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Conflans : la loi Avia aurait-elle fait rempart ?

L'assassinat de Samuel Paty, vendredi 16 octobre, à la suite d'une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, a relancé deux débats : sur la fin de l'anonymat sur Internet, et sur la modération de la haine en ligne. Et la loi Avia, retoquée par le Conseil constitutionnel en juin, revient par la fenêtre. Aurait-elle permis d'empêcher l'assassinat ? Non, selon notre journaliste Thibault Prévost. Analyse.

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C'est certain que si on changeait la Constitution aussi souvent que F. de Rugy change de parti, on aurait une Constitution élastique

et par exemple je ne pourrais parler (ni Wiki) de son utilisation des fonds publics

Excellent article, merci ASI. Entre "stratégie du choc" et "aubaine" (dixit C. Barbier) ce drame est comme prévu, hélas, l'occasion de nouvelles tentatives d'atteintes à la liberté d'expression qui, une fois encore, ne semblent pas intéresser nos che(...)

On censure "l'origine du monde" mais jamais "la fin de son monde". Les priorités des algos ...

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Je me rappelle ce que proposait il y environ 4 ans le (très macroniste) sociologue spécialiste des médias Gérald Bronner. Selon lui les internets seraient un marché de l'information non-régulé qui devrait être encadré pour pouvoir fonctionner sur le long-terme. Mais ce qu'il propose c'est exactement la loi Avia, des autorités spécialisées chargées de surveiller et punir les utilisateurs de réseaux. 

Ce qui est marrant c'est que Thibault Prévost propose exactement l'inverse (mais il n'est pas le seul https://www.arretsurimages.net/chroniques/votre-attention-sil-vous-plait/comment-twitter-hysterise-tous-les-debats) avec des limitations individuelles qui serait appliquées à tous les sites permettant les commentaires et les prises de paroles.

C'est quand même marrant qu'on préfère mettre en place des législations et des outils technologiques hyper intrusif et complexe (IA d'analyse des contenus) alors que les réunions qui se passent bien c'est celle où tout le monde peut parler MAIS où le temps de parole est limitée, qu'on ne parle que quand les autres personnes sur la liste ont parlées et si une personne monopolise la parole on met en place la technique de la double liste (une personne qui a déjà parlé se fera griller la priorité par rapport à celles qui n'ont pas encore eu leur tour).

Concernant les algo, je pense qu'il y a des solutions techniques. Mais pas sûr que ça intéresse twitter. A défaut de censurer abusivement qui est la menace brandie quand on dit que les plateformes seraient tenues pour responsable, ils peuvent mettre des préférences de filtres par thème.

Par défaut activer tous les filtres (violence, nudité, etc.), et ensuite déjà surveiller le contenu de ceux qui désactivent les filtres genre "scène de guerre" ou autre. 

Après on affine les réglages et à la fin on doit pouvoir avoir une modération semi-automatique potable. Aux dernières nouvelles les IA peuvent très bien identifier de manière ciblée le contenu d'une image pour que des filtres thématiques soient faisables.

Un filtre "nudité non-artistique" pourrait facilement résoudre le cas de l'origine du monde ou autre si les gens veulent filtrer la pornographie mais pas l'art (ou les images de nudité sans conotation). De même qu'il serait assez simple de filtrer uniquement la violence qui ne serait pas issue d'une production licenciée (film).


Le problème n'est pas le moyen technique à mon avis, mais plus l'intérêt de twitter à continuer la politique de l'outrance car c'est ça qui génère de l'activité dans leur modèle.


Bref, tout ça pour dire qu'on pourrait imaginer une loi obligeant la mise en place de ce genre de filtres dans les préférences utilisateurs. Et pour le coup ça ne me semble pas être une atteinte aux libertés. Si ma mémoire ne me trompe pas ce genre de chose a déjà été fait par le passé avec l'obligation d'intégrer des filtres parentaux à je ne sais plus quoi (les FAI ou autre je ne sais plus quel était le sujet).

