au départ. Nous avons visiblement besoin de plus choquant... Et après ?
Par eskimo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

« Pour commencer, je ne crois pas qu'il y ait besoin de se référer systématiquement à la Shoah lorsque l'on parle d'horreur. Je suppose qu'étant considéré comme l'horreur absolue, on ne peut s'empêcher de la citer en exemple et de la comparer aux autres horreurs, mais je trouve cela regrettable.
Je vais néanmoins vous répondre sur l'enseignement de la Shoah.
»

Non j'ai pris cet exemple car c'est le plus évident en France de par les programmes d'enseignement. Une sorte d'expérience commune. Vous remarquerez que j'ai pris soin de l'encadrer d'autres génocides type les Arméniens.

« L'enseignement de l'histoire a pour objectif -à mon avis- d'expliquer les événements en prenant soin de les replacer sans arrêt dans leur contexte. Parler ou montrer un événement sans contextualiser n'a aucun sens et même, nuit à la compréhension de l'histoire. C'est par exemple le cas de la lecture de la lettre de Guy Môquet, hors contexte, qui n'a aucun intérêt pédagogique. Votre prof de lycée qui vous a montré des images de camp de concentration et d'extermination n'a pas fait que vous montrer ces documents (du moins je l'espère, mais il est évident qu'il y a aussi des mauvais profs). S'il a bien fait son boulot, il a tout replacé dans son contexte, expliqué le système concentrationnaire nazi, la spécificité de la Shoah, mais toujours comme étant un élément de l'histoire, et non pas un phénomène quasi a-historique comme c'est malheureusement trop souvent représenté. »

voir ma réponse plus haut = ici j'examine l'idée selon laquelle une image de l'horreur est nécéssairement par son pouvoir anesthesiant insignifiante (au sens ou elle empeche la réflexion), théorie de l'auteur de la lettre ouverte. Qu'il faille mettre en contexte, etc bien sur. Mais nous sommes tous les deux aussi d'accord = l'image de l'horreur dans certains cas peut faire sens au dela de l'horreur.
D'accord évidemment sur Guy moquet mais vous remarquerez qu'il n'y a pas d'image mais une lettre et donc c'est hors débat.
La suite de votre argumentation est intéressante.

« Là où est le problème, c'est quand vous dites que vous avez "opéré un rapprochement anthropologique" avec les images de charniers de Yougoslavie et du Rwanda. Certes, un mort est toujours un mort, un massacre est toujours un massacre, la douleur est toujours la douleur. Mais je crois qu'on ne peut pas se contenter de ça. Ce sont des contexte historiques, géographiques et politiques différents, qu'il convient d'analyser. Ce ne sont pas les mêmes causes, pas les mêmes phénomènes, et il est dangereux de dire que "c'est la même chose", parce qu'on considèrerait alors que c'est "la faute à la nature humaine", poussée à s'entre-tuer, alors qu'il n'y a aucune fatalité, et surtout, qu'il y a des actions politiques à mener.
C'est bien cela que je reproche à l'image de la mort : elle est toujours la même, alors que le contexte est différent.
Et si on ne tient pas compte du contexte, on en reste à l'émotion, et toute réflexion est impossible. »

Autant avant nous étions d'accord autant là nous divergeons mais c'est moins important. J'ai d'abord expliqué que l'image de la shoah, horreur absolue selon beaucoup effectivement meme si je ne partage pas cette terminologie, ne m'avait pas rendu insensible à d'autre images. Autre argument contre ce soi disant effet anesthesiant et accoutumier qu'invente l'auteur.
Je pense que l'on peut voir les deux choses dans l'image = à la fois un enfant comme n'importe quel enfant, et un enfant palestinien. Ca ne s'exclut pas. La dimension anthropo je l'évoque pour dire que c'est une humanité commune qui va nous submerger d'émotion, mais ce n'est pas anesthesiant c'est une forme de mobilisation de l'attention. Il y a une mise en contexte nécessaire mais l'impulsion à comprendre ces morts est à mon avis provoquée par une forme d'interpellation. Avant d'aller en Arménie je savais qu'il y avait un génocide arménien, qu'il a été violent. Je le savais et étais pret à argumenter sur la nécessité de la Turquie de le reconnaitre etc. Apres en avoir vu les images c'est son actualité qui s'est imposée. Elle crève le contexte. Et les images qui restent gravés dans ma tete sont d'une façon que j'ai du mal à expliquer un élément pour moi d'une meilleure compréhension, par une forme d'empathie peut etre qui fait que je peux raisonner dessus mais pas sans en oublier la teneur tragique. 

Bon cette idée d'une dimension anthropo si ca vous gêne on peut la laisser de coté, j'ai du mal à l'argumenter à chaud, cela ne change rien au points suivant sur l'usage politique de ces images, qui est à mon sens fondamental et autorise cette publi sans qu'on fasse un parallele avec Paris Match (la seule limite pour moi est le droit à la réserve que pourrait demander la famille de ce garçon).

« Je ne crois pas que "cette photo est le plus puissant antidote à la propagande israélienne", parce que, soyons honnête, avant même d'avoir vu cette photo, qui pouvait ignorer que des civils, dont des enfants, étaient tués à Gaza, alors même que toutes les chaînes de télévision, toutes les radios, tous les journaux, font chaque jour le décompte des morts civils ?
Cette photo ne nous apprend rien. Des enfants sont tués par Tsahal ? On le savait déjà.
»

oui on le sait, encore que. Mettez cette photo à la face d'un partisan de l'offensive est le résultat sera bien différent d'un débat.
On peut dire la meme chose à propos des divers génocides = il suffit d'un panneau traduit en plein de langues pour que tout le monde sache qu'il y a un génocide.
cette photo ne nous apprend pas le fait qu'il y ait des morts civils mais en nous les mettant sous les yeux elle nous interpelle et nous demande un positionnement dans l'urgence. Bref la photo vise un effet politique. vous ne répondez là pas à mon argument en fait = il y a de la part d'Israel une volonté d'apparaitre comme l'offensé en légitime défense avec une intervention ciblée. Bref une volonté de légitimation. Le controle des images est un instrument de cette propagande. Bien sur on sait des choses mais les voir les rendra évidentes. montrer les images est unr antidote plus efficace que le décompte macabre et abstrait des corps. Et c'est le préalable à une relativisation des discours israéliens.

je résume = il y a deux arguments

1. une photo de l'horreur peut produire du sens ou aider à la production du sens. Si ce n'est pas le cas faut tout remettre en cause sur l'enseignement de la Shoah en France. J'aimerais l'avis de l'auteur là dessus.
2. une photo de l'horreur peut avoir un effet politique immédiat selon moi
Par Hélène Assekour

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Autant avant nous étions d'accord autant là nous divergeons mais c'est moins important. J'ai d'abord expliqué que l'image de la shoah, horreur absolue selon beaucoup effectivement meme si je ne partage pas cette terminologie, ne m'avait pas rendu insensible à d'autre images. Autre argument contre ce soi disant effet anesthesiant et accoutumier qu'invente l'auteur.
Je pense que l'on peut voir les deux choses dans l'image = à la fois un enfant comme n'importe quel enfant, et un enfant palestinien. Ca ne s'exclut pas. La dimension anthropo je l'évoque pour dire que c'est une humanité commune qui va nous submerger d'émotion, mais ce n'est pas anesthesiant c'est une forme de mobilisation de l'attention. Il y a une mise en contexte nécessaire mais l'impulsion à comprendre ces morts est à mon avis provoquée par une forme d'interpellation. Avant d'aller en Arménie je savais qu'il y avait un génocide arménien, qu'il a été violent. Je le savais et étais pret à argumenter sur la nécessité de la Turquie de le reconnaitre etc. Apres en avoir vu les images c'est son actualité qui s'est imposée. Elle crève le contexte. Et les images qui restent gravés dans ma tete sont d'une façon que j'ai du mal à expliquer un élément pour moi d'une meilleure compréhension, par une forme d'empathie peut etre qui fait que je peux raisonner dessus mais pas sans en oublier la teneur tragique. 

Bon cette idée d'une dimension anthropo si ca vous gêne on peut la laisser de coté, j'ai du mal à l'argumenter à chaud, cela ne change rien au points suivant sur l'usage politique de ces images, qui est à mon sens fondamental et autorise cette publi sans qu'on fasse un parallele avec Paris Match (la seule limite pour moi est le droit à la réserve que pourrait demander la famille de ce garçon).

L'effet anesthésiant et accoutumier, je le perçois de façon assez nette dans une simple observation de la société. Je suis tout à fait honnête : ça n'a rien de scientifique, il s'agit d'une intuition. Mais dans la mesure où personne ici n'a encore cité d'étude scientifique réalisée sur le sujet, je crois que l'on va devoir s'en contenter... ;)
Plus on voit d'images violentes, moins on est choqués par ces images. Ca me semble évident, mais peut-être ne l'est-ce pas pour vous.
C'est observable par exemple chez les enfants et les ados, qui sont beaucoup moins facilement choqués aujourd'hui que les enfants d'il y a quelques années (encore une fois, c'est mon sentiment), avec le développement des vidéos chocs, facilement accessibles sur Internet, qui tournent en dérision de très graves accidents de la route par exemple, ou le happy slapping. (j'ai l'impression de jouer la vieille réac en disant ça, mais enfin ^^)
Donc, oui, je crois que cela mène à une surenchère. Pourquoi le choix de cette image ? Parce qu'elle est plus choquante que les autres (qui sont pourtant déjà choquantes). Pourquoi les autres n'auraient pas suffi ? (je vous souffle la réponse : parce qu'on est déjà habitués à voir ce type d'images... ;) )

D'autre part, de nombreuses études de psychologie (je cherche la référence) ont montré l'inefficacité totale de l'utilisation de la violence dans le cadre de campagnes de sensibilisation. Il est ainsi inutile de montrer des accidents de la route très graves pour une campagne de la sécurité routière. Je ne sais pas si cela est comparable à l'utilisation de photos de morts pour lutter pour la paix, peut-être que quelqu'un qui s'y connait mieux pourrait nous renseigner....

Citation:
oui on le sait, encore que. Mettez cette photo à la face d'un partisan de l'offensive est le résultat sera bien différent d'un débat.
On peut dire la meme chose à propos des divers génocides = il suffit d'un panneau traduit en plein de langues pour que tout le monde sache qu'il y a un génocide.
cette photo ne nous apprend pas le fait qu'il y ait des morts civils mais en nous les mettant sous les yeux elle nous interpelle et nous demande un positionnement dans l'urgence. Bref la photo vise un effet politique. vous ne répondez là pas à mon argument en fait = il y a de la part d'Israel une volonté d'apparaitre comme l'offensé en légitime défense avec une intervention ciblée. Bref une volonté de légitimation. Le controle des images est un instrument de cette propagande. Bien sur on sait des choses mais les voir les rendra évidentes. montrer les images est unr antidote plus efficace que le décompte macabre et abstrait des corps. Et c'est le préalable à une relativisation des discours israéliens.

Je m'informe d'habitude presque exclusivement sur Internet. Et depuis le début de l'offensive, j'ai voulu savoir ce qu'en disaient la télévision. J'ai donc régulièrement regardé le JT de France 2. Et très honnêtement, je n'ai pas eu l'impression d'être face à un organe de propagande israélienne. Certes, on nous a dit qu'Israël prétendait "choisir ses cibles". Mais bon, on n'est quand même pas des crétins finis, on sait très bien qu'il n'y a pas de "frappes chirurgicales" ni de guerre propre. Ce qui est confirmé par le JT, ses images de victimes civiles, et son décompte du nombre d'enfants tués. Cette photo, et je le pense vraiment, n'a rien apporté par rapport au traitement qui est déjà fait par les médias.

je résume = il y a deux arguments

Citation:
2. une photo de l'horreur peut avoir un effet politique immédiat selon moi


C'est ça que je ne comprends pas. Ca paraît d'une telle évidence pour beaucoup ici (encore le coup de l'idéologème ^^), alors que ça ne l'est pas du tout pour moi. J'aimerais comprendre. Quel effet politique immédiat cela peut-il avoir ? Avez-vous des exemples ? Ou au moins une explication théorique concrète ?
Par Nucleus Pulposus

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

@ Virgule,

"Mais personne n'a besoin de cette image pour savoir que la guerre, c'est moche"

Non, vous ne pouvez pas SAVOIR la guerre, quiconque n'a pas connu l'épreuve du feu ne peut dire combien "la guerre, c'est moche", ne peut pas même approcher ce néant et l'absurdité de ces instants..

" que la guerre, ça broie des gens, déchiquète leurs corps, écrase leurs crânes, arrache leurs membres, décime des familles..."

Non on ne peut pas RATIONNALISER la guerre ... La guerre échappe à ses propres mots, et votre énumération ne dit rien...
Cette énergie qui permet au soldat de vivre cet instant singulier habite peut être les couches les plus primitives de notre être. Certes il n'est pas souhaitable de les contacter mais cette photo nous permet au moins de les effleurer afin de réveiller en nous un puissant sentiment d'indignation face à cette vision romantique et exaltée que les sociétés nous donne à voir de la guerre...
Par Hélène Assekour

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
@ Virgule,

"Mais personne n'a besoin de cette image pour savoir que la guerre, c'est moche"

Non, vous ne pouvez pas SAVOIR la guerre, quiconque n'a pas connu l'épreuve du feu ne peut dire combien "la guerre, c'est moche", ne peut pas même approcher ce néant et l'absurdité de ces instants..

" que la guerre, ça broie des gens, déchiquète leurs corps, écrase leurs crânes, arrache leurs membres, décime des familles..."

Non on ne peut pas RATIONNALISER la guerre ... La guerre échappe à ses propres mots, et votre énumération ne dit rien...
Cette énergie qui permet au soldat de vivre cet instant singulier habite peut être les couches les plus primitives de notre être. Certes il n'est pas souhaitable de les contacter mais cette photo nous permet au moins de les effleurer afin de réveiller en nous un puissant sentiment d'indignation face à cette vision romantique et exaltée que les sociétés nous donne à voir de la guerre...


Et cette photo, elle vous fait "approcher ce néant et l'absurdité de ces instants" ? Bien sûr que non, puisqu'il faut, selon vous, avoir "connu l'épreuve de feu" pour dire "combien la guerre, c'est moche".

Cette photo vaut-elle plus que mon énumération ? Permet-elle d'approcher un peu plus la réalité ? Est-elle porteuse de sens ?
Non. On voit un enfant mort. Sans en connaître le contexte, il aurait pu être mort, par exemple, dans l'effondrement d'un bâtiment lors d'un tremblement de terre.
Cette photo ne dit rien de la guerre.
Par Adrien

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Oui, bonne idée, Nucleus Pulposus, on ne peut pas rationaliser la guerre. C'est précisément ce que tend à faire cette photo, digne d'un mauvais policier américain sur M6...
Par eskimo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

heu là c'est de la mauvase foi :) on sait qu'il s'agit d'un mort palestininen récent, l'huma le précise
Par MonaO

Re: @Virgule

"Cette photo ne dit rien de la guerre."
Parce que vous ne voulez pas la voir peut-être .
Comme certains ne veulent pas voir le viol dans la photo de Virgin Killer .

Oser dire "je détourne le regard devant l'insoutenable " plutôt que de choisir le déni .
Par lilalilou

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
...
Cette photo vaut-elle plus que mon énumération ? Permet-elle d'approcher un peu plus la réalité ? Est-elle porteuse de sens ?
Non. On voit un enfant mort. Sans en connaître le contexte, il aurait pu être mort, par exemple, dans l'effondrement d'un bâtiment lors d'un tremblement de terre.
Cette photo ne dit rien de la guerre.


Vous avez loupé le titre écrit en gros dessus.

Citation:
Cette photo ne dit rien de la guerre.


Votre phrase sonne comme un postulat.
Si la photo ne vous parle pas, elle parle à d'autres qui y voient toute l'horreur du massacre -et non de la guerre- qui se poursuit de plus belle au moment même où j'écris ce commentaire.
Par christianfact

Re: Commentaire ferme(é) et court à Mr Korkos

Dans la manif de cet aprem un monsieur parlait (aux JT) d'accords commerciaux Iraelo-européen qui prévoient qu'en cas de violation des droits de l'homme il est possible que les européens cessent leurs achats mettant l'économie israelienne dans une facheuse posture. Le cessez le feu serait presque immediat. Malheureusement la couardise de l'Europe à ce sujet est infinie.
Par Nucleus Pulposus

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

J'adhère à la remarque d'Eskimo et précise mon propos (qui est relatif à la guerre en général):
Cette photo, Virgule, je la reçois en pleine gueule, comme un up(p)ercut, elle n'est pas là pour faire sens, elle révèle à ma conscience la barbarie dont sait faire preuve l'être humain.
On ne peut appréhender la guerre par la raison. C'est le chemin le plus facile, ce n'est pas le plus honnête.
II faut avoir le courage de se laisser "prendre" par cette image. Et, comme un balle en plein coeur, se laisser submerger par ce qu'elle éveille en nous.
Cette photo est, certes, sans commune mesure avec le chef d'oeuvre qu'est Guernica. Car face à lui ,point d'alternative. La raison capitule.
Par Hélène Assekour

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
J'adhère à la remarque d'Eskimo et précise mon propos (qui est relatif à la guerre en général):
Cette photo, Virgule, je la reçois en pleine gueule, comme un up(p)ercut, elle n'est pas là pour faire sens, elle révèle à ma conscience la barbarie dont sait faire preuve l'être humain.
On ne peut appréhender la guerre par la raison. C'est le chemin le plus facile, ce n'est pas le plus honnête.
II faut avoir le courage de se laisser "prendre" par cette image. Et, comme un balle en plein coeur, se laisser submerger par ce qu'elle éveille en nous.
Cette photo est, certes, sans commune mesure avec le chef d'oeuvre qu'est Guernica. Car face à lui ,point d'alternative. La raison capitule.


Par pitié, pas d'accusation de ce genre, c'est bas et ça ne mène à rien.
Je ne ferais pas le concours de celui qui est le plus bouleversé par cette photo.

Je l'ai d'autant plus déjà expliqué dans mon premier post : cette photo, chez moi, n'a éveillé rien d'autre qu'un profond état de choc, une sorte de panique, une fébrilité, un étouffement, et a, pour le coup, totalement anesthésié mon raisonnement.
Par Nucleus Pulposus

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

salut Virgule,

Citation:
cette photo, chez moi, n'a éveillé rien d'autre qu'un profond état de choc, une sorte de panique, une fébrilité, un étouffement, et a, pour le coup, totalement anesthésié mon raisonnement.


Nulle accusation dans mes propos, si cela a été perçu comme tel, je te présente mes excuses...

"... rien d'autre qu'un profond état de choc..."
Mais tout est là. Dans ce profond état de choc. Dans cette panique, cette fébrilité, cet étouffement. Dans cette anesthésie. C'est en acceptant de se laisser saisir par la violence de ces sentiments que chacun peut approcher la barbarie de la guerre.
Et seuls ces sentiments sont à même de mobiliser les consciences.
Par Patrice Veneau

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Oui, ces photos montrent l'indicible, l'insupportable. On pourrait ne pas le montrer, la guerre propre qu'ils disent. Non, la guerre, c'est immonde, c'est puant, c'est dégueulasse. Et il faut impérativement le montrer, ne jamais arrêter de le montrer. C'est curieux, ces gens qui ont peur des images... Comme si elles choquaient trop pour réfléchir... Je pense plutôt que pour que l'image fasse aussi réfléchir après avoir choqué, il serait intéressant que l'on montre la photo des 14 israéliens morts dans cette agression, juste à côté, oui, oui, juste à côté de la photo des 1000 palestiniens morts dans ces bombardements. Même rapport de taille si vous voyez ce que je veux dire. Deux photos qui feraient peut-être aussi réfléchir un petit peu. Après, on pourrait commencer à se poser la question du Hamas agresseur et d'Israël qui se défend.
Par 100hp

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Cela me rappelle, j'évoque volontairement un domaine entièrement distinct de ce sujet, ce qui s'est passé en philosophie après la parution de la Critique de la Raison Pure de Kant. Ce dernier prétend exposer le cadre formel de toutes pensées. Corollaire : sortir de ce cadre est immoral. Il n'y a qu'une seule manière correcte de construire sa pensée, le reste n'est qu'escroquerie. Après lui, les philosophes se lamentaient, et se demandaient ce qu'ils leur restaient à faire. Nietzsche répondit à Kant avec le brio que l'on sait : la volonté de puissance, ou l'interdiction philosophique de pouvoir dire à tous la bonne manière de penser, car nous restons avant tout des êtres biologiques, et la pensée à aussi valeur d'outil.

Je crois que cet article fait la même chose que Kant : il veut imposer un cadre formel qui nous dirait comment comprendre l'utilisation de la photographie dans la pensée. Il sait que son entreprise est pourrie à la base : il utilise la forme d'une lettre ouverte, pour jouir de son impact émotionnel, afin de couvrir son insuffisance intellectuelle.

Je laisse au journal l'Humanité le crédit de sa longévité, et ne prétendrait pas savoir mieux que lui comment servir ses causes et idées.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14:44 le 11/01/2009 par 100hp.
Par 2.G

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Cher Alain,
Chers @sinautes,

J'ai bien sûr pensé à la photo de cette petite fille en train de mourir dans Match dans les années 80
lorsque j'ai vu la photo de cette petite fille morte à la une de L'Huma.

La différence : c'est qu'il y a une victime de catastrophe nature naturelle et une victime de guerre ou d'auto-défense
selon le camp qu'on veut bien tenir.
Ces photos ne sont pas là pour nous faire prendre conscience (la guerre, c'est pas bien...), elle sont simplement là pour
nous dire plus que des mots la réalité des événements

Le choix des mots et le choc des poteaux (merci à Denis Robert pour ce bon mot).
Par Adrien

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous m'excuserez, 2 G, mais j'ai la mauvaise impression que vous avez lu la chronique d'Alain en diagonale. Quant à la nécessité de produire de la photographie de guerre, la question ne se pose même pas. Mais j'en ai personnellement marre, plein le cul même, de voir tout les jours sur lemonde.fr une photo différente et à chaque fois superbe, 'achement bien cadrée et à la lumière impeccable, aux contrastes chatoyant, rendant la scène onirique. C'est un peu l'inverse, mais ça revient au même, on atteind une plastique photographique qui se contrefout de son sujet, qui n'est absolument pas didactique. La photo de cette tête de jeune fille participe de cette logique d'abandon du didactique, puisqu'elle parle aux tripes, à l'envie de vomir. Je doute qu'on apprenne à quel endroit ni dans quelles conditions ce visage a été capturé, à la hâte en plus. Cette photo n'a pas d'époque, plus d'identité, elle veut être son seul sujet, réduit à la chair, pour un juste retour des viscères dans l'appréciation viscéral.
Faut arrêter de se dire que cette Une serait, parallèlement, la meilleur expression de la liberté de la presse. Elle est plutôt l'évitement cupide du rapport didactique à ce qui doit nous intéresser, à savoir l'absence de motif valable dans ce conflit, absence qu'aucun média ne questionne véritablement. Au lieu de cela, il faut rendre cette "guerre" lassante en Europe un peu plus sexy.
En tout cas, inutile de remercier notre Mr K national, et la sagesse qui l'accompagne. Foin d'éloge, en effet, ne faisons pas perdre à Alain de ce temps précieux qu'il consacre à la lecture critique d'image. Mieux, à la production de lettre ouverte. M'est avis que ce combat n'a pas de fin, lui non plus.
L'on sait que le spectateur, Alain le répète pourtant, s'habitue petit à petit à l'image de la violence. J'ai une modeste idée à proposer à ces marchands d'étals de boucherie. Bachelot a parlé il y a peu du choix cornélien pour une décoration dissuasive sur les paquets de clopes. Entre un paquet de clopes qui exhibe un poumon pourrissant et un paquet entièrement blanc. Entre Paris Match et un récit critique, historiographique, du conflit, en Une un blanc.
Par 2.G

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Cher Adrien,
Cher @sinautes,

Ce n'est pas pare que je ne suis pas d'accord avec Alain Korkos que j'ai lu sa chronique en diagonale.
Est-ce qu'une image vaut mieux qu'un long discours ?
J'ai la naïveté de croire que c'est ce que démontre @si.
Une image n'a jamais arrêté la guerre, dans ce cas ci, elle la raconte. (Aucune image filmé ne sort de Gaza)
Une image peut-elle déclencher une guerre ?
Pourquoi tant de rage à contrôler les images alors ?
Reprocher à L'Huma de faire faire du Match ?

Et j'ai le mauvais souvenir que la petite colombienne est morte sous les yeux des journalistes.
Ne pouvaient-ils vraiment pas la sauver ?
Par * * * Stanley MILGRAM™ * * * Soumis à aucune autorité

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Alléluia ou allégorie ?

Alléluia (apologie transcendantal [de l’horreur]) est aussi une oxalide de la famille de l’oseille
Allégorie est un symbole pouvant devenir pour une image « une icône » (cf. le forum sur le Che)

Stan 1000g
Par Jane

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

LE CRI CONTRE L'HUMANITE

On avait "la Licra qui dénonce France 2" et surtout pas les massacres israéliens qui attisent la haine dans le monde entier.

Voici maintenant Korkos qui tire sur L'Humanité.
Par Olivier

Hum...

Il faut ressituer le papier d'Alain le contexte médiatique français de ce début 2009.

Au fil des jours du conflits, télé radio et journaux semblent paralysés à l'idée de critiquer Israël.

Une pudeur qui fait dire aux médias qu'il n'y a pas "800 morts" mais "800 morts, selon l'ONU", c'est un exemple.

Tous les éditoriaux et les tribunes (à part dans le Monde) expliquent que le Hamas n'est pas un interlocuteur.

Aucun journaliste exprime un avis contraire dans les émissions de débat. Pourquoi ? Il n'y en a plus, ou si peu.

Depuis 2001, une petite bande de bonnes âmes, Askolovitch, Val, Fourest, Mace-Scaron, Adler, BHL, a instruit des procès en antisémitisme à nombre de personnalités critique d'Israël. Résultat, on trouille d'exprimer une voix discordante de peur de voir sa carrière gâchée.

Ajouter à cela Dieudonné, qui paralyse de trouille les humoristes de couleurs, très présents dans les médias. Ils se savent guettés, attendus...

En de début 2009, les médias français couvrent le conflit d'une manière partiale, à mille lieux de leurs confrères états-uniens, par exemple, qui n'ont pas hésité à mettre des photos terribles.

In fine, en France, la critique d'Israël est souterraine des médias, elle s'exprime sur Internet dans toute sa diversité, mais que sur le Net.

C'est dans ce contexte qu'Alain Korkos exprime sur le Net l'opinion dominante des médias. D'où... Colère.
Par JREM

Re: Hum...

Il faut effectivement lire la presse israélienne pour avoir des opinions appelant à
négocier avec le Hamas.
Ne nombreux Israéliens écrivant dans les journaux de gauche de leur pays seraient
taxés d'antisémites, et peut-être même inculpés pour antisémitisme en France.
Par Sémir

Re: Hum...

Je suis d'accord avec le fait que tout le monde a peur d'Israel.
Car il s'agit réellement d'une peu.
Tout le monde se tait car tout le monde a peur.

Par contre Arret sur Image est normalement "indépendant" de toute pression, alors je ne comprends pas la réaction d'Alain Korkos si ce n'est le fait qu'il prend parti en fait.

SEMIR
Par Adrien

Re: Hum...

Non, définitivement pas, je crois pas que la simple analyse d'image soit une prise de parti. La condamnation qu'en fait Alain est d'un autre ordre. Et puis l'opinion publique française, largement partisane, n'a pas besoin d'image choc de la part de l'Huma, pour se convaincre de la bêtise d'Israël.
Par Jane

Re: Hum...

Alain Korkos fait de l'autopression. C'est nouveau cela vient de sortir, il y a déjà l'autocensure et maintenant aussi l'autopression.
Par Jane

Re: Hum...

Par Olivier

France Info, ce matin, la construction d'une "information"

Encore une fois, ll faut situer à nouveau le papier d'Alain le contexte médiatique français de ce début 2009 pour comprendre pourquoi il est vain.

Ce matin, France Info relate le jet de cocktail Molotov sur une synagogue à Saint-Denis (93)

Selon le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, nous explique le journaliste, on aurait vu 3 personnes roder autour du lieu.

Ici France Info ne se fie pas à une source officielle, comme la police ou le ministère de l'intérieur, mais à l'affirmation d'une association privée.

Selon le CRIF, explique aussi France Info, le maire de Saint-Denis aurait une part de responsabilité pour cet acte car il a organisé une semaine avant une manifestation de soutien à Gaza.

Les organisions juives avaient demandé au préfet d'interdire la manifestation.

Le journaliste ajoute que la manifestation s'est déroulée dans le calme.

Il cite également les déclarations de l'UEJF et de l'Intérieur.

Puis, il ajoute qu'il est difficile de ne pas voir une relation entre la manifestation et le cocktail Molotov, même si rien ne le prouve.


Difficile de dire si ce journaliste s'est fait piéger par les associations juives ou s'il s'agit là de son intime conviction, le mal est fait : par la voix de son journaliste, France Info fait endosser au maire de saint-Denis l'inspiration d'un acte criminel,

Jamais le journaliste n'a expliqué que demander au préfet d'interdire une manifestation intitulée "Solidarité avec la population palestinienne", absente de toute connotation guerrière, est une façon d'introduire un rapport de force, une provocation.

Ce genre d'information biaisée est quotidienne. Difficile pour les citoyens qui soutiennent la Palestine de ne pas se sentir lésés par leur médias.



NB. Un article du Monde relate l'affaire
Par Jane

Re: France Info, ce matin, la construction d'une "information"

Et deux lycéens agressés par la Ligue de Defense Juive : c’est immédiatement censuré PARTOUT et l’article interdit sur le site du Bondy Blog.

A lire ici : [bellaciao.org]
Par Oblivion

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Alain, ce matin Libération publie en une une photo de Rachida Dati avec un titre genre bon gros jeu
de mots "Une ministre et un couffin" et un surtitre "Polémique". Voilà, je vous en informais au cas où vous
souhaiteriez ne rien voir de la réalité.

Je ne comprends rien à vos différentes chroniques sur la censure et l'autocensure.
Un coup, cécool de voir une tite fille à poil, un autre cépabien de montrer une image de guerre réelle.
Mécépagrave.

En attendant un signe d'humanité sur cette Terre.
Par wax

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Alain, la photo en question ressemble aussi à celle présente sur le site des rescapés du Bhopal :
http://www.bhopal.org En haut à gauche, inloupable.
Par Francois T

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Bof,
Je ne partage pas l'avis d'Alain Korkos (et ça ne me dérange pas qu'il écrive ça, libre à lui !)
Je pense qu'il faut, avant de condamner l'utilisation de photos d'horreur extrême, bien cerner le contexte. Il y a des horreurs à Gaza, des familles bombardées, etc. Et il existe une entreprise de communication, dotée d'argent, de moyens de communication avancés, de relais en France, qui cherche à les légitimiser, à les minimiser, voire à les nier. Et la question qui se pose alors est : quoi faire face à cette propagande ? L'Huma a choisi de mettre les aspects les plus horribles à la une, de les pointer du doigt. Alors, moi aussi ça me dégoûte, mais je comprends, contrairement à Alain, cette réaction, appelée par le contexte.


Sur un point : Alain dit que le fait de mettre une photo horrible à la une est un acte de vente, destiné à appâter le chaland (c'est ce que je comprend à la lecture de sa lettre) mais est-on bien sûr que ce genre de photo horrible permet de faire des bonnes ventes ?
Par Compunet

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

nous revoilà en train de discuter de nos points de vue entre l'impact du "sujet" de la photo ou de l'"objet" de la photo ; comme je l'ai dit, de façon un peu alambiquée, dans le sujet précédent : "L'homme de Gaza, revenu d'entre les morts", je ne crois pas que l'on puisse interpréter une photo sur un plan purement (du mot pur, épuré) objectif ; le sujet de la photo est, pour moi, le fondement de son interprétation car nous ne sommes que des êtres subjectifs ;

je n'ai pas encore écrit sur Gaza, car c'est le type de sujet où le sentiment qui domine chez moi, c'est l'impuissance, et quand je me sens impuissante ça m'étouffe ;

c'est peut-être le forum moment pour moi d'en parler car je suis un exemple qu'une photo peut faire changer d'avis : il ne s'agit pas de la photo en UNE de l'Huma mais de celle en haut à gauche [www.arretsurimages.net] ; quand j'ai vu ces jeunes courir pour tenter de sauver un autre jeune, l'affolement qu'on lit sur les visages, et la pensée qui m'est venue que peut-être ce jeune ne reverra plus sa terre de Gaza alors que ce conflit ne l'intéressait peut-être pas encore la veille, je me suis dit qu'on était loin d'un état : Israël, qui se défendait contre le Hamas ; et ça m'a fait changer d'avis sur la situation..........

en effet jusque là, ce qui m'avait fait pencher du côté d'Israël c'était la phrase "Enough is enough" de LIVNI, la ministre des affaires étrangères israëliennes ; dans cette phrase j'ai senti toute l'exaspération d'un peuple qui depuis des années tente de se protéger de groupes terroristes tels le Hamas, le Hezbollah, et dans une autre mesure Al Qaïda qui récupère tout cela ;
un peu comme une personne victime de harcèlement qui pense que changer de bureau la protègera de son harcèleur alors que seule la fuite la sauvera !!!
déjà avec l'érection du mur, à Gaza, je m'étais dit que les méthodes n'étaient pas sans doute pas les bonnes car emprisonner les palestiniens sur leur lopin de terre ne pourrait qu'entraîner humiliation et rebellion.. ; mais, à ce moment-là, je me disais encore que c'était aux pays arabes de condamner dans leur ensemble ces 3 groupes terroristes et de les réduire, eux, à l'impuissance, puisque leur seul projet était de laisser le sang, israëlien ou palestinien peu importe pour eux, couler dans cette région ; sans ces bains de sang, ces groupes terroristes n'auraient pas de raison d'exister !!

et puis il y a eu cette photo qui a remis de l'humain, de l'histoire individuelle, dans mes réfléxions ; et je me suis dit que la position d'israël était trop dans l'agression démesurée pour être louable ;
je n'étais pas née en 1947, ni en 1948, ni en 1949, etc... je n'étais pas née quand Israël a été créée par ce qu'on appelle "la communauté internationale", entité morale indéfinie, sur le support de sa propre culpabilité, et des crimes des nazis, communauté qui a fermé les yeux sur les premiers massacres de palestiniens et les premiers villages palestiniens rayés de la carte par israël (le hamas n'existait pas) ;
les palestiniens n'avaient pas eu d'autre choix que de quitter cette terre, leur terre, qui, pour rester dans l'histoire du monde "moderne", leur avait toujours appartenue..........
c'était insupportable pour eux, et de faire partie de cette "communauté internationale" expropriatrice doit faire que ça doit être insupportable, aujourd'hui, pour nous tous !!!..........

je ne vois pas à partir de tout cela comment ce conflit va pouvoir se résoudre sinon dans une volonté active de part et d'autre de vivre ensemble ;
vu de ma fenêtre, les 2 peuples se ressemblent ; alors, pour moi, si la guerre doit s'arrêter un jour là-bas, ce sera uniquement parce les peuples auront décidé de partager cette terre, on ne peut pas revenir 60 années en arrière, il n'y a plus d'autre choix ;

j'espère que cela arrivera, mais pour le moment, il y a encore beaucoup de photos qui provoquent de l'étouffement en moi parce qu'elles me laissent impuissante face à ces crimes......
et ces photos, si elles sont une propagande, ce que je ne maîtrise pas, le sont au bénéfice de la palestine en ce qui me concerne.......
ce qui prouve qu'une photo, si elle ne peut pas stopper instantanément une guerre, peut sans aucun doute faire bouger les consciences...........



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:48 le 10/01/2009 par COMPUNET.
Par Jo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ce n'est pas la photo qui me choque le plus sur cette une (enfin si, mais pas de la même façon), mais l'accroche commercial au dessus du titre qui dit «les photos du carnage». Là ils dévoilent véritablement leur intention: vendre leur feuille de chou en jouant sur le voyeurisme. Avec cette petite phrase ils retirent à leurs photos la dimension informative, elles ne sont plus là pour montrer les horreurs de la guerre, mais seulement pour vendre.
Par eskimo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

y a pas marqué « achetez les photos du carnage», vous surinterprétez. mais poussons la logique jusqu'au bout, admettons qu'à l'huma ce ne soit pas seulement des sals types mercantiles mais qu'ils ont aussi une volonté politique.

Ils veulent montrer des photos du carnage pour éviter une minoration de l'horreur de cette guerre et une foi absolue en les discours technicistes d'Israel. Admettons aussi que plus grand le nombre de gens ayant vu ces photos sera, plus accomplie cette intention sera. Horreur = plus ils vendent plus ils font changer les consciences. Vite fuyons et barricadons nous dans un espace VIP sur internet qui affiche en une un appel au réabonnement comme condition de poursuite de l'entreprise de décervelage par l'analyse des médias en nous promettant plein de surprises en 2009.
Par Jo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ça fait longtemps qu'en com on ne met plus «achetez» devant. Leur titre et la photo de couv devrait suffire pour indiquer à quelle info on va avoir accès. Mettre en plus une accroche (que je (sur)interprète comme « venez voir la galerie des horreurs») est, selon mon point de vue, malsaine. Alors soit, c'est peut être politique, mais elles sont où les photos sur leur site, si le but est de les montrer au plus grand nombre?
Par eskimo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

pour le site je suis d'accord elles devraient y etre
Par Gavroche

pour une fois, pas d'accord, Alain...

Que voilà une bien belle posture d'homme "occidental" observant le monde, mais, attention, au-dessus de la mêlée...Susan Sonntag, après des années de pratique ( talentueuse ) a eu une réflexion à bien des égards -intelligente- sur le "métier" de photographe. Et c'est assez pertinent, le plus souvent. C'est une opinion éclairée, et son témoignage, ça ne fait pas d'elle la tenante de LA vérité, si tant est qu'il y en ait une. Devant victime et bourreau, il est hors de question de rester à l'écart ! Une photo dites-vous n'a jamais arrêté une guerre. Affirmation légère de votre part : l'abondance de photos et de reportages sur la guerre états-uniène du Vietnam a plus sûrement influé sur l'opinion que la réalité du rapport de force militaire ( et à terme, y mettre fin ). D'ailleurs, la leçon est bien comprise aujourd'hui : après les guerres en Irak, en Tchétchénie, celle que fait Israel à Gaza se fera sans journaliste. Car ce que l'on ne voit pas n'existe pas... et non ce que l'on voit trop, ce qui semble fonder votre démonstration. Aujourd'hui, je vous le garantis, Voltaire prendrai son appareil photo...
Par Gavroche

Re: pour une fois, pas d'accord, Alain...

...Sontag n'est pas photographe, ce que semble indiquer la tournure de ma phrase...mais en connaissait bien le sujet. Elle le prouve dans ses réflexions...
Par poisson

Re: pour une fois, pas d'accord, Alain...

Les fauteurs de guerre ont une conscience. Elle pré-existe à tout. La vision des horreurs est sensé leur mettre le nez dans l'horreur pour leur donner mauvaise conscience face au reste du monde. Et nous spectateurs sommes sensés approuver l'exhibition de ces horreurs au nom de ce principe (exhibition en Une d'un journal, précisons. Dans d'autres contextes ces photos peuvent avoir un meilleur rôle). Il est temps de prendre conscience du hiatus que sont ces photos cises dans les medias et non dans l'histoire ou les procès de ces guerres.

Quand est-ce que des photos ont donné mauvaise conscience aux décideurs de guerre? On cherche en vain des exemples. J'ai bien peur qu'ils aient fait leurs choix en connaissance de cause, et que face à ces images ils soient prêts à nous exhiber en retour leur morts à eux, se délectant justement (un bon indien est un indien mort disait le général Custer...).

Par contre on sent bien que cela peut donner bonne conscience, à peu de frais, à tous. Sauf une lettre ouverte d'Alain Korkos, on n'est peu attaqué pour ce genre d'images donneuses de leçons en apparence, mais dont les leçons données sont mystérieuses et alléatoires. Sans doute les paroles de la chanson de Dylan : "How many time can a man turn his head ans pretend that he just doesn't see, the answer, my friend, is blowing in the wind, the answer is blowing in the wind". Sauf que c'est l'information par les mots qui empêcherai le mieux de prétendre qu'on ne sait pas, alors que l'information par les photos "fascinantes/repoussantes" peut faire détourner la tête, comme le dit Alain Korkos, et comme je me le prouve en lisant sa chronique (j'ai évité de regarder les photos).
Par Pacontente

Re: pour une fois, pas d'accord, Alain...

Citation:
Quand est-ce que des photos ont donné mauvaise conscience aux décideurs de guerre? On cherche en vain des exemples.
Les photos d'Abou Ghraib, ça vous parle. Si je n'en ai pas des dizaines, c'est parce que la mondialisation de l'information et des images à vitesse instantanée est trop récent. Bien sûr cette idée trouve sa limite dans le fait que seules les démocraties s'inquiètent de leur image (Israël étant une démocratie, on peut espérer).
Par Atom

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je suis d'accord avec Alain Korkos, plus on nous montre des images atroces et plus on s'habitue, pour cela d'ailleurs que je ne regardais plus le JT..
avant cette photo je n'aurais pu l'entra-percevoir, maintenant je dirais pas que je m'en fous, puisque ça m'as coupé l'envie de déjeuner, mais on s'y fait petit a petit...
IL y a aussi le sentiment de révolte face a ça, mais que fait t'on ensuite ? rien a mon sens c'est de la révolte a bon marché, celle que les gouvernants veulent bien susciter vu qu'elle n'est pas suivi de faits.
Par eskimo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

la question est = fait-on plus sans cette photo ?
Par Sémir

Lettre ouverte à Alain Korkos (où je ne suis pas d'accord avec vous)

Je suis à 95% non d’accord avec ce que vous dites même si souvent j’apprécie vos analyses.
Vos dites dans votre chronique


« En publiant cette photo insoutenable, vous êtes entré dans une logique allant à l'inverse de vos espérances : au lieu de faire prendre conscience au chaland de ce qui se joue à Gaza, vous l'avez paralysé dans l'horreur. Et la seule chose qu'il peut faire, le chaland, c'est détourner le regard et peut-être même vomir. Car s'il est vrai que le spectateur des unes accrochées au kiosque n'est rien d'autre qu'un voyeur un tantinet anesthésié, il n'aime pas qu'on le lui rappelle trop brutalement. Parce qu'alors il se sent accusé du crime de passivité face aux images et aux événements, dont il n'est en vérité pas responsable. »

=>
Je ne suis très peu d’accord avec ce que vous dites. C’est vrai que voir des images trop crues met mal à l’aise…
Le spectateur n’est pas un chaland « anesthésié » même si on fait tout pour qu’il le soit. Le chaland comprend ce qui se passe malgré tout.

Cependant, concernant la Palestine qui vit sous occupation raciste d’Israel, cet état sioniste (basé sur le nationalisme juif), il est plus que temps de dévoiler la vérité que vit ce peuple depuis plus de 60 ans.
Dès-lors, je suis pour l’image « coup de point », l’image choquante, une seule qui détruit tant de préjugés anti –palestiniens.

Cette image n’est ni fabriquée, ni manipulée. Elle est vraie. Elle vous mets peut-être vous mal à l’aise plus que d’autres…
On nous a bassiné avec les milliers et les milliers d’images du 11 septembre 2001 par exemple (avec soit dit en passant le fait que les victimes étaient de multiples nationalités et pas seulement américaines…).

Pourquoi ne pas dévoiler cette réalité en Palestine occupée alors ?
Parce que ce sont des Arabes ?
Parce que ce sont des Juifs qui les tuent avec des armes américaines ces mêmes Arabes?
Parce qu’Ehoud Barak ce Juif grand tueur d’Arabes veut gagner les élections ur le sang de femmes et d’enfants ?
Ce sont ces questions que vous ne voulez pas en réalité que les chalands « anesthésiés » se posent.

Les « rokets » palestiniennes ont fait 3 morts en 7 ans. (source Jimmy Carter…)
Les bombes à fragmentation des sionistes on déjà tués 250 enfants en presque 3 semaines.

