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New York Times : le "martyre" d'une éditorialiste conservatrice

En démissionnant avec fracas du New York Times où elle était embauchée depuis trois ans, l'éditorialiste Bari Weiss, venue pour faire exploser l'entre-soi idéologique de la rédaction, voudrait acter l'échec de la stratégie pluraliste du journal. Et promouvoir ses intérêts.

Commentaires préférés des abonnés

Bari Weiss défend ardemment la liberté d'expression, pourvu que ce soit celle de ceux qui partagent ses opinions. Tout au moins celles sur Israël (qu'elle critiquera très exceptionnellement quand ce pays interdira l'entrée à une jeune Juive américain(...)

On dirait tous ces "éditorialistes" sur BFM ou CNews qui, tout en sortant les pires horreurs à une heure de grande écoute sur une chaîne de télévision, expliquent qu'on ne peut plus rien dire et hurlent à la censure.


Ridicule !

Bari Weiss, championne de billard idéologique à à plusieurs bandes ? voyons par qui elle sera embauchée... Valeurs Actuelles lui a déjà fait savoir qu'ils ont d'excellents traducteurs...

Derniers commentaires

L'artiste urbain C215 (pseudo de Christian Guémy) sur Twitter :

Le portrait de Simone Veil, rue d'Ulm, près du Panthéon, qui avait été vandalisé, est restauré ! Je le referai chaque fois qu'on le détériorera, sans faillir. 

Il faut dire que Simone Veil était non seulement blanche, mais juive, ce qui est doublement rédhibitoire aux yeux des saccageurs.

Article intéressant comme d'habitude. 

Première impression : à bas ces horribles personnages alt right américains

Deuxième impression (après avoir lu 2 des articles de Bari Weiss cités, celui concernant Ansari et celui sur l'appropriation culturelle): le portrait dans l'article d'Asi relève un peu de la caricature quand même. 

Non elle ne défendait pas un violeur (l'histoire est bien plus complexe que ça). Et non elle ne défend pas l'appropriation culturelle mais se pose la question de jusqu'où on parle d'appropriation culturelle. Je crois être plutôt sensible à ces 2 problématiques (celle du consentement et celle de l'appropriation) et je trouve qu'elle apporte de la nuance là où on en manque de plus en plus. 

Après je ne peux pas me permettre de la 

juger sur 2 articles.... 

parler de "Maccarthysme de la bien pensance" quand on vit dans l'amerique de Trump qui fait disparaitre des manifestants par des milices paramilitaires non identifiées dans des vans banalisés; et où on retrouve des hommes noirs pendus à des arbres; avec la police qui conclue immédiatement à un suicide; c'est audacieux. Nous conservateurs à nous qui trustent tous les plateaux tv pour dire qu'"on peut plus rien dire" font la même chose en même temps.

Au fait, je n’ai pas compris ce que signifiait « woke ». Une nouvelle recette ?

On pourrait l’embaucher chez CNews. Ils cherchent du monde pour renforcer la pluralité zemmourienne et ne vont peut-être pas finaliser l’embauche de Marion Maréchal.

Cet article apparait neutre et objectif jusqu'à la formule


"cosigner une lettre ouverte flippée sur le spectre de la "cancel culture" dans Harper's "


A partir du moment où la lettre du Harper's (qui aurait 100 fois plus mérité un article d'@si que le cas de Bari Weiss, étant signée par des personnalités de renommée mondiale dont certaines très progressistes comme Noam Chomsky), est décrite sans autre forme de procès comme "une lettre ouverte flippée", je ne vois pas vraiment comment on peut prendre le reste de l'article pour un compte rendu sérieux plutôt que de la propagande pour un camp, dans le débat sur la cancel culture qui divise le monde intellectuel anglophone.

En total accord avec vous sur ce point.

"cosigner une lettre ouverte flippée sur le spectre de la "cancel culture" dans Harper's " 


Objectivement, il s'agit bien d'une lettre ouverte flippée sur le spectre de la cancel culture. Il n' a d'ailleurs rien d'autre dans cette lettre ouverte que l'expression de cette peur de la soit-disante "cancel culture". Cette peur est-elle justifiée ? C'est une autre question. Mais vous ne pouvez pas critiquer l'article d'ASI pour ce qui est une description factuelle de cette lettre. Pourquoi, d'ailleurs, estimez vous que cette lettre ouverte (qui ne contient pas d'exemples concrets sur lesquels enquêter) mérite un  article d'ASI ?




Pour ma part, j'ai un gros problème avec cette lettre ouverte ou tous ceux qui dénonce une soit-disante censure des opinions réactionnaires: dans les grands média, vous avez régulièrement des espaces (tribunes, articles, etc) dans lesquelles les thèses d'extrême droite sont exposées. Par contre, les thèses d'extrême gauche sont quasiment absentes. 


On constate aussi que les journaux "de gauche" ou du moins se disant de gauche ouvrent beaucoup plus facilement leurs colonnes aux opinions politiques de droites/d'extrême droite que les journaux "de droite" le font pour des opinions de gauche/d'extrême gauche.


