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Commentaires

The Lancet, et les turbulences de la confiance

Commentaires préférés des abonnés

Margaux de Frouville, Apolline de Malherbe, Karine de Ménonville, Pascale de Tour du Pin, Stéphanie de Muru...
Je commence à me faire une petite idée d'un certain critère de recrutement à BFMTV.

C'est quand même dingue cette histoire. On a un microbiologiste qui publie une étude ni faite ni à faire qui démontrerait l’efficacité d'une molécule qui a déjà été candidate en traitement anti-viral pour tout un tas de saletés (par ex. le VIH) et qu(...)

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Peu importe. Rapprocher ma remarque ironique sur l'abondance de particules au sein de la chaîne, de commentaires à caractère antisémite, il fallait oser.

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Pour info, le grand essai britannique Recovery arrête les frais avec l'hydroxychloroquine "pas d'effet bénéfique". Les résultats ne sont pas encore formellement publiés mais au vu de l'essai en question, c'est un premier élément très solide en attendant les autres essais en cours.


Recovery continue avec les autres molécules (dont l'azithromycine pour remettre un euro dans le jukebox :-) ).

Après les rétractations de The Lancet et du New England Journal of Médecine, France Soir s'attaque à la nouvelle étude du New England Journal of Médecine ! Une étude dont parlaient The New York Times et the gardian... the first carefully controlled trial of hydroxychloroquine given to people exposed to the coronavirus did not show any benefit.   Pourtant, le bénéfice était la, mais ils ne l'auraient pas vu ???

Sur la confiance, quand on se penche sur les questions médicales et qu'on cherche des sources d'information sérieuses et indépendantes des laboratoires pharmaceutiques, il y en a. Il y a la revue Prescrire, l'association Formindep, le forum Atoute de Dominique Dupagne et plusieurs médecins, souvent généralistes, comme Dupagne suscité, Christian Lehmann qui était venu il y a peu, éventuellement Martin Winckler...

Or quand on suit les communiqués de Prescrire et sur Twitter ces médecins qui ont derrière eux des décennies de combat pour plus de transparence et pour une plus grande indépendance de la médecine, ils sont très critiques sur la chloroquine et surtout sur la qualité et le plan com de Raoult...

Et franchement, je suis sidérée de voir un mandarin comme Raoult et un politique comme Douste-Blazy présentés comme les chevaliers blancs de la lutte contre Big Pharma. 

Bon allez, fin de la blague. Ce n'était plus qu'une question de temps et ce jeudi 4 juin en soirée, le Lancet vient de purement et simplement rétracter l'article : la rétractation du Lancet 




"la scrupuleuse journaliste médicale de BFM Margaux de Frouville, tentant de poser une question précise."

Peu scrupuleuse et incapable d'attendre la réponse à la question précédente.

Ce scénario s'est répété plusieurs fois durant l'interview.Vouloir obtenir une répone courte et incomplète sur des sujets scientifiques complexes fait partie du business plan de BFM tv.Audimat oblige.

Etonnant que cela ne vous a pas sauté aux yeux.

Pas au niveau la scrupuleuse !

"journaliste médiacle", bof aussi... deux ou trois ans de direction du "service santé' de BFM, c'est pas forcément un brevet d'expertise...

Je n'arrive pas à comprendre comment tant de gens qui donnent leur avis dans l'espace médiatique ou prennent des décisions puissent manquer à ce point de rigueur. 


Il n'y a pas de problème de tropisme littéraire. La logique, le doute, l'humilité sont tous les outils dont les journalistes ont besoin pour démêler les événements et mettre en perspective les jugements portés par les uns et les autres. Seul le temps joue contre eux mais c'est leur responsabilité de choisir le format adapté à la temporalité du sujet. 


Je suis horrifié de voir que des journalistes et même des experts (ceux de l'OMS ou des autorités de santé françaises) basent leurs analyses pour les uns et leurs décisions pour les autres sur le simple prestige d'une revue ou d'un titre académique. La seule chose qui doit compter c'est la qualité des arguments. 


Pour The Lancet, le seul fait que l'étude ne suive pas la méthodologie en double-aveugle tant exigée, aurait dû inciter à garder son sang froid. A la place la presse et les institutions se sont empressées de crier haro sur le druide des Calanques. 


L'expertise scientifique est certainement d'une très grande aide pour aller plus vite, mais il n'y a pas besoin d'expertise pour vérifier la plausibilité ou la solidité d'une conclusion. 

