Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

(et son "enquête" avec témoignages anonymes)

observatoire Par Capucine Truong discuté depuis 17:25 le 10/11/2017

Sus aux fainéants! Cette semaine, Le Point consacre sa Une et son cahier central aux "resquilleurs" de l'emploi. Dans son viseur : le contrôle des demandeurs d'emploi, qu'il faudrait renforcer pour lutter contre les chômeurs partant en vacances avec leurs allocs'. Sauf que, le lendemain, Les Echos publiaient les premiers résultats du dispositif de contrôle de la recherche d'emploi des chômeurs. Et sur les contrôles menés, seuls 14% des chômeurs auraient été radiés, dont la moitié environ seulement seraient indemnisés.
"Vérités et légendes sur les fainéants.", titre Le Point ce mercredi.

Emmanuel Macron se serait-il changé en Père Castor pour une édition spéciale de l'hebdomadaire? Non. Il ne s'agit que d'une "enquête sur la France qui ne fait pas ses 35 heures". La digne héritière de l'"enquête sur la fabrique des assistés", en 2015 ; ou du numéro spécial Fonctionnaires : "Effectifs, absentéisme, temps de travail, salaires, retraites...... > Lire l'intégralité du texte
Participations votées d'utilité publique sur ce sujet

Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

La plupart des mendiants ne foutent rien. Alors que la plupart des héritiers se débattent dans une paperasse pas possible;...
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Par Jean-Marc FIORESE

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Après sa "Une" destinée à dresser les citoyens ordinaires les uns contre les autres en faisant mine du scandale des "assistés", je vous fiche mon billet que dans un prochain numéro ce journal, propriété de vrais voyous, va trouver tout à fait normal l'évasion et la fraude fiscale qui nous coûte 100 milliards d'euros par an – c'est à dire infiniment plus que les supposés "assistés" – en nous expliquant que c'est parce que la fiscalité qui frappe les profits colossaux issus de la spéculation et des montages financiers est encore et toujours trop pesante, voire confiscatoire et aussi parce que le "coût" du travail est encore et toujours trop élevés que ces évadés et fraudeurs agissent ainsi et que la solution pour éviter cette évasion et cette fraude passe indubitablement par une fiscalité au moins aussi avantageuse que celle des paradis fiscaux et un "coût" du travail quasi nul surtout en regard de ces "fainéants" de français qui ne sont que des bons à "rien" comme l'a si bien dit Jupiter le porte parole de ces voyous.

Je signale juste que cette semaine lors d'un "débat", France Info à déjà posé les premiers jalons de cette idée en faisant parler des "experts" unanimes qui "analysaient" que la fiscalité sur la rente, les bénéfices et les grandes sociétés mais aussi le "coût" du travail posaient problème dans de nombreux pays comme la France par exemple.

Ce qui me désole le plus c'est l'atonie de la population pourtant appelée à manifester à plusieurs reprises. Alors soit elle ne bouge pas, laisse faire et alors elle ferme sa gueule quand les coups vont lui tomber dessus (ça sera ultra violent) ou alors elle bouge son cul en répondant à ces appels et soutient tous ceux qui continuent à se battre au lieu de rester les bras ballants ou pire de leur cracher à la gueule....
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Par Diogene

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Le point a une clientèle et lui sert sa pâtée préférée. On va quand même pas dire la vérité au risque de perdre des abonnés, m!rde!
Que veut la clientèle du Point? Qu'on la conforte que si la France va mal, c'est la faute aux chomistes, au rsaïstes, aux étrangers, etc.
Parce que c'est toujours plus facile de radier un chômeur que de faire payer des impôts à Google and co.