Pour une opinion pro-immigrés, combien de centaines d'articles xénophobes, racistes ? Pour un Harvey Weinstein condamné médiatiquement (et judiciairement), combien de dizaines de Polanski qui s'en sortent sans aucune condamnation ni médiatique ni juridique ?


Alors, je veux bien qu'on dénonce la censure "de gauche", mais quand on ignore dans le même temps l'immense censure "de droite" ou, comme dans la lettre ouverte du Harper's, on met les deux sur un pied d'égalité, je pense que ce "on" a un sérieux problème avec la réalité.


La réalité, de nos jours, c'est la montée du fascisme sous toutes ses formes. C'est ça le danger. C'est de là que vient l'immense majorité de la censure et de la violence.



Rohh, vous exagérez sur la censure de la gauche par la droite, Onfray fait la Une du Point tous les deux mois et Laurent Bouvet publie une tribune dans Figaro Vox toutes les trois semaines, je ne vois pas ce qu'il vous faut de plus.

Est-ce que cela n'aurait pas plus à voir avec l'islamophobie latente d'Onfray que de son caractère supposément de gauche? (Bouvet je connais pas assez, mais ça m'a l'air du même tonneau)

Pas que. La droite adore les polémistes se faisant passer pour des intellectuels de gauche dont le discours ne consiste qu'à critiquer a gauche.

Désolé de ne pas avoir répondu, j'ai un peu la flemme de débattre une fois de plus sur les auto-aveuglements qui font tort à la gauche.


Je puis être d'accord qu'une menace plus grande (en particulier aux USA) vient de la droite qui a appris à utiliser les mêmes techniques que les activistes de gauche (voir par exemple le gamergate avec ses campagnes de boycott ou les déterrages de tweets de James Gunn). C'est d'ailleurs une partie du problème, quand on justifie de plus en plus des attitutes intolérantes, qu'on est dans la fin justifie les moyens, on ne peut plus condamner que ses adversaires usent des mêmes sans apparaitre d'une totale mauvaise foi.


Pour le reste je considère comme une qualité que la lettre ouverte se situe sur le terrain des principes généraux du débat public plutôt que d'argumenter dans des affaires particulières (et en particulier celles concernant directement certains signataires). Après il eut pu être mieux qu'ils évitent carrément tout exemple, au lieu d'en évoquer de manière allusive des qui ne sont pas nécessairement toujours bien choisis. Mais ça n'en fait pas pour moi qui constate l'évolution inquiétante d'un certain militantisme en ligne depuis presque une décennie une lettre "flippée", juste des gens qui finalement prennent conscience de ce phénomène que leur milieu (certes d'élites favorisées et peu inquiètes de pouvoir être totalement cancellées elles mêmes) ignorait jusque là.


Après il peut y avoir des remontrances sur leur manière de décrire cette "culture" (ou le terme lui même, qui prend des significations très différentes selon qui l'emploie), et j'aurais trouvé tout à fait légitime qu'@si choisisse, en commentant cette lettre, de les formuler (ils auraient même pu citer les arguments de la lettre de 150 journalistes en réponse, ou le commentaire plus mesuré et intéressant qu'en fait Glenn Greenwald etc..). En revanche que ça vienne sur le tapis est clairement à mon avis un moment important du débat public, après des années où ces tendances étaient ignorées il y a enfin une interrogation sur le bien fondé de certaines attitudes. Et le nombre énorme de réactions à cette lettre, qu'elles soient critiques ou pas, est là pour le confirmer. Je ne vois pas comment on peut dire que ça aurait fait un mauvais sujet pour @si.

ps : après bon nombre de réactions à cette lettre illustrent un autre phénomène inquiétant pour le débat public, à l'heure de la post-vérité il devient difficile de débattre d'un truc sans que des gens viennent carrément nier complètement la réalité du truc. 

Il y a des arguments pour défendre certaines campagnes de "cancel", ou justifier cette tendance par l'accession de nouveaux acteurs, minorités etc... au débat public, mais au lieu de les formuler nombre des défenseurs de ces pratiques préfèrent se réfugier dans "la cancel culture n'existe pas", ce qui rend le débat qu'aurait dù ouvrir cette lettre difficile à tenir.

pps : il y a un autre aspect de la cancel culture, non évoqué dans la lettre du Harper's, qui a mon avis mériterait d'importants débats, c'est comment elle sert le capitalisme.

Toute une génération d'activistes semble désormais trouver légitime que des gens se fassent virer pour leurs opinions par des sociétés privées sensibles à la pression "populaire" (aka d'une minorité ultra vocale sur twitter), y compris des sociétés qui n'étant pas des médias n'ont pas de raison logique de devoir contrôler leur expression, ne semblant pas objecter à l'immense pouvoir que ça donne aux employeurs .


Et ne semble trouver aucun problème de même aux opérations de wokewashing qui sont devenues la norme dans les firmes multinationales, s'achetant une bonne image à coups d'odes à la diversité, tandis qu'elles ne font aucun effort pour améliorer les conditions de vie/travail de la masse de leurs salariés (voir par exemple les sociétés de jeux vidéo ou grands groupes informatiques qui multiplient les affichages de progressisme, pour faire oublier le "crunch" -heures supplémentaires illégales en pagaille- qui est la réalité que subissent leurs salariés, qu'ils comptent ou pas plus de femmes et de minorités et qu'ils produisent ou pas des oeuvres cochant les cases de ce qui est attendu par les wokies - parfois de manière si maladroite que ça profite surtout à leurs détracteurs).