Ah oui, c’est vrai que « les Palestiniens envoient leurs enfants à la mort » comme le claironnent les sionistes. Ça par contre, cette image est rentrée dans la tête des gens ansthésiés.
Les Missiles Américains utilisés par Israel à 5 kilomètres d’altitude tuent des femmes, des enfants, des vieillards… et ce n’est pas la propagande sioniste qui cachera cette vérité.
Vous avez oublié le massacre de Deir Yassine, vous avez oublié Cana, vous avez oublié Balata, Rafah, Dar El Balah, vous avec oublié Jenine ??!
Le massacre de Djenine il y a 5 ou 6 ans… Bernard Henri Levy posait la question « Y a-t-il eu massacre ? » comme Glucksmann la pose maintenant « Gaza, une riposte excessive ? » : ce ne sont que des porte flingue des sionistes, à défaut d’être eux–même sionistes. Le sionisme, cette idéologie hideuse, raciste et criminelle.



Vous dites encore :
« Et la violence de cette photo, et l'injonction qui se dissimule derrière (« Réveillez-vous ! ») font que son coeur se soulève en un spasme incontrôlé. Et le petit déjeuner qu'il déverse brutalement sur le trottoir n'est pas une marque de dégoût envers la violence d'Israël, mais envers la vôtre qui avez voulu tirer un peu trop fort sur la corde de l'émotion qu'il fallait, pensiez-vous, à n'importe quel prix réveiller. »

L’état d’Israel utilise bien l’Hollocauste pour « paralyser » aussi les Européens entre autres… Oui ça aussi cela m’inspire du dégoût car la Shoah est universelle et pas une « marque déposée » pou servir des ambitions territoriales.
Oui et je pèse mes mots, la Shoah est aussi utilisée comme une arme pour ne pas critiquer cet état abject qui est le seul au niveau de l’opinion publique à soutenir la guerre d’Irak, le seul qui regrette Bush et est contre Obama (sic.. même l’opinion du peuple de l’Angleterre a été contre tout ça..).

Alain Korkos, pourquoi vous ne vous offusquer pas lorsque l’armée sioniste empêche les journalistes de témoigner à Gaza ?
Aujourd’hui Monsieur Korkos, c’est Al Jazira et El Arabiya qui sont la fierté des journalistes et pas CNN, Fox, TF1, MBC etc…
Des journalistes qui montrent l’évènement au risque de leur vie et ne sont pas des marionnette manipulées par l’armée comme durant la 1ère Guerre du Golfe (vous avez oublié ?) etc…
Monsieur Korkos, vous n’êtes pas choqué par les images de l’armée sioniste sur You Tube nous montrant des images fixes avec un viseur au milieu ?
Vous n’aimez pas cette image diffusée par le journal l’Humanité car vous vous dites qu’elle fabrique de l’antisémitisme en réalité.
C’est cette raison qui vous fait réagir.
Or, la réalité est la réalité.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:14 le 10/01/2009 par Sémir.
Par Gavroche

Re: Lettre ouverte à Alain Korkos (où je ne suis pas d'accord avec vous)

Merci Sémir, il n'y a rien à rajouter...

Lire l'article de Bernard Langlois dans Politis de cette semaine, ça s'appelle "silence on tue..."
Par Sémir

Re: Lettre ouverte à Alain Korkos (où je ne suis pas d'accord avec vous)

Pas de quoi Nathalie.
Bonne année.

SEMIR
Par Sémir

Re: Lettre ouverte à Alain Korkos (où je ne suis pas d'accord avec vous)

Heu... désolé, pas de quoi Gavroche...
Bonne année aussi.

SEMIR
Par IndexOne

Re: Lettre ouverte à Alain Korkos (où je ne suis pas d'accord avec vous)

Très juste et vous pointez du doigt les véritables sujets tabous de ce conflit :
- problématique des lois mémorielles et de l'utilisation de la Shoah pour stopper le dialogue
- l'antisémitisme et son lot d'hypocrisie (l'antisémitisme n'hésites pas ! seul le racisme existe !)
- le double discours et l'atténuation (voir déformation) de la réalité auxquels ont recours l'état d'Israël et ses communicants (et cette photo fait prendre conscience de cela justement)
- symétrie des 2 "camps" qui n'hésites pas (très bonne remarque à ce sujet de Serge Gordey dans l'émission)
- rappel nécessaire de la chronologie et de l'historique de ce conflit car chaque partie joue la surenchère dans la victimisation

Dès que l'on rentre dans ces sujets, notre manichéisme, forgé avec l'apprentissage de la guerre 39-45 dans notre cursus scolaire français (la religion est aussi pas mal dans ce domaine), ne permet plus d'interpréter... Relativisions notre vision du mal absolu (comme on nous l'a enseigné) et surtout admettons que la victime d'hier peut être le bourreau d'aujourd'hui !

Cette photo est très choquante et l'on a, humainement, un sentiment de répulsion. Il ne faut pas s'arrêter à la répulsion de la guerre (et de l'horreur) et vouloir un statut quo (donc un cessez le feu et on repart comme avant cette offensive). Dépassons justement l'émotionnel ! Il faudra autre chose pour régler ce conflit de 60 ans !

Alain Korkos a le mérite de se mouiller dans cette affaire et de susciter un débat ou une réflexion personnelle. Et rien que pour cela, je vous en suis très reconnaissant !
Par Sémir

Re: Lettre ouverte à Alain Korkos (où je ne suis pas d'accord avec vous)

"Relativisions notre vision du mal absolu (comme on nous l'a enseigné) et surtout admettons que la victime d'hier peut être le bourreau d'aujourd'hui ! "
=> c'est vrai, la barbarie est en chacun de nous.
Le Rwanda a été possible en Afrique...
Le génocide cambodgien a été possible en Asie...
Le génocide juif a été possible en Europe...
En Algérie, durant la Guerre civile, des femmes et des enfants ont été victimes de massacres...

"Alain Korkos a le mérite de se mouiller dans cette affaire et de susciter un débat ou une réflexion personnelle. Et rien que pour cela, je vous en suis très reconnaissant !"
=> Il a le droit et c'est pourquoi j'utilise aussi ce même droit
;-))

SEMIR
Par Lisuzan

De l’intérêt de la réflexion

Citation:
Il a le droit et c'est pourquoi j'utilise aussi ce même droit

Hélas, vous utilisez aussi sa tendance à jouer de l’omniscience dans « l’ambition à déterminer ses intentions prétendument dissimulées » - dommage :-(

Eventuellement nécessaire pour un chroniqueur en recherche de réactivité de son lectorat, cette ambition démesurée peut s’avérer rebutante pour un péquin lecteur.

Si l’effort de réflexion requiert indubitablement la distanciation, un effort identique se doit d’être exigé en vue de ne pas contrevenir « à l’humain » – à mon sens, sauf exception, le discernement humain ne peut se prévaloir au-delà de ses limites :-)

La valeur de l’intelligence humaine consiste singulièrement à œuvrer dans ses limites – si, si :-)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:14 le 26/01/2009 par Lisuzan.
Par Alain T.

Re: Lettre ouverte à Alain Korkos (où je ne suis pas d'accord avec vous)

Semir , merci pour ce cri du coeur Votre analyse est pertinente .
Oui l'holocauste est et sera encore longtemps l'alibi des sionnistes sanguinaires et sans âme.
Oui nous sommes empêchés d'exprimer le dégoût ressenti par la barbarie des occupants sionnistes.
Par Sémir

Re: Lettre ouverte à Alain Korkos (où je ne suis pas d'accord avec vous)

Pas de quoi Olivier.
Je dis simplement ce que je pense.
Cependant, j'estime aussi que l'Hollocauste est un "évèvement" universelle car elle nous concerne tous... C'est ce qu'on m'a appris et je refuse dès-lors qu'on l'instrumentalise, on le privatise, on le récupère...

SEMIR
Par Olivier

Autre temps

Cette photo...

[www.chezthierry.info]

Y'a bien un journaliste qui a dû écrire une lettre ouverte à la rédaction des journaux qui ont diffusés cette photo de Hu?nh Công Út.

Mais ont-ils été nombreux ? Ce cliché et quelques autres ne furent pas pour rien dans la prise de conscience des États-Unis dans le conflit vietnamien.

L'Huma a eu raison de publier cette photo. Malheureusement les confrères l'on débiné dans leur immense majorité au nom de la "complexité" de ce conflit. Autre temps.
Par rimbus

Belle étude de Ka

Bravo Alain !

Merci pour ces belles réflexions qui me font penser à d'autres choses...
En matière d'érotisme le suggéré a plus de puissance que la nudité crue, de la même manière, je trouve. La pudeur est génératrice d'érotisme en quelque sorte.
Le voyeurisme n'a d'attrait que si on a conscience de braver un interdit, de faire un effort pour accéder à l'image dont la vision est alors plus intense.

Néanmoins, c'est en voyant les images terribles de "Nuit et brouillard" que j'ai mesuré, alors que j'étais encore tout jeune, l'horreur de la Shoa. Pour ne pas être manichéen, je serai tenté de dire que l'excès visuel n'est pas a proscrire, mais que son accessibilité ne doit pas être immédiate. Cette couverture de l'Huma est en ce sens racoleuse et ressemble, dans la méthode de communication, aux couvertures scandaleuse des magazines bas-de gamme sur les pipoles, ou aux pineupes à poil des tabloïds populistes anglais.
Populiste plus que populaire. Parce que faire appel a l'impression brute, au détriment de la réflexion et de l'imaginaire est une démarche populiste. C'est privilégier une opinion immédiate sur une opinion réfléchie qui va au delà de l'instinct premier.

Il serait souhaitable que l'Huma redevienne un journal populaire.

D'autre part, en ce qui concerne cette guerre actuelle, je crois qu'il faut privilégier l'information montrant les exemples d'amitié judéo-arabe.
Ils sont nombreux. C'est plus efficace pour faire avancer la cause de la paix. Au contraire, ce genre d'images de victimes comme vitrine appelle à la vengeance, alimente la spirale de la violence. N'est-il pas plus constructif de parler aussi de Uri Avnery et de Gamal el Banna, ce juif et ce musulman qui sont à l'opposé de l'extrémisme de leur camp. Des intellectuels capables de transcender la posture conservatrice et agressive qui fonde chaque religion.

[fr.youtube.com]

Salam-Shalom



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:44 le 10/01/2009 par rimbus.
Par Paméla

Re: Belle étude de Ka

a voté !

Merci à Rimbus !
Par rimbus

Re: Belle étude de Ka

C'est sympa Paméla :)
Par MonaO

Re:les images et la volonté de comprendre

Par Paméla

Re: Belle étude de Ka

Le lien indiqué par Rimbus

Une chanson chantée en hébreu et en arabe ! C’est de la même veine que le Projet Face 2 Face.

Je n’ai pas trouvé les paroles en français, mais tout le monde peut comprendre

en hébreu : "Hevenu Shalom Aleinu" (We Brought Peace Upon Us) –
en arabe : "Ma Ana Ajmal Min Salam" (There is Nothing More Beautiful Than Peace).
Par sleepless

Re: Belle étude de Ka

Merci Rimbus et Paméla.
Votre lien vers Face... ne renvoie qu'à la page d'accueil.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14:23 le 10/01/2009 par sleepless.
Par Paméla

Re: Belle étude de Ka

Citation:
Votre lien vers Face... ne renvoie qu'à la page d'accueil.


Ah zut, je n'ai pas vérifié.
Voilà le bon lien
Face 2 Face

Merci !
Par MonaO

Re: Belle étude de Ka

Au matin du 27 décembre , j'entendais une info terrible ; bombardement de Gaza .

J'ai eu le besoin irrépressible de retrouver cette chronique Face2Face ,
pour ne pas perdre de vue que la réalité est dans ce peuple unique
qui a vécu côte à côte pendant des millénaires , à peine partagé sur des histoires de dieu unique .


La violence a pris cette forme au moment de la partition de ce pays en deux peuples que
l'on a voulu antagonistes pour les besoins de pouvoirs politiques totalement étrangers à ce qui était la PALESTINE .
Par PatriceNoDRM

Quitter, au moins pour un instant, le confort tranquille de sa propre destinée.

M. Alain Korkos, votre réquisitoire est habile, et vous avez failli me convaincre. Mais je reste convaincu que c’est une erreur de ne présenter que des photos édulcorées des différentes catastrophes qui émaillent l’actualité.

En effet, je ne crois pas que « l’accumulation d'images horribles a un pouvoir hautement anesthésiant ». Je ne pense pas être le seul à être bouleversé par certaines images, y compris par celles auquelles ont est habituées, comme celle d’un SDF enroulé dans ses cartons.

En revanche, je crois au pouvoir anesthésiant de l’oubli. Montrer l’horreur vécue par certains de contemporains oblige à quitter, au moins pour un instant, le confort tranquille de sa propre destinée.

Etre bouleversé par une photo ne change pas le sort des malheureux concernés. Mais « être paralysé par l’horreur », « vomir », « se sentir accusé de passivité alors qu’on est pas responsable »… tout ça vaut mieux que le pire de tout : l’oubli et l’indifférence.

Pour conclure, je me permettrais de parler de moi. J’ai la cinquantaine, et j’ai commencé à fumer à 18 ans, à une époque où on donnait des cartouches de cigarettes aux appellés. Aujourd’hui, beaucoup critiquent les images fortes collées sur les paquets de cigarettes : je peux vous dire que si cela avait été le cas quand je me suis retrouvé en âge de fumer, je ne me serais probablement jamais retrouvé aux urgences à 34 ans pour y subir un double pontage.

Beaucoup de gens ne lisent plus, ne pensent plus (certains par fénéantise intellectuelle, d’autres par manque de temps) et atteindre leur conscience passe forcément par l’image.

PatriceNoDRM
Par amad

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Si les photos d'horreur sont anesthésiantes, pourquoi les journalistes sont ils interdits sur les lieux du massacre? C'est parce les photos constituent des preuves des massacres. Qu'a t on a opposer aux négationnistes sinon des images?
Il faut aller plus loin dans l'analyse, l'Huma n'est pas soupçonnable de vouloir vendre du papier, ou alors elle s'y prend bien mal depuis des années en s'évertuant à couvrir des grèves et autres mouvement pas forcément très "vendeurs".
Par Sémir

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Bien dit et bien pensé.
Je suis Ok avec cette remarque pertinente.

SEMIR
Par toni

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Comment Alain Korkos, à l'esprit par ailleurs pertinent, peut-il être amené à exprimer de telles idées ??? Selon lui ce type de photo à sensation créerait de l'insensibilité. Et donc ça justifierait qu'on arrête d'en produire. L'analyse est brève, simpliste, pour ne pas dire ridicule !!
C'est vrai qu'avec l'habitude on devient moins sensible à l'horreur (c'est vrai pas seulement en matière de visionnage de photos, mais dans nombreuses circonstances de la vie quotidienne !!). Et on peut comprendre que Korbos (comme Mme Sontag que je ne connais pas) à force de visionner quotidiennement des milliers de photos, de part leur métier, depuis des années, sont plus immunisés que le pécus vulgus que nous sommes. On ne peut que croire AK, si cette photo le laisse froid, c'est qu'une overdose de photos a dû à la longue l'insensibiliser. C'est comme pour les drogues et les médicaments, à force d'en prendre on ne sent plus rien ! Seulement voilà, la solution ne vient pas alors de supprimer les médicaments mais d'en augmenter la dose !!!

C'est pourquoi, j' admets ce principe d'accoutumance aux photos d'horreur, je ne partage pas la solution préconisée par AK consistant à les supprimer (où, pire, à les remplacer par des photos softs, à moins que celles-ci soient en elles-même très provocatrices). Je crois au contraire qu'il s'agit d'augmenter le degré d'horreur (si j'ose dire) pour continuer à créer de l'effet sur le public (car c'est vrai que le public est envahi aujourd'hui par tant d' images qu'il s'habitue vite) . De ce point de vue, le degré d'horreur photographique n'est sans doute pas encore atteint. Et on peut imaginer que la photo de cette petite fille, si horrible soit-elle, n'a pas encore atteint son apogée d'horreur...

En résumé, tout est une question de perception. Une photo peut laisser de marbre, comme créer une forte réaction. Mais dès lors que la photo de presse a comme objectif de mobiliser l'opinion publique (ce qui est le cas dans ce journal militant tel l'Huma) alors elle doit jouer jour après jour sur le curseur de la sensibilité des lecteurs. Il est évident qu'à terme, l'effet se dissipera. C'est tout l'art du photographe que de savoir doser l'impac émotionnel de ses prises de vue.
Par Sémir

Cette photo est très forte

En fait cette photo est très forte.
Quoi de plus innocent qu'une petite fillette ayant vêcue toute sa vie dans cette prison à ciel ouvert qu'est Gaza.
Cette petite fille tuée, assassinée par les sionistes.
Monsieur Korkos ne veut pas que l'on voit cette réalité.

SEMIR
Par Watson

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci pour cette chronique, M.Korkos.


Je ne proposerai pas d'images, comme je le fais habituellement sur le forum, mais un passage écrit qui marque, tant il semble encore actuel :

"Voici comment, en 1913, se présentent le monde et la société : la vie a été aliénée, inextricablement et totalement. Il règne une sorte de fatalisme économique attribuant à chacun, qu'il le veuille ou non, une fonction précise et, par-là, des intérêts qui vont jusqu'à déterminer son caractère. L'Église est considérée comme une entreprise de sauvetage de moindre importance, la littérature comme une soupape de sécurité. peu importe comment on en est arrivé à cette situation-, elle est ce qu'elle est et personne ne saurait s'y soustraire. Les perspectives, en cas de guerre par exemple, ne sont pas réjouissantes. Les masses seront alors envoyées pour régler le problème démographique. Mais la question la plus profonde et la plus brûlante qui se pose, nuit et jour, est bien celle-ci : existe-t-il quelque part une puissance assez forte, et surtout assez vivante, pour abolir cet état de fait ? Et si elle n'existe pas comment s'y
dérober ? la raison se laisse dresser et soumettre. Le cœur humain, cependant, se laisse-t-il tranquilliser au point que ses émotions soient prévisibles ?
(…) développer des recommandations économiques et politiques n'est pas suffisant. Ce qu'il faut c'est une ligue de tous ceux qui ne veulent pas être soumis à ce mécanisme : une façon de vivre qui résiste à l'utilitarisme. L'amour orgiastique pour tout ce qui est inutilisable et inexploitable."

Hugo Ball, extrait de son journal 1913-1921, éditions du rocher, 1993



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:54 le 10/01/2009 par Watson.
Par Elihah

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

En restant simple, parce que la rhétorique n'est pas mon fort, je vais réfléchir tout haut et basiquement...
...je suis d'accord avec l'idée que l'image obscène confronte au Réel, cad sidère (vous dites 'anesthésie') car le Réel effracte, l'émotion n'est pas gérable en tant que telle.
Il faut du discours, de la réflexion, du Symbolique pour en faire qqchose, ne serait-ce que se l'approprier assez pour la penser et réfléchir en amont et en aval d'elle.

Je suis aussi d'accord avec l'idée qu'on est dans un rapport marchand: le Réel fascine, on se dédouane de son impact en se disant qu'acheter /regarder c'est 'ne pas détourner son regard de ce qu'il se passe dans le monde'.
Oui, d'accord.Et?
Une fois qu'on a acheté/regardé?Bon, on a éventuellement fait gagner du blé au journal, youpi.

Là encore, il faut du discours, pour en faire qqchose: et c'est à ce moment là que l'image peut arrêter une guerre: quand il y a du discours dessus.
Que ce discours fait opinion.
En soi, elle ne 'fait' rien, l'image.
Elle effracte, fascine, sidère, et surtout elle habitue.
L'habituation, phénomène tellement facile à mettre en place..vous savez, la grenouille dans la casserole...
Et là il faut se demander pourquoi , par qui et comment la grenouille est posée dans cette situation là.

C'est facile de dire que puisque les gens ne lisent/pensent plus, il faut les abreuver d'image pour les informer.
Depuis que nous sommes à plein dans une civilisation du visuel (mettons 30 ans?massification de la tv), l'image est tellement partout qu'elle devient trop furtive: effet d'émotion puis oubli/déni parce que l'émotion dérange, tout en nous façonnant/habituant à des comportements.
L'image a une puissance de choc, mais le choc, à part rendre groggy...

Mmhhh....
Par JREM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

On voit des photos atroces. Et il doit y avoir encore pire!
Et que fait-on? on se demande si on peut les montrer?
La LICRA va dire qu'elles incitent à la violence et qu'elles vont
provoquer des violences CHEZ NOUS. On verra sans doute que
c'est vrai à la fin de la manif de cet après-midi.
Alors quoi?
Ne publions plus rien, faisons l'autruche, pour garder notre
petite tranquillité.
Et que dites-vous? Il ne faut pas les montrer car elles ont un
effet anesthésique! Susan Sonntag l'a dit.
Et moi je dis, qui d'autre l'a dit?
Effet anesthésique..? Tu parles !
Il faut montrer! Montrer tout! Ne rien cacher!
Ecoeurez nous de la guerre et de la violence, que tout le monde
vomisse, crache ses tripes.
Une photo n'a jamais arrêté une guerre?
Mais des photos comme ça, il y en a des millions.
Et moi je veux toutes les voir! Car elles me feront si mal
que je détesterai à jamais la guerre.
Par Sémir

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Il faut témoigner, montrer l'immontrable.
Sur ce coup Alain Korkos me déçoit.
Je pense que cette photo lui fait mal d'une certaine manière.

SEMIR
Par sleepless

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci Alain, pour cette chronique qui comme d'habitude donne à réfléchir. Ce qui est le but de ce site, n'est-ce pas ?

Mais je pense que vous avez négligé un aspect primordial du choix de cette photo insoutenable : le contexte.
Nous sommes en pleine guerre de l'image.
Rien ne nous arrive qui ne soit contrôlé, orienté, suggéré.
Aucun journaliste ne peut rentrer dans Gaza.

Alors il faut faire fort.
L'Huma a choisi de le faire.
À tort, à raison, je ne sais pas.
Mais, oublier le contexte de propagande et de guerre de l'image me semble un peu dommage, surtout ici.
Par Lisuzan

La guerre de l'image

Citation:
… Alors il faut faire fort. L'Huma a choisi de le faire. A tort, à raison, je ne sais pas.

D’accord avec vous, Maître Korkos a « négligé » le contexte de propagande et de guerre de l’image ce qui nous vaut moult réflexions passionnantes et vigilantes sur cette intéressante « chronique » par des @sinautes souvent pertinents – merci à tous :-)
Par José Luis Moreno

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Décidément, j’ai du mal avec les chroniques de M. Korkos. Tout comme M. Korkos semble avoir du mal avec la publication des images montrant les atrocités commises à Gaza. Judith appelle cela un « idéologème ».
Nous avons encore eu droit au célèbre aphorisme korkozien : » jamais une photographie n’a mis fin à une guerre ». Exact, les images ne mettent pas fin aux guerres, pas plus que le 20 heures de la 2, les chroniques de M. Korkos, ou la consommation à Noël de dinde aux marrons. Elles ne sont pas faîtes pour ça. Elles sont normalement faites pour informer, pour appuyer une cause, pour influer sur les opinions publiques, voire pour gagner du fric comme dans le cas de Paris-Match et de la petite colombienne.
Je ne suis pas lecteur de « l’Humanité », journal militant, organe d’un parti politique qui n’est pas le mien. Personne ne peut évidemment prétendre que ses motivations pour publier cette photo en première page soient les mêmes que celles qu’aurait eues « Paris-Match ».
Je remercie par contre M. Korkos de m’avoir fait connaître cette photo épouvantable que je n’avais pas vue, l’Huma n’arrivant pas à Barcelone. Par contre le rappel de celle de la petite Omayra était peut-être superflu car ne pouvant « mettre fin à une éruption volcanique ».
Par Bondurant

Nullement convaincu

Je ne suis pas convaincu par cette argumenation qui vise a "bisousnoursiser" les atrocités de ce "conflit".

La raison principale tient au fait que la photographie n'est qu'un support de communication et que l'ennemi de la communication est la monotonie ou la constance ,parce qu'elle induit une baisse d'attention. Par conséquent la seule bonne stratégie pour susciter l'attention n'est pas soit de propposer des photos de plus en plus choquantes soit de proposer des photos "petite-maison-dans-la-prairie" comme vous le suggerez (je caricature volontairement) mais de varier. En ce sens, cette photo en une est une tres bonne variation qui stimule l'attention. L'erreur serait cependant de proposer le meme type de photo pour les prochianes unes.

Quand aux arguments exposés en fin d'article, je les trouve quelque peu légers.
- "Jamais une photo n'a mis fin a la guerre". Est-ce l'objectif de cette photo? Si nous devions attendre un résultat patent pour chacun de nos actes, nous ne ferions plus rien. Ce qui compte c'est la DEMARCHE, plus que le résultat. C'est pour la meme raison que vous coupez le robinet d'eau quand vous vous brossez les dents. Pourtant vous ne pensez pas que ce simple acte va avoir un impact significatif.
-Quand a l'argument final sur l'humanité des images, je vous renvoie a Machiavel et la nécessité de parfois feindre ou se comporter en lion (de maniere inhumaine ou brutale donc) afin de ne pas etre balayés par les véritables lions qui ne s'embarassent pas d'humanité. Brillante analyse de Dérida dans le Diplo de septembre, je crois.
Par mikhael

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci monsieur Korkos pour cette chronique très intéressante. Je trouve certains commentaires un peu déplacés car ils parlent du problème israélo-arabes plus que du sujet de la chronique (utilisation des images par l'humanité ou d'autres journaux). Le raisonnement est simple: il y a un massacre des habitants de Gaza par les palestiniens donc tout ce qui vise à le montrer est juste.
Le problème est que ce genre de situation (enfant, mais aussi adultes tués atrocement) existe tous les jours (cf. les sujets sur l'Afrique évoqués lors de la dernière émission) et l'on nous donne à voir aux infos, sur les journaux des scènes atroces qui banalisent notre regard à ce sujet. Lorsqu'un stimulus est répété, il y a phénomène d'habituation qui fait qu'on n'aura plus la même réponse au stimulus. Il ne s'agit pas de cacher les horreurs de la guerre, elles peuvent tout à fait être montrées lorsqu'elle sont fortement contextualisées, expliquées, etc .. ce qui n'est pas possible sur une couverture de journal. La photo de l'humanité pour moi est choquante pour cela et aussi parce que le titre semble dire: regardez vite à l'intérieur, vous en trouverez encore pleins. Elle utilise les mêmes mécanismes de "teasing" que pour n'importe quel autre sujet (titre accrocheur, enfant utilisé pour plus de compassion, etc ...).
Je reçois parfois des mails avec des dizaines de photos atroces sans presque une seul commentaire, brutes, dont le but est juste de choquer, de faire appel à l'émotionnel plus qu'à la réflexion. Cela n'aide pas le débat. Je pense que de connaitre la situation de Gaza avant les manœuvres israéliennes, de contextualiser le conflit, d'humaniser les protagonistes (pas de les rendre symathique mais d'en faire autre chose qu'une image qu'on va utiliser pour tel ou tel but, les montrer en tant qu'être humain) comme il est fait avec les reportages sur le site d'Arte (cf. dernière émission) aide plus à prendre partie (ou pas) qu'une image aussi atroce soit-elle.
Par Pierre LABATE

L’imbécile regarde le doigt.

« Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. »

Alain Korkos n’est certainement pas un imbécile, mais il a une étrange propension à vouloir que nous ne nous intéressions qu’au doigt (L’Humanité).
Est-il un examinateur scrupuleusement objectif de l’Image ou exprime-t-il un indicible parti pris ?

Ses propres arguments et les citations écrasantes de Susan Sontag - quelqu’un qui sait réfléchir et qui l’a fait d’avance pour nous : plus besoin de se prendre la tête ! - ne sont pas dénués d’intelligence et de contenu.
Impression de “déjà vu”, dans l’art ou dans d’autres images récentes…
Esthétisation “pornographique” de l’horreur et de la souffrance…
Dégoût, habitude et indifférence…
Admettons.

Mais ne s’agit-il pas de botter en touche devant la réalité même ?
Celle-ci n’existerait-elle plus, supplantée par des images plus ou moins réelles ?

Ce dont témoignent aussi - voire surtout - les images de L’Humanité, c’est que le gentil bidasse de Tsahal (fierté d’Israël) parti la “fleur au fusil” pour la bonne cause, participe d’une guerre sale, vraiment très sale.
Toutes les guerres le sont, direz-vous…

Oui, bien sûr.
Mais, jusque-là, pas celles conduites par la belle démocratie israélienne, humaniste, propre sur elle, dont l'armée est parée d'une blanche armure d'éternelle victime de la Shoah.
Ah, non, tiens là il y a une tache.
Finalement, encore une autre ; car les salissures sur le treillis - citées plus haut par Semir (10/01, 11h13) - sont régulièrement effacées.

Ne serait-ce pas pour cela que les reporters israéliens et étrangers sont interdits de présence et de compte-rendu sur le terrain ?
Si l'image des souffrances de guerre a si peu d'impact, pourquoi vouloir la cacher ?
Alain Korkos n'a pas voulu entendre les contre arguments énoncés dans l'émission d'@si d'hier.
Il essaie de nous convaincre qu'il faut détourner le regard ou que ce regard est vain.

Objectivité ?



Modifié 2 fois. Dernière modification le 13:38 le 10/01/2009 par Pierre LABATE.
Par lilalilou

Cachez ce visage que je ne saurais voir

Clap clap clap! BRAVO!

Je suis comme vous Monsieur Korkos;une âme sensible qui n'a plus d'appétit depuis le visionnage de la photo!
Quel salaud, celui qui a pris la photo!
Quel voyeur, ce rédacteur en chef de l'huma!
puis regardez-moi cette gamine, quelle indécence! mourir pour nous choquer et pour faire du sensationnel, c'est trop dur pour nos petits neurones chéris!

Méprisable mon commentaire?
oui, autant que votre article!
Par Sémir

Re: L’imbécile regarde le doigt.

Parmi toutes les images de la "guerre à Gaza", je trouve cette photographie comme la plus forte, la plus symbolique.
Au contraire d'anesthésier, je trouve même cette photo éternelle car touchante.
Cette image me touche.

SEMIR
Par Pierre LABATE

Mais qu'est-ce qui est insoutenable ?

Par jeff, 19:27 le 10/01/2009
« (…) pour moi, cela ne justifie pas l'utilisation de procédés médiatiques que je trouve irrespectueux envers les morts, voire carrément dégueulasses (excusez le mot) quand ils sont utilisés à des fins de propagande. »
Cela sonne comme une paraphrase lapidaire de l'exposé savant d'Alain Korkos.

La manière dont l'humanisme est en train d'exprimer dans ce forum fait vraiment froid dans le dos !

Il faudrait donc, d'abord et avant tout, être respectueux de l’IMAGE des morts, de morts qui étaient bien vivants il y a moins d'une semaine et ne demandaient qu'à vivre. Des personnes qui n'ont jamais posé comme revendication d'être respectées en tant que cadavres.

Quelle sinistre hypocrisie.

La priorité n'est donc plus de laisser vivre les vivants ?

C'est bien dans cette manière de penser que se dévoile une obscénité irrémédiable.

En vérité, ce qui est insoutenable dans les images choisies par L’Humanité, c'est qu'elles représentent un miroir sans concession pour tout ceux qui ont voulu cette guerre et qui la soutiennent encore aujourd'hui : les soi-disant porteurs de civilisation sont aussi barbares que les autres, voire davantage, car la disproportion des forces en présence est une évidence pour tous.
Aussi cyniques que les autres… ils intègrent enfin la grande famille humaine : finie l'exclusion.

Alors qu'arrive la journée européenne de commémoration de la Shoah, le crédit victimaire est dilapidé à chaque coup de canon, à chaque survol de drone.
Quelle pédagogie mémorielle pourra être entendue en regard d'une telle actualité ?
Simone Veil va être bien seul avec ses atroces souvenirs…
Par petit - saconnex

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Bravo pour votre chronique . Je n'ai pas lu toutes les réponses à votre chronique ,mais un intervenant évoque les photos des camps de concentration.Je crois que le coeur du problème est là; l' "Humanité "voudrait nous faire croire que les Israeliens se comportent comme les nazis dans le ghetto de Varsovie. C'est un thème bien connu de l'hostilité à Israel. Cela n'honore pas l'" Humanité " ,et cela attise la haine plus qu'autre chose.L ' "Humanité" a été fort discrète sur le génocide cambodgien dans les années 1970, et je ne pense pas qu'elle ait beaucoup évoqué les attentats suicide commis en Israel.Je crois qu 'on peut y voir un vieux fond stalinien( les mauvais sont très mauvais alors que les bons sont sans défaut). vous avez raison de souligner que les projets de coopération israelo -palestinien sont davantage porteurs d'espoir, et plus conformes à la réalité.
Par toni

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

... et pourtant la réalité est faite aujourd'hui de ces massacres d'innocents. Appelez cet état de fait comme vous voulez, dites que ce n'est pas le seul dans l'histoire, dénoncez d'autres génocides dans le monde, il reste que les morts de civils qui se comptent par centaines à ce jour seront toujours des morts. Oui, les images sont des témoins contre les négationnistes de tout poil, ceux qui nient en permanece une réalité qui dérange. Des glaciers des pôles qui fondent aux visages de fillette ensevelies, les photos renseignent, elles alertent, elles dénoncent la bêtise des hommes sur ce globe. Koskos en s'attaquant à la force de l'image mène un combat d'arrière garde, improductif et dangereux du point de vue du droit à l'information.
Par zedilone

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

On peut montrer tout mais pas dans n'importe quel contexte. (Déproges à peine détourné). Alain Korkos, vous passez trop vite sur la contradiction :images d'horreur anesthésiantes et une de journal qui fait vomir le passant. Il manque un bout d'argumentation.

Vous faites bien de rappeler la petite Omeyra (1985) et ramener au débat "montrer/ne pas montrer" à propos des images de l'actualité (quelles qu'elles soient ).

Il ne s'agit aucunement de censure mais des modalités d'une transmission. Certaines images atroces ont des besoins particuliers d'accompagnement…  autant de paroles (légende, article, débat) que d'une localisation de la parole. Pour moi, la une, le kiosque à journaux, la rue ne sont pas des lieux appropriés à cette monstration là. Ni le JT de 20 h, ni des supports comme Paris Match. En cela je souscris à votre lettre ouverte.

En revanche, un site comme @si répond à ce critère de localisation, il est approprié à la vision d'une image aussi épouvantable. Comme peut l'être un documentaire télévisé (très différent d'un JT), une exposition, une salle de cours, c'est à dire une géographie de la parole qui implique durée, un état d'esprit, des intentions, un contexte de "bonne volonté" (si ça ne fait pas trop chrétien). L'impact public en serait plus faible. Peut-être. Tant pis. Il y a mieux a espérer des résultats de cet impact là que de l'effet-choc qui provoque de la viscéralité de masse stérile, dangereuse. Je crains que la petite morte de la une de l'Huma n'est là que pour cette viscéralité là.

Il faut se donner les moyens de métaboliser les images sinon c'est du voyeurisme (avec ou sans haut le cœur) ou de l'obscénité. TOUT VOIR dans le moindre détail pour le fait unique de l'avoir vu.

D'ailleurs, n'y a-t-il pas une photo de trop dans votre chronique ?

Pour finir, les images de victimes sont doublement atroces. En plus du scandale de leur sort s'ajoute l'injustice d'être figé à tout jamais dans ce rôle ultime. Le devenir icône de mort tragique écrase tout le feuilletage, toutes les strates, toutes les facettes lumineuses et riantes qui font qu'une vie est une vie, enfant ou vieillard.
Par Médi 13

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Cher Alain Korkos , je trouve votre propos assez sévère . Cette photo a au moins le mérite de montrer que les bombes israéliennes ne tuent pas que les combattants du Hamas
Par aloko party

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Quand on feuillette Paris-Match, il y a les pages people, les pages cancan, les pages sensas de l'international... et le reste.

Et chaque jeudi, à 10h30, Madame L. réclame Match pour faire les mots croisés alors que son coiffeur lui fait son brushing.
Elle n'en a rien à faire des images des pages sensas de l'international, celles qui montrent des corps éventrés, des enfants zigouillés, des murs de sang.

Monsieur U. feuillette le même hebdo dans la salle d'attente chez son kiné, et regarde les images d'horreur des pages international.
Si c'est Gaza qui est ici étalé, il se dit, "bah ce conflit dure depuis si longtemps, ces gens ne peuvent s'empêcher de s'étriper".
Si c'est un conflit d'Afrique noire, les yeux en l'air et soupirant, il pense : "Ah, les guerres tribales des pays sous-développés !".
Tom, 12 ans, assis près de Monsieur U., regarde les images et les trouve "dégueulasses". Tout à l'heure, il jouera à un jeu vidéo haletant, où l'on dégomme des petits bonshommes plus vrais que nature.
X., maquettiste pour l'hebdo cité, bosse chaque semaine sur la rubrique gore depuis huit ans : Quel impact ont les images sur elle ?

Le pool rédactionnel de l'Huma savait exactement ce qu'il plaçait en couv, et l'effet produit.
Par hasard, un ami a montré l'autre jour à notre tablée la une de l'Huma.
Chacun a détourné le regard,
Deux ont immédiatement eu en tête la gamine colombienne montrée ici par Alain Korkos
sans pouvoir dater l'événement ni trouver le contexte.
Seule certitude : c'était avant que le Web ait intégré nos modes de consommation.

Alors je me pose cette question : quel impact ont les images sur nos consciences ?
La démonstration de Korkos est pertinente, hélas.
Elle vous dérange tant que cela ? Plutôt bon signe !
Par Siko

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je crois qu'il s'agit d'un de vos meilleurs textes sur ce site.

J'ai lu l'autre jour un article qui m'a bien plus donné envie de vomir que ce genre de photos, pourtant il n'était composé que de mots.

Le voici (très court) :
[www.lesoir.be]

Est-ce que selon vous, ce genre de textes rentrent-ils dans le même schéma de surenchère que la photo dont vous parlez ?
Perso, je l'ai trouvé à la hauteur de l'horreur que les gazouis vivent là-bas. Ill a son rôle à jouer. La représentation mentale que nous nous faisons de bombardements est souvent limité aux images "nettes et propres" dont Tsahal nous abreuve. La réalité au sol est tout autre et il est bon de s'en rappeler.

Pour finir sur une note positive, je vous conseille à tous de jeter un œil à ces courts métrages, ça fait un bien fou (produit par Arte) :

[gaza-sderot.arte.tv]
Par pascal

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

moi, ce qui me torture le plus à la vue de ce genre de photo, c'est le boulot de photographe.
Est-ce qu'un photographe se doit d'être un être humain ou une boite a images? c'est ça qui me torture et le mot n'est pas assez fort, il a pris sa photo et il a fait quoi? il est rentré chez lui et est déjà en train de penser à son prochain cliché ou au prix qu'il va remporter?
Ces reporters de guerre sont-ils en train de devenir les paparazzi du people (people dans le sens anglais du mot, du peuple, des gens) et sont ils encouragés par ceux qui acquièrent leur photos?
C'est tout ce que m'inspirent ces photos, un malaise énorme envers celui qui a pris la photo!
Par JREM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Moi ce qui me torture c'est que les parents, frères, amis de la victime puissent
aussi voir l'image. Ce qui me torture c'est l'agonie de la victime...
Voir une telle image et penser au photographe?
Il y a quelque chose qui me dépasse, que je ne peux pas comprendre.
Par Gavroche

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

C'est bien dommage qu'en voyant cette image, vous ne pensiez qu'au photographe... Comme dit le proverbe, le sage montre la lune, et l'imbécile regarde le doigt...

Excusez moi, mais quand je vois cette photo, je pense à la peur, à la douleur de cette petite fille morte, au chagrin de sa famille, je ne sais pas, je me dis, si c'était ma fille ? Si cette sale guerre était ici, chez nous, si c'était nos enfants ?

Discuterions nous aussi facilement sur ce forum, M. Korkos aurait-il le goût, comme il le fait aujourd'hui, de regarder "le match depuis les tribunes", de parler de la justesse ou non de montrer ou de ne pas montrer ... etc... ce qui n'est hélas, que la réalité, la vie, et la mort, horrible, d'enfants innocents, aujourd'hui, oui, sur la terre qui jadis, était un astre...
Par poisson

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Comme dit le proverbe, le sage montre la lune, et l'imbécile regarde le doigt...

C'est toi le doigt.
Par pascal

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

c est exactement ce que j'ai dit, pourquoi ce photographe ne pense pas à tout ça quand il prend sa photo, j en reviens donc au photographe!
C est dommage qu'il faille vous l'expliquiez et que vous preniez plaisir a débusquer qui vous parait un imbecile sur ce forum, je ne pense pas que ce soit son but.
Par jeff

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci Alain, merci.
Il y a juste un exemple qui me vient en tête quand vous dites qu'une photo n'a jamais arrêté une guerre.
Si on se remémore la période Vietnam, ce ne sont pas une mais les milliers de photos qui ont contribué à la prise de conscience.
Certaines sont extrèmement célèbres, vous les connaissez certainement. Mais il est prouvé aujourd'hui que ce qui a fait pencher le plus la balance de l'opinion publique côté américain ce sont les images des "bodybags" noirs dans lesquels on rapatriait les corps des soldats tués.
Un bodybag, ça n'est pas sanglant, si on ne savait pas à quoi ça sert, ça n'aurait eu aucun effet. Et pourtant, un bodybag, c'est lourd de sens.
Le choix de publier ces photos impudiques voire indécentes (moi je suis de ceux qui reconnaissent le droit aux victimes de reposer en paix sans passer par la case instrumentalisation) relève d'un odieux commerce, celui qui tend à vendre un papier sous couvert de militantisme. Cet enfant a une famille qui n'a pas forcément envie de voir le visage de leur enfant tragiquement perdu exposé de la sorte. Mais voilà, certains s'approprient ce visage, cette vie, cette pathétique destinée, pour en faire leur gagne-pain, et accessoirement leur propagande.
C'est indigne et irrespectueux. Non, messieurs de l'Humanité, l'humanité ne vous appartient pas !
Par JREM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Votre raisonnement est-il valable pour un film comme NUIT ET BROUILLARD?
Par jeff

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Désolé, je ne connais pas ce film.
Merci de bien vouloir combler ma lacune et m'expliquer le rapport avec ce que j'ai écrit.
Par JREM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

[fr.wikipedia.org]

aller en bas de page: voir aussi : film



Modifié 2 fois. Dernière modification le 18:18 le 10/01/2009 par JREM.
Par JREM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Le rapport:

Ces victimes là aussi ont le droit de reposer en paix, et de ne pas se trouver
dans un documentaire.
Par jeff

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Le rapport:

Ces victimes là aussi ont le droit de reposer en paix, et de ne pas se trouver
dans un documentaire.


Je viens de suivre le lien vers la page Wikipedia.
D'abord, merci, ne serait-ce que pour ma culture générale.
Maintenant, je ne vois tout de même pas où vous voulez en venir. Ou plutôt, j'ai un peu peur de l'amalgame que vous faites entre l'objectif de ce film, celui de la publication de cette photo et mon propos.
D'après ce que j'ai pu lire, grace à vous :
Ce documentaire a été réalisé 10 ans après les faits, et non "à chaud", ce qui induit une période de maturation du sujet qui est à mon avis essentielle et fait toute la différence. C'est à dire que diffuser ce film n'avait pas pour but de raviver une plaie douloureuse, alors que la photo de cette petite fille ne revient qu'à jeter du gros sel sur une plaie à vif.
Il a été réalisé dans un souci de mémoire, et surtout comme le dit l'article en question de contrer les éventuelles positions négationistes qui commençaient à poindre à l'époque. Pour moi, diffuser l'image des victimes du nazisme à postériori, c'est leur rendre hommage, et signifier que cette horreur ne doit pas être oubliée, et encore moins niée. Ici, la différence avec la photo de l'enfant palestinien, réside dans le fait que personne (en tout cas sur ce forum) ne nie l'existence des victimes de cette abominable guerre qui n'a que trop duré. C'est de l'actualité, avec elle sont mortes 40 autres personnes, et pour moi, avoir connaissance de cela suffit pour me faire une opinion, sans avoir besoin, en plus, de montrer un corps meurtri encore chaud, comme si cela servait mieux la cause palestinienne. Par contre, si dans dix ans, tout en espérant que cette horreur soit enfin terminée, l'humanité (et l'Huma, pourquoi pas) faisait une rétrospective sur ces années de douleur, dans une perspective de mémoire, avec le respect que l'on doit aux morts, avec l'accord de la famille de la petite fille, alors il serait plus convenable de diffuser cette photo. En attendant, paix à son âme.
Ceci dit, je comprends bien que certaines personnes, dont vous faites peut-être partie, soient ulcérés à outrance par la situation. Mais pour moi, cela ne justifie pas l'utilisation de procédés médiatiques que je trouve irrespectueux envers les morts, voire carrément dégueulasses (excusez le mot) quand ils sont utilisés à des fins de propagande.
Par JREM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"avoir connaissance de cela suffit pour me faire une opinion"

très bien si vous êtes sensible au point que ces images vous soient inutiles.