Niveau rentabilité, sans même parler de la contrainte morale...:
Soit un type qui avait une recherche pas très active d'emploi et qui était indemnisé 1000€. Je pense qu'ils ne sont pas si nombreux que ça, l'absence d'activité et de reconnaissance sociale liée étant un fort déterrent. Bref, radiez le et vous aller économiser... 12000€/an. Mais, sans ressources et à moins qu'il ait de grosses épargnes, vous allez le faire basculer dans la panouille. Il devra recommencer la procédure d'inscription, sera privé pendant un mois de revenu. Or plus on est pauvre, plus on a tendance à acheter des produits de consommation de base donc soumis à TVA. Donc qui rapportent à l'Etat... L'Etat se prive donc de TVA. Ah, j'oubliais. Chomeur non RSAiste, donc pas de CMU. Donc accès restreint aux soins. Donc dents pourries qui ne sont soignées qu'au stade de l'abcès dentaire, maladies infectieuses qui ne sont soignées que quand elles sont dangereuses pour l'entourage, baisse de productivité potentielle, etc.
Le cas des types radiés au RSA. Dans le meilleur des cas (pour eux), la région va décider que radiation du chômage n'implique pas radiation du RSA. Dans le cas contraire, vous allez vous retrouver avec des gens qui frisaient la grande pauvreté qui vont tomber à plein dedans. Non seulement exit la TVA, mais retards de loyers (donc impact sur leurs propriétaires qui ne sont pas toujours très riches non plus), risque d'absence de soin si la CMU ne suit pas (donc risque d'attraper une bonne grosse maladie bien dangereuse et bien contaminante...). Bref, ça va coûter plus cher à l'Etat que ça lui aura économiser.

On connaît tous par le copain d'un copain le cas d'un type qui fraude le chômage ou le RSA. On sait tous que ce type un jour se fera avoir, parce que rouler en 4x4 (comment paye t il l'essence?!) quand on touche le RSA, les impôts finissent par s'en rendre compte. Mais je ne trouve pas rentable économiquement de flinguer 50types au RSA/chômage par erreur pour être sur d'avoir LE seul et unique qui fraudait. Si l'Etat dispose de tels quantité de personnel il aurait mieux fait de les mettre dans des troupes de comptables charger de faire payer les impôts aux fans "d'optimisation fiscale"... Là il y a une grosse cagnotte à la clé!

Mais allez faire comprendre ça aux lecteurs du point...


PS: désolé pour le squattage de post. Me suis emballé....
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Tous les commentaires (33)
Par Carnéade de Cyrène

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Par Diogene

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Le point a une clientèle et lui sert sa pâtée préférée. On va quand même pas dire la vérité au risque de perdre des abonnés, m!rde!
Que veut la clientèle du Point? Qu'on la conforte que si la France va mal, c'est la faute aux chomistes, au rsaïstes, aux étrangers, etc.
Parce que c'est toujours plus facile de radier un chômeur que de faire payer des impôts à Google and co.

Niveau rentabilité, sans même parler de la contrainte morale...:
Soit un type qui avait une recherche pas très active d'emploi et qui était indemnisé 1000€. Je pense qu'ils ne sont pas si nombreux que ça, l'absence d'activité et de reconnaissance sociale liée étant un fort déterrent. Bref, radiez le et vous aller économiser... 12000€/an. Mais, sans ressources et à moins qu'il ait de grosses épargnes, vous allez le faire basculer dans la panouille. Il devra recommencer la procédure d'inscription, sera privé pendant un mois de revenu. Or plus on est pauvre, plus on a tendance à acheter des produits de consommation de base donc soumis à TVA. Donc qui rapportent à l'Etat... L'Etat se prive donc de TVA. Ah, j'oubliais. Chomeur non RSAiste, donc pas de CMU. Donc accès restreint aux soins. Donc dents pourries qui ne sont soignées qu'au stade de l'abcès dentaire, maladies infectieuses qui ne sont soignées que quand elles sont dangereuses pour l'entourage, baisse de productivité potentielle, etc.
Le cas des types radiés au RSA. Dans le meilleur des cas (pour eux), la région va décider que radiation du chômage n'implique pas radiation du RSA. Dans le cas contraire, vous allez vous retrouver avec des gens qui frisaient la grande pauvreté qui vont tomber à plein dedans. Non seulement exit la TVA, mais retards de loyers (donc impact sur leurs propriétaires qui ne sont pas toujours très riches non plus), risque d'absence de soin si la CMU ne suit pas (donc risque d'attraper une bonne grosse maladie bien dangereuse et bien contaminante...). Bref, ça va coûter plus cher à l'Etat que ça lui aura économiser.

On connaît tous par le copain d'un copain le cas d'un type qui fraude le chômage ou le RSA. On sait tous que ce type un jour se fera avoir, parce que rouler en 4x4 (comment paye t il l'essence?!) quand on touche le RSA, les impôts finissent par s'en rendre compte. Mais je ne trouve pas rentable économiquement de flinguer 50types au RSA/chômage par erreur pour être sur d'avoir LE seul et unique qui fraudait. Si l'Etat dispose de tels quantité de personnel il aurait mieux fait de les mettre dans des troupes de comptables charger de faire payer les impôts aux fans "d'optimisation fiscale"... Là il y a une grosse cagnotte à la clé!