Ce qui m'inquiète dans l'impuissance de l'Etat, c'est qu'il ne se donne pas même le rôle de concilier l'éthique médicale et l'éthique scientifique, ce qui devrait pourtant être son job en pareille crise.

Je m'explique. L'éthique médicale, que revendique Raoult, c'est qu'un médecin donne ce qu'il a de bonnes raisons de croire bon pour soigner son patient, avec le principe de "d'abord ne pas nuire" (en l'espèce, le fait que la chloroquine a déjà prouvé son innocuité). C'est discutable, mais c'est au nom de ce principe que son étude n'est ni faite ni à faire, c'est à dire avec un petit échantillon, et sans échantillon de contrôle. Parce qu'il veut donner ce traitement à tous les patients, pas à la moitié.

L'éthique du chercheur, c'est de chercher des preuves, quitte à "sacrifier" (de façon contrôlée tout de même) quelques patients ce qui suppose d'accepter une perte de chances (de guérison, de survie, de vie en bonne santé...) pour la moitié de l'échantillon.

L'éthique du chercheur et l'éthique médicale s'opposent toujours, mais il faut bien que les chercheurs soient aussi médecins pour savoir de quoi ils parlent.  Toutefois ces deux éthiques s'opposent plus radicalement dans le Covid, parce qu'on a là un mélange de patients dont les symptômes sont et resteront bénins, et d'autres, minoritaires, qui ont de fortes chances d'en mourir. L'éthique du chercheur est coincée entre faire perdre quelques chances à des gens qui étaient déjà "foutus" (ça c'est habituel, c'est comme ça que la recherche avance dans le cancer et les maladies graves) et risquer de rendre malade des gens qui ne le sont presque pas, et dans des proportions assez massives pour qu'on puisse mesurer des améliorations (ça, c'est beaucoup moins habituel). Et ce, non seulement à l'échelle individuelle mais à l'échelle massive, car l'enjeu de la contagion dépasse l'enjeu de la mortalité. Donc faire des protocoles sur de grandes quantités de population, à un stade précoce d'étude.

Concrètement, cela veut dire que Raoult mérite l'écoute et un peu les coudées franches pour traiter ses patients, parce qu'il est un médecin reconnu et qu'on a de bonnes raisons de penser qu'il fait bien son job. Mais que son étude soit pourrie, biaisée, et qu'elle vise à le faire mousser, c'est sans doute vrai, et c'est inévitable. Ce n'est pas à lui de prouver qu'il a raison. C'est aux autres (les labos de recherche, les labos pharmaceutiques, les gouvernements) de commander et de réaliser des études indépendantes, suivant l'éthique du chercheur, avec un protocole qui reproduise réellement les conditions d'administration préconisées par le médecin. De précieux mois et des millions d'euros ont été gaspillés à chercher à lui donner tort en mettant en place des protocoles idiots, et même nocifs visiblement, au lieu de concevoir un protocole approprié. Et au bout du compte, 3 mois après le confinement nous ne savons toujours pas si son traitement est efficace ou non.

Ce billet me fait réaliser l'existence d'un paradoxe. Un(e) autre asinaute a pointé l'égal tropisme littéraire chez les professeurs des écoles. Et c'est ce qui m'a amené à penser que les maths sont souvent méprisées au motif qu'elles ne constituent "que" la "voie royale" de l'orientation estudiantine, des concours qui comptent, etc.


Or, en y réfléchissant deux secondes, on s'aperçoit exactement du contraire : quels sont les parcours des dominants ? Droit, Économie, Philosophie, Politique, Littérature, voire... Livret de Famille ! Un professeur de l'ENA a même avoué qu'en moyenne, les énarques n'obtiennent même pas leur moyenne ni en Droit Constitutionnel, ni en Économie Générale !


Et dans les milieux militants, il n'est pas rare que les mathématiques soient considérées comme parmi les meilleurs outils de domination, alors même que ces derniers, pour certains, ne savent même pas faire une règle de 3 ! Et l'on voit fleurir toute une série de bouquins du type : "Méfiez-vous des chiffres et graphiques". Et pendant ce temps là, les bac+8 et + ont des salaires et des responsabilités relativement modestes, tout en devant mendier des subsides pour leurs recherches.