Mais je suis un peu circonspect quand on me parle d'un "droit à l'image"
pour des gens qui n'ont aujourd'hui aucun droit, même pas le 1er
droit fondamental celui de vivre.

Je suis un peu découragé par ce forum où j'ai l'impression que le
"plus jamais çà" qui doit découler de la publication signifie non pas
"plus jamais ces horreurs" mais "plus jamais ces publications".

Un peu comme quand à la vision de "NUIT ET BROUILLARD" la censure française
a demandé la suppression d'une photo d'un gendarme français surveillant les déportés...
suppression effective pendant de nombreuses années.

Pour que de telles images disparaissent, il faut que ces horreurs disparaissent,
pas qu'on les ignore ou qu'on les auto-censure.
Par jeff

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Perso, c'est l'usage qui est fait de l'image qui pose problème.
On peut qualifier d'autocensure beaucoup de choses, notamment comme le dit le vieil adage : "Tourne 7 fois ta langue dans ta bouche avant de parler".
Si la diffusion d'une image conduit à accroitre le mal que l'on est sensé combattre en la diffusant, alors abstenons-nous.
Dans ce cas précis, cette image ne parle qu'à l'émotionnel, et ne favorise que le ressentiment, alors même que c'est cela qui conduit depuis des dizaines d'années à l'impasse politique dans cette région.
Dans un autre post plus bas, je cite l'utilisation constante des morts pour justifier encore plus de rancoeur et motiver une guerre. J'y cite Aetius, mais plus proche de nous dans le temps, il y a un autre exemple qui est plus approprié :
En 1914, un seul mort, un seul assassinat a suffit à justifier la boucherie internationale qui s'en est suivi les 4 années suivantes, celui de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo. Pour mémoire, ce mort-là a lui tout seul a provoqué 9 millions de morts, c'est à dire une moyenne de 6500 morts par jour (!) plus 8 millions d'invalides.
Quand on sait que par la suite Hitler est arrivé au pouvoir en attisant la rancoeur du peuple Allemand suite à cette guerre, et que cela a conduit à une deuxième guerre, la liste des dégats colatéraux de l'assassinat de l'archiduc devient vertigineuse : 62 millions de morts, dont la majorité étaient des civils, au titre de la deuxième guerre mondiale. Mais ça n'est pas fini, suite à l'extermination des populations de confession juive à travers toute l'europe par les Nazis et leurs collaborateurs, on attribue aux rescapés juifs un territoire au moyen-orient, sur le seul fondement de l'idée de "la terre promise". Puis, vous connaissez la suite.
Voilà à quoi peut mener l'exhibition d'un cadavre : une surrenchère qui fait plus de morts que toutes les épidémies de peste au moyen-age.
Par JREM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ramener les causes de la guerre de 14-18 au seul assassinat de l'archiduc
me semble quelque peu téméraire.
Et ne voir dans la guerre de 39-45 qu'une revanche après la défaite de 14-18...
L'effet papillon appliqué à l'histoire?
Par jeff

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je sais bien que la cause véritable n'a pas été l'assassinat de l'archiduc. Nous le savons tous aujourd'hui, mais c'est l'argument qui a servi à tout démarrer à l'époque. C'était le prétexte de la déclaration de guerre, tout comme les prétendues armes de destruction massives l'ont été pour l'Irak.
Je n'avais pas pensé à qualifier l'enchainement dont j'ai fait état "d'effet papillon", mais pourquoi pas. De mon point de vue -après peut-être voyez-vous les choses différemment- c'est indubitable : le problème Israelo-Palestinien découle directement des conséquences du désastre de la seconde guerre mondiale, qui elle-même découle de la première guerre mondiale.
Par Gavroche

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"Mais il est prouvé aujourd'hui que ce qui a fait pencher le plus la balance de l'opinion publique côté américain ce sont les images des "bodybags" noirs dans lesquels on rapatriait les corps des soldats tués.
Un bodybag, ça n'est pas sanglant, si on ne savait pas à quoi ça sert, ça n'aurait eu aucun effet. Et pourtant, un bodybag, c'est lourd de sens...."

Au Vietnam, comme en Irak aujourd'hui, "l'opinion publique" américaine n'a changé d'avis sur la guerre que lorsque SES soldats ont commencé à se faire tuer. Et c'est pareil en Israel aujourd'hui, l'opinion "suit" parce que seuls les gazaouis meurent, et qu'importe si ce sont des civils, ce sont juste des arabes...

Ce n'est donc pas parce que les bodybags étaient propres sur eux, et leurs photos avec, que les américains ont changé d'avis !

"Cet enfant a une famille qui n'a pas forcément envie de voir le visage de leur enfant tragiquement perdu exposé de la sorte. Mais voilà, certains s'approprient ce visage, cette vie, cette pathétique destinée, pour en faire leur gagne-pain, et accessoirement leur propagande."

Du bla bla que tout cela, oui cet enfant a une famille, cette enfant est morte, et c'est une bombe israelienne qui l'a tuée, pas le photographe, qui n'est que le témoin de cette horreur...

Mais je suppose qu'en fait, tout simplement, vous ne lisez pas l'Huma ?
Par jeff

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

S'il vous plait, renseignez-vous sur ce qu'est un bodybag avant de me tomber dessus comme vous le faites. Vous pourrez constater que nous disons la même chose au sujet du Vietnam.

Et ainsi tout ce que vous me reprochez tombe à l'eau.
Quant à savoir si je lis l'Huma ou pas, êtes vous prête à en faire le procès aux 98% des français qui ne le lisent pas ?
Pour finir, avez-vous besoin de voir pour croire ou savoir ? Si c'est le cas, vous grossissez le rang des gens qui n'ont qu'une seule chaine de télé : TF1.
Par Gavroche

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je sais parfaitement ce qu'est un bodybag, et je ne trouve pas cela plus "esthétique", ni plus "pudique", que le corps martyrisé de n'importe quel enfant ...

Je comprends aussi ce que vous ressentez à la vue du visage de cette petite fille, cela vous heurte et vous fait mal. Comme à moi. Aussi, je ne vous "reproche" rien, je dis juste que cette photo est un témoignage d'une réalité que ni vous, ni moi, ne pouvons nier. C'est la réalité de la guerre, ou plutôt du massacre. Ce n'est même plus une guerre, une guerre oppose des ennemis de même puissance, ici, c'est juste une armée d'occupation qui massacre des civils, sous de mauvais prétextes.

"Ceci dit, je comprends bien que certaines personnes, dont vous faites peut-être partie, soient ulcérés à outrance par la situation. Mais pour moi, cela ne justifie pas l'utilisation de procédés médiatiques que je trouve irrespectueux envers les morts, voire carrément dégueulasses (excusez le mot) quand ils sont utilisés à des fins de propagande."

Oui, je suis ulcérée. Et non, je n'ai pas besoin de voir, j'ai hélas, suffisamment d'imagination pour comprendre, sentir, éprouver, même sans voir. Non, je ne regarde jamais TF1, je lis l'Humanité très rarement, je ne suis encartée nullle part, simplement, je dis que cette photo est utile, parce beaucoup de gens ont eux, besoin de voir. Cela dit sans aucun mépris pour eux, d'ailleurs.

En revanche, je ne souhaite qu'une chose, que cette image soit un électrochoc pour tous les passifs qui regardent le match depuis les tribunes. Que cette image serve, que les consciences s'éveillent, pour qu'il n'y plus jamais de photos comme celle là sur les unes des journaux, quels qu'ils soient. Comme les images de la Shoah.

On peut rêver.
Par jeff

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"je ne suis encartée nullle part"
Ben voilà, ce que moi je vais maintenant vous reprocher : Vous faites partie de cette foultitude de bonnes gens qui ne se sont jamais investis nulle part pour faire évoluer cette putain de planète, et après vous vous étonnez que tout va mal.

"En revanche, je ne souhaite qu'une chose, que cette image soit un électrochoc pour tous les passifs qui regardent le match depuis les tribunes. "
Parce que vous, vous n'y êtes pas dans les tribunes ? Vous étiez peut-être hier à Gaza pour servir de bouclier humain ou quelque chose approchant ?

"Que cette image serve, que les consciences s'éveillent, pour qu'il n'y plus jamais de photos comme celle là sur les unes des journaux"
Je rêve, pensez-vous que ce soit la première petite fille dont on montre le cadavre ? Montrer le cadavre de quelqu'un dans ces conditions n'a jamais servi qu'à attiser la haine et l'esprit de vengeance - la preuve, ça fonctionne à plein régime. Les Israeliens font exactement la même chose de leur côté, pour justifier à leur population l'envoi de troupes et de bombes : Ils exhibent les cadavres provoqués par les attentats des illuminés de l'autre camp.
Cette technique est vieille comme le monde : Le général Romain Aetius a montré aux Visigoths le cadavre de leur chef -en désignant les Huns coupables de cet assassinat- afin que ceux-ci s'allient à lui pour combattre Attila qui menaçait d'envahir Rome. Et cela a fonctionné ! Ce que ces pauvres Visigoths n'ont jamais su à l'époque, c'est que c'est Aetius lui-même qui avait fait descendre ledit chef Visigoth par un de ses archers. La manipulation par le cadavre, ça a toujours existé ! L'histoire du monde est entièrement émaillée de cette pratique.
Je suis déçu de voir que l'humanité n'apprend rien, ignore l'histoire et continue de se faire avoir par les sentiments, certainement de bons sentiments à l'origine, mais il n'est nul bon sentiment qui conduise à plus de haine. Tant du côté Israelien, du côté Palestinien que du côté "des tribunes". Si on veut perpétuer cette haine, cette violence, eh bien continuons à exhiber des cadavres !
Renonçons à l'intelligence, place au combat !
Après, ne nous étonnons pas qu'il y ait d'autre fillettes tuées.
Par Sémir

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Nathalie, juste pour info.

Si il y a si peu de morts de l'armée sioniste c'est parce qu'ils ont peurs du Hamas.
Ils ont peur d'avoir des nouveaux Gilat Shalit.
Ils ont peur d'avoir des morts.
Ils ont peur et sont des lâches qui s'en prennent à des faibles. Ces faibles qui ne cèdent pas.

SEMIR
Par MORASSE

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent, nouveau

1) Je lis pas l'Huma depuis la mort de Staline, ce qui ne nous rajeunit pas
2) Cette tête sanglante d'enfant prouve simplement qu'au lieu de se baisser pour pieusement la ramasser le photographe a aussi cadré les pieds d'un individu mâle donc a prémédité
3) Si vous voulez une série de photos horribles d'enfants israéliens explosés dans un bus scolaire ou de civils égorgés ça doit pouvoir se trouver
4) Si l'émotion des camarades est piquée au vif - et ça se comprend - je ne pense pas que ça leur dégèle beaucoup l'intelligence de la situation
5) ça me fait penser aux photos que les activistes Algérie française faisaient circuler parmi les troufions du contingent pour les colérer entre 1956-1962
6) Cela porte un nom (cf Jean Baudrillard) : c'est de la PORNOGRAPHIE
Par Gavroche

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent, nouveau

bizarre, cette opinion...
mais qui massacre des enfants aujourd'hui ?
De quoi parle-t-on ?
qui a des chars et des bombes ?
et puisqu'il faut répondre au sordide : depuis 60 ans, qui trinque le plus, injustement ?
vous voulez compter les morts de part et d'autre et voir - sérieusement - qui massacre qui ?
l'histoire jugera où se trouve la mauvaise foi, m'est avis que c'est déjà en route...
Par Gavroche

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent, nouveau

Quelle culture ...Citer Baudrillard, qui doit en frémir dans sa tombe !

La vraie pornographie, pour utiliser votre mot, est dans cette guerre sale, bien préméditée, elle...
Par PatriceNoDRM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent, nouveau

Les vendeurs d'armes et les fascistes sont plus obscènes que les pornocrates (Larry Flynt).

PatriceNoDRM
Par Sémir

Re: Vous êtes comme Dieudonné

Vous êtes comme Dieudonné, vous allez nous parler de "Pornographie mémorielle".
Cela ne m'étonne pas vous lisant rapidement car j'ai pas envie de perdre mon temps pour si peu.

SEMIR
Par MORASSE

Re: Vous êtes comme Dieudonné

Et Abdelwahab Meddeb, dans Le Monde de ce jour ? Il est "comme Dieudonné" ? Vous vous égarez, mon ami... Meddeb ressent ce déluge d'horreurs comme moi. Quant à ma "culture" vous devriez relire Baudrillard avant de le retourner dans sa tombe...
Par Hurluberlu

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Comme randal et Pierre Labate l'ont écrit ou laissé entendre avant moi, cette chronique est à mon sens peu convaincante, car pas suffisamment argumentée. Le point de vue d'Alain Korkos est peut-être défendable, mais j'ai trouvé que la démonstration manquait de justifications: ce sont essentiellement des arguments d'autorité qui nous sont assénés pour justifier le refus de cette photo [pour schématiser grossièrement j'ai eu l'impression que le propos se résumait à "Susan Sontag a dit que... Donc c'est comme ça et pas autrement qu'il faut comprendre cette photo"] et non une argumentation peut-être moins référencée, mais autrement plus convaincante.

Certes, Alain n'a sans doute pas la maîtrise parfaite des instruments rhétoriques qui est celle de Judith (laquelle emporte presque toujours mon adhésion, entre autres en raison de cette maîtrise susmentionnée), et je trouve que, tout défendable que puisse être par ailleurs sa position, elle n'est ici pas suffisamment étayée en arguments pour me convaincre. En gros, je serai prêt à accepter la thèse d'A.K. si seulement elle était mieux défendue; pour l'instant, je ne suis pas vraiment convaincu par les raisons qu'il évoque pour justifier son refus de la publication de la photo en une de L'Huma, et ne vois donc pas en quoi la position éditoriale du journal pose question. Certes, une photo n'a jamais mis fin à la guerre; il n'en reste pas moins qu'elle nous montre une (hélas faible) partie de sa sordide réalité, toute choquante [voire même anesthésiante sur le long terme] qu'elle puisse être.
Par tchd

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je vous trouve franchement vache et à vrai dire injuste de mettre en cause "la maîtrise des instruments rhétoriques" d'Alain Korkos. Mais puisque vous voulez des arguments, en voici quelques uns: La publication à la Une d'une telle image joue entièrement sur le registre des émotions. L'Huma est un journal politique. En tant que tel, son rôle est d'informer, avec la grille d'analyse politique qui est la sienne. Politique veut dire raison ( désolé d'utiliser un mot désuet ), c'est à dire analyse politique/historique qui mêne au débat d'idée et - en principe dans une démocratie - à la délibération. Au lieu de cela, la rédaction décide de jouer sur un mode émotionnel ( propre à l'image ) qui est une négation même du politique. Dommage pour un journal politique. AK a donc bien raison de le comparer à Paris-Match. Il aurait même pu être plus violent. Car, pire que l'émotion, cette image joue au final sur le pur pulsionnel. En fin de compte, que cherche à produire cette image ? un appel à la vengeance ! A l'instar de Patrick Lelay, Pierre Laurent utilise le temps de cerveau disponible de ses lecteurs, mais plutôt le cerveau reptilien, pas le cortex associatif supérieur. Encore un fois, c'est dommage pour un journal politique.
Enfin, je regrette qu'une fois de plus, une partie significative de la population soit oubliée dans ce débat: les jeunes enfants. Un comble lorsqu'il s"agit d'une photo d'un enfant !
Puissent les publicistes de tous poil penser à l'effet qui peut produire ce type d'image sur nos chères petites têtes blondes ?
Par Hurluberlu

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je maintiens ce que j'ai écrit. Je trouve l'argumentation d'Alain Korkos faible: le rapprochement entre la photo d'Omaya Sanchez et celle de l'enfant palestinienne est peu pertinent, puisqu'il met sur le même plan une catastrophe naturelle et une guerre; et les affirmations de Susan Sontag restent à démontrer à mon sens alors qu'elles nous sont assénées comme si elles étaient des vérités indiscutables.

En outre, je n'approuve pas votre dichotomie selon laquelle l'image serait forcément du côté de l'émotion, de la pulsion, alors que le discours et le politique seraient du côté de la raison: d'abord, cette guerre est aussi un choix politique, et je ne vois pas grand chose de raisonné ou de rationnel dans cette décision israëlienne. Ensuite, une image pense et fait penser tout autant qu'un discours, et je ne suis pas sûr que confronté à cette image la seule réaction possible soit la paralysie, voire un désir de vengeance. De cette image surgit aussi la question "pourquoi ça?", prélude à la réflexion.
Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Grande contradiction dans la pensée de Korkos et là j'ai peur de comprendre.

Commentaire de Korkos suite à la chronique Virgin Killer et à la critique d'Oblivion : (le 14/12/2008 à 11H13)

" OBLIVION : « Imaginez l'horreur ultime selon vous. Bien. Maintenant, z'êtes prêts à voir une photo la représentant ? Où place-t-on le curseur de ce qui est acceptable ? »
Réponse de Korkos : "Pour moi, l'horreur ultime c'est la Shoah. Des photos, on en a vu des tas. Impossible d'y échapper. Et ça fait au moins cinq ans que je m'interroge sur un projet d'installation que j'ai en tête sur ce sujet. Dois-je le faire ou pas ? Je n'ai toujours pas trouvé la réponse."

J'ai déjà posé la question mais n'ayant pas eu de réponse je la réitère : Pourquoi Korkos, avez vous comme projet l'installation de photos sur les horreurs de la shoah,
alors que vous trouvez maintenant inutile de montrer les photos des horreurs et de crimes commis par l'armée israélienne et approuvés dit-on par 80 % des israéliens ? Il s'agit pourtant d'une guerre actuelle. Faudrait-il cacher cette réalité ?

Si montrer une photo n'arrête pas une guerre, ces photos serviront à nous faire notre opinion sur le côté immonde et inhumain de cette politique d'extermination et de colonisation. C'est pour le DEVOIR DE MEMOIRE !



Modifié 2 fois. Dernière modification le 17:53 le 10/01/2009 par Cassandre.
Par toni

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

oui et une autre contradiction majeure : si l'image a si peu d'importance que ça, pourquoi alors Korkos la place-til en première page de son article ?
Par Sémir

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Cette image symbolise bien ce conflit en fait.
Alain Korkos est un "professionnel" des images et connaît la force des photos.
En fait, Alain Korkos prend parti finalement même si je ne le considère pas comme un extrémiste.

SEMIR
Par Francois T

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Pour ceux qui condamnent ces photos, disent qu'elles ne doivent pas être publiées, et donc, je suppose, qu'elles n'auraient pas du être prises, je pense qu'il serait bon d'inclure dans leurjugement la position des photographes. S'agit-il de reporters de guerre blasés, indifférents, qui reviendront de leurs missions dans quelques jours et iront promener leur cynisme dans les cocktails parisiens ? Il me semble au contraire qu'il s'agit là de palestiniens, vivant à l'année (je le suppose) à Gaza, en tout cas c'est leur ville (oui, car j'ai entendu que les photographes et journalistes étaient la plupart du temps des gens de Gaza eux-même) or, à partir du moment où ils vivent en ces lieux, bombardés, menacés eux-aussi, le reflexe de vouloir photographier les pires horreurs n'est-il pas normal, façon d'envoyer des messages d'alarme à ceux qui sont à l'extérieur et peuvent agir ? Ne s'agit-il pas là d'un acte militant, qui serait alors prolongé par l'Humanité - le journal ?
Par Michel Langlois

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Il est vrai que sans la une de l'Huma, on dormirait plus tranquille...
Par Glob

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Cette lettre 'ouverte' est obscène.
Par Arya

Je préférais le Alain Korkos d'avant!

On peut tout montrer, pourvu qu'on explique?

Maître Alain Korkos semble donc prêt à accepter plus facilement des photos qui peuvent être choquantes quand c'est de l'art (cf débat sur Virgin Killer) que de la réalité? J'aimerais d'ailleurs également voir sa réponse à Cassandre sur l'apparente contradiction entre ses propos sur les images de la Shoah et ceux d'aujourd'hui.

Mais je suis déçue: jusqu'à présent, sa position me paraissait claire et cohérente, et pour moi se résumait ainsi: on peut TOUT montrer, pour peu qu'il y ait une explication du contexte qui accompagne. C'est la position qu'il a défendue lors de la polémique sur les photos de Paris sous l'occupation. Là, curieusement, ce n'est pas l'horreur qui choquait l'opinion mais la non-horreur. Et les bien-pensants de s'écrier "Quoi, pendant une guerre où il y a eu tant de morts et d'horreurs, on veut nous montrer des images de gens normaux dans leur vie quotidienne? Honte!", ce à quoi Alain Korkos a magistralement répliqué que ces photos n'avaient aucune raison d'être censurées, du moment qu'elles étaient replacées dans un contexte plus large qui permet de ne pas oublier que ce n'était pas le seul aspect de Paris sous l'occupation, et d'expliquer comment et pourquoi ces clichés ont été pris. En revanche, ici, il faudrait montrer UN aspect de Gaza (l'aspect qualifié d' "humain", celui où l'on voit des gens dans leur vie de tous les jours) et occulter l'autre, la terrible vérité de la guerre? Allons, ce n'est pas sérieux, ce n'est pas digne d'un défenseur de la liberté de montrer, ni, surtout, de celui qui disait au sujet de la fameuse exposition sur l'occupation:

"Et le visiteur de l'exposition - distrait ou mal informé - en viendra peut-être à penser que l'Occupation, finalement, ne fut pas aussi terrible que ça. Que l'on a beaucoup exagéré"

Comme ce serait facile de se dire dans peu de temps "Allons, à Gaza, c'était pénible d'accord, mais on a beaucoup exagéré! Sûrement de la propagande du Hamas!"

Comment distinguer voyeurisme et information?

Mais quelle est la différence entre une photo prise pour dénoncer, informer, et une photo qui montre l'horreur pour l'horreur, par fascination du morbide, parce que ça choque et que ça fait vendre? Là encore, tout est dans le contexte autour de la photo: si l'Huma se prend pour Paris Match et montre les photos en double page avec deux-trois phrases choc, là, oui, c'est choquant. Si, en revanche, cela s'accompagne d'articles détaillant la situation, rappelant les tenants et les aboutissants de la guerre, c'est différent (je n'ai pas la réponse, n'ayant pas acheté ce journal). De plus, tout dépend également du but de la photo. Montrer l'horreur d'une guerre pour la dénoncer, pour pousser les gens à se mobiliser pour la paix, est à mon sens légitime. En revanche, montrer une fillette en train de mourir à cause d'une catastrophe naturelle, c'est déjà très douteux. Et pour moi, le comble du voyeurisme malsain, c'étaient les photos qui s'étalaient partout, où l'on voyait une certaine Chantal Sébire au visage horriblement déformé. La raison avancée était de "mobiliser" les gens sur la cause de l'euthanasie mais en réalité, cela ne fournissait aucune information: on provoque le dégoût et l'horreur chez les gens, puis on utilise leur émotion pour faire passer des lois. C'est pareil quand l'émotion provoquée par une agression pédophile est soigneusement entretenue afin de faire passer des lois sécuritaires tout à fait discutables. Comme quoi, nul besoin d'une photographie pour exploiter l'émotion des gens sans les amener à réfléchir davantage au contexte.

Oui, ces photos sont nécessaires... mais pas suffisantes!

Pour conclure, pour moi la question est :

1) Ces photos nous apportent-elles des informations, et
2) Sont-elles accompagnés d'informations sur le contexte, de réflexions, d'arguments?

Pour le 2), je l'ai développé ci-dessus. Pour le 1), c'est peut-être utile d'en dire deux mots, car un argument repris par endroit dans ce forum est de dire "on sait bien que la guerre c'est horrible et ça tue des enfants, pas besoin de le montrer". Je trouve cet argument tout à fait discutable: pendant longtemps, on nous a bassinés avec la guerre "propre" permise par la technologie actuelle, et les frappes "chirurgicales" qui permettent de viser soigneusement le dangereux terroriste en épargnant les femmes et les enfants, c'est magique, on n'arrête pas le progrès. Comme nous sommes les pays occidentaux civilisés (cela inclut Israël), nous ne sommes pas des barbares qui tuent des civils, sauf par erreur et à notre grand regret (on appelle ça des "dommages collatéraux", mais rassurez-vous, ça n'arrive que rarement). Alors oui, ces photos sont un choc salutaire qui nous réveille de cette guerre aseptisée dont l'image a été soigneusement construite et entretenue durant les dernières décennies. Elles ne sont sûrement pas les seules, et les précédentes n'ont à l'évidence pas suffit puisque de telles choses recommencent. Mais tiens, n'est-ce pas le même Alain Korkos qui déplorait, au sujet de l'Afghanistan:


"Aujourd'hui les conflits se veulent propres, les frappes chirurgicales et les dommages collatéraux.
Les photographes sont empêchés de travailler, secret défense. Pire : il en est même qui s'en satisfont. Pas de sang, pas de sueur, pas de larmes. Tout est clair, net et sans bavures. Compris ? Oui chef ! Bien chef ![...] Nous n'aurons pas d'images montrant la réalité des "opérations extérieures en Afghanistan""


Alors Alain: Afghanistan, Palestine... Deux poids deux mesures?

Oui, ces photos sont indispensables. Mais pas suffisantes: il faut expliquer, proposer, relativiser, toujours, en permanence. Car les photos forment une vision partielle et partiale du conflit, et doivent être accompagnées et contrebalancées par d'autres (les fameuses photos "humaines", le reportage Gaza-Sderot qui est remarquable par exemple), par des informations factuelles (nombre de morts, situation humanitaire), par des mises en perspective.

C'est vrai, une photographie n'a jamais arrêté une guerre. Mais elle y contribue.
Par sleepless

Re: Je préférais le Alain Korkos d'avant!

Arya, mes compliments...

A voté.
Par mimi31

Re: Je préférais le Alain Korkos d'avant!

J'ai vite "zappé" pour éviter de regarder l'horreur en face ... Mais des photos , des reportages sont indispensables . Si l'Huma ne s'engage pas , qui le fera ?
Excellents articles dans le club de mediapart sur l'invasion ( et non "l'affaire" ou le conflit !!!)
Par p'tite

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent

Cher Alain,
juste un post à la mer pour vous dire que j'ai vue la semaine dernière, une image si horrible, que depuis j'occulte systematiquement toute image venant de Gaza.
Voilà.
Par Jane

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent

Vous pouvez donc continuer à dormir tranquille.
Bonne méthode !
Par Politique.net

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Un peu de décence ne fait pas de mal. L'obscénité, c'est cette photo.
Je suis totalement d'accord avec Alain Korkos.
Par Olivier

Comme aux Chiffres et les Lettre..

Oui, mais il y avait plus simple...

L'obscénité, c'est l'acte montré sur cette photo.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:25 le 10/01/2009 par Olivier.
Par Sémir

Re: Comme aux Chiffres et les Lettre..

L'obsénité c'est cacher cette photo.

SEMIR
Par Olivier

Re: Comme aux Chiffres et les Lettre..

Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

politique.net, vous "décryptez tellement bien l'actualité" sur votre site, que vous n'avez trouvé ABSOLUMENT RIEN A DIRE SUR LES CRIMES D'ISRAEL ! Je trouve cela absolument INDECENT !!!!!
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Cette petite fille cachait des terroristes du Hamas, fallait qu'elle y pense avant.

Ce que je viens de dire est aussi con que les propos de Threard et Rioufol du Figaro, qui ont vomi des propos outranciers sur la une de l'Huma.

C'est ça les médias de 2008, on blâme la victime, des musulmans soutenus par des "terroristes", on comprend le bourreau, "la-seule-démocratie-du-proche-orient-avec-des-médias-libres".

C'est dans ce contexte qu'Alain écrit cette lettre ouverte. Il est sincère mais ça ne peut tomber qu'à côté de la plaque. Dans le débat démocratique, qui exclu les islamophobes et les antisémites, Il y a deux camps, il faut choisir le sien, on ne peut plus faire de la dentelle.
Par Laurent CUENOUD

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

L'absence de photos des victimes de l'attentat du 11 septembre a permis à quelques imbéciles de prétendre qu'ils n'avaient jamais eu lieu. Sans être voyeur, ce genre de photos a l'intérêt supérieur : celui de témoigner. Pour le reste, à chacun de faire son choix et de s'y intéresser ou pas selon son degré de sensibilité.
Par christianfact

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Edgar Morin : en parlant du conflit israélo palestinien


"Comme souvent l'entreprise d'oppression dans le présent est masquée à soi-même par le fait qu'on a été opprimé dans le passé; comme l'a dit Hugo: "dans l'opprimé d'hier, l'oppresseur de demain". Ainsi la Serbie hypernationaliste s'est auto-justifiée de ses pratiques barbares a l'égard des bosniaques en évoquent le martyre passé des serbes sous les ottomans puis sous les nazis et les oustachis; ainsi la conscience d'être victime du passé permet de devenir bourreau du présent: mais cela peut préparer aussi les catastrophes du futur."



Modifié 1 fois. Dernière modification le 21:21 le 10/01/2009 par Cassandre.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Morin a été condamné pour antisémitisme pour ce genre de phrases (il a gagné en Cassation, mais bon, le mal était fait).

Dans ce conflit, Alain, vous pinaillez. C'est votre droit, vous êtes un orfèvre, un luthier. Mais on en n'est plus là.


PS. Comme @si l'a bien rappelé, les plus gros médias mondiaux montrent les cadavres d'enfants palestiniens en Une. Surtout aux États-Unis, où Israël bénéficie du plus gros soutien.
Par Sémir

Edgard Morin entra dans la Résistance à 21 ans...

Soit dit en passant.
Edgard Morin était un résistant dès 1942 à 1944 (donc à 21 ans).

Les portes flingues d'Israel ont tout fait pour le condamner malgré ses distinctions :

Directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS),
Président de l'Agence européenne pour la culture (Unesco)
Président de l'Association pour la pensée complexe
Président de l'association La Voix Du Net
Docteur Honoris Causa de plus de 14 universités :
Université de Pérouse (sciences politiques), Université de Palerme (psychologie), Université de Milan et Université de Messine en Italie
Université de Genève (Sociologie) en Suisse
Université libre de Bruxelles en Belgique
Université d'Odense au Danemark
Université de Natal, Université de Porto Alegre et Université de Joa Pessoa au Brésil
Université technologique de La Paz en Bolivie
Université Laval au Québec
Université Ricardo Palma, Université Nationale Majeur de San Marcos, Université La Cantuta (Pérou) et Université Nationale Pedro Ruiz Gallo au Pérou
Laus honoris causa de l'Institut Piaget au Portugal
Colegiado de Honor du Conseil de l'Enseignement Supérieur d'Andalousie (Espagne)
Grande-Croix de l'Ordre de Sant'Iago de l'Épée (Portugal)
Grande Croix de l’ordre du mérite (Espagne)
Grand Officier du Mérite Civil (Espagne)
Commandeur de la Légion d'honneur (France)
Commandeur des Arts et des Lettres (France)
Prix européen de l'essai Charles Veillon (1987)
Prix Viareggio international (1989)
Prix Media (culture) de l'Association des journalistes européens (1992)
Prix International Catalunya (1994)
Médaille de la Chambre des Députés de la République Italienne, (Comité scientifique international de la Fondation Piu Manzu)
Médaille d'or (Aristote d'or) de l'Unesco
Membre du comité de parrainage de l'association Marianne de la diversité

Voici ce qui lui a valu tous ces enuis :
Le premier passage incriminé : « On a peine à imaginer qu'une nation de fugitifs issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l'histoire de l'humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en peuple dominateur et sûr de lui et à l'exception d’une admirable minorité en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier, ».

Le second passage incriminé : « Les juifs d'Israël, descendants des victimes d'un apartheid nommé ghetto, ghettoîsent les palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les palestiniens. Les juifs qui furent victimes d'un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux palestiniens. Les juifs victimes de l'inhumanité montrent une terrible inhumanité . Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, ‹ bouc-émissarisent › Arafat et l’Autorité palestinienne, rendus responsables d’attentats qu'on les empêche d'empêcher.»
Par Cassandre

Re: Edgard Morin entra dans la Résistance à 21 ans...

Merci Sémir, il était de la plus haute importance de rappeler tout ça. Edgar morin qui a été traîté de "juif honteux" ! Il en est d'autres parmi les juifs justes et tout simplement humains qu'on essayait de faire taire comme Norman G. Finkelstein avec ses "réflexions sur l'exploitation de la souffrance des juifs".
Par Camille Payet

Re: Edgard Morin entra dans la Résistance à 21 ans...

Citation:
Merci Sémir, il était de la plus haute importance de rappeler tout ça. Edgar morin qui a été traîté de "juif honteux" ! Il en est d'autres parmi les juifs justes et tout simplement humains qu'on essayait de faire taire comme Norman G. Finkelstein avec ses "réflexions sur l'exploitation de la souffrance des juifs".

Et dans la même veine, Rony Brauman qui s'est fait traiter de traître par Adler.
Par Olivier

Re: Edgard Morin entra dans la Résistance à 21 ans...

"Les portes flingues d'Israel "

Oui enfin, vous savez, à Tel Aviv, on se fiche pas mal de ces procès stériles. Finkielkraut est tenu pour un zozo par la presse israélienne. Quant à Val je suis sûr que les Israéliens ne croiraient qu'une telle chose puisse exister de part le monde.

En fait, les grands médias israéliens respectent surtout les gens qui défendent le bout de gras sur place, le couteau entre les dents, comme le raconte Gidéon Lévy à longueur d'article d'Ha'aretz. Faut que ça saigne.

"Amis d'Israel", lisez donc les témoignages de brutalités commises par l'armée israélienne, ces ratonnades, ces vies brisées, ces bourrages de crânes qui font des jeunes israéliens des bourreaux. Buvez un whisky pour faire passer, parce que ce n'est quand même pas trop facile, et demandez vous où sont passés vos rêves.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:05 le 11/01/2009 par Olivier.
Par Olivier

Re: Edgard Morin entra dans la Résistance à 21 ans...

le lien vers les articles de Levy
[www.info-palestine.net]
et un paier de Bakchich

[www.bakchich.info]
Par Le pessimiste désillusionné

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Le pire est bien que même cette photo ne suffit pas...
Par tchd

Lettre jamais ouverte

Espérons que Pierre Laurent est abonné à asi, sinon cette lettre ouverte risque de finir comme celle-ci
Par constant gardener

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ce qui me manque le plus dans cet "arrêt sur image" de Monsieur Korkos, c'est qu'il décortique la photo un peu comme si elle tombait du ciel.
J'aurais bien aimé qu'il nous parle des images de la guerre comme celles qu'on voit dans LIBE.
Parce que, quand même, la publication de cette photo insoutenable est une réponse aux images que nous voyons le plus souvent.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Même petite; même lointaine, cette photo fait peur. On dirait une scène de La Guerre des Mondes...

Ce qui ne dédouane pas Libé de ces démons Joffrinesques ;-)
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Juste une incise...

De tous les gros médias Français, Libé a été le seul qui a signalé dans le titre de l'article les incidents à la fin de la manif anti-intervention israélienne.

Le Fig, l'Obs, le Monde l'on indiqué dans le chapeau ou dans le papier. Ces derniers ont considéré avant tout que la manif était un succès.

Je ne crosi pas que Libé soit pro Israélien. Je crois surtout que l'islamophobie banalisée les guette. Il ont problème avec les Sarrasins, nos amis de la rue Béranger, et ça n'est pas uniquement le fait de Joffrin.
Par lilalilou

Commentaire "FERME" à Mr Korkos

Si vous vouliez attirer l'attention sur vous pour -pourquoi pas- avoir votre p'tite chronique au grand journal de canal, vous êtes sur le bon chemin, continuez!

J'ai bien vu votre jubilation quand dans la dernière émission, DS vous a présenté comme étant le "déclencheur d'un tsunami" (minute [01:28]) vous aimez la provocation? cool! sauf que "hic" là vous touchez au sacré, à la mort!

Dans plusieurs décennies, quand cet épisode de la vie des hommes fera partie de l'histoire, on pourra regarder le message de détresse véhiculé par ce genre de photo, qu'a-t-on pour arrêter l'armée israélienne toute puissante dans cette affaire? RIEN, strictement RIEN! il faut donc faire ce que l'on peut et on ne peut pas grand chose malheureusement, il s'agit de vies humaines, je ne vous apprends rien bien sûr mais vous avez quand même préféré "taper" sur ceux qui parlaient avec leurs tripes!!!

_____________________________________________________________________________________________________________________

A la petite fille

Cette photo a fait que je pense à toi fort, repose en paix petit ange!
Par Olivier

Re: Commentaire "FERME" à Mr Korkos

Non lilalilou, vous n'y êtes pas. Votre colère est légitime mais elle vous aveugle. Korkos fait à mon sens une grosse erreur de diagnostic, ne lui prêtez pas de l'arrivisme là-dedans.
Par lilalilou

Re: Commentaire "FERME" à Mr Korkos

@Olivier,

On ne peut pas écrire de façon innocente ce genre d'articles et surtout pas avec un titre pareil, écrire une lettre ouverte à un rédacteur en chef d'un journal aussi populaire, c'est vouloir se faire remarquer.
Quant à ma colère, intense mais pas aveuglante, elle est vraie contrairement à la fausse révolte de Mr Korkos



Modifié 2 fois. Dernière modification le 22:18 le 10/01/2009 par lilalilou.
Par Olivier

Re: Commentaire "FERME" à Mr Korkos

Je sais que les médias sont un puits de cynisme sans fond. Mais il existe encore des gens qui écrivent avec leur tripes - et qui se gourent, perso, c'est ce je pense.

Vous vous dites qu'il a trouvé un angle intéressant, à même de se démarquer de sa maison. Il est évident que - je l'ai entendu de mes propres oreilles sur RTL - Alain Korkos se tient sur la même ligne que les zozoq du Figaro, Thréard et Rioufol (ce dernier étant, disons-le simplement, un type d'extrême-droite sans l'antisémitisme). Mais ce ne sont pas toujours les grands esprits qui se rencontrent. Korkos est un esprit libre avec tous les risques que cela comporte. Il me semble que les @sinautes en désaccord lui en font part en multipliant les points de vue. Restons-en là.
Par lilalilou

Re: Commentaire "FERME" à Mr Korkos

Oui j'ai franchi le stade suspicion et suis passée dans la phase accusation, relisez, vous comprendrez que cet homme intelligent a bien travaillé sa chronique, qu'il a bien choisi son moment pour faire de la provocation et pour faire parler de lui!

Citation:
Restons-en là

Je le dis sans agressivité, je suis une grande fille et je sais où je dois m'arrêter!



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:03 le 10/01/2009 par lilalilou.
Par Olivier

Re: Commentaire "FERME" à Mr Korkos

C'était une façon de parler... Mes excuses.

O
Par lilalilou

Re: Commentaire "FERME" à Mr Korkos

Excuses acceptées gentleman!

Cordialement

Lila
Par Sémir

Re: Commentaire "FERME" à Mr Korkos

Vous avez raison tous les deux...
Je pense qu'Alain Korkos se trompe.
Il a soutenu Sine par exemple... donc je ne le soupçonne pas d'être un pro-sioniste criminel.

Je pense cependant qu'il fait preuve d'une certaine "sensibilité" sur le sujet Israel - Palestine.
Le risque c'est qu'il glisse...

Lalilou : que cette petite fille repos en paix après cette courte vie tout comme les autres victimes.

SEMIR
Par Nagababa

Buzz nous voilà....

Citation:
Petit Chahut
J'ai du mal à comprendre la logique que je découvre au fil de vos dernières chroniques. Je ne comprends pas en quoi il est moins obscène de vendre des disques avec la photo sexuellement connotée d'une petite fille, que de vendre des journaux - donc de l'information - avec la photo d'actualité d'une petite fille morte sous les bombes. Je ne comprends pas bien non plus votre façon de mettre régulièrement sur le même plan, pour les comparer, des images qui relèvent d'univers totalement différents : artistique et commercial ici, artistique et journalistique là. Franchement, j'ai du mal à vous suivre. Je commence même à me demander si vous ne taperiez pas dans les sujets provocs et les images chocs un peu, finalement, pour vendre du click...

Nous serions donc une poignée à trouver les ficelles un peu grosses.
Je crois que vous avez compris la mécanique de cette chronique
qui se recentre sur, non plus sur ce qu'elle dit, mais sur ce qu'elle suscite.

La clef du succès est peut être dans cette fatalité...
Par Petit Chahut

Re: lettre ouverte à Alain Korkos

J'ai du mal à comprendre la logique que je découvre au fil de vos dernières chroniques. Je ne comprends pas en quoi il est moins obscène de vendre des disques avec la photo sexuellement connotée d'une petite fille, que de vendre des journaux - donc de l'information - avec la photo d'actualité d'une petite fille morte sous les bombes. Je ne comprends pas bien non plus votre façon de mettre régulièrement sur le même plan, pour les comparer, des images qui relèvent d'univers totalement différents : artistique et commercial ici, artistique et journalistique là. Franchement, j'ai du mal à vous suivre. Je commence même à me demander si vous ne taperiez pas dans les sujets provocs et les images chocs un peu, finalement, pour vendre du click...
Par Al Ceste

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"Nous avons décidé de montrer ces images. Elles témoignent mieux que tout du sort de ce confetti où souffrent 1,5 million d’êtres"

Pourrait-il montrer aussi, horreur pour horreur, les milliers de victimes du régime islamiste de Khartoum ? C'est bien le diable s'il n'y trouvera pas une petite fille dans un état aussi épouvantable

La grande vague d'indignation sélective qui recouvre nos rues ces temps-ci est à vomir.

(Pour que les choses soient claires : ce que fait Israël à Gaza, pire qu'un crime, est une faute. Et d'abord un crime)
Par Francois T

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ou les milliers de victimes de la (prétendue) lutte anti-islamiste menée au Pakistan, Afguanistan, par les occidentaux etc... Il doit bien se trouver une victime dans le même état.

On pourrait multiplier les phrases de ce type. Quel intérêt ?

Et faites attention au vomi : on est vite éclaboussé soi-même.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:40 le 11/01/2009 par Francois T.
Par Al Ceste

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"On pourrait multiplier les phrases de ce type. Quel intérêt ? "

L'intérêt de ne pas pratiquer l'indignation sélective.
Par Francois T

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ah, oK, je comprends mieux. Vous reprochez donc à Amnesty International de ne pas se mobiliser pour le Soudan, et à des associations qui oeuvrent spécifiquement pour la Palestine (et qui ont été fondées pour çà de ne pas se mobiliser pour le Soudan au coté de Bernard Kouchner, Srakozy et Bernard-Henry Levy. Dans ce cas, pourquoi ne pas reprocher aussi aux association oeuvrant de façon spécifique pour le Soudan, de ne pas oeuvrer pour la Palestine ?
Voila un bon niveau de raisonnement.
Par Al Ceste

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Oh là là, on est mal barré. Pouvez-vous citer des passages de mon texte :

- Où j’accuse Amnesty de ne pas mobiliser pour le Soudan ?

- Où je reproche à des associations œuvrant de façon spécifique pour la Palestine de ne pas œuvrer pour le Soudan ?

- Où je reproche à des associations œuvrant de façon spécifique pour le Soudan, de ne pas œuvrer pour la Palestine ?

Merci d'avance de me prouver ainsi que vous, à la différence de moi, vous avez un bon niveau de raisonnement.
Par Francois T

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Pour l'histoire du niveau de raisonnement, il est vrai que ma formulation est un peu polémique et provocatrice...

Mais tout de même, quand vous dites : "La grande vague d'indignation sélective qui recouvre nos rues ces temps-ci est à vomir. " je ne fais que vous citer les noms de ceux qui défilent parmi lesquels Amnesty International...
Or nombre de ces organismes sont sur de nombreux autres chantiers que la Palestine, donc pourquoi les taxer de partialité, tandis que les autres, oeuvrant directement pour la Palestine, n'ont pas de raison de manifester pour le Soudan.
Par Al Ceste

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Mais tout de même, quand vous dites : "La grande vague d'indignation sélective qui recouvre nos rues ces temps-ci est à vomir. " je ne fais que vous citer les noms de ceux qui défilent parmi lesquels Amnesty International...