Mais allez faire comprendre ça aux lecteurs du point...


PS: désolé pour le squattage de post. Me suis emballé.
Par Carnéade de Cyrène

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Je n'aurais pas dit mieux.
Par Paddy

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

C'est assez piquant de voir Pierre Gattaz s'insurger contre "des gens qui profitent du système" sans pour autant "être hors la loi". Parce que quand même, s'pas, ça rappelle quelque chose, et une antienne pas mal entendue pour des pas du tout fainéants évadés et autres optimiseurs fiscaux. "C'est parfaitement légaaaaaal !"
Par Bruanne

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Tout à fait d'accord : quand c'est une entreprise et pas un chômeur, on dit que c'est de l'optimisation, non ?

Légalement, c'est parfaitement légaaaaaaal comme vous dites.

Moralement, il n'y a aucune différence.

Économiquement, ça coûte beaucoup moins cher à la société de payer quelques "faux chômeurs" ( et encore, faux ... s'il y avait tant de postes à pourvoir que ça, on pourrait les contraindre à les accepter, non ?) que secourir des gens en grande misère ... et surtout si tous ceux qui doivent payer le faisaient il n'y aurait pas tant de problèmes.
Par lhilha

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

1° Les contrôles ont-ils été faits de façon aléatoire. Ils ont dû contrôler ceux qui avaient le plus de probabilité d'être radiés. Donc ce ne serait pas 14% des chômeurs qui sont "fainéants", mais 14% de ceux qui ont été sélectionnés pour le contrôle.
2° Par ailleurs ne peut-on être radié pour différentes raisons parfois injustes, sans être fainéant?



Modifié 2 fois. Dernière modification le 18:31 le 10/11/2017 par lhilha.
Par Coin-coin l'Araignée 2·0

Le Monde pellette les chiffres des Échos qui avaient balayé la couverture du Point

1° Il suffit de lire l’article des Échos (donné en lien dans l’article) qui relate que le panel était alimenté à hauteur de 60 % de manière ciblée (un·e demandeur·euse d’emploi six mois après une sortie de formation par exemple), d’un tiers de manière aléatoire et le reste sur signalement.

2° Les informations recueillies par Le Monde apportent des éclairages supplémentaires. Ainsi, s’agissant des personnes qui ont été radiées, 97 % d’entre elles l’ont été pendant deux semaines. Une fois « leur peine purgée », 68 % des radiés se sont réinscrits à Pôle emploi3. Parallèlement, 7 % des personnes « réprimandées » ont fait un recours contre la décision de radiation prise à leur encontre.

3. Alors que, indiquaient Les Échos, seules 40 % des personnes radiées (40 % qui deviennent la moitié dans l’article d’Arrêt sur images, soit un total de 109 %) étaient indemnisées par l’Unédic.
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

La plupart des mendiants ne foutent rien. Alors que la plupart des héritiers se débattent dans une paperasse pas possible;
Par Chee

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Vous m'avez faire sourire... Ce n'est pas si courant, sur ces sujets-là.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 18:51 le 10/11/2017 par Chee.
Par Diogene

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Cf sketch de Desproges ;-)
A voté.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:28 le 12/11/2017 par Diogene.
Par AF30

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Il n'empêche ils entretiennent la petite musique. Finalement c'est ça qui compte. Ainsi ils continuent à mettre du charbon dans la machine qui permet de faire dire à celui-là ou à celui-ci que le cousin de la tante à la bicyclette à Jules est chômeur professionnelle. 190 000 offres d'emploi non satisfaites ( chiffre qui est un turn-over ) plus de 3 millions de chômeurs en face, rien n'arrivera pourtant à les convaincre que la différence entre ces 2 chiffres est tellement énorme que le chômage est évidemment structurel et non une histoire individuelle sinon de façon très marginale.
Par Diogene

