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"Seine aval", l'autre catastrophe écologique escamotée au 20h

Avant l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, un autre site classé "Seveso" a brûlé. C'était cet été dans les Yvelines, comme le rappelle Le Monde diplomatique qui constate que ce "désastre absolu" a suscité "une inquiétante indifférence". De fait, les médias nationaux s'en sont tenus à un service plus que minimum.

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Reporterre donne ce jour la parole à François Jarrige, dont j'avais parlé dans un précédent commentaire.

Il me semble que cet entretien répond de façon magistrale à notre petite controverse à propos de la pertinence ou pas de l'apport d'un historien dans ces premiers jours après Lubrizol. 


Lisez et dites-moi?

oui. il montre bien, en effet, comment tout est organisé pour que les batailles menées par les populations contre l'industrie-poison soient détournées vers des voies de garage, des "réparations" dérisoires qu'il faut d'ailleurs obtenir de longue lutte...

J'ai particulièrement apprécié cette phrase: 


"En France, une des premières affaires de pollution chimique remonte aux années 1770 : elle concernait une usine d’acide sulfurique située… dans un faubourg de Rouen, à quelques centaines de mètres de l’implantation actuelle de Lubrizol."

Alors, encore une fois, je n'ai jamais dis que l'éclairage d'un historien n'était pas intéressant. Mais cela n'apporte rien sur cet incident en tant que tel à l'instant où on les a fait intervenir, car personne n'avait aucun information sur ce qu'il se passait.

Deuxièmement, ce qu'il dit est très intéressant mais c'est une opinion, orientée politiquement (ce qui ne veut pas dire faux, j'y adhère en partie). Loin de moi  l'envie de vouloir "défendre" les industries, ce n'est pas ce que je veux, je vais juste tenter d'apporter un éclairage sur la situation.

Faire croire que l'on maitrise parfaitement le risque est faux, je pense qu'aucun industriel quel qu'il soit, ne le pense vraiment, les autorités non plus. Le risque est maitrisé du mieux qu'il est possible de le faire. Il existe dans chacune des industries (aeronautique, ferroviaire, chimique, pharmaceutique, automobile ...) et voir même ailleurs (économique, agricole, politique...) une part d'inconnu que l'être humain ne maitrise pas. Dans chacun de ces secteurs (industriels pour le moins) il existe des départements entiers qui travaillent sur la gestion du risque, et qui imaginent tous les scenarios possibles et imaginables (quantifiés sur la base de probabilité d’occurrence et de gravité de l'événement redouté) qui place le risque sur une matrice de criticité. Sont ensuite mis en place de mesures compensatoires pour minimiser au mieux le risque à un degré "acceptable".  C'est là qu'interviennent les normes. Donc oui, si les politiques tentent de faire croire que le risque 0 existe c'est un leurre, mais la population est elle prête à accepter un risque ''acceptable''?  Pour vous rassurer, les normes ne sont pas là pour coller à l'état des industries actuelles, mais pour les pousser à s'améliorer. Les industries courent derrière les normes et non pas les l'inverse. Derrière effectivement, on peut le regretter, se pose un dilemme, faut il pousser les industries au maximum (théorique) de la sécurité quitte à rendre inexploitable techniquement les industries, (car les appareils de sécurité ont eux aussi leurs failles), ces entreprises iraient à ce moment là dans des pays moins régulés (ou le risque global pour la planète ou d'autres populations serait accentué) ou alors qu'elles fassent un chantage à l'emploi en menacant de se délocaliser.

Ce que fait le gouvernement est alors plutôt de trouver un terrain d'entente qui permet (selon lui) de trouver le meilleur équilibre risque/environnement/emploi.


C'est honnêtement très compliqué à trouver comme équilibre, je ne connais pas la réponse et je n'aimerais avoir à la trouver. 


Après on peut aussi demander à ce qu'il n'y ait plus d'industrie, je peux l'entendre. Mais il faut arrêter de croire que l'on pourra avoir le même mode de vie. Je ne dis pas que ce n'est pas ce qu'il faut faire. Il faut juste en être conscient. C'est un pas très dur à franchir quand on connait ce qu'apporte l'industrie à nos modes de vie (en mal et en bien).


Signé : Un ingénieur industriel écologiste qui ne sait plus trop quoi bien penser ;)


rapidement, mais j'y reviendrai quand je serai un peu plus disponible :

- le problème, c'est que notre pouvoir de prendre des risques est infiniment supérieur à notre pouvoir de les mesurer et prévenir. on est comme des ados qui foncent dans tous les coups foireux parce qu'ils se croient immortels et très malins. 