Je ne m'en prends pas aux associations ès-qualité, mais aux individus, plus spécialement aux borgnes de l'indignation sélective (désolé de me répéter)

Voir sur causeur.fr le point de vue de Braumann, qui me conviendrait en bonne partie.

Ce que fait Israël est un mélange de brutalité injustifiable et de politique à courte vue et suicidaire. Tuerait-il les guerriers du Hamas jusqu'au dernier, il ne ferait que les transformer en métastases intégristes,de celles qui n'infestent que trop le Moyen-Orient. Lire l'édito de Szafran en entier dans Marianne, il n'est pas tendre non plus pour Israël
Par Francois T

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Nous ne disposons pas d'étude, de sondages permettant de mesurer la façon de penser des manifestants, et il suffit de lire les comptes-rendus dans les journaux pour voir que de multiples interprétations sont possibles selon le positionnement préalable de chacun.
Libre à vous, bien sûr, d'avoir votre opinion sur le sujet et de l'exprimer.
Par Francois T

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Tiens, j'ai trouvé la listes des organisations sur laquelle vous "vomissez", puisque selon votre raisonnement ils ne manifesteraient pas contre les événements au Soudan...
AFPS, Arac, ADECR, Cimade, Mouvement de la Paix, Mrap, MAN, UJFP, Attac, JMFB, Ligue des droits de l'homme, Amnesty international, CGT, FSU, Les Alternatifs, PCF, PS, LCR, NPA, Parti de gauche, CNT, Les Verts, Collecfit unitaire, Les sentiers de la lumière.
[www.bienpublic.com]
Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Monsieur Bourdaud, vous faites partie des ces gens de l'UMP qui aimeraient bien interdire les manifestations pour soutenir Gaza. Avec des personnes comme vous, il s'en faudrait de peu que nous soyions comme du temps des Colonels en Grèce : Heureusement, nous avons la liberté de manifester et de ne pas acheter vos livres (franchement, ça donne pas envie)
Par Al Ceste

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"Monsieur Bourdaud, vous faites partie des ces gens de l'UMP qui aimeraient bien interdire les manifestations pour soutenir Gaza (...)"

- Si vous avez été capable, en me lisant,de croire que j'étais de l'UMP, que j''étais contre la liberté de manifester et (je vais trop loin ?) un nostalgique du temps des colonels, il vaut mieux effectivement que vous n'achetiez pas mes livres : vous y trouveriez le contraire de ce que j'y ai mis :-)

Sur causeur, encore :

Trouvé sur causeur.fr

popi soudure dit :
11 janvier 2009 à 20:06

"Ces derniers jours, partout dans le monde démocratique, des centaines de milliers de personnes ont manifesté leur soutien aux victimes de Gaza. De Londres à Paris, de Djakarta à Washington, de Montréal à Oslo, ou de Milan à Berne, ce furent les mêmes slogans, les mêmes banderoles. Les mêmes discours de personnalités politiques et les mêmes éditoriaux de presse. Touchante unanimité.
Mais qu’on nous permette de poser quelques questions simples.
En Irak, les extrémistes sunnites ont tué des MILLIERS de chiites depuis des années en se faisant exploser dans la foule, parfois dans les mosquées. Où étaient les communautés musulmanes d’Europe quand ces crimes se commettaient au nom de l’islam ?
Au Congo, des MILLIONS de gens sont morts dans d’épouvantables massacres (un grand bravo à la Belgique, au passage, pour son efficacité….). Dans quelles villes les foules se sont-elles mobilisées pour ces victimes ?
Au Soudan, PLUSIEURS CENTAINES DE MILLIERS DE PERSONNES ont été assassinées par des milices arabes, ces dernières années. Non seulement l’Europe n’est pas descendue dans la rue, mais la France, qui se faisait l’avocate d’une intervention humanitaire il n’y a pas encore si longtemps, est devenue bien silencieuse. Où sont les manifestants ?
En Birmanie, un nombre indéterminé de civils sont emprisonnés, torturés, assassinés par la junte. Où sont les politiques occidentaux ?
Au Zimbabwe, Monsieur Mugabe préfère laisser mourir du choléra ceux qui ont survécu à la famine et aux troubles que son régime imbécile provoque, plutôt que d’accepter « l’ingérence » étrangère. Qui se mobilise ?
A Cuba, le régime communiste continue à emprisonner ses opposants, même quand leur seul crime est de chercher une information objective sur Internet. Que font les intellectuels européens ?
En Iran, le régime éclairé des Mollahs a inventé des machines à arracher les yeux et trancher les mains pour mieux appliquer la charia, et pend à des grues de dangereux criminels tels que l’avocat des droits de l’homme, Ya’qub Mehrnahad (père de quatre enfants…) ou de jeunes homosexuels. Où sont nos défenseurs des droits de l’homme ?
Au Pakistan et en Afghanistan, des intégristes, ou simplement des défenseurs du régime patriarcal vitriolent les jeunes écolières et violent les femmes. Où sont nos défenseurs des « femmes et des enfants de Gaza » ?
Et cette liste, malheureusement, est loin d’être exhaustive…
Certes, une journée n’a que 24 heures et une semaine 7 jours et l’on ne peut pas s’indigner de tout et tout le temps. Nous le comprenons bien.
Mais, Mesdames et Messieurs les protestataires, Mesdames et Messieurs les élus du peuple (qui feriez bien de vous préoccuper un peu plus de la « majorité silencieuse » et un peu moins des minorités activistes…), et Mesdames et Messieurs les Rédacteurs en chef – qui vous étonnez de perdre, année après année, davantage de lecteurs -, nous promettons de vous prendre au sérieux le jour où votre indignation sera un tout petit peu moins sélective."

(Dans le genre photos ignobles, manipulatrices, on a eu aussi celles du policier israélien mis en morceaux par des manifestants palestiniens. Et un fois que vous avez montré ça, qu'avez-vous prouvé contre les Palestiniens ? Rien, sinon que toute guerre porte et apporte la barbarie)
Par Al Ceste

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Pour en remettre une couche sur certains manifestants, cette réaction ici (et d’un prof de gauche, en plus, pas vraiment de l’UMP lui non plus) :

[lardlibres.canalblog.com]

Parlons de ce qui fâche: le "papy-boom" altermondialiste. Les vieux gauchards rances, blanchissant sous le harnais....les ex-grands gratteurs de guitare adepte du Cap Nord, de la beu et de Katmandou...les ex-nanas genre huguettebouchardesque, un peu flappies désormais....Bob Dylan, Léonard Cohen plus très frais...et surtout, surtout ces quinquas fin de parcours, sexas, nourris d'une haine antisémite inimaginable. Et tout à fait dans la tradition de l'antisémitisme de gauche hérité de Proud'hon, Guesde, Jaurès, Doriot, Laval, Garaudy... cette conviction médiévale que Juif=capitaliste. Je rappellerai qu'il y a quelque temps, j'avais livré sur Assoupline un florilège de citations antisémites d'hommes de gauche dont certaines n'avaient rien à envier à un Rebatet ou à un Céline. Les vioques altermondialistes, profs en général, car pour être aussi con , faut être prof, et je sais de quoi je parle, croyez-moi, ces gens, sont la honte de la société française. On en voyait hier, genre prof de techno couperosé Télérama ou petite prof d'anglais ridée et à la voix rauque des cigarettes, en tête de cortège, keffieh sur le trognon, poing levé, et la haine, alors, la haine dans leur regard... Haine contre Israël, mais derrière ça haine des Juifs... et avec ce ramassis de chassieux naïfs, avec la Marie-George Vaissellier, des maires "de la première couronne", on voyait le lisse Besancenot, jurant ses grands dieux qu'il "ne voulait pas attiser les haines communautaristes".
Affligeant. Et terrible. Constat de la faillite humaniste de la gauche. Enfin d'une certaine gauche. Parce que, pour une fois, le PS n'était pas tombé dans le panneau. Etonnant!!! Et une masse de jeunes Arabes, dont on peut comprendre la colère – mais eux aussi manipulés par des Frères Putrides, ces islamistes barbes, jupes et rangers... bref, en voyant ça, j'ai compris. J'ai repris le métro en soupirant. Arrivant à la station "Jacques Bonsergent", je me suis dit qu'avec une pareille engeance - les vioquards altermondialistes - même troupeau que les traditionnalistes de Saint-Nic-du-Chard, aussi réacs, aussi racistes et antisémites, je me suis donc dit que c'était bien possible au fond que je termine sous forme de savonnette, d'engrais ou d'abat-jour. Jacques Bonsergent...un inconnu devenu héros... ça vous dit, les Francois Bérangers de rencontre???? Avoir, une fois dans votre vie, le courage de reconnaître à Israël le droit d'exister et de pouvoir ainsi condamner violemment les débordements de sa politique démentielle, COMME ON LE FERAIT POUR TOUT AUTRE PAYS. Pourquoi je déteste cette engeance de vieux niais?? Parce qu'ils n'ont JAMAIS reconnu le droit à l'existence de l'état hébreu. Jamais. Même jadis quand l'OLP renonça à l'article je ne sais plus combien de sa Charte et reconnaissant donc Israël. Les intellectuels de broussaille français, Télérama dans une main et baguette Ganachaud dans l'autre, achetant leur café chez ce faisan mafieux de Max Havelaar, ayant pris pour eux la mauvaise conscience colonialiste, ayant endossé la responsabilité de la Guerre d'Algérie, alors que c'est l'ignoble et criminelle droite qui en est à l'origine, se considérant donc comme les descendants de l'OAS, ont depuis 30 ans donné de tels gages au monde arabe "opprimé" (quelle poilade!) qu'ils non retrouvé les vieux sentiers herbus de l'antisémitisme...(...)

Et je redis, pour ceux ont la lecture sélective, que je suis contre la politique d'Israël, cruelle, injuste et expansionniste.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:18 le 12/01/2009 par Pierre-Marie BOURDAUD.
Par Francois T

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Donc pour vous les altermondialistes sont antisémites. Je dois vous dire que je suis allé à moult comité, réunion, altermondialiste, que je n'y ai jamais entendu le moindre propos de ce type, et que si quelqu'un tentait une sortie antisémite il serait vite sifflé ou même viré de là.
Enfin, bon, si c'est sur causeur et sur les blogs que vous lisez ce genre de chose...
Par Al Ceste

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"Enfin, bon, si c'est sur causeur et sur les blogs que vous lisez ce genre de chose..."

Ben oui, je lis "à droite et à gauche", je vais là où on ne pense pas forcément comme moi. J'essaie de ne pas me limiter aux visions manichéennes : le Bien (moi) contre le Mal (es autres). Est-ce un mal ?
Par sleepless

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

je ne sais pas ce que vit l'auteur de ce "texte", mais question haine, il pourrait en remontrer à nombre d'éditorialistes de presse extrême, de tous temps et toutes époques...
Par Al Ceste

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"je ne sais pas ce que vit l'auteur de ce "texte", mais question haine, il pourrait en remontrer à nombre d'éditorialistes de presse extrême, de tous temps et toutes époques..."

- Vous avez raison de pointer le fait que la presse extrémiste, de droite comme de gauche, fonctionne souvent à la haine.

- Si vous vous risquez à explorer le blogue donné en référence, si vous êtes curieux de savoir ce que pensent les gens qui ne pensent pas comme vous, vous découvrirez que ce posteur, un sang-bouillant certes, fonctionne plus à l'amour qu'à la haine.

A vous de voir :-)
Par sleepless

@ Pierre-Marie BOURDAUD

Que de défis en un seul post :)

Citation:
si vous êtes curieux de savoir ce que pensent les gens qui ne pensent pas comme vous

Sans vouloir m'avancer, je pense que c'est le cas de la majeure partie des gens ici.
L'auteur du texte peut très bien avoir tout un tas de qualités.
Il n'empêche qu'il a écrit ce texte et que pour le moment je n'ai donné mon avis que sur ce texte.

Je remarque aussi que c'est celui que vous avez choisi de nous faire connaître, alors que selon vous l'auteur fonctionne "aussi à l'amour"..
Ce qui peut aussi en dire long sur vous, mais je m'avance peut-être.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 13:18 le 12/01/2009 par sleepless.
Par Al Ceste

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

« Sans vouloir m'avancer, je pense que c'est le cas de la majeure partie des gens ici ».

Possible, et vous faites bien de rester prudent, mais ce n’était pas la cas de FrançoisT qui discréditait d’office « causeur et les blogs ».

« Je remarque aussi que c'est celui que vous avez choisi de nous faire connaître »

Ben c’est parce qu’il correspond au problème que nous évoquons, rien d’autre.

« alors que selon vous l'auteur fonctionne "aussi à l'amour". »

A vous, si cela vous intéresse et si vous avez de la rigueur (mais vous en avez, je parie ;-) de vérifier si ce « selon vous » est justifié. Par exemple, en voyant ce qu’il dit de la Commune, qui n’en fait pas plus un membre de l’UMP que moi, comme décrit par un autre @sinaute. C'est un hommeen colère, souvent. Mais je ne confonds pas ipso facto la haine et la colère.

"Ce qui peut aussi en dire long sur vous, mais je m'avance peut-être".

Bien vu, ce "je m'avance peut-être". Demandez aux quelques @sinautes qui me connaissent un peu ce qu'il en est. Si ce « en dire long » signifie que je me méfie des yaka-ifos, des visions en noir et blanc, que j’essaie d’éviter les aveuglements du type de ceux qui ont cautionné les Khmers Rouges (simple exemple) je vais recevoir ce « en dire long » comme un compliment (un compliment, non, cela voudrait dire que j’ai atteint mon idéal…).
Par sleepless

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Citation:
« Je remarque aussi que c'est celui que vous avez choisi de nous faire connaître »
Ben c’est parce qu’il correspond au problème que nous évoquons, rien d’autre.

Le fait que vous êtes d'accord avec lui, quand même ?
Par Al Ceste

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Bien sûr, et je le connais assez pour pouvoir le dire.
Par sleepless

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Et alors, cette conviction et cette affirmation (qui sont les siennes) que gauchisme et altermondialisme (et vieux, et niais) impliquent antisémitisme vous semblent justifiées ?
Et donc deviennent les vôtres ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:44 le 12/01/2009 par sleepless.
Par Al Ceste

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Tous les gauchistes et tous les altermondialistes ne sont pas tous antisémites, mais beaucoup sont anti-sionistes. Et la ligne de partage entre anti-sioniste et anti-sémite est étroite.

PS Mais n'hésitez pas à aller lui poser vos questions directement, je ne suis le porte-parole de personne.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:52 le 12/01/2009 par Pierre-Marie BOURDAUD.
Par sleepless

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Ah mais non, je discute avec vous :)
Je n'ai pas été chercher le texte de ce monsieur, c'est vous qui nous en gratifiez...
Et vous n'avez pas répondu à ma question, simple et directe, autant que ce texte (désolé, je n'y vois pas de nuances...).

Citation:
Et la ligne de partage entre anti-sioniste et anti-sémite est étroite.

Vous parliez de rigueur intellectuelle, non, il me semble ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 21:07 le 12/01/2009 par sleepless.
Par Al Ceste

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Bien. Je m'en tiens là ici avec vous. Je n'aime pas jouer au chat et à la souris, surtout si c'est moi la souris.
Par sleepless

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Bien.

Pour être honnête intellectuellement, vous ne vous arrêtez pas là, puisque vous venez de m'envoyer un mp, dans lequel vous me dites que je suis condescendant, déplaisant, discourtois, manichéen, vaniteux et vous m'accusez de ne jamais répondre à vos questions.

Je voulais faire un résumé de nos échanges, et les commenter, puis je me suis rappelé que notre conversation était déjà visible par tous...
Par Al Ceste

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Bon. Là, il est clair me cherchez.

« Pour être honnête intellectuellement, vous ne vous arrêtez pas là, puisque vous venez de m'envoyer un mp, dans lequel vous me dites que je suis condescendant, déplaisant, discourtois, manichéen, vaniteux et vous m'accusez de ne jamais répondre à vos questions. »

Je suis de la vieille école : je crois encore qu’il y a une différence entre public et privé, et que ceux qui se permettent de révéler en public des courriers privés sont des malotrus.

Avec votre intrusif « Ce qui peut aussi en dire long sur vous, mais je m'avance peut-être. », un début d’attaque ad hominem mais oh, feutré, prudent, non, malin, j’avais commencé à me méfier de vous (mais pas assez, je le constate). En quoi ce que je suis vous regarde-t-il, z’êtes pas psy ni confesseur ni commissaire politique, que je sache.

Vous êtes donc un malotru, le dernier à pouvoir me faire cours sur l’honnêteté intellectuelle. Vous êtes aussi de ces gens qui ne supportent pas de se faire remettre à leur place même en privé (ce qui relevait chez moi d’un refus d’imposer cet échange à des gens qui n’ont ont rien à cirer – mais on voit que j’ai changé d’avis, seuls les imbéciles, etc – et de vous éviter l’humiliation publique).

Le public : voilà ce qui est nécessaire à des gens comme vous pour exister sur le net.

Voilà. Et, comme dit par courriel, je vais vous laisser le dernier mot : parions que vous ne pourrez pas ne pas chercher à l’avoir.

PS Notre conversation est visible par tous, vous avez au moins raison sur ce point. Pas sûr que ce soit à votre avantage

[tinyurl.com]
Par sleepless

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

Cher monsieur,

Dans ce forum sur un sujet sensible, vous portez à la connaissance de tout un chacun un texte virulent, haineux, sans nuance aucune.
Ne vous connaissant que par messages postés ici ou là, je m'interroge, un quant à ce qui peut motiver cette haine, et deux, quant à savoir si vous êtes d'accord avec ce texte.

Vos réponses sont lisibles par tout le monde.

J'ai cherché des précisions, pour savoir quels étaient vos sentiments par rapport à ce texte, et décider si de mon point de vue, la discussion pouvait être intéressante : n'y voyez aucun jugement de valeur autre que le mien, dans un but de ne pas perdre de temps, tout simplement.

Ne souhaitant pas répondre précisément, alors que je ne vous agressais d'aucune manière, vous coupez court à la discussion sur le forum, et m'insultez par message privé.
Vous m'auriez dit simplement ici, "je ne souhaite pas aller plus loin", je l'aurais accepté volontiers.
Mais jouer sur le tableau public-privé, non, pas d'accord.

Vous remarquerez, même si vous me qualifiez de tout un tas d'épithètes désobligeantes, que je n'ai pas publié votre message "privé" mais simplement dit succinctement ce qui en constituait le contenu.

Vous avez raison, cela n'intéresse pas grand-monde.

Citation:
Le public : voilà ce qui est nécessaire à des gens comme vous pour exister sur le net.

Ravi de voir que vous avez autant de certitudes...

J'ai choisi un relatif anonymat, afin de n'exciper d'aucune autorité, quelle qu'elle puisse être, et de ne rien vendre, alors que les forums d'@si sont fréquentés par des personnes qui pourraient être intéressées par mes diverses compétences. Mais je ne suis pas sur @si pour ça.

Vous publiez sous votre nom, et je remarque que vous n'avez pas manqué de rajouter dans votre dernier message le lien vers le site de votre éditeur.
Qui a besoin du public pour exister sur le net ?

Malotru, dites-vous ?
Non, même pas mal.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:20 le 13/01/2009 par sleepless.
Par Al Ceste

Re: @ Pierre-Marie BOURDAUD

CQFD

et :

[tinyurl.com]



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14:16 le 13/01/2009 par Pierre-Marie BOURDAUD.
Par Jane

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous parlez comme les portes parole de l'armée israélienne : ils tuent des palestiniens par amour pour les palestiniens.
C'est la version ultime de "nous voulons la paix" à travers le massacre pour le bien de l'humanité. L'axe du bien quoi !
D'où vous sortez vous ? On n'a pas besoin d'avocats du diable ici ! On n'a pas de temps à perdre ! Il y a un peuple qui est massacré à l'heure ou vous lisez "causeur" "par amour".
Par * * * Stanley MILGRAM™ * * * Soumis à aucune autorité

Utopie ou Uchronie ?

Citation:
(Pour que les choses soient claires : ce que fait Israël à Gaza, pire qu'un crime, est une faute. Et d'abord un crime)


Oui mais ce sont les vainqueurs et non les survivants qui écrivent l’histoire.
Lire (ou relire) « Abattoir 5 » de Kurt Vonnegut et « Le Maître du Haut Château » de Philip K Dick.

En février 1945, le prisonnier de guerre américain Kurt Vonnegut est à Dresde et travaille dans un abattoir. Du 13 au 15 février 1945 a lieu le bombardement de Dresde par les Alliés.
C’est l’un des plus grands carnages de civils de la Seconde Guerre mondiale : 7 000 tonnes de bombes (dont des bombes au phosphore) sont déversées en trois vagues par plus de 2000 Lancaster qui feront plus de 35 000 morts.

…et devinez qui a sa statue à Londres ?

Stan 1000g
Par abdessamad

lettre ouverte à A Korkos,

@ A.Korkos
J'ai lu votre malheureuse lettre ouverte et j'ai voulu aussitôt réagir mais j'ai préféré lire d'abord les commentaires des @sinautes. J'ai enfait deux commentaires à faire pour ma part :
1. Je pense que le massacre qui se déroule à Gaza mérite à mon avis de passer plus de temps à écrire une lettre ouverte dont le sujet serait une condamnation totale du massacre (le mot guerre me semble absurde dans notre cas) avec 0 photos (pourquoi pas?) que de passer du temps à se demander comment fait-on pour discréditer les rares médias qui osent montrer la réalité de ce qui se passe à Gaza.
2. Il me semble que vous avez eu largement l'occasion d'exposer votre point de vue sur le sujet de l'utilité des photos dans les guerres avec d'abord votre dernier article "l'homme de Gaza ..", puis dans l'émission de cette semaine... Et comme ce n'était pas suffisant, on a eu droit à une lettre ouverte à l'Humanité !

Pour finir, je me demande ce que serait votre prochain article : "les photos de guerre disent-elles la réalité ?"...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:21 le 10/01/2009 par abdessamad.
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Bon, tout et son contraire a été dit là-haut. De manière souvent claire et précise.
Je pense que diffuser ce type de photos est nécessaire, même si elles n'ont d'égales dans l'horreur que dans la guerre qui les a engendrées. Faute d'arrêter une guerre (encore que le travail de sape est largement sous-estimé en ce bas-monde, sauf par ceux qui s'y adonnent en maitres), elle a le mérite de montrer une réalité et de l'appréhender de manière bien plus frontale que dans un article d'un quotidien rédigé comme un fait divers.

Désolé Alain, mais je pense que l'Humanité a bien fait de montrer cette photo en première page.
Cette photo est une conséquence.
Nous avons la chance de ne pas vivre la guerre et d'avoir le luxe de se permettre d'écrire ce genre de lettres ouvertes, tout comme nous autres @sinautes avons la liberté de discuter de tout sur le forum.
Refuser cette photo alors qu'elle est contextualisée, c'est comme refuser une réalité pourtant bien présente.
L'armée israélienne bombardant Gaza, c'est un peu comme quelqu'un qui s'acharnerait sur un nid d'oiseau avec un lance-flammes.
Cette photo, parmi d'autres, nous le rappelle.
Outre le fait qu'elle contribue à la liberté de la presse à laquelle il me semble qu'@si est particulièrement attaché. Celle qui s'use que quand on ne s'en sert pas.
Ça ne vous rappelle rien ?
Par Daniel C

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

@Alain

J'aimerai mettre un commentaire plus long mais je n'ai pas le temps d'écrire un texte complet qui mérite d'être posté.
Par contre je pense tout simplement que cette photo n'aurait pas du être publié sur la couverture du magazine, c'est le rôle diffuseur de la couverture qui est ici en jeu, et non pas une seule photo. D'autant que le titre de la revue : "l'Humanité", dont on oublie le sens premier pour l'assimiler par son emplacement et sa typographie au titre d'une revue d'information très connue, semble un rajout paradoxal juxtaposé au titre de l'article et à l'image. Le mot martyre renvoie -encore une fois- à notre imaginaire chrétien et le scènes de décollation.
Mais une revue, qu'elle qu'elle soit, est une commodité qui se vend, et une couverture, même informative, et même aussi sincère que possible, reste là pour attirer l'attention d'un éventuel acheteur. L'être humain à toujours été fasciné par l'horreur, les titres du Petit Journal le montraient déjà en 1901, et l'horreur, si monté il scandalise, il vend aussi. On ne peut pas enlever cette donnée là à cette couverture de revue où que l'on se place.

Cette photo n'est pas seule ici, elle est entourée, contextualisée, recontextualisée, et je crois que ces notions là n'ont pas été assez mise en compte.

Pour continuer sur une dimension plus proprement photographique, je ne suis pas certain de vous suivre, Alain, quand vous pronez le retour d'une photographie "humaniste", surtout au niveau du terme. La photographie humaniste des années 40, 50 qui a produit des choses superbes (Dieuzaide, Strand...), d'autres plus faciles (les Doisneau tardifs, certains Boubat...) mais a vite montré aussi ses limites. Elle prônait la photographie -en noir et blanc avec un refus dogmatique de la couleur- comme étant une manifestation de la "vérité objective", chose que tous les photographes, puis artistes conceptuels, des années 1960 et 1970 (Robert Heineken, John Hilliard, Michael Snow, Luigi Ghirri, Duane Michals...) on bien mis a mal. Ils en ont montré les limites et ses aspects illusoires. A l'ère de photoshop, des retouches et de la photo redevenue un art fardé de cour, je ne crois pas qu'une photographie de "type journalistique" pourrait se présenter aujourd'hui de façon convaincante comme étant "humaniste". Cette phase là de la photo est bien morte à mon sens.
Par Daniel C

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Et j'ajoute, parce que je viens de m'en rendre compte, le texte "Les photos du Carnage" écrit en grand sur la couverture, là c'est explicitement un argument de vente; ça fait presque "les photos du mariage" ou "toutes les photos de la cérémonie". Là c'est de trop.
Par Lisuzan

Limites de la photographie humaniste

Merci vivement pour vos explications et votre analyse de cette chronique photographique de Ka insuffisamment explicite :-)

Intéressantes précisions également du commentaire de Dame poisson ci-dessous suivi par un pertinent à propos de la citation que ressort Arya à juste titre :-)
Par poisson

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Les commentaires qui taclent Alain Korkos ont le défaut de mélanger tout, de ne pas vouloir saisir les nuances dans le texte de la chronique, pourtant plein de précisions.

-Il explique que c'est la présence à la Une de la seule photo inédite publiée dans ce numéro qui le dérange : on l'accuse de vouloir cacher cette image. C'est faux et il est légitime de s'interroger sur la justification d'imposer cette image à tous, en première page c'est à dire sans accès au discours d'accompagnement.


-Il explique que cette image d'horreur de la guerre n'atteint pas le but affiché, ou qu'on lui suppose, dénoncer la violence absurde de la guerre, la montrer dans sa réalité. Rimbaud peut-il vous convaincre qu'un instantané est parfois trompeur?
Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


Et Blaise Cendrars (J'ai saigné, éditions minizoé, extrait de la vie dangereuse, Grasset,1938) que les récits nous donnent mieux l'illusion de partager les souffarnces qu'on ne vit pas soi-même?
Les horreurs et les absurdités de la guerre racontées par Blaise Cendrars sont-elles plus dans la première image qu'il raconte? Il y est abandonné plusieurs heures, nu, son bras coupé emmailloté, sentant le sang s'échapper au rythme du flux de son coeur, la nuit, au milieu des blessés qui geignent, des bombes, et sous la pluie! Dans ce début j'ai surtout vu l'évocation de ces moments où les secondes rejoignent l'éternité, comme il le dit mieux que moi. Les horreurs et absurdités sont plus dans la suite. C'est quand une infirmière lui saute dans les bras de joie, et qu'il remarque en passant que c'est sa première etreinte d'une femme avec un seul bras..., c'est quand un médecin Général en chef se pique de faire une démonstration de comment il faut rejoindre les 72 drains (chaque éclats d'obus) en des rivières et fleuves pour mieux évacuer le "mal" et achève un jeune soldat, comme l'avait anticipé l'infirmière.

-Il souhaite de l'humanité. On l'accuse d'avoir choisi son camp, sous entendu que les deux camps à choisir sont le camp des palestiniens ou le camp des israëliens. Pour bien comprendre le texte d'Alain Korkos peut-être faut-il être capable de croire que les deux camps sont celui de la diplomatie ou celui de la violence?
Par Arya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci pour le "dormeur du Val", l'une de mes poésies préférées.

Je me permets cependant d'attirer votre attention sur mon commentaire ci-dessus, car il me semble que, sans accuser Alain Korkos de parti pris ou autre, je pointe une flagrante contradiction dans ses propos par rapport aux précédentes chroniques. Qu'en pensez-vous?

Vous dites que ce qu'il fustige, c'est uniquement de mettre la photo en une, sans accompagnement. Je ne pense pas qu'il ne s'agisse que de cela, car il fait le même reproche à d'autres photos dans sa précédente chronique, et reprend ses arguments dans l'émission... Le "aucune photo n'a arrêté une guerre" n'est pas arrivé dans sa lettre à l'Huma! Je répondais donc à ces arguments dans leur ensemble.

Vous parlez du fait que les images sont trompeuses, de recontextualiser, etc... Ce sont effectivement les arguments que j'attendais de M. Korkos, de la façon mesurée et argumentée que j'apprécie, mais ce n'est pas ce que j'ai lu ici.

D'autre part, vous dites qu'il faut choisir son camp entre diplomatie et violence. C'est beau, c'est noble. Donc, selon vous, les gens qui montrent des photos de la violence sont dans le camp de la violence? Tiens donc! Il me semble pour ma part que tout dépend de l'usage que l'on en fait: on peut, soit l'utiliser pour dénoncer la violence, et promouvoir un mouvement pour la paix (ne serait-ce que peser pour imposer à Israël une trêve humanitaire), soit l'utiliser pour attiser les haines et la violence. Soyez sûre que le second usage sera fait par les extremistes de tout poil. Mais ne sont-ce pas les actes perpetrés, en eux-même, qui fournissent les meilleurs arguments au camp de la violence et de la haine contre Israël? Et le camp de la paix, de la diplomatie que doit-il faire? Mettre en une des photos de Rachida Dati?

Allez, pour le plaisir, je remets la p'tite citation d'A. Korkos:
"Aujourd'hui les conflits se veulent propres, les frappes chirurgicales et les dommages collatéraux.
Les photographes sont empêchés de travailler, secret défense. Pire : il en est même qui s'en satisfont. Pas de sang, pas de sueur, pas de larmes. Tout est clair, net et sans bavures. Compris ? Oui chef ! Bien chef !"
Par poisson

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Mettre en une des photos de Rachida Dati?

Oui bien sûr.... C'est tout à fait le sens de la réclamation.
Vous n'avez pas honte de vous moquer? On cause dans l'forum, trop bien. Et que j't'ironise et que j'me se gausse, par dessus le visage de cet enfant, tranquillement. Lui flanquer du people gouvernemental dans la tronche, trop classe. Alors que justement AK fait un parallèle avec paris-match, et réclame qu'on s'éloigne des choix racoleurs...

Et si ils avaient mis un gros titre? Les civils palestiniens paient la note. Israël n'existera-t-il à jamais qu'hors la loi, et du sang innocent sur les mains?, Cela aurait-il moins mis les pieds dans le plat que cette photo? Je ne crois pas. L'effet provocateur d'une photo crue de la guerre qui réveille les consciences est une convention journalistique, c'est du convenu. J'y crois pas tellement dans le sens où ça mouille moins que des mots sans équivoques. La preuve, elle aurait pu être en une d'autres journaux et c'est l'étiquette politique du titre qui aurait donné l'"usage", comme vous dites. Car l'usage qu'on en fait n'est pas contenu dans la photo. Il faut du texte. C'est quand même une solution de facilité, facile à imposer dans une rédaction, surement plus qu'un gros titre.
Par Arya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Oui je sais, j'ai rajouté la pique sur Rachida Dati dans mon élan et je l'ai regrettée tout de suite après, parce que j'avais peur qu'elle détourne l'attention de l'essentiel. Mais ce n'était pas complètement gratuit: juste pour dire qu'à choisir, je préfère peut être une Une comme celle-là, même si le choix est discutable, à celle d'autres journaux qui font la Une sur des sujets tellement triviaux à côté. Ce n'est donc pas un manque de respect aux victimes de ma part, au contraire!

Cela dit, je suis d'accord avec vous: il y aurait sûrement moyen de faire mieux, il faut bien accompagner de texte une telle photo, il ne s'agit pas de la balancer comme ça, sans rien à côté. Par contre, je ne pense pas q'un gros titre seul ait le même effet: il l'aurait auprès de gens déjà convaincus de ce qui se passe, mais combien pour dire "C'est de la propagande, il n'y a pas tant de civils tués, ce n'est pas si horrible, n'exagérons pas"?
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Non non Poisson, pour ma part, et pour d'autres peut-être aussi j'imagine, j'ai parfaitement compris cet article, ses nuances et tout ce qui était écrit dedans.
En fait, j'ai bien compris l'interprétation qu'il tire de ce fait accompli.
Une simple photo de soldat en Une et hop, tout le monde était content, pas de chronique, impersonnalité de rigueur accomplie, on sait que c'est pas chez nous, et on reste dans le photogéniquement correct.
Ben oui mais faut croire que parfois, ces photos classiques ne suffisent pas non plus à montrer les choses comme elles se passent en vrai dans une galaxie pas très lointaine.
En Une, pas en Une, le débat ne s'arrêtera pas maintenant, mais à l'instar d'Alain Korkos qui a son opinion sur le sujet, j'ai également la mienne sur le même sujet.
Et nous avons tous en commun je pense, en horreur ces combats, là-bas ou ailleurs, et à un degré probablement identique.
Mais je reconnais que c'est pas simple.
Par poisson

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Antigone allait gratter la terre en cachette la nuit pour cacher le cadavre de son frère. Le tyran l'exhibait pour montrer son intransigeance. Il essaie de convaincre Antigone que son frèrot était loin d'être un héros. Peu importe au delà de tout ça, elle va gratouiller la terre trop dure et tente de cacher le cadavre, parce que un jour, ça va, on a compris, mais on peut pas l'exhiber des jours et des jours pour l'éternité et le laisser être la proie de tous les charognards... Une photo exhibe pour l'éternité et il y a des précautions à prendre pour éviter les charognards, même si on est persuadé que la leçon qu'on veut donner est juste.
Par lilalilou

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Les commentaires qui taclent Alain Korkos ont le défaut de mélanger tout, de ne pas vouloir saisir les nuances dans le texte de la chronique, pourtant plein de précisions.

ça commence déjà bien, une entrée en matière condescendante, ça donne une idée sur le ton du commentaire!

Citation:
-Il explique que c'est la présence à la Une de la seule photo inédite publiée dans ce numéro qui le dérange : on l'accuse de vouloir cacher cette image. C'est faux et il est légitime de s'interroger sur la justification d'imposer cette image à tous, en première page c'est à dire sans accès au discours d'accompagnement.

Vous aussi vous avez loupé le titre au dessus?
"Les photos du carnage
Gaza martyre"
On a besoin de plus pour comrendre que ça se passe à Gaza, et que c'est une enfant qui a été retrouvée sous les décombres après les bombardements?

Citation:
-Il explique que cette image d'horreur de la guerre n'atteint pas le but affiché, ou qu'on lui suppose, dénoncer la violence absurde de la guerre, la montrer dans sa réalité. Rimbaud peut-il vous convaincre qu'un instantané est parfois trompeur?

Le dormeur du val avec une petite musique et la belle voix de Reggiani romantique! mais c'est quoi le rapport avec le sujet? ce n'est pas parce vous avez trouvé une jolie transition pour "placer" Rimbaud que vous avez argumenté, vous brassez du vide!

Citation:
Et Blaise Cendrars (J'ai saigné, éditions minizoé, extrait de la vie dangereuse, Grasset,1938) que les récits nous donnent mieux l'illusion de partager les souffarnces qu'on ne vit pas soi-même?
Les horreurs et les absurdités de la guerre racontées par Blaise Cendrars sont-elles plus dans la première image qu'il raconte? Il y est abandonné plusieurs heures, nu, son bras coupé emmailloté, sentant le sang s'échapper au rythme du flux de son coeur, la nuit, au milieu des blessés qui geignent, des bombes, et sous la pluie! Dans ce début j'ai surtout vu l'évocation de ces moments où les secondes rejoignent l'éternité, comme il le dit mieux que moi. Les horreurs et absurdités sont plus dans la suite. C'est quand une infirmière lui saute dans les bras de joie, et qu'il remarque en passant que c'est sa première etreinte d'une femme avec un seul bras..., c'est quand un médecin Général en chef se pique de faire une démonstration de comment il faut rejoindre les 72 drains (chaque éclats d'obus) en des rivières et fleuves pour mieux évacuer le "mal" et achève un jeune soldat, comme l'avait anticipé l'infirmière

Cendrars s'était engagé dans la légion étrangère, il a donc participé la guerre --> ce n'était pas un civil. Vous le citez avec le prétexte qu'il a connu et décrit l'horreur de la guerre, cependant vous passez à côté du sujet et je ne vois vraiment pas ce que vous avez essayé de démontrer en citant Cendrars, encore une fois vous brassez du vide!

Citation:
-Il souhaite de l'humanité. On l'accuse d'avoir choisi son camp, sous entendu que les deux camps à choisir sont le camp des palestiniens ou le camp des israëliens. Pour bien comprendre le texte d'Alain Korkos peut-être faut-il être capable de croire que les deux camps sont celui de la diplomatie ou celui de la violence?

C'est vrai qu'on n'a rien compris de la chronique!
Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Entièrement d'accord avec vous Lilalilou.
Par punaiz

Post ouvert a Poisson

Votre point de vue est intéressant, comme souvent. Merci pour la poésie, et le suivi des commentaires sur votre post ensuite.
Par Gilda

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je voulais juste remercier pour cet article.

Je me trompe peut-être mais il me semble que la limite entre la photo utile au témoignage et celle qui ne sert qu'à faire du racolage sur l'horreur parce qu'hélas il y a un public pour ça et donc de la thune à se faire en tirant sur cette corde pourrie de l'esprit humain (ou du manque de), c'est en se posant la question de
Et si sur l'image c'était quelqu'un que je connaissais et que j'aime est-ce que je serais d'accord pour qu'elle soit publiée ?
qu'on peut la tracer.
(variante : et si j'étais le photographe qui l'a prise serais-je fier de moi ou bien mal à l'aise ?)

Enfin, oui, il y a une saturation de l'horreur alors l'escalade vers le pire ne peut en rien servir à faire réagir les gens dans l'espoir que la pression populaire ou de l'étranger soit assez forte pour contraindre les belligérants et autres guerriers à se calmer.
Quand j'ai vu cette image, j'ai détourné les yeux. Je n'ai pas cherché à en savoir plus, occupée que j'étais à contenir larmes et nausée. Je n'étais pas la seule. Du coup l'information que pouvait éventuellement contenir l'article ou le journal a complètement été ignorée. Effet inverse de celui prétendument escompté.
Par abdessamad

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je suis surpris de voir des @sinautes faisant l'éloge et la prescription de la censure ! Pas de photo d'horreur, ou alors pas à la Une ??
Beaucoup disant cela diront un autre jour "TF1 nous manipule", ou encore "On ne nous dit pas tout" :)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 01:58 le 11/01/2009 par abdessamad.
Par Jane

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Une autre photo que l'on a "vue nulle part" : [www.info-palestine.net]

Et il y en a beaucoup d'autres que l'Humanité n'aurait pas pu toutes mettre à la une.

"Convoquer l'humanité face aux crimes et aux images d'apocalypse. C'est déjà bien de le dire, il ne reste plus qu'à le faire." On est sûr que ce n'est pas Korkos qui va le faire, c'est pas son boulot il parait. Convoquer le journal l'Humanité par contre oui, c'est hyper mega plus cool ! Et ça au moins c'esr sûr, cela ne va pas arrêter la guerre ...
Par Compunet

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

il me semble que l'on prête des sentiments ou des jugements à A. KORKOS au sujet de cette photo ; or j'ai l'impression que c'est la preuve du contraire qu'il essaye de démontrer : c'est à dire que l'on peut voir ou regarder des photos en ne jugeant que l'objet de la photo, sans aucun sentiment, et sans juger ce qu'elle veut, ou croit vouloir, démontrer ;
je ne veux pas intérpréter à mon tour, bien sûr, les propos d'A. KORKOS (-:)), je ne suis pas à sa place (je m'étonne d'ailleurs qu'il n'"y soit pas revenu" dans ce forum comme à son habitude pour placer quelques "réponses collectives" ??!!), mais je ne peux pas lui attribuer de part de cynisme ou d'indifférence : Mr KORKOS, je vous croie sincèrement dans le questionnement intellectuel de l'objet photographique....... ou alors ??
mais perso je ne peux pas me résoudre à croire, comme vous essayer de nous le démontrer depuis quelques forums déjà, qu'une photo ne puisse être jugée que sur l'image qu'elle donne à voir ; je reste convaincue que l'être humain, qui est un être subjectif (pour la plupart, car c'est le symbolique qui nous structure !!!) ne peut rester sur le plan de l'image... je pense que de le croire est un leurre dans lequel il pourrait nous plaire de tomber pour nous rassurer et ne pas souffir !!

lorsque vous écrivez :
"Ce que Patrick Apel-Muller omet de nous dire, c'est la raison qui a présidé au choix de cette photo en première page, plutôt que l'une des huit autres publiées en dernière.
Elle est pourtant simple, la raison. Effroyablement simple : nous avons déjà vu ces huit photos. Celles-là - ou d'autres en tous points semblables - furent un peu partout publiées ces jours derniers. Mettre l'une d'elles en première page n'aurait pas interpellé le lecteur une seule seconde, en raison du principe suivant : « Les photographies produisent un choc dans la mesure où elles montrent du jamais vu. Malheureusement, la barre ne cesse d'être relevée, en partie à cause de la prolifération même de ces images de l'horreur. » (Susan Sontag, Sur la photographie.)",

je suis un peu déçue que dans le même propos vous nous fassiez prendre conscience que P. APEL MULLER ne nous donne pas la raison de ses choix, et que tout à coup vous nous en donniez, vous, la raison, même pas conditionnelle, comme si vous lui aviez posé la question : qu'en savez-vous exactement de ses choix ?

et lorsque vous écrivez :
"Sauf que l'utilisation des images est plus complexe qu'il n'y paraît. Susan Sontag - encore elle - disait que « Souffrir est une chose ; vivre avec les photographies de la souffrance en est une autre, et cela ne renforce pas nécessairement la conscience ni la capacité de compassion. Cela peut aussi les corrompre. La première image de cette espèce que l'on voit ouvre la route à d'autres images, et encore à d'autres. Les images paralysent. Les images anesthésient. Un événement connu par des photographies acquiert un surcroît de réalité qu'il n'aurait pas eu sans elles. (…) Mais aussi, après que ces images ont été imposées à notre vue de façon répétée, il perd de sa réalité. »

vous avez l'air de bien aimer Susan SONTAG ; perso je ne la connais pas, et je n'ai pas envie d'aller chercher qui elle est, même si ça m'aiderait à comprendre comment elle a l'air d'être devenue blasée par la photographie ;
pour moi, "être anesthésié" par trop d'images ne signifie pas que l'on y est insensible ; au contraire cela pourrait signifier que le seul moyen de nous protéger de l'horreur de ce qu'elle montre est la fuite, occulter, fermer son cerveau à toute interprétation ; mais ça ne serait qu'une protection ; on sait parfaitement avec quel malin plaisir le refoulé refait surface à notre insu, un jour ou l'autre ;
on peut affirmer que si l'image nous a "anesthésié", justement, c'est qu'elle a eu un impact sur nous ;
alors que vu de l'extérieur cela ressemble à une non-réaction, "être anesthésié" est bel et bien une réaction ! et peut-être encore plus puissante que la réaction qu'ont pu avoir tous ceux qui peuvent la commenter dans l'instant !!

j'aime beaucoup vos chroniques car elles m'obligent à me poser des questions, et je ne vous crois pas "anesthésié" (mais ça n'est qu'un avis subjectif !! -:)) ;
je reste convaincue que les média, et pour moi la photo en particulier car j'y suis plus sensible, ont un impact sur nos consciences ; bien sûr, nous ne sommes pas dupes au point de croire que le réveil de nos consciences va faire arrêter les guerres dans l'instant, mais je pense, que dans un sens ou dans l'autre, une photo peut provoquer des bouleversements...........

c'est bien une photo prise dans les premiers jours de cette guerre, que j'appellais encore "conflit" (??!!) qui m'a fait passer d'un a priori positif envers israël l'"agressé" de ces dernières années, a une condamnation pure et simple de ses ripostes totalement disproportionnées pour moi : israël est devenu l'agresseur ;
cette photo ne s'est pas perdue dans la masse, elle est toujours gravée dans mon esprit, et je pense n'être pas la seule à réfléchir autrement à ce conflit aujourd'hui grâce à toutes les photos qui paraissent dans la presse......
Par Paméla

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
(je m'étonne d'ailleurs qu'il n'"y soit pas revenu" dans ce forum comme à son habitude pour placer quelques "réponses collectives" ??!!),


M’est avis que Alain Korkos assiste, médusé, à cet échange de commentaires. Je viens de passer une heure à les lire. A la fin de l’émission, Daniel
Schneidermann annonçait un forum agité. Il ne croyait pas si bien dire.
Ce que je constate, c’est que chacun reste sur ses positions. Dommage…
Par Compunet

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"que chacun reste sur ses positions", personnellement, ne me pose pas de problèmes...
ce que je constate c'est que, et pour moi c'est la première fois, c'est un forum où chacun peut donner son avis sans se prendre immédiatement en retour des invectives, pour ne pas dire insultes ou injures, de ceux qui pensent justement l'inverse...... peu importe le "camp" !! (n.b. : et pour cela, faut-il peut-être remercier A.K. d'accepter de jouer le bouc émissaire ! -:))
j'ai toujours hésité à échanger sur le "conflit", guerre pour moi aujourd'hui, en palestine car on sombrait systématiquement dans des récupérations genre "guerres de religions" ;
pour moi, il est évident que ça n'est pas un problème de religion, mais bien de politique et de désir de suprématie de part et d'autre !!
serait-ce le début d'une esquisse d'un espoir de résolution politique dans ce coin du monde que les gens puissent en parler aujourd'hui sous cette forme ???
je l'espère et j'aurais été la première à nuancer mes affirmations grâce aux photos.........
Par punaiz

+1

Ouiiiiii
Compunet
Par Lisuzan

anaisthêsis

Sans connaître ladite Susan Sontag ni ses ouvrages, les extraits cités par Ka m’apparaissent plutôt pertinents en regard de la complexité de l’impact des images, complexité bien mesurée par la réserve émise dans les affirmations : « … cela ne renforce pas nécessairement … cela peut aussi … ».

