Siné viré, ou l'histoire pas drôle
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Siné viré, ou l'histoire pas drôle

Compte tenu de la personnalité éminente

des protagonistes de l'affaire, le renvoi de Siné par Charlie Hebdo a tout pour ranimer l'intarissable débat sur les limites de la liberté d'expression, l'humour, etc. Il fait d