- pour ce qui est des délocalisations : oui, ce risque est là, aussi est-il grand temps de faire intervenir le critère environnemental dans TOUS les traités commerciaux, de façon sérieuse et systématique. et donc, tout simplement, de cesser d'importer des produits que nous ne voulons pas fabriquer chez nous, ou pas comme ça.

Entierement d accord. C est une dimmension que doivent prendre en compte les accords. Mais il faut une volonté planetaire de le faire qui s oppose aujours hui à la volonté se développement rapide

pourquoi planétaire ? il y a beaucoup d'accord bilatéraux...

Planétaire parce la mondialisation nous a amené dans un monde de concurrence mondiale inter étatique. SI demain la France passe un accord avec le Canada (par exemple), un accord vertueux qui prenne les mesures nécessaires pour limiter la pollution, on s'assurait de par la même que dans le microcosme que l'on a créé à deux, tout va dans le bon sens. Mais cela ne marcherait que si les deux pays (ou plus) pouvaient vivre dans ce système fermé en autosuffisance (théoriquement possible, pratiquement impossible), car de facto, les coûts de production monteraient. Cette augmentation des coûts (volontaire et nécessaire pour atteindre l'objectif climatique) dans un système mondialisé (et je le regrette) les mettraient dans une position concurrentielle délicate par rapport aux autres. Le système ne pouvant tenir tel quel, il reviendra dans le flux de l'exigence mondial. D'où l'absolue nécessité d'une réelle exigence mondiale commune.


Je conseille à tout le monde de lire OR NOIR de Matthieu Ozanneau, ouvrage indispensable pour comprendre le monde tel qu'il va aujourd'hui, via l’énergie. Ne vous inquiétez pas M Ozanneau est directeur du think Tank Shif Project, donc ce n'est pas un ouvrage pro pétrole.

je suis sans doute un peu ras les pâquerettes, mais enfin, il y a bien en france des règles douanières simples qui, par exemple, s'opposent à l'importation de contrefaçons ? de certains produits jugés dangereux pour la santé publique ? il est urgent, de "juger dangereux pour la santé publique" des produits dont la fabrication est dangereuse, fût elle aux antipodes. inutile pour ça de créer un "système fermé en autosuffisance" 

mais indispensable d'envisager de se passer de ces produits, soit qu'on puisse les remplacer par de moins dégueulasses, soit qu'il faille se passer des usages/objets auxquels on les utilise. ben, c'est le genre de problématiques qui nous tombe dessus de tous côtés en ce moment. il va bien falloir y faire face...

Je ne fais pas cela par provocation mais je vais vous lister une liste de matériaux dont la production est objectivement polluante et potentiellement dangereuse:

- acier (charpente d'immeubles, construction navale, les couteaux, les fourchettes, ...)

- aluminium (le papier dont on se sert tous les jours, les avions, toute les structures légères, ...)

- l'or, l'argent, bref tous les métaux

-le papier (une des pire saloperie au monde, je ne vais pas vous faire la liste des produits qui blanchissent les feuilles, c'est un cauchemar)

- tous les plastiques bien évidement (voiture, prothèse médicale, emballages à la con, ...)

- le ciment (bilan énergetique catastrophique, ...)

- tous les carburants

- le silicium (tous les semi conducteurs)

- les terres rares (tous les appareils électroniques d'aujourd'hui)

- le traitement des eaux usées


je pourrais continuer très longtemps.

Le but de cette liste n'est pas de faire comme les climato sceptiques qui brandissent la menace du retour à la bougie. Il existe peut être un juste milieu à trouver, mais il ne faut pas croire que ce juste milieu soit facile à atteindre. Nous devrons en payer le prix. Et je déteste les discours qui rejettent toute la responsabilité sur les citoyens, les états ont leur part des choses à faire. Mais nous en tant que citoyen devons aussi être capables d'accepter de dépenser plus pour notre nourriture, nos habits, la pression économique doit aussi venir de nous. Nous aussi co responsables



m'est avis que la "ligne de démarcation" ne passe pas principalement entre "les" citoyens et les états, mais entre certains citoyens et d'autres... 

et, je ne dirais pas vraiment "co responsables", plutôt que nous n'avons pas tous les mêmes responsabilités  - et à chacun d'assumer les siennes. 

et donc oui, nous, les gens, nous avons nos responsabilités et nos marges d'action - sur la façon de consommer en particulier. et nous, les fauchés, nous savons déjà nous passer de plein de choses sans en faire un drame :D

vous utilisez vraiment du papier alu tous les jours vous ?