Drôle de paradoxe que les sciences et les mathématiques en particulier soient considérées en France comme un levier de pouvoir des dominants alors que ces derniers n'ont pour la plupart qu'un diplôme en parlote.

Il me semble prioritaire à tout débat éventuel de lire l'article du Guardian cité par un_et_un_font_trois ! (merci) qui est une mise à jour importante sur ce qu'on découvre sur Surgisphère et qui devrait je pense faire avancer le débat...

Mais le sous-développement scientifique des médias (et des politiques) vaut aussi pour l'économie et la finance, de la géopolitique, etc... Rien de nouveau, hélas.


Cela dit, autant je n'ai aucune sympathie ni antipathie pour D Raoult (j'attends les résultats des études sérieuses même si certains ont fait part de leurs réserves et d'autres de leur foi/croyance), autant je ne supporte pas les journalistes (y compris sur ASI) qui interrompe leurs invités; c'est au terme de la réponse que le/la journaliste doit reprendre, si besoin, son invité ou rebondir. 


Cela me rappelle un commentaire d'un ami allemand qui me disait qu'en allemand, cela n'arrive quasiment pas (de couper la parole) car c'est à la fin de la phrase que le verbe se trouve (et c'est alors que l'on peut comprendre ce que son interlocuteur veut dire, même s'il est possible de l'inférer; par ailleurs, cela s'appelle la courtoisie.)

Sur le "taisez-vous", vu l'arrogance de cette apprentie-spécialiste, peut-on vraiment blâmer Raoult?

Surtout que les revues scientifiques se sont engagées, me semble t'il, à accelérer le rythme des publications eu égard à la pandémie. Dans ces conditions, des erreurs sont inévitables. Un correctif/avertissement qui vient 1. rapidement, 2. ne passe pas inaperçu : on ne joue clairement pas dans la même catégorie des "compétiteurs de la confiance" que les médias "traditionnels".

TELESCOPAGE


Raoult est un "mandarin" universitaire. Il le dit lui-même et l'assume : c'est une "élite", le plus jeune président d'université, professeur "classe exceptionnelle" -- faut quand même oser donner ce grade dans une classification formelle et officielle ! Classe exceptionnelle, donc.

Les jeunes doctorants, internes et autres subalternes lui doivent donc un respect incommensurable. Sans cela, pas de thèse, pas de poste, pas de citation en sixième position dans un article qui sera publié. Et qui aura parfois été écrit par le doctorant lui-même. Mais, bien-sûr, qui laissera la place d'honneur au chef. Celui-ci augmentera ainsi son score de publications, de citations, de reprises dans d'autres articles, ce qui fera progresser son index "H". La boucle est bouclée ; il pourra conserver sa position dominante dans la hiérarchie universitaire.

Voilà pour l'écosystème que décrit le professeur Raoult.

Petit à petit, à force de travail, de recherches, de temps passer à analyser des protocoles, des bilans sanguins, des radios, des scanners thoraxiques low-dose, le doctorant Padawan trouvera une piste intéressante. On lui refera faire l'essai car le grand chef, s'il a un peu d'éthique, ne voudra pas publier une étude qui pourrait le crépir auprès de la communauté. Ou, en tout cas, pas trop souvent. Si un labo l'a financée, on peut un peu bidouiller les données et montrer que telle molécule a les propriétés qu'on attendait. Parfois, ça finit mal, comme pourrait l'expliquer ceux qui ont pris du Médiator...

Et puis, petit Padawan obtient des titres universitaires, des éléments de reconnaissance. Il rêvera de la carrière de Raoult.

Voilà qu'arrivent Ruth Gourdasse et Eglantine de Tartignole. Ah ah ah, elles ont tous les articles de Raoult dans Télé poche et elles ne vont pas se laisser faire ! Leur écosystème à elles : faire du buzz pour montrer qu'on est célèbre pour faire de l'audience. Etre connu leur permet d'augmenter leur notoriété et réciproquement. C'est un système tautologique, un peu comme un selfie qui montre qu'on va se prendre en photo. A la fin, elles pourront s'afficher aux côtés de stars du monde de la politique, du cinéma, du football. Leur idole, c'est le professeur Michel Drucker.

On a vu, en direct, le télescopage de ces deux écosystèmes : une question de Mirabelle de Nunuche au grand professeur Chefaplumes. La question est longue, mal fichue, niveau baccalauréat. La réponse est cinglante, magistrale, cruelle. Chut, taisez-vous.