"L'anonymat évacué"


si je puis me permettre vous allez  un peu vite en besogne , il est encore toute a fait possible d'etre anonyme sans beaucoup d'efforts.dans votre demonstration  vous partez du principe que tout le monde se connecte de chez soi et avec son ordinateur ou sur ton téléphone portable personel.... se connecter sur un ordinateur lamba  , utiliser un téléphone jetable avec de la data, créer des comptes bidons avec vpn et encryption pa dessus c'est possible avec un minimum d'efforts. c'est bien d'avoir un avis mais attention a ne pas "évacuer" trop vite. 


apres on est d'accord que l'anonymat dans le cas présent n'est pas le problème, par ailleurs la loi actuelle couvre la majorité des abus que l'on constate sur internet encore faut il qu'ils soient judiciarises ce qui est au final rarement le cas..... bref commençons par appliquer la loi avant de vouloir en faire de nouvelles.

 

L'anonymat, c'est la pierre angulaire. Réfléchir mille fois pour justifier, ( pourquoi justifier?) un système étrange : on se cache et se cache encore.. La responsabilité de chacune ou chacun passe par une identité délivrée, on ne dit pas que l'on est "x", ou alors on est d'une singulière lacheté. 


Au risque de choquer, on ne peut pas faire l'impasse sur un autre fait, une autre particularité : il y a urgence à une critique du fait religieux. Qu'est-ce que le fait religieux apporte à une vie? à se vie. Il appartient à l'imaginaire, l'imaginaire le plus sommaire. Les bases et les sources? souvent falsifiées, oubliées, aménagées. Le fait religieux, au lieu d'être enseigné avec distance -la distanciation brechtienne?- le fameuse objectivité ?due à chacune et chacun? Non, un combat à mener face à une forme d'obscurantisme. Qui a dit : quand vous adoptez une croyance, un préjugé, alors vous n'êtes pas libre.? 

"Qui oserait imaginer une loi Avia pour surveiller et censurer automatiquement nos messages WhatsApp, nos boîtes mail, nos SMS?"

Qui, en effet ? Un indice : ça commence par L, ça finit par M et il y a un R au milieu.

Parce que vous pensez qu'on n'est déjà pas surveillé ? Vous êtes bien naïf alors. Votre smartphone vous enregistre et vous géolocalise même si vous pensez avoir déconnecté les applis.

Apparemment ça ne leur sert pas à repérer ceux qui risquent vraiment de passer à l'acte. Ou alors... ils ne regardent pas du bon côté.

Merci pour cet article.
J’ai malgré tout une frustration par rapport au compte de l’assassin :

Le compte a été "nettoyé" avant le passage à l'acte : des 400 tweets, dont certains lui ont valu deux signalements en juillet et août dernier (pour propos antisémites, et photomontage de décapitation), ainsi que le déclenchement d'une procédure Pharos contre les contenus illicites en ligne (le 30 juillet dernier), il n'en reste que quatre. Dont l'ultime, qui lui vaudra sa fermeture définitive quelques minutes plus tard.


Des personnes ont affirmé sur Twitter que des personnes (des musulmans) ont repéré que le compte du terroriste était « au minimum daéshien ». J’ai vu les tweets en question, et oui, l’un écrit « lui, c’est du lourd » et un (autre ?) « il est minimum daeshien ». Et je ne comprends pas. Ont-ils signalé le compte à Twitter ? À Pharos ? Que s’est-il passé ?

On censure "l'origine du monde" mais jamais "la fin de son monde". Les priorités des algos ...

Excellent article, merci ASI. Entre "stratégie du choc" et "aubaine" (dixit C. Barbier) ce drame est comme prévu, hélas, l'occasion de nouvelles tentatives d'atteintes à la liberté d'expression qui, une fois encore, ne semblent pas intéresser nos chers médias, hormis les "gauchistes" habituels... Heureusement qu'on est en démocratie...

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