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Citation:
190 000 offres d'emploi non satisfaites
Sans compter qu'il faut voir parfois quels genre d'offres d'emploi il s'agit...
Entre les gags de pôle emploi : "Vous savez planter des choux? Très bien, on a un boulot pour vous: couper des branches d'arbre en rappel. C'est les mêmes qualifications, non?"
Mais aussi les emplois "non viables économiquement". Exemple: Travailler 2h par jour payés au smic horaire à 2h de chez vous pour des ménages, connaissant le prix de l'essence, de l'entretien d'une voiture, etc. Ah, et apportez votre matériel l'entreprise ne vous le fournis pas...
Ou emploi façon d'une compagnie low cost: pour avoir le plaisir de bosser chez nous il faut que Vous payez une formation de 3000€ et que Vous effectuiez ensuite un "stage non rémunéré" où vous allez en fait servir d'employé bénévol.
Avec ça allez vous payer un costard, comme disait un sinistre des finances...
Par Pakete

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Le "J'accuse" de François Lenglet est terriblement amusant: Voir ce type érigé en sommité morale est édifiant sur la déchéance intellectuelle de notre pays...
Par GPMarcel

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Pour moi, le Point n'a jamais été une possibilité "inclusive" il est au plus haut point un "torchon" d'exclusion.
Par alune

Re:

Pourrait-on savoir d'où vient ce chiffre de 14% qui me parait très élevé?
Par Cultive ton jardin

Re:

Citation:
d'où vient ce chiffre de 14%

Oui, en effet, on nous matraque de ce chiffre depuis trois jours, sans jamais nous dire de quoi il est fait. Si c'est dans les "formations de remotivation" dont je parle plus bas, j'arrive à 66%, mais complètement justifiés, c'est à dire zéro. Sauf si on compte le formateur lui-même, peu utile à la société. Paf, 25%.
Par Cultive ton jardin

Re:

J'ajoute que le jeune qui m'a raconté ça en est plutôt sorti avec l'impression d'un foutage de gueule. Lui sait ce qu'il veut, ce qu'il cherche, aucun conseil ne lui a jamais été utile ("ils en savent moins que moi"), et le seul intérêt de ce genre de rendez-vous est de montrer patte blanche à l'institution ("je commence à les connaître, je sais ce qu'ils veulent entendre").
Par Cultive ton jardin

Re:

Citation:
je sais ce qu'ils veulent entendre

Ce qui introduit un autre biais, culturel celui-là. Pas donné à tout le monde de comprendre rapidement quoi dire et quoi taire. J'ajoute que quand un jeune a un vrai projet, qui tient la route mais n'est pas immédiatement réalisable, les "conseillers" le poussent plutôt dans la direction "prendre n'importe quoi d'alimentaire", ce qui évidemment ruinerait tous ses espoirs de parvenir à son but. Il arrive même que, un jeune ayant réussi à convaincre le conseiller du bien fondé de sa démarche, ce dernier soit désavoué par sa hiérarchie, et que les conclusions du rapport diffèrent des conclusions de l'entretien. Au boulot, et qu'ça saute, non mais, espèce de feignant!
Par alune

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

J'ajoute que la spécialité de F. LENGLET c'est de ne pas être coherent dans les proportions.
Il vous montre des graphiques dont les échelles ne partent pas de zéro ainsi quand il illustre une différence de 30 millions (860 et 890 par exemple) la base de son graphique sera à 850 les mauvais jours et à 800 les bons. Du coup la différence qui n'est que minime (même si ce sont des millions) aura l'air significative.
C'est son truc çà à LENGET : choisir de regarder au microscope des monticules sur le sommet des montagnes plutôt que de donner une vue d'ensemble des chaines montagneuses.
Par Faab

Re:

Extrait du début de Droit à la paresse de Paul Lafargue :
"M. Thiers, dans le sein de la commission sur l’instruction primaire de 1849, disait : « Je veux rendre toute puissante l’influence du clergé, parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l’homme qu’il est ici pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire à l’homme : jouis. » — M. Thiers formulait la morale de la classe bourgeoise, dont il incarna l’égoïsme féroce et l’intelligence étroite.
(...)
Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite les misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion furibonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. Hommes aveugles et bornés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et méprisables, ils ont voulu réhabiliter ce que leur Dieu avait maudit. Moi, qui ne professe d’être chrétien, économe et moral, j’en appelle de leur jugement à celui de leur Dieu ; des prédications de leur morale religieuse, économique, libre-penseuse, aux épouvantables conséquences du travail dans la société capitaliste.
"

J'aime bien le : "Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail."
Les prêtres, les économistes, les moralistes...
Par Cultive ton jardin

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Citation:
Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite les misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion furibonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. Hommes aveugles et bornés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu ; hommes faibles et méprisables, ils ont voulu réhabiliter ce que leur Dieu avait maudit. Moi, qui ne professe d’être chrétien, économe et moral, j’en appelle de leur jugement à celui de leur Dieu ; des prédications de leur morale religieuse, économique, libre-penseuse, aux épouvantables conséquences du travail dans la société capitaliste."