Match nul. Dans tous les sens du terme.

Les gens ont confiance en ceux qui sont surs d'eux et dénigrent ceux qui doutent et se remettent en question. Il faut donc déjà faire de la pédagogie pour leur apprendre à faire l'inverse.

La science et la fabrique du mensonge 


La science ne se développe pas dans une bulle à l'écart des jeux de la politique, du pouvoir et de l'argent. Le journaliste du Monde, Stéphane Foucart a très bien décrit dans son livre La Fabrique du mensonge le fonctionnement des grandes entreprises  pour manipuler la science et instiller le doute (même si son livre se contentait de reprendre l'essentiel des thèses du livre de David Michaels, Doubt is Their Product: How Industry's Assault on Science Threatens Your Health).


À l'aune de cet épisode révélateur de la publication du Lancet concernant l'hydroxochloroquine, ASI devrait réaliser une émission sur le fonctionnement de la recherche et des publications scientifiques avec, par exemple, Stéphane Foucart.


Au risque de me répeter sur les forums d'ASI, il faut aussi lire Marcia Angell et son livre, publié en français en 2005, La vérité sur les compagnies pharmaceutiques : comment elles nous trompent et comment les contrecarrer.


Il faut aussi connaître le fonctionnement habituel des recherches financées par les groupes pharmaceutiques ou ceux de l'agrochimie. Ces entreprises sont en mesure de faire refaire une étude donnée jusqu'à ce que celle-ci présente des résultats qui leur conviennent. Sans aucune obligation, jusqu'à récemment, de publier ou faire connaître l'existence de résultats qui n'aient pas leur aval. 


Comme ça était le cas, en 1998, quand un scientifique salarié de Merck avait présenté une analyse rapportant plus de complications cardiaques avec le Vioxx qu’avec d’autres anti-inflammatoires (+216 % chez les femmes). Ces données qui contrariaient le plan de commercialisation du médicament avaient été gardées sous le boisseau par Merck.


Les "abstracts", les résumés de présentation des études sont généralement rédigés par les services de communication des entreprises qui les ont commandées. Et les chercheurs n'ont pas le droit d'évoquer les recherches aux résultats négatifs que ces entreprises, en règle générale, "choisissent" de ne pas publier. Une recherche au résultat positif pourra avoir été précédée de 3 ou 4 études négatives sans que public ou les organismes publics de contrôle n'en sachent rien.


Sans compter que les grandes entreprises ont le "loisir" ne plus financer des chercheurs, ou des laboratoires, qui "s'obstineraient" à produire des résultats qui les contrarient. Ce qui conduit à une auto-censure des chercheurs mêmes qui, pour beaucoup, se tiendront à l'écart des sujets "sensibles".

Au hasard, quand une étude défavorable aux OGM est publiée, Monsanto se dépêche dans faire produire 3 ou 4 autres qui affirmeront le contraire. Et Monsanto pourra affirmer tranquillement que, bien sûr, qu'il y a beaucoup plus de preuves de leur bienfait que le contraire. 


Les grandes revues médicales de référence sont les complices, de fait, de ces pratiques. La rentabilité pour des groupes d'édition scientifique peut aller jusqu'à 40% (c'est le cas d'Elsevier, éditeur du… Lancet). Par exemple, en 2018, l'université de Californie a dépensé " 11 millions de dollars pour que ses chercheurs puissent accéder à 1500 journaux scientifiques appartenant à Elsevier." (article de Sciences et Avenir).






Le temps de la science n'est pas le temps médiatique. On a beau le répéter, la plupart des gens tombent encore dans le panneau.


Lorsque cette affaire a commencé, il y a eu en effet deux camps: ceux qui ont crû Raoult sur parole, et ceux qui, pointant les nombreux problèmes dans ce que disaient Raoult, disaient qu'il ne faut pas s'emballer, qu'il fallait attendre les résultats des expérimentations, etc.


Trois mois plus tard, on a maintenant suffisamment de recul pour savoir que ni la chloroquine, ni les autres molécules testées ne sont vraiment efficaces contre le Covid-19. Raoult s'est planté complètement. Mais les raoultiens n'en démordent pas. Impossible pour eux d'admettre leur erreur, il FAUT que Raoult ait raison. Arrive alors l'article du Lancet.