En résumé l'antiracisme, féminisme etc... sont en train de faire la même erreur que l'écologie il y a 20 ou 30 ans, se laisser instrumentaliser pour des campagnes commerciales en pensant que ça profite réellement à leurs idées (avec, comme c'est arrivé pour les écolos, l'apparition de toute une catégorie d'acteurs corrompus, faisant carrière de vendre une image progressiste à des sociétés en se vendant eux mêmes).

Je pense qu'on est au moins d'accord sur une chose: le terme même de "cancel culture" pose problème par son absence de définition précise et parler comme vous le faites de "nouvelles formes de militantisme en ligne" a au moins le mérite d'être un peu plus précis. Car oui, les méthodes d'intimidation, de menaces de désabonnement, de violences verbales etc sont loin d'être employées exclusivement par les militant(e)s féministes, LGBT et autres causes "progressistes". Ces méthodes sont aussi employées par l'extrême droite, mais aussi par tout plein d'autres groupes zélés. On peut penser aux extrémistes religieux, aux trolls de l'UPR (ok, ils font partie de l'extrême droite), mais aussi aux raoultiens (pour donner un exemple récent). Quand, début 2018, ASI a eu le malheur de publier quelques articles critiques contre Mélenchon, ça a été un déchainement de violence et de menaces de désabonnement sur les forums. Quand Le Monde a sorti l'affaire Benalla, les bourgeois pro-LREM ont fait de même dans les commentaires des articles de ce journal. Je pourrais continuer à citer des exemples venant de tous les bords politiques, mais vous l'avez déjà compris: le problème dépasse largement le cadre des militants "SJW".

Bref, comme je l'ai déjà dit dans mon commentaire précédent: ceux qui se plaignent de la paille qu'est la "cancel culture" sans dire un mot de la poutre que forment tous les autres groupes de pression utilisant les mêmes méthodes ont un sérieux problème de déni de la réalité. Vous parlez des "auto-aveuglements qui font tort à la gauche" et "des gens viennent carrément nier complètement la réalité du truc", je constate que ce sont les gens qui parlent uniquement des "SJW", de la "cancel culture" (ou qui mettent sur un pied d'égalité la censure des uns et des autres) qui sont dans le déni et l'auto-aveuglement.

Glenn Greenwald a au moins le mérité de rappeler que ces méthodes n'ont rien de nouveau, et qu'il a toujours existé une forme de controle social des opinions "exprimables", ce qui rejoint le concept de "fenêtre d'Overton". Ces méthodes sont d'ailleurs plutôt utilisées par la droite et l'extrême droite (religions, McCarthisme), même si le parti communiste de la période stalinienne était également friand de ce genre de méthodes. Aussi je pense que vous avez tort de croire que la droite a emprunté ces méthodes à la gauche, cela n'est pas vrai quand on se place dans une perspective historique.

Pour finir cette mise en perspective, je voudrais aussi attirer votre attention sur la Chine, qui a récemment mis en place une forme de contrôle étatique des opinions exprimées en ligne et qui est infiniment plus dangereux que la "cancel culture". Si on veut parler des menaces contre la liberté d'expression, je pense qu'il faut au moins parler de tous ça plutôt que de se focaliser sur les agissements de quelques militants de gauche. Si (pour une raison ou une autre), ces militants cessent d'employer ce genre de méthodes, est-ce que ça changera fondamentalement les forces qui menacent la liberté d'expression ? On peut légitimement en douter.


Je voudrais également vous donner mon avis sur une autre chose que dit Glenn Greenwald dans sa vidéo (merci d'ailleurs pour le lien): il pense que les changements (dans ce qui est acceptable/inacceptable socialement) sont trop rapides. Je ne connais pas la situation aux Etats-Unis, mais en France les choses changent très lentement. Si le féminisme a remporté quelques victoires depuis les années 60 et qu'il n'est plus socialement accepté de dire "la femme est inférieure à l'homme" ou autres remarques du même genre, notre société est toujours patriarcale et l'égalité des droits (en pratique, pas en théorie) est loin d'être acquise. Il a fallu 30 ans de militantisme (depuis les années 80) pour que l'homosexualité soit culturellement acceptée (et encore, les gains sont fragiles et l'homophobie toujours présente). Pour les trans, ils sont aujourd'hui là où les homos étaient dans les années 80: on parle de leur situation mais il y a encore beaucoup de chemin à faire (tant sur le plan législatif que sociétal) avant d'arriver à une certaine acceptation sociale. Pour le racisme, on voit que des termes comme "racisés" ou "privilège blanc" ne sont toujours pas acceptés par une majorité de la population. Sur ces sujets, les opinions conservatrices sont toujours très présentes dans les grands média et sans doute même majoritaires. Bref, les changements sont très lents et ce que dit Greenwald est faux en ce qui concerne la France. Et je doute fortement que la situation soit fondamentalement différentes aux USA, où Trump a été élu en 2016. Plutôt qu'une "cancel culture" et des "SJW" triomphants, on a un très lent basculement de l'opinion publique sur les sujets sociétaux, avec parfois des régressions. Là encore, rien ne justifie la peur de la "cancel culture" telle qu'exprimée dans la lettre du Harper's.


