C'est l'érection qui vient

Détournement et décérébration par la pub, mode d'emploi

chronique Par Judith Bernard publié dans le dossier : Pub : les mille ruses discuté depuis 13:35 le 08/09/2011

Ayant beaucoup fréquenté les salles de cinéma ces derniers temps, je suis plusieurs fois entrée en collision avec cette publicité, «Go forth» («fonce», quoi), pub que je me suis prise en pleine tête et sur grand écran - et je voudrais par ici faire le constat qui s’impose devant ma comprenette toute cabossée.
Mais d’abord, pour ceux sur qui elle n’aurait pas encore foncé, la voici – préparez vos airbags cérébraux:

La première fois que je l’ai vue, je me souviens, ça m’a fait un violent haut le cœur– de voir comme l’empire capitaliste détourne la geste insurrectionnelle à des fins commerciales (c’est comme ça que je me suis dit les choses, direct, dans un blurp mal réprimé). Dans les grandes lignes, je trouvais ça répugnant. Pour le détail, je n’avais pas compris grand chose : c’est en la revisionnant plein de fois que j’ai compris que c’était incompréhensible, et que c’était fait pour...... > Lire l'intégralité du texte
Participations votées d'utilité publique sur ce sujet

Par Fandasi pour clavier

Re: C'est l'érection qui vient

En même temps ,c'est de la pub pour les vices....
> Lire ici > Lire en contexte

Par Julie

L'érection à notre insu ?

Super, je l'avais pas encore vue celle-là. Ce qu'ils sont marrants ces publicitaires...

Ceci dit, rien qui me choque particulièrement. Vous ne devez pas beaucoup regarder la télé Judith, et grand bien vous en fasse, mais cette pub Levis n'est qu'une variation exemplaire de ce qui se fait en ce moment. Je ne pourrais pas les citer exactement, il faudrait faire un petit travail de recherche, mais toute cette année il m'a semblé voir des choses similaires. Arrêtez de vous faire marcher dessus, faites la révolution, achetez telle voiture. Battez-vous. Résistez. Montrez que vous êtes quelqu'un. Que vous existez. Que vous aussi vous avez droit à une BM. Ce genre de trucs. Ils prennent notre pouls, révoltes arabes et indignés européens, et hop ils s'adaptent.
J'associe tellement cette mécanique à une chose froide et inhumaine que ça ne me fait plus de haut le coeur. Même pas quand ils détournent nos envies de révolution. Je suis peut-être pas assez romantique, vous me direz.


Celle-là, par contre, m'a fait l'effet d'une bombe. La pub la plus honnête que j'aie vue. La seule qui se fout ouvertement de notre gueule.

[www.youtube.com]...
> Lire ici > Lire en contexte

Par yannick G

Re:

"Tout ça pour une simple pub ? Qui fait ce pour quoi elle est faite. On dirait que vous découvrez la lune.": Dominique Godin

De prime abord, cette chronique nous en apprend plus sur le rapport de Judith à la publicité que sur cette dernière entreprise, dont beaucoup d'entre nous n'attendent plus rien, pour les mêmes raisons, depuis fort longtemps... mais à lire votre réaction, je me demande si la naïveté de notre hôte n'est pas le révélateur de la léthargie, de la passivité, et finalement de la complaisance de certains d'entre nous à l'égard de ce système d'exploitation.

Oui, la pub a toujours été comme ça, opportuniste. Et alors ? Est-ce une raison pour l'accepter, entériner ce fait ?

Ce n'est pas parce que ces "Mad Men" (excellente série autours de l'univers de la pub au demeurant) de publiciste se prennent pour des cadors en recyclant deux-trois œuvres qu'ils ont pillé que nous devons accepter cette donne et ne pas la dénoncer, chaque fois qu'elle nous ulcère.

Alors, oui, Judith est peut-être naïve sur ce coup, trop sensible, mais sa naïveté, sa sensibilité vaut mieux que bien des résignations, que toutes les indifférences.

yG...
> Lire ici > Lire en contexte
Tous les commentaires (206)
Par bysonne

Re: C'est l'érection qui vient

Eric Hazan ? Désolée ;-))
Par Fandasi pour clavier

Re: C'est l'érection qui vient

En même temps ,c'est de la pub pour les vices.
Par Cerise

Re: C'est l'érection qui vient

Je n'ai pas le temps de vous lire jusqu'au bout Judith alors je ne sais pas vers où vous nous emmènerez ... je reviendrai dès que possible.. j'ai juste regardé la pub... c'est rigolo car la semaine dernière nous avons pris la même chose en pleine poire avec mon mari : je dois être longue à la détente car je me suis demandé de quoi il retournait alors que mon mari a lâché : "putain, tout ça pour un jean !)

à plus donc !
Par Choucroutas Cassoulaitis

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
Je n'ai pas le temps de vous lire jusqu'au bout Judith alors je ne sais pas vers où vous nous emmènerez ... je reviendrai dès que possible.. j'ai juste regardé la pub... c'est rigolo car la semaine dernière nous avons pris la même chose en pleine poire avec mon mari : je dois être longue à la détente car je me suis demandé de quoi il retournait alors que mon mari a lâché : "putain, tout ça pour un jean !)
à plus donc !


Vous êtes Cerise, de Groupama?
Par Oz

Re: C'est l'érection qui vient

Un abonnement chez @si ... 3€. Payé avec Master Card.
Une connexion internet chez un fournisseur d’accès... 10€ payé avec Master Card.
Le plaisir de lire la chronique qui descend la pub qui vous donne des boutons en ce moment ... ça n'a pas de prix !
Par Oz

Re: C'est l'érection qui vient

... [ mauvaise place ]



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:46 le 13/09/2011 par Oz.
Par Vincent

Re: C'est l'érection qui vient

"Putain, tout ça pour un jean"
Ca résumé parfaitement ce que j'ai ressenti en découvrant cette pub au cinéma. Les concepteurs de ces annonces n'ont vraiment aucune honte. Bientôt ils vont nous faire "Ghandi aurait acheté le dernier jeans slim".
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Ha ça, quand une pub nous dit "tu es prodigieux, les dieux attendent de se délecter de toi", je vois Narcissisme qui clignote en néon rouge en très gros juste au-dessus.
Comment faire autrement ?
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Hé, hé...
Mais bon, il est mort.

Tout comme ce pauvre Bukowski. Y'a des ayant-droits et/ou des éditeurs, des fois, vraiment indignes du legs qu'ils ont reçu.
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Sinon :

Citation:
On aura compris que ce qui me gêne ici est qu’elle fasse mine au lieu de ça de faire de la politique, selon une rhétorique assez anarchique pour être totalement décérébrante, et assez pernicieuse pour être, à la fin, dépolitisante.

Mais il n'y a rien de nouveau là-dedans, et surtout pas "qu'elle fasse mine", puisqu'elle n'a jamais rien fait d'autre : utiliser les codes, les tendances les plus récentes pour vendre. Le reste, elle s'en fout. En ce moment, c'est la révolte, l'indignation. Ben la pub nous la joue révolte et indignation. Normal (dans son fonctionnement, de son point de vue).
Maintenant, que l'on dise que son utilisation est politique, c'est un autre sujet.
Par Florence Arié

Re: C'est l'érection qui vient

Ils avaient déjà fait le coup en 2009, avec un poème de Walt Whitman, lu, déjà, par lui-même. Forcément, vu la date, le son est mauvais et le texte apparaît donc aussi à l'écrit.
[www.youtube.com]
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Tiens, en voilà un, un réel hommage à Walt Whitman...
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Et pendant que j'y suis, un réel hommage à ce vieux crado de Henry Chinaski, via ce même poème.
Par Laurence DUBOS

Re: C'est l'érection qui vient

Merci de ce rappel qui permet aussi de juger de la faiblesse du film publicitaire démonté par Judith vs cette campagne 2OO9, où on pouvait voir une vraie cohérence entre l'Amérique de Walt Whitman et la paire de Levi's, l'un de ses incontestables symboles vestimentaires.
En 2011, ils ont du aussi faire des économies dans l'agence de pub et torcher la campagne, en pensant que cet amalgame très bien décrit par Judith, ferait bien l'affaire! C'est râté, malgré la belle voix que je crois identifier comme celle de Terence Stamp (?) pour lire les mots du poète mort, ça ne marche pas du tout!
Advetising is a dirty work, but somebody has to do it !?.... Encore faut-il en avoir le talent ;-/
Par fer

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
Ha ça, quand une pub nous dit "tu es prodigieux, les dieux attendent de se délecter de toi", je vois Narcissisme qui clignote en néon rouge en très gros juste au-dessus.


N'est-ce pas symptomatique de notre époque (et cela remonte aux années 1980) dont l'idéologie dominante est celle de l'accomplissement personnel, égotique au détriment des luttes collectives au service de tous.

Dans ce clip, ça percute particulièrement fort car ce slogan individualiste classique des pubeux (just do it ! Be yourself ! Parce que je le vaux bien ! etc. etc..) essaie de récupérer les mobilisation et les luttes collectives d'une jeunesse contre un système qui prétend la vouer au pinâcle (cf. l'univers jeune et adolescent qui archi-domine dans nos médias, y compris quand on s'adresse à un public-cible de retraités --> "Plus belle la vie!" par ex.), mais qui, en fait, l'infantilise (consumérisme débile) ou la broie (précarité, chomage, relégation, déclassement, etc...).
Par Mel

Re: C'est l'érection qui vient

En effet, c'est ce qui n'est pas relevé dans cette chronique et qui me frappe immédiatement...

"ta vie et ta vie" comme si le système commercial, libéral, était incapable de voir, d'entendre que dans les révolutions que nous vivons en ce moment, il ne s'agit pas seulement de la vie individuelle de chacun, mais de l'intérêt général. Il ne s'agit pas si nous voulions faire quelque chose de ce qui se passe actuellement de "ma vie est ma vie" mais de "nos vies sont nos vies"

aveuglement ou volonté de déconstruire ? je l'ignore... mais je crois que c'est ce qui fait que cette pub loupe sa cible...
Par Yann

Re: C'est l'érection qui vient

Je ne suis pas d'accord avec la traduction de Judith...
Citation:
Les dieux attendent de se délecter de toi

Citation:
The gods wait to delight in you

Je traduirai plutôt par:
les dieux attendent de pouvoir se réjouir en toi
les dieux attendent de prendre du plaisir en toi

Ils veulent que tu vive avec du plaisir pour jouir avec ou par toi...
Seul toi, dans forme d'humain magnifique/merveilleuse (you are marvelous) est pour eux une porte sur le monde...

Cela donne un tout autre sens!

Mais, le poème que je ne connaissais pas est magnifique...
Merci Judith.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 14:24 le 08/09/2011 par Yann.
Par LPR

Re: C'est l'érection qui vient

Pas vraiment : en anglais la version intransitive du verbe est toujours suivie de "in" traduction de "prendre plaisir a"
Par AA

Re: C'est l'érection qui vient

Je ne sais qui a raison pour la traduction, mais l'interprétation de Yann est... séduisante.
Par Mon Nombril

Re: C'est l'érection qui vient

mais c'est pas la traduction de Judith, c'est celle qui est en sous-titre dans le film.
Par LPR

Re: C'est l'érection qui vient

Oui je le regrette egalement ...
Par Dilettante

Re: C'est l'érection qui vient

Quel bonheur d'aller voir des films dans un ciné indépendant où il n'y a pas de pub! Que viva UTOPIA!!!!
Par Robert.

Re: C'est l'érection qui vient

Et l' "ABC" (rue Saint Bernard à Toulouse) !
Par fer

"touche moi pas, tu me salis !"

2 principes:

1° La pub salit tout ce qu'elle touche.
2° La pub touche à tout et essaie de récupérer tout, y compris ceux qui la combattent...

J'avais une amie autrefois qui, quand elle voyait arriver les longs tunnels de pubs d'avant-film, se retournait ostensiblement et restait dos à l'écran pendant toute la durée des spots...
Les spectateurs assis dans les rangs derrière elle l'observait un peu gênés ou parfois agacés.

Quant à moi, si je ne vais pas jusque-là, à la maison c'est coupure systématique du son (voire extinction) à la moindre page de pub.

Mais cela ne suffit manifestement pas. Certains sont déjà passés à l'attaque en s'en prenant physiquement aux panneaux d'affichage public...

Il faudrait désormais aller plus loin.
Par Vincent

Re: "touche moi pas, tu me salis !"

> La pub touche à tout et essaie de récupérer tout,
> y compris ceux qui la combattent
&
> Certains sont déjà passés à l'attaque en s'en prenant
> physiquement aux panneaux d'affichage public

Pour faire le lien entre ces deux éléments, notons que la RATP, après l'arrestation des fameux gribouilleurs d'affiches il y a quelques années, avait enchaîné avec une campagne de pub où ils avaient placé des affiches blanches avec juste le message "Nous avons compris que certains voulaient s'exprimer. Cet espace est pour eux." (en gros)
Comme récupération on fait pas mieux...
Par AA

Re:

Par Goulven

Re:

Le point commun de toutes ses images ? la jouissance. La jouissance de manifester, de gueuler, de baiser. comme sous titre, on aurait pu avec un poil de cynisme marquer : "ça leur passera avant que ça me reprenne".
Les jeunes, ça a besoin de bouger dans tout les sens, il n'y a pas de politique là dedans. Juste une manière de capter l'écume visuelle de ces mouvements.
Sur la récupération, Leclerc avait été bien plus bourrin ...
Par pow wow

Re: C'est l'érection qui vient

Bravo et merci Judith, c'est absolument atterrant. Nous étourdir jusqu'à la nausée, bon ben voilà, ça c'est fait.
Par felix d.

Re: C'est l'érection qui vient

Il avait des "ayant-droit" Bukowski ?
Ou des exécuteurs testamentaires?
Ou des héritiers?
Si tel est le cas, ce ne sont pas des gens très respectables, pour le laisser détourner aussi vulgairement par les pubeux.
Merci Judith, en tout cas, pour cette analyse.
Par Choucroutas Cassoulaitis

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
Il avait des "ayant-droit" Bukowski ?
Ou des exécuteurs testamentaires?
Ou des héritiers?
Si tel est le cas, ce ne sont pas des gens très respectables, pour le laisser détourner aussi vulgairement par les pubeux.
Merci Judith, en tout cas, pour cette analyse.


Oui, il a une fille qui s'en occupe, je crois. Linda Bukowski.
Par Choucroutas Cassoulaitis

Re: C'est l'érection qui vient

Oui, il a une fille qui s'en occupe, je crois. Linda Bukowski.


Correction : Marina. Linda, c'est sa femme. Enfin bref, il y a du monde, quoi.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:08 le 08/09/2011 par Choucroutas Cassoulaitis.
Par felix d.

Re: C'est l'érection qui vient

Merci de l'info, même si elle me désole.
J'ai aimé lire et j'aime encore beaucoup Bukowski, trop vite renvoyé chez nous à son image de pochetron (cf: Pivot).
Comme il est dit plus haut: la pub dégueulasse tout, vraiment tout.
Marina, dites-vous?
M'étonne pas!
Par EM

Re: C'est l'érection qui vient

C'est pertinent, c'est intelligent, c'est jouissif. Merci !
Par Cultive ton jardin

Re: C'est l'érection qui vient

Tout ça pour vendre un pantalon.... la chute est quand même un peu mesquine, ça pourrait être contre-productif, non?
Par Julie

L'érection à notre insu ?

Super, je l'avais pas encore vue celle-là. Ce qu'ils sont marrants ces publicitaires...

Ceci dit, rien qui me choque particulièrement. Vous ne devez pas beaucoup regarder la télé Judith, et grand bien vous en fasse, mais cette pub Levis n'est qu'une variation exemplaire de ce qui se fait en ce moment. Je ne pourrais pas les citer exactement, il faudrait faire un petit travail de recherche, mais toute cette année il m'a semblé voir des choses similaires. Arrêtez de vous faire marcher dessus, faites la révolution, achetez telle voiture. Battez-vous. Résistez. Montrez que vous êtes quelqu'un. Que vous existez. Que vous aussi vous avez droit à une BM. Ce genre de trucs. Ils prennent notre pouls, révoltes arabes et indignés européens, et hop ils s'adaptent.
J'associe tellement cette mécanique à une chose froide et inhumaine que ça ne me fait plus de haut le coeur. Même pas quand ils détournent nos envies de révolution. Je suis peut-être pas assez romantique, vous me direz.


Celle-là, par contre, m'a fait l'effet d'une bombe. La pub la plus honnête que j'aie vue. La seule qui se fout ouvertement de notre gueule.