Merci pour ce salutaire rappel, qui sera peut être, pour certains, une découverte. 1849, hein, ça fait rêver.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 09:08 le 11/11/2017 par Cultive ton jardin.
Par Robert.

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point.

"1849 hein, ça fait rêver."

Paul Lafargue* : Le Droit à la Paresse ; 1883 (en français). Ça fait rêver quand même:-)

*Il a été l'époux de Laura Marx, fille de Karl.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 09:36 le 11/11/2017 par Robert..
Par Cultive ton jardin

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point.

Merci Robert, j'ai confondu avec le paragraphe sur Thiers.
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Ouais, mais si tout le monde faisait comme ça, on serait bien dans la dèche. Faudra toujours bosser pour gagner sa croûte, et pour ça faudra toujours des patrons poil au menton.
Par GPMarcel

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Oui, bien sûr, mais paresse poil à mes tresses.
Par Robert.

Hors saison mais

Vive les vacances
plus de pénitence,
les cahiers au feu
la maitresse à poil* au milieu,

* ça,c'était un rajout local**
**parisien tête de chien.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:43 le 12/11/2017 par Robert..
Par lycaste

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Les chômeurs qui ne cherchent pas de travail... peut-être qui ne cherchent plus de travail, parce qu'on finit par désespérer. Tous ces ouvriers jetés à la fermeture d'une usine, et qui ont plus de 50-55 ans, on leur dit qu'ils sont trop vieux! mais ils doivent chercher... en étant sûrs de ne pas trouver, même dans des métiers qui recrutent, parce qu'ils sont "trop vieux" pour intéresser les employeurs. J'aimerais avoir de vraies statistiques sur les âges de ceux qui "ne cherchent pas"'.
Par Cultive ton jardin

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

J'ai raconté ailleurs une "formation" destinée à "remotiver" des chômeurs pas assez efficaces. Ils étaient trois. Déjà, bonjour le gaspillage, payer un formateur pour trois personnes, j'ai travaillé dans la formation, j'ai jamais vu ça. Les formateurs eux-mêmes considèrent qu'en plus ça ne permet pas une vraie dynamique de groupe.

Trois donc. Un jeune au RSA qui découvrait, ahuri, un monde étonnant. Un vieil ouvrier (chaudronnier je crois) qui en effet, depuis son licenciement à 55 ans, était un peu en roue libre. Une femme, virée elle aussi, à deux ans de la retraite, pas très motivée en effet. Le formateur s'est permis d'essayer de les culpabiliser pour leur manque d'enthousiasme à retrouver chercher du travail. Je mets chercher à la place de retrouver, car, bien sûr, il n'est pas question, dans ces conditions, de "trouver" ce qu'on cherche. Les deux savaient bien n'avoir aucune chance probabilité.

Je ne sais si ces deux-là auront été radiés, mais j'imagine que dans les 14% de radiés, il en est quelques-uns de cet acabit. Par ailleurs, je m'interroge sur le pourcentage, dans ces 14, de gens non indemnisés. Peuvent pas leur foutre la paix, franchement, à ceux qui ne sont même pas indemnisés, au lieu de dépenser du fric simplement pour les compter?

(Merci Lycaste, c'est exactement ça)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 09:36 le 11/11/2017 par Cultive ton jardin.
Par grrrz

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

"Peuvent pas leur foutre la paix, franchement, à ceux qui ne sont même pas indemnisés, au lieu de dépenser du fric simplement pour les compter?"

les politiques mettent une grosse pression sur PE et les institutions qui font les chiffres du chômage, si on radie des gens, même non indemnisés, ils ne sont plus considérés comme chômeurs, et c'est comme ça qu'on fait baisser les chiffres du chômage et qu'on peut aller à la TV dire "regardez notre action est efficace!"
Par Diogene

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Vécu ce genre de formation de motivation à la noix.
Pas toujours agressifs mais souvent TRES à coté de la plaque.

Ne pas y aller est mal vu. Même si la formation c'est "apprendre à faire un CV sauce pôle emploi" quand vous avez déjà appris à faire un CV il y a 15ans, que vous l'actualisez chaque année afin qu'il ait le look requis, et que le CV sauce pôle emploi, personne n'en veut.