Cette étude peut bien entendu être critiquée, et elle est prudente dans ses conclusions. Mais pour les raoultiens, cette étude est insupportable. Pour eux, il faut à tout prix la démolir, et tous les moyens sont bons. Ce qui est "marrant" c'est d'observer qu'une fois de plus ils tombent dans le même travers qu'au départ, comme s'ils n'avaient rien appris: ils sont dans la précipitation, dans la croyance et dans le dénigrement de toute opinion contraire à la leur. Ils reprennent la parole de leur gourou, qualifiant l'étude de "foireuse" sans attendre les conclusion de l'audit sur la fiabilité des données.


Si, dans quelques semaines, l'audit conclut que les données sont globalement correctes, je n'ose imaginer leur rage. Si au contraire l'audit conclut que l'article du Lancet doit bien être rétracté, ils le prendront comme une victoire personnelle... et continueront d'ignorer qu'il n'y a toujours aucune preuve d'efficacité de la chloroquine, et que l'étude du Lancet n'est qu'une étude parmi des dizaines d'autres, et donc qu'ils ont complètement tort.



Daniel nous parle de confiance... cette affaire a surtout montré que ceux qui se sont tenu à la méthode scientifique ont eu raison de la faire, et les Raoultiens ont tort de se précipiter sur tout et n'importe quoi. Faisons confiance à la méthode, c'est le meilleur moyen et minimiser les risque de faire des erreurs.



la baaaaaarbe !

Et hop, une nouvelle pièce dans la machine à complotisme ! Merci The Lancet...

A mon avis ce n'est pas vraiment un problème de compétence du journaliste, mais plutôt un problème de format et de pratique journalistique.


Je m'explique : 

les journalistes sont formés, je crois, à poser des questions et à faire des interviews sur le modèle de l'interview politique. C'est à dire, d'amener l'interviewé à répondre sur des points précis ou mettre en difficulté l'interviewé pour qu'il s'explique sur des contradictions, etc.


Ca passe pour des politiques ou des questions générales. Dans les domaines nécessitant des années d'études ça me semble plus bancal. Même si le journaliste scientifique passait 5 ans à étudier dans un domaine scientifique : encore faut-il que ce soit compatible avec le domaine de compétence de l'interviewé, et encore faut-il que ce soit suffisant pour mettre en difficulté l'interviewé qui aura fait autant ou plus d'étude et aura une vrai expérience de plusieurs années dans son domaine. Donc ce n'est pas gagné.


Du coup il me paraîtrait plus efficace à tout point de vue de procéder différemment. Peut-être abandonner la spontanéité et viser plus le fond en plusieurs étapes.


Etape 1 : interview non-agressive et non-piégeuse. Ne pas trop miser sur les relances, l'étape 2 sera là pour ça. 

Etape 2 : faire revoir l'interview par un pair compétent, qui pourra pointer les faiblesses/manques dans les réponses.

Etape 3 : proposer à l'interviewé de compléter sa réponse.


Faire éventuellement quelques aller-retour supplémentaires si nécessaire.


Ensuite seulement présenter le résultat au public, avec un petit aparté sur les coulisses pour expliquer les points importants comme ASI fait parfois sur la construction de ses émissions.

Curieux tout de même ! Il n'est aucunement question pour moi de juger de l'efficacité du traitement. De nombreux personnages au niveau de compétence équivalent arrivent à des conclusions contraires alors le public ne peut juger. Par contre l'hystérie, l'acharnement contre Raoult m'interpellent contre ce chercheur mondialement reconnu au préalable. Qu'est-ce que cela cache ce manque de sérénité, la même chose sans doute sur tous les sujets qui provoquent l'hystérie. S'en méfier et chercher plus loin.

J'ai tellement entendu, que l'étude du lancet était le dernier clou du cercueil de l'hydroxychloroquine (washington post, france inter..) quelle rigolade!

En lisant cette chronique et la phrase  "soit l'étude était frauduleuse, soit elle était incroyablement légère" j'ai eu la vague impression que DS n'avait pas lu  le très bon article d'ASI sur cette étude, https://www.arretsurimages.net/articles/lancet-et-chloroquine-les-journalistes-a-la-derive .


Même si un journaliste n'a pas toutes les compétences pour lire/comprendre un article scientifique dans son entier, ce serait pas mal de lire au moins le résumé, et la conclusion. L'article du Lancet est là https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext?utm_campaign=tlcoronavirus20&utm_source=twitter&utm_medium=social . Les auteurs pointent explicitement les limitations de leurs résultats   "Our study has several limitations.", et disent qu'ils ne faut pas tirer de conclusions hâtives  sur les effets de la chloroquine "a cause-and-effect relationship between drug therapy and survival should not be inferred."