Non je n'utilise pas de papier alu, j'ai juste pris le premier truc que l'on peut avoir à la maison en aluminium. Encore une fois je me fais l'avocat du diable, mais c'est pour tenter de prendre le problème dans toute sa globalité. C'est un exercice de pensée, ma démarche n'est pas de dire, j'ai raison, vous avez tort, loin de là. J'essaye de mettre de la perspective parce que je pense que dire, ils sont méchants et nous gentils ne fait pas vraiment avancer le smil blik

ok, mais votre perspective c'est un peu "rendez vous compte tout ce qu'il va falloir éliminer !!!"

or, en fait, dans ce "tout" il y a pas mal de trucs dont on peut se passer dans la joie et la bonne humeur, comme le papier alu et les désherbants chimiques

et pas mal de truc dont on peut largement réduire la consommation, comme en arrêtant d'acheter des fringues 10 fois plus que ce qu'on peut user, et neuves, en plus, alors que c'est si amusant de chiner à la ressourcerie... ou le plastique, si déjà on le considère comme devant être réutilisé le plus longtemps possible...

et puis pas mal de trucs qui en fin de compte ne vont manquer qu'à une minorité de privilégiés (malgré la "démocratisation" de l'avion, c'est pas encore le rer hein... )

et puis d'autres qui vont poser des gros problèmes de toute façon, alors oui, il va falloir urgemment apprendre à sortir du béton, à construire en bois-terre (crue de préférence)-paille, pierre in situ avec parcimonie et à bon escient... et vous savez quoi ? le pisé, c'est bien plus confortable que le béton.


or, pour tous ces produits dont l'usage restera indispensable, réduire la production au plus juste (et accepter d'augmenter les coûts) permettra probablement d'augmenter la sécurité. il y a des choses qui doivent être mises à l'abri du délire productiviste. la bataille va être rude. mais ce n'est pas essentiellement, à mon avis, parce que "les gens ne sont pas prêts" mais surtout parce que les actionnaires ne sont pas prêts à lâcher leur bout de gras.

juste pour corriger, on a dévié sur la réponse au réchauffement climatique alors que ma réponse portait uniquement sur la gestion du risque industriel et uniquement sur cela. Je ne dis pas que les deux ne sont pas liés, mais je vous répondais uniquement sur la partie, peut on interdire l'importation de produits dont la conception est dangereuse.?(bon en fait en me relisant c'est moi qui ai fait la déviation, mea culpa, mon esprit s'est égaré entre le début de ma demonstration et la fin)

Et je suis d'accord avec vous qu'entre les riches/classe moyenne et les classes défavorisées, l'impact des modes de consomation porte plus sur les riches/classe moyenne que sur la classe défavorisée

et donc si l'on retourne sur le changement climatique, la question que je me pose par rapport à tout ce que vous préconisez: cela serait il suffisant? honnêtement je ne sais pas, peut être. Existe il un point d'équilibre de développement réellement durable? Pour quelle population planétaire? Et par quel système politique y parvenir vite et y rester?


Je vous rassure, je ne vis pas que dans un monde théorique et j'essaye comme vous  sans doute (avec mes contradictions et mes faiblesses) de faire autant que je peux (et c'est sans doute ridicule) pour agir dans ma manière de consommer et de voter.


Mon mode de pensée est gloablement similaire au votre, mais je m'efforce de penser en permanence contre moi même pour rendre cette pensée la plus solide possible. Donc j'expose des contre arguments que je m'auto impose. C'est comme cela que la pensée progresse. Enfin je le crois, moi profondément. Mais peut être est ce la coquetterie et que l'heure n'est plus à la raison. Tout pour vous dire que je ne suis pas là pour troller.

La question que je me pose par rapport à tout ce que vous préconisez: cela serait il suffisant? 


Je me demande même si c'est possible d'effectuer un tel changement de comportement. Parce que même si la surconsommation est un phénomène plutôt récent. Quand on regarde le passé plus ancien on observe aussi des extinctions:


https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0277379118306474

Même si ca reste sujet à controverse, plusieurs études montrent des liens probables entre l'homme et la disparition d'espèces il ya des dizaines de milliers d'années.



Mon mode de pensée est gloablement similaire au votre, mais je m'efforce de penser en permanence contre moi même pour rendre cette pensée la plus solide possible. Donc j'expose des contre arguments que je m'auto impose. C'est comme cela que la pensée progresse. 


Je trouve que c'est une attitude super saine

je ne suis pas là pour troller.