D’autre part, le « surcroît de réalité » évoqué me semble indéniable et votre « réactivité » m’apparaît particulièrement adaptée lorsque vous analysez différemment cette « anesthésie », le terme anaisthêsis se référant précisément à un blocage, non point à une perte, s’agissant effectivement d’une « protection ».

Absolument d’accord avec vous, « l’image qui nous a anesthésié a eu un impact sur nous » ce que vous décrivez judicieusement : de l’extérieur, une « apparente non-réaction » se révèle souvent comme une réaction d’une puissance supérieure à un rejet pur et simple.

Merci vivement d’avoir développé cette problématique « du bouleversement », l’obstacle restant que l’attitude de « rejet » peut persister en s’ancrant durablement dès lors qu’il y a accumulation – si, si.

La guerre de l’image au service de la propagande que mènent les belligérants est éminemment stratégique bien évidemment.

Excellente votre réponse à Maître Urbidan qui, parfois drôle, se positionne inutilement dans l’injustement cinglant et ne peut se passer d’@si apparemment :-)
Par Nagababa

Courrier pompier

Quand M korkos entre en tragédie, il ne se refuse pas les moyens de l'expression.
Lettre ouverte à ......
Cette entame très solennelle laisse déjà présager du ton.

M Korkos prend doucement de l'assurance.
Avant il pouvait se livrer à quelques numéros d'élocution érudite en regardant des images,
en croisant des époques ou un style.
Sur ce plan pédagogique il n'y avait rien à dire.

Les premiers dérapages sont arrivés quand il a poussé ces images
dans une logique de raisonnement personnel, avançant des arguments qui se sont révélés faux,
partiellement erronés ou fatalement subjectifs.

Aujourd'hui M Korkos interpelle l'Humanité, à travers son directeur de rédaction, et je n'ai pu
m'empêcher, ( avec mon mauvais esprit qui me caractérise), de penser à une bouffée narcissique,
....humanité, urbi & orbi, etc...

Non content de nous livrer son sentiment personnel sur une image,
il nous donne la vraie mesure de ce que pourrait être la pertinence d'une réalité de guerre,
le seuil où une image se retournerait sur son lecteur.

Maintenant devenant Homme pensant les Images son discours prend de l'emphase...
ne se contentant plus de commenter, mais d'avoir le pouvoir d'influer sur une lecture...
ou d'inscrire son commentaire dans le monde de la pensée...

Cette photo montre une victime innocente frappée par hasard,
qui n'a pas pu participer de quelque manière que ce soit au conflit en question.
Cette photo a au moins le mérite de montrer l'aveuglement d'une explosion qui ne frappe pas seulement un objectif
mais aussi ceux qui sont sur ce passage ou dans une proximité.
Cet enfant enseveli n'est pas le Hamas, ni une résistance Palestinienne,.
Cette image dénonce la vraie nature de cette guerre, de toutes les guerres, dans la désolante obscénité de frappe aveugle.

Mais cette image serait à rapprocher de toutes celles du terrorisme qui ne désigne ses victimes qu'après l'accomplissement de l'attentat.

Un jour M Korkos se gausse d'une censure pudibonde,
un autre, des images de guerre molles et lisses et aujourd'hui, mêlant son assurance et ses contradictions
il nous livre presque un message définitif.
A quand M Korkos au ministère des informations.... ..

Contrairement à lui, je ne sais pas s'il faut la mettre en une, ou pas.
Je l'ignore car je sais qu'il n'y a pas de réponse, que quoiqu'il soit fait, il y aura toujours à redire.
Cette image est cruelle et je ne sais pas quoi en faire....mais elle existe....
et on pourra toujours lui reprocher de faire vendre, de faire vomir ou d'effrayer.
Chacun fait avec sa résistance et son cynisme.

Mais il y a un fossé entre faire un commentaire et interpeller au nom d'une pseudo légitimité.....

Dans une émission @SI, l'EGO de Korkos lui fait confondre dans l'affiche de la fête de l'huma, le drapeau de la paix avec celui des Gays...
Nous pouvons nous interroger sur ce type de démonstration... surtout quand aucunes excuses rétroactives n'a jamais ponctué ses allégations
d'un parti communiste ratissant large pour faire de l'audience....

Les sophistes ont encore de beaux jours, surtout en pleine saison de récolte de buzz.....
Par Cassandre

Re: Courrier pompier

Urbidan , c'est pour lire cela que je me suis réabonnée, une telle justesse dans votre analyse me réconforte.
Par Fandasi pour clavier

@Urbidan

Vos propos amers pleins de mépris sur Korkos , ne vous honorent pas . Que vous ne soyez pas d'accord avec ses idées est une chose , mais votre façon de le dire est répugnante de rancoeur. Comme d'hab , quoi.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:21 le 17/02/2009 par Thomas Scotto (webmaster).
Par Cassandre

Re: @Urbidan

ça c'est juste votre avis sans aucune argumentation à avancer. Auriez-vous peur de débattre avec Urbidan ? Je vous comprends : vous ne faites pas le poids !
Par Sémir

Re: @Urbidan

Nulle comme réaction le Clavier.
Nulle.
Merci Urbidan de cette réponse.


SEMIR



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:21 le 17/02/2009 par Thomas Scotto (webmaster).
Par Nagababa

@ Sémir, Cassandre et les autres....

Merci de vos soutiens, ainsi que de quelques autres reçus en messages privés.

Nous devons rester vigilant à ne pas diviser le forum en groupes compacts,
les pro Palestiniens, les pro Israéliens, les pro Paix, et aussi une autre catégorie ...les pro korkos.

Ce qui anime ce forum, ce n'est plus tant ce qui se passe là bas, mais une prise de position subjective sur ce qui se passe là bas vu d'ici,
et la meilleure manière d'en rendre compte.

C'est somme toute assez dérisoire face au désastre sur place et sans doute le chroniqueur jubile de pouvoir faire tant de bruit,
mesurant ainsi en retour son audience,
en détournant notre regard du chaos pour le regarder lui nous parler de la qualité de son regard sur le chaos.

Ce qui serait acceptable sur un site lambda, animé par une idéologie X,
devient vite dérangeant sur un site censé être axé sur une neutralité et objectivité bienveillante.

@SI n'échappe pas à la dérive des incontinents du verbiage.
Par Compunet

Re: @ Sémir, Cassandre et les autres....

Citation:


Ce qui serait acceptable sur un site lambda, animé par une idéologie X,
devient vite dérangeant sur un site censé être axé sur une neutralité et objectivité bienveillante.

@SI n'échappe pas à la dérive des incontinents du verbiage.


"neutralité et objectivité bienveillante" c'est pourtant selon moi ce qu'a essayé de faire A. KORKOS en lançant ce débat : selon lui (et S. SONTAG) on devrait pouvoir traiter une photo de façon "objective" et c'est dans le même temps ce que lui reprochent la majorité des @sinautes...........
va comprendre !!!
mais pour l'instant ce serait plutôt : "On a perdu le soldat KORKOS" ???????!!!!!!!!!! -:)

n.b. : URBIDAN le retour ?? je vous croyais perdu pour les "verbiages" @sinautiens ??..........
pour moi, vous avez bien fait d'y revenir, il est toujours utile d'étoffer un débat de quelques affirmations absolues...............
sans rancune ? -:)
Par Fandasi pour clavier

@Urbidan

Citation:
Ce qui serait acceptable sur un site lambda, animé par une idéologie X, devient vite dérangeant sur un site censé être axé sur une neutralité et objectivité bienveillante
Mais il n'y a que vous pour être assez naïf et croire à la neutralité et l'objectivité de quiconque. Tout le monde à sa subjectivité. Alain Korkos a sa subjectivité , il ne se prétend pas scientifique, il ne détient pas La vérité , mais Sa vérité. Et que pour des raisons personnelles vous les contestiez est une chose , mais que pour les mêmes raisons personnelles vous essayez de l'humilier n'est pas de l'ordre du débat d'idée , mais du règlement de compte inconscient.
Bonne parano avec vos copains.
Par Nagababa

Arf !

Nous n'arriverons pas à échanger sur ce point et je crois qu'il est vraiment inutile d'insister.
Je ne fais que défendre la multiplicité des points de vue sur un même sujet en invitant
à ne pas donner un avis subjectif comme élément objectif. (récurrence dans les chroniques)
C'est pourtant clair, non.
Que vous me trouviez offensant ou humiliant parce que je rappelle à AK qu'il n'est pas juché sur le faîte de la vérité universelle mais sur un tabouret,
c'est votre problème pas le mien.
Par Sémir

Re: @ Sémir, Cassandre et les autres....

En effet, là réside le principal "débat".
On peut être compétent dans un domaine et même presque faire "autorité" comme le fait Alain Korkos, cela ne lui donne pas le droit d'imposer, de censurer...
Où commence son opinion personnelle et où se termine sa chronique...

Sa chronique est-elle une opinion personnelle, subjective ? Apparemment oui.
Est-elle contradictoire avec ce qu'il a l'habitude de présenter ? Apparemment oui aussi.
Peut-il être critique sur la politique israélienne ? Je pense que oui.
Est-il "touché" par cette image (une petite fille ensevelie, au visage ensanglantée et qui semble dormir...). Je pense que oui toujours.
Car quand je vois cette image, j'ai de la peine, de la honte, de la colère (et c'est un euphémisme) mais je n'ai pas d'indifférence.

Oui cette photo est très forte.
Très très forte et l'Humanité a fait très fort.
Cette petite fille est l'image du peuple palestinien aussi.

Alain Korkos qui est un professionnel des images, des photos le sait. Il l'a compris.

Il a mal réagi.

SEMIR
Par Nagababa

mais votre façon de le dire est répugnante de rancoeur

Citation:
V...., mais votre façon de le dire est répugnante de rancoeur. Comme d'hab , quoi

En citant mon identité, vous vous faites aussi honneur, en respectant ainsi mon désir d'anonymat.
Mais je vous l'ai déjà dit.

C'est vrai, cela devient chimique chez moi, je ne supporte ni le mensonge ni la manipulation,
ni les manquements déontologiques de rigueur en parlant d'un sujet précis.
Je ne supporte pas plus les errances de l'âme présentées comme preuves tangibles du réel
et non comme des fragments de discours subjectifs.
Je supporte mal aussi les embrouilles de langage "décontracturantes" pour épingler une censure
et nous assaisonnez ensuite un discours en lettre ouverte oeuvrant en sens inverse.
Je devrais m'en foutre et je n'y arrive pas.

J'ai souvent conclu par "les sophistes ont encore de beaux jours," et je vous
invite à vous pencher sur ce mécanisme de pensée, pour en comprendre les subtilités.

Je n'ai rien à vendre.
Je ne cherche pas la notoriété. (anonymat), ni même pas à attirer votre attention...

Je ne suis pas non plus dans l'adoration....
et les j'accuse danette, et les drapeaux Gay,....restentt grave intellectuellement parlant......même si c'est dérisoire.
Vous, ça vous fait marrer. moi pas.
Qu'il n'y ai jamais un mot d'excuse, vous semble normal.
Je vous admire.

Certains commencent à comprendre sur ce forum,
que ce n'est plus la chronique qui est au centre, mais ses effets buzz.
et sans doute une volonté inconsciente de prendre un peu d'épaisseur....

Mais c'est une nuance....que vous saisissez moins bien que ma répugnante rancoeur....
Par Fandasi pour clavier

Re: mais votre façon de le dire est répugnante de rancoeur

Citation:
Je devrais m'en foutre et je n'y arrive pas.]
Dommage pour vous.
Par Nagababa

.....

Par Sémir

Re: mais votre façon de le dire est répugnante de rancoeur

Le Clavier, en cas de guerre et d'Occupation, je vous vois bien délateur...

SEMIR
Par Fandasi pour clavier

Re: mais votre façon de le dire est répugnante de rancoeur

Pourquoi mégoter ? En cas d'occupation je serai carrément acteur , enfin !
Par Sémir

Je ne mégotte pas, je constate

Je ne mégote pas, je constate.
Vous avez écrit, vous avez "dénoncé", voila.

Le droit d'avoir un pseudo ça ne vous a pas traquassé de le respecter.

Vous avez utilisé une méthode de dégueulasse, vous assumez.

SEMIR
Par Jean BAUS

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

La guerre c'est toujours l'horreur et cela depuis la nuit des temps: surtout quand l'objet est l'acquisition de territoires.

Dans cette perspective et pour éviter toute remise en cause, ultérieure, de ces acquisitions il vous faut décimer tout d'abord femmes et enfants...

D'où la barbarie qui continue de nos jours.
Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"Les images des victimes du bombardement de Gaza choquent les Israéliens" Une autre photo de petite fille à montrer SURTOUT aux Israéliens !
Par Le pessimiste désillusionné

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Il date de 2006 cet article
Par Gaïa

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Bonjour
Tout comme Politique.net, l'obscénité est de montrer cette photo et l'obscénité suprême est d'afficher cette photo sans article de fond, sans contextualisation du conflit Israelo-Palestinien sans explication , sans nuance.
Résultat : un manichéisme forcené. Le bon et le méchant sont bien identifiés. Et vous me direz le truand? Certains journalistes qui usent et abusent des photos sans prendre la plume et bien expliquer.
Merci M. Korkos pour cette chronique.
Gaïa
Par abdessamad

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Bonjour
Tout comme Politique.net, l'obscénité est de montrer cette photo et l'obscénité suprême est d'afficher cette photo sans article de fond, sans contextualisation du conflit Israelo-Palestinien sans explication , sans nuance.
Résultat : un manichéisme forcené. Le bon et le méchant sont bien identifiés. Et vous me direz le truand? Certains journalistes qui usent et abusent des photos sans prendre la plume et bien expliquer.
Merci M. Korkos pour cette chronique.
Gaïa


Vous avez lu "L'Humanité" ??? ou simplement la lettre ouverte d'A.Korkos ???
Par Ernest RENARD

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Par honnêteté, je précise d'emblée que je suis de ceux qui pensent que cette photographie devait être publiée et massivement diffusée. Toutefois, je voudrais livrer ici quelques réflexions sur la photographie sans être (trop) partisan.


1) L'un des deux camps a tout intérêt à montrer cette photographie, l'autre a tout intérêt à la cacher. Dès lors, plaider pour ou contre la Une de l'Humanité, c'est, d'une certaine manière (à son corps défendant ou pas), apporter son soutien à l'un des deux camps.

2) La photographie est sortie le 7 janvier, je la découvre aujourd'hui alors que je visite tout de même pas mal de sites quotidiennement. Apparemment je ne suis pas le seul, d'autres @sinautes la découvrent également. Comme quoi ce n'est pas un raz-de-marée.

3) L'Humanité a sorti une bombe atomique en Une : tout commentaire construit et intelligent semble dérisoire en comparaison de l'horreur brute de la guerre, tout est réduit au rang de pinaillage d'intello. Et pourtant, il faut interroger cette photographie, ce que fait A. K. Alors, bien sûr, sa conclusion me déplaît. Mais nous avons tous payé un abonnement pour du décryptage d'images et le chroniqueur fait son job.

4) Assez ironiquement, ayant découvert cette photographie grâce à A. K., je viens de l'envoyer à plusieurs personnes qui vont probablement la relayer également : alors que l'article dénonce la démarche de l'horreur à la Une, il participe activement à la diffusion du cliché. A. K. pourrait facilement s'envoyer une lettre ouverte du même tonneau que celle qu'il adresse à l'Humanité.

Voilà, merci aux différents @sinautes qui parviennent à débattre sur ce sujet sans sombrer dans la polémique et l'invective comme c'est trop souvent le cas au sujet de ce conflit.
Par Le pessimiste désillusionné

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je ne pense pas qu'il faille beaucoup de courage ou un excès d'empathie pour être du côté des victimes civiles encore plus quand il s'agit d'enfants palestiniens ou israeliens d'ailleurs. Malheureusement ils n'ont jamais constitué un camp à part entière dans ce conflit et si je me trompe alors ce camp là aurait bien besoin de plus d'amis de raison et de coeur et ce en grand nombre



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:50 le 11/01/2009 par Le pessimiste désillusionné.
Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je ne peux m'empêcher de vous recopier un des passages de la chronique de mon post précédent. L'écrivain israélien David Grossman, a compris quels pouvaient être l'utilité et même l'URGENCE, de montrer ce genre de photos au lieu de les cacher comme le suggère Korkos.




"La vision de la fillette de la plage de Gaza dont la vie a été mise en lambeaux sous nos yeux DOIVENT NOUS TIRER DE LA TORPEUR DANS LAQUELLE NOUS SOMMES PLONGES DEPUIS DES ANNEES ", affirme l'écrivain israélien David Grossman, l'une des grandes voix du camp de la paix, dans une tribune du Maariv.

"Jusqu'à quand accepterons nous, DANS LA PLUS TOTALE PASSIVITE, qu'une bande de responsables de la sécurité nous enferment dans le piège mortel des attaques et des représailles dans lequel nous vivons depuis des décennies", s'interroge Grossman.

"L'armée israélienne jadis audacieuse et inventive fonctionne depuis des années comme un piston stupide, assénant ses coups aux Palestiniens les uns après les autres avec pour seul résultat d'exacerber leur humiliation, leur colère et leur désir de vengeance".

"(Ehud) Olmert refuse obstinément et systématiquement toute ouverture de paix de la part des Palestiniens" poursuit l'écrivain en référence au référendum convoqué par le président Mahmoud Abbas sur un document d'entente nationale reconnaissant implicitement l'Etat d'Israël qualifié, selon lui, "d'insignifiant" par le Premier ministre israélien.

"Seul le piston (de l'armée israélienne) continue de broyer, les Palestiniens et nous mêmes (...) Sur la plage de Gaza NOUS AVONS PERDU UNE BATAILLE, CELLE DE NOTRE IMAGE EN TANT QUE PEUPLE ET ETRES HUMAINS", conclut Grossman.

La photo de la tête de la petite palestinienne selon Korkos ferait la une pour vendre ? ça ne lui viendrait pas à l'esprit qu'elle est un message, UN CRI pour nous FAIRE SORTIR DE NOTRE TORPEUR comme le dit si bien l'écrivain Grossman ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:04 le 11/01/2009 par Cassandre.
Par Yanne

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Que cet Israélien militant contre la guerre ait cette réaction est tout-à-fait normal. il est dans une situation où il a prise sur ces évènements dans la mesure où Israël étant une démocratie en proie à une énorme propagande pro-guerre, cette image-là est de la contre-propagande. Et il n'a pas le choix des armes aujourd'hui pour lutter contre ses adversaires politiques.

Mais le fait est que lui peut avoir une influence directe sur cet évènement qu'est cette guerre.

C'est-à-dire que s'il réussit à faire une contre-propagande suffisamment efficace en Israël, cela pourrait retourner l'opinion publique et peser sur l'attitude des médias et de son gouvernement. Sinon les "opérations" dureront jusqu'à ce qu'Obama y mette le hola ou que le nombre de morts (la limite a été de mille pour le Liban) finisse par retourner l'opinion israélienne. Il y a une autre éventualité : qu'Israël gagne et éradique le Hamas, mais ce serait contre-productif, puisque ça supprimerait un épouvantail pour "manipuler" l'opinion américaine. L'annexion de la Cisjordanie ou du moins d'une partie, dont la colonisation à grande cadence tend à faire penser que c'est le but ultime, deviendrait problématique.

Nous, Européens, nous n'avons pas vraiment de poids sur ces évènements. Cela ne sert à rien de nous laisser horrifier avec ces images, sinon à déchaîner notre colère et notre tristesse. Et pour finir notre indifférence. Parce que si vous ne pouvez rien, vous êtes bien obligé de l'ignorer.

Nous pouvons toujours croire que nous pourrions avoir un impact. Mais c'est une fatuité d'Homo Occidentalus.
La vassalité d'Israël envers les USA est directe, elle n'a rien à voir avec l'Europe et le reste de l'Occident.
Par harounya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Liliane Le Roscouët
Il y a une autre éventualité : qu'Israël gagne et éradique le Hamas

Il y a quelque chose qui me dérange profondément sur cette phrase : gagner. Gagner est tellement inapproprié dans ce contexte que j'ai eu littéralement un choc en lisant ce mot dans votre commentaire.

Comment peut-on utiliser le mot gagner dans un contexte pareil ?!
A-t-on affaire à une guerre entre deux armées ? La réponse est évidemment négative.

Est-il possible de « gagner » une « guerre » contre des résistants ?!
La question ne se pose même pas puisque, pour commencer, le mot « guerre » n'est pas approprié. Massacre est plus approprié, ici. Oui, évidemment, les pros sionistes vous dirons que c'est de la légitime défense. De quelle légitime défense ?! Un état qui a annexé des territoires d'un hypothétique, hypothétique car l'état palestinien est incapable de se défendre, état « emprisonnant » sans aucune raison « le » peuple pour des raisons sécuritaires inexistantes dans une enclave hermétique coupé du monde extérieur. Pour démontrer la nullité de cet argument, il n'y a qu'à comptabiliser le nombre de mort entre les deux camps pour s'en convaincre. Quelques roquettes artisanales qui ont coûté la vie à une dizaines de citoyens israéliens contres des dizaines de milliers dans le camps d'en face... Voyons, pas sérieux.
Bref, « guerre » n'est pas approprié, on peut aller avec « massacre », « persécution »...
Ensuite, historiquement, aucune armée n'a réussi à « gagner » une « guerre » contre des résistants. Prenons la guerre de 39-44 par exemple ou même celle d'Afghanistan, contre les l'URSS ou même celle contre « l'envahisseur » amérlocain pour être plus proche de la situation présente en Palestine.

La grande différence entre les résistances précédentes et celle qu'on observe en Palestine est : les palestiniens n'ont aucun choix vu leur situation. Enfermés sur quelques kilomètre carré, privés de tout, seule la haine de l'état israélien ou les israéliens eux même qui cautionne cette guerre de près de « 80% » dit-on et se sacrifier « en martyr » dit-on souvent ne s'offrent à eux. A quoi bon rester les bras croisés si c'est pour de toute les façons mourir ou être tuer au prochain bombardement ou la prochaine tuerie dans des conditions inhumains ? Mais là je m'égare sur la justification deu à quoi bon se battre avec des pieres contre une armée sur-équipé par les dernières « high end » équipements de l'Oncle Sam.

A bon entendeur, salut,
harou-nya.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 14:36 le 11/01/2009 par harounya.
Par Yanne

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Il y a une autre éventualité : qu'Israël gagne et éradique le Hamas

Il y a quelque chose qui me dérange profondément sur cette phrase : gagner. Gagner est tellement inapproprié dans ce contexte que j'ai eu littéralement un choc en lisant ce mot dans votre commentaire.


Un rien vous choque. Si vous préfériez que j'écrive: arrive à ses fins et neutralise le Hamas, je vous l'accorde volontiers. Cela ne change rien à mon raisonnement.

Comment peut-on utiliser le mot gagner dans un contexte pareil ?!
A-t-on affaire à une guerre entre deux armées ? La réponse est évidemment négative.


Que ces deux armées ne soient pas d'égale importance, je n'en disconviens pas. Mais quand il y a déchaînement de violence par les armes et que des civils en sont les victimes, moi j'appelle ça une guerre. Je n'ai jamais entendu dire que le Hamas n'était pas armé et constituait une phalange de délicieux pacifistes. Mais si le Hamas ne laisse pas filtrer les photos où il combat, et que vous en concluez qu'il n'y a pas de combat, c'est que sa propagande marche admirablement. Bravo. Beaucoup mieux que celle d'Israël qui pourtant n'est pas mauvaise.

Est-il possible de « gagner » une « guerre » contre des résistants ?!

Oui, il me semble. Mais je ne suis pas sûre de comprendre votre raisonnement. Quelquefois les résistants ont l'avantage, et quelquefois ceux qui les attaquent l'ont. Cela dépend.

La question ne se pose même pas puisque, pour commencer, le mot « guerre » n'est pas approprié. Massacre est plus approprié, ici.

Si vous voulez parler de massacres, je peux vous en présenter de bien meilleurs. Les civils palestiniens ne sont pas massacrés. Ce sont les victimes collatérales d'une guerre qui n'a pas de légitimité. Si Israël avait choisi de faire un massacre sur une population aussi dense de 1 500 000 habitants sur un petit espace, il y aurait beaucoup plus de victimes.

Oui, évidemment, les pros sionistes vous dirons que c'est de la légitime défense. De quelle légitime défense ?! Un état qui a annexé des territoires d'un hypothétique, hypothétique car l'état palestinien est incapable de se défendre, état « emprisonnant » sans aucune raison « le » peuple pour des raisons sécuritaires inexistantes dans une enclave hermétique coupé du monde extérieur. Pour démontrer la nullité de cet argument, il n'y a qu'à comptabiliser le nombre de mort entre les deux camps pour s'en convaincre. Quelques roquettes artisanales qui ont coûté la vie à une dizaines de citoyens israéliens contres des dizaines de milliers dans le camps d'en face... Voyons, pas sérieux.

Je ne sais pas ce que sont les pros sionistes. S'il s'agit des pro-sionistes; ils disent ce qu'ils veulent. Cela m'est égal. Je suis vaccinée contre leurs vaticinations depuis des années.

Il y a eu pendant la guerre du Vietnam près de 2 millions de morts vietnamiens et un peu plus de 51 000 morts américains. La disproportion est évidente. Et pourtant, on appelle ça une guerre.

Bref, « guerre » n'est pas approprié, on peut aller avec « massacre », « persécution »...

Je maintiens le mot de guerre, "massacre", ce n'est pas approprié, je l'ai expliqué supra, et persécution a une connotation religieuse qui à mon sens ne convient pas. Mais je pourrais appeler cela comme les Israéliens des Opérations ou même une paix puisqu'une de leurs opérations s'était appelée "Paix en Galilée." Mais ça me semble très mensonger.

Ensuite, historiquement, aucune armée n'a réussi à « gagner » une « guerre » contre des résistants. Prenons la guerre de 39-44 par exemple ou même celle d'Afghanistan, contre les l'URSS ou même celle contre « l'envahisseur » amérlocain pour être plus proche de la situation présente en Palestine.

Ravie d'apprendre que que Tibet et certaines autres provinces de la Chine qui résistaient vaillamment ont eu gain de cause.
Cela m'avait échappé. La propagande sioniste m'a caché la réalité, sans doute.

Et d'autre part, il me semble qu'en ce qui concerne la guerre de 39-45, c'est le renfort des troupes alliées anglaises et américaines qui avaient fait la différence, et que la Résistance n'avait constitué qu'une force d'appoint. Mais peut-être que Darcos a réussi à faire passer des programmes plus patriotiques à l'Education Nationale, et qu'on vous a nettoyé le cerveau.

La grande différence entre les résistances précédentes et celle qu'on observe en Palestine est : les palestiniens n'ont aucun choix vu leur situation. Enfermés sur quelques kilomètre carré, privés de tout, seule la haine de l'état israélien ou les israéliens eux même qui cautionne cette guerre de près de « 80% » dit-on et se sacrifier « en martyr » dit-on souvent ne s'offrent à eux. A quoi bon rester les bras croisés si c'est pour de toute les façons mourir ou être tuer au prochain bombardement ou la prochaine tuerie dans des conditions inhumains ? Mais là je m'égare sur la justification deu à quoi bon se battre avec des pieres contre une armée sur-équipé par les dernières « high end » équipements de l'Oncle Sam.

Je crois que c'est Einstein qui disait qu'en général, Dieu était pour les grands bataillons et contre les petits, mais certains évènements lui ont donné tort.

Tout est possible, mais je pense que ce sera comme toutes les autres fois. Israël finira par obtenir des accords de paix en sa faveur. Puis tout recapotera et on recommencera. C'est ainsi depuis la guerre des 6 jours. Et je maintiens que nous n'y pouvons rien, et que ce ne sont pas des unes comme celle de l'Huma qui y changeront quoi que ce soit.
Par harounya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous avez compris ce que vous avez voulu comprendre dans mon message, si je n'étais pas assez clair, je vais m'efforcer de l'être.

« Gagner » n'est pas adapté dans ce contexte puisque l'Armée israélienne, régulière, se bat contre des « résistants » ou une « milice », appelez les comme vous voulez, dont on a aucune idée de leur nombre etc... Comment pouvons-nous déterminer si l'Armée israélienne a gagné alors ? Après avoir massacré tout les habitants de Gaza peut être ? Je vous rappelle que tout habitant de Gaza est suspect si vous ne l'aviez pas remarqué. C'est comme avec le terrorisme... tout arabe ou musulman est suspect... c'est ainsi que ça marche (Ce qui ne veut pas dire que je cautionne ce genre de raisonnement bien sur).

Ensuite, le fait de dire que « une armée, régulière encore une fois, n'a jamais gagné un conflit contre des « résistants» » ne veut certainement pas dire que l'inverse est vraie c'est-à-dire que les « résistants» gagnent toujours contre les armées régulières. Non, on y est pas du tout ! C'est ce que je ne surtout pas dit sur mon propos. Que vous ayez des raisons de détester la politique réformatrice de Xavier Darcos, vous êtes libre de le faire. Que vous détestiez sa proposition de permettre l'Assemblée de re-écrire l'histoire... comme faire passer la colonisation comme étant un « effet positif » de la colonisation, je ne m'y oppose pas du tout à cela.
Mais, ne me faites dire ce que je n'ai pas dit, je n'ai jamais dit que la résistance française a « gagné » la Seconde guerre mondiale, ni que les résistants tibétains ont « gagné »... Et ce n'est pas le nouveau programme de Xavier Darcos qui me l'a appris. Neni.
J'ai juste dit qu'une armée régulière ne gagne pas contres des « résistants ». Point. Prenez le comme vous le voulez, mais ne transformez pas mes propos pour me faire dire ce que je n'ai pas dit.

Pour être, on ne peut, plus clair. C'est juste un problème mathématique si je puis dire. Comme on ne sait contre qui et combien de personne. Vous me direz le Hamas. Certes, mais combien de combattants alors ? A quel moment on détermine la victoire alors ? Tant que Israël occupera la Palestine et ne respectera pas les résolutions de l'ONU, il y aura toujours des palestiniens pour se battre, Hamas ou pas, tant qu'il en restera quelques uns vivants. L'armée israélienne peut continuer à bombarder Gaza et continuer à faire des dommages collatéraux comme vous le dites. Des cibles civiles sont visées. Vous pourrez trouver cet information sans aucun problème. Moi, j'appelle ça un massacre. Vous n'allez pas me faire croire que quelques « résistants » ou « rebelles », appelez les comme vous voulez encore une fois, sous équipés représentes une menace vitale pour l'Etat israélien. Comparez le nombre de mort entre les deux camps, encore une fois, pour vous en convaincre.

Pour finir, ce n'est pas parceque j'ai dit que l'Armée israélienne est sur équipée par des équipements « high end » venant directement de l'Oncle Sam et que le Hamas est sous équipé que vous pouvez transformer cela en : « le Hamas est composé par des enfants de cœur » et « l'Armée israélienne est composée par des vilains petits canards ». Loin de moi une telle affirmation.

J'espère que je suis plus clair,
harou-nya.

PS : ce n'est pas parceque j'ai employé une ton vif avec des signes de ponctuation comme « ?! »... que vous deviez employer un ton méprisable à mon égard. Merci de considérer que le ton vif n'était employé que pour vous interpeller, rien de plus.
Par harounya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

PS 2 : j'ai oublié d'ajouter cette remarque de BHL sur la positivité de la colonisation. BHL lui même considère que la colonisation, celle d'Israël sur la Palestine bien sur, a au moins un effet positif sur les Palestiniens qui est : certains palestiniens parlent tellement bien l'hébreu à tel point que si on relativise les effets... la colonisation n'est pas si négatif que ça..
Voyez un peu la bassesse de certains parlementaires voulant aller jusqu'à utiliser un argument de BHL sur le nouveau programme de Monsieur Xavier Darcos. Enfin, encore faut-il que la réforme de Monsieur Darcos, le volet concernant l'écriture des programmes soit voté. Et là, je ne sais pas...
Par Arya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous avez raison Liliane, nous devrions laisser ce militant pour la paix en Israël tout seul, sans soutien international, comme ça il parviendra sûrement à se faire entendre. D'ailleurs, tout le monde sait qu'il n'y a aucun lien, aucun accord économique, entre l'Union Européenne et Israël, donc il est vain de réclamer des sanctions envers ce pays lorsqu'il bafoue les droits de l'homme.
Sinon, d'accord avec Harounya.
Par Arya

Mise en contexte (suite)

Message déplacé en bas ---



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:54 le 11/01/2009 par Arya.
Par Yanne

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous avez raison Liliane, nous devrions laisser ce militant pour la paix en Israël tout seul, sans soutien international, comme ça il parviendra sûrement à se faire entendre. D'ailleurs, tout le monde sait qu'il n'y a aucun lien, aucun accord économique, entre l'Union Européenne et Israël, donc il est vain de réclamer des sanctions envers ce pays lorsqu'il bafoue les droits de l'homme.

J'ai souvenir qu'en 2006, Israël a attaqué un état souverain qui s'appelle le Liban, détruit ses infrastructures civiles et y a fait plus de 1 000 morts, et à ma connaissance, l'UE n'a pas sanctionné Israël. Et personne d'autre d'ailleurs.

Mais chiche, je veux bien signer la pétition qui n'a pas manqué d'être faite pour convaincre le Parlement Européen d'agir en ce sens en ce qui concerne cette guerre actuelle à Gaza.
Faites moi parvenir le lien et je signe illico.
Par Arya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je sais bien, Liliane, que dans le passé, les Unes de l'Huma, les photos et les quelques manifs n'ont pas suffi. Je ne suis pas naïve, et je me doute que le coupable silence de nos pays ne cessera pas comme cela. Par contre, je refuse d'être comme vous fataliste et de renoncer à toute tentative de faire infléchir l'opinion, et donc, les gouvernements. Parce que, quelle est l'alternative? Dire que "c'est comme cela, on n'y peut rien"? Renoncer définitivement?
Par LUZ

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

M. Alain KORKOS, je partage assez le fond de votre lettre ouverte.

L'HUMANITE sous JAURES aurait essayé de dégager des solutions pour empêcher le conflit. Aujourd'hui, pris dans ses dilemmes, ce journal se contente d'une photo. C'est qu'il a tout accepté auparavant : camp David, accords d'OSLO, sans remonter aux années 46 ou il soutenait ouvertement la partition...

Ce journal aurait pu saluer la manifestation de 10 000 juifs et arabes Israéliens à TEL AVIV dont la presse rabaisse le nombre à quelques centaines, et cela dans des conditions horribles puisque les participants sont agressés et dénoncés par les médias locaux, arrêtés ou perdent leur travail le lendemain... car ils demandaient l'arrêt immédiat de l'offensive...

Ce journal aurait pu aussi expliquer pourquoi la partition c'est la guerre sans fin et pourquoi ces manifestants demandaient le retour à la PALESTINE historique (intégrant toutes les communautés ou religion avec les mêmes droits) avec élection d'une assemblée constituante souveraine... il aurait pu donner la parole à ces israéliens échappés des camps de la mort, (scientifiques, écrivains, diplomates... de renom) qui dénoncent la politique d'Israël envers les Palestiniens... Non, ils ont choisi une autre voie.

Est-ce la préparation des élections européennes, leur accord avec les instances européennes sur Israël, leur interrogation sur l'abandon du mot communiste... qui les empêchent de poser les questions de fond et de se livrer au seul concours avec PARIS MATCH pour se donner bonne conscience ?
Par Nagababa

Lecteur assidu ?

Je crois qu'il y a un malentendu sur votre post,
car vous nous parlez de la position politique du journal ,
de son rédactionnel et non plus de l'usage iconographique
de cette photographie comme preuve pertinente d'un réel de guerre.

Personnellement je n'ai pas lu ce journal et je m'abstiendrais de faire le moindre commentaire sur son contenu.
Avez vous lu ce journal ?
En êtes vous un lecteur assidu pour autant argumenter ?
.....
Par LUZ

Re: Lecteur assidu ?

Cher monsieur,
Je ne crois pas qu'il y ait malentendu.
J'ai essayé de me poser des questions en relation avec l'usage de la photo -pertinente s'il le fallait- dans un journal politique, en place d'une analyse de fond.
Car je connais ce journal depuis plus de 40 ans et je continue à le lire malgré mes désaccords avec son orientation (comme pour d'autres).
Je regrette que ce journal qui fut énormément lu dans les entreprises abandonne peu à peu, ce pourquoi JAURES l'avait fondé.
Il n'y a plus de journal des ouvriers ou des salariés, traitant de leurs préoccupations réelles, cherchant des solutions et c'est dommage. Je ne souhaiterai pas un glissement vers un populisme ambiant dont la photographie peut être ou ne pas être l'un des vecteurs.
J'espère avoir été clair.
Par Pierre LABATE

Lecture d'images

Je ne fais pas de procès à Alain Korkos, mais je suis persuadé qu'il est effectivement de parti pris, même en admettant qu'il n'en ait pas une conscience claire.

Sémir (10:07 le 11/01) dit qu'il a défendu Siné : c'est complètement inexact. Fan du caricaturiste, il a botté en touche à la suite des accusations d'Askolovitch. Je lui ai proposé de clarifier son point de vue afin que nous, @sinautes, le comprenions mieux, il a estimé ne pas avoir de compte à me (nous) rendre.

Ici, il utilise le biais de la sémantique de l'image, dont un certain usage serait indécent, pour jeter un discrédit total (lettre ouverte…).

D'accord, retournons donc à la lecture de l'image, même difficile à regarder…
Ce qui permet un parallèle entre l'enfant émergeant des décombres de Gaza et la petite Omaya, c'est le cadrage : à chaque fois, une tête d'enfant au raz du sol, photographiée en légère contre plongée. Elles ont vaguement les mêmes traits poupins et toutes les deux pourraient être des petites-filles. Point.

Moi, je vois surtout les différences.
Une enfant a les yeux fermés. Comme il semble qu'on la déterre ou du moins qu'elle a étouffé dans la gangue de débris poussiéreux qui l'enserrent, et comme son visage est meurtri, avec des taches de sang, on peut la présumer morte.
Dans l'autre image, une enfant a les yeux ouverts. Sa tête et ses mains émergent d'un trou rempli d'eau. Une de ses mains s'accroche légèrement à un bâton et elle nous regarde : ELLE EST VIVANTE !

Pourquoi pouvons-nous comparer une enfant vivante à une enfant morte ?
À cause - et seulement à cause - du CONTEXTE.
Je ne consulte aucune note (pas même le lien d'A.K.), seulement mes propres souvenirs de 1985.
Omayra Sánchez, la petite Colombienne, je l'ai vue vivante à la télévision. L'éruption du volcan Nevado del Ruiz s'était accompagné de pluies ou du débordement d'un lac qui avait occasionné des coulées de boues dévastatrices.
Le commentaire nous expliquait que la petite fille était coincée (par en-dessous) dans ce trou boueux et qu'il était difficile de l'en sortir ; situation surprenante et guère éclaircie. C'était une sorte de suspens : combien de temps encore allait-elle rester dans ce bourbier avant qu'on trouve le moyen de l'en sortir ?
Le lendemain, on nous apprit qu'elle était morte. Je ne suis même pas sûr qu'on nous ait dit de quoi : de froid, de fatigue, noyée, d'un traumatisme invisible…
Ce visage, je l'ai donc découvert dans cette situation apparemment ubuesque où plein de sauveteurs (non visibles sur la photo) entouraient cette petite fille qui pourtant ne fut pas sauvée.
La photographie publiée est devenue tragique en ce sens où - au-delà de l'évocation de la situation - elle montrait le “beau” visage d'une enfant destinée à mourir : l'ombre de la mort en marche, en quelque sorte. Je ne me souviens pas d'une photographie d'Omayra Sánchez morte. En tout cas, je ne me rappelle pas qu'il en fut diffusé à la télévision.
Avec le décalage de circulation de la presse écrite, ce fut le visage d'une enfant En TRAIN DE MOURIR qui fut diffusé. Pour mon propre sentiment et ma propre morale, cela est nettement plus écœurant.

Comme le rappelle effectivement Alain Korkos, le contexte était celui d'un catastrophe naturelle inattendue devant laquelle les humains s'étaient montrés impuissants. Le contexte de l'image venue de Gaza est celui du résultat d'une décision humaine délibérée, mûrement réfléchie, et que beaucoup justifient encore aujourd'hui.

Là où Alain Korkos est de mauvaise foi, arrivant à entraîner certains lecteurs, c'est quand il prétend que L'Humanité cherche à se faire vendre auprès de "chalands" sadiques et nécrophiles passant devant les marchands de journaux.
L'urgence est qu'un crime se déroule là-bas et maintenant.
L'Humanité - dont la sympathie pour les épreuves du peuple palestinien est ancienne (donc nul opportunisme commercial) - souhaite alerter l'opinion afin que cela cesse au plus tôt, en nous balançant une sorte de coup de poing visuel et émotif dans la gueule, éventuellement en comptant sur l'affichage en kiosque.
Image pour image et même s'il n'y a aucune ressemblance plastique - en fait, plutôt, intention pour intention ! -, je rapprocherais davantage la “une” de L’Humanité du cri de colère de Picasso peignant Guernica.

P.S. Concernant “L'homme de Gaza revenu d'entre les morts”, je pense moins à Lazare ressuscité qu'aux rescapés du World Trade Center courant dans les rues de New York et blanchis de la même poussière : une sorte de 11 septembre exotique avec les palmiers en arrière plan.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:32 le 11/01/2009 par Pierre LABATE.
Par Cassandre

Re: Lecture d'images

Pierre LABATE, j'ai cru ne plus jamais vous lire et c'est curieux mais ces derniers temps, avant que vous ne reveniez sur ce forum, je pensais justement : mais pourquoi il n'écrit plus rien ? Nous avons pourtant besoin de ses analyses. Alors , mon souhait a été exaucé. Je vous lirai avec beaucoup d'attention, moi et beaucoup d'entre nous.
Par Pierre LABATE

Re: Lecture d'images

Pas le temps, pas le temps, pas le temps…
Pas la conviction d'avoir mon mot à dire sur tout et en toute circonstance.
Aucune facilité d'écriture.
Par Pierre LABATE

Lecture d'images

En fait, ça m'horripile qu'on me (nous) baratine et d'en avoir conscience.
C'est ce qui me pousse à réagir un peu ici, après m'être longuement pris la tête lors de l'affaire Askolovitch-Siné (toujours pas jugée).
J'ai écrit ci-dessus que je ne fais pas de procès à Alain Korkos. En fait, parce que je n'aime pas être agressif, j'ai utilisé une formule diplomatique contraire à la réalité.