Une étude avec des limites, ou se basant sur des hypothèses pouvant être remise en question, c'est assez courant en science. Bref, entre "frauduleuse" et "légère" il y a toute un panel de possibilités par exemple  "un peu informative mais pas très conclusive". Rien d'anormal à mon humble avis.


En revanche à propos de l'emballement qui a suivi:
On a l'habitude des emballements médiatiques. On expliquera ce dernier encore cette fois par "l'incompétence, le travail sous pression, le manque de culture scientifique, le tropisme littéraire". Ce qui est vraiment, mais vraiment inquiétant, c'est un emballement au niveau de l'OMS et de l'administration Véran. Si eux aussi souffrent du "manque de culture scientifique et du tropisme littéraire", on est vraiment mal barrés.









Un colocataire des commentaires, Yann102, propose avec raison d'embaucher un journaliste scientifique à @SI.


Problème :  la "science" n'est pas une mais diverse. Pas un journaliste multi cartes.


Donc il faudrait des journalistes spécialisés dans seulement une matière qu'ils maitrisent à fond.


Quant à l'épisode CHUUUT Raoult, je préfère une question:


En se déplaçant, la lumière prend-t-elle le chemin le plus court ou le chemin le plus rapide ?


Paradoxalement, Perec le littéraire aimait les maths ; il n'est pas le seul.


Pour en finir avec le Lancet Jeté, nos deux journalisses haltérophiles c'est plutôt du médiocre médoc radoc ...

Voici le lien de la dernière parution de The Lancet


Ce journal n'est pas inconséquent, il apporte à chaque article/étude publié précédemment des compléments/rectifications jugées utiles dans la rubrique Departement of Error


Comme vous pouvez le voir, à chaque numéro cette section existe, et elle contient plusieurs paragraphes


Pour ce qui est de la présente étude voici le paragraphe concernant l'étude

Je m'excuse Daniel, mais là vous racontez absolument n'importe quoi. Olivier Véran n'a pas interrompu les essais avec l'hydroxychloroquine, vous confondez l'OMS. La France sur les recommandations du HCSP a demandé de cesser les prescriptions hors essais thérapeutiques mais de continuer les essais thérapeutiques pour évaluer le bénéfice/risque, tout l'inverse de ce que vous dites.

https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=837 

@Daniel Schneidermann

Hélas vous glissez dans les travers que vous dénoncez:
"ne réhabilite pas pour autant les traitements Raoult ".


A priori, concernant ces traitements, rien n'a été scientifiquement démontré. Ni qu'ils étaient efficaces, ni qu'ils ne l'étaient pas. Le verbe "réhabiliter" est donc mal choisi car le traitement n'a donc été ni condamné, ni validé. Je suppose qu'il traduit soit votre fascination pour la branche de la médecine exclusivement basée sur les preuves expérimentales, soit de votre rejet de Raoult. Mais c'est moins simple.


Pour les tenants du recours à ces traitements, il faut d'abord soigner les malades. En cas de pandémie d'un virus inconnu, il faut dépister, veiller de très près sur les malades car on ignore les développements précis de la maladie, repositionner des molécules dont la toxicité est maitrisée depuis longtemps et pour lesquelles on a des présomptions qu'elles fonctionnent (il y en a in vitro notamment pour l'Hydroxychloroquine). Ce ne sera peut-être (vraisemblablement) pas le cas in fine, en tout cas de manière notable.


Pour les opposants à cette pratique, on ne peut utiliser que les molécules qui ont un effet démontré. Il faut faire des tests et accepter de donner la molécule à certains et pas à d'autres car, au fond, on ne sait pas si elle fonctionne. En toute logique, ils sont aussi pour les tests et les soins mais, pour des raisons qui restent à éclaircir, les premiers semblent avoir été plus prévoyants sur ce point (prévoir le matériel nécessaire pour les tests) et je ne pense pas que ce soit un hasard.