ça m'avait pas effleurée

suffisant pour quoi ? S'il s'agit de dire qu'on ne peut plus éviter les effondrements écologiques, je suis malheureusement de cet avis, et depuis plusieurs années déjà. 


or cela entrainera des accidents plus nombreux — nos conditions de production ne sont pas prévues pour résister à de forts alea climatiques, tempêtes, sécheresses, etc. 

c'est pourquoi je pense que la question des réponses politiques et sociales, en cas de catastrophe, est aussi essentielle que celle des expertises techniques : de toute évidence les "plans orsec" ne sont pas à la mesure de ce qui nous attend. qui d'entre nous sait où se réfugier et comment y parvenir si "ça pète" près de chez lui ? comment protéger vraiment les plus vulnérables (le confinement, après des heurs d'ignorance de la situation et de fenêtres ouvertes...) ? combien de masques et de comprimés d'iode réellement disponibles ? comment informer sans paniquer (m'est avis que cela nécessiterait une confiance dans les pouvoirs publics qui est loin d'être acquise pour l'heure... ) ? quelles organisations citoyennes pour se préparer à faire face ? quelles instances de décision indépendantes (la préfecture autorise l'extension en juillet, puis doit annoncer une catastrophe sans barguigner... est-ce pas trop attendre ?) et efficaces (capables de mettre en branle les mesures nécessaires et de les imposer) ?


on n'a pas le cul sorti des ronces. 


quant au "développement réellement durable", je n'y crois plus vraiment : nous entrons dans une économie de crise, il y aura des pénuries et des privations, et certaines des destructions en cours semblent déjà irrémédiables. mais enfin on peut peut-être éviter le pire, quelques pires... 


enfin, pour ce qui est de la politique... misère. je crains bien qu'on ne puisse éviter l'émergence croissante de pouvoirs autoritaires, qu'ils soient comme aujourd'hui mus par le déni des risques environnementaux et la fuite en avant, où comme cela va immanquablement surgir, par la prise de conscience panique de la catastrophe en cours. les sauveurs de la planète vont fleurir. 


donc, pour moi l'enjeu central est : comment résister ? Pas "quel système", "quelle société", mais "quelles failles dans les systèmes mortifères, pour maintenir un peu d'humanité et d'espoir". 


désolée.


or, pour tous ces produits dont l'usage restera indispensable, réduire la production au plus juste (et accepter d'augmenter les coûts) permettra probablement d'augmenter la sécurité


Même avec une production plus faible, ca n'augmentera pas forcément la sécurité. Les accidents seront probablement moins importants en terme d'ampleur.


Dans les labos de recherche, on manipule des substances dangereuses. on a des protocoles pour éviter au maximum l'accident mais l'humain reste faillible. Des accidents arrivent malgré que les quantités de produits utilisées sont très faibles.



la sécurité zéro n'existe pas, c'est vous qui l'avez écrit :)

mais cette question de l'ampleur des accidents n'est pas tout à fait négligeable, s'pas ?


Je vous rassure, les quantités de produits réactifs ou s'écoulant hors de leur enceintes de confinement pendant un accident font partie intégrante de l'établissement de la matrice de criticité, ce qui fait que in fine, les mesures de sécurité augmentent aussi avec la quantité. Mais effectivement, le moins de produit il y a, moins l'étendue de l'accident sera importante. Mais moins de produits par site veut dire plus de sites, donc plus d'usines.....


Cercle compliqué à résoudre (sauf à le casser peut être?)



Après sans vouloir rentrer trop dans la technique il existe tout de même un optimum d'asservissement de sécurité. Pour être plus claire, il existe un stade à partir du quel l'ajout de sécurité devient plus dangereux. La machine, l'usine devient alors inexploitable car les asservissements prennent le dessus en permanence. Exemple le crash des 737 Max de Boeing avec leur système d'anti décrochage.


Et oui la sécurité Zéro n'existe pas.

"Je vous rassure, les quantités de produits réactifs ou s'écoulant hors de leur enceintes de confinement pendant un accident font partie intégrante de l'établissement de la matrice de criticité, ce qui fait que in fine, les mesures de sécurité augmentent aussi avec la quantité."


La matrice de criticité??? C'est ça qu'on vous apprend à l'école?


Vous mesurez à quel point c'est pas rassurant du tout, ce que vous écrivez, quand on vient juste d'avoir l'évidence que les mesures de sécurité ne sont pas respectées, et que de toutes façons, vu justement la quantité, elles n'ont aucun sens? 