[www.youtube.com]
Par SergeG

Re: L'érection à notre insu ?

Encore une récupération éhontée : à la façon de Terrence Malick. Ces pubistes sont vraiment d'affreux iconoclastes.
Il ne pourra même pas se retourner dans sa tombe puisqu'il est encore vivant.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:32 le 08/09/2011 par SergeG.
Par charlie.lapared

Re: L'érection à notre insu ?

Merci pour cette pub Eristoff ! Quelle horreur !
Comme je ne vais jamais voir des blockbusters ou autres au cinoche, que je suis de plus en plus inculte en matière de culture actuelle, l'humour du "détournement" me passe complètement au-dessus de la tête et je pige de moins en moins les images utilisées par la pub... De toutes façons, en général, quand j'entends le mot pub, je vais aux cabinets ... ;o))
Par Julien Olivari

Re: L'érection à notre insu ?

Merci pour le lien. De quoi vite déssoûler du produit "vanter".
Par emilie bouyer

Re: C'est l'érection qui vient

Texte passionnant.auquel j'adhère complètement tant cette pub m'a dérangée. Je ne sais pas pourquoi j'ai repensé à une pub de l'UMP ratée. Celle qui nous chantait vouloir changer le monde .La politique en pub,c'est hilarant et tellement dérisoire.
Par Florence Arié

Re: C'est l'érection qui vient

Parfois c'est mieux, mais ce n'est pas une pub pour vendre:
[www.youtube.com]
Par Julien Olivari

Re: C'est l'érection qui vient

Avant la vidéo de votre lien, j'ai eu droit à une pub qui vantait "l'esprit d'équipe" selon la Société Générale. Un bon fou rire !

Sinon Bill Nighy, génial, comme souvent.
Par Varlin

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
Parfois c'est mieux, mais ce n'est pas une pub pour vendre:

[www.youtube.com]


J'ai rien compris (je cause pas le rosbeef). C'est quoi, l'idée ?
Par Julien Olivari

Re: C'est l'érection qui vient

En gros ça parle de taxe Tobin.
Par Le fiscaliste

Re: C'est l'érection qui vient

Voilà comment expliquer les émeutes de Londres, ils ont foncé chez levis les mecs! Quand on vous dit de ne pas écouter tout ce qu'ils racontent à la télé...
Par fétiche

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
Voilà comment expliquer les émeutes de Londres, ils ont foncé chez levis les mecs! Quand on vous dit de ne pas écouter tout ce qu'ils racontent à la télé...


[www.google.com]
Par Yanne

Re: C'est l'érection qui vient

Bah, j'aime beaucoup ce que vous tirez de cette pub, en termes de de qualité d'indignation et de réflexion intellectuelle. Et les images de François Rose agrémentent visuellement l'article de façon très réussie, parce que les images de la pub sont d'un esthétisme assez bluffant, et la mise en images en long comme il l'a fait rendent mieux compte de cette pertinence.

Certes c'est de la récupération à tous les étages, une façon de phagocyter une démarche politique pour la tuer, sciemment ou inconsciemment, je ne sais pas.

Mais c'est une pub avant tout destinée aux jeunes, avec évidemment ce qui est dans l'air du temps : Bukowski et son esprit de nauffrage, la révolte, le sexe, la vie à tout prix, l'aspiration à la beauté, Un kaléidoscope poétique et esthétique de toutes ces tensions et contre-tensions qui agitent la jeunesse Il ne faut pas chercher plus loin que le désir d'identification à la vision brouillée des jeunes pour lesquels tout se mélange dans la tête. Un mix d'excitation, de recherche d'absolu, de ravage et de rédemption.En tout cas, mon esprit errait d'une chose à l'autre ainsi quand j'étais jeune.

Bon ! Cela n'a peut-être pas changé tant que ça en vieillissant....

Et puis, ce n'est pas pour ça que j'achetais et que j'achèterai des levi's. Mais certains peuvent être poussés à l'achat, parce qu'ils se sentent bien dans cette vision brouillonne du monde, où seul l'instant compte.
Par Alain Gérard

Re: C'est l'érection qui vient

Bravo et merci Judith, cette chronique est épatante !
Par yannick G

Manque l'information essentielle...

C'est quoi les films que vous avez vu, Judith ?
Enfin, ceux dont vous voulez bien nous parler tout au moins.

yG
Par Julien Olivari

Re: Manque l'information essentielle...

Je me suis posé la même question ! Qu'était-elle allée voir lorsqu'elle a subi ces spots ? Cela valait-il d'endurer ce qui fait manger Jean Mineur ?
Je suis allé au cinéma hier, et j'ai pensé à cet article. Même si je le précise, lors des publicités d'avant film, je lis casque sur le crâne afin de ne pas entrer en collision. Un conseil pratique, que je vous offre Judith.
Par Youri Llygotme

Re: C'est l'érection qui vient

J'ai beaucoup apprécié l'allusion à la lutte contre les dessous de table (ou alors quelque chose m'aurait échappé?)

En tous cas, ça vaut le coup de se pencher sur cette pub esthétiquement bien faite et qui veut donner au spectateur
le message que porter des Levis c'est être à l'avant-garde des mouvements de société.
Merci Judith
Par Sebastien Lemar

Re: C'est l'érection qui vient

Ne jamais oublier: la pub "parle de ce qu'elle ne vend pas pour vendre ce dont elle ne parle pas" (j'offre une bière pression en canette à qui retrouve l'auteur -Debord, Vaneigem, Voyer?...- de cet aphorisme puissant)
Par joelle lanteri

Re: C'est l'érection qui vient

pour ma part j'y ai vu l'éloge du suicide ou de la mort programmée!!
Par Matthieu Allioux

Re:

Oubliez les jeans, c'est quand même beau ce qu'on fait ces publicitaires !
La photo, le montage, le texte de Bukowski, cette voix off, cette musique (serait-ce du Godspeed you! Black emperor ?)
A ce niveau là, c'est une œuvre d'art, non ?
Par AA

Re:

Faut que tu nous fasse un bouquin là-dessus.
Par Geugeu

Re: C'est l'érection qui vient

Excellente chronique, comme d'hab' !

Pour les amateurs de Bukowski :

[www.youtube.com]
Par emmanuelle k.

Re: C'est l'érection qui vient

Pouvez-vous me dire, Judith, ce que vous entendez par "une rhétorique assez anarchique pour être totalement décérébrante" ?
Par ailleurs, il semble que la publicité soit la poésie de la marchandise, ce qui indique bien ses limites. Jouant du désir comme matière première détournée et manipulée, elle arrive à balbutier une petite chanson bien ficelée, mais avec une ficelle tellement énorme qu'elle n'atteint que ceux qui aiment être pris dans ses liens.
C'est ce que j'espère vivement.
Le lien mis par un @sinaute sur la pub Eristoff m'a permis de respirer un peu : tellement énorme qu'elle en devient comique. L'avez-vous vue ?
emmanuelle k.
Par AA

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
il semble que la publicité soit la poésie de la marchandise


Pour ça aussi faut un bouquin.
Par Francois T

Re: C'est l'érection qui vient

Merci pour l'article.

Quant à la publicité incriminée, elle me paraît moins putassière que celle de Société Générale [www.youtube.com]
qui tente de récupérer l'esprit d'équipe, avec des images de collectifs, dont celle de manifestants type indigné. Bizarrement, cela me paraît davantage manipulatoire que celle sur les jeans. Sans doute parce que les jeans sont un produit ni meilleur ni pire qu'un autre, tandis que la banque tente quant à elle à se blanchir via cette pub.
Par Vincent

Re: C'est l'érection qui vient

En effet. Les responsables de la crise et donc des indignés qui utilisent ces mêmes indignés pour se faire de la pub. A vomir.
Je ne sais pas ce qui est le plus écoeurant : qu'ils osent prétendre avoir de telles valeurs ou qu'ils nous méprisent assez pour penser qu'on y croira.
A ce train-là, nos publicités vont bientôt rejoindre les pubs parodiques futuristes des films d'anticipation.
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"A ce train-là, nos publicités vont bientôt rejoindre les pubs parodiques futuristes des films d'anticipation.": Vincent.

Euh, Vincent, il n'y a jamais eu d'âge vertueux de la publicité. Cette dernière nous a toujours pris pour des abrutis, hélas, à voir l'emprise des marques sur nos concitoyens, peut-on vraiment le lui reprocher... A titre collectif, peut-être pas, à titre individuel, je ne vais pas me gêner.

yG
Par Varlin

Re:

Citation:
La première fois que je l’ai vue, je me souviens, ça m’a fait un violent haut le cœur– de voir comme l’empire capitaliste détourne la geste insurrectionnelle à des fins commerciales (c’est comme ça que je me suis dit les choses, direct, dans un blurp mal réprimé). Dans les grandes lignes, je trouvais ça répugnant.


Tout ça pour une simple pub ? Qui fait ce pour quoi elle est faite. On dirait que vous découvrez la lune.
Par gemp

Re:

Sachant qu'on parle de pantalons, qu'il y a "érection" dans le titre, à quelle lune faites-vous allusion?
Par yannick G

Re:

"Tout ça pour une simple pub ? Qui fait ce pour quoi elle est faite. On dirait que vous découvrez la lune.": Dominique Godin

De prime abord, cette chronique nous en apprend plus sur le rapport de Judith à la publicité que sur cette dernière entreprise, dont beaucoup d'entre nous n'attendent plus rien, pour les mêmes raisons, depuis fort longtemps... mais à lire votre réaction, je me demande si la naïveté de notre hôte n'est pas le révélateur de la léthargie, de la passivité, et finalement de la complaisance de certains d'entre nous à l'égard de ce système d'exploitation.

Oui, la pub a toujours été comme ça, opportuniste. Et alors ? Est-ce une raison pour l'accepter, entériner ce fait ?

Ce n'est pas parce que ces "Mad Men" (excellente série autours de l'univers de la pub au demeurant) de publiciste se prennent pour des cadors en recyclant deux-trois œuvres qu'ils ont pillé que nous devons accepter cette donne et ne pas la dénoncer, chaque fois qu'elle nous ulcère.

Alors, oui, Judith est peut-être naïve sur ce coup, trop sensible, mais sa naïveté, sa sensibilité vaut mieux que bien des résignations, que toutes les indifférences.

yG
Par Varlin

Re:

Où voyez-vous de la résignation dans ma remarque ? Pas de leçon à recevoir dans ce domaine. D'autant que j'ai déjà participé à des actions avec ceux là (c'est vraiment trop con d'avoir à se justifier...)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 02:17 le 09/09/2011 par Dominique Godin.
Par yannick G

Re:

"Où voyez-vous de la résignation dans ma remarque ?" : Dominique Godin.

Là :

"Tout ça pour une simple pub ? Qui fait ce pour quoi elle est faite."

Maintenant, ce n'est pas mon problème que votre remarque ne soit pas en harmonie avec vos actions, c'est le vôtre. Pourquoi, si telles sont vos convictions, avez-vous ressenti le besoin de rabaisser ainsi notre hôte, au lieu de soutenir son combat ?
C'est encore plus mystérieux...

yG
Par Varlin

Re:

Citation:
"Où voyez-vous de la résignation dans ma remarque ?" : Dominique Godin.

Là :

"Tout ça pour une simple pub ? Qui fait ce pour quoi elle est faite."



Et alors ? En quoi c'est de la résignation ? Pour se battre, il faut d'abord reconnaître le pouvoir de nuisance de l'adversaire. La pub remplit son office, qui est de décerveler. Pourquoi ne pas le reconnaître ? Seule la vérité est révolutionnaire, camarade.

Citation:
Maintenant, ce n'est pas mon problème que votre remarque ne soit pas en harmonie avec vos actions, c'est le vôtre.


Je viens de vous démontrer que j'étais plutôt conséquent. Pourquoi ce besoin, chez vous, de faire dire à vos contradicteurs le contraire de ce qu'ils disent ? Et de ratiociner à l'infini dès que votre idole publie le moindre papier (je ne suis pas sûr que c'est lui rendre service). L'envie forcenée d'avoir raison sur tout, à tout prix ?

Citation:
Pourquoi, si telles sont vos convictions, avez-vous ressenti le besoin de rabaisser ainsi notre hôte, au lieu de soutenir son combat ?

C'est encore plus mystérieux...



Quel combat ? J'ai du mal à l'identifier. Quelqu'un qui, tout à la fois, s'enflamme pour l'insurrection qui vient et pour les travaux de Lordon et désigne Vincent Peillon comme le meilleur représentant d'un parti dit "socialiste" (un Peillon qui ne s'est pourtant pas privé de cogner sur le mammouth), excusez-moi, mais j'ai du mal à voir la cohérence.

Si mystère il y a , il n'est pas vraiment de mon côté.

Je vous épargne ce que je pense des rebelles de papier...
Par mélite

Re: C'est l'érection qui vient

La mer représente les origines, Le jean venait du monde du travail. Vous souvenez vous du truc consistant à se baigner dans l'eau de mer avec son jean pour qu'il soit parfait, du temps où les jeans se délavaient seulement au fur et à mesure qu'on les portait ? Depuis longtemps il n'est plus un vêtement de travail, il accompagne maintenant toutes ces images que vous interprétez si bien. A la fin de cette pub, immuablement on revient à l'eau de mer, image de départ. C'était un de leurs slogans. Un Levi's survit.

Je suis d'accord il y a quelque chose d'écoeurant et de déprimant dans ce recyclage de poésie sortie de son contexte et cette récupération d'images de pseudo actualité filmées style "réseau sociaux".
Merci de l'avoir décortiqué pour nous.
Par folivier

Re: C'est l'érection qui vient

Ah très chère Judith !
Merci et bravo pour cette chronique. Bel exercice d'analyse et décorticage d'un clip publicitaire.
Eh oui de la bouillie intelectualo-boboisante pour bien nous embrouiller la tête et nous abêtir
Toute cette énergie, toutes ces qualités intelectuelles et talents réunis pour nous vendre une marque.
On imagine le nombre de réunions, de remue-méninge, de millions d'euros pour faire cette pub, quel gâchis !
Par Potiron

Re: C'est l'érection qui vient

Tiens, c'est drôle : j'ouvre mon nouveau paquet de céréales (A**-B*** de K******'s) ce matin, et j'y lis un beau message - sans doute lié au contenu du carton - qui me refait penser à cette chronique : "Libérez-vous". Par les pétales de blés et les fruits secs. Si si.

C'est pas nouveau que la pub fonctionne sur ce genre de messages, qui visent à faire croire qu'on vend bien plus qu'un objet ou un bien de consommation : un art de vivre, une philosophie. Notamment lorsqu'elle veut parler aux jeunes (ou à ceux qui veulent encore se croire jeunes) dont on pense communément que la révolte et l'envie d'absolu est l'apanage. D'ailleurs, le trio révolte verbeuse, sexe et rock'n'roll est finalement très banal...

Ceci dit, si l'analyse que Judith Bernard fait dans cet article est juste et intéressante, le sous-titre me pose problème. Il me semble que la décérébration ne vient pas de la pub - c'est lui prêter un bien trop grand pouvoir. La pub hypnotise un peu, mais son but est surtout de baigner ceux qui la regardent dans un pot-bouille de consommation où les marques doivent marquer (c'est-à-dire qu'on doit se souvenir du nom, accessoirement en l'associant à une sensation plutôt positive). Non, la décérébration vient, comme l'a compris l'autre, là, de TF1, du manque d'éducation - ou plutôt, pourrait-on dire, d'une éducation négative. La publicité ne dépolitise pas ; elle fonctionne dans un univers dépolitisé. Il faut qu'on soit déjà plongé dans cet univers pour adhérer au message qu'elle porte.

On peut toujours choisir d'ignorer les messages publicitaires (même si on n'y échappe jamais totalement, à moins de ne plus les voir), mais il faut en avoir les moyens...

Et puis, franchement, si on doit faire un concours des pubs de cinéma à effet dégobillatoire, je propose en bonne place celle de RTL qui prend précisément ceux qui se révoltent pour des veaux et leur crache à la figure sans vergogne.
Par DUF

Re:

Ah si tout le monde avait pu faire comme moi (sans savoir d'ailleurs).
Je n'ai JAMAIS pu porter un jean, çà me gratte et la taille est toujours bien trop large par rapport à mes hanches, cela va sans dire, suis une fille.
Quant au cola coca, çà m'a toujours fait gerber, sais pas pourquoi.
Comme la vie serait belle sans jean ni coca, n'est ce pas ?
Par delphes

Re: C'est l'érection qui vient

Analyse brillante... mais rien ne me dégoûte là-dedans.
Levi's, c'est l'Amérique, le self-made man, l'individualisme, la jouissance.
En prime, on a des jolies images poétiques.
La pub, toute pub, est le symbole du capitalisme, et de la mondialisation.
Levi's, comme Nike, comme Chanel, etc. n'a pas besoin de pub qui font la promo de l'objet. Elle font de jolis objets qui marquent les esprits.
C'est réussi.
Cette pub n'est pas politique, elle cible la jeunesse, dans ses incohérences émotionnelles, dans ses volontés contradictoires. Seuls les jeunes, d'ailleurs, sont paradoxaux ? J'en doute.... Elle me touche aussi, cette pub...
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Elle me touche aussi, cette pub..."