Ce sont toutes ces choses-là qu'il faut considérer si on veut débattre de "cancel culture" et de "SJW". Je sais que ce n'est pas agréable d'être l'objet d'une campagne de dénigrement systématique pour avoir exprimé des opinions contraire à l'avis de la majorité: pour avoir osé défendre certaines opinions politiques sur ce forum, j'ai été insulté, et parfois même diffamé, sur ce forum (où les choses sont pourtant très policées comparé à ce qui se passe ailleurs sur le web). Je devrais écrire au Harper's, tiens ;-)

Sur pas mal de points il n'y a pas de désaccord très profond entre nous. 


Je rappelle aussi régulièrement que ce que j'appelle les "nouvelles formes intolérantes de militantisme" ne se limitent pas à la gauche woke (en France , comme je le faisais remarquer en réponse à Ervé, on a la mouvance Printemps Républicain par exemple qui est à fond dans la cancel culture au sens le plus littéral - chercher à priver de plateforme ou nuire à la carrière de ses ennemis- tout en ayant une idéologie plutôt opposée à celle des "SJW").


Mais je vois d'avantage de péril quand c'est la gauche "inclusive" qui emploie ces méthodes, étant essentiellement contre productives outre pour l'image de la gauche en général pour les causes ou minorités mêmes qu'elles prétendent défendre (le cas des trans est un bon exemple, une minorité dont l'image est terriblement dégradée par les quelques centaines d'activistes délirants qui se livrent à des chasses aux sorcières en son nom sur twitter ou dans les universités, offrant des sujets sans fin aux vrais transphobes).


Globalement je pense qu'un des grands problèmes de ce militantisme est qu'il ignore un point central de la psychologie humaine, l'esprit de contradiction, ou la manière dont la contradiction sans mesure conduit les gens à se consolider dans leurs opinions. Quand une personne est attaquée de manière complètement démesurée pour de petites transgressions, sans aucune considération pour ses prises de position passées, sans considérer ses arguments et sans aucune merci même quand elle s'en excuse, elle a rarement tendance (sauf personnalités de complets moutons) à se coucher face à cette opprobre mais plutôt à en remettre une couche, subir une injustice conduisant à considérer le groupe qui s'en rend coupable comme injuste. C'est ce qu'illustre Greenwald dans l'article qui est en lien sous sa vidéo (long mais passionnant), évoquant le cas de Martina Navratilova et le durcissement de ses positions après qu'elle ait été prise à partie pour des tweets initiaux plutôt innocents (sur la question très technique de l'avantage des hommes biologiques dans le sport).


Au passage quand il parle de mentalités qui évoluent "trop vite" c'est aussi à ça qu'il pense, je pense, la manière dont des personnes qui étaient de quasi révolutionnaires en leur temps (Navratilova championne des causes LGBT à une époque où même les parties L et G étaient difficiles à défendre) peuvent se retrouver attaquées pour avoir un train de retard sur la pointe de l'activisme sociétal.

 Je pense aussi qu'il ne parle pas de la moyenne des sociétés, mais de l'écart justement entre cette pointe et celle ci. Évidemment il reste encore un paquet de monde, que ce soit en France ou aux USA qui est encore dans des mentalités ou visions du monde remontant au début de la période des droits civiques, voir carrément avant. Mais c'est précisémment l'écart toujours plus énorme entre le point de vue dominant chez les activistes sociétaux (et les élites intellectuelles urbaines étant à leur page) et une moyenne comprenant ces gens carrément en retard de 2 ou 3 trains, et encore plus de monde entre les deux, qui crée des problèmes.


Enfin comme d'habitude, ce qui nous sépare est que j'ai tendance à considérer les choses sous un angle avant tout tactique (aka ces attitudes profitent elles aux chances d'actuellement appliquer des politiques de gauche ou favorables aux groupes qu'elles prétendent défendre ou sont elles plutôt contre-productives ?). Et mon impression est qu'il y a bien plus d'arguments pour établir la contre-productivité des tendances à l'outrage démesuré et au cancel, que d'arguments pour dire qu'il profite aux causes dont il se réclame.


Dans les "victimes" d'attitudes relevant de la cancel culture on peut distinguer trois catégories. 


D'une part des personnes que l'on pourrait qualifier de puissants inattaquables (Rowlings par exemple), ayant un capital social (et souvent un capital tout court) pour largement s'en relever et retrouver des plateformes même en imaginant qu'elles en perdent temporairement. L'effet sur celles ci est quasi nul, à part typiquement de les voir se renforcer dans les opinions que les canceleurs prétendaient combattre et en remettre une couche, quant à l'effet sur un public qui les apprécie (pour d'autres raisons que leur part d'opinions "bigotes") et les voit attaquées avec la plus grande des violences il peut être de le voir défendre et adhérer par solidarité à cette part même d'opinion douteuses autant que de s'en détourner.