Vous ne voyez pas que justement, la quantité est un élément majeur du problème? 

On ne m'apprend rien à l'école, ce n'est pas mon métier, je vous indique (à partir des quelques connaissances que j'ai) comment est géré (oui je dis bien géré) le risque dans l'industrie (toutes les industries). Donc oui, cela peut vous faire peur si vous le découvrez, mais le risque 0 n'existe pas et n'a jamais existé. 

Si vous avez un véhicule, de la même manière qu'un usine, il existe une ''gestion du risque'' sur les pièces primordiales à la conduite de votre véhicule. A partir du moment où vous rentrez dedans vous devez accepter la probabilité de 1/1500000 (chiffre au hasard) qu'il y ait un problème mécanique ou électronique. sur une pièce primordiale à son fonctionnement. Lorsque la multiplication probabilité x gravité devient trop important (seuil déterminé souvent pas les normes), il faut mettre en place des moyens de réduire ce risque. Pour une voiture ce sera par une révision de votre voiture tous les 15000 km et le contrôle technique. Ces contrôle font partie intégrante de la gestion du risque afin de limiter sa probabilité d’occurrence dans ce cas là. L'ajout d'airbag va limiter la gravité de l'incident. C'est une autre manière d'agir.

"Si vous avez un véhicule"


Vous décrivez parfaitement l'inflation des moyens mécaniques, électroniques, électrotechniques et sociétaux qui se surajoutent les uns aux autres pour faire marcher la machine à faire de nouvelles machines. 


Il nous est désormais impossible de nous passer de voitures, même si nous n'en avons pas personnellement: des camions, des bateaux, des avions, nous apportent de quoi manger, sans parler du reste. 


Impossible? C'est justement cette impossibilité que nous devons questionner, pour commencer à imaginer.




Voilà une réflexion constructive. Comment créer les conditions en terme d'économie, d’aménagement du territoire pour rendre l'utilisation du véhicule dispensable?

Une deuxième illustration de gestion du risque qui parlera à tout le monde cette fois. Je ne suis pas électricien mais je vais prendre cet exemple (si un elec passe qu'il me corrige si c'est faux).


L’électricité à la maison présente un risque objectif électrocution/électrisation. Ce risque est là quoi qu'il arrive. L'état, afin de protéger ce risque va imposer la mise en place de disjoncteurs différentiels pour protéger les usagers. Ce disjoncteur est calé à 30mA, soit la résistance moyenne mesurée pour un corps humain sur un sol sec avec des chaussures. On pourrait dire à juste titre, que l'on ne prend pas en compte l'accident pied nu sur sol mouillé et qu'il faut remédier à cela en augmentant la sensibilité du disjoncteur. Sauf que si on le rend plus sensible, les plombs sauteront en permanence dans la maison. L'optimum sécurité/opérabilité a été calé à 30mA.

En faisant cela, on accepte donc que les personnes pieds nus sur sol mouillé soient électrocutées. 

Ouais, j'ai même dû "jeter" un four parfaitement en état de marche parce qu'il faisait disjoncter le nouveau machin que m'avait installé l'électricien....

Bizarre, quand on a, à une époque pas si lointaine, et dont il reste plus que des traces, tout mis en oeuvre pour rendre la voiture indispensable. 


Pourquoi "nos" dirigeants feraient ça, eux qui nous bassinent et nous contraignent pour nous faire acheter de nouvelles bagnoles en faisant semblant qu'elle sont plus écolos? 


Des tonnes d'acier, de plastiques divers, d'électronique et de "terres rares", des batteries dont on n'a pas prévu le recyclage... Jusqu'aux trottinettes qu'on retrouve dans les fleuves...

Non ce n'est pas négligeable du tout. Mais il faut, quelque soit le type de société, composer avec le risque.

Donc ?

Depuis la montée en puissance, dans les années 30 des "majors" du pétrole mondial, tout ceci est connu et reconnu. 


Dire que c'est comme çà, c'est bien mais on le sait déjà.


Dire que l'on n'y peut rien, c'est déjà moins bien.


Parler de coûts quand il s'agit de survie, ça frise l'obscène.


Et pointer du doigt "une réelle exigence mondiale", c'est se moquer du monde.


La "réelle exigence mondiale" naîtra du chaos issu de la catastrophe ou de la révolte de vous, moi, nos voisins et beaucoup d'autres.

Juste pour rappel, pince mi, si jamais on me prenait pour un pro industrie ou un climato sceptique, j'ai passé bien trop d'heures sur ce forum à lutter contre un climato sceptique qui faisait beaucoup de dégâts par ses propos. J'ai passé des heures à contrer ses articles fallacieux.