Je suis content que le site, les émissions et les forums d'@si existent, et qu'Alain Korkos s'y exprime en toute liberté, selon sa volonté propre.

Mais, avec sa sémantique de l'image, il nous "balade". En vérité, il utilise son savoir pour une cause qui n'est pas la pédagogie de l'analyse picturale.
D'autres, dans ce forum, ont parfaitement pointé les contradictions de ses propres points de vue à différentes époques.
Il s'agit tout simplement pour lui de nous faire refuser une partie de la réalité en disqualifiant la forme sous laquelle celle-ci nous apparaît (une photo d'enfant tué).
L'image de Dorian Gray renvoyée par le tableau est insupportable à contempler.
[fr.wikipedia.org]

Ici, Alain Korkos triche.

Quelqu'un, dans ce forum, a suggéré qu'il commençait lui aussi à se prendre pour un Maître à Penser ; après d'autres (la liste est longue ; actuellement, Michel Onfray semble atteint).
Sale maladie…
Par Sémir

L'état sioniste d'Israel est un état voyou

"Sémir (10:07 le 11/01) dit qu'il a défendu Siné : c'est complètement inexact. Fan du caricaturiste, il a botté en touche à la suite des accusations d'Askolovitch. Je lui ai proposé de clarifier son point de vue afin que nous, @sinautes, le comprenions mieux, il a estimé ne pas avoir de compte à me (nous) rendre. "

Ok. Je ne sais pas, je ne sais plus... ;-))

Disons qu'il ne l'a pas condamnéen tout cas. Il n'a pas affirmé que sa caricature était antisémite par exemple.
Il n'a pas fait parti de la meute sioniste française (Askolovitch, Val etc...).

Par contre, dans sa lettre ouverte, je pense sincèrement que cette photo l'a plus qu'agacé et qu'il a émis son opinion personnelle.
J'ai répondu aussi.

Les Israéliens sont des gens comme les autres, pas de favoritisme à cause de l'Histoire sinon c'est la porte ouverte à toutes les atrocités.
Israel est un état criminel, raciste, voyou. POINT.
Israel accusait Arafat d'empêcher la paix (souvenez vous avant qu'il ne meurre d'un virus non identifié...). Maintenant Mahmoud Abbas (on ne peut absolument pas le soupçonner d'extrémisme tellement IL EST COLOMBE), n'a jamais été récompensé, ni aidé. Au contraire, il a perdu Gza, il a été affaibli et ridiculisé. POINT.
Israel refuse la paix et grignotte des terres jour après jour. POINT.
Israel affame les Palestiniens à Gaza en instaurant un Blocus (car ils ont choisi le Hamas "incorruptible" par rapport au Fatah "faillible"). POINT.
Israel aujourd'hui massacre, tue, vol, bombarde des installations d'eau potables, des systèmes d'égout avec la complicité de Bush, le silence d'Obama et l'hypocrisie de Sarkozy. POINT.

Et KOUSHNER (le sac deriz Koushner). IL EST OU KOUSHNER ??

Et Alain Korkos n'a rien d'autres à dire qu'il faut montrer des images où des Palestiniens et des Israeliens font le pitre.
Non Monsieur Korkos.

SEMIR
Par Pierre LABATE

Lecture d'images

Correctif et précisions concernant l'éruption de 1985 :
[fr.wikipedia.org]

L'origine des boues de cendre (lahars) est la fonte de la calotte glaciaire du volcan.
Par ailleurs, l'image de la petit Omayra résume une catastrophe ayant fait 21000 à 25000 morts.
Par Nagababa

Clair....

Citation:
luz
Car je connais ce journal depuis plus de 40 ans et je continue à le lire malgré mes désaccords avec son orientation (comme pour d'autres).

Votre probité intellectuelle est tout à votre honneur et suscite aussi mon admiration,
car j'ai déjà tellement peu de temps pour ce qui m'intéresse...

Vous ne répondez pas à la question "précise" posée par cette chronique, mais e n'est pas grave.
Merci de votre réponse;
Par lilalilou

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Expliquez un peu plus... j'ai peur de mal comprendre!
Par Fantômas

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Expliquez un peu plus... j'ai peur de mal comprendre!


Peur de quoi ?

Je pense simplement qu'Alain est judéomane. C'est à dire qu'il a une admiration outrée pour tout ce qui concerne les juifs et Israël.

J'ai remarqué ça au fil de certains plateaux asi et de certaines chroniques. Par exemple sur le plateau avec Siné ou celui dédié à "l'argent dette", notamment.
Par Arya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci d'éviter tout amalgame douteux entre les juifs dans leur ensemble et Israël, ainsi qu'entre les juifs et l'argent.

Je pense que je vais alerter le modérateur sur votre message et lui laisser le soin de décider s'il s'agit d'antisémitisme ou si votre message est juste nauséabond sans franchir la limite.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"C'est à dire qu'il a une admiration outrée pour tout ce qui concerne les juifs et Israël. "

Pour ma part, je n'en ferai rien Arya. On a le droit d'admirer outrageusement ce que l'on veut, la civilisation étrusque, les juifs et Israël. Je connais un certain Phlippe Val qui s'auto-proclame philosémite.

Je connais aussi Richard Prasquier patron du Crif qui affirme que 95% des juifs de France sont derrière Israël lors d'une manifestation en soutient à Israël, avec force drapeau à l'Etoile. Encore une manifestation "outrée pour tout ce qui concerne les juifs et Israël", où il a aussi été proclamé qu'il ne faut surtout pas importer le conflit en France. Allez comprendre...

Tout ça pour dire que prétendre qu'Alain Korkos à une admiration outrée... etc. n'a rien d'antisémite. A moins d'avoir peur des mots comme de son ombre. Ne vous laissez pas entrainer sur ce chemin.

Amicalement
Par Arya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous avez peut-être raison; de toute façon, le modo est assez grand pour décider lui-même s'il doit ou non supprimer un commentaire.

J'avoue que le terme "judeomane", comme s'il s'agissait d'une maladie (différent de "judéophile" donc), me met mal à l'aise, de même que l'allusion à l'argent-dette (s'agit-il du lien juif-banquier-Rotschild-consipration pour dominer le monde qui transparaît ici?)

En passant, vous citez le patron du CRIF que je ne tiens pas forcément en grande estime -- le chiffre de 95% ne serait-il pas une manifestation de son ego qui lui fait croire qu'il est représentatif de tous les juifs? C'est en tout cas ce que j'espère. Même si je sais bien que le sujet n'est pas facile, est presque tabou, pour les juifs de mon entourage, et que peu d'entre eux critiquent Israël. Bref, de tous côtés, les réactions outrées ne manquent pas, ça, c'est sûr.

Je suis effectivement assez intransigeante car je n'aimerais pas voir ce forum dériver vers des accusations douteuses de tous les côtés, et je pense qu'il faut particulièrement être vigilant sur ce genre de sujet, donc je peux avoir l'alerte facile (enfin bon, j'ai dû alerter 2 fois depuis mes débuts donc ça va encore), et je m'en excuse si je le fais à mauvais escient. Encore une fois, le modérateur décide in fine.

Amicalement aussi



Modifié 1 fois. Dernière modification le 22:19 le 11/01/2009 par Arya.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ce chiffre est une invention qui enjoint les juifs français critiques d'Israël à fermer leur clapet. Ils n'ont d'ailleurs pas droit ce citer dans les médias. Et pourtant, entre l'Union des juifs pour la paix, La Paix maintenant, ça dépasse largement les cinq pour cent ;-)

Le discours du Crif une incitation à l'exportation du conflit qui n'est jamais relevée dans les médias. Le résultat d'un combat de 7 ans : éjecter la critique Israël des plateaux télé-radio.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Il y a 5 ans, un journaliste interview Elie Semoun sur le conflit.

Réponse de l'intéressé, je passe, je ne veux pas d'emmerdements.

Le journaliste, émoustillé, à cause des menaces des islamistes, hein, dites, hein, dites ?

Semoun, non, disons que je ne veux pas recevoir une lettre avec une balle et un petit mot indiquant que la prochaine ne m'arrivera pas par la poste.

Ah... dit le journaliste, un peu perdu, peu au fait des us et coutumes des petits fachos de la Ligue de défense juive. .

La quoi ?

Samedi dernier, à la manif pro israélienne, 3 personnes ont été arrêtées pour défaut de port d'armes à feu, tandis qu'Enrico Macias chantait. On doit pouvoir trouver l'info dans la mémoire cache de quelque site d'info, hum...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 22:48 le 11/01/2009 par Olivier.
Par Arya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

"défaut de port d'arme à feu"? Ca me paraît un délit grave effectivement ;-) Vous avez oublié un "permis" dans l'histoire...
Plus sérieusement, merci de vos comm', cela conforte l'idée que j'avais aussi sur le CRIF et la difficulté des juifs pour la paix à s'exprimer.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ouarf, oui effectivement... permis.
Par Florence Arié

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je pense qu'il y avait juste une maladresse de formulation, à savoir mettre "les juifs et Israël" dans le même panier. (Je ne me prononce pas quant au jugement lui-même, mais il perd forcément de sa recevabilité formulé ainsi.)
Et il est vrai qu'il est horripilant d'entendre ces affirmations sur ce que pensent soit-disant 95% des juifs de France.
Par sleepless

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Le problème quand on choisit "judéomane" plutot que "judéophile" ou "philosémite" (par opposition à antisémite) est qu'on choisit un terme créé par Jean Robin, dont les positions ne sont pas d'une clarté extrême (euphémisme).
Mais peut-être n'est-ce que le fait du hasard ?
Par Pierre LABATE

Démonstration

Je n'ai pas lu toutes les chroniques ni entendu toutes les interventions au sein des émissions d'Alain Korkos. Mais je suis convaincu qu'on y trouve pas : « une admiration outrée pour tout ce qui concerne les juifs et Israël. »
Si c'était le cas, il est probable qu'un @sinaute comme Sémir n'aurait pas écrit ceci plus haut (10:07 le 11/01/2009) :
« Vous avez raison tous les deux...
Je pense qu'Alain Korkos se trompe.
Il a soutenu Sine par exemple... donc je ne le soupçonne pas d'être un pro-sioniste criminel.
Je pense cependant qu'il fait preuve d'une certaine "sensibilité" sur le sujet Israel - Palestine.
Le risque c'est qu'il glisse..
. »

Alain Korkos paraît surtout inquiet, d'une "paranoïa” plus artificielle (idéologique) qu'historique - qui peut se comprendre, mais qui ne justifie pas tout.

Un peu plus haut, alexis kleiner (procès d'intentions -19:19 le 11/01/2009) écrit :
« oui l'adéquation des deux images est fascinante
oui cette adéquation force l'émotion et l'empathie
oui ak (…) est brillant quand il démontre cette adéquation
»

La démonstration dont il s'agit est complètement bancale :
« (…) la raison qui a présidé au choix de cette photo en première page, plutôt que l'une des huit autres publiées en dernière.
Elle est pourtant (…) effroyablement simple : nous avons déjà vu ces huit photos. Celles-là - ou d'autres en tous points semblables - furent un peu partout publiées ces jours derniers. Mettre l'une d'elles en première page n'aurait pas interpellé le lecteur une seule seconde, en raison du principe suivant : « Les photographies produisent un choc dans la mesure où elles montrent du jamais vu. Malheureusement, la barre ne cesse d'être relevée, en partie à cause de la prolifération même de ces images de l'horreur. » (Susan Sontag, Sur la photographie.)
Alors il vous fallait faire fort, il vous fallait choquer pour vendre une idée et, accessoirement, du papier (ou inversement). Il vous fallait entrer dans la logique de Paris-Match, le poids des mots, le choc des photos.
Paris-Match qui publia en 1985 cette photographie de la petite Omayra Sánchez, victime colombienne de l'éruption du Nevado del Ruiz.
Colombie, 1985 - Gaza, 2009. Similitude du sujet, ressemblance graphique, horreur absolue.
Mais le chaland qui passe à l'ombre du kiosque n'a pas le temps d'opérer cette distinction, aussi juste soit-elle. Il se prend dans la face la photo de Gaza qui lui rappelle immédiatement celle de Colombie, ainsi que l'insupportable reportage télé que nous avons tous vu, horrifiés. Confronté au souvenir d'une enfant qu'il a vue mourir et à la photo d'une enfant qui vient de mourir, il tourne la tête, chasse ces deux images également obscènes et passe bien vite son chemin. »

Démonstration :
La photo de Gaza 2009 ressemble, par la construction de sa prise de vue, à l'obscène photo d'Armero 1985. Cette ressemblance iconographique la rend donc obscène elle aussi.
L'ignoble photo d'Armero 1985 est parue dans l'immonde et racoleur Paris-Match, donc L'Humanité est immonde et racoleuse,
Le rédacteur en chef qui a choisi l'ignoble photo d'Armero 1985 est un beau dégueulasse, donc le rédacteur en chef qui a choisi l'ignoble photo de Gaza 2009 est un beau dégueulasse. CQFD

Mais l'honnête, humaniste et sensible chaland - écœuré par tant de bassesse et un spectacle si affligeant pour la tranquillité de l'âme - a détourné la tête en passant devant le kiosque, et il a bien fait : ah, ah, bien attrapé le gros dégueulasse de L'Huma !
Ainsi donc honnêtes, humanistes et sensibles @sinautes, faites comme le brave chaland qui passe, détournez la tête ! Cachez cette guerre que vous ne sauriez voir !

Discrimination d'âge :
Disons que pour avoir mémorisé l'image, télé ou magazine, d'Omayara dans son trou d'eau, il faut avoir eu au moins cinq ans en 1985 et être né au plus tard en 1980. En conséquence, lecteurs de moins de 29 ans, passez la chronique d'A.K., elle n'est pas de votre âge, car vous ne sauriez pas distinguer l'ignominie du procédé !

Question technique au photographe Alain Korkos, en admettant qu'il ait voulu rendre compte de cette situation : comment aurait-il fait une contre plongée au téléobjectif afin que cette prise de vue ne ressemble pas à celle d'Armero 1985 ?
Par Pierre LABATE

Démonstration

Ce post ne s'est pas placé où je le souhaitais : je le copie un peu plus bas dans la discussion.
Par christianfact

Re: Démonstration

Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Monsieur l'auteur,

Pourquoi publiez vous une version édulcorée de la Une de l'humanité, une version où le sang a en grande partie disparue? l'originale est sur le site de l'huma. dans les unes en PDF? Que faut il conclure d'un papier et d'un auteur qui traite de l'horreur des photos et qui en retire lorsqu'il les publie? Manque d'attention, de rigueur... ou plus grave??

A la question, pourquoi fallait il publier la photo, la réponse ne vient pas d'elle même, mais est sous-jacente: Elle nous montre le résultat de la boucherie des nouvelles armes israéliennes, livrées par les USA biensur, les armes DIME Dense Inerte Metal Explosive, dont vous trouverez toutes led explications en googelisant, et tous les effets dans ce conflit en recherchant sur youtube les interviews du responsable norvégien, pas un gars du Hamas à priori, d'un hôpital de gaza. Cherchez "DIME Illegal israel Palestinian", et regardez la vidéo de 8mn40 du 05/01/08!!

Halte à la barbarie par les bouchers de TelAviv!

N'oubliez pas ma question M. AK. Pas né en 47 j'espère pour vous!
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

La couleur du sang est malheureusement capitale pour comprendre cette photo. Sans la couleur du sang au sol, une flaque de sang, l'on pourrait croire que l'enfant est décédé à "demi-enterré". La flaque de sang autour du visage, disparue de vos versions (!!?? encore), nous permet plutôt de penser qu'elle est morte décapitée net, et pas d'un combat de sabre avec un soldat israèlien, mais d'une DIME, spécificité de cette arme, qui ne déchire pas les corps, mais coupe net les membres!
Par Petit Chahut

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Heu, cool Raoul, j'ai l'impression que vous hallucinez un peu : la Une reproduite par Alain Korkos est bien celle publiée par l'Huma le 7 janvier, sans aucune retouche, je ne sais pas où vous avez vu une flaque de sang ?! Par ailleurs, cette fillette n'est pas décapitée, on voit clairement que sa tête est rattachée à son corps... Vos interprétations fantaisistes desservent votre propos...
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Par Petit Chahut

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Heu, non, ce n'est pas plus clair : sur votre lien, une photo est complètement floue, ce qui n'est pas le cas dans la lettre ouverte d'A. Korkos...
La mise en parallèle des deux photos faite par Jo ci-dessous est bien plus claire et montre qu'aucune retouche n'a été faite. Bref, vous délirez.
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Heu, non, ce n'est pas plus clair : sur votre lien, une photo est complètement floue, ce qui n'est pas le cas dans la lettre ouverte d'A. Korkos...
La mise en parallèle des deux photos faite par Jo ci-dessous est bien plus claire et montre qu'aucune retouche n'a été faite. Bref, vous délirez.


Vous Êtes un tétu de première comme on en rencontre beaucoup ces jours ci. Vous m'expliquerez en quoi le flou change les couleurs, mais bon pour vous faire plaisir, les deux photos de Jo côte à côte
Par Oblivion

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Les deux couvertures que vous nous montrez ne présente qu'une différence de chromie.
Celle de la chronique d'Alain a moins de rouge en général. Ce n'est pas la volonté d'Alain,
juste celle de son scanner.
Par Jo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous devez avoir un problème de contraste avec votre lecteur de PDF (vos captures viennent d'un tel portable?), car nous ne voyons pas cette différence de contraste entre les 2 photos comme sur vos captures: [URL]. D'où notre incompréhension.
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

un petit probleme de chromi, bah oui, petit problème quand même, qui a la mauvaise fonction de nettoyer les tâches de sang, sur une photo illustrant un article d'un pro de la photo, sur une photo conflictuelle par le sujet, sur une photo d'un petit conflit en cours! Mais si c'est son scanner!! Un conseil, qu'il fasse comme moi, et d'ailleurs ce serait beaucoup plus rationnel, qu'ils prennent les photos à leur source avec leurs couleurs d'origine et non celles de son scanner!! Vous aurez remarqué que juste le rouge du sang a disparu, celui de l'huma est resté, comme les autres couleurs! Travail d'amateur et pour le trucage éventuel et pour l'analyse et le bonhomme qui s'en trouve décrédibilisé, ainsi que le site en absence de réponse de l'auteur ou du big chef.

Quant au fait que ce soit un portable cela ne change rien, et au contraire il n'y a pas de réglages d'ajustement de couleur, donc pas d'erreur!
Par Pierre LABATE

Vive le noir et blanc

Sincèrement, à gloser sur le rouge du sang, vous poussez le bouchon un peu loin.
Beaucoup de réglages sont possibles avec les logiciels d'édition et de correction d'image. OK
Plus de rouge peut faire "plus saignant ". OK. Dans une perspective commerciale, cela peut être plus "vendeur". OK.
Les différentes copies et les différents supports peuvent modifier la colorimétrie. OK
Mais passez cette image en noir et blanc : il reste toujours un visage marqué de sang et surtout un être mort.
C'est là qu'est le sujet. POINT.
Par Sanchaise Raoul

Re: Vive le noir et blanc

L'enfant mort est le sujet de la représentation. Le sujet de l'article est la représentation de l'horreur des photos de guerre, leur utilité, leur message, ce qui les compose. A ce titre mëme si cela semble dérisoire, savoir si oui ou non il y a eut mofication et par qui, est important, pour minorer, pour majorer l'effet? Les modifications d'images à but politique sont nombreuses, et même si elles ne vont pas dans le sens qu'on souhaiterait parfois, il est indispensable de le savoir, pour que NOUS, nous nous battions avec des armes et arguments irréfutables, pour ne pas que plus tard l'enemi ne nous accuse de falsification et de faux.
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Il y a sans aucun doute eut un travail sur les couleurs d'effectuer. Ma version PDF semble comporter plus de couleurs que celle que vous présentez. Version plus évolué du lecteur PDF de mon côté et plus de couleur, ou au contraire lecteur plus simple qui n'interprête pas un filtre ou un calque appliqué à la photo?! A suivre
Par sleepless

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

à Raoul :

laissez tomber votre iPhone, téléchargez la couv en PDF du site de l'Huma, puis celle de la chronique de A. Korkos.
Comparez-les sur un vrai écran, et on en reparle.
Par Jo

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Personnellement je ne vois pas de différence entre la photo de la une mise sur @si et celle du site de l'huma?
Par Nagababa

Et je ne vois que ce que je crois....

Pas de différences entre les 2 images.
Allégations non recevables et polémique inutile.

Désolé.
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

'LeMonde.fr
12/01/09 | 16h13
Des médecins évoquent l'usage "d'un nouveau type d'arme" à Gaza
Des médecins norvégiens cités par Le Monde dénoncent l’emploi par l’armée israélienne d’une arme nouvelle qui inflige des blessures très particulières aux victimes. Des armes dont ils disent avoir « toutes les raisons de penser être le nouveau type d’armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l’acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive ».'

Au moins, y en a que cela aura interesse!!
Par Fandasi pour clavier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Pour ma part , je ne peux supporter cette photo : elle m'horrifie. Mais je me dis aussi que cette photo n'est pas forcément destinée uniquement aux individus lecteurs de l'Humanité, mais aussi et peut-être surtout aux gens de pouvoir qui sont en mesure d'arrêter cette guerre , un peu comme le "J'accuse" de Zola. Cher Alain , je n'avais pas lu votre article précédent et n'étais pas au courant de débat qu'il a suscité.La dernière émission , très interessante , m'en a informé. Je voudrais simplement vous répondre que je pense que des photos de journalistes peuvent arrêter une guerre , tout simplement parce qu'elles sont le fruit d'une lutte d'un pouvoir ( l'information du peuple) contre un autre pouvoir (le pouvoir politique) , et qu' à la longue ce dernier ,craignant pour sa survie , cède face au premier.
Par abdessamad

A.Korkos ???

J'attends toujours des commentaires de A.Korkos sur les questions et avis des @sinautes !!!
Cette lettre ouverte ne serait-elle pas du même ordre des nombreuses chroniques auxquelles on a eu droit ces derniers jours : Glucksmann, BHL, Adler, ... [www.lemonde.fr] ,
[www.lepoint.fr] ,

On peut se demander quels intérêts ces derniers défendent ?? la réponse est en effet claire pour bcp d"'intellectuels" médiatiques dont les 3 cités ci-dessus. Pour A.Korkos, je ne peux que soulever la question ! A chacun de faire son idée !
Par Fandasi pour clavier

@abdessamad

Je ne vois pas en quoi votre post est associable au mien , comme son léger retrait à droite semble le suggérer , comme si vous m'aviez répondu. Je suis totalement NON solidaire de vos sous entendus banals .

Vive la photo d'art.
Par abdessamad

Re: @Clavier

Citation:
Je ne vois pas en quoi votre post est associable au mien , comme son léger retrait à droite semble le suggérer , comme si vous m'aviez répondu. Je suis totalement NON solidaire de vos sous entendus banals .

Vive la photo d'art.

Ce n'est pas de ma faute si le message se place à cet endroit : il semble que je ne suis pas le seul à constater que les messages sont situés parfois à un endroit où l'on n'a pas souhaité qu'ils soient ! (cf bcp de messages ci-dessus)... Sinon, je n'ai pas demandé de solidarité de votre part et je me demande même pourquoi je suis en train de vous répondre alors qu'il n'y a pas l'ombre d'une idée dans votre commentaire !
Par Fandasi pour clavier

@abdessamad

Mon pseudo , c'est Fandasi pour clavier. Je n'aime pas votre familiarité sans fondement. D'autre part , si vous me répondez , c'est que vous avez appuyé sur le bouton "répondre" en dessous de mon post . Evitez ça la prochaine fois. Enfin , libre à vous de sortir l'argumentaire éculé de "vous-n'avez-pas-d'argument". Car il est en plus très prétentieux.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 01:28 le 12/01/2009 par Fandasi pour clavier.
Par Fandasi pour clavier

Re: @abdessamad

...suite et fin : à moins que vous ne trouviez que quand on a pas vos idées et vos arguments, on n'a pas d'idée et d'argument.
Par abdessamad

Re: @abdessamad

@Fandasi pour Clavier,
Puis-je avoir votre argument ? ou vos arguments si vous en avez plusieurs ? (on ne sait jamais)... Ne pas être d'accord avec moi est un fait, mais il ne suffit pas de le dire : il faut convaincre et dire pourquoi ! Autrement, on va augmenter le nb de commentaires sans l'intérêt ! Ce que ni vous ni moi avons comme objectif !
Par Fandasi pour clavier

@abdessamad

Relire plus haut , pfff.
Par Cassandre

Re: A.Korkos ???

Par Cassandre

Re: A.Korkos ???

"Libérez les palestiniens des mensonges de BHL" du monde diplo Abdessamad, je vous conseille de lire l'article du monde diplo, qui montre le ridicule de BHL dans sa mauvaise foi
Par abdessamad

Re: A.Korkos ???

Merci Cassandre, je l'avais lu : j'admire en effet la plume d'Alain Gresh... il fait partie des journalistes et écrivains qui osent encore l'ouvrir (si j'ose dire) !
Par Kazoula

ALCHIMIE

Les propos pertinents mais mesurés d'Arya m'avaient presque dissuadé d'envoyer ces quelques lignes. Les voici tout de même.

Si l'on comprend bien Alain Korkos, qui ne se prive pas par ailleurs de diffuser à son tour sur @si les images selon lui "répréhensibles" publiées par "L'Humanité" dans son édition du 7 janvier 2009, Alain Resnais et, pourquoi pas, allons-y, Honoré Daumier, auraient dû lire Susan Sontag avant de réaliser "Nuit et Brouillard" (1955*) ou de lithographier le massacre de la "Rue Transnonain" (1834). N'éprouvant (au mieux) aucune sympathie pour les dernières variétés de stalinisme(s) osant encore s'exprimer ici ou là sur cette planète (on le sait au moins depuis Orwell : "le stalinisme est l'éternité du mensonge"), je n'en pense pas moins que tenter de mettre sur un même plan , comme le fait Alain Korkos, le calvaire de la petite Colombienne Omeyra Sanchez, victime, ainsi qu' il le rappelle lui-même, d'une catastrophe naturelle, calvaire filmé, exploité et diffusé en direct par les médias du monde entier, et le visage d'une enfant palestinienne, victime civile d'un bombardement de l'armée israélienne sur le territoire de Gaza, zone - comme le sait tout un chacun - interdite aux journalistes internationaux par l'Etat hébreu depuis le début de l'opération "Plomb durci", photo montrée semble-t-il par un seul hebdomadaire hexagonal, relève très manifestement de la plus grande mauvaise foi - pour ne pas dire plus. Selon Alain Korkos, le quasi confidentiel hebdo du P."C."F. aurait publié ces photos "pour vendre une idée et du papier (ou inversement)". Mais, comme Alain Korkos, les @sinautes du monde entier, les publicitaires et autres boursicoteurs de la presses savent bien que c'est "Paris Match" qui, chaque semaine, vend ses idées et du papier, et non "L'Humanité" qui, malgré cette "une" jugée racoleuse, ne verra certainement pas plus son tirage augmenter que la publicité affluer. Il serait plus instructif de savoir pourquoi lémédias hexagonaux (et les autres) ne croient pas devoir montrer les photos reproduites par "L'Humanité".

Pour défendre sa très singulière thèse d'un nécessaire retour "à une photographie humaniste" (?), Alain Korkos en appelle au témoignage de Susan Sontag, qui n'en peut mais (**), dans le but assez extravagant de changer en OR (humaniste) le "PLOMB durci" de l'opération militaire israélienne éponyme.

Comme Arya, je préférais moi aussi "le Korkos d'avant".

(*) Resnais aurait-il pu par exemple filmer quelque chose comme "Les petites filles palestinienness meurent aussi" sans montrer l'atroce photo de Fadi Adwan, encourant du même coup les foudres vertueuses d'Alain Korkos ?
(**) L'essayiste et romancière américaine Susan Sontag, pour qui la race blanche était "le cancer de l'humanité" ("Partisan Review", 1967), est morte en 2004 et repose maintenant à Paris, au cimetière du Montparnasse. Elle s'est fait connaître, entre autres, pour son engagement contre la guerre du Vietnam, contre celle contre l'Irak et contre les tortures infligées par les militaires US aux prisonniers de la prison irakienne d'Abu Ghraib.
Par delphes

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Plusieurs commentaires à faire, sur les commentaires beaucoup plus que sur la chronique d'AK avec laquelle je suis plutôt d'accord.

1) Les accusations contre AK au sujet de son soi-disant parti-pris dans cette guerre sont complètement ridicules (et je ne vous parle pas des accusations d'arrivisme ; y en a parfois...). Il aurait dit, à mon humble avis, exactement la même chose dans le cas inverse, ou dans un tout autre contexte.
Je ne comprends pas pourquoi tout le monde cherche à prendre parti de façon plutôt agressive en faveur des uns ou des autres (cf un vite-dit-et-gratuit dans lequel il est dit que LCI et je ne sais plus qui doivent fermer leurs forums à ce sujet, c'est dingue que les gens se lâchent à ce point-là !). Mais je comprends un peu en lisant cela pourquoi cette guerre dure depuis si longtemps : trop de passions.
Moi j'ai une solution : abolissons les frontières, et faisons du monde un seul grand et beau pays international....
2) Comparaison impossible entre la pochette de disque de Virgin Killer et la Une de l'Huma : d'un côté, une pochette de disque, donc liberté totale, aucun impératif, si ce n'est celui de vendre ; de l'autre, une journal censé informer. Le journal doit informer, pas la pochette de disque. Je n'ai pas compris les amalgames qui ont été faits dans la comparaison de ces deux chroniques.
3) Cette photo n'illustre pas vraiment la guerre ; comme je le disais dans la précédente chronique, elle ne dit que l'horreur. C'est déjà pas mal, me direz-vous, mais dans un monde où l'image est prédominante, je ne pense pas que ce type d'horreur ait un très grand impact. Tout ce qu'elle nous apprend, c'est que la guerre, c'est horrible et que la guerre, ça fait des morts. Je pense aussi que ce type d'images peut anesthésier le cerveau : tout à notre compassion et à notre dénonciation de l'horreur, il nous devient difficile d'essayer de comprendre cette guerre, et de tenter d'y trouver une issue.
4) Mais je me pose désormais une question : à quoi sert une Une ? S'il s'avérait qu'une Une serve à faire vendre, cette image se comprend. Je peux imaginer (pour l'avoir vu mercredi matin au kiosque à journaux) que cette une fait vendre, et j'ose croire qu'une fois acheté, le journal sera lu. Je vois donc un intérêt à cette image ; pas dans ce qu'elle dit de la guerre (pour moi, elle ne dit rien), mais dans son pouvoir de fascination et d'attraction.
C'est donc une technique de vente : j'appâte le client en jouant avec ses émotions, ses pulsions, sa compassion, et j'essaie ensuite de l'informer et de le sensibiliser de façon plus intellectuelle.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:27 le 11/01/2009 par delphes.
Par Oblivion

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Sur le point n°2, comme j'ai rapproché ces deux chroniques plus haut dans un commentaire, je vous réponds :

On peut rapprocher ces 2 chroniques d'Alain Korkos car elles abordent le sujet de la censure.
C'est à dire le choix de diffuser une représentation visuelle, fut-il personnel ou dicté par une autorité.

Dans Virgin Killer, Alain souligne l'absurdité de censurer cette pochette de disque.
Dans la présente chronique, il juge le choix d'image de l'Huma de racoleur.

La pochette de Virgin Killer est une mise en scène volontaire, entièrement fabriquée,
fruit de l'imagination. Elle n'a aucune valeur informative. Ce n'est ni votre avis ni celui
d'Alain Korkos, mais d'aucun estiment que les auteurs et diffuseurs d'une telle image :

- font du racolage,
- blessent certaines personnes,
- utilisent des acteurs qui n'ont pas encore la maturité pour décider de l'usage de leur image.

La photo de une de l'Huma, est un instantané tiré du réel (dans les limites bien sûr d'une
photographie, cf. la chronique précédente). Son objectif est informatif.
Et c'est ici qu'Alain voudrait placer la censure. Ce n'est pas non plus votre avis, mais d'aucun
estiment que la place du témoignage, de l'illustration de la réalité ne saurait moins souffrir la censure
que ça petite soeur l'image "d'imagination".

Le débat est moral. On en a pour un moment à débattre…

(N.B. : merci à Arya qui étayent les questions que je me posais sur la cohérence des chroniques d'Alain.)

Concernant votre point 4 :
Nous ne pouvons pas mesurer ici les effets d'une image d'information sur un public.
Urbidan évoquait dans la chronique "Kenzo" la polysémie de l'image. On peut aussi en déduire
un "polyeffet" d'une photographie sur son spectateur.

Par exemple, pour moi, (désolée pour les ironies, Poisson), Libération avec sa une de Dati racole sec, parce qu'il nous est plus
aisé d'entrer dans une polémique people futile que d'affronter la dure réalité d'une image qui nous renvoie
à notre impuissance, violence, indifférence personnelle voire générale.

En définitive, la question pour ne deviendrait-elle pas plutôt : cette photo amènera-t-elle quelqu'un à agir ?
Par Daniel C

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

merci pour vos propos bienvenus et sensés, Delphes.
Par Jane

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je viens de me rappeler que Korkos avait confondu le drapeau de la paix avec le drapeau gai. Et qu'il n'a pas voulu en démordre !
Est-ce qu'il regarde toujours tout la tête à l'envers ? Cela devient très gênant pour des arrêts sur images.
Par lilalilou

Emmet Till

Vous aimez les photos et l'iconographie cher Mr Korkos?Je vais vous parler dans votre langue.

Emmet Till est un jeune noir américain de 14 ans qui a été massacré en 1955 dans l'état du Mississipi par des blancs parce qu'il avait commis le péché suprême: siffler une "blanche".
Je mets le lien wiki pour ceux qui ne connaissaient pas cette malheureuse histoire.

Les similitudes entre votre chronique sur la une de l'humanité et la tristement célèbre affaire Emmet Till

Quand le corps sans vie et défiguré d'Emmet Till a été découvert, la maman, Madame Mamie Till a souhaité afficher le visage de son enfant pour montrer de la monstruosité du crime raciste qui a été commis. Son témoignage ici
A l'époque, "les blancs" qui étaient accusés et qui se sont avérés plus tard être les auteurs du crime, ont largement été soutenu par la population blanche, et regardez ce qui était dit à l'époque : vidéo minute [12:27]
Pour ceux qui ont un faible débit, on voit un homme "blanc" dire en parlant de Mamie Till: "je ne comprends pas comment une mère civilisée peut exhiber en public le cadavre de son fils".

CQFD

La photo d'Emmet Till publiée par Jet magazine

Ce commentaire est aussi adressé à ceux qui se sont posés la question : "et si des proches reconnaissaient la petite fille?" et j'ajouterai, si ses proches sont encore en vie...

Emmet reste un symbole de la sauvagerie raciste.
Son nom vous dit peut être quelque chose, c'est le titre d'une chanson de Bob Dylan, les paroles de la chanson pour les anglophones



Modifié 3 fois. Dernière modification le 16:07 le 11/01/2009 par lilalilou.
Par Olivier

Contexte

Il faut ressituer le papier d'Alain dans le contexte médiatique français de ce début 2009.

Au fil des jours du conflits, télé radio et journaux semblent paralysés à l'idée de critiquer Israël.

Une pudeur qui fait dire aux médias qu'il n'y a pas "800 morts" mais "800 morts, selon l'ONU", c'est un exemple.

Tous les éditoriaux et les tribunes (à part dans le Monde) expliquent que le Hamas n'est pas un interlocuteur.

Aucun journaliste exprime un avis contraire dans les émissions de débat. Pourquoi ? Il n'y en a plus, ou si peu.

Depuis 2001, une petite bande de bonnes âmes, Askolovitch, Val, Fourest, Mace-Scaron, Adler, BHL, a instruit des procès en antisémitisme à nombre de personnalités critique d'Israël. Résultat, on trouille d'exprimer une voix discordante de peur de voir sa carrière gâchée.

Ajouter à cela Dieudonné, qui paralyse de trouille les humoristes de couleurs, très présents dans les médias. Ils se savent guettés, attendus...

En de début 2009, les médias français couvrent le conflit d'une manière partiale, à mille lieux de leurs confrères états-uniens, par exemple, qui n'ont pas hésité à mettre des photos terribles.

In fine, en France, la critique d'Israël est souterraine des médias, elle s'exprime sur Internet dans toute sa diversité, mais que sur le Net.

C'est dans ce contexte qu'Alain Korkos exprime sur le Net l'opinion dominante des médias. D'où... Colère.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:38 le 11/01/2009 par Olivier.
Par petit - saconnex

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je partage le point de vue de Luz publié sur ce forum.Je crois que ce qui a choqué Alain Korkos , c'est le côté stalinien de cette publication; or ,dans cette affaire ,personne n'a entièrement raison ni entièrement tort.L'opération israélienne est en effet brutale , et le nombre de victimes civiles est très élevé ,mais qui voudrait vraiment vivre dans un Etat dirigé par le hamas ?
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous reprendrez bien un peu d'eau tiède, Antiope...
Par Adrien

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

A la vôtre, Olivier...
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Avec votre petit air de ne pas y toucher, vous justifiez les actuelles horreurs sur le mode qu'est-ce-que-vous-voulez-ma-bonne-dame-on-y-peut-rien.

Vous vous croyez peut-être sur le Blog d'On refait le monde ? ;-)
Par abdessamad

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Je partage le point de vue de Luz publié sur ce forum.Je crois que ce qui a choqué Alain Korkos , c'est le côté stalinien de cette publication; or ,dans cette affaire ,personne n'a entièrement raison ni entièrement tort.L'opération israélienne est en effet brutale , et le nombre de victimes civiles est très élevé ,mais qui voudrait vraiment vivre dans un Etat dirigé par le hamas ?

Comme personne ne voudrait vivre dans un Etat dirigé par le hamas, il faut rendre le nombre de victimes davantage plus élevé ! ça vous va ?
Quelle bétise ! Désolé !
Par ABDELAH

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Et oui M Koros , derrière la froideur de votre anayse d'image , il y'a une réalité que vivent les Gazaoui qui voient masacrer des familles entières et non des combattant. En somme vous nous demandez de ne pas nous émouvoir du sort des palesiniens ce n'est que quelques photos mais quelle ignominies. Il est révolu le temps ou la constitution d'Israël était présentée comme 'un peuple sans terre sur une terre sans peuple". Tel-Avive et beaucouo de ville israelienne ont émergé sous les décombres de village palestiniens saccages par les trroristes D'Irgoun et autres groupessionistes. La constitution d'Israel est le fait d'un colonialisme( avec toutes ses horreurs) ce qu'ont passé sous silence pendant longtemps les medias.

Ces photos auraient du vous inspiré un autre commentaires , si le cynisme ne s'est pas emparé de vous : comment un peuple qui a subit d'horrible atrocité les reproduits aujourd'hui sur un autre peuple completement étranger à ces atrocités.

Mais rassurez-vous nous n'avons pas besoin de cette photo pour nous ouvrir les yeux sur le sort des palestiniens. Une abondante analyse de ce conflit existe pour celui qui souhaite faire l'effort de s'informer (oui la recherche de la vérité-qui doit être personnel et non médiatisé ou immédiate- demande un effort).
Par alexis kleiner

procès d'intentions

oui l'adéquation des deux images est fascinante
oui cette adéquation force l'émotion et l'empathie
oui ak (alain korkos, pas alexis kleiner) est brillant quand il démontre cette adéquation

j'ai le sentiment que ak (alain korkos, pas alexis kleiner) fait un procès d'intention à l'huma : genre vous produisez du gore pour vendre du papier et une idée anti sioniste

on fait dans ces colonnes à ak (alain korkos, pas alexis kleiner) le procès d'intention de soulever une polémique juste pour le plaisir de se faire mousser, poussant le paradoxe pour un commentateur d'images jusqu'à refuser l'image

et ak (alexis kleiner, pas alain korkos) ferait volontiers à @si le double procès d'intention de vouloir vendre des lignes de forum en vue d'abonnement d'une part, et de sous-tendre une minimisation de l'action d'Israël d'autre part
Par Pierre LABATE

Re: procès d'intentions

(post inséré plus haut suite à une mauvaise manœuvre, sous le titre "Démonstration”)

Je n'ai pas lu toutes les chroniques ni entendu toutes les interventions au sein des émissions d'Alain Korkos. Mais je suis convaincu qu'on y trouve pas : « une admiration outrée pour tout ce qui concerne les juifs et Israël. »
Si c'était le cas, il est probable qu'un @sinaute comme Sémir n'aurait pas écrit ceci plus haut (10:07 le 11/01/2009) :
« Vous avez raison tous les deux...
Je pense qu'Alain Korkos se trompe.
Il a soutenu Sine par exemple... donc je ne le soupçonne pas d'être un pro-sioniste criminel.
Je pense cependant qu'il fait preuve d'une certaine "sensibilité" sur le sujet Israel - Palestine.
Le risque c'est qu'il glisse...
»

Alain Korkos paraît surtout inquiet, d'une "paranoïa” plus artificielle (idéologique) qu'historique - qui peut se comprendre, mais qui ne justifie pas tout.

Un peu plus haut, alexis kleiner (procès d'intentions -19:19 le 11/01/2009) écrit :
« oui l'adéquation des deux images est fascinante
oui cette adéquation force l'émotion et l'empathie
oui ak (…) est brillant quand il démontre cette adéquation
»

La démonstration dont il s'agit est complètement bancale :
« (…) la raison qui a présidé au choix de cette photo en première page, plutôt que l'une des huit autres publiées en dernière.
Elle est pourtant (…) effroyablement simple : nous avons déjà vu ces huit photos. Celles-là - ou d'autres en tous points semblables - furent un peu partout publiées ces jours derniers. Mettre l'une d'elles en première page n'aurait pas interpellé le lecteur une seule seconde, en raison du principe suivant : « Les photographies produisent un choc dans la mesure où elles montrent du jamais vu. Malheureusement, la barre ne cesse d'être relevée, en partie à cause de la prolifération même de ces images de l'horreur. » (Susan Sontag, Sur la photographie.)
Alors il vous fallait faire fort, il vous fallait choquer pour vendre une idée et, accessoirement, du papier (ou inversement). Il vous fallait entrer dans la logique de Paris-Match, le poids des mots, le choc des photos.
Paris-Match qui publia en 1985 cette photographie de la petite Omayra Sánchez, victime colombienne de l'éruption du Nevado del Ruiz.
Colombie, 1985 - Gaza, 2009. Similitude du sujet, ressemblance graphique, horreur absolue.
Mais le chaland qui passe à l'ombre du kiosque n'a pas le temps d'opérer cette distinction, aussi juste soit-elle. Il se prend dans la face la photo de Gaza qui lui rappelle immédiatement celle de Colombie, ainsi que l'insupportable reportage télé que nous avons tous vu, horrifiés. Confronté au souvenir d'une enfant qu'il a vue mourir et à la photo d'une enfant qui vient de mourir, il tourne la tête, chasse ces deux images également obscènes et passe bien vite son chemin. »

Démonstration :
La photo de Gaza 2009 ressemble, par la construction de sa prise de vue, à l'obscène photo d'Armero 1985. Cette ressemblance iconographique la rend donc obscène elle aussi.
L'obscène photo d'Armero 1985 est parue dans l'immonde et racoleur Paris-Match, donc L'Humanité est immonde et racoleuse,
Le rédacteur en chef qui a choisi l'obscène photo d'Armero 1985 est un beau dégueulasse, donc le rédacteur en chef qui a choisi l'obscène photo de Gaza 2009 est un beau dégueulasse. CQFD

Mais l'honnête, humaniste et sensible chaland - écœuré par tant de bassesse et une vision si affligeante pour la tranquillité de l'âme - a détourné la tête en passant devant le kiosque, et il a bien fait : ah, ah, bien attrapé le gros dégueulasse de L'Huma !
Ainsi donc honnêtes, humanistes et sensibles @sinautes, faites comme le brave chaland qui passe, détournez la tête ! Cachez cette guerre que vous ne sauriez voir !

