Varin, le retour de la retraite-chapeau
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Varin, le retour de la retraite-chapeau

Vous en souvenez-vous ? Le 27 novembre 2013, votre matinaute préféré

se réveillait sous le coup d'une révélation : le montant de la retraite-chapeau de Philippe Varin, PDG de PSA poussé vers la sortie (420 000 euros brut par an). Au terme d'un psychodrame d'une journée entière, Varin, en fin d'après-midi, et devant les caméras, renonçait finalement, dans la douleur, à cette retraite-chapeau. Il faut dire qu'avec 8000 suppressions de postes dans le groupe, et de lourdes pertes dans l'exercice 2012, le choc moral était considérable et le soulagement, devant son geste, général. Comme il se doit, le 20 Heures de France 2 se faisait l'écho du beau geste.

Et ô surprise, ce matin au réveil, on apprend que le même Varin percevra tout de même une retraite-chapeau. Un peu moins élevée (seulement 300 000 euros par an), mais tout de même. Le tour de magie est raconté en détail dans un site que je ne connaissais pas, et qui répond au joli nom de Déontofi.com. Il faut lire entièrement l'article de Marie-Jeanne Pasquette. C'est un tour de magie de deux ans et demie, avec la complicité du Conseil d'administration de PSA, notamment de Louis Gallois, l'homme du rapport sur la compétitivité, et de Geoffroy Roux de Bezieux, par ailleurs vice-président du MEDEF, nommément cités par Déontofi.com. Autre complicité possible, évoquée en filigrane par l'article, celle de Pierre Moscovici, à l'époque ministre de l'économie, et surtout ex-député du Doubs, l'un des fiefs de PSA.

La leçon de l'affaire, ce n'est pas seulement la voracité des grands patrons français, et leur système sophistiqué d'autoprotection. C'est aussi, une fois de plus, la capacité d'amnésie, et l'incuriosité du journalisme économique qui, tout au long de ces deux ans et demie, n'a rien relaté des manoeuvres de Varin pour s'accrocher à son poste, et se faire voter des dispositions sur mesure. Dès la déclaration de renonciation de Varin, d'ailleurs, et en écoutant attentivement ses termes ciséelés sur mesure, on aurait pu flairer le loup. Comme souvent, la lettre volée était posée sur la cheminée. Mais qui regarde la cheminée ?

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