Je n'ai jamais dit que l'on n'y pouvait rien. Plutôt que de raisonner hors sol (ce qui est très simple). J'essaye de raisonner sur le monde tel qu'il est et comment le faire bouger avec ses contraintes et les êtres qui la composent. J'ai juste la prétention de dire que j'essaye de retourner le pb dans beaucoup de sens et que je ne trouve rien d'évident.

Alors oui je parle de coûts car il faut composer avec le monde tel qu'il est pour le faire évoluer.


Peut être êtes vous partisan de la table rase? de la méthode radicale? (peut être est ce la seule qui soit vraiment à la hauteur de l’enjeu d'ailleurs?-


Sur votre dernier point: c'est pour cela que je réfléchis à une possible solution qui soit à la fois démocratique et efficace: est ce possible d'ailleurs? L'homme étant ce qu'il est, il est fort possible que nous ne nous donnions le moyen de réagir uniquement quand il sera trop tard.


"j'ai passé bien trop d'heures sur ce forum à lutter contre un climato sceptique qui faisait beaucoup de dégâts par ses propos."


Il ne nous a pas échappé qu'il existe désormais une tendance à ne parler que du réchauffement climatique en exonérant chimie et nucléaire, ou à ne parler que de la chimie en exonérant le bouleversement climatique. 


Le fait d'avoir lutté contre un climato-sceptique est parfaitement compatible avec le souci de mettre hors de cause la chimie. 


Vous parlez de coûts: savez vous ce qu'il en coûte (en argent et en qualité de vie) à une famille standard d'avoir un lave-linge à foutre à la décharge tous les cinq ans, parce que d'autres veulent faire du fric dans l'industrie de l'acier? 


Et ce qu'il en a coûté aux parents qui, pour avoir talqué le cul de leur bébé, se sont retrouvés avec un enfant mort ou, je ne sais ce qui est pire, avec un enfant lourdement handicapé? Le talc Morhange, c'était en juillet 1972. Et tiens, là c'était justement une question de quantité.


Non l'énergie nucléaire n'a aucun n'impact sur le réchauffement climatique, son pb est tout autre, et réellement préoccupant, celui de la gestion des déchets. 


La chimie a t elle un rôle dans le réchauffement? Mais c'est tellement évident que ça ne me traverserait mémé pas l'esprit de dire l'inverse.


Je ne mets pas hors de cause la chimie ou quoique soit. Je mets en cause notre mode de vie global.



Encore une fois, je n'exonère pas l'industrie, et ses méthodes souvent peu recommandables, mais vous mélangez obsolescence programmée, gestion du risque industriel, normes sanitaires, réchauffement climatique... Quand je parle des matrices de criticité ce n'est pas pour dire que ce système est infaillible et qu'il faut ne rien dire et l'accepter tel quel. Je vous donne des éléments pour que vous compreniez et que les arguments de lutte soient plus percutants. Si vous ne voulez pas les entendre, je m'arrêterai là.



Et je comprend tout à fait les victimes des ''accidents" industriels et sanitaire, je serais le premier à me révolter si je devais être la victime de la "marge d'erreur", c'est affreux et inacceptable d'entendre une formulation telle quelle.


Non l'énergie nucléaire n'a aucun n'impact sur le réchauffement climatique, son pb est tout autre, et réellement préoccupant, celui de la gestion des déchets. 


Et on peut aussi ajouter le problème des ressources d'uranium qui ne permettraient pas de passer au tout nucléaire.


Ainsi que les conséquences irréversibles d'un accident toujours probable.

"ce qu'il dit est très intéressant mais c'est une opinion, orientée politiquement"


Erreur, il y a dans cet entretien une très forte proportion de FACTUEL: des chiffres, des dates, des processus, des témoignages, une évolution juridique. Bien sûr tout ceci est sous-tendu et analysé de façon politique. Aucun texte scientifique ne peut être apolitique, et je crains par dessus tout ceux qui feignent de l'être. 


"Mais il faut arrêter de croire que l'on pourra avoir le même mode de vie."


Oui, non seulement arrêter de croire, mais commencer à se passer réellement de tout ce qui, au fil des jours, va nous apparaître superflu. Au boulot!

Idem je me méfie des ''pragmatiques", je n'y crois pas, tout est politique.