A l'opposé des personnes quasiment pas connues, qui n'aquierrent une notoriété qu'à travers ce qui leur est reproché et ce qu'elles subissent (par exemple tel infortuné salarié viré pour avoir fait le signe "ok" sur une photo ou la nana qui a fait une mauvaise blague avant un voyage en Afrique). Si ces personnes sont réellement bigotes c'est la cancel culture qu'elles subissent qui leur offrent une audience bien supérieure à celle qu'elles pouvaient espérer. Et si ces personnes ne le sont pas réellement et ont été attaquées injustement, elles offrent à la droite une occasion de dénoncer les dérives délirantes de la cancel culture (devenant des arguments pour la défense d'autres personnes qui elles méritaient les réactions qu'elles se sont prises).


Enfin dans la large catégorie entre les deux, on trouvera par exemple les professeurs d'universités cancellés par des activistes étudiants, ou journalistes attaqués pour des opinions ou attitudes que seule l'extrême extrême pointe du progressisme trouverait problématiques (des cas comme Bret Wenstein par exemple).  Alors que typiquement il s'agit de ce qu'on appèlerait aux Etats-Unis des libéraux old school ou en France des représentants de la gauche universaliste, leur rejet et besoin de retrouver une plateforme pour s'en plaindre les pousse dans les bras de ce qu'on appelle l'intellectual dark web (la mouvance Jordan Peterson, Ben Shapiro etc... et du média Quilette) seule à leur offrir largement la parole, où ils finissent par servir de caution morale aux vrais extrême-droitiers qu'elle contient (ce qui arrive en France aussi quand tel intellectuel iconoclaste rejeté par la gauche finit récupéré par la mouvance Causeur et à servir de caution à l'extrême-droite) . En prime eux aussi voient entre temps, quand leur affaire fait l'actualité, leur audience décuplée par rapport à celle que pouvaient espérer de simples intellectuels, et contribuent à la dégradation l'image de leurs détracteurs (et de la gauche dans son ensemble à laquelle les activistes fautifs sont associés).

 

Dans tous les cas je ne vois pas d'exemple où la cancel culture marche clairement, qu'elle s'en prenne à des faibles ou à des puissants sa force est retournée contre elle. On peut éventuellement lui attribuer un effet positif du coté de la dissuasion (pour une personne se prenant une campagne de cancel il y en a peut être x qui renoncent à exprimer les mêmes opinions), mais c'est totalement non mesurable, et en plus contribue au sentiment de "on ne peut plus rien dire" que la droite aime bien exploiter.

ps : quant à la question d'où commence un harcèlement par rapport à l'expression vigoureuse mais légitime de désaccords, et d'où commence la cancel culture par rapport à de simples harcèlements, oui c'est dur à trancher et c'est ce qui rend ces débats difficiles, tout le monde ne plaçant pas les curseurs aux mêmes endroits.

En effet, nous sommes plutôt d'accord sur le fond du problème.


Je suis d'accord pour dire que ce n'est pas en insultant une personne, ou en la menaçant qu'on la fera changer d'avis. Et oui, l'activisme de certains peut être contre-productif, il y a des fausses accusations qui font beaucoup de mal, on est d'accord sur tout ça.


Notre désaccord porte plutôt sur ce qu'est et ce que représente la "cancel culture" ainsi que sur son influence. Vous dites: "l'écart toujours plus énorme entre le point de vue dominant chez les activistes sociétaux (et les élites intellectuelles urbaines étant à leur page) et une moyenne comprenant ces gens carrément en retard de 2 ou 3 trains, et encore plus de monde entre les deux, qui crée des problèmes."


Je suis d'accord pour constater qu'il y a un écart entre les activistes sociétaux et la majorité des gens qui ont "2 ou 3 trains de retard". Est-ce que l'écart se creuse ? Je n'en suis pas sûr. Si vous prenez le sujet de l'homosexualité, par exemple, j'ai l'impression que la grande majorité de la population est aujourd'hui là ou était les élites intellectuelles urbaines il y a 30 ou 40 ans. Plutôt qu'un écart grandissant entre les deux groupes, je pense qu'il y a plutôt eu un lent décalage vers "la gauche" (vers l'acceptation de l'homosexualité). Je pense si on pouvait représenter l'ensemble des opinions sur le sujet, cela formerait une courbe de Gauss, avec une grosse majorité étant plutôt tolérante sur la question, une petite minorité réactionnaire/homophobe et une petite minorité voulant aller plus loin (PMA/GPA, droit des trans, etc). C'est toute la courbe qui s'est décalée en 30 ans à une époque où une majorité de la population était plutôt hostile à l'homosexualité, où les blagues sur les pédés faisaient encore rire.


Et donc effectivement, celles et ceux qui était il y a 30 ans à la pointe sur le sujet et qui n'ont pas changé d'opinion depuis sont maintenant dans "le peloton" des opinions publiques plutôt qu'en tête de la course. Vous parlez de J K Rowling de de Martina Navratilova, qui ont 50-60 ans. Est-ce surprenant si elles ont des problèmes avec les revendications actuelles de la pointe des activistes sociétaux ? Est-ce vraiment le signe que les choses changent trop vite ?