Discrimination d'âge :
Disons que pour avoir mémorisé l'image, télé ou magazine, d'Omayara dans son trou d'eau, il faut avoir eu au moins cinq ans en 1985 et être né au plus tard en 1980. En conséquence, lecteurs de moins de 29 ans, passez la chronique d'A.K., elle n'est pas de votre âge, car vous ne sauriez pas distinguer l'ignominie du procédé !

Question technique au photographe Alain Korkos, en admettant qu'il ait voulu rendre compte de cette situation : comment aurait-il fait une contre plongée au téléobjectif afin que cette prise de vue ne ressemble pas à celle d'Armero 1985 ? Aurait-il changé de “modèle” afin que celui-ci soit reconnaissable comme un petit garçon ? Lui aurait-il mis une casquette Nike ? Aurait-il penché la tête de l'autre côté ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:21 le 11/01/2009 par Pierre LABATE.
Par Adrien

Re: procès d'intentions

L'Humanité est racoleur, pas racoleuse...
Par Arya

Mise en contexte (suite)

Je voulais réagir à divers messages mais comme il devient de plus en plus difficile de s'y retrouver dans ce forum, je regroupe tout ici.

Déjà, je voulais revenir sur un sujet que j'avais développé dans mon premier post, de même que d'autres intervenants. La question était: l'Huma procède-t-il à un racolage à la Paris-Match, sans contextualisation, sans débat, sans propositions?

J'ai discuté avec des gens qui étaient à la manif' pour la paix hier à Paris. La Une de l'Huma, pas celle-ci, mais celle-là y circulait, imprimée en grand, et était brandie bien au-delà de la délégation du PCF. Sauf à accuser le MRAP, Amnesty International, la Ligue des droits de l'hommes, et j'en passe, d'être tous des racoleurs ou des staliniens (voire les deux, suivant les versions, car certains commentateurs ne reculent devant rien), cela tend plutôt à montrer que les Unes de l'Huma (sans parler de l'intérieur du journal), participent de la mobilisation pour la paix. Si l'on se réfère à cette Une et à d'autres, on constate que:
1) Ils savent également utiliser des gros titres et pas seulement des photos, si, si.

En particulier, une phrase telle que:
"La force ne réside pas dans la violence, mais dans la lucidité et la sagesse."
accompagnant l'une de ces Unes, me semble ne rien devoir envier aux donneurs de leçon "humanistes" que l'on croise parfois ici.

2) Ils ne se contentent pas de choquer, ils proposent des actions concrètes (manifs et sanctions contre Israël)
3) Ils vont plus loin dans l'analyse, il semblerait même qu'ils arrivent à faire un dossier, et même à interviewer des gens (c'est ce que suggère la Une en tout cas, je n'ai pas poussé l'enquête jusqu'à lire le journal).

Pour ma part, je m'estime convaincue que la remise en contexte est bien effectuée, et que l'argument "ils balancent des photos sans explications", et autres "ce n'est pas clair, sont-ils pour la paix ou attisent-ils la violence?" ne tiennent pas, qu'enfin l'accusation de racolage est erronée.

Tout ceci sans exprimer une quelconque opinion sur la ligne politique et éditoriale de ce journal.

A ce sujet, je tiens tout de même à féliciter les quelques intervenants qui postent ici pour qualifier ce journal de stalinien. Outre que cela n'apporte rien au présent débat, je pense que l'on peut leur octroyer un point Godwin, pour une variante très proche que j'énoncerais ainsi: "Tout sujet de discussion dans lequel apparaissent les mots "communisme", "PCF" ou "l'Humanité" voit très rapidement apparaître le mot "Staline" ou "stalinisme" prononcé par l'un des interlocuteurs, de préférence pour en accuser ses contradicteurs. Cette loi s'applique souvent, quoiqu'avec une probabilité légèrement moindre, à toute discussion relative à ce qui se trouve à gauche du PS, toutes tendances confondues. L'accusation de stalinisme peut venir quelle que soit la sensibilité politique de celui qui l'énonce. Elle le dispense en revanche de toute autre argumentation."

Mais ceci n'est qu'une parenthèse, puisque le débat n'est bien sûr pas de qualifier ce journal, mais un sujet beaucoup plus large et intéressant. Mes précisions sur les différentes Unes n'ont donc pour objet que d'apporter des précisions supplémentaires, qui me semblent utiles au débat. Mais tout le reste de la discussion serait inchangé s'il s'agissait de photos publiées sur Rue89, dans Libé ou dans Paris Match (ce dernier aurait toutefois moins de chances de réchapper à l'accusation de raccolage).
Par mimi31

Re: Mise en contexte (suite)

Merci Arya pour vos comm. Sanctions à notre petit niveau : ne pas acheter productions , marchandises venant d'Israel ?
Par Adrien

Re: Mise en contexte (suite)

Citation:
3) [...] il semblerait même qu'ils arrivent à faire un dossier [...] (c'est ce que suggère la Une en tout cas, je n'ai pas poussé l'enquête jusqu'à lire le journal).
Hé ben ça serait pas mal de le lire avant de trouver des excuses a priori sur cette Une, non? De la même façon qu'Alain a, on l'espère, décortiqué le contenu avant le contenant...
Par Arya

Re: Mise en contexte (suite)

Bonjour

Merci, j'attendais cet inévitable commentaire. Donc:
- Le but était de répondre sur les critiques de "Unes" et non sur l'ensemble du journal: on accuse d'appater le chaland, se plaçant donc du point de vue de celui qui voit le journal dans le kiosque à journaux, sans l'acheter. Je me plaçais donc de ce même point de vue.
- Il faudrait effectivement, pour compléter la démonstration, vérifier à l'intérieur du journal. Comme je n'ai pas eu la possibilité de le faire, je le précise. C'est pour dire "sous réserve que les annonces de la Une ne soient pas mensongères, donc que le journal contienne ce qui est annoncé".
- En fait, c'est volontaire aussi de me part de ne pas pousser plus loin: je le répète, je ne veux pas entrer dans la polémique sur le journal en lui-même, ce n'est pas le sujet. J'apportais donc quelques éléments, que vous pouvez considérer comme porteurs d'info ou au contraire non recevables, cela m'est égal. Je trouvais juste intéressant de mettre en parallèle plusieurs Unes et non une seule, voilà.
Par Arya

Re: Mise en contexte (suite)

Argh, la période pour modifier son message est trop courte!
Je voulais juste ajouter ceci:

"J'ajoute que vous m'accusez de trouver des "excuses a priori" au journal, alors qu'il s'agit pour moi de contrebalancer une "accusation a priori" de racolage basée exclusivement sur la Une, par d'autres indices ("a priori" également) évoquant plutôt le contraire."
Par Adrien

Re: Mise en contexte (suite)

En fait, voilà où je voulais en venir : c'est dommage de dédouaner en fonction d'un contenu a priori fouillé, intéressant, etc. Là n'est même pas la question, la Une fonctionne en tant que Une, sa critique vaut quelque soit la qualité du contenu.
Par virginie jolivalt

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

ce qui me dérange dans ce débat c'est que nous parlons d'images réelles, non truquées, dont personnes ne peut douter qu'elles sont une part de la réalité du terrain. Alors première page ou pas, elle illustre tout simplement que les guerres sont de plus en plus sales (par opposition au concept de guerre propre qu'on essaie de nous faire gober) et que ceux qui souffrent le plus sont toujours les plus faibles, les plus pauvres.
Ne serait-ce pour cela, je pense que cette photo a sa place en première page.
Par Francis Poulet

Pas d'accord

Cher Alain Korkos
Désolé si mon post s'ajoute à une longue liste d'opinions similaires, mais il me semblait important de 'exprimer mon désaccord.
En effet, je trouve au contraire que des photos comme celle-là on n'en montre pas assez souvent, on a au contraire l'impression que les médias laissent dans l'ensemble croire en des guerres propres. On a beau savoir que c'est faux, une image choquante de temps en temps est une piqûre de rappel plus efficace qu'un long discours.
J'ai moi aussi tendance à penser que les discours rationnels et réfléchis sont plus constructifs que les réactions épidermiques face aux émotions fortes que provoquent inévitablement des images d'une telle violence, pourtant à la vue de cette photo, je me suis tout de même dit que je n'avais pas l'habitude de voir une chose pareille. Ce genre de photo doit être commun en salle de rédaction, les photographes et les rédac-chefs évitent dans l'ensemble de les publier de peur de choquer leur public. Il est quelque peu infantilisant de savoir que les journalistes filtrent ce qu'ils nous considèrent trop immature pour assimiler sereinement. C'est peut-être ce que font ceux qui ont lu Susan Sontag, d'autres se disent probablement qu'une image aussi gore ferait plutôt augmenter les résiliations d'abonnement qu'aider les ventes.
Toujours est-il qu'une autre question me titille. Il me semble qu'en ce moment ne pas montrer les violences c'est faire le jeu des israeliens et que les montrer c'est faire le jeu des palestiniens. Comment les journalistes concilient-ils cela avec leur souci de ne pas se faire manipuler?

Cordialement.

Continuez le bon boulot à ASI

Francis Poulet
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

on retrouve la même photo ici avec les mêmes couleurs "basses"
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

le nom de la môme était Kaukab Al Dayah, comme cité ici puis ici

avec des couleurs différentes?
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

La pauvre est bien décédée ensevelie

Les photos aux couleurs plus vives ne font pas référence à l'AP !?

Il y a à mon sens bien eut un filtre chromatique appliqué, non interprété par le lecteur PDF de l'iphone, d'où mes doutes sur le travail d'AK, toutes mes excuses à celui-ci.

Vous pouvez googeliser "Al dayah family"
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Les photos publiées par ces deux sites étant un brin plus larges que celles d'ASI et surtout de l'huma, il ne peut s'agir d'une copie du PDF malinterprétrée, ni des photos de l'AP dont les couleurs auraient été réhaussées. On peut supposer qu'elles aient prises un chemin différent, comme remises sur place au moment de la prise de vue et publiées par la suite sans modifications, mais avec les détails personnels de la petite dont seuls les gens sur place pouvaient disposer.
Par Armagile

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je dois avouer que je suis assez effrayée du flot de commentaires que je lis ici et qui me semblent purement relever du fantasme, du pulsionnel et de la projection. A lire cette chronique d'Alain Korkos, il ne m'est pas le moins du monde venu à l'idée qu'il se faisait le chantre de thèses sionistes ; j'ai au contraire eu l'impression qu'il se gardait bien de rentrer dans un débat qui n'était justement PAS son propos.

Après ce que l'on a pu voir d'AK, j'ai du mal à comprendre le procès d'intention qu'on lui fait, du moins sur un forum d'ASI où l'on essaie généralement de débattre sereinement et non d'agresser l'autre. On peut discuter de la thèse qu'il défend, mais je ne vois aucun intérêt à ce débat stérile qui consiste à rendre beaucoup plus politique et polémique un débat qui se voulait plus universel et, je crois, théorique (de l'utilité des photographies-choc pour arrêter une guerre).

Je retrouve un peu ici la polémique qui avait suivi la chronique "Le bal des indignés" d'Elisabeth, et qui m'avait personnellement parue très pertinente. Dans les deux cas, j'ai l'impression de me retrouver dans une véritable chasse aux sorcières (où qui ne prend pas ouvertement position pour moi est contre moi, ce qui est dangereux on l'admettra).

J'ai tendance à croire que s'indigner, c'est bien et c'est un moteur important, notamment au niveau collectif, mais que pour agir (ou seulement réfléchir, par définition...) il faut faire acte de raison. Je pense, et j'imagine que je vais susciter une levée de boucliers (si jamais mon commentaire suscite des réponses), que l'indignation est mauvaise conseillère parce qu'elle oblitère toute analyse sensée d'une situation. Alain Korkos n'a justement pas cherché, je crois, a porter son propos sur le terrain de l'indignation et c'est aussi cela qu'on lui reproche... d'autant que de l'indignation, on passe vite à la culpabilisation (de l'autre, parce qu'il faut bien trouver un coupable et que l'on ne veut pas se confronter à son propre inconscient trouble et à sa propre responsabilité : c'est lui ! Pendons-le ! Pendons-le ! Et après, on pourra vivre pour le mieux dans le meilleur des mondes).
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Vous êtes indignés par les réponses à Alain, fort bien. Mais vous n'argumentez pas votre indignation, et ce sur plus de quinze lignes.

Alors ces quelques questions : En quoi pensez vous qu'il a raison ? Qu'est ce qui cloche dans les réponses ? Pourquoi pensez-vous qu'Alain est tenu ici pour une victime expiatoire ?

Allez au boulot ! ;-)
Par christianfact

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:48 le 12/01/2009 par christianfact.
Par Armagile

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Vous êtes indignés par les réponses à Alain, fort bien. Mais vous n'argumentez pas votre indignation, et ce sur plus de quinze lignes.

Alors ces quelques questions : En quoi pensez vous qu'il a raison ? Qu'est ce qui cloche dans les réponses ? Pourquoi pensez-vous qu'Alain est tenu ici pour une victime expiatoire ?

Allez au boulot ! ;-)


1) En quoi pensez vous qu'il a raison ?

Où avez-vous lu que je disais qu'il avait raison ? C'est une question que je n'ai pas abordée. Il se trouve que sa thèse me semble intéressante et qu'intuitivement, je lui porte un certain crédit. Mais je n'ai pas analysé ma réaction et je ne saurais pas dire, maintenant, dans quelle mesure je la trouve pertinente (elle peut ne l'être qu'en partie... ou pas du tout effectivement). En outre, je n'ai pour le moment ni le temps ni l'envie d'aborder cette question (ça ne se voit pas mais je suis en train de travailler).

2) Qu'est ce qui cloche dans les réponses ?

Je ne pourrais que vous proposer de citer des propos qui m'ont choquée et de vous les commenter ; mais je n'ai pas envie (ni le temps là encore, du moins ce matin) de rentrer dans l'affrontement. Si vraiment ça vous intéresse, je pourrais voir ça ce soir et vous envoyer un message personnel.

3) Pourquoi pensez-vous qu'Alain est tenu ici pour une victime expiatoire ?

Il me semble que j'ai proposé un début d'explication : "de l'indignation, on passe vite à la culpabilisation (de l'autre, parce qu'il faut bien trouver un coupable et que l'on ne veut pas se confronter à son propre inconscient trouble et à sa propre responsabilité : c'est lui ! Pendons-le ! Pendons-le ! Et après, on pourra vivre pour le mieux dans le meilleur des mondes)."
Mon idée (là encore intuitive) se discute sans doute... C'est peut-être aussi ce sentiment d'impuissance face à une situation qui semble intolérable qui déclenche cette agressivité, on s'attaque à la seule personne qui soit à portée de main parce qu'on n'a pas accès aux vrais responsables. Je ne sais pas, je ne peux qu'émettre des suppositions.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci pour ces réponses.

Je pense pour ma part qu'Alain est mis légitimement en cause ici parce qu'il exprime le point de vue dominant dans les médias.
La une de l'Huma s'est fait étriller dans les grandes largeurs dans toues les émissions de débats.

Ajouter le fait que la presse institutionnelle est particulièrement frileuse en matière de Unes sur Gaza, puisque l'Huma est le seul médias hexagonal à avoir mis en couverture un enfant massacré par l'armée israélienne, tandis que, comme le rappelait Gilles Klein, la presse internationale dans son ensemble n'a pas hésité a mettre des morts palestiniens à la Une.

Dans les médias français, il existe un soupçon de provocation derrière chaque manif propalestinienne quand les rassemblement pro-israéliens avec drapeaux de l'Etat Juifs semblent normaux. Aucun journaliste institutionnel ne considère en revanche comme une provocation le fait que les associations juive de France multiplient auprès des préfets les demandes d'interdiction de manifs pro-Gaza.

Le soutien démocratique à la Palestine s'exprime sur le seul endroit qui ne lui est pas interdit, le Net, à coté des sites à connotation antisémites. Ce qui permets aux grands médias de se boucher le nez en traitant des soutiens aux Palestiniens. Encore un territoire confiné. On en pleurerait presque de cette analogie avec Gaza et la Cisjordanie.

Et la, paf, Alain Korkos, esprit libre, débarque sur le Net avec sa lettre ouverte à l'Huma qui, vraie coïncidence, exprime la pensée dominante des médias. Personne ne veut le pendre, mais personne ne veut non plus laisser passer ça.

Il n'y pas ici de meute contre un seul.
Par Sanchaise Raoul

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

C'est gentil de me répondre, même si vous ne me réponndez pas, ou alors j'ai mal compris; ou alors vous sollicitez mon avis puisque je suis parti depuis le début sur une voie paralelle au sujet? Je vais donc vous le donner.

Je ne connais pas le passé de AK. Ca commence bien pour donner mon avis. Mais je trouve normal qu'on puisse trouver l'horreur, horrible, voir indigeste. Que cette horeur soit comparer comme on a pu le lire à quelques caticatures relèvent clairement du procès d'intention. Que dans ce procès il y ait des pour et des contre AK, cela semble logique. Je suis partisan pour ma part de montrer les horeurs du monde, celles des Etats, pas celles des faits divers. Jusqu'à quel point, jusqu'à ce que cela cesse! En tout cas cette chronique est à offrir à tous ceux qui veulent faire apprendre aux gosses de primaire l'horreur du siècle passée, ceux qui veulent non plus la montrer mais que les enfants s'y insèrent au plus profond en nouant des liens avec la mémoire de ceux qui ont souffert. Car si AK nois dit que l'horreur n'est pas à montrer à tous les coins de rue à des esprits déjà constitués d'adulte, que dire de l'horreur sur des esprits immatures qui le plus souvent encore ne savent pas ce qu'est la mort, et ne savent guère compter plus loin que quelques milliers. Alors l'image de millions de morts, l'image des barbaries, ça serait bien d'attendre un peu avant qu'ils ne découvrent le pire de ce que peut faire l'humain. Laissons les profiter du meilleur, l'insouscience, l'absence de soucis qu'il devrait vivre le plus longtemps possible avant de découvrir ce que l'homme est capable de faire.
Par abdessamad

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
Je dois avouer que je suis assez effrayée du flot de commentaires que je lis ici et qui me semblent purement relever du fantasme, du pulsionnel et de la projection. A lire cette chronique d'Alain Korkos, il ne m'est pas le moins du monde venu à l'idée qu'il se faisait le chantre de thèses sionistes ; j'ai au contraire eu l'impression qu'il se gardait bien de rentrer dans un débat qui n'était justement PAS son propos.

Après ce que l'on a pu voir d'AK, j'ai du mal à comprendre le procès d'intention qu'on lui fait, du moins sur un forum d'ASI où l'on essaie généralement de débattre sereinement et non d'agresser l'autre. On peut discuter de la thèse qu'il défend, mais je ne vois aucun intérêt à ce débat stérile qui consiste à rendre beaucoup plus politique et polémique un débat qui se voulait plus universel et, je crois, théorique (de l'utilité des photographies-choc pour arrêter une guerre).

Je retrouve un peu ici la polémique qui avait suivi la chronique "Le bal des indignés" d'Elisabeth, et qui m'avait personnellement parue très pertinente. Dans les deux cas, j'ai l'impression de me retrouver dans une véritable chasse aux sorcières (où qui ne prend pas ouvertement position pour moi est contre moi, ce qui est dangereux on l'admettra).

J'ai tendance à croire que s'indigner, c'est bien et c'est un moteur important, notamment au niveau collectif, mais que pour agir (ou seulement réfléchir, par définition...) il faut faire acte de raison. Je pense, et j'imagine que je vais susciter une levée de boucliers (si jamais mon commentaire suscite des réponses), que l'indignation est mauvaise conseillère parce qu'elle oblitère toute analyse sensée d'une situation. Alain Korkos n'a justement pas cherché, je crois, a porter son propos sur le terrain de l'indignation et c'est aussi cela qu'on lui reproche... d'autant que de l'indignation, on passe vite à la culpabilisation (de l'autre, parce qu'il faut bien trouver un coupable et que l'on ne veut pas se confronter à son propre inconscient trouble et à sa propre responsabilité : c'est lui ! Pendons-le ! Pendons-le ! Et après, on pourra vivre pour le mieux dans le meilleur des mondes).


Arrêtez s'il vous plait de faire un procès aux commentateurs qui, eux, avancent des idées et des points de vue différents des votres, contrairement à certains (je ne cite pas de nom)..
Il est sympathique de revendiquer la raison et d'appeler de tous ses voeux le "débat universel" sans apporter la moindre réponse à un commentaire ni la moindre analyse de l'article de M Korkos. La revendication de la raison et la projection de la passion sur "l'adversaire" est connue et très utilisée sur les plateaux télé par nos élus Républicains !

Maintenant, je n'ai pas encore lu le moindre commentaire d'A.Korkos sur celles et ceux qui ont exprimé ici leurs désaccords avec le fond de sa lettre réouverte !

Quant à l'absence de prise de position d'A.Korkos que vous semblez croire, A.Korkos prend à mon avis position avec cette lettre en s'attaquant aux médias qui osent montrer (et pas qu'en photos) la réalité du massacre à Gaza. Ce procédé d'intimidation médiatique qui est fait à la fois aux élus, locaux et nationaux, est connu : il suffit de lire bcp de journaux sur l'acte de délinquance et inadmissible contre la synagogue du 93 mais également aux journalistes qui osent dire la vérité que vit le peuple palestinien (souvenez vous des nombreux procès qui ont eu lieu contre certains journalistes : l'exemple de procès contre D.Mermet est tout simplement surréaliste..) ! D'ailleurs, si Al-Jazeera avait une chaîne en français, il aurait envoyé la même lettre, à qqs détails près, à la chaîne lui reprochant de montrer des vidéos en direct le carnage des civils à Gaza ! Tout cela, parce que certains ne veulent surtout pas que les citoyens français (ne comprenant ni l'arabe ni l'anglais et qui sont majoritaires !) sachent la vérité sur ce désastreux passé et présent du peuple palestinien à cause d'une politique violente et extrémiste de l'état d'Israel depuis des années. Je dois dire avec certitude que si le journal israelien haaretz était publié en France, je pense que l'on ne compterait plus les procès qui auraient eu lieu contre certains de ses journalistes !
Il y a tant d'exemples de censure, de pression, et de menaces contre ceux qui osent dire leurs vérités (pas forcément la vérité pour être clair) sur la politique d'Israel et qui sont aussitôt taxés d'antisémitisme et mis à l'écart du champs médiatique et parfois même académique en interdisant des publications d'articles de chercheurs et d'universitaires notamment aux USA ! Un exemple connu est celui de John J. Mearsheimer, professeur émérite de Sciences Politiques à l’université de Chicago et de Stephen M. Walt, directeur des études et professeur émérite de Relations internationales à la Kennedy School of Government d’Harvard qui ont écrit un excellent livre, que je vous conseille au passage, "le lobby israélien et la politique étrangère américaine "... L’article à l’origine du livre, prévu initialement pour être publié par la revue américaine Atlantic Monthly en 2002, a été refusé par toutes les revues américaines lorsqu’elles ont pris connaissance du contenu. Il a pu être publié quelques jours en mars 2006 sur le site web de la Fac de Droit d’Harvard mais a été précipitamment retiré sous la pression des donateurs et sponsors de l’université. C’est la London Review of Books, vénérable revue littéraire et intellectuelle britannique lue par l’intelligentsia libérale éclairée, qui a finalement eu le courage de publier l’article en version abrégée au printemps 2006, (version française), provoquant un énorme tollé.

Bref, je vais dévier un peu du sujet mais pas vraiment : je souhaiterais dire ici :
- Il n'est plus acceptable que l'on cautionne la censure quelles qu'elles soient : qu'elles portent sur des caricatures de Mahomet, ou des articles ou photos montrant la barbarie d'une armée israélienne ou d'un régime arabe .. (les mots israélienne et arabe dans la dernière phrase sont cités à titre d'exemple)
- Le modèle de privatisation des universités (dite autonomie des universités en France) fera les mêmes effets qu'aux USA où il est devenu presque impossible qu'un universitaire ou chercheur puisse publier dans les grandes revues prestigieuses des articles dans lesquels il donne les résultats de ses études sur les relations USA/Israel ou encore la guerre en Afghanistan ...
- Le fait que l'audiovisuel public et la justice deviennent en France des outils à la merci de la politique de la majorité au pouvoir annonce un déficit de liberté d'expression et de justice imminent. Je ne parle pas des dizaines de journaux dont les actionnaires vivent en partie des marchés "offerts" par l'état.
Par abdessamad

Réponse

. message effacé car posté au mauvais endroit et remis en bas



Modifié 2 fois. Dernière modification le 12:25 le 12/01/2009 par abdessamad.
Par Olivier

La fabrication de "l'information" sur France Info

Encore une fois, ll faut situer à nouveau le papier d'Alain le contexte médiatique français de ce début 2009 pour comprendre pourquoi il est vain.

Ce matin, France Info relate le jet de cocktail Molotov sur une synagogue à Saint-Denis (93)

Selon le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, nous explique le journaliste Grégoire Lecalot, on aurait vu 3 personnes roder autour du lieu.

Ici France Info ne se fie pas à une source officielle, comme la police ou le ministère de l'intérieur, mais à l'affirmation d'une association privée.

Selon le CRIF, explique aussi France Info, le maire de Saint-Denis aurait une part de responsabilité pour cet acte car il a organisé une semaine avant une manifestation de soutien à Gaza.

Les organisions juives avaient demandé au préfet d'interdire la manifestation, ajoute-t-il.

Le journaliste ajoute que la manifestation s'est déroulée dans le calme.

Il cite également les déclarations de l'UEJF et de l'Intérieur.

Puis, il ajoute qu'il est difficile de ne pas voir une relation entre la manifestation et le cocktail Molotov, même si rien ne le prouve.


Difficile de dire si ce journaliste s'est fait piéger par les associations juives ou s'il s'agit là de son intime conviction, le mal est fait : par la voix de son journaliste, France Info fait endosser au maire de saint-Denis l'inspiration d'un acte criminel,

Jamais le journaliste n'a expliqué que demander au préfet d'interdire une manifestation intitulée "Solidarité avec la population palestinienne", absente de toute connotation guerrière, est une façon d'introduire un rapport de force, une provocation.

Ce genre d'information biaisée est quotidienne. Difficile pour les citoyens qui soutiennent la Palestine de ne pas se sentir lésés par leur médias.


Rares sont les médias a oser marquer une différence. C'est pourquoi la lettre ouverte d'Alain à l'Huma est aussi attaquée dans ce forum d'@si.


NB. Un article du Monde relate l'affaire



Ajout : la retranscription du papier de Grégoire Lecalot. Ne figure pas le passage où le journaliste met en cause le maire de Saint-Denis.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 10:09 le 12/01/2009 par Olivier.
Par lilalilou

Re: La fabrication de "l'information" sur France Info

Dans le même contexte écoutez Sammy Ghozlan président du bureau national de vigilance contre l'antisémitisme qui n'aime visiblement pas les manifestations pro-palestiniennes France inter (minute [2:00])
Par Olivier

Re: La fabrication de "l'information" sur France Info

Oui, c'est le même zozo qui est intervenu à France Info.

Je dis zozo car, ne nous y trompons pas, son asso regroupe l'UPJF et autres joyeux thuriféraires de la diplomatie israélienne. Les rois de la provocation. Sans contradicteurs.
Par lilalilou

Re: La fabrication de "l'information" sur France Info

Oui, sauf que ce monsieur est un ancien commissaire de police, il doit avoir des connaissances à la préfecture!
Par Olivier

Re: La fabrication de "l'information" sur France Info

Quand on sait que France Info se base sur les informations de son association au lieu de fier aux déclarations de la police, votre post révèle toute sa saveur .... ;-)
Par Christian H.

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Jeudi matin, au micro de Nicolas Demorand, Avi Pazner (porte parole du gouvernement israélien) a parlé de « pépins » dans l’opération militaire et a eu bien du mal a expliquer clairement ce qu’il mettait derrière cette expression. Ecouter : 2’47’’
Quelques photos, même choquantes, peuvent illustrer ce que certains officiels nomment des « pépins ».
Par lilalilou

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Un dialogue qui ne nous en apprend pas plus sur Avi Pazner, être froid et cynique, mais bien davantage sur Demorand, bien moins à l'aise que lorsqu'il s'agit de tacler des auditeurs indélicats.

Vous me direz qu'il a été pugnace, je l'ai entendu timoré, car il y avait bien d'avantage à demander à Pazner.

On sent dans ces instants-là tout le dilemme du journaliste en vogue dans les médias de 2009 : je rentre dans le lard de mon interlocuteur, qui justifie sans souci un massacre d'enfants, sinon je ne suis plus crédible auprès de mes auditeurs, mais je n'y vais pas trop fort, je ne fâche pas, sinon je deviens la cible des critiques officielles et officieuses, et alors là a moi la dégringolade médiatique.

Il a fait son choix.

Son interview ne finira pas au zapping, indolore, vite oubliée.

Demorand a vu il y a un an, Philippe Val traiter de fachistes Chomsky et Daniel Mermet en direct dans sa matinale, au micro en face du sien, et les ravages que cela peut provoquer. Glups, s'est-il dit. "L'insécurité positive", ll n'y a que ça de vrai.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:43 le 12/01/2009 par Olivier.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ceci étant dit, et bien malgré Demorand, quand Pazner parle de "pépin", il n'imagine pas les dégâts qu'il provoque dans l'opinion.

Ces Israéliens sont décidément complètement à la ramasse sur ce conflit...

J'image la réaction de Prasquier, patron du Crif, quand il a entendu "pépin" : "putain, c'est pas lui qui répare ses conneries derrière !"
Par Compunet

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

[www.france5.fr]

de 27' à la fin (on peut passer ALBANEL, ministre sans intérêt et sans fonction !!!)

j'ai trouvé que c'était un bon débat entre Daniel SHEK, ambassadeur d'israël en france dont on peut ressentir l'exaspération vécue par israël depuis des années face aux roquettes du Hamas, et Elias SANBAR, délégué de la palestine à l'Unesco, qui entre parenthèse n'a a aucun moment prononcé les mots qu'il faudrait prononcer à un moment donné de ces guerres, de la part des palestiniens, les mots qui condamneraient l'utilisation des civils comme bouclier humain par le Hamas...
le parallèle entre les 2 écoles par l'israëlien est un moment fort, selon moi, du débat..... le genre de moment qui peut faire pencher la balance !!
Par abdessamad

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Citation:
[www.france5.fr]

de 27' à la fin (on peut passer ALBANEL, ministre sans intérêt et sans fonction !!!)

j'ai trouvé que c'était un bon débat entre Daniel SHEK, ambassadeur d'israël en france dont on peut ressentir l'exaspération vécue par israël depuis des années face aux roquettes du Hamas, et Elias SANBAR, délégué de la palestine à l'Unesco, qui entre parenthèse n'a a aucun moment prononcé les mots qu'il faudrait prononcer à un moment donné de ces guerres, de la part des palestiniens, les mots qui condamneraient l'utilisation des civils comme bouclier humain par le Hamas...
le parallèle entre les 2 écoles par l'israëlien est un moment fort, selon moi, du débat..... le genre de moment qui peut faire pencher la balance !!


Où vous avez vu ou lu que le Hamas utilisait des boucliers civils ? Votre source ne peut être que l'ambassadeur de l'agresseur ! Autrement, je suis prêt à avoir une autre source, volontiers ! Le mot qu'il faut prononcer dans ces circonstances, est de condamner celui qui a tué et blessé plus de 5000 personnes : comment peut-on encore justifier un tel politicide (le mot est de S.Hessel) ?
Par Compunet

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

c'est Mr SANBAR qui parlent des enfants morts dans une cour d'école à Gaza..... (de mémoire car je n'ai pas réécouté depuis hier !)
si je suis en guerre, je ne laisse pas mes gamins jouer dans une cour d'école en plein air, je les emmène aux abris (sauf si ces abris sont occupés par le Hamas,ce qu'effectivement dit l'ambassadeur israëlien et ce que les commissions d'enquête pourront définir après la guerre, en cela vous avez raison)
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Compunet, la défense des massacres Israéliens demande, je ne sais pas moi, de l'argumentation. Votre histoire des mômes qu'on ne laisse pas traîner dehors serait hilarante dans un autre contexte. S'agissant de Gaza, souricière où nul endroit ne met à l'abri des bombes de l'armée israélienne, vos propos sont inutilement pathétiques.
Par Olivier

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Oups... boulette Compunet, vous citiez une tierce personne. Mes excuses.... :-(
Par Olivier

Et la Rose...

Question hier à un pote socialiste de la rue de Solférino : et les les socialos, ils disent rien ?

Réponse, attention, on s'accroche.

"Entre ceux qui soutiennent l'opération et préfèrent garder ça pour eux et ceux qui cauchemardent à l'idée que leurs protestations contre Israël leur valent les bruyantes félicitations des assos pro-palestiniennes, tu comprends notre silence."

A force de criminaliser les soutiens démocratiques à la Palestine, on arrive à faire peur aux socialos. De quoi s'inquiéter sur le pluralisme politique ici bas.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:17 le 12/01/2009 par Olivier.
Par Hurluberlu

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je signale la réponse d'André Gunthert à la chronique d'Alain Korkos depuis son blog. Décidément, cette chronique n'a guère convaincu grand monde si j'en juge par les réactions du forum d'@si et cette dernière que je viens de citer. Je maintiens qu'à mon sens elle pêche entre autres choses par son argumentation, faiblement étayée.
Par abdessamad

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci Hurluberlu pour l'article. On est en effet nombreux à ne pas comprendre cette lettre ouverte !
Par lilalilou

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci Hurluberlu!
Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci , Hurluberlu. Tellement intéressant que je me suis permise d'en recopier un extrait un peu plus bas (pour ceux qui vous aurait loupé)
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

De même, j'observe dans le forum d'A. Gunthert que Madeleine Schott n'a pas renouvelé son abonnement à @si, et surtout que Gunthert limite la conversation de ses forumers à "un coup chacun parce-que sinon c'est le troll assuré".
Bref, en résumé, Gunthert prétend que Korkos est dépassé par son rôle d'analyste iconographique, et donc se plante quant à ses rapprochements avec d'autres images et sa propre interprétation de l'image. Gunthert rappelle, de fait, l'asymétrie du conflit Israélo-Palestinien, et pense que Korkos a tort de mettre au même niveau les deux Unes évoquées de l'Humanité et de Match.
Peut-être. Et probablement selon moi.

Sauf qu'il n'a pas compris totalement le sens de la chronique de Korkos. Une seule phrase le démontre: en contexte, c'est-à-dire afin d'illustrer son propos et le mettre en relief par rapport à sa critique de la chronique, il se demande en milieu de propos: "Est-il scandaleux de publier une image «insoutenable»".
J'ai bien précisé pour ma part que j'étais en désaccord par rapport à la position d'Alain, quand il voudrait que cette photo ne figure pas en Une.
Mais il n'a jamais, sauf si une phrase qui m'a échappé, prétendu qu'il trouvait scandaleux la publication de cette image. Il n'a évoqué que la publication en Une, ce qui est différent.
André Gunthert dénature ainsi la chronique d'Alain Korkos en insérant ce développement qui induira immanquablement son lecteur en erreur, et donc en mauvaise opinion vis-à-vis d'Alain, surtout si ce lecteur ne connait pas le bonheur incommensurable de lire et d'écrire sur @si.
Habile transition qui m'amène à trouver plutôt étrange que Gunthert dénonce la censure souhaitée par Korkos, mais n'hésite pas à censurer ses propres commentateurs en les empêchant de discuter entre eux.
Le genre de forum typiquement @sitesque doit le rendre malade, André. Que de dialogues en libre-visionnage que lui considérerait comme un trollage assuré.
Merci de ne jamais postuler en tant que modérateur à @si, monsieur Gunthert.

Tiens, je vais copier-coller ce commentaire sur son forum, grâce à ce sens du trollage qui me caractérise.
On va bien voir.
Par Rachel

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci Mr Korkos de dire l'insoutenable, de mettre des mots sur l'indécence!
je participe rarement, voir jamais aux forums... mais devant ces réactions plutôt hostiles à votre analyse, j'ai juste envie de vous dire que je la partage (votre analyse). Quand j'ai vu cette photo, j'ai fermé les yeux, pas devant la cause palestinienne, mais devant le procédé, devant l'horreur accompli contre lequel on ne peut rien, et je suis d'accord: j'étais dans la rue samedi pour manifester, mais je me dis que si j'avais vu cette photo avant, peut être qu'au fond, je n'aurai pas eu l'energie d'y aller: anéantie par cette image qui m'a mise K.O. Comme beaucoup de citoyens et notament de lecteurs d'arrêt sur images, je milite, je lutte, j'analyse - ou du moins j'essaie - et alors que nous sommes sans doute plus militants qu'une partie de nos concitoyens, cette photo a failli me renvoyer chez moi, me mettre K.O. Je suis d'accord: elle anésthésie le citoyen lamba et n'est pas sans risque: les doses d'anésthésie se doivent d'être toujours plus fortes pour fonctionner: quelle photo la prochaine fois?
Par Pierre LABATE

On veut de l'objectivité objective…

…ou de la sujbectivité assumée et dite.

Certains @sinaute s'étonnent que l'objectivité savante d'Alain Korkos, manifestée dans sa chronique, soit mise en doute (delphes 15:25 11/01).

Quelle objectivité ? Quelle science ?

Alain Korkos a vu et mémorisé dans sa tête plein d'images : toute l'histoire de l'Art, toute l'histoire de la BD, toute l'histoire de la photographie, toute l'histoire du cinéma, toute l'histoire des médias. Félicitations !

J'ai écrit plus haut que moi aussi j'avais été "témoin", à l'époque où elle s'est produite, de l'agonie de la petite Omayra. L'image présentée en regard par Alain Korkos, moi aussi je l'avais mémorisée. Oui, le cadrage est presque identique.
Et alors ? C'est quoi, la preuve de l'abjection ?
« Mais le chaland qui passe à l'ombre du kiosque (…) se prend dans la face la photo de Gaza qui lui rappelle immédiatement celle de Colombie, ainsi que l'insupportable reportage télé que nous avons tous vu, horrifiés. »

Alain Korkos en viendrait presque à nous dire que la photographie de la gamine tuée à Gaza ne nous ferait aucun effet en elle-même. Spontanément, nous y serions indifférents (merci pour nous !).
Par contre, dans les profondeurs de notre mémoire reptilienne serait restée enfouie une vraie émotion submergeante que l'image d'Omayra (vivante) ferait automatiquement ressurgir comme un réflexe canin de Pavlov.
Ainsi, grâce à un procédé subliminal manipulateur, le directeur de rédaction de L’Humanité aurait voulu abuser de nous. Quel salaud !

Je suis désolé, Alain, mais je trouve la photographie de Gaza éprouvante (et prouvante) par elle-même. Point.

Ce passage d'émotion d'une image à l'autre me paraît relever de la “pensée magique". Convoquez Freud pour me convaincre ; sait-on jamais…

J'ajouterais d'ailleurs que la photo d'Omarya en 1985 est mensongère sur le plan factuel : on a l'impression qu'elle est réellement seule, alors qu'elle était entourée de secouristes, en plus du photographe (celui-ci, les autres et les cameramen).
Le paradoxe - jamais dépassé à ma connaissance - de cette situation, c'est que tous les sauveteurs pouvaient toucher cette enfant, mais que personne n'a pu la déloger de son trou d'eau. D'habitude, les sauveteurs récupèrent des gens vivants, blessés ou agonisants, et des cadavres. Le plus souvent, ils les sortent de décombres d'habitations ou de véhicules. Quelquefois, ils entendent des cris qui finissent par s'estomper sous des plaques de béton impossibles à bouger. Mais, là, vraiment, cette personne s'adressant à sa famille à quelques centimètres de la caméra, dont on ne voyait pas ce qui pouvait l'entraver et empêcher de la sauver…
Sur le plan symbolique pourtant, cette photographie n'était pas fausse, puisque Omayra s'est révélée être seule devant un destin fatal (si on oublie les 21 000 à 25 000 morts de la localité, je le rappelle).
Je pense aussi que l'espoir déçu de la sauver (contre toute apparence) a aussi été pour beaucoup dans l'émotion ressentie à l'époque : on attendait de la voir sauvée, non pas de la voir crever (enfin, pour ce qui me concerne).

On se doit de décrypter les photographies prétendant rendre compte de la réalité, peut-être davantage encore quand il est pénible de les regarder : les décrire correctement d'abord (certains ont vu une tête coupée, moins regardable à leurs yeux), puis examiner le contexte de la prise de vue. Ensuite, on peut évoquer les similitudes de formes ou de sens en regard d'images précédentes ou parallèles. Mais l'expert, le pédagogue, devrait s'arrêter là.

Le problème est qu'Alain Korkos lance une injonction morale et se fait accusateur public. À y lire de près, le ton imprécatoire qu'il emploi est proche de celui utilisé par Claude Askolovitch accusant Siné cet été.

« deux images également obscènes » dit-il.
J'ai écrit plus haut et je répète que ces deux images ne peuvent se regarder de la même façon, à cause précisément du contexte.
L'image d'Omayra est devenue obscène à partir du moment où la petite-fille est morte, puisque - après coup - nous regardons dans les yeux une enfant dont nous savons qu'elle va mourir.
Ce qui d'ailleurs n'est pas tout à fait la même chose que de regarder une enfant en train de mourir. Je veux dire que s'il avait été possible de la sortir de son trou juste après la prise de vue, cela n'aurait probablement pas été le portrait d'une mourante, mais d'une heureuse rescapée.

« la seule chose qu'il peut faire, le chaland, c'est détourner le regard et peut-être même vomir. (…) Parce qu'alors il se sent accusé du crime de passivité face aux images et aux événements, dont il n'est en vérité pas responsable. Et la violence de cette photo, et l'injonction qui se dissimule derrière (« Réveillez-vous ! ») font que son coeur se soulève en un spasme incontrôlé. Et le petit déjeuner qu'il déverse brutalement sur le trottoir n'est pas une marque de dégoût envers la violence d'Israël, mais envers la vôtre qui avez voulu tirer un peu trop fort sur la corde de l'émotion… »

Selon A.K. :
Le résultat de la publication de cette photographie est de faire vomir (réellement).
Et la décision de L'Humanité de la faire paraître en première page est à vomir (métaphoriquement). Et la personne du directeur de publication est à vomir (métaphoriquement).

En fait, on est là uniquement dans un jugement moral particulier.
(statistiquement, combien de passants ont physiquement vomi devant un kiosque ?)

Jugement moral, jugement subjectif, jugement idéologique… : parti pris (désolé).
D'ailleurs "prise de parti" n'est pas un gros mot. Mais qu'on ne dissimule pas celle-ci derrière une approche soi-disant savante et scientifique.

« (ce vomissement n'est) pas une marque de dégoût envers la violence d'Israël, mais envers la vôtre qui avez voulu tirer un peu trop fort sur la corde de l'émotion… »

Ainsi, nous ne sommes moralement pas autorisés à manifester notre « dégoût envers la violence d'Israël », mais devons uniquement le faire envers ceux qui en montrent les effets.
Il faut "tuer" le messager : [fr.wikipedia.org]

Je ne sais pas comment Armagile 10:09 12/01 peut écrire :
« A lire cette chronique d'Alain Korkos, il ne m'est pas le moins du monde venu à l'idée qu'il se faisait le chantre de thèses sionistes ; j'ai au contraire eu l'impression qu'il se gardait bien de rentrer dans un débat qui n'était justement PAS son propos. »

A.K. n'est pas entré dans le débat ? Pas son propos ? Ah, bon…

A.K. : expert scientifique objectif ?

Je crois que la réaction de beaucoup d'@sinautes résulte de ce qu'ils ressentent qu'on insulte leur intelligence avec cette tentative d'arnaque (Urbidan, entre autres).
Nous comptons sur @si pour nous faciliter la lecture des médias. Ici, A.K. fait naître un rideau de fumée.
Grrr.

Entre protester contre l'obscénité des images de mort et de souffrance, et protester contre ceux qui infligent la mort et la souffrance, je choisi de protester contre les deuxièmes.

P.S. pas de rejet concernant la photo de une de L’Humanité. Par contre, la tétière « Les photos du carnage » n'est franchement pas une réussite : je ne les félicite pas.
Par JREM

Re: On veut de l'objectivité objective…

D'accord avec vous.
Mais surtout laissez Freud où il est.
Merci!
Par abdessamad

Re: On veut de l'objectivité objective…

Complétement de votre avis ! Il ne reste plus qu'une réponse de Mr A.Korkos ;)
Par sleepless

Re: On veut de l'objectivité objective…

Citation:
(statistiquement, combien de passants ont physiquement vomi devant un kiosque ?)