Ce qui est ennuyeux c'est qu'une partie du procédé de traitement des eaux usées est impossible pour un temps suite à cet incendie. 

et encore, c'est de la gnognotte à côté de ça : https://www.youtube.com/watch?v=33rSwJ8PEL8


Dans son documentaire « Menaces en mers du Nord », Jacques Lœuille alerte sur les conséquences dramatiques à venir des quelque trois milliards de tonnes d’armes, dont chimiques, déversées dans les mers du Nord et Baltique lors des deux conflits mondiaux. Diffusé samedi 5 et et dimanche 6 janvier 2019 sur Public Sénat.


  • Présentation du documentaire par son diffuseur : 

En mer du Nord et en Baltique, les Alliés ont volontairement coulé des navires transportant près de trois milliards de tonnes d’armes, chimiques et conventionnelles, produites lors de la Première et de la Seconde Guerres mondiales.


Aujourd’hui, ces déversements restent méconnus mais les conséquences environnementales sont graves. Les barils qui les confinent mettent entre 80 et 100 ans à rouiller : ils commencent actuellement à diffuser leur poison dans la mer. Il suffirait que 16 % des substances s’échappent pour éradiquer toute forme de vie pendant des siècles. Les scientifiques prédisent une catastrophe sans précédent... 

En Europe, la France est le pays le plus touché pour la période 1914-1918 ; et l’Allemagne pour la période 1939-1945. Entre ces deux pays, les fonds marins qui longent le littoral belge forment un vaste tapis de bombes toxiques. Alors que les autres pays européens et la Russie commencent à communiquer, pour échapper au cauchemar, la France refuse de lever le secret défense. Pourquoi et comment cette décision a-t-elle été prise ? Comment éviter la catastrophe ?

Avec Lubrizol, on s’envole. Avec Seine Aval,…


(Je craque, désolée.)

oh ça va avec vos sites seveso qui brûlent hein! Je vous rappelle qu'une marmotte a essayé de voler un bout de pain et ça au moins, c'est mignon!

"On est dans une impasse médiatique traditionnelle, ce sont des sujets qui ne sont pas jugés sexy par les rédactions"

"Ce sont des sujets techniques, complexes, où il est difficile d’identifier et d’avoir les bons interlocuteurs"


pas jugé sexy ? trop technique et complexe ? mais sans déconner, ces gens n'ont même plus honte en fait, informer les gens, sujet sexy ou pas, est la moindre des choses il me semble...et leur boulot qui plus est...

quand on voit comment il sont capable de nous casser les pieds h24 avec des histoires, dont la grande majorité se cogne, comme, au hasard, les louanges en continue pour un ancien président limite mafieux qui passe l'arme à gauche...ça c'est sexy pour eux ? on croit rêver...

d'autant plus sur des sujets aussi gravent qu'une entreprise à haut risque sanitaire très clairement mal géré...avec un SIAAP complètement au choux voir carrément démissionnaire et complaisant...!

et pour nos pseudos journalistes dominants, ces infos ne sont pas jugé sexy ? mais ils se foutent du monde à un point ça en deviendrait presque comique si c'était pas si grave...ces gens n'ont de journaliste que l'appellation, plus rien à voir avec le devoir d'informer, ils sont juste là pour animer la galerie avec des sujets que ces guignols estiment "sexy"...

rien de nouveau mais ça me rend dingue à chaque foi...

les journalistes sans carte de presse ont plus à voir avec le journalisme que tout ces guignols, plus animateur de grande surface que journalistes à proprement parlé..."cette semaine, promotion spéciale -15 % sur l'andouille de Paris"




syndicat FO : "La situation à SAV s’est fortement dégradée depuis plus de deux ans. Vendredi dernier, nous avons adressé à l’inspection du travail sept alertes de dangers graves et imminents (dont le SIAAP n’a toujours pas tenu compte malgré ses obligations en la matière), pour des fuites de gaz ou des départs d’incendie."


mais à quoi sert cet organisme ? qui paye pour son fonctionnement ?(nous avec nos impôts j'imagine)

peut on porter plainte contre ces gens qui ne font manifestement pas leur boulot(comme les pseudos journalistes ! c'est une maladie dans ce pays) ?

est ce dû à de la corruption, du je-m’en-foutisme ou juste de l’incompétence ordinaire...?

avec des "contrôleurs" de ce niveau on a pas besoin d'ennemis pour essayer de faire sombrer le pays, ils ont juste à le regardé sombrer tout seul...affligeant...