On est tous (ou presque) destinés à devenir des vieux cons qui pensent que les jeunes exagèrent avec leurs idées ridicules. Pour ma part, je n'ai pas de problème avec les revendications des activistes trans ou des mouvements anti-racistes. Mais peut-être que dans 20 ou 30 ans, ces idées-là seront acceptées par une majorité de la population et que je serai un de ceux qui gueuleront en trouvant que les militants anti-spécistes vont trop loin et sont une menace pour la liberté d'expression.



C'est pourquoi je pense que ce n'est pas une mauvaise chose que l'on remette en question les positions sociétales de la génération précédente et que l'on considère que certaines personne ne sont plus assez "progressistes", que certains propos soient maintenant "inacceptables" ou simplement le signe que vous êtes "un gros réac". Après, il y a la manière de le faire et je ne cautionne pas les insultes, menaces etc. Mais simplement dire "JK Rowling raconte des conneries sur les trans et on ne peut pas/plus compter sur elle pour les questions sociétales" n'est pas en soit une mauvaise chose (cf par exemple la vidéo de Lindsay Ellis). 


Et contrairement à vous, je pense que cet activisme peut changer les mentalités sur le long terme. On ne va pas faire changer l'opinion de JK Rowling et autre, par contre on va faire comprendre aux autres pourquoi JK Rowling a tort, et petit à petit l'opinion publique générale changera avec le changement de génération.



Le problème je trouve c'est précisément que ce que tu en viens à dire sur JK Rowling, la généralisation "on ne peut pas/plus compter sur elle pour les questions sociétales",  est très discutable. En résumé non, on peut probablement compter sur elle pour 99% des questions sociétales, moins celle de l'accès exclusif à certains espaces féminins ou celle du droit d'expression des féministes gender critiques / de leur exclusion du Labour ou que certaines perdent leur emploi pour ces positions (JKR a pour particularité de s'être radicalisée dans son opinion, moins parce qu'elle était attaquée elle même au départ que par solidarité envers d'autres qui l'étaient, et suivre l'extrême violence des débats anglais sur la question, rend son évolution plutôt compréhensible - si pas par ses critiques internationaux qui y réagissent comme à une expression personnelle et gratuite de transphobie).

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Dire "on ne peut plus compter sur elle" (qui est ce "on" au passage, quel est ce groupe 100% d'accord sur tout dont nous serions tous sommés faire partie ?) car elle exprime une divergence sur un sujet particulier, en la transformant globalement en infréquentable, on réduit la valeur de sa parole ou des messages de son œuvre sur un nombre bien plus énorme de sujets où pas grand monde ne trouverait à redire sur ses positions. Elle reste une antiraciste, une féministe, une plus ou moins socialiste (bon plutôt soc-dem c'est pas non plus une révolutionnaire anticapitaliste), une personne qui défendra volontiers les homosexuels, et même certainement des trans face aux vrais transphobes extrêmes (ou plus extrêmes qu'elle si "on" tient à l'essentialiser ainsi).


La question épineuse c'est est ce que le 1% restant vaut la peine de dévaluer sa parole, faut il considérer comme d'extrême droite (et la laisser récupérer) les gens qui ne sont pas d'accord avec une pointe de l'activisme sociétal sur un sujet particulier ?


Enfin il y a toujours cette question du purisme qui revient à gauche. Certains vont te nier le label de gauche car tu n'es pas anticapitaliste, d'autres vont nier à Rowling le label de progressiste car elle ne l'est pas sur certaines revendications des activistes trans, les deux considéreront tel critère (typiquement correspondant étrangement à leur propre opinion et obsession) comme définissant absolument le groupe pur moralement, pouvant s'approprier le label sacré gauche/progressisme. Et en l'absence d'organisation démocratique pour rassembler ces catégories énormes, de vote pour déterminer ce qui définit le "on" (ou de science impartiale, parfaite et définitive qui trancherait ces épineuses questions de société) c'est totalement arbitraire. 


On pourrait accorder comme source de cette légitimité qu'un groupe considéré discriminé semble majoritairement d'accord avec cette opinion, le problème (en dehors du fait qu'on ne connait jamais que l'opinion de minorités vocales) c'est qu'on trouvera aussi un "on" minoritaire (ou moins relayé), relevant de groupes également discriminés, qui niera par exemple avec le même acharnement le label de féministe à ceux qui s'opposent à leur tendance gender critique, ou décrétera que ceux qui s'en prennent à Rowling sont "lesbophobes", avec pas plus de légitimité pour s'approprier ces labels. Et même encore des exceptions qui confirment la règle dans la minorité attaquée qui adhéreront à ces points de vue (comme le montrent les débats anglais, où Woman's Place UK a régulièrement mis en avant des oratrices trans soutenant le point de vue des "transphobes"). 


A l'arrivée faut espérer que le vrai "on", qui contient surtout des indécis sur telle ou telle question ultra-particulière qui ne l'obsède pas, mais de bonne volonté pour suivre l'avis de ceux qui s'en soucient (sinon ils ne se reconnaitraient pas dans le label disputé), n'en vienne pas face à l'opposition de ces purismes juste à se dire que la gauche est devenue folle et s'en détourner.