Malheureusement, la forme invraisemblable du discours de Raoult et son ego surdimensionné brouillent complètement son discours. La cristallisation est telle qu'il a fait chuter comme des débutants de nombreux défenseurs de la médecine basé sur les faits  qui ont oublié leur prudence en brandissant l'article du Lancet comme un trophée. Tout comme l'auteur principal et les reviewers du Lancet, ils ont oublié l'essentiel avant toute analyse de la méthode : l'intégrité des données. Et sans doute en médecine plus que dans toute autre science.


Le bilan durant cette épidémie des sciences médicales n'est pas très brillant. 


Bref, j'ai une proposition, c'est une émission d'ASI sur la philosophie de la médecine. C'est ça qui nous aidera à y voir plus clair, comme l'émission que vous aviez réalisée avec Barbara Stiegler (qui n'est d'ailleurs pas loin de ce champ). En espérant que cela nous aide à prendre suffisament de distance avec ce débat.

Les turbulences de la confiance ;


La couche  " Confiance  "  des Laboratoires Lancet est indiquée  en cas d'incontinence verbale et médiatique d' un certain professeur ....( la couche est à jeter après quelques heures d'utilisation lors des   passages dans les prétendues  chaines  d'information, après soulagement )

Merci pour la chronique. Muscler les rédactions en compétences scientifiques est une manière de sortir de l'affaire, et @si a commencé à le faire. Merci! Une partie du problème est la tendance des journalistes à s'inhiber face à la science et à se rabattre sur l'anecdote. Ce qui donne d'indispensables questions sur le look de D. Raoult pendant les interviews, qu'il a beau jeu de mépriser. Ou une lecture de l'affaire du Lancet avec la lorgnette étroite et artificiellement franco-centrée d'un match retour contre D. Raoult.  Journalistes, n'ayez pas peur (poke JP2), brisez vous chaînes :

 "La Science" ce n'est pas, d'abord, une galerie de choses désespérément compliquées : c'est avant tout une méthode ( et aussi de la créativité !), certes exigeante, mais qui s'apprend. Merci donc à @si pour la place croissante donnée à cela. Avec la lucidité sur le tropisme littéraire des journalistes, ce n'est pas rien!

 

C'est quand même dingue cette histoire. On a un microbiologiste qui publie une étude ni faite ni à faire qui démontrerait l’efficacité d'une molécule qui a déjà été candidate en traitement anti-viral pour tout un tas de saletés (par ex. le VIH) et qui à chaque fois à montré un effet in-vitro et ... s'est révélée dangereuse in-vivo. Sachant que ce n'est pas comme si les effets secondaires de cette molécule n'étaient pas connus depuis des décénnies vu qu'on ... l'utilise depuis des années, mais dans des cas où elle fonctionne ! Par exemple dans des cas où il vaut mieux soigner du paludisme quand bien même on fasse courir un petit risque cardiaque ...


Là dessus toute la défense autour de cette molécule est complètement pétée à base de sophismes primaires, ce qui certes ne prouve rien quand à la dite molécule, mais montre la confiance qu'ont ses défenseurs en leurs arguments "scientifiques".


Et bien sur à un moment une contre étude est faite et même si elle n'est pas parfaite (mais quelle étude l'est ?) elle est déjà beaucoup moins craquée et permet de confirmer les doutes les plus raisonnables qu'il aurait fallu avoir dès le départ étant donnée les connaissances que l'on avait au préalable : La molécule n'a jamais montré son efficacité in-vivo après des études positives in-vitro alors qu'on l'a déjà testée sur un paquet d'autres virus plus ou moins comparables au CoViD-19, et ses effets secondaires sont documentés.


Bref je sais bien qu'il y a un "problème de confiance", mais déjà à un moment ce sont ceux qui pourrissent la confiance qui en récoltent les bénéfices, genre what. Et surtout je sais que c'est pas facile à entendre mais la science ça existe. Et n'en déplaise aux gros cons de LaReuM, se confronter au réel ce n'est pas déclamer des incantations sur "le marché", "le privé cay mieux que le public" et d'autres âneries de ce genre. Se confronter au réel c'est ce que les scientifiques font tous les jours, ou en tout cas essaient de faire du mieux possible au jour le jour (car rien n'est jamais parfait en ce bas monde), et oui si les """journalistes""" étaient un peu moins cons, parce que à un moment faut appeler un chat un chat, il y a un véritable problème d'intelligence dans ce milieu, ils sauraient que 1/ en science tout est faux, il y a juste des trucs faux qui marchent et des trucs faux qui ne marchent pas, 2/ la science avance à tâtons, en se remettant en question en permanence, et lorsque qu'elle ne remet plus trop en question une "théorie" (comme la théorie de la gravitation d’Einstein aka. théorie de la relativité générale) c'est quelle a été mise à l'épreuve pendant des décénnies et que jusqu'à nouvel ordre on n'en a pas de meilleure, et surtout mais surtout que 3/ la science certes ça s'apprend mais ce n'est pas non plus si compliqué que cela hein, et puis ce n'est pas comme on n'avait pas des chaines de vulgarisation fantabuleuses comme Hygiène Mentale évidemment https://www.youtube.com/user/fauxsceptique, mais je pourrais citer la TeB ou tant d'autres, Monsieur Phi pour les plus littéraires, etc.