Les journalistes locaux ont d’ailleurs appris le 5 septembre lors d’une réunion organisée par la préfecture que c’est seulement ce même jour, soit deux mois après l’incendie, qu’une mission d’experts avait pu accéder au cœur du site.


ce qui fait le plus peur dans l'histoire c'est que malgré le fait que ces pseudos journalistes se foutent du sujets comme de leur 1er slibar, ils sont mieux informés que les "experts" sensés vérifier tout ce bordel ? mais on est là ? parle t-on bien de la France en 2019 ? mais quelle honte...

Puisqu'on parle de l'utilité des historiens et de leur qualité de "scientifiques": un livre indispensable pour comprendre comment on en est arrivé là, et que ça date pas d'hier: La contamination du monde. Une histoire des pollutions à l’âge industriel, Paris, Le Seuil, coll. «L’univers Historique », 2017. 


Un de ses deux auteurs, François Jarrige, est maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne et membre du Centre Georges Chevrier (UMR-CNRS 7366). 


L'autre, Thomas Le Roux, est chargé de recherches au CNRS (CRH-EHESS).


Personne les a invités? Bizarre...

 Il existe une base de données des accidents industriels , c'est la base ARIA qui publie des inventaires année par année . 


 En 2018, il y a eu 1112 accidents et incidents dans des installations classées .


La répartition géographique des accidents industriels  sur 25 ans recoupe la localisation et la concentration des industries .


La lecture de ces documents remet en mémoire certains évènements comme celui de l'incendie d'un dépôt d'hydrocarbures à l'Etang de Berre le 14 Juillet 2015 .

Surpris d'apprendre qu'une station d'épuration peut être classée en site sévéso.


Surpris d'apprendre qu'une station dépuration puisse bruler, les produits utilisés pour le traitement des eaux sont des produit minéraux ( Chlorure ferrique, acide, base...) qui ne sont pas inflammables. 

peut-être l'incendie était d'origine électrique, mais je doute que les produits stockés puisse alimenter le feu (peut-être des comburants à base de Chlore


Question importante : à qui appartient le SIAAP ? et qui l'exploite ? est-ce un service public, est-ce une boite privée, est-ce propriété publique et exploité par un privé ?


Anecdote perso :

il y a près de 20 ans, j'ai été intérimaire dans une boite sous traitante de Véolia, il y avait eu un problème dans l'acheminement des eaux usées (bouchon ? ) et celle-ci s'était déversées dans les eaux pluviales dont le réseau alimentait un bel étang dans une belle propriété privée. (chez un bourgeois)

résultat : eutrophisation totale de la pièce d'eau et tous les poisons crevés à la surface

Je me suis donc retrouvé dans une barque avec deux rames, un gilet de sauvetage, une épuisette et une grosse poubelle à repêcher les poissons crevés. j'en ai remplis plusieurs poubelles qui ont fini à la décharge ... mangés par les mouettes  

A la question "pourquoi parler plus de Rouen que des Yvelines ?", il me semble que la réponse est assez simple. Les fuites d'eaux usées dans la Seine sont graves et ont des impacts forts à court terme mais ce sont des polluants relativement dégradables dont les conséquences seront neutralisées d'ici quelques mois. Les contaminants issus du feu à Rouen auront des durées de vie bien plus importantes. On en parle donc plus parce que c'est bien plus grave.

Cette station d'épuration ça ne serait pas celle dont parle Elise Lucet dans ce Cash Investigation par hasard ?

Notre station d'épuration brûle, et nous regardons ailleurs...

Mais pourquoi Lubrizol est mieux traité (malgré l'effet Chirac) que la SAV de la SIAAP ? Chronologie ? Le nom sonne mieux ? Complot ?

"On est dans une impasse médiatique traditionnelle, ce sont des sujets qui ne sont pas jugés sexy par les rédactions", constate Loris Guémart, ex-rédacteur en chef de la Gazette en Yvelines.


Pourtant, BFMTV est capable de diffuser l'image d’une voiture qui brûle lors d’une manif en fond d’écran pendant trois heures continues, avec des commentaires d’un vide intersidéral.

Je surnomme BFM le «fond d’écran flamme».


Heureusement que nos gouvernants actuels nous ont… euh… non rien…

Merci.


L’eau non traitée s’est déversée dans la Seine durant "deux heures" affirme le Siaap qui assure cependant qu’à "aucun moment il n’y a eu de rejet massifs dans le milieu naturel".


Si je retrouve les profs qui m’ont raconté pendant des années que la Seine était un milieu naturel. Enseignants, vous nêtes que des menteurs !

Petite précision , l'article est issu d'un blog du Diplo : Carnet d'eau , Marc Laimé tient également un autre blog LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE 

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