Après on peut y voir au contraire un argument pour la nécessité d'exclure et de réduire au silence.


C'est si on s'approche du 50-50 dans l'opposition de divers purismes qu'une controverse a le plus de chances de finir en débat de sourds, où tout le monde refuse d'entendre les arguments des autres, préférant les ramener à des hommes de pailles pour leur nier le droit à tel ou tel label sacré ou les essentialiser en anti-tout ce que leur label commun représente et finissant par dégouter les neutres (comme l'illustre là encore fabuleusement l'exemple fascinant du Labour).


La cancel culture interne au progressisme peut être vue comme visant à éviter ça en favorisant l'unanimisme. Si tu excommunie l'opinion dissidente assez vite, au premier signe de crimepensée, et la diabolise vigoureusement, elle n'atteint jamais la masse nécessaire à pouvoir vraiment contester les labels concernés. 


Mais c'est pas vraiment personnellement mon idéal dans le fonctionnement d'un mouvement politique (qu'on parle d'un mouvement totalement gazeux comme "le" progressisme ou "la" gauche, ou d'une organisation politique structurée).


Enfin face à l'option "ferme ta gueule" je défendrais plutôt la "cause toujours", ne pas donner une importance démesurée aux gens exprimant une divergence sur un sujet particulier même si on la trouve très critiquable, ne pas les essentialiser négativement à coups d'énormes hommes de pailles, ne pas les aider à se victimiser en les martyrisant, ne pas se priver de leur soutien sur d'autres sujets où ils ne sont pas problématiques. Juste mettre en avant de son coté* des analyses/arguments/témoignages qui seraient meilleurs (* insistance sur ce "de son coté", je défend le cause toujours pas d'entrer dans des débats piégés, en répondant directement aux arguments de gens ne méritant pas tant d'attention), et essayer de gagner le soutien du "on" par la conviction plutôt que l'intimidation (faire un peu confiance finalement à ce "on" composé de gens de bonne volonté pour plutôt choisir les bonnes options, aurait il écouté aussi les arguments de personnes qui ont tort). 


Et pour le permettre, peut être, éviter autant que faire se peut, préventivement, d'entrer dans le culte de personnalités, hommes ou femmes providentielles, héros de la cause, artistes inspirants etc.. donnant un poids démesuré à la parole de quelques uns, sachant que ces humains, effectivement, vont vieillir et seront peut être les réacs de demain (autant attendre leur mort pour les célébrer c'est moins risqué). 

Plus l'approche est horizontale, moins on résume un mouvement à quelques têtes de gondole, si exemplaires soient elles dans l'immédiat, moins on condamne la génération suivante à devoir les trancher quand leur vieillesse s'avère (comme souvent) un naufrage. 

Le "cause toujours" évidemment est plus dur à pratiquer si jusque là on avait dit au monde "écoutez le c'est la sagesse incarnée / il incarne notre mouvement".

Petite précision,  "JK Rowling raconte des conneries sur les trans et on ne peut pas/plus compter sur elle pour les questions sociétales" n'est pas mon opinion personnelle mais ce que disent certains militants/activistes (dont Lindsay Ellis) qui sont, j'imagine, ce que vous et d'autres considérez comme promouvant la "cancel culture".


Mon opinion personnelle est que JK Rowling a effectivement dit des conneries sur les trans; je ne lui en tient pas particulièrement rigueur, je ne vais pas interdire ses livres ou quoi que ce soit.


Les gens réagissent différemment à l'opinion exprimée par Rowling, et certains, oui, vont jusqu'à ce dire qu'on ne peut plus compter sur elle pour promouvoir certaines causes, ou vont dire que maintenant ils ne peuvent plus lire ses livres de la même manière. 


Peut-être que ces réactions sont excessives (en tout cas c'est mon opinion et la votre aussi si j'ai bien compris); mais en s'indignant sur ce genre de propos, ces gens ont au moins le mérite de questionner certains préjugés. Il y a 10 ans, les propos de Rowling seraient passés sans problème. Aujourd'hui, une petite minorité les trouve intolérables, un plus grand nombre de gens (dont je fais partie) les trouve simplement cons, et une majorité ne voient pas où est le problème dans ces propos. Peut-être que dans 20 ans, une large minorité les trouvera intolérables, une majorité les trouvera simplement cons et une petite minorité réactionnaire se dira que Rowling a bien raison.


C'est dans cette optique qu'il faut regarder le phénomène de la "cancel culture", voir la lente évolution de ce qui est jugé acceptable ou non.




Ce n'était pas pour t'accuser toi, ou Lindsay Ellis (c'est bizarre j'avais regardé la vidéo mais même pas réalisé que c'était une citation) d'être de méchants cancelleurs, c'était pour pointer comme on passe d'une opinion douteuse sur un sujet isolé à exclure complètement la relevance de quelqu'un pour un champ nettement plus large / reléguer dans le camp des ennemis du progressisme en général sur un tel désaccord (et ensuite je ne parlais plus du trop de vous, mais plus de la question générale de la définition du "on", d'où trouver la légitimité des labels ou anathèmes qu'il décerne). Oui je suis un peu sorti de la cancel culture au sens strict se faisant, puisqu'il ne s'agit pas ici de priver quelqu'un d'une plateforme ou d'un post, mais d'une simple reconnaissance comme membre de la tribu "progressiste" ou autre.