Oui, comme disait le jeune que vous mentionnez ailleurs, on arrive à deviner ce que les employés (pôle emploi et autres services) veulent entendre. Et on leur dit. C'est ce qui m'a le plus... humilié? démotivé?... dans ma recherche d'emploi.

L'impression de devenir un déchet social et d'être obligé de mendier pour faire respecter mes droits. On comprend mieux ensuite les astuces des mendiants dans la rue. C'est le même procédé.
Ayez l'air infiniment humble, composez vous une tête d'ex-taulard voleur de carambars qui promis juré ne recommencera plus jamais et veut maintenant participer sainement à la marche de la si gentille société de bisounours dans laquelle fonctionne le monde de l'emploi. Avec ses patrons si accueillants qui auront la générosité de vous donner un travail, et, petit veinard, un salaire.
Ne montrez surtout pas au conseiller assis confortablement sur sa chaise et qui occupe ce poste depuis des années qu'il s'y connaît autant en chômage que le pape en préservatif. N'essayez pas de lui expliquer les réalités de votre situation, du monde du travail : il les connaît et ça le fâcherait! Or il a le pouvoir de vous créer une infinité d'e....erdes.
Si vous devez parler de vos difficultés, utilisez le ton larmoyant si bien utilisé par tous les mendiants du monde. Donnez lui l'impression que vous le considérez comme votre dieu, votre lumière dans la nuit, votre sauveteur. Et qu'il signe ainsi enfin cette p!tain de paperasse dont vous avez absolument besoin pour pouvoir trouver un vrai boulot!
- pfouf, je m'emballe...-

Ah, sur les stages de formation à la remotivation... Groland avait fait un excellent sketch. On suivait le parcours de Machin qui faisait un stage de remotivation pour trouver du boulot... Et en effet, 3mois plus tard, Machin avait un boulot: il dirigeait des stages de remotivation pour pole emploi... :D
Notez que j'ai déjà vu le cas, surtout dans les "associations d'aide au retour à l'emploi"... :D
Par Jean-Marc FIORESE

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

Après sa "Une" destinée à dresser les citoyens ordinaires les uns contre les autres en faisant mine du scandale des "assistés", je vous fiche mon billet que dans un prochain numéro ce journal, propriété de vrais voyous, va trouver tout à fait normal l'évasion et la fraude fiscale qui nous coûte 100 milliards d'euros par an – c'est à dire infiniment plus que les supposés "assistés" – en nous expliquant que c'est parce que la fiscalité qui frappe les profits colossaux issus de la spéculation et des montages financiers est encore et toujours trop pesante, voire confiscatoire et aussi parce que le "coût" du travail est encore et toujours trop élevés que ces évadés et fraudeurs agissent ainsi et que la solution pour éviter cette évasion et cette fraude passe indubitablement par une fiscalité au moins aussi avantageuse que celle des paradis fiscaux et un "coût" du travail quasi nul surtout en regard de ces "fainéants" de français qui ne sont que des bons à "rien" comme l'a si bien dit Jupiter le porte parole de ces voyous.

Je signale juste que cette semaine lors d'un "débat", France Info à déjà posé les premiers jalons de cette idée en faisant parler des "experts" unanimes qui "analysaient" que la fiscalité sur la rente, les bénéfices et les grandes sociétés mais aussi le "coût" du travail posaient problème dans de nombreux pays comme la France par exemple.

Ce qui me désole le plus c'est l'atonie de la population pourtant appelée à manifester à plusieurs reprises. Alors soit elle ne bouge pas, laisse faire et alors elle ferme sa gueule quand les coups vont lui tomber dessus (ça sera ultra violent) ou alors elle bouge son cul en répondant à ces appels et soutient tous ceux qui continuent à se battre au lieu de rester les bras ballants ou pire de leur cracher à la gueule.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:15 le 11/11/2017 par Jean-Marc FIORESE.
Par panda

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

"Coût du travail", "coût du chômage"... quelle culture (de) pingre !
Par lycaste

Re: Les Echos balaient la couverture "anti-fainéants" du Point

M Gattaz dit: "il existe "des gens qui profitent du système", sans pour autant être "hors-la-loi".".Ça alors! Il parle enfin de ses copains évadés fiscaux! Une première...¨Panama papers? Paradise papers?
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