Ayant été kiosquier pendant un peu plus d'un an et demi, je peux vous répondre, pour mon cas particulier, bien entendu (et en dehors de tous cas relevant d'alcoolémie prononcée ou d'indigestion manifeste) : zéro.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:17 le 12/01/2009 par sleepless.
Par Nagababa

Retour à plus de simplicité.....

Citation:
je trouve la photographie de Gaza éprouvante (et prouvante) par elle-même. Point
Citation:
Ainsi, nous ne sommes moralement pas autorisés à manifester notre « dégoût envers la violence d'Israël », mais devons uniquement le faire envers ceux qui en montrent les effets. Il faut "tuer" le messager.
Citation:
Entre protester contre l'obscénité des images de mort et de souffrance, et protester contre ceux qui infligent la mort et la souffrance, je choisi de protester contre les deuxièmes.

Cher Pierre Labate,

Merci pour ce post (vos) qui donne (nt) un peu de pertinence au mot "analyse", surtout en vous cantonnant au factuel de la chronique en question.
Vos trois réflexions ci dessus sont imparables du seul point de vue de la pensée et d'une justesse désarmante de simplicité.

Aujourd'hui nous pourrions imaginer que AK a été dépassé par des propos bricolés à la hâte pour faire illusion de pensée....

En tout cas merci pour ce discret mais puissant apport de lumière sur cette maladroite déclaration spectacle.

Cordialement.
Par Variation

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

J'ajouterais pour ma part à cette critique d'André Gunthert Insoutenable : la guerre ou son image ? que la méthode de rapprochement des images pratiquée par Alain Korkos ne rend pas toujours compte de la création artistique parce qu'elle peut réduire à des procédés des formes de langage nouvelles. A quel désastre cette méthode aboutirait-elle appliquée à la poésie, à la littérature, à la philosophie ou au cinéma ?
Sinon, en effet, que pourrait bien répondre A. Korkos à ceci : "Une image n'a que le sens qu'on lui prête, et celui-ci dépend plus des catégories mobilisées par l'observateur que de ses propres caractéristiques formelles. De même, le rapprochement d'images n'est pas un acte de dévoilement d'un sens caché, mais la manifestation d'une interprétation et une orientation de la lecture" (A. Gunther) ? (Relire Spinoza.)
ASI pourrait s'honnorer d'un droit de réponse de l'intéressé.
Par EMMANUEL LUNDA

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Pour ma part je prendrai également parti pour l'Humanité , si il vrai que cette image est choquante , inhumaine, que la guerre ne s'arrêtera pas , elle nous ramène aussi à la réalité qui ce joue à Gaza et surement ailleurs dans d'autres parti du monde ... EL
Par Pierre LABATE

Deux autres usages d'une image

Afin que tout soit dit (du moins, le maximum)

Il est fondé de craindre que certains, en France, soient heureux de l'existence de cette photo parce qu'elle constitue un nouveau prétexte amplifiant leur haine, sentiment fort qui leur fait monter l'adrénaline et les justifie d'exister. Pour ceux-là, cette enfant est une martyre qui (peut-être) a bien fait de mourir afin que son image soit exploitée à cette fin.
Ceci dit, ceux-là n'ont pas lancé cette offensive.

D'autre ne sont pas heureux que cette photo existe, pour ce dont elle témoigne.
Je crois en être.
Et pour tout dire, cette image, déjà inscrite dans le passé, ne vaut pas tant pour ce qu'elle a enregistré, mais parce qu'elle témoigne d'un présent immédiat, d'un événement en cours.
À l'instant, aujourd'hui et demain, on doit craindre que d'autres civils, tout aussi innocents, subissent le même sort.
C'est pour ceux qui sont encore en vie là-bas - pour combien de temps ? - que cette photo se justifie.

Ambivalence, quand tu nous tiens.
Entre censure et publication, la balance penche du côté du nombre, de l'urgence et de la réalité.

Au fait, dans l'émission d'@si de vendredi, Alain Korkos n'annonçait-il pas avec un certain plaisir sa provocation du lendemain, prédisant un long forum ?
Participons-nous d'un décryptage ou d'un coup médiatique ?
Qui est manipulateur dans tout ça ?

P.S. Je ne sais pas si le modérateur a beaucoup de boulot, mais il me semble qu'ici (@si), on arrive à rester dans l'argumentatif sans trop de dérapages (j'ai cru surtout voir quelques petites vexations interpersonnelles). Ça rassure un peu… M'est avis qu'on va en avoir besoin.
Par Pierre LABATE

Correctif

Rendre à Daniel ce qui n'est pas à Alain…
Après visionnage de l'émission d'@si de vendredi dernier, il apparaît (dernière minute) que c'est Daniel Schnedeirman qui - après que A.K. ait montré la une de L’Humanité incriminée à la caméra - a dit : « Je crois savoir qu'il s'agit de votre chronique de samedi sur le site et je pressens un forum agité », quelqu'un (non visible) répondant « Il y a des risques ! »

Je retire donc de mon post précédent la phrase « Alain Korkos n'annonçait-il pas avec un certain plaisir sa provocation du lendemain » qui est impropre.
Je demande à chacun, dont A.K., de m'en excuser.
(soyons précis, soyons précis…)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 21:39 le 12/01/2009 par Pierre LABATE.
Par clavez

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Je prendrais aussi parti pour l'Humanité qui, de toute façon, se place dans une perspective de mobilisation de militant et de leurs réseaux.
Par LPR

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Voila une chronique importante. Et vu le nombre de messages postes, ainsi que la perte de control de nombreux @sinautes, autrement plus poses dans leurs discours losrqu'il s'agit de problemes qui, pour la plupart d'entre eux, les touchent de maniere beaucoup plus directe.

Il y a beaucoup de choses qui me viennent a l'esprit, et, alors qu'au debut de l'attaque d'Israel sur Gaza de nombreuses voix ici se sont faites entendre, accusant @si de ne pas faire d'analyse sur ce conflit ( comme si pour cet evenement particulier @si aurait du, contrairement a ses habitude, ne prendre aucun recul et faire une anaylse a froid sans reflexion ), il y a aujourd'hui beaucoup de forums sur lesquels on peu reagir par rapport a la maniere dont les medias traitent de cette attaque.

Je vais essayer de ne pas me repeter et ne pas redire ce que j'ai deja eu l'occasion d'exprimer sur d'autres forums, et vais m'en tenir a la chronique d'Alain Korkos.

Je trouve cette chronique tout a fait juste et justifiee. Et comme tres souvent nous avons tendance a reagir tres fortement contre une verite qui nous est presentee, lorsque cette verite nous mets en face de nos propres responsabilites, ce qui est bien le cas ici.

Qui, honnetement peut refuter le fait qu'il y a toujours une escalade au niveau de l'image pour montrer quelquechose de toujours plus choquant ? La plupart de ceux qui refutent ce fait sur ce forum particulier furent aussi souvent les premiers a denoncer cette escalade lors d'emissions de tele-realite ou certains documentaires par exemple.

Et si l'on reste tout aussi honnete, il y a toujours chez le photo-reporter un sentiment ( aussi minime soit il ), de "gagner" le pulitzer ou l'un des autres (trop ?) nombreux prix de journalisme.

Ce qui m'etonne grandement c'est que tous ceux qui emettent les critiques les plus virulentes choisissent expressement l'un des deux camps, et essayent de demontrer la manipulation faite ou supposee par le camp adverse sans meme essayer de voir que la manipulation mediatique faite par ceux qui controlent l'image du conflit pour le camp auquel ils se disent appartenir, est tout aussi presente et reelle. Mais nous avons tous ete tellement conditionnes a prendre parti dans ce conflit que meme avec tous les exemples d'analyses d'informations que nous avons l'occasion de voir et pratiquer ( sur @asi notament ), nous oublions tout ce que nous avons pu apprendre, et evitons un regard reellement critique : Et c'est bien la le danger, car en agissant de la sorte, nous donnons raison a ceux qui creent des massacres en pretendant vouloir se defendre tout comme l'on donne raison a ceux qui acceptent que leur propre peuple soit pris en otage en les envoyant se faire sacrifier dans des attentats ou en laissant l'armee israelienne les massacrer

Et ce genre de raisonnement est en fait un raison dangereux car base entierement sur la haine d'un autre, cet autre etant defini par le groupe religieux culturel ou geographique auquel il se rattache.

L'anesthesie provoquee par l'horreur est une realite. Il me semble que la mort est la seule certitude que nous avons en tant qu'etres humains, tout le reste n'etant que speculations. Et forcement toutes nos actions ou reactions sont fonctions de cette peur ou esperance de la mort. Il n'y a qu'a voir, par exemple, ce qui se passe depuis maintenant quelques annees a Hollywwod avec le cinema dit "d' horreur" : les films sont de plus en plus uniquement graphiques et bases sur des tortures physiques. Et ces films font des resultats incroyables au Box Office : Ces films ne sont pas seulement le produits de realisateurs ou producteurs qui veulent pousser des limites, mais avant tout des spectateurs eux-meme qui, toujours plus habitues a ces images, finissent par ne plus rien ressentir et en demandent toujours plus.

Malheureusement, il en est de meme pour ce qui concerne la realite : nous avons cette faculte desastreuse a nous adapter, de nous habituer et donc d'avoir forcement besoin de toujours plus pour pouvoir etre capables de ressentir des emotions.

Mias il me semble qu'il y a egalement un autre fait important lie a notre reaction par rapport aux images de cadavres : C'est le cote definitif qui y est par definition attache : et meme si ces images nous revulsent forcement, il y a toujours ce sentiment que " de toute facon, c'est fait " et meme si nous nous revoltons emotionnellement et intellectuellement sur le moment, il y a un sentiment de de-responsabilisation qui nous conforte : Qu'est-ce que je peux faire de toute facon ? Alors on va gueuler un coup, signer des petitions ou participer a des manifs avant de rentrer bien au chaud chez soi avec une illusion de deculpabilisation, puisque de toute facon nous sommes en face d'un fait accompli contre lequel on ne peut plus rien faire.

Alors que par contre, de voir des gens vivants, de voir qu'un Palestinien a la meme tronche qu'un Israelien lorsqu'ils font des grimaces ( qu'ils ont la meme tete aussi lorsqu'ils ne font pas de grimaces ), de voir des jeunes filles et de jeunes hommes faire du sport et faire des plaisanteries, ca nous ne voulons pas voir : Parce que ca, ce sont des images de vie : et que de voir ces images nous poussent a devoir agir pour preserver cette vie.

Mais non laissez moi dans l'illusion qu'on ne peut rien faire pour ne surtout pas me pousser a reagir et surtout agir ! Laissez-moi croire que je dois absolument choisir un camp plutot qu'un autre, parceque comme ca ca sont "ceux de l'autre camp " qui sont les responsables, et surtout pas moi !

Laissez-moi dans mon ignorance pour que surtout je reste anesthesie que je ne ne cherche meme pas a penser que la paix est une possibilite !
Par CharlyAM

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Un haut le coeur en voyant cette photo,
pourtant c'est la guerre, dans ce qu'elle a d'injuste et d'insupportable,

je suis en désaccord avec Alain Korkos,
ce genre d'image permet de prendre concience de l'absurdité de la situation.
Un des tournant de la guerre du VietNam a été une fille courant à moitié brulé au napalm,
un autre a été un officier exécutant un vietkong sans procés d'une balle dans la tête.

Je crois que les images, les reportages, les journalistes ont le pouvoir de changer l'opinion publique,
à eux de l'utiliser pour nous éclairer, nous élever dans la compréhension de notre monde.
Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

extrait de la chronique d'André Gunthert : Pour ceux qui sont sensibles à l'asymétrie du conflit israélo-palestinien.


"Est-il pertinent d'associer l'image d'Omayra Sanchez, victime d'une catastrophe naturelle, et celle de la petite Kaukab Al Dayah, victime civile d'actes de guerre? Selon Korkos, quelle que soit la différence de contexte, «le chaland qui passe à l'ombre du kiosque n'a pas le temps d'opérer cette distinction, aussi juste soit-elle. Il se prend dans la face la photo de Gaza qui lui rappelle immédiatement celle de Colombie.» Cette certitude est révélatrice. En réalité, entrevoir une parenté entre ces deux images n'est possible qu'à la condition de percevoir l'invasion israélienne de Gaza (et ses inévitables "dégâts collatéraux") comme une tragédie dont nul, sinon le destin, n'est responsable.

A cette aune, on peut reprocher à L'Humanité son sensationnalisme vain, qui ne fait qu'alimenter un voyeurisme sordide. En revanche, SI L'ON EST SENSIBLE A L'ASYMETRIE DU CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN ET A LA DEMESURE DES OPERATIONS DE TSAHAL,, la photographie de Fadi Adwan accède à une autre catégorie d'images, celles de la dénonciation des crimes de guerre, où elle rejoint les gueules cassées de 14-18 ou la fillette brûlée par le napalm photographiée par Nick Ut (voir ci-dessous).

Une catégorie considérée comme noble et légitime – alors même qu'elle s'appuie sur des procédés rhétoriques souvent simplistes. Si l'on y voit de si nombreuses images d'enfants ou de petites filles, c'est que ceux-ci SYMBOLISENT L'INNOCENCE MARTYRISEE. Pourtant, dans ce cas, le "choc" produit par l'image est jugé salutaire: LA GUERRE DOIT FAIRE HORREUR. C'est ce même principe qui a présidé après-guerre à la publication des photographies des camps d'extermination nazis, au nom d'une «pédagogie de l'horreur» explicitement revendiquée."
Par Francesca

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Merci à Alain Korkos pour son "regard" juste, comme d'hab !
Il y a belle lurette que je ne lis plus l'Huma, j'ai donc échappé à cette une. Cependant, cette photo, elle m'a fait sursauter quand je l'ai vue aux informations du soir de notre belle télévision (France 2, ou 3, je ne sais même plus). Quel choc, en effet !
J'ai simultanément émis un Ohohoh, détourné la tête, fermé les yeux en me mettant la main devant la bouche et ces gestes de sauvegarde contre l'horreur m'ont aussi carrément bouché les oreilles car j'ai complètement manqué les commentaires !
Remarquez, je n'ai pas dû manquer grand chose car les "infos" à la télé... mais pour le choc de la photo, CQFD !
Par Cassandre

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Il n'est pire aveugle que celui qui NE VEUT PAS VOIR !
Par christianfact

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

David Bowie a peut être une idée sur la question.
Par abdessamad

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Ne pas pouvoir voir la photo ne démontre en rien un seul argument d'A. Korkos, le "CQFD" me fait penser à la démonstration en maths d'un élève commençant sa démonstration par admettre une hypothèse, puis raconte tout un tas de propositions dont le lien est inexistant, et enfin finir par dire "l'hypothèse est démontrée" !
Plus sérieusement, je suis ces événements horribles via Al-Jazeera (entre autres) depuis le 27/12 et je ne peux voir certaines images extraordinairement plus dures que celle de la Une de l'Humanité et je ne suis pas du tout d'accord avec A.Korkos comme je l'ai expliqué plus haut !
Par Nagababa

Ohohoh

Bon si vous n'avez pas vomi dans l'assiette, c'est que vous avez mal lu la chronique....

En tout cas c'est très bien raconté, il ne manque rien...:
- le cri : Ohoho...et .- détourner la tête- fermer les yeux- main devant la bouche- boucher les oreilles-
Le tout pour nous communiquer le : ....secret du bonheur...joli.

le secret du bonheur

Bon, si vous n'avez pas de ballonnements, ce n'est pas la peine de consulter....
Par Nagababa

Re: Ohohoh

Par caius lapsus

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

faut rien dire rien montrer ,des fois que nos amis israeliens soient vexés. surtout qu ils ont interdit la presse.SILENCE ON TUE!! ça se passerait en Georgie que ce qu ils prendraient les Russes!!Mais là c est propre, rien a dire c est civilisé.C est le remake du guetto de Varsovie
Par Daniel C

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Remarque personnelle, peut être déjà signalée depuis le temps mais j'avoue ne pas avoir TOUT lu (d'ailleurs je salue Alain si il a le courage de tout lire)
Est-ce que certains ne sont pas en train de confondre "Censure" et "Pudeur"? où est la limite entre les deux?
Je pose la question.
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

Une réponse possible, concernant la limite, pourrait être la suivante:
la pudeur peut-être un prétexte bien commode pour faire gober la censure, tout comme la morale, etc.
Un exemple: par pudeur, TF1 et SarkoTV ne montrèrent pas les images du G8 malgré les 4000 journalistes présents les dix jours jours durant qui suivirent le sommet, et il a fallu que la TV belge ironise sur la prestation de Magnifical qui sur place avait l'air de lutter contre le vent, pour que cette affaire ait le retentissement mérité sur internet.
Mais d'autres réponses moins subjectives sont possibles :-)
De la part d'un forumeur qui lit tous le(s) forum(s), autant que faire se peut.

Je crois qu'Alain, devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus. À sa place, je ne saurais pas non plus où commencer, déjà parce-que loin d'être convaincu que cela soit nécessaire.
En tout cas, je salue son courage pour ses articles qui a mon sens en gagné en épaisseur depuis ses chroniques sur la guerre d'Afghanistan, et même si moi-même et d'autres n'ont pas toujours été en accord avec ses points de vue et ses décryptages.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 08:18 le 13/01/2009 par Fan de canard.
Par Arya

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

J'avoue être un peu déçue du manque de réaction. Je ne pensais pas qu'Alain réagirait sur ce forum, mais au moins, avoir droit à une petite chronique de la rubrique "dans nos forums" qui récapitule les principaux arguments: même si beaucoup de choses ont été développées ici, il n'y a au final pas tant d'arguments très différents pour ou contre la position d'Alain -- beaucoup de posts expriment un point de vue sur le "conflit" (guerre?massacre?) plutôt que sur la chronique.

Et, pour ma part, j'attends toujours une réponse sur les contradictions avec ses positions antérieures que j'ai soulevées. Je trouve que c'est un peu facile de déclencher un "tsunami dans les forums" (© D.S.) et puis de rester muet. Est-il campé sur ses positions? A-t-il été pris de court par certains arguments? A-t-il modifié sa position? Dur à dire. Je comprends qu'il faille du temps pour formuler une réponse, mais j'espère bien qu'elle finira par venir!
Par tchd

Re: lettre ouverte à Pierre Laurent,

AK doit probablement attendre une réponse du destinataire de cette lettre: Pierre Laurent.
Cette réponse viendra-t-elle ? Sous quelle forme ? suspens ...
Par Nagababa

Anecdote....

En ce temps là, les gens posaient encore des questions,
et les arbres fleurissaient au fond du jardin.....
Le Tartuffe ou l’Imposteur est la quintessence de l’ hypocrite
« cacher ce sein que je ne saurais voir »

« Censure et Pudeur »
Tel est la question…

La censure est la limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun.
Elle passe par l’examen du détenteur d’un pouvoir

Etre pudique, c’est être discret, être secret…
Une mort pudique = une mort en silence = une mort sans témoins

L'ironie est la pudeur de l’humanité.
Censurer ce que tu ne comprends pas peut causer préjudice
.

Stan 1000g
Par Pierre LABATE

Philosophie de l'image

Fan de canard, 08:16 le 13/01/2009, a écrit :
« Je crois qu'Alain, devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus. »

Cette présentation n'est pas conforme à la réalité des faits.
Alain Korkos n'a pas écrit une chronique pour nous aider à décrypter tous les aspects d'une image, il a utilisé sa page d'@si pour lancer - tel un projectile infamant - une lettre ouverte visant nommément un journaliste. Avec quoi il se pare lui-même de l'auréole, sinon de la médaille, du vertueux.
Par ailleurs, il enjoint aux @sinautes de choisir un camp moral, correspondant finalement à un camp géopolitique.

Je trouve que la réponse à cette offensive à double effet est plutôt modérée.

Ceci dit, Alain Korkos - iconophage autoproclamé - semble s'être fait une philosophie de la photographie de reportage qui le rend, de fait, Iconoclaste.

Les réflexions de Susan Sontag qu'il nous donne à lire sont à prendre en considération et à cogiter. OK.

Mais les conclusions que lui même en tire sont-elles cohérentes ?

Susan Sontag écrit : « Un événement connu par des photographies acquiert un surcroît de réalité qu'il n'aurait pas eu sans elles. (…) Mais aussi, après que ces images ont été imposées à notre vue de façon répétée, il perd de sa réalité. »
Alain Korkos la praphrase : « (…) loin de sensibiliser, l'accumulation d'images horribles a un pouvoir hautement anesthésiant ; par conséquent, pratiquer la surenchère dans ce domaine est parfaitement improductif. »

Qu'est-ce que « l'accumulation d'images horribles » paralyse en vérité ?
La réflexion ou l'émotion ?
Ce ne peut pas être l'émotion, sinon le coeur du chaland passant devant un kiosque ne se soulèverait pas « en un spasme incontrôlé », déversant brutalement son petit déjeuner sur le trottoir.

C'est donc la réflexion qui est paralysée.
Ah bon ?

Dans ma conception de l'homme, l'émotion est un des meilleurs stimulants qui soit pour la réflexion. Le scientifique pouvant trouver cette satisfaction émotionnelle dans la construction d'une hypothèse nouvelle, puis - s'il n'a pas fait fausse route - dans sa vérification positive.
La condition étant effectivement de savoir passer de l'une à l'autre ; ce qui ne va pas de soi, d'accord.
Mais il est trop facile de considérer émotion et réflexion comme résolument et définitivement antinomiques.

Dans sa rubrique précédente, « L'homme de Gaza, revenu d'entre les morts », Alain Korkos écrit :
« Les images terribles passées à la postérité sont toujours belles, voire fascinantes. Flattant notre sens esthétique, elles sont le plus souvent construites selon les canons de la peinturlure classique ou du graphisme des deux siècles précédents, quand elles ne sont pas l'évocation directe d'oeuvres picturales célèbres. »
« Parmi les photographies que W. E. Smith fit de la catastrophe de Minamata (voir par là), la plus célèbre
(…) évoque immanquablement une Pietà (…).
Et la photographie du cadavre de Che Guevara doit sa notoriété au fait qu'elle rappelle à la fois le Christ mort de Mantegna et la Leçon d'anatomie du professeur Tulp de Rembrandt (d'autres clichés, pris au même moment, n'ont pas atteint ce niveau de célébrité) ».
Citant Susan Sontag : « La puissance de cette photo tient en partie à ce qu'elle a en commun, du point de vue de la composition, avec ces tableaux.
Mieux, la mesure même dans laquelle cette photographie est inoubliable annonce sa propension à perdre sa signification politique, à devenir une image atemporelle.
».
A.K. reprend : « Les images qui nous parviennent aujourd'hui des bombardements de Gaza fonctionnent sur ces principes : composées de manière classique, elles peuvent rappeler des oeuvres célèbres ; et celles qui resteront dans l'Histoire rempliront impérativement l'un de ces deux critères. Ce seront de belles images privées de leur sens, des enveloppes vides comme celles de Minamata ou du Che mort. (…) L'image de cet homme entrera peut-être dans l'Histoire. Il sera l'homme de Gaza, revenu d'entre les morts. Les qualités esthétiques de la photographie, ses références iconographiques et l'absence quasi-générale de légende d'accompagnement * contribueront à en faire une « image atemporelle » qui ne nous permettra ni de comprendre ce qui se passait, ni de réfléchir. »
Encore une dose de Susan Sontag : « Le réalisme de la photographie engendre une confusion au sujet du réel qui est (à long terme) anesthésiante du point de vue moral tout autant qu'elle est (à long et à court terme) stimulante du point de vue sensoriel. »
Puis Alain Korkos : « Nous sommes simplement confrontés aux limites de l'image, et plus précisément à celles de la photographie de reportage qui n'est jamais qu'une vaine tentative de représentation du réel. Une tentative qui use de codes, de symboles et d'artifices visant à faire illusion.
Rappelons
cette évidence : une photographie n'est pas le réel. Ce n'est qu'une image fixe limitée par un cadre. Le réel, la vie et la mort, sont hors champ. Au-delà du cadre. Là où ça bouge dans tous les sens, là où ça explose et hurle, devant, derrière, au-dessus et au-dessous, se refusant à tout appareil photographique ou caméra incapables de saisir l'entièreté, la simultanéité des événements, l'indescriptible chaos créé par la chute d'une bombe. (…) Le hors champ de la vie est infini, quand l'image s'inscrit dans l'espace mesurable d'un viseur. »

La leçon Korkosienne est claire : une photographie n'est pas le réel. En vérité, il nous le dit : toute image n'est qu'illusion (tromperie), émotion et esthétique (jouissance).
La lumière ("Phôtos") est obscurité, comme dit Big Brother. Circulez, y a rien à voir.

On en revient quasiment au vieux débat théologique.

S'être ingurgité autant d'images pour les vomir ainsi (tiens, tiens…) !

Je rappelle que le fait que l'habitant d'une région du monde se sente généralement impuissant face aux choix politiques entraînant des souffrances pour les habitants d'une autre région du monde n'a rien à voir avec l'image, prise isolément, mais avec l'information (en général) rapportant de tels événements (dont l'image peut faire partie).

Ce que nous dit Alain Korkos, c'est que - rapidement et nécessairement - la photographie perd sa légende, c'est-à-dire son contexte historique et son intelligence.
Et il est sûr qu'une image sans contexte ne veut rien dire, ou plutôt qu'elle peut potentiellement être interprétée d'une multitude de manières.
C'est une remarque très basique sur ce sujet.
Les étudiants des écoles d'art et de journalisme connaissent ce jeu consistant à prendre une image et à orienter son sens en toutes directions en modifiant sa légende. Cela a été un grand plaisir de voir Cavanna appliquer cette méthode aux gravures ("pompier") des livres d'Histoire.
Ainsi, la photographie de la petite fille de Gaza, nous avons déjà vu sa semblable il y a quelque temps : en Turquie, à la suite d'un tremblement de terre, quand on extrayait les victimes des maisons effondrées (en fait, je n'en sais rien, mais une telle photo aurait été possible…).

La logique de connaissance pour le lecteur (ou le chaland de kiosque) confronté à une image est donc de dépasser immédiatement la polysémie intrinsèque de celle-ci pour exiger une légende. Simultanément, il lui faut interroger la véracité de la dite légende, car la possibilité de tromperie est permanente.
C'est valable pour tous les médias (merci @si) et c'est beaucoup de boulot, effectivement.

Dont acte : les images sont peu fiables par elles-mêmes.
Par contre, prétendre qu'elles ne rendent pas compte d'une partie du réel une fois contextualisées, qu'elles n'apportent rien à la perception, donc à l'information et à l'intelligence des faits, représente un dogme particulièrement radical.

Oui, en occident, nous sommes culturellement sensibles à l'esthétique des images.
Et alors ?
J'admets la “résonance” plastique, mais je ne confonds absolument pas l'événement en quoi consiste la mort du guerillero Che Guevara et la fable (pour moi) du Christ crucifié.
La référence iconographique peut faire que telle photographie soit sélectionnée plutôt qu'une autre, par le rédac'chef puis par notre mémoire. Et alors ?
La Pieta de Ninamata ne renvoie-t-elle pas - hors de toute image - à la mère qui voit souffrir et mourir l'enfant issu de sa chair ? N'est-ce pas cette douleur (intemporelle, effectivement) qui nous touche plutôt que l'application du Nombre d'Or ?
Autant on peut trouver d'esthétisation et de mystère dans le portrait d'Omayra, autant le témoignage photographique sur l'enfant de Gaza ne peut provoquer aucune "jouissance" de ce type.
Désolé, mais en regardant cette image, je vois une partie du réel. Donc, je vois le réel. La mort est bien dans le champ (visuel) !
Qui, par ailleurs, à jamais prétendu embrasser le réel dans sa totalité ? un nom…

Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?
Qu'est-ce que c'est que cette manière de préjuger de ma connaissance du monde ?

Est-ce que sa trop grande dévoration d'images et la confusion qui en résulte n'ont pas éloigné Alain Korkos du commun des mortels ?
Par Fandasi pour clavier

Re: Philosophie de l'image

Quel tissu de conneries emballé dans la boursouflure et l'emphase du savoir !
Par Sémir

Re: Philosophie de l'image

Tu vas arrêter toi aussi avec ta boursoufflure ! ?

Je trouve par contre et personnellement son post très bon.
Et vous très mauvais.

SEMIR
Par Fandasi pour clavier

@Sémir

Venant de vous , il devrait se méfier du compliment.
Citation:
Je trouve par contre et personnellement son post très bon.

Par Sémir

@Fandassi vous êtes méprisable

Moi je peux me regarder fièrement devant un mirroir.
Je vous laisse soutenir des tueurs d'enfants, de femmes, de vieillards.

Vous ne m'intéressez même pas. J'ai même pas envie de vous parler.
Vous êtes méprisable.

SEMIR
Par Fandasi pour clavier

@Sémir

Ben voilà , au moins il est clair que ce sont vos affects en général qui guide votre pensée , et non de l'objectivité. Il vous est peut-être difficile de ne pas prendre parti dans ce conflit. Moi , mon parti , c'est que tout soit fait pour que cette guère cesse. Il n' y a pas de bons morts et de mauvais morts.
Par Pierre LABATE

Re: Philosophie de l'image

Bof…
Somme-nous en mesure de dire que - dans ce forum - les @sinautes se partagent entre ceux qui préfèrent vomir (thème central de la chronique de A.K.) et ceux qui préfèrent comprendre ?
(oui, je sais, c'est facile ; mais j'en ai besoin)
Par JREM

Re: Philosophie de l'image

L'un n'empêche pas l'autre.
On peut vomir et comprendre après!



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:02 le 13/01/2009 par JREM.
Par jeff

Re: Philosophie de l'image

Moi, ce que je vous reproche Monsieur Labate (et je ne vais pas me mettre à la place d'Alain Korkos), c'est qu'au travers de cette Une vous n'avez pas favorisé la réflexion sur le problème Israelo-Palestinien.
Je ne vous ferai pas un procès d'intention, je considère pour simplifier les choses, que vous êtes honnête et que ce que vous affichez est bien le reflet de votre pensée, de votre sensibilité.
Maintenant, regardez, tous, sur ce forum, ont un point commun, c'est le dégoût de cette guerre. Et pourtant sur le sujet de savoir s'il fallait ou non diffuser une telle Une, vous avez réussi à monter des gens qui partagent en gros la même opinion les uns contre les autres. Ne serait-ce que ce fait-là pour moi est la démonstration parfaite qu'il fallait s'abstenir.
Pourquoi est-ce que les différents intervenants de ce site ont eu des échanges enflammés ?
Y en a-t-il un seul qui ait trollé le site en disant être pour cette guerre ? Non.
Pourtant c'est le fondement de cette unité d'opinion sur le fond du sujet : Nous ici sommes tous défavorables à cette n-ième offensive, et plus globalement à la situation au proche-orient. Ce que nous recherchons tous, c'est la paix et la stabilité nécessaire au retour de l'espoir pour ces populations. La photo dont il est question, placée en Une n'a eu de talent que celui d'exacerber les différences au sein du même camp.
Parce que la Une d'une publication c'est ce que la rédaction veut monter en épingle, une manière de dire "c'est ce qui est le plus important, ne regardez pas ailleurs". La mort, vous vous en doutez certainement, ajoute à l'émotion déjà présente et peut faire basculer une opinion pro-paix vers une opinion beaucoup plus radicale.
Exposer un cadavre, qui plus est choisi, pour la charge émotionnelle qu'il véhicule, est contre-productif pour tous ceux qui veulent trouver une solution réfléchie conduisant à la paix.
Celui qui cherche avec colère ne trouve jamais, et là, je vous accuse d'avoir au travers de votre Une attisé la colère, et rien que la colère.
Pour moi, la prochaine fois, prenez mieux conscience de votre influence médiatique et des enjeux, et évitez de faire la même bêtise, placez donc ce type de photo à l'intérieur de l'Humanité, comme étant un témoignage de la barbarie qui règne dans ce conflit et construisez votre dossier afin de parler à l'intelligence de vos lecteurs et non leur tripes. Merci.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:41 le 13/01/2009 par jeff.
Par jeff

Re: Philosophie de l'image

Correctif : j'me suis planté de nom, ce post ne vous était pas destiné spécialement. M'enfin, vous l'aurez bien compris.
Par JREM

Re: Philosophie de l'image

Il est adressé à qui?
Je pense que les interventions de Pierre Labate sont d'une parfaite tenue,
d'une rationalité dont je suis personnellement incapable et d'une impartialité
exemplaire.
Chapeau Monsieu Labate!



Modifié 1 fois. Dernière modification le 21:56 le 13/01/2009 par JREM.
Par Pierre LABATE

Re: Philosophie de l'image

@ Jeff
L'impartialité, c'est pratiquement un synonyme d'objectivité : quasiment inaccessible. Je n'y songe même pas !
Mais j'ai horreur qu'on me baratine et j'essaie de ne pas baratiner les autres.
Pour ça, je m'efforce d'être précis… dans la mesure qu'il m'est possible.
Des fois, ça donne des résultats.
Décryptage, c'est une idée sympa.
Par Pierre LABATE

Re: Philosophie de l'image

Oups !
Message précédent adressé à JREM (pas à Jeff)
Par jeff

Re: Philosophie de l'image

C'était à destination de P. Laurent, vous l'aurez deviné... enfin, si tant est qu'il vienne à lire ce qui se dit sur ce forum.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 00:54 le 14/01/2009 par jeff.
Par Pierre LABATE

Re: Philosophie de l'image

@ Jeff
« Moi, ce que je vous reproche Monsieur Labate (et je ne vais pas me mettre à la place d'Alain Korkos), c'est qu'au travers de cette Une vous n'avez pas favorisé la réflexion sur le problème Israelo-Palestinien. (etc.) »

Bigre !
Excusez-moi, ne le prenez pas mal, mais je crois que vous faites une grosse confusion, Jeff.
Alain Korkos a envoyé sa lettre à Pierre LAURENT, directeur de la rédaction de L'Humanité. Lequel ne lui a pas répondu sur ce forum.
Moi, je suis un simple citoyen sans lien direct avec le journal, que je lis seulement de temps en temps.

P.S. J'ai grignoté avant de saisir ma réponse… et de lire votre deuxième message.
Pas de problème !



Modifié 1 fois. Dernière modification le 21:43 le 13/01/2009 par Pierre LABATE.
Par jeff

Re: Philosophie de l'image

Merci de votre comprehension ! C'est vite fait de se faire avoir par les "répondre à" et quand on essaie de lire tous les commentaires... Et puis quand c'est parti, il n'y a que peu de temps pour corriger.
Par Pierre LABATE

Re: Philosophie de l'image

Citation:
Quel tissu de conneries emballé dans la boursouflure et l'emphase du savoir !


D'un seul coup j'ai un doute : vous parlez d'Alain Korkos et Susan Sontag - que je cite abondamment - ou de moi ?
Par JREM

Re: Philosophie de l'image

Si c'est de vous qu'il parle, la chasse aux épigones est ouverte!
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: Philosophie de l'image

Que de lignes, que de lignes Pierre Labate, ci-dessus dans votre commentaire réponse où vous me précisez que "ma présentation n'est pas conforme à la réalité des faits", quand je dis qu'Alain [Korkos] "devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus."
Heureusement que je lis tous les commentaires, sinon j'aurais raté cette réponse à mon endroit, et alors que vous n'avez pas cliqué sur l'onglet afin de me répondre, mais sur celui de Stanley Milgram, ce qui ne va pas sans créer une confusion pourtant aisément évitable.

On va faire simple et surtout mathématique:
Nombre de réponses/interventions/commentaire de notre chroniqueur dans ce forum: 1...
... un réponse à Stanley pour signaler une faute corrigée.
Donc déduction répétée de ma part:
Je crois qu'Alain, devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus.
Précision à toutes fins utiles (parce-que la non réponse volontaire est aussi une forme d'expression): dans ce forum-ci.
J'espère avoir été plus (encore plus) clair :-)
Salutations.
Par Pierre LABATE

Re: Philosophie de l'image

Dans “polémique”, il y a “guerre”…

@ Fan de canard
À mon grand regret, faute de disponibilité, je n'explore pas toutes les richesses du site d'@si. Pour cette raison et parce que je ne me sens ni la compétence ni la motivation, je n'interviens pas sur tous les forums d'@si, où je me suis inscrit - avec retard - lors de l'affaire Askolovitch-Siné pour mieux la comprendre. Depuis, je ne suis intervenu dans aucun autre débat.
Donc, j'oublie un peu les procédures techniques.
Par ailleurs, je vous citais sans que cela ait quelque chose de vraiment personnel, « à (votre) endroit » : je ressens les forums comme une sorte d'intellect collectif intégrant les contradictions. Je me focalise sur les arguments. C'est un peu avec ceux-ci que je dialogue, afin de ne pas me perdre dans l'émotif (cette fameuse et satanée émotion).
Je prenais simplement votre phrase, Fan de canard, comme résumant un peu le point de vue de plusieurs @sinautes semblant dire : « Mais qu'est-ce qu'ils ont comme ça à le bousculer, notre bon et compétent docteur Korkos qui nous explique que nous avons bien raison de ne pas acheter de vomitifs en kiosque. »

Vous-même avez écrit : « Je crois qu'Alain, devant l'ampleur de la tâche, a décidé de ne pas mettre son grain de sel dans la polémique ci-dessus. »

« Ampleur de la tâche » pouvant être compris de plusieurs manières (dont une désobligeante), je n'en fait aucune interprétation.

Par contre, je trouve injuste les termes « la polémique ci-dessus ».

La « polémique » (la provocation, l'attaque, l'agression) est uniquement à l'initiative d'Alain Korkos, lancée dans la chronique ouvrant sur ce forum. Une lettre ouverte dans laquelle on vomit beaucoup. S'il ne s'était agit que d'une lecture pédagogique de l'image, l'aurait-on annoncée la veille à grand son de trompe ?
Par ailleurs, la « polémique » s'est doublée d'une apparence de leçon de morale surprenante.
Il me semble que, si je veux payer pour recevoir des cours d'éthique élémentaire dispensé par un maître en la matière, je m'abonne ailleurs qu'à @si.
Je ne sais pas ce qu'en pensent les autres…

Donc, Alain Korkos n'est pas agressé « ci-dessus ». Plusieurs internautes répondent normalement et légitimement à la polémique que lui-même a lancé. Et il s'agit bien d'argumenter avec lui (et les @sinautes) : personne, à ma connaissance, n'a tenu de propos insultant à son égard.

Et je répète que je suis heureux de la qualité et du ton de la plupart des arguments échangés, du respect mutuel dans le dialogue (les rares dérapages eux-mêmes n'ayant pas tourné à la franche empoignade).
Ayant un peu remonté dans les posts, je viens de remarquer que j'ai formulé autrement certains arguments énoncés par d'autres. Je ne les ai pas plagié. Mais ils ont certainement nourri ma réflexion. Des avis opposés aussi ont été enrichissants, quand ils allaient au-delà d'une simple manifestation de sympathie pour Alain Korkos.
Je n'arriverais pas à citer tous leur pseudos, mais je les remercie tous.

Dans la chronique d'Alain Korkos, je persiste à voir la manifestation d'un parti pris.
Ce qui - en soit - n'est pas du tout un problème : on sent bien, dans ce forum, que le cœur de certains penche d'un côté plutôt que l'autre, et cela n'a pas empêché le dialogue (ce fameux dialogue humaniste).
Par contre, je trouve gênant que ce parti pris veuille s'imposer à nous sans se présenter pour ce qu'il est, et ceci par un argument d'autorité savante.
Par Fan de canard (ex-@sinaute septembre 2007 -> décembre 2015)

Re: Philosophie de l'image

Pierre,
Dans polémique il n'y a pas guerre, mais dispute selon sa définition, mais aussi qui incite à la discussion par son ton agressif. Il est aussi synonyme de querelle, et de débat par écrit.
Et c'est bien ce dont il s'agit, Pierre Labate.
Pas de guerre. Personne sur ce forum, comme vous l'a signalé justement Jeff ci-dessus (à qui vous avez répondu en postant sous JREM), n'a une seconde pensé à s'envoyer des bombes au phosphore à la gueule.
Bref, le terme de guerre dans la polémique sans guillemets incitée par la chronique d'Alain Korkos est inapproprié, quand bien même il servirait votre propos.
Que vous le trouviez injuste ou non, le terme de polémique est donc convenable.

Quand je disais devant l'ampleur de la tâche, je voulais parler des différents points de vue exprimés, mais aussi des jugements proférés à l'endroit d'Alain Korkos, notamment en le taxant de judéomane, ce qui me parait absurde à la lecture du billet d'Alain. Cette accusation directement exprimée notamment par Fantômas avant modération, transpire aussi dans d'autres commentaires de manière détournée et à plusieurs reprises. Et les amalgames qui en résultent, improbables à démêler, donneraient bien du fil à retordre au chroniqueur si d'aventure il tentait de le faire.
Bref, le sens global de mon propos un peu plus haut, exclut une interprétation désobligeante (envers qui, d'ailleurs ?).

Du reste, je ne pense pas non plus que cette phrase résume ainsi ce point de vue d'autres @sinautes, auxquels je laisse le soin de décider s'ils se reconnaissent dans cette phrase.
Laquelle, je le rappelle encore une fois, n'appelle pas à être interprétée ailleurs qu'au sens littéral.
Quand je dis qu'il n'a pas mis son grain de sel dans la polémique ci-dessus, ça veut bien dire ce que ça veut dire. Il n'a pas répondu, ni pondu d'addendum, de précision, de rectificatif à sa chronique: ça voulait dire silence radio. C'est un fait, une constatation, en témoigne l'absence de réponses formulées par Alain dans le forum.
Surtout que, dans un post un peu plus haut encore, je livrais mon point de vue ici, pour rafraichissement , et j'y affirme l'exact contraire de votre résumé concernant "le bon et compétent docteur Korkos" (sic).

Cherchez pas midi à quatorze heures, monsieur Labate :-)
Je souligne enfin qu'en accord avec vous, je salue la qualité et du ton des arguments échangés, du respect mutuel dans le dialogue, tout en déplorant les dérapages comme vous dites.

Salutations (bis)
Par alain-b

Re: Philosophie de l'image

Je suis bien d’accord sur les raisons de la non intervention d’Alain K. sur le forum cette semaine.
D’autant que, même si il s’attendait à des discussions enflammées, il n’imaginait certainement pas atteindre un tel nombre de commentaires.
De plus, de nombreux posts oublient que le reproche fait à P. Laurent est, non pas la publication de cette photo dans le journal, mais le choix de celle-ci pour la Une, plutôt qu’une des huit autres figurant en dernière page.
Pour ma part, et malgré (ou à cause de) l’avalanche de commentaires en quatre jours, je n’arrive toujours pas à me faire une opinion tranchée.
Par Pierre LABATE

Re: Philosophie de l'image

alain 07:19 le 14/01/2009
« …de nombreux posts oublient que le reproche fait à P. Laurent est, non pas la publication de cette photo dans le journal, mais le choix de celle-ci pour la Une, plutôt qu’une des huit autres figurant en dernière page. »

Rappel parfaitement exact !
Creusons ensemble la question (désolé pour l'ironie amère du verbe).
Interrogeons-nous…
Une fois que l'on a évacué l'argument forcé et absurde d'un transfert d'émotion depuis la photo d'Omayra (concernant les plus de 29 ans !), POURQUOI la photo de guerre de la "une" est-elle pire que les « huit autres figurant en dernière page » ?
L'âge de la morte, victime trop visiblement innocente ?
Le gros plan, qui donne un plus grand sentiment de réalité ?

Oui, cette photographie a été délibérément choisie pour créer un choc (pour choquer), c'est évident. Oui, c'est ici le choc de la photo.
Il est aussi évident qu'il s'agit une interpellation.
C'est un cri de révolte autant qu'un regard politique.
C'est un appel à la mobilisation de l'opinion publique pour que cesse au plus tôt cette agression militaire disproportionnée.
On peut appeler cela propagande, mais cela reste une forme d'information, rendant compte d'un fragment de réalité. Qui prétendra le contraire ?

C'est donc déjà une saloperie de dire qu'il s'agit de vendre de la souffrance pour faire du fric (comme Paris-Match).

Certains, de tous bords, préfèrent détourner le regard…
Moi-même, je n'étais pas en quête de ce genre d'image. Elle est arrivée et il est vrai que, d'abord, je l'ai regardée de biais.
Cependant, au-delà de chaque sensibilité humaine, respectable en soi, ils y en a certains qui nous suggèrent fortement : « Moi, être humain ayant du cœur, je ne peux pas regarder cette image. Vous ne devriez pas le faire. »
Et ça, ça interroge…