S'ouvrir à la pluralité, ah la bonne idée.


Mais pourquoi choisir Bari Weiss ? Ils l'avaient pourtant lue.


Manque de liberté d'expression, avec cette extrême extrémiste Bari Weiss à quoi pouvait-on s'attendre ?


A des reportages sur la vie des chatons  en Alaska ?


Démissionnaire de luxe, harcelée par ses collègues énervés, elle trouvera vite une autre adresse pour continuer ses aventures d'éditôcrabe ultra.  


Perso, je préfère une autre Weiss : Rachel.

Thibault is on fire this weekend !

tres bon article, merci.

Il touche a un point que je trouve extrêmement sensible qui est la dépendance editoriale a twitter..... @si n'en est pas exempt d'ailleurs. la multiplication d'articles volontier polémiques sur la forme,  plutôt vides sur le fond qui n'ont d'autres but que de buzzer sur twitter pour générer de l'acquisition d'abonnés est pour le moins troublante. 


Pour ce qui est du NYT, tous ces op-eds conservateurs sont une simple caution.....   ils donnent l'apparence  du pluralisme, du respect des opinions dissidentes et de la liberté d'expression mais la radicalité de ces prises de position sont en generale a la limite de la parodie .... et desservent les intérêts de ce ceux qui les portent. Je ne doute pas qu'il y ait une partie de vrai dans ce que dit bari weiss mais la polémique est effectivement complètement artificielle, elle peaufine son CV.


Tout ce débat ne fait que occulter une réalité beaucoup plus préoccupante qui est le manque de pluralisme a "gauche" au NYT......  On a vu une rédaction paniquée passer d'une  bienveillance vis a vis de Sanders lorsqu'il n'était qu'un outsider sans réelle chance a la dénonciation progressive de ses idées  après ses premières victoires aux primaires....  le tir de barrage anti Sanders  ( subtil , tout en insinuation au départ puis franchement appuyé ) par les éditorialistes  a révélé les orientations  du journal ou tout du moins de sa direction et son equipe editoriale : De centre gauche  dans ses idées et  son traitement théorique de l'actualité quotidienne mais fondamentalement de centre droit lorsque l'enjeu devient réel et  qu'il s'agit de passer a la mise en pratique. réflexe défensif d'une classe qui se sent soudain menacée.


le NYT et le WAPO (dans une certaine mesure) ont probablement fait beaucoup de plus mal a Sanders que ne l'ont fait tous les journaux conservateurs réunis.


On dirait tous ces "éditorialistes" sur BFM ou CNews qui, tout en sortant les pires horreurs à une heure de grande écoute sur une chaîne de télévision, expliquent qu'on ne peut plus rien dire et hurlent à la censure.


Ridicule !

Bari Weiss défend ardemment la liberté d'expression, pourvu que ce soit celle de ceux qui partagent ses opinions. Tout au moins celles sur Israël (qu'elle critiquera très exceptionnellement quand ce pays interdira l'entrée à une jeune Juive américaine soutenant BDS). Elle n'a pas soutenu celle de Marc Lamont Hill, renvoyé de CNN pour avoir tenu un discours pro-Palestiniens, non plus que lorsqu'il a été menacé d'être viré de son poste d'enseignant pour ce même discours. Elle n'a pas bronché lorsque Steven Salaita, un professeur américain d'origine palestinienne, a vu son contrat avec l'Université d'Illinois annulé (ça leur a coûté bonbon) pour avoir condamné le bombardement de Gaza par Israël. Elle n'a pas battu un cil lorsque Bahia Amawi, Américaine d'origine palestinienne résidant au Texas, spécialiste des problèmes de langage chez l'enfant, a été virée de son boulot au bout de neuf ans parce que son contrat annuel présentait de nouvelles conditions : ne pas participer à un boycott d'Israël présent ou durant le durée du contrat (en 2018, 26 états des USA exigeaient cet engagement de leurs fonctionnaires ou contractuels, et 13 autres états envisageaient une telle loi)…


Incidemment, Bari Weiss a tort à propos de Mirai Nagasu : ce n'est pas une immigrante. Elle est née en Californie. Ses parents, en revanche sont des immigrants. Et ASI a tort : ce n'est pas la première femme à réaliser un triple axel. Ce n'est même pas la première Américaine (Tonya Harding l'a fait avant elle). La première était la Japonaise Midori Ito, et il y en a eu beaucoup d'autres ensuite (curieusement, beaucoup de Japonaises, et des Américaines et Canadiennes d'origine japonaise). Mirai Nagasu est seulement la première Américaine à l'avoir fait aux J.O..

Un autre son de cloche sur le sujet :

Celui de la journaliste Françoise Degois.

Bari Weiss, championne de billard idéologique à à plusieurs bandes ? voyons par qui elle sera embauchée... Valeurs Actuelles lui a déjà fait savoir qu'ils ont d'excellents traducteurs...

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