Vite, prévenez le SAMU, delphes vient de faire un malaise vagal, hypoglycémique ou un truc dans l'genre. J'vous assure.

Personnellement, je me méfie tout le temps du discours sur la publicité qui s'appuie sur ses caractéristiques esthétiques, car, c'est un débat faussé dès le départ. En effet, peu importe que la publicité soit réussie, admirable, splendide, ou non, ce n'est pas par rapport à ces critères-là qu'il faut la juger. Cette dimension "artistique", ou plus exactement "efficiente", ne concerne que l'égo des pubeux et le service marketing de la société qui les emploie.

Non, la publicité se juge uniquement par rapport au(x) fin(s) qu'elle sert.

Et sur ce plan, vendre un pantalon ne mérite aucun égard particulier.
Il ne s'agit pas ici de promouvoir et donc renforcer socialement un quelconque comportement louable, juste de nous faire consommer plus. Soit un fine méprisable en soi, puisque cette fin n'en a aucune, elle est dépourvue d'objet spécifique, tous les objets pouvant remplir cette fonction.

C'est pourquoi je ne m'opposerai pas, avec certains, à ce que l'espace public soit saturé d'image sexy, agréables, charmantes, seulement au fait qu'elles servent à alimenter un marché autre que notre satisfaction esthétique.

Ce n'est pas de voir une femme ou un homme séduisant et dénudé sur un abris bus qui me choque, loin de là, c'est que cela serve une stupide fin mercantile.
Chose totalement différente.
Vive le street art, à bas la pub.

yG



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14:55 le 09/09/2011 par yannick G.
Par JREM

Re: C'est l'érection qui vient

:-)
Une seule faute d'orthographe dans ce post...
Vous voyez quand vous voulez !
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Une seule faute d'orthographe dans ce post...
Vous voyez quand vous voulez !"
: JREM

Puisque c'est vous qui l'avez noté, le poste de correcteur vous irait mieux qu'à moi.
Assumez vos compétences.

:P yG
Par François MERCAT

Re: C'est l'érection qui vient

Très belle analyse Judith ! Un vrai plaisir de te lire ! Mais quel décorticage nécessaire pour quelques secondes d'images crachées au visage !
Merci ! C'est une démarche vraiment salutaire, pour nous rappeler à la circonspection vis-à-vis de tous les messages plus ou moins agressifs auxquels nous sommes soumis quotidiennement ! Merci !
Par Roger

Re: C'est l'érection qui vient

Comme Dominique Godin, je comprend pas bien l'objet de cet article. Cette pub est probablement moins décérébrante que la grande majorité de ce qu'on voit passer à la télé. Si il faut parler de déontologie de la publicité (oxymore ?) c'est pas les procédés utilisés dans celle-ci que je trouve le plus révoltant.
Je crois tout simplement que Judith se trouve à l'opposé du coeur de cible des marketeux de chez Levi's.

En fait, je vis à l'étranger depuis quelques temps maintenant, et ne regarde plus du tout la télé, et donc la pub. Quand je reviens en France et que je retrouve cette bonne vieille pub, maintenant je la regarde, alors qu'avant ça n'était que le 'buzzz' d'un réfrigérateur comme disait l'autre (même si je reconnais que j'étais forcément influencé par certaines). Et bien je suis attéré de constater à quel point on est pris pour des mous du bulbe (d'ailleurs le spéctacle de moi gésticulant sur mon canapé et me répandant en invectives contre ma télé doit être assez comique). Comme si 80% des pubs s'adressaient à des enfants de 8 ans.
Bref, tout ça pour dire que les autres pubs sont toutes aussi révoltantes, mais d'une facture plus classique, on y est habitué et ça nous glisse dessus.
Celle-ci a au moins le mérite de l'esthétisme. A l'américaine quoi.
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
Comme si 80% des pubs s'adressaient à des enfants de 8 ans.

Vous n'êtes pas loin de la réalité. L'adulte se mithridatisant, c'est l'enfant qui est devenu le "prescripteur" de la famille, et la cible des pubeux...

Sinon, on peut aussi s'amuser du fait qu'un bon nombre de ce qu'on appelle maintenant œuvres d'art ont d'abord été des commandes censées promouvoir telle action ou telle caractéristique d'un fortuné "mécène", d'un baronnet ou d'un monarque... Donc de la pub, de la propagande.
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Tu aurais des exemples ?
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

Tout le monde sait que la Joconde a été faite pour vendre des appareils de photographies nippons, pfff..

:P yG
Par Patrice Garachon

Re: C'est l'érection qui vient

Tout le monde sait que la Joconde a été faite pour vendre des appareils de photographies nippons
Et merde... Je pensais simplement que c'était un cadeau aux surréalistes (LHOOQ), pas une pub
Merci de l'info
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Le "mécénat" du Quattrocento, Mozart, Hollywood, Michel-Ange, Vinci, Shostakovich, Eisenstein, etc.
Mais Monsieur K. serait bien plus pertinent que moi là-dessus, en ce qui concerne l'art pictural.
Quant à la musique, je n'ai pas grand-chose à t'apprendre...

Tiens, renvoi sur le site à ça.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 15:49 le 09/09/2011 par sleepless.
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Haaa, tu pensais à ça. Je pensais que tu parlais d'œuvres plus contemporaines, qui seraient plus directement affiliées à un mécène.

Parce que, du coup, la différence avec la pub est quand même très prononcée ; Mozart pouvait éventuellement écrire pour un mécène qui se met en valeur, certes, mais la musique elle-même n'a pas vocation à traduire l'"identité de la marque", par exemple - au final ça reste d'abord des notes de Mozart, qu'un mécène exhibera comme on exhibe une pierre précieuse ; alors qu'une pub est toute entière, dans son contenu et sa structure même, vouée à évoquer le produit, sa mise en valeur, et l"'identité de la marque"et tutti quanti.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:50 le 09/09/2011 par Djac Baweur.
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Euh, je peux comprendre ce que tu veux dire, mais pour reprendre l'exemple mis en avant par Judith, le poème de Bukowski est avant un poème de Bukowski, non ? Bien sûr, il n'a pas écrit directement, mais sa fille ou sa femme ont dit oui (par ici, les pépètes...).
Et puis, comme tu le dis, au final, la photographie de la pub "appartient" au directeur de la photo, le montage au monteur, etc.
Le plafond de la Chapelle Sixtine "appartient" à Michel-Ange, etc.
(la notion d'appartenance employée ici renvoie bien à celle de l'acte de création, du responsable créatif, on est d'accord ?)

Et si tu prends plus proche de nous, le cinéma russe, hein...
Alexandre Nevski, tout ça.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:02 le 09/09/2011 par sleepless.
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Ha mais le poème est étranger à la pub, il y est incorporé, comme un objet rapporté ; il n'y a pas de véritable structure, de véritable propos, de véritable fond, à cette pub, comme le décrit bien Judith, c'est un collage vague d'images esthétiques, avec un texte dont seul l'aspect esthétique compte véritablement (les idées sont, elles-aussi, esthétiques - propos narcissiques), la seule chose qui fasse structure, qui fasse forme, c'est la fameuse "identité de la marque", c'est-à-dire un truc fumeux, vide de véritable sens.
Le seul aspect créatif ici, c'est de bâtir un objet esthétique autour du concept : il n'y a pas de langage structuré développé à partir d'un germe, juste une jolie illustration ; ce procédé est issu du principe même demandé à une pub.

Mozart, Michel-Ange, sont commandités par quelqu'un, certes ; mais le contenu, la forme, la structure, sont guidées par une idée propre de la musique, une idée propre de la peinture, qui tirent leur puissance expressive d'elles-même. On demande un requiem à Mozart, très bien ; mais personne n'a demandé qu'il soit en ré mineur, personne n'a demandé que le style musical soit plutôt comme ci que comme ça, personne n'a demandé que les tonalité soient organisées de cette manière plutôt qu'une autre en fonction de la forme ou des thèmes musicaux, bref, la musique de Mozart, malgré la commande externe, fonctionne bien de manière organique (j'imagine assez qu'il en est de même pour Michel-Ange) et possède une capacité expressive due à des éléments finalement étrangers à la commande, mais propre à l'articulation d'un style musical.
Par JREM

Re: C'est l'érection qui vient

Je ne suis pas certain que votre vision de la création artistique idéalement indépendante
soit bien réelle.
N'y avait-il pas un "cahier des charges" pour ces commandes même aussi préstigieuses que la
chapelle ou le requiem ?
Trop facile de revendiquer, après leur accession au statut de chef d'oeuvre, une "immaculée
conception".
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Je ne parle pas d'"immaculée conception", tout le monde a besoin de bouffer, et Mozart le premier.
Je dis juste que les principes de création sont très différents sur le fond, cahier des charges ou pas.
Un cahier des charges peut être un moule externe (un requiem), ou être un principe interne (la pub).



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:14 le 09/09/2011 par Djac Baweur.
Par Alain Korkos

Re: C'est l'érection qui vient

DJAC BAWEUR : Scuzez pour la dérange, M'sieur Djac, mais tu t'emmêles les pinceaux, là. S'il est vrai que la forme d'une zizique de Mozart n'est pas influencée par la commanditaire (encore que… je me souviens du "Trop de notes" d'un certain prince…), il en est autrement en peinturlure.

Pasque les commanditaires, petits ou grands en taille, ainsi que les blasons, il faut les caser dans l'oeuvre ! Ils prennent de la place, influent sur la composition de l'ensemble, faudrait pas qu'on oublie qui c'est qui paie.

Tiens, rien qu'un exemple avec le Triptyque du Maître de Moulins (qui se trouve dans la cathédrale du même métal). Les gugusses à gauche et à droite, mari et femme et enfant, sont les commanditaires. Enfin, plus précisément c'est Monsieur le duc Pierre II de Bourbon. Ils influent rien qu'un petit peu sur la structure générale de l'oeuvre.
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Alors, c'est que la peinture, c'est trop nul… :o)

Maintenant, quid du style de coup de pinceau ? Quid du choix de la forme globale, et de la logique d'ensemble, à partir de ce qui est à représenter ?
Encore une fois : cahier des charges, cela ne veut pas dire principe de construction.
Par JREM

Re: C'est l'érection qui vient

Je crois me rappeler (si le film Amadeus n'est pas totalement nul c'est sans doute vrai),
que le commanditaire du requiem harcelait Mozart pour qu'il le termine, avec des "incentives"
sonnantes et trébuchantes.
Vous me direz que Mozart était tellement génial que ce harcèlement n'influençait
en rien son travail ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:31 le 09/09/2011 par JREM.
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Ça n'a jamais influencé le style classique, non.
Par Varlin

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
DJAC BAWEUR : Scuzez pour la dérange, M'sieur Djac, mais tu t'emmêles les pinceaux, là. S'il est vrai que la forme d'une zizique de Mozart n'est pas influencée par la commanditaire (encore que… je me souviens du "Trop de notes" d'un certain prince…), il en est autrement en peinturlure.


À mon humble avis, c'est kif kif pour la peinture et la musique. Comme on dit, c'est celui qui paie les violons qui dirige la musique. Si Mozart a répondu au "trop de notes" de Joseph II (à propos de "L'Enlèvement au sérail") "lesquelles voulez-vous donc que j'enlève ?", laissant sa majesté comme deux ronds de flan, il n'en a pas moins vécu de commandes. Par exemple "La clémence de Titus", pour Léopold II, ou le fameux Requiem (inachevé) pour le comte Franz von Walsegg (ce comte, d'ailleurs, se prétendait compositeur et avait pour habitude de payer des "nègres" qui composaient pour lui). Quand on a une femme dépensière (Constanze) et 6 lardons à nourrir (dont 4 sont mourrus prématurément), ça m'étonnerait qu'on ne fasse pas quelques menues concessions.
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Oui, mais ça c'est un point de vue extérieur, purement chronologique et anecdotique, hors de la logique musicale.

De l'intérieur, du point de vue du langage musical, ce n'est pas du tout la même chose. L'équilibre d'une mélodie en quatre mesure d'antécédent et quatre mesure de conséquent, exemple de symétrie propre au langage et au sens classique, symétrie qu'on retrouve à tous les niveaux de la forme et du langage classique, n'a rien à voir avec un quelconque commanditaire, ou le besoin de nourrir les mômes, et fait sens en soi, en référence à rien d'autre qu'à soi-même.
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Oui.
On ne va pas non plus ergoter à comparer une pub de merde avec un Requiem ou une Sixtine, non ?

Sinon, je pense qu'il te serait profitable de comparer un story-board d'un film de pub avec le résultat final.
Un truc fait par Mondino, par exemple, ou Goude, ou Corbijn (j'ai décroché il y a longtemps du suivi de cette catégorie de réalisations, donc mes références datent...).
Tu verrais que ton raisonnement s'applique exactement à ce qu'ils font (on peut après discuter de leur importance artistique respective en regard de celle de Mozart puisque tu parles de lui, mais c'est un autre sujet).
Et tu ne pourras pas non plus nier que le réal et toute l'équipe qui ont réalisé cette pub, l'ont fait à leur manière, en assemblant des volontés et des éléments imposés (exactement comme Collo imposait un truc à Wolfie*), pour en faire un truc qui leur est propre.

Mais on est en train de discuter petits détails, alors que j'évoquais un principe selon lequel des réussites artistiques sont nées de commandes qui au départ n'avaient pour but que de mettre en valeur le commanditaire.
Tu es en train de me dire que Mozart est avant tout Mozart, etc. Bien sûr.
Il n'empêche qu'il a écrit sur commande. À visée publicitaire. Et c'est tant mieux que son génie n'en ait pas souffert.

*'tain, j'fais une levaiyeurite aiguë, moi
Par LPR

Re: C'est l'érection qui vient

Ben je crois que tu as raison sleepless : J'ai lu dans un des numeros speciaux du Pointexpressnouvelobs que Mozart etait bien le pubeux de premier choix de la Franc-Maconnerie de l'epoque, un peu comme Patrice Leconte pour le Club-Med.
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Roooooh...
Taquin, va.
Par LPR

Re: C'est l'érection qui vient

ouaip bof : En meme temps, j'dis ca, mais Mozart ca fait pas tres austro-hongrois comme nom : Il ne devait pas etre un tres bon compositeur.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:44 le 09/09/2011 par LPR ( Ex-racaille grace a Djac ).
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

J'ai le cousin d'un ami qui s'y connait très bien (il a tous les albums) qui m'a affirmé que Mozart était serbo-croate. Ça corrobore.
Par LPR

Re: C'est l'érection qui vient

tu vois, c'est ca de ne pas avoir de cousins ni d'amis : je pensais que c'etait le nom d'une tagueuse ...
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
On ne va pas non plus ergoter à comparer une pub de merde avec un Requiem ou une Sixtine, non ?

Ben en ces temps de relativisme culturel, je préfère enfoncer le clou - par pour toi, juste, sur un forum, comme ça en passant, ça fait du bien… :o)

Citation:
pour en faire un truc qui leur est propre

Mouais.
En fait, ce que je disais n'est pas propre à Mozart ; je veux dire, commander un requiem à Stamitz, à Hummel ou à Sammartini aurait, sur le principe, le même résultat : la logique tonale, la modulation expressive, la symétrie de la forme sonate, etc, cela forme un langage organique, cela forme un propos, sur lequel la commande n'a pas prise ; ce propos pourra être génialement mis en valeur si c'est Mozart, plus banalement si c'est Stamitz.

Alors que dans la pub actuelle, le propos est le principe de pub lui-même : le reste, ce sont des choix pour faire joli autour. Ce serait comme, toujours pour parler musique, faire des suites d'accord parfaits, juste parce que c'est joli, sans structuration ; un tel choisirait plutôt telle suite, un autre telle autre, mais ça n'en constitue pas un propos pour autant. C'est comme choisir une couleur parce qu'on préfère, parce que c'est plus joli. C'est un choix, mais ça n'en fait pas un contenu pour autant.

