Soumaré : en attendant la lumière...
Le matinaute
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chronique

Soumaré : en attendant la lumière...

On ne peut être expert en tout : le matinaute n'est pas expert en consultation de casier judiciaire.
A la différence de Frédéric Lefebvre, qui l'affirmait ce matin à Aphatie, je ne sais pas s'il suffit "d'aller sur Internet" pour consulter le casier judiciaire de Ali Soumaré, tête de liste socialiste dans le Val d'Oise, et ancien porte-parole des familles lors des émeutes de Villiers-le-Bel, en 2007.

Comme d'habitude à chaque plongée dans l'horreur juridique, on attendra d'être éclairés par Eolas. En attendant, je ne sais pas comment le maire de Franconville Francis Delattre, maire UMP de Franconville, a obtenu les informations qui lui permettent de divulguer (dans une lettre à la presse, si j'ai bien compris) les condamnations dont aurait été victime Soumaré, et qu'énumère Le Figaro : six mois de prison pour vol avec violence en 1999 ; 80 heures de travaux d'intérêt général en 2007 pour un autre vol avec violence et usage d'une carte de paiement contrefaite ; ou encore une «conduite sans permis de conduire malgré une injonction de le restituer» (ordonnance pénale du 16février : l'information circule vite).

Plusieurs journaux évoquent "un embarras au PS". Cet embarras est vraisemblable. D'autres journaux évoquent "un embarras à l'UMP". C'est tout aussi vraisemblable. Delattre avait suscité un embarras identique dans ses propres rangs, en comparant la liste socialiste dans le Val d'Oise, à "l'équipe de réserve du PSG", avant de se défendre de toute intention raciste dans cette jolie formule proto-frêchienne. S'il s'avère que les condamnations de Soumaré ne sont pas publiques, on peut aussi comprendre l'embarras de l'UMP, qui les a alors obtenues par des complicités policières ou judiciaires, sur lesquelles elle ne tient pas forcément à faire la lumière.

A ces embarras, ajoutons celui de la presse, comme d'habitude prête à s'embraser, avant d'avoir recueilli et livré tous les éléments d'information. Dans un portrait de novembre 2009, Le Monde se mouillait, pour affirmer que Soumaré n'a pas "un casier judiciaire défavorable". Dans son édito d'hier qui a révélé la divulgation de la lettre accablant Soumaré, Askolovitch (JDD) ne mentionne que la condamnation pour conduite sans permis, mais pas les autres : pourquoi ? Quant au Figaro, dans l'article mis en lien plus haut, il ne se pose nullement la question de savoir comment les élus UMP ont obtenu ces infos. Pourquoi ? Savoir si Soumaré mérite ou non d'être défendu est une vraie question. Mais qui, à mon humble avis, ne se posera que lorsque tous les éléments seront sur la table : le détail exact des condamnations (publiques) de Soumaré, ainsi que la manière dont l'UMP s'est procuré les condamnations (non publiques). Au boulot !

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