Bref désolé mais tout ceci est désolant. Les journalistes sont des gens qui passent leur temps à parler de tout alors qu'ils ne connaissent rien, si ce n'est leur propre milieu de journalistes (et encore, même ça on se demande des fois ...), quand bien même savoir prendre du recul n'est pas non plus un super-pouvoir. Il existe des méthodes pour cela et c'est ce que l'on appelle parfois pompeusement "la méthode scientifique", un mélange d'honnêteté intellectuelle et de rigueur qui permet d'essayer d'approcher la vérité des choses en mettant de côté autant que possible ses propres tendances aux croyances et autres a priori parfois tordus.


Sur ce, bon Jeudi (enfin je crois, je ne sais même plus quel jour on est avec ces conneries de télétravail).

Pour une fois, on va (provisoirement) absoudre les journalistes: sur ce coup, c'est "The Lancet" qui a été plus que léger. Et c'est nettement plus grave, ça vaudrait le coup de creuser un peu le processus qui les amène à publier un jour et à prendre des distances le lendemain. Ah oui, mais là... il nous faut des journalistes. Des vrais, je veux dire.

Ces  2 journalistes ici ont essayé à ce moment précis de  poser des questions pertinentes et de ne pas parler de la personnalité du professeur ,ce qu'a fait au début Ruth Elkrief.


Peut-être voulait-elle le mettre à l'aise,  sur l'ensemble en effet, se pose toujours le problème posé par ASI sur le vernis scientifique et  les connaissances scientifiques des journalistes.


Margaux n'a presque jamais pur poser des questions intéressantes, le professeur a été odieux avec elles :par 2 fois le "taisez -vous" et même un geste condescendant pour la faire taire de la main.


Cela vient en partie de la formation des journalistes : ce sont des littéraires pour l'immense majorité, ou le critère de sélection est plus la connaissance de la littérature française et un peu occidentale et pas les sciences et la technologie.


UN parallèle  possible avec les professeurs des écoles, on reproche sont aux enfants de ne pas maîtriser les maths,  mais en partie  les enseignants n'ont pas d'appétence particulière pour le calcul.


Comme Elkrief on va privilégier l'affect, le ressenti, la personnalité  plutôt que les faits ou la recherche de la vérité.

Margaux de Frouville, Apolline de Malherbe, Karine de Ménonville, Pascale de Tour du Pin, Stéphanie de Muru...
Je commence à me faire une petite idée d'un certain critère de recrutement à BFMTV.

N'est-ce pas l'occasion d'embaucher un journaliste scientifique à ASI ?

Ils sont souvent énervant les journaliste ...

A rapprocher me semble t-il d'une itw de Jancovici par Guillaume Erner : https://www.youtube.com/watch?v=lBox1k1bFxs

"et le sous-développement subséquent dans les medias français du journalisme scientifique"


Il en était également question en 2016 dans une autre émission (https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/exploration-spatiale-maintenant-la-nasa-fait-des-annonces-dannonces).

Et d'un éventuel partenariat avec l'émission la Tête au Carré sur France Inter. L'occasion de remettre cette idée sur le tapis ?

C'est sûr qu'on est pas sorti d'affaire :


mardi 2 juin sur France Culture Catherine HILL  nous expliquait le sérieux de l'étude de The Lancet, avant que The Lancet ne prenne ses distances avec sa propre étude le lendemain.......... ???


https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour/lancet-et-la-chloroquine-comment-estimer-la-valeur-scientifique-dune-etude-0


Il est urgent d'attendre comme disait l'autre...

Quand question précise, Raoult fâché, et quand Raoult faché, Raoult faire toujours çà...

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