Moi, en tout cas, je trouve que la distinction est d'importance. bon, c'est peut-être que moi, hein...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:03 le 09/09/2011 par Djac Baweur.
Par Alain Korkos

Re: C'est l'érection qui vient

DJAC MON CHER DJAC : Tu t'enfonces dans l'erreur, ce qui vaut mieux que de s'enfoncer un clou dans la fesse droite, je le concède.
Ya des des tas et des tas de peinturlures qui sont entièrement à la gloire du commanditaire ! Là aussi, « le propos est le principe de pub lui-même ». Les portraits de puissants ne sont rien d'autre : un artiste (mais dans les temps anciens on parlait plutôt d'artisan) met son talent, son savoir-faire, au service du mec, là, qui a le pouvoir et le pognon. Point. Ça donne le Sacre de Napoléon par David, ou la Vierge au chancelier Rolin par Van Eyck. Dans l'intention et la finalité, c'est kif-kif.
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

La technique picturale, l'équilibre des couleurs, les choix de principe de composition, le peintre change complètement tout cela à chaque commanditaire ?

Le commanditaire, dans ce que tu décris, apparaît simplement comme une contrainte : il faut le faire apparaître, ok. S'imposer des contraintes, ça a toujours fait partie du jeu.

Maintenant, si c'était tel type plutôt que tel autre qui apparait dans la composition, la force de cette composition n'en serait pas affectée ; le tableau serait factuellement différent (ce n'est certes pas le même gars qui apparaît), mais la force expressive due à tel type de composition allié à tel type de technique de pinceau allié à tel type d'équilibre des couleurs reste intact et continue de faire sens en soi-même, indépendamment du commanditaire et de ce que ça représente (ou sinon l'art contemporain ne peut pas exister, d'ailleurs).
Prend le Sacre de Napoléon, change le visage de Napoléon pour y mettre un autre, est-ce que d'un seul coup l'ensemble du tableau devient une croûte sans intérêt ?

Maintenant, une pub pour un bagnole ou un parfum, enlève la bagnole ou le parfum, qu'est-ce qui reste ?

Parce que, en disant que c'est juste des artisans "au service de", tu enlèves tout spécificité possible à l'art. L'art, c'est comme la pub, c'est comme cuisiner un plat, c'est comme savoir bricoler brillamment une bagnole, c'est juste une technique - et voilà comment mon garagiste devient un artiste.
Non pas que l'art devrait avoir un statut aristocratique, ou paré d'une aura religieuse au-dessus du commun des mortels, ou je ne sais quoi, certainement pas - mais pour autant ce n'est pas une activité sans spécificité non plus.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 19:20 le 09/09/2011 par Djac Baweur.
Par Alain Korkos

Re: C'est l'érection qui vient

DJAC : Ah ! te voilà pris en flagrant délit ! Car tu dis (tiens, je vais faire des citations en couleur, personne ne fait jamais des citations en couleur) :

Prend le Sacre de Napoléon, change le visage de Napoléon pour y mettre un autre, est-ce que d'un seul coup l'ensemble du tableau devient une croûte sans intérêt ?

A ça je répondrai que le Sacre de Napo est, de toutes les façons, une croûte. Alors Napo ou un autre…
Mais surtout, tu dis :

Maintenant, une pub pour un bagnole ou un parfum, enlève la bagnole ou le parfum, qu'est-ce qui reste ?

Dans un cas tu me proposes de changer un acteur par un autre, et dans l'autre tu me proposes d'ôter l'acteur pour le remplacer par rien ! Ça marche pas, ton truc. Si je peux remplacer Napo par Bokassa, alors je dois pouvoir remplacer les jeans Levi's par un abonnement SFR. Nanmèhô. Épikoienkor.
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Tu passes à côté de ce que je veux pointer.

Si la force expressive des tableaux avec commanditaire n'est dû qu'au commanditaire, allié au seul artisanat habile de l'artisan qui peint, cela veut dire que la peinture n'est plus que de la représentation d'objet.
Si il n'y a pas commande représentée, il n'y a pas tableau intéressant, pas de sens possible ?

Et comment dans ces cas-là peut-il y avoir une peinture abstraite ? Qu'est-ce que la peinture abstraite représente donc, en terme de commande ? Il faut bien qu'il y ait des éléments, au-delà de ce qui est représenté, qui fassent sens, indépendamment de ce qui serait représenté - sinon la possibilité d'art abstrait tombe complètement !

C'est là qu'est la spécificité que je pointe. Une pub abstraite, c'est impossible, ça ne veut rien dire, le principe étant le produit lui même ; de l'art abstrait, si, parce qu'au-delà de ce qui est représenté, il y a langage qui fait sens.
C'est toute la différence, dite autrement.
Par Alain Korkos

Re: C'est l'érection qui vient

DJAC : Si il n'y a pas commande représentée, il n'y a pas tableau intéressant, pas de sens possible ?

Ça va plus loin que ça : pendant des siècles il n'y eut que de la peinture de commande. Je ne vais pas faire la liste, elle est interminable. En gros (et en caricaturant un tantinet parce qu'il y a toujours de notables exceptions), à peu près tout ce qui est au Louvre et à la National Gallery est de la peinture de commande. Pareil pour le Rijksmuseum, la Gemaldegallerie de Dresde, le Prado, etc. Sans parler des Offices de Florence, de Rome…

Et il existe de la peinture abstraite de commande, l'opposition réalisme/abstraction n'a pas lieu d'être ici. Va voir Olivier Debré, par exemple. Son rideau de scène pour l'opéra de Shanghai, entre autres. Ou les vitraux de Soulages à Conques.

Qu'on le veuille ou non, la peinturlure occidentale est intimement liée au système capitaliste, au pouvoir et à l'argent. Même les moines copistes participaient au système. Ce n'est qu'au XIXe qu'on se défit totalement du carcan de la commande. Mais on tomba vite dans un autre système, celui des salons, des galeries et des institutions (qui existaient déjà, mais qui à ce moment prirent véritablement le pouvoir).

Enfin bon ! On en discutera de vive voix devant des verres, hein ;-)
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Oui.

Je rappelle quand même le postulat de départ, qu'on a un peu perdu :

des réussites artistiques sont nées de commandes qui au départ n'avaient pour but que de mettre en valeur le commanditaire.

Peut-on se mettre d'accord là-dessus avant les verres ? Où est-ce si aberrant ?
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Si on reste au constat factuel, mot à mot, aucun problème - pur énoncé d'une vérité historique.

Si ça devait être interprété de près ou de loin comme "la pub c'est de l'art", non !
Par yannick G

Prenons du champs, euh, du recul.

"Si ça devait être interprété de près ou de loin comme "la pub c'est de l'art", non !": Djac Baweur

Mais cela peut le devenir, il suffit que le temps érode et donc occulte la fonction initiale de l'entité crée et que nous développions un autre rapport à celle-ci que le rapport d'origine, bien souvent purement utilitaire.

Comme c'est le cas pour nombre d'usines en friches actuellement qui deviennent, une fois leur fonction oubliée ou simplement stoppée, des lieux pouvant receler d'autres fonctions, notamment esthétiques, fonctions pour lesquelles elles n'avaient pas été conçu au départ. Ou bien encore dans les "ready made", il suffit de dé-contextualiser un objet, de le sortir de sa première fonction, de couper court avec la raison qui l'a produit, pour lui accorder une autre fonction, notamment artistique.

Rien ne s'oppose donc à ce qu'une boîte de soupe devienne une oeuvre d'art ou une publicité, le tout, c'est que sa fonction initiale soit altérée. Une boîte de soupe ne servant pas à être consommé est déjà hors de sa fonction initiale, rien de plus facile que d'imaginer une publicité hors "du champs" marchand d'origine.

yG



Modifié 2 fois. Dernière modification le 21:17 le 09/09/2011 par yannick G.
Par Al Ceste

Re: Prenons du champs, euh, du recul.

//Mais cela peut le devenir, il suffit que le temps érode et donc occulte la fonction initiale de l'entité crée et que nous développions un autre rapport à celle-ci que le rapport d'origine, bien souvent purement utilitaire.//

Tutafé. Je collectionne les revues genre l’Illustration, Réalités, Plaisirs de France etc. des années 30 aux années 60 (avant et après, ça me plaît moins). On y trouve, surtout dans les Spécial Noël, des publicités splendides.

Quand on les trouve, car elle ont subi deux types d’outrages :

- De l’éditeur lui-même, qui les faisait retirer quand il vendait sa revue en reliure.

- Et maintenant, de certains marchands de papier qui n’hésitent pas à les détacher pour les monter sur des cartons prêts à être encadrés. Comme tableaux.

Cela me choque quand c’est à partir d’exemplaires complets et en bon état.

Mais je comprends qu’on veuille les mettre en valeur, surtout que la plupart sont remarquablement imprimées (par Draeger). Et qu’elles ont perdu leur pouvoir de nuisance, un pouvoir bien faible comparé à celui des pubs comme celle qui nous agace ici.
Par djinneo

Re: Prenons des champs, euh, et des culs et du poivre

Alors à quoi ça sert que Wharol se décarcasse?
Par yannick G

Re: Prenons des champs, euh, et des culs et du poivre

"Alors à quoi ça sert que Wharol se décarcasse?" djinneo

Cela sert, le travail d'Andy Warhol notamment, a déconstruire les barrières artificielles que certains construisent autour de l'art, histoire de s'arroger un petit territoire sur lequel régner en pontifiants experts et de rejeter ce qui n'a pas l'heur de leurs plaire... aujourd'hui en tout cas.

yG

ps : Certains se sentent visés ici ? Tant mieux. :P



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:35 le 11/09/2011 par yannick G.
Par Al Ceste

Re: Prenons des champs, euh, et des culs et du poivre

Ah mais je suis tout à fait pour le détournement de pubs actuelles, qu'il soit artistique ou satirique !

Pour tout détournement (mineurs exceptés).

Si quelqu’un veut détourner Air Sarko One, j'opine !
Par Oblivion

Re: C'est l'érection qui vient

Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

Encore une fois, si la chronologie factuelle est vraie, cela n'infère pas sur la spécificité du langage artistique.
Un tableau non commandé, ça existe aussi, et ça peut être un chef-d'œuvre.
Un tableau abstrait de commande montre que la commande peut-être finalement totalement absente de ce qui est finalement représenté.
Une pub sans commande ou sans représentation de sa commande n'a simplement même plus d'objet.

Autre façon encore de le dire : il faudrait me prouver qu'il y a une différence de langage entre le Requiem de Mozart (une commande) et ses symphonies 39 à 41 (composées pour son seul plaisir, et qu'il n'a même pas entendu).
Or, cette différence interne n'existe pas ; la contrainte de la commande ne change pas les principes d'un langage qui est capable de fonctionner très bien sans qu'il y ait besoin de commande pour le faire fonctionner en tant que langage, alors que la pub n'est en par définition même, pas capable.


Que la commande existe en art, c'est une évidence historique, que ce soit un fonctionnement capitaliste et un carcan du point de vue de l'existence concrète des artistes, également ; cela ne veut pourtant pas dire que ce soit, en essence, la même chose que de la publicité, certainement pas.

Et bien d'accord pour des verres ! :o)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:53 le 09/09/2011 par Djac Baweur.
Par poisson

Re: C'est l'érection qui vient

Je ne sais pas où me mettre, c'est même pas une réponse.
ici.
C'est bien ici, et puis personne ne peut me virer, le placement est libre.(si je dis pas d'insultes, sinon oui d'accord ça peut)

Est-ce que vous ne trouvez pas que l'argent castre? L'artiste? Mais au sens figuré? Quand on le paye avant, qu'on lui commande. Comment qu'il n'a pas envie! Comment qu'il tournicote, et que il lui faudra encore 3 mois, et que il reçoit des menaces de lui envoyer un avocat qu'il faut un tableau un point c'est tout (genre au 19è siècle). Gagner sa croute avec ses croutes en cherchant à faire plaisir à celui qui paye, c'est zéro pour l'inspiration. Alors l'artiste s'en va puiser ailleurs, même si il est le "serviteur" de son payeur. Et tout ce qu'il a puisé ailleurs, qui nous plait mieux, finit par cacher la flatterie glissée en loucedé.
Même les auteurs de pub se font plaisir avant tout. Sinon il n'y aurait pas de quoi discuter comme le fait Judith. Si on finit par dire "tout ça pour un jean", c'est peut-être que le créateur de la pub voulait montrer que pour lui ce qui comptait c'était "tout ça" et qu'il l'aurait même peut-être fait "pour rien" si ça ne coûtait pas des sous à produire et si il ne fallait pas un alibi publicitaire comme précurseur.

(J'adore les jeans et les levis, ceux d'avant. J'avais l'angle du v sur les poches dans l'œil, on les identifiait d'un regard et puis ça a changé, beurk.)
Par Patrice Garachon

Re: C'est l'érection qui vient

au final ça reste d'abord des notes
Chacun les mets dans l'ordre qu'il souhaite
Mozart, aurai, très certainement vendu un baril d'ariel... Avec ses notes...
Il n’empêche qu'il ne les jamais ( a vérifier) mis en désordre, lui, et, que, s'il pense ( juste un peu) tout explose. Alors quoi ( pourquoi plutôt).
Soit on dit quelque chose, soit on vous demande de dire parfois tout autre chose. Choisi ton camp
Par Patrice Garachon

Re: C'est l'érection qui vient

Et pourquoi pas, devant un enfant d'asie, assis ou même couché, avec une jambe explosée par une mine
Ma fois, avant les secours, examinons : Le Levis est de telle qualité que je pourrais le couper au genou, ou plus haut peut-être
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Sinon, on peut aussi s'amuser du fait qu'un bon nombre de ce qu'on appelle maintenant œuvres d'art ont d'abord été des commandes censées promouvoir telle action ou telle caractéristique d'un fortuné "mécène", d'un baronnet ou d'un monarque... Donc de la pub, de la propagande.": Sleepless.

Oui, c'est fort probable, mais l'essentiel n'est pas dans la fin ayant présidé au projet initial, c'est dans celle que nous percevons aujourd'hui. Une fois le temps ayant fait son travail d'oubli, reste aux yeux de la plupart d'entre nous un objet sans fin mercantile ou de propagande. Rien ne s'oppose donc à ce que des publicités actuelles finissent dans le domaine de l'art. Il n'y a rien là à déplorer, hormis le fait que pour l'heure, nous sommes encore sensible à cette dimension première et que celle-ci corrompt tout ce qu'elle touche.

yG
Par Florent U.

Re: C'est l'érection qui vient

Chaque poème est un message, un voyage. La publicité est également un message. Il se trouve que dans ce cas, une marque de jeans veut communiquer sur son identité plutôt que sur ses produits. Elle utilise donc un poème, supposé coller à son identité. Belle analyse du message mais finalement est-ce si surprenant / choquant ? Je préfère ce genre de pub aux messages type "1,49€ seulement"... Sans doute est-ce parce que je ne suis pas une ménagère de moins de 50 ans.

Une publicité qui avilit un poème ? Peut-être ! Un poème qui "habille" (oui, j'ose) une publicité ? Surement :) Voyons-y une appréciation de la pub plutôt qu'une dépréciation de la poésie.
Par fer

L'identité de Levi's ??

En quoi l'indignation, la révolte, la résistance contre les politiques actuelles ultra-libérales et oppressives sont une partie de "l'identité" de Levi's ??

Les gens qui manifestent ne demandent pas à pouvoir se réaliser dans la jouissance d'une liberté totalement auto-centrée mais demandent plus de justice et d'égalité, un meilleur partage des richesses et du pouvoir !

Que vient faire Levi's dans cette histoire ? (sinon de la récup' misérable)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:18 le 09/09/2011 par fer.
Par Florent U.

Re: L'identité de Levi's ??

Libre à vous de préférer le meilleur partage des richesses version Leclerc et les promotions dont on nous abreuve à longueur de temps. Mon choix est fait. A mon sens, la poésie n'est en rien pervertie par les contingences matérielles qui la font et la défont. C'est le propre de l'art que de caresser l'absolu, et donc d'être hors du temps et des choses. Je trouve plus appréciable ce type de publicité, encore une fois.

@Djac Baweur (dessous) : Oui, la marque veut faire du fric. Les révoltés veulent jouir. Tout le monde poursuit un but. C'est un fait. Je préfère le faire en musique, pas vous ?
Par Varlin

Re: L'identité de Levi's ??

Qu'est-ce que vous préférez faire en musique ? Consommer ? Vous révolter ? Jouir ? Faire du fric ? Tout ça en même temps ?
Par Djac Baweur

Re: C'est l'érection qui vient

"une marque veut communiquer sur son identité"…

Dans le genre formule creuse qui ne veut rien dire, assorti de mots fumeux façon novlangue à capacité euphémisante, je crois que c'est une de mes préférées.

Une marque, c'est une industrie, assorti d'actionnaires, à objectif de rentabilité maximum.
Communiquer, ça veut dire faire de la propagande en vue de faire vendre au plus le produit - objectif de rentabilité maximum toujours.
Identité, ça veut dire concept central utilisé dans ladite propagande.

En bon français, la phrase veut donc dire : "une industrie fabrique un concept de propagande". Évidemment, c'est tout de suite moins sexy.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 15:27 le 09/09/2011 par Djac Baweur.
Par NM38

Re: C'est l'érection qui vient

Ben moi, j'avoue que ça m'ennuie grave (pour parler djeuns) de voir l'excellent groupe "Muse" associé à Guerlain...
Par Flecktarn

Re: C'est l'érection qui vient

Autant poser la question ainsi :

" Entre la liberté d'expression et le respect, lequel des deux l'emporte"

Sous le régime démocratique qui est le notre, c'est la liberté d'expression qui va l'emporter (sauf dans un cas précisé par la loi).

Donc la liberté d'expression incluant celle de manquer de respect à tout et à tous, tout le temps, et l'objectif de la pub étant de marquer les esprits, il s'établit une corrélation entre l'objectif et la pratique qui aboutit à ceci :

[www.youtube.com]

Je cite "j'te kiffe malgré que tu sois d'la merde"

Dans la catégorie qui prête à rire tellement la démarche est pathétique vous avez aussi ce spot du gouvernement :

[www.letelegramme.com]

"Frauder c'est voler, frauder on a tous à y perdre, celui qui fraude sera sanctionné"

Un champ lexical si pitoyablement pauvre et répressif que même Goebbels l'aurait trouvé trop corsé. Il n'y manque qu'une menace d'aller en enfer pour l'éternité.

En fait, je pense que les publicitaires le savent, on s'adresse à l'inconscient du sujet exposé à une pub et celui-ci ne réagit pas aux négations, il s'agit donc d'une pub pour la fraude. A mourir de rire.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:51 le 09/09/2011 par Flecktarn.
Par AZERT Y

Re: C'est l'érection qui vient

Par AZERT Y

Re: C'est l'érection qui vient

Lire et relire les ouvrages de Ph. Breton et notamment « La parole manipulée », La Découverte/Poche Essais.

Il explique bien notamment que la manipulation menace la démocratie. Sa simple existence en sape les fondements en privant ce régime politique de ce qui constitue son élément le plus essentiel, la liberté de parole.

Bertrand Poirot-Delpech (p. 155) :

« la publicité et les spectacles qu'elle impose n'aident pas à s'instruire, à rêver, à choisir librement bonheur et shampooing, à croquer la vie à pleines dents, à être en forme, gagneur, nu sous les tropiques, entouré de top models, de plain-pied avec son temps, etc. Ils changent le citoyen en client sous hypnose et l'esprit critique en machine à s'émouvoir, à compatir, à désirer des produits. »
Par Olivier Favier

Le GO FORTH au bâton noir...

... est une référence explicite aux photogrammes de Robert Frank. Levi's a réussi à me redonner envie de faire la révolution -en commençant par brûler leurs jeans.
Par cyberprimate

Re: C'est l'érection qui vient

La seule chose de nouveau ici c'est la référence explicite à l'activisme gauchiste, et non plus seulement à l'idéal de réalisation individuelle qu'on voit dans de multiples pubs depuis des décennies. On montre des jeunes qui se révoltent alors qu'avant on les montrait en train de s'éclater dans la nature, au pieu, aux concerts de rock, etc. L'"esprit de 68" (et non pas la grêve générale qui elle était plus en continuation du mouvement ouvrier du 19è), c'était se libérer du carcan des formes d'autorité collective (morale bourgeoise, religion, Etat Gaulliste, etc.), pas d'être individuellement responsable. Aucune surprise à retrouver 40 ans plus tard un écho à cet esprit de liberté individuelle dans cette pub comme dans d'autres pubs actuelles : "Et vos envies prennent vie" (Leroy Merlin), "C’est avec l’esprit libre que l’on avance" (GAN assurance), "Vous êtes vivant, alors vivez" (Cœur de lion), "Vivre avec légèreté" (Fruit d'or), "La vie est trop courte" (Xbox), etc. Quand on regarde à la loupe les slogans de 68, ils célèbrent tous un idéal de liberté individuelle, exactement comme les pubs, mais aucun (ou presque) n'invite aux notions inévitables de la gauche de demain qui à la fois incluent et transcendent 68, dans des valeurs de renoncement relatif à soi et de considération plus grande pour ce qui nous est extérieur : le partage, la frugalité comme nécessité écologique, être responsable des autres comme de soi-même, l'empathie, la civilité… Un autre monde (sans pub) est possible.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:58 le 09/09/2011 par cyberprimate.
Par Patrice Garachon

Re: C'est l'érection qui vient

Merci de votre analyse ( et aussi de votre savoir qui vous permets tout ça)
Par Varlin

Les idées fausses sur 68

Citation:
L'"esprit de 68" (et non pas la grêve générale qui elle était plus en continuation du mouvement ouvrier du 19è), c'était se libérer du carcan des formes d'autorité collective (morale bourgeoise, religion, Etat Gaulliste, etc.), pas d'être individuellement responsable. Aucune surprise à retrouver 40 ans plus tard un écho à cet esprit de liberté individuelle dans cette pub comme dans d'autres pubs actuelles : "Et vos envies prennent vie" (Leroy Merlin), "C’est avec l’esprit libre que l’on avance" (GAN assurance), "Vous êtes vivant, alors vivez" (Cœur de lion), "Vivre avec légèreté" (Fruit d'or), "La vie est trop courte" (Xbox), etc. Quand on regarde à la loupe les slogans de 68, ils célèbrent tous un idéal de liberté individuelle, exactement comme les pubs, mais aucun (ou presque) n'invite aux notions inévitables de la gauche de demain qui à la fois incluent et transcendent 68, dans des valeurs de renoncement relatif à soi et de considération plus grande pour ce qui nous est extérieur : le partage, la frugalité comme nécessité écologique, être responsable des autres comme de soi-même, l'empathie, la civilité… Un autre monde (sans pub) est possible.


Pas tout à fait d'accord. C'est la drauche actuelle (mélange de fausse gauche et de vraie droite) qui essaie de faire croire que 68, c'était les valeurs de l'individualisme et que ce n'est pas étonnant que tant de pubeux ou de "beautiful people" sont d'anciens soixantehuitards.
D'abord, on a une vision fausse des révoltés de l'époque parce qu'on ne nous montre que les anciens soixantehuitards qui ont réussi et qui sont pour beaucoup des renégats (les Cohn-Bendit, les Geismar, les Goupil, les Serge July, etc). La plupart de ceux qui ont participé au mouvement de mai 68 sont de parfaits inconnus. Et rien ne permet de dire qu'il défendaient et défendent aujourd'hui la réussite individuelle. C'est tout le contraire pour la plupart d'entre eux. J'en connais beaucoup qui sont dans la souffrance de voir que leur mouvement a été trahi, récupéré. Dans les slogans de l'époque, si on les choisit bien, on peut voir des correspondances avec les valeurs individuelles de la pub, mais si on en choisit d'autres ("à bas la société de consommation", "à bas la société spectaculaire marchande"), on peut voir qu'ils étaient porteurs, bien en avance, d'idées défendues aujourd'hui par les décroissants ou autres antiproductivistes, par exemple.
Un slogan comme "ne travaillons plus jamais !", qu'est-ce qu'il illustre, d'après vous ?
Par cyberprimate

Re: Les idées fausses sur 68

Mais 68 n'est pas un phénomène absolument homogène, certes. Mis à part "ne travaillons plus jamais" qu'on peut voir comme l'expression d'un désir d'hédonisme, les autres slogans que vous citez, "à bas la société de consommation" et "à bas la société spectaculaire marchande", peuvent aussi davantage relever du paradigme précédant l'émergence du libéralisme, c'est à dire …la morale catholique. En 68, comme aujourd'hui d'ailleurs, on trouvait des gens qui tout en ayant intégré les idéaux de gauche sociale de 68 (avortement, féminisme, liberté sexuelle, etc.), ont dit non aux idéaux de liberté "matérialiste" (déculpabilisation de l'argent, de la consommation, du luxe, …) qui ont aussi émergé avec 68 et la marginalisation de l'héritage moral du catholicisme. Beaucoup de décroissants du reste, parce qu'ils viennent après 68 et en connaissent bien les avancées, ne sont pas contre la consommation en elle-même mais contre le tout consommation.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 19:47 le 10/09/2011 par cyberprimate.
Par isapi

Re: C'est l'érection qui vient

Très contente de trouver cet article après avoir tenté, maladroitement, d'exprimer à d'autres pourquoi je la trouvais obscène ...
Bien sûr, elle est en droite ligne de ce qui se fait déjà depuis longtemps: détourner des aspirations, des valeurs, ces choses nobles par lesquelles on se sent vivant, qui nous poussent en avant. Mais elle le fait un cran au dessus et j'adhère à l'analyse proposée: on glisse d'une aspiration à l'autre, en les vidant de leur substance, en en gardant uniquement l'élan pour lui-même, lancé vers du vide et récupéré au profit de l'objet, de la marque.
Ca pue!!! et pour tout dire, ça sent la mort!!
Par Florence Arié

Re: C'est l'érection qui vient

En effet, d'autres l'ont dit, il est fréquent de voir des images de belles causes détournées dans des pubs. Je ne sais pas s'il est si fréquent d'y entendre des poésies en texte intégral, du détournement de texte.
Par Jean-Joseph Osty

Re: C'est l'érection qui vient

"On aura compris que ce qui me gêne ici est qu’elle fasse mine au lieu de ça de faire de la politique, selon une rhétorique assez anarchique pour être totalement décérébrante, et assez pernicieuse pour être, à la fin, dépolitisante."

Si je lis le poème sans voir le film, je n'en fais pas une lecture spécifiquement politique. Je pense à la philosophie de l'existence du poète, mais également à la problématique de la transmission: je m'interroge comme après la fermeture d'Apocalypse Bébé: "Avec ce qu'on a fait de notre société, de nos rébellions et expériences passées, c'est quoi, le message que l'on adresse à nos jeunes ?"

Voilà donc un poème, où le père Bukowsky invite l'enfant en passe de devenir adulte à se rebeller, à réaliser le bienfait de compter sur son propre instinct (sexuel, certes, mais aussi émotionnel, moral, spirituel, politique), à réaliser que c'est l'expérience de la liberté qui va lui permettre de rayonner (et quand on parle de lumière, il me semble que l'on parle de quelque chose qui n'est pas égoïste, mais au contraire qui se partage). A dire, en substance, que ni lui, le père, ni aucun dieu n'a de réponse, n'a le fin mot de l'histoire, de ce que l'enfant doit devenir, pour lui même et pour les autres, mais que l'enfant en choisissant de devenir adulte, fait au monde un cadeau magnifique.

J'aime le poème, le film sert ce poème très fidèlement, en évitant justement de délimiter le champ d'expérimentation qui s'offre au fameux jeune.

Le décérébrant, le pernicieux, le dépolitisant ? Désolé Judith même avec beaucoup d'effort je ne vous suis pas.

Voulez-vous vraiment nous dire la même chose pour l'autre pub Levi's, avec la même agence Wieden + Kennedy, le même acteur, et explicitement politique, le poème Pioneers de Walt Whitman ?

Sur le même sujet, je vous invite à considérer l'analyse du magazine Boards
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Le décérébrant, le pernicieux, le dépolitisant ? Désolé Judith même avec beaucoup d'effort je ne vous suis pas. ": Jean-Joseph Osty

Toute publicité est décérébrante et pernicieuse par nature, car, elle associe un objet qui n'a aucune vertu, hormis utilitaire, à une philosophie de vie, le bien être, pour ne pas dire le bonheur de son possesseur. Elle ne vise que la consommation, en cela, elle n'est que l'expression du néant politique auquel aspire toute idéologie libérale, la pensée de droite étant l'expression de la fin du politique, dans le sens du minimum de politique. La vie se résumant à la consommation de produit manufacturé.

Alors, certes, il s'agit là d'une critique générique de la publicité, et non spécifiquement de celle-ci, mais cela ne la rend que plus nécessaire.

yG
Par Jean-Joseph Osty

Re: C'est l'érection qui vient

Je crains précisément que l'on mélange tout, et que du coup ce que l'on prétend appeler la critique d'un objet devienne plutôt l'expression d'un délire qui est peut être intéressant d'un point de vue sociétal, mais n'a plus grand chose à voir avec l'objet prétendûment critiqué, à savoir le film publicitaire.

Il me semble qu'il faut distinguer le rôle de la publicité, la révolte contre les monopoles, l'idéologie libérale, la finalité des marques, et la société de consommation.

Une publicité, ça parle à notre cerveau pour nous dire de changer nos habitudes de consommation. Donc a priori à diversifier notre consommation. A moins qu'un club d'annonceurs super riches achète tout l'espace publicitaire (des monopoles, ou trusts), la publicité est le moment où les annonceurs sont en compétition pour nous permettre de préparer notre vote (l'acte d'achat).

Les monopoles ne sont pas l'apanage de l'idéologie libérale. Au contraire. Avec une bonne loi anti-trust par exemple, libérale par excellence, José Bové pourrait éviter que Société absorbe la totalité des producteurs de Roquefort, ou encore que les grands distributeurs usent de leur position stratégique pour imposer leur propre choix des marques qui doivent périr ou survivre. Dans une société où les trusts feraient complètement la loi, la pub deviendrait inutile, si ce n'est que pour donner l'illusion d'un choix. Je veux bien convenir qu'à bien des égards nous ne sommes pas loin de cette anti-utopie, mais il faut bien bien comprendre que cette anti-utopie n'a rien à voir avec le monde libéral de Friedmann, si ce n'est l'habit qu'il se donne.

Autre chose: beaucoup de marques ne vendent plus vraiment un produit utilitaire, mais elles-mêmes. Rien ne ressemble plus à un jean qu'un autre jean (idem avec les baskets, etc). Donc pour justifier les 90% de marge que la marque va faire sur le produit, elle va s'efforcer de convaincre le jeune que ce jean là "n'est pas un jean", c'est en fait la "pilule" Levi's qui va faire entrer "The One" dans le chemin spirituel de son épanouissement.

Le truc éminnement politique, et pour moi très intéressant, c'est l'arrière plan de ce message néo-romantique. Celui d'un monde occidental dans l'impasse du 12 septembre (e.g. le lendemain du 11).

Pour ce faire, elle convoque Buchowsky et un jeune réalisateur de talent, et elle dit au jeune: tu vois, mon jean, OK c'est un simple jean, mais moi, la marque Levi's qui le commercialise, je sais te parler, je sais t'inspirer, alors écoute-moi, reste avec moi, parce que je care for you.

On peut regretter que le jeune, il n'ait pas eu Judith avant en cours de littérature pour découvrir Buchowsky sans l'aide de Levi's.

On peut regretter que le jeune, ses parents et plus généralement la société lui donne si peu de repères pour que quand Levi's lui parle enfin de Buchowsky, le jeûne y voit une révélation stendhalienne et dépense sa thune en jeans de marque plutôt qu'en bouquins.

On peut regretter que le jeune paye sa marge de 90% à Levi's pour ce service, alors qu'un impôt collectif antérieur aurait peut-être, avec la même somme, doté plus judicieusement l'enseignement et les MJC pour mieux l'équiper, ce jeune.

On peut donc regretter un tas de choses.

Mais quand le jeune qui donc n'a pas eu Judith en cours, revient du ciné, et vous dit qu'un annonceur lui a fait découvrir Buchowsky (je rêve un peu OK), vous trouvez vraiment malin de lui rétorquer que "Toute publicité est décérébrante et pernicieuse par nature" ?
Par Judith

Re: C'est l'érection qui vient

Salut Jean-Joseph,

Pas beaucoup de temps pour répondre malheureusement, je fais donc au plus court.
La pub ne mentionne pas que le poème est de Bukowski - ça n'apparaît pas, à ma connaissance, dans le spot. Les jeunes ne peuvent pas en tirer une connaissance de la poésie de Bukowski ; ils prennent ce texte pour de la rhétorique publicitaire de base.
Par ailleurs, les images infléchissent le sens du verbal, évidemment ; la prégnance de la thématique sexy à l'image tire le "poème" vers une signification dominante, qui dément la belle ouverture que vous reconnaissez au poème. Et bien sûr elle ajoute une autre thématique - celle de la marchandise (le jean) - comme ingrédient décisif de l'action, thématique absolument contradictoire avec la rhétorique de Bukowski...
Par poisson

Re: C'est l'érection qui vient

Désolée Yannick, je vais te passer devant, eh oh tous, dessous il y a Yannick qui a répondu avant mais qui est dessous!

Mouais vos regrets. Culpabiliser les parents et tout... La culture on se la forge tout seul. Les textes auxquels on s'est frotté à l'école ne valent que si on les a revisité seul ensuite ou mieux visité avant.

La question est est-ce que Bukowski est assez subversif pour que la subversion persiste? Il a fait le maximum pour être irrécupérable, mais? Est-ce que la musique de Mozart dont on s'approprie le charme pour la pub (le plus utilisé) est assez profonde pour qu'on oublie le produit? Le charme et la profondeur sont liés, mais? Un sacré test qu'on fait passer aux arts.
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Je crains précisément que l'on mélange tout, et que du coup ce que l'on prétend appeler la critique d'un objet devienne plutôt l'expression d'un délire qui est peut être intéressant d'un point de vue sociétal, mais n'a plus grand chose à voir avec l'objet prétendûment critiqué, à savoir le film publicitaire. Il me semble qu'il faut distinguer le rôle de la publicité, la révolte contre les monopoles, l'idéologie libérale, la finalité des marques, et la société de consommation.": Jean-Joseph Osty.

Non, au contraire, il ne faut absolument pas dissocier, car, sinon, on évite la synergie entre tous ces éléments et ce qu'elle produit de néfaste, de pathogène. A séparer les éléments, d'aucuns en arrivent même à cautionner le travail de Leni Riefenstahl dans les années 30, parce qu'après tout, ce sont des belles photos et parfois, de la belle musique pour les accompagner...


"Une publicité, ça parle à notre cerveau pour nous dire de changer nos habitudes de consommation. Donc a priori à diversifier notre consommation. A moins qu'un club d'annonceurs super riches achète tout l'espace publicitaire (des monopoles, ou trusts), la publicité est le moment où les annonceurs sont en compétition pour nous permettre de préparer notre vote (l'acte d'achat)."


Vous confondez avec un magazine de consommation qui établit des tests et fait de réels comparatifs (genre : lesnumériques.com), parce que vous partez du principe totalement erroné selon lequel tous les produits sont présents sur le marché de la publicité à même hauteur. Rien n'est moins juste, c'est d'ailleurs pourquoi une merde ayant un budget publicitaire bien plus important que son concurrent de meilleur facture sera davantage présent sur les écrans, dans les journaux ou nos rues et, hélas, dans nos vies.

Rien n'est moins équitable que la répartition de l'espace publicitaire, puisque c'est une répartition non pas en fonction de la diversité ou de la qualité, mais seulement des moyens financiers octroyés par le fabricant.

"Dans une société où les trusts feraient complètement la loi, la pub deviendrait inutile, si ce n'est que pour donner l'illusion d'un choix. Je veux bien convenir qu'à bien des égards nous ne sommes pas loin de cette anti-utopie, mais il faut bien bien comprendre que cette anti-utopie n'a rien à voir avec le monde libéral de Friedmann, si ce n'est l'habit qu'il se donne."

Mais peu importe ce que Friedmann pensait en la matière, le libéralisme ne fait que se servir de lui, il ne lui obéit pas, il en use. Les lois anti-trust n'ont pas empêcher windows, apple ou google de devenir ce qu'ils sont, ce n'est qu'un leurre. Et lorsque la loi les rattrape éventuellement à coût d'amende, bah, ma foi, ils s'empressent de recommencer autrement. De surcroît, la loi anti-trust n'oblige pas au partage égale de l'espace publicitaire, que je sache.

"Autre chose: beaucoup de marques ne vendent plus vraiment un produit utilitaire, mais elles-mêmes. Rien ne ressemble plus à un jean qu'un autre jean (idem avec les baskets, etc)."

Vous vous trompez, car, in fine, c'est toujours un produit qui est vendu et bien celui-là et pas un autre. La preuve, l'énergie dépensée pour lutter contre la contre-façon. C'est par l'achat marchand bien spécifique que l'argent rentre ici et pas ailleurs.


"Donc pour justifier les 90% de marge que la marque va faire sur le produit, elle va s'efforcer de convaincre le jeune que ce jean là "n'est pas un jean", c'est en fait la "pilule" Levi's qui va faire entrer "The One" dans le chemin spirituel de son épanouissement."


Oui et alors ? Qu'elle vende du rêve, du mythe, de l'histoire, de la magie attaché à un logo sur un morceau de toile, il faut encore et toujours en passer par la caisse et acheter l'objet aussi merdique soit-il pour faire vivre la marque et justifier son investissement publicitaire, car, au cas où vous ne le sauriez pas, vous pouvez encore rêver gratuitement et sans pantalon.

"Le truc éminnement politique, et pour moi très intéressant, c'est l'arrière plan de ce message néo-romantique. Celui d'un monde occidental dans l'impasse du 12 septembre (e.g. le lendemain du 11)."

Pour associer du rêve à un produit, il faut nécessairement souligner la frustration dans laquelle vous êtes à ne pas l'avoir. Donc l'arrière plan politique de la publicité est toujours celui d'une monde d'insatisfaction qui se résout simplement en consommant.

"Pour ce faire, elle convoque Buchowsky et un jeune réalisateur de talent, et elle dit au jeune: tu vois, mon jean, OK c'est un simple jean, mais moi, la marque Levi's qui le commercialise, je sais te parler, je sais t'inspirer, alors écoute-moi, reste avec moi, parce que je care for you."

Oui, elle lui conte des sornettes pour abuser de lui, et vous trouvez cela normal ?

"On peut regretter que le jeune, il n'ait pas eu Judith avant en cours de littérature pour découvrir Buchowsky sans l'aide de Levi's.

On peut regretter que le jeune, ses parents et plus généralement la société lui donne si peu de repères pour que quand Levi's lui parle enfin de Buchowsky, le jeûne y voit une révélation stendhalienne et dépense sa thune en jeans de marque plutôt qu'en bouquins.

On peut regretter que le jeune paye sa marge de 90% à Levi's pour ce service, alors qu'un impôt collectif antérieur aurait peut-être, avec la même somme, doté plus judicieusement l'enseignement et les MJC pour mieux l'équiper, ce jeune.

On peut donc regretter un tas de choses.

Mais quand le jeune qui donc n'a pas eu Judith en cours, revient du ciné, et vous dit qu'un annonceur lui a fait découvrir Buchowsky (je rêve un peu OK), vous trouvez vraiment malin de lui rétorquer que "Toute publicité est décérébrante et pernicieuse par nature" ?


Oui, car je préfère le déciller, comme le dirait l'une de mes amies, en lui montrant comment il a été abusé et manipulé, que de lui laisser croire qu'il n'avait aucun autre moyen de connaître Bukowski. A vous suivre, il suffit de mettre un peu de "bonne culture" dans n'importe quelle merde pour légitimer son existence, car, on ne sait jamais, quelqu'un pourrait tomber dessus et avoir une révélation.
Non merci, cette approche est par trop destructrice, puisqu'il suffit de saupoudrer n'importe quelle merde en espérant que quelqu'un trouvera la perle qui peut s'y trouver. C'est juste de l'opportunisme à des fins d'exploitation et il y en a bien trop de par notre monde.

yG



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11:35 le 10/09/2011 par yannick G.
Par AA

Re: C'est l'érection qui vient

Simplement sur un point, étant totalement d'accord avec les autres:

Citation:
"Autre chose: beaucoup de marques ne vendent plus vraiment un produit utilitaire, mais elles-mêmes. Rien ne ressemble plus à un jean qu'un autre jean (idem avec les baskets, etc)." Vous vous trompez, car, in fine, c'est toujours un produit qui est vendu et bien celui-là et pas un autre. La preuve, l'énergie dépensée pour lutter contre la contre-façon. C'est par l'achat marchand bien spécifique que l'argent rentre ici et pas ailleurs.


Les deux ne sont pas incompatibles.
On peut le reformuler ainsi: les marques vendent leur image pour mieux vendre leurs produits. Cela intégrant un rapport de fidélisation émotionnel à la tribu "marque". (Voir Naomie Klein, No logo entre autres). Ce qui n'est pas anodin néanmoins sur la représentation du rapport de l'individu au collectif.

On retrouve ça, il me semble, dans le marketting des Régions et des villes capitales qui vendent leur image pour le tourisme, c'est-à-dire les entreprises liées au tourisme, renforçant la destruction des autres modes de représentation de la communauté, contribuant à la patrimonalisation (folklore) des pratiques vivantes. Ça a un effet très concret.

Pour ne parler que de cette dimension liée à votre échange.
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Les deux ne sont pas incompatibles.
On peut le reformuler ainsi: les marques vendent leur image pour mieux vendre leurs produits. Cela intégrant un rapport de fidélisation émotionnel à la tribu "marque". (Voir Naomie Klein, No logo entre autres). ":
AA

Il s'agit donc bien de leurs produits, pas de celui qui y ressemble comme deux gouttes d'eau, mais qui est une contre-façon plus ou moins légale. L'image de la marque n'est vendue que parce qu'elle permet de vendre le produit.

Pour l'image liée au folklore d'une ville ou d'une région, elle a d'autant plus d'impact négatif que nous ne sommes pas tous liés au tourisme et à ses retombées. La localité fait comme si elle était une entreprise et nous, les bénéficiaires directs, ce qui n'est pas forcément le cas, puisque la redistribution n'a pas toujours lieu, loin s'en faut.
Je le sais d'autant plus que je vis en champagne, la région=produit par excellence...

yG
Par AA

Re: C'est l'érection qui vient

S'il est exact que l'image de la marque n'est vendue que parce qu'elle permet de vendre le produit » (sans mésestimer pour autant la volonté idéologique qui l'accompagne, voir des auteurs comme Philippe Breton déjà cité, Paul Beaud, Patrice Flichy, Armand Mattelard, etc.), cela s'inscrit dans un rapport social, donc a un effet qui déborde les cibles du marketting.

D'autre part, Il est nécessaire pour vendre un produit de créer un milieu réceptif, comme le montre par exemple Michel Marié à propos du tourisme: « La vérité est qu’on ne peut expliquer le tourisme uniquement par les touristes: il faut aussi tenir compte des éléments endogènes de la production touristique: bourgeoisies locales, commerçants, classes moyen­nes des villes voisines en mal de campagne, paysans,... L’espace local a de l'épaisseur. Il n’est pas le support immatériel, cartésien d’une quel­conque évolution technologique, il n’est pas neutre géopolitiquement et socialement parlant: il doit devenir "touristique" (ou encore "ferro­viaire", "hydraulique"), par des jeux de forces sociales, par des product­ions de sens (au sens des cinq sens du terme), de normes pour être livré à la pratique des touristes. »

Le marketting ne se réduit pas à la pub. Les relais d'opinion (Bernays), les réunions Tupperware, etc;, participent de cette "fabrication".

Ce qui ne me paraît en rien contradictoire avec ce que tu dis.
Par AA

Re: C'est l'érection qui vient

Le commerce des armes n'est-il pas une autre illustration de ça?
La guerre comme pub? Pour vendre des armes ou des jeux vidéo. "Jeux"(?) vidéo? N'hésitez pas à aller voir les autres vidéos des malades de ce site (en parlant d'érection).
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

La guerre comme publicité ?

Je ne pense pas, AA, car, l'armement répond alors à un réel besoin, demandez donc aux anti-khadafi. Les armes ne sont pas néfastes en elles-mêmes, tout dépend la cause qu'elles servent. C'est tout le problème lié à l'armement, il n'est parfois pas inutile, hélas.

Si publicité, il y a, pour l'armement, c'est au travers des films et séries dans lesquels une arme est présentée comme la solution à vos problèmes personnels, je ne vous ferai pas l'affront de vous citer des exemples et les résultats désastreux que cela engendre en terme humain, sociétaux ou à l'inverse, les mirifiques profits financiers que cela génère.

yG



Modifié 2 fois. Dernière modification le 22:16 le 11/09/2011 par yannick G.
Par AA

Re: C'est l'érection qui vient

Tu ne penses pas que la guerre puisse être pub, mais tu réponds sur un autre plan: le fait qu'un objet soit utile (valeur d'usage) comme un pantalon ou un couteau suisse, est complémentaire (au sens de face d'une même pièce) de son existence comme marchandise (valeur d'échange) dans un système marchand. (Je sais que tu le sais, mais je suis obligé de le formuler pour me faire comprendre). On peut donc parler de la pub pour un objet sans nier sa valeur d'usage.

Les courses automobiles sont certainement un exemple paradigmatique des différentes externalités de la pub, à la fois comme création d'une catégorie sportive (compétition, héros, gains financiers et symboliques), de banc de test pour la mécanique, de promotion de la marque et du véhicule, donc de provocation de l'envie d'achat.

Je ne répondrai donc pas sur l'utilité ou pas des armes ou de la guerre (tu te doutes que je ne partage pas ton point de vue, même si je n'envisage pas de monde sûr d'une quelconque manière), cela dévierait le débat.

Pour la guerre comme "vitrine" de démonstration de l'efficacité d'une arme "en situation réelle" (donc paraît-il utile pour ceux qui la font), il me semble qu'il n'y a pas photo. Il suffit de se reporter aux films de promotion (pub) du salon international de la défense entre autres pour s'en convaincre.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:02 le 12/09/2011 par AA.
Par yannick G

Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

Vous me demandez AA, je le devine, mais quelle est cette différence entre publicité et information, et bien voilà un petit exemple destiné à la sagacité de tous.

Par exemple, si Judith venait à publier sur cette page ou une autre du site ceci :

"La pièce de Lordon, D'un Retournement l'autre, dimanche 18 septembre, par la compagnie ADA-Théâtre, place de la Bastille à 19h."


Puisque la compagnie est la sienne, il s'agirait de publicité, elle ne peut être juge et partie, et puis, nous savons que Judith a horreur de la publicité, ce qu'elle a déjà payé par le passé, si je m'en souviens bien, et ne souhaite pas instrumentaliser le site de Daniel....

Mais comme c'est moi, yG, qui n'appartient pas à cette compagnie, et ne peut être accusé de la moindre complaisance envers notre hôte, pour quelques raisons que cela soit (Quoi ! Qu'est-ce à dire que ces gloussements au fond ?), je peux publier cette information sur laquelle le hasard m'a fait tomber (Quoi encore ?), sans être taxé de propagande vile et marchande, surtout que le spectacle étant en plein air, celui-ci est évidemment gratuit, si je ne me trompe.

Donc, allez-y, pour Judith, sa troupe et pour moi (qui ne pourrait y être, hélas).

Vous avez mieux compris AA ?

J'en suis sûr. Maintenant, faites circuler l'information.
J'en assume seul, toutes les conséquences.

yG



Modifié 3 fois. Dernière modification le 17:25 le 13/09/2011 par yannick G.
Par AA

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

Citation:
Vous avez mieux compris AA ?


Non, yannick G.
Sinon que tu fais les questions et les réponses, ce qui est ton droit le plus absolu.

Comme c'est ton droit de faire passer l'information et ton avis incitateur sur le spectacle de Judith à laquelle je souhaite la meilleure réussite.
Par yannick G

Changement d'horaire.

"La pièce de Lordon, D'un Retournement l'autre, dimanche 18 septembre, par la compagnie ADA-Théâtre, place de la Bastille à 19h." : Ada La compagnie de théâtre de Judith.

En fait, il y a un peu d'avance, non pas sur recette, mais sur l'horaire, c'est 16h30... C'est noté ?

Faites passer. Et bon spectacle à tous, sur scène et dans la rue.

yG



Modifié 2 fois. Dernière modification le 20:02 le 14/09/2011 par yannick G.
Par yannick G

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

En même temps, cela s'appelle D'un retournement l'autre, pas étonnant que les horaires changent, non ?

;) yG
Par bysonne

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

Oui bof c'est malin, c'est pas du tout du tout la même heure, un détail qui change tout. ;-))
Par yannick G

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

"Oui bof c'est malin, c'est pas du tout du tout la même heure, un détail qui change tout. ;-))": bysonne.

En même temps, changer d'heure pour mettre la même, avouez, cela aurait été malin également. :P

yG
Par Judith

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

J'vous explique, Bysonne : à 19h, Lordon ne pourra plus être là. Alors qu'à 16h30 (juste après son débat), si. Et ptêt même qu'il lira lui même le prologue... Peut-être.
Par bysonne

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

D'accord Judith. En fait c'est beaucoup mieux à 16h30, si jamais j'avais pu me déplacer. Malheureusement ce n'est pas le cas.... . Ma remarque c'était juste pour rire, ce n'était pas une critique.

Merci pour l'analyse brillante de cette pub de m.. et bonne représentation. Amitiés à la troupe.
Par Varlin

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

Dommage, c'est en même temps que la Fête de l'Huma, ce qui écarte des "clients" potentiels.
Par JREM

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

Y a un tarif RMIste ou chômeur pour la fête de l'huma ? Parce que 25 € c'est vraiment pas
donné ?

reservation.

pas de tarif à la journée ?
billetterie FNAC ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:34 le 15/09/2011 par JREM.
Par LPR

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

ben oui : maintenant que le modele n'est plus la defunte USSR, mais la Chine, il faut bien s'adapter au "communisme capitaliste" du XXI eme siecle ...
Par Judith

Re: Ceci n'est pas de la publicité, c'est de l'information.

Mobilisation des Indignés et Fête de l'Huma courent sur tout le w-e : il est parfaitement possible de faire les deux, picorant par ci par là !
Par yannick G

Publicité versus empirisme.

"Les courses automobiles sont certainement un exemple paradigmatique des différentes externalités de la pub, à la fois comme création d'une catégorie sportive (compétition, héros, gains financiers et symboliques), de banc de test pour la mécanique, de promotion de la marque et du véhicule, donc de provocation de l'envie d'achat. ": AA

L'exemple est bon, mais il souligne en fait davantage la différence que la similitude avec la guerre, car cette dernière n'est pas faite, intentionnellement*, contrairement aux courses automobiles, pour faire de la publicité pour vendre des armes, bien qu'une guerre gagnée avec tel armement permet d'augmenter les vente de celui-ci.

Il ne faut pas confondre publicité et comparaison.

La guerre est, certes, un moyen de comparer l'efficacité de divers armements, empiriquement, et les industriels de l'armement n'hésitent pas à montrer les bons résultats de leurs équipements dans divers conflits dans tous les salons du monde, mais sa fonction n'est pas de faire de la publicité pour l'armement, ce n'est qu'un by-product.

La publicité, elle, ne procède nullement par des tests comparatifs, quoi qu'elle en dise, mais par association. Les vainqueurs des 24h du Mans, des grands prix de formule 1 ou de rallye veulent nous faire croire que leur expertise en milieu professionnel se retrouve dans leur gamme pour monsieur tout le monde... Il y a là un drop, une association fallacieuse et nullement un comparatif établit par un magazine indépendant sur des voitures de série.

Lorsque quelque chose fonctionne mieux qu'autre chose dans un domaine particulier, celui-ci risque fort d'augmenter sa notoriété et donc ses ventes, mais il ne s'agit pas là d'une démarche publicitaire (quoi que celle-ci peut venir se greffer dessus après, mais c'est une autre histoire), mais comparative, empirique.

Il nous faut séparer les deux méthodes, bien que la publicité tente de nous embrouiller avec ses soi-disant comparatifs entre une marque donnée et telles autres marques X, Y, Z. Preuve que la méthode empirique est la plus à même de nous conduire à l'acte d'achat, elle est détournée, exploitée sans vergogne par les publicitaires.

yG

* Sauf dans les récits ultra parano du cinéma hollywoodien.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:40 le 12/09/2011 par yannick G.
Par AA

Re: Publicité versus empirisme.

Comme une entreprise d'armements est une entreprise comme les autres, et que je ne pense pas que nous nous mettrons d'accord sur le reste (qui ne me semble pas primordial), je préfère en rester à: « L'image de la marque n'est vendue que parce qu'elle permet de vendre le produit. »
Par yannick G

Re: Publicité versus empirisme.

"Comme une entreprise d'armements est une entreprise comme les autres, et que je ne pense pas que nous nous mettrons d'accord sur le reste (qui ne me semble pas primordial)": AA.

Oui, les entreprises d'armements sont des entreprises comme les autres, elle ont donc recourt à la publicité, et elles tirent aussi parti de la "bonne presse" quand l'usage de leur produit leur accorde, mais à mon sens, il faut distinguer les deux éléments. La publicité ne repose aucunement sur un principe empirique, ce n'est en aucune façon de l'information, c'est juste une manipulation. Or, si l'information peut aussi être manipulé, le cas échéant*, elle peut, aussi dire le vrai.**

yG

* C'est par exemple le rôle de ce site de nous révéler en quoi.
** C'est en cela que ce site, pour reprendre le même exemple, participe de l'information et non de la propagande.
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

D'aucuns pensent encore que nous serions dans un monde plus sûr sans arme à feu, c'est fort possible pour tous les accidents liés à leurs ports (et cela suffit comme argument pour légiférer contre leurs possessions), mais pour les usages intentionnels, c'est plus problématique, puisque c'est oublier, surtout aujourd'hui, un 11 septembre, qu'une arme à feu n'est pas nécessaire, quelques cutters peuvent causer des milliers de morts. S'il y a eu et existe encore une course à l'armement, il ne faut pas oublier que l'on peut toujours s'adapter aux moyens à disposition pour s’occire.

yG



Modifié 1 fois. Dernière modification le 22:42 le 11/09/2011 par yannick G.
Par Jean-Joseph Osty

Re: C'est l'érection qui vient

Et je me permets d'inviter à visionner le décorticage de la campagne Levi's "Go Forth" par un certain Dudgrick Bevins
Par guipol

Re: C'est l'érection qui vient

Cela ne change rien à l'analyse faite mais il me semble que la jeune femme le bras levé face à l'océan c'est clairement une référence à la statue de la liberté (en écho avec le jeune migrant (?) aux yeux hagards dans sa barque). Elle est aussi sans doute une jeune décoiffée qui sort du concert de rock, ou d'une manif et qui vient se "ressourcer" face à l'océan. Effectivement, ce mélange sans queue ni tête qui consiste à juxtaposer des références jeunes politiquement correct est bien écœurant. Cela doit il nous inquiéter sur le niveau de culture des diplômés en marketing ? J'ai bien peur que oui ....
Par sleepless

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
Cela doit il nous inquiéter sur le niveau de culture des diplômés en marketing ? J'ai bien peur que oui ....

Le problème étant qu'ils ont pris les rênes de quasi tout les pans de l'industrie et du commerce, sans connaître les constituantes, le cœur de métier mis en œuvre au sein des boîtes qu'ils phagocytent.
Selon eux, on vend du shampooing comme on vend une voiture, un magazine, un médicament, une arme létale, un film, etc.
Ce qui mène à des catastrophes d'un point de vue commercial, mais surtout social, la variable d'ajustement restant toujours l'être humain.
Par Thierry Dorangeon

Re: C'est l'érection qui vient

On dirait du terrence mallick et ce n'est pas un hasard. Tout le spot peut également évoquer le rêve de ce personnage emmitouflé dans sa couverture face à la mer, puisque le dernier plan se finit en travelling avant au-dessus des flots avec le logo Levis comme un point à atteindre. Mais peu importe, Bukowsky n'était pas aimé par les capitalistes (c'est le moins qu'on puisse dire), certains l'auraient même pendu haut et court. Comme quoi une société de consommation ou bourgeoise finit toujours par recracher, après l'avoir ingérer et digérer, au moment où ça l'arrange (l'actualité des insurrections arabes) dans un style qu'elle copie (Mallick) ce qu'elle a commençé par détester (Bukowsky).
Par djinneo

Moi, Leslie M, 13 ans

Ce muesli n'est-il pas à l'image de ce qu'ont toujours eu les petites graines d'ados dans leur tête?
Par Photine

Re: C'est l'érection qui vient

Hello Judith
ai vu cette pub hier soir : me suis dit exactement la même chose (en plus court et en moins intelligent...)
Par Jerome Hoibian

Re: C'est l'érection qui vient

Peut-être ai-je l'esprit très mal tourné, mais à la première visualisation de cette pub, ce ne sont des images très différentes qui me sont venues à l'esprit, des sortes d'images subliminales ...
Premières images :
- une sorte d'étron flottant, un cercueil ? J'ai tout de suite pensé à Ben Laden et la façon dont ils ont traité son cadavre.
- deuxième plan, un homme de dos entouré d'une couverture. (Toujours Ben Laden, dernières images de lui vivant se regardant à la télé)
- troisième plan, pendant un flash très court, une forme féminine bras tendue, j'y ai vu la statue de la liberté.
- puis le message "your life is your life" qui m'évoque la aussi la liberté.
- ensuite des passages avec un air de 'printemps arabe'.
- encore une femme le bras tendu vers le ciel
- puis enfin un message polythéiste. (Dieux au pluriel).
Et tout ça sur un fond d'anniversaire du 11 septembre.

Je suis le seul à avoir cette sensation ?
Par djinneo

Re: C'est l'érection qui vient

C'est juste moi, ou vous êtes vraiment juste une bande de vieux réac' aigris?
Par Youri Llygotme

Re: C'est l'érection qui vient

Poser la question c'est déjà y répondre.
Je vous laisse réfléchir là-dessus...
Par Francois T

Re: C'est l'érection qui vient

Mon infirmière dit que vous exagérez un peu.
Par Elliot

Re: C'est l'érection qui vient

C'est effectivement l'une des pubs les plus dégueulasses, les plus vomitives de ces dernières années.
Merci Judith, on se sent (un peu) moins seul. Ca va toujours mieux en le disant.

J'ajouterais que par un drôle d'effet magique ou une loi physique qui m'échappe, c'est au cinéma qu'on trouve les pubs les plus grotesques,
ou peut-être que c'est en ce lieu qu'on est le plus facilement frappé par l'impression vomitive. Etrange.
Par Al Ceste

Re: C'est l'érection qui vient

//C'est effectivement l'une des pubs les plus dégueulasses, les plus vomitives de ces dernières années.//

Il y en a une pas mal comme ça, actuellement.

C'est une voiture (italienne) à laquelle parle une femme, lui lançant une série d'ordres empressés que je vais pas énumérer mais résumer ainsi : base-moi.

L’éternel schéma de la femme en manque. Grande classe.
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"base-moi." Athalouk

Je ne sais ce que cela veut dire, mais cela a l'air de faire mal.

:P yG (qui fait un tas de fautes lui-même)
Par JREM

Re: C'est l'érection qui vient

Citation:
(qui fait un tas de fautes lui-même)


j'ai noté que vous en faisiez de moins en moins ! :-)
Par Al Ceste

Re: C'est l'érection qui vient

La faute c'est de ne pas avoir écrit "baise-moi".

La dame fait très "je suis conne et je le montre".

Plus exactement, c'est le pubard qui la montre ainsi.
Par Gamma gt

Re: C'est l'érection qui vient

Baise-moi, nom de dieu !
gamma
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Baise-moi, nom de dieu ! ": gamma

Euh... oui, c'est gentil, mais là, je nettoie mes rideaux, il m'est donc impossible de vous y faire grimper.

:P yG



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:25 le 12/09/2011 par yannick G.
Par Gamma gt

Re: C'est l'érection qui vient

Erreur, je reprenais Athalouk, nos posts se sont chevauchés ( au 1er degré )
tu vois le mal partout ;-))

gamma
Par Al Ceste

Re: C'est l'érection qui vient

Voir ma réponse à JREM.
Par poisson

Re: C'est l'érection qui vient

Depuis j'ai vu la pub en salle (avant habemus papam) (je ne l'avais pas regardé ici) et j'ai écouté le poème, donc raté les images et retenu une idée (qu'on ne peut pas gagner contre la mort, mais qu'on peut triompher de la mort qui est dans la vie).
À ceux qui disent "tout pour un jean", je répondrait "sam"suffit" cette bénediction de Bukowski qui tombe à point sur ma tête .
Par Oz

Re:

C'est vrai qu'une Pub c'est un produit, mais c'est aussi et surtout une cible.
Que Judith ou plein d'autre ici, moi y compris, se sentent poussé des boutons à la vu de cette pub, y a rien de plus normal, je pense que la cible première, c'est des jeunes disons entre 15 et 25ans voir même 30ans, un peu fashion, et facilement influençable, qui quand il regarde ça, se disent "je n'est rien compris, mais ça semble être génial !"

Pour ma part, je n'avais vraiment rien compris, pas plus au texte qu'a son rapport avec les produits vendus. Et quand le spot était fini je me demandait toujours comment l'autre gars à pu faire tenir un moteur sur une table renversé et en faire une barque !
Par Sol?neBD

Re: C'est l'érection qui vient

Ce n'est pas terminé! Vous pouvez voir non seulement la pub elle-même mais également une autre vidéo tout aussi dégoulinante sur la campagne de Levi's.

C'est ce que présente le site Marketing Alternatif, plus précisément sur cette page.

Tout est du même acabit, belle musique, belles images, du sentiment, de l'art et cette apologie de la transgression (mais pas trop quand même)...Tout est aussi moite et suintant que dans la pub elle-même.

La phrase qui débute le film: 'Levi's came to Berlin looking to find the pioneers who are making the city into the new cultural center of Europe. Amongst hundreds, we collaborated with vhils (un artiste 'explosif'...) to immortalize four.'

Four? Quatre personnes. Quatre profils-type, non seulement gravés dans la pierre par Vhils mais surtout destinés à séduire le consommateur.

- L'espèce de saltimbanque rassembleur de foules du type l'Homme Qui N'Avait Pas De Maison à la Fabian et qui redonne un peu de sens et de bonheur à nos vies, parce que lui il est bien dans son jean's.
- L'artiste contemporain, qui est de rue mais qui sait aussi être engagée...pour la cause de Levi's sans doute.
- Le tenant de la subculture, tatouages tribaux et bijoux gothiques. Mais même lui a besoin de jean's de marque.
- Mais surtout on n'oublie pas le gentil papa au passé de caïd qui joue avec un enfant histoire de rassurer et de montrer que oui les jean's Levi's c'est résistant, même dans le sable du jardin d'enfants.

Tant qu'on y est ajoutons une jolie musique mièvre histoire d'attendrir.

Dans cette avalanche de bons sentiments, saluons cependant le fait qu'on ne voit pas de femmes à poil !
Par Jean-Joseph Osty

Re: C'est l'érection qui vient

Je ne vois pas bien quelle est la cible réelle de votre mépris. Que Levi's célèbre la jeunesse de la ville, sa diversité, son ouverture pour se réinventer, où est le mal exactement ? Je ne vois pas bien à quel point du récit les quatre personnes que vous qualifiez de "profils-type" (je cherche encore la typologie) expriment ou même suggèrent que c'est le pantalon qui les fait marcher. J'avoue avoir eu ce sentiment avec d'autres films berlinois, mais ceux là était signés Riefensthal.

Autre point: ce qu'un regard français peut être tenté de qualifier de "transgressif, mais pas trop quand même" relève plus à mon sens à Berlin de culture alternative, qui en réalité recouvre une partie tout à fait essentielle de la vie culturelle et sociale de la ville. Déjà avant la chute du mur, des quartiers entiers -notamment à Kreuzberg- ont expérimenté dans la longueur un mode de vie alternatif (squats organisés, selbsthilfeprojekte en tous genres) qui n'ont pas à l'occasion craché sur le mécénat, sans forcément y vendre leur âme.

Ayant dit tout cela, je n'ai pas spécialement de sympathie pour une société qui aujourd'hui vend des pantalons fabriqués dans des conditions sanitaires et sociales épouvantables. Mais je trouve que dans l'expérience du visionnage, j'ai aperçu quatre types pas antipathiques, quelques créations originales et plutôt positives pour la ville de Berlin, et que le message politique (si, si!!) que la marque propose, j'ai la faiblesse d'y adhérer. Sans la moindre intention d'achat.
Par Yohm

Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

... mais j'ai le temps de lire les votre chère Judith.
Pardonnez moi donc de ne pas développer les 12 000 commentaires ci dessus pour faire un texte qui va me permettre de soulager ma névrose. Je serais probablement hors sujet et pas intéressant mais tant pis.

Je ne vous dirais qu'une chose, MERCI! (Un franc, un lourd, un grand MERCI)
Parce que je suis projectionniste, cette pub, je la vois 30 fois par jour.
Je la hais.
Comme je hais toute ce qui résulte de la grande mutation cinématographique lié de près ou de loin au numérique (je ne souhaite pas particulièrement faire un débat là dessus étant donné que c'est mon travail et que je serais forcément d'un avis assez buté sur la question numérique étant donné l'usine à gaz que cette technologie représente enfin... c'est un débat quoi.)

La pub, et surtout CE genre de pub là, est presque devenue plus importante que le cœur de mon métier (qui est de projeter des films.)
On passe plus de temps à les traiter, à les peigner, à les soigner, on leur laisse plus d'espace (on reçoit 22 minutes de pubs pour les très gros films avec du coup l'impossibilité de passer des bandes annonces sous peine d'avoir une émeute dans la salle et notre programmation étant inévitablement amputée d'une séance à la fin.) et surtout, on reçoit des appels OUTRES des organismes (Mediavision/Screenvision/ centralisant les films lorsqu'un distributeur a vu dans notre salle SA pub tronquée du sous titre de fin expliquant les modalités de paiement au potentiel consommateur.
On est alors sommé de faire attention la prochaine fois de bien cadré SA pub sous peine de... sous peine de quoi?
Je me demande encore...

Ce genre de pub pour en revenir à votre analyse me dégoute, car je le vois dans le comportement des gens dans la salle, ils viennent pour ce qui se passe avant, c'est à dire voir des pubs pour savoir ce qu'ils vont acheter quand ils sortiront du cinéma, je dirais même plus, la pub d'avant film est entrain de devenir le contenu principal, les gens ne peuvent plus se tenir éveillé durant 1h30 mais pendant 30 secondes oui. Donc on leur balance une espèce de condensé bordélique de ce que pourrait être le cinéma.

Bref je m'arrête là avant de tomber dans la logorrhée haineuse du projectionniste écœuré par ce qu'il voit tout les jours derrière sa vitre.
Tout ça pour dire que ça me fait du bien de voir que des gens se font les mêmes réflexions que moi.
Non cette pub n'est pas belle.
Quand on vous enrobe un produit et qu'on vous prend en otage comme ça (il y'a des gens qui lisent et vivent avec les livres de Paul Coelho je vous le rappelle) la pub n'est pas belle.

Ca me fait vomir.
Par Judith

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

Eh ben merci de votre merci, Yohm. Je me figure un peu ce que peut être votre calvaire, et je compatis vraiment - et vous rejoins dans l'exaspération quant au public que ce dégueulis publicitaire invasif forme (c'est-à-dire déforme) peu à peu. Depuis les fauteuils de spectateurs les motifs de colère explosent aussi ; il est désormais à peu près impensable, quand on est cinéphile, d'aller au cinéma le samedi soir, où des foules cherchant la distraction viennent consommer indistinctement de l'image, du son, du pop corn, des jeux et des SMS via leur smartphone, y compris quand le film a commencé et qu'il requiert un peu d'attention. Ils se comportent exactement comme s'ils étaient dans leur salon devant n'importe quel DVD, et sont prêts à vous mettre le poing sur la gueule si vous leur demandez de faire moins de bruit. Il faut être très stratège pour voir un film dans une salle dans des conditions acceptables : aller en semaine à des heures improbables, ou, le samedi soir, privilégier un documentaire ayant l'apparence d'être chiant (Genre sur la grotte Chauvet, superbe). Je suis par ailleurs tentée de lancer une pétition ou un groupe FB contre le mangeage de pop corn dans les salles, mais j'avoue que j'ai un peu la flemme...
Courage à tous les cinéphiles.
Par yannick G

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

"il y'a des gens qui lisent et vivent avec les livres de Paul Coelho je vous le rappelle": Yohm.

Vous oubliez une chose, il y a même des gens qui vont voir des films de Luc Besson & Co (bon, pas assez pour lui, puisque sa boîte prend l'eau... pas grave artistiquement parlant et ce n'est pas en produisant deux-trois bons films qu'il va échapper à ma vindicte) et les deux-tiers, pour ne pas dire plus, des autres merdes produites au niveau mondial en matière de septième art. De cela, vous êtes également témoin et cela m'attriste tout autant pour vous.

"Ils se comportent exactement comme s'ils étaient dans leur salon devant n'importe quel DVD": Judith

C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne vais plus au cinéma et que j'achète des dvd/blu-ray, pour ne pas les voir ni les entendre et parce qu'entre le prix d'une place et celui d'une galette de plastique, la différence est nulle après quelques mois.

D'aucuns me feront remarquer que c'est aussi pour cette raison, des gens comme moi, que le cinéma en salle se meurt... J'en suis pleinement conscient, mais cela ne me chagrine aucunement (je me m'en excuserai donc pas, hypocritement, auprès de vous Yohm), puisque je ne confonds pas cinéma et salle de cinéma, deux approches que l'on associe souvent, mais qui n'ont rien d'inséparable, ce n'est qu'une question économique et historique, mais aucunement liée au médium même.

yG
Par yannick G

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

J'ajouterai que dans le même (mauvais ?) esprit, je ne pleure pas plus sur la mort des libraires, qui cette année s’accélère, bien que j'en sois un occasionnellement. Je sais donc tout autant la merde que je contribue parfois à diffuser, en me contentant de mettre à disposition et les quelques "bons" conseils que j'arrive de temps en temps à promulguer ne change rien à cet état de fait ou ne justifie mon action. Le travail de critique cinématographique et littéraire est plus qu'utile et nécessaire, mais aujourd'hui, ce n'est plus le diffuseur qui en a l'apanage, ceci explique probablement cela.

yG



Modifié 1 fois. Dernière modification le 12:41 le 14/09/2011 par yannick G.
Par Ervé

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

Certains restent heureusement fidèles à ceux que leur métier passionne et qui font aimer les livres.
Par yannick G

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

"qui font aimer les livres."

L'illusion, Ulysse, est de croire que les libraires ont un rôle essentiel dans cette accession au plaisir de lire, alors qu'ils ne sont qu'un élément parmi bien d'autres et donc aucunement un maillon nécessaire, quoi qu'ils en disent. Les enseignants, les ami(e)s, les critiques dans la presse, sur le net (D@ns le texte), et les bibliothécaires sont autant de prescripteurs valables, pour peu qu'on fasse aussi la démarche de les lire ou de les écouter. Le libraire n'a aucun avantage sur eux. D'aucuns peuvent s'en attrister, mais c'est ainsi.

Ce ne sont pas de points de vente que nous avons besoin, c'est de points de repère, et pour cela, aucune économie n'est nécessaire, même un conseil, une critique peut se faire gratuitement.

yG



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:09 le 14/09/2011 par yannick G.
Par Ervé

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

Qu'il y ait différents prescripteurs est une évidence.
Mais la seule vraie question est de savoir si nous préférons nous rendre chez notre libraire attitré, avec lequel nous avons tissé des liens au fil des années, dont nous connaîssons les goûts et dont les conseils nous on rarement déçus, plutôt que nous 'approvisionner" sur le net ou dans des magasins de grande diffusion.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 13:26 le 14/09/2011 par Ulysse Martagon.
Par yannick G

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

"Mais la seule vraie question est de savoir si nous préférons nous rendre chez notre libraire attitré, avec lequel nous avons tissé des liens au fil des années, dont nous connaîssons les goûts et dont les conseils nous on rarement déçus, plutôt que nous 'approvisionner" sur le net ou dans des magasins de grande diffusion.": Ulysse.

Ce n'est pas d'un métier dont vous me parlez, mais d'un lien personnel avec un professionnel, chose différente. J'ai moi aussi un tel lien avec un libraire que j'affectionne, et que je nourris (mal) depuis une vingtaine d'années, mais pour autant, je ne suis pas dupe, je sais que mon lien est affectif, et que pour les conseils, sa parole vaut autant que celles que je glane ailleurs.

S'il devait disparaître, chose fort possible, hélas, tant le secteur est en crise, il est fort à parier que je ne retisserai pas de tels liens avec son éventuel successeur (précaution inutile, car, il n'y en aurait pas). Les fidèles, comme moi, qui passent chez lui (moi, tantôt d'un côté de la caisse, tantôt de l'autre) ne suffissent pas à faire fonctionner la boutique et les occasionnels, eux, se font de plus en plus rare, sans rendre de toute façon le métier palpitant, tant leur approche est bêtement consumériste.

yG
Par Ervé

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

Ah bravo ! Vous avez cité mon brouillon plein de fôtes !
Ah non, pardon, c'est le bon texte mais il manque le "t" de "ont".



Modifié 2 fois. Dernière modification le 13:44 le 14/09/2011 par Ulysse Martagon.
Par yannick G

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

Dans le même genre de considération, nous savons tous que l'industrie du disque est en crise, notamment, à cause du téléchargement illégale. Cependant, la disparition des disquaires indépendants dans ma ville précède largement cette pratique, elle est due essentiellement aux grandes enseignes, qui, par un heureux hasard, commencent à péricliter à cause des magasins en ligne...

Cette disparition des disquaires a-t-elle entraîné une diminution de ma consommation de cd ? Celle-ci est-elle moins diversifiée qu'auparavant ?

Aucunement, bien au contraire, car, les magasins en ligne ont parfaitement remplacé, de mon point de vue, les disquaires d'hier, sans parler des grandes enseignes, puisque les conseils, je les trouve également sur la toile, gratuitement, lorsque ce n'est pas mon propre avis que je peux me faire directement via le site des artistes, qui vendent de plus en plus souvent directement.

Un nouveau modèle économique s'est mis en place, peut-être pas aussi favorable aux artistes (pas si sûr, pas si sûr), mais au niveau de l'accès à la culture, la disparition des disquaires s'est vite fait oublier, remplacé qu'ils ont été par les sites marchands sur le net.

Je ne vois donc aucune raison pour qu'il n'en aille pas de même des libraires, quel que soit mon affection à leur égard. L'essentiel, c'est la diffusion de la culture, et comme hier les disquaires, les libraires ne sont plus aujourd'hui nécessaire. On peut le déplorer, mais ce n'est pas en arguant de leur fonction de diffuseur qu'ils peuvent légitimer leur survie. D'autres peuvent parfaitement remplir ce même rôle.

yG
Par yannick G

Re: Judith, je n'ai pas le temps de lire les analyses des autres

La question n'est pas de savoir s'ils aiment ou font bien leur travail, quand bien même, l'offre est à ce point biaisée en faveur des grosses daubes qu'ils ne pourraient vivre, pour la plupart, s'ils se contentaient de vendre ce qui à l'heur de leur plaire. Ceux qui ont ce privilège, ont les reins solides et donc leur besoin économique sont plus que discutables. Le marché n'est pas assez vaste pour que tous se permettent de faire la fine bouche, hélas.

yG



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:29 le 14/09/2011 par yannick G.
Par rlcy

Re: korri

bonjour,

je signale aussi, que Mère Térésa de Calcutta avait elle aussi écrit un texte qui commence par "ta vie est ta vie", qui est donc une de ses prières, quelle était son inspiration à se moment, je ne sais pas.
mais, c'est des cas de "contaminations croisées" qui peuvent exister. Comme déjà, les médias tronquent les idées et les propos pour les présenter à leurs mandants (du pouvoir), alors les publicistes, eux ne s'en privent jamais.

korri
Par delphes

Re: C'est l'érection qui vient

Ai vu finalement la pub au cinéma.
J'avais pas dû bien regarder : elle n'est même pas sublime. Quelques plans jolis, et poétiques (j'adore la mer et les levers de soleil).

Après, je persiste, et sans doute suis-je blasée, et c'est bien dommage, je sais, mais je ne la trouve toujours pas dégoûtante, ni gerbante.

Sans doute bien d'autres pubs qui font insidieusement mal à la société. Quoique : nous influencent-elles vraiment ?

Je vomis plus facilement devant une pub Kinder perso. Mais, heureusement pour moi, j'arrive assez rapidement à voir que le bonheur n'est pas dans le goûter à la rentrée des classes de petits blondinets qui rêvent d'un grand verre de lait enrobé de chocolat...
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Je vomis plus facilement devant une pub Kinder perso.": delphes.

Décidément, le SAMU s'impose pour vous, puisque c'est là, un signe incontestable d'une néfaste boulimie.

;) yG
Par delphes

Re: C'est l'érection qui vient

Oui, fort probable.

Je dois être encore l'une des dernières @sinautes à regarder la télé. Et c'est tellement creux que je me suis souvent surprise à regarder avec plus d'amusement les publicités que les vaines émissions qui les entrecoupaient.

C'est grave, docteur ?
Par yannick G

Re: C'est l'érection qui vient

"Oui, fort probable.
Je dois être encore l'une des dernières @sinautes à regarder la télé. Et c'est tellement creux que je me suis souvent surprise à regarder avec plus d'amusement les publicités que les vaines émissions qui les entrecoupaient.
C'est grave, docteur ?"
: delphes

Pas tant que vous continuez à prendre matin, midi et soir, votre traitement à base d'asi.
Et n'oubliez pas de renouveler votre ordonnance en fin d'année.

;) yG
Par heyow

Re: C'est l'érection qui vient

C'est vrai que c'est un peu le foutoir cette pub. Incohérent. Une révolution serait à priori pour lutter contre la pub elle même et tout le système qui va avec, Levis compris.

Moi je dis, le tournant, c'est le mec qui conduit une... table d'un air déterminé.
Juste avant ils regardent ou font mouvement vers le passé, mais lui vers l'avenir. Et il est motivé le gaillard, Il s'est dit "merde une révolution, c'est cool, j'y vais". Il a pris ce qui lui tombait sous la main, une table et un moteur. Il n'a pas jugé bon de prendre le zodiac qui allait avec, mais il a pris la bouée, au cas où en fin de compte il se serait embarqué dans un plan foireux. Quand on a un Levis, on pense à tout. Et hop, il est comme le messie, tout part vers la droite, le futur. Après, c'est babos moderne magazine, youpi, libération sexuelle, révolte, il y en a un qui jouit du feu en public (cette image est sordide, au passage), on est trop contents, ya des plumes et des fleurs, manque plus que Janis, puis on revient à l'autre nunuche qui regarde vers le passé, la boucle est bouclée.
Conclusion : go forth, allez-y, la révolution ça sert à rien, mais achetez quand même un Levis.
Par Rolleyes

Re:

Ah, je trouvais aussi qu'il était fichtrement bien écrit le texte de cette pub !

Je trouve un côté positif, tout de même : confrontés à la nécessité de se démarquer, de créer un moment qui fait sens à travers l'agitation perpétuelle des écrans, les publicitaires en viennent à la poésie.
Beau pied de nez à ceux qui disent que la poésie, ça ne sert à rien, déjà.

Judith, pourquoi ces développements sur "les dieux" teinté de rejet ? "Les dieux" sont-ils forcément une transcendance ? "Les dieux" ne peuvent-ils pas juste être le hasard, le mystère de ce qui n'est pas moi, la fugace bienveillance du monde indispensable à ceux qui sont dans la solitude et l'obscurité ?
Par Judith

Re:

"Les dieux" ne peuvent-ils pas juste être le hasard, le mystère de ce qui n'est pas moi, la fugace bienveillance du monde indispensable à ceux qui sont dans la solitude et l'obscurité ?"
Ben c'est beaucoup plus joli quand vous appelez ça comme ça. Alors pourquoi appeler ça "dieux" ?
Par eva

Re: C'est l'érection qui vient

"Beau pied de nez à ceux qui disent que la poésie, ça ne sert à rien, déjà. "
qui dit ça ? qui pense ça ? un pied au cul à ceux qui l'aiment la poésie surtout ! récupérer ce texte à des fins commerciales contribue à dire que l'art doit être productif, les mots de Bukowski «Ne te laisse pas abattre par une soumission moite», va à l'encontre de cette utilisation !
Cette pub vient écraser, piétiner, l'indignation ambiante, le soulèvement, la prise de conscience actuelle, comme ci s'indigner été un phénoméne de mode, qui se consomme, comme ci porter ce jean devenait un acte de rébellion.
Alors non ça n'a rien de positif que la poésie se transforme en munition pour arme de séduction massive !
Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son coeur
Maintenant c'est plus pareil
Ça change ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille ...Go Forth, mais ou ça ? dans une boutique pardi !

Tu me fait mal Levi's, Levi's, Levi's
Pas avec Buko... zip!
Tu me fais mal, Levi's, Levi's, Levi's
J'aime ta pub qui fait zip!
Par david delagneau

Re: C'est l'érection qui vient

Peut-on résumer toute tentative publicitaire en une seule phrase ? Oui et ce n'est pas moi qui l'ai trouvée mais Nicolas De Crecy dans une de ses BD:

Achetez de la merde et vous serez formidable !





Tout est dit !
Par david delagneau

PROM NIGHT

Un film du même genre ?
C'est ce que pourrait conclure le spectateur peu attentif, pressé de ranger dans des cases.

A Voir:

[vimeo.com]
Désolé, seuls les utilisateurs connectés peuvent envoyer des messages dans ce forum.

Cliquer ici pour se connecter

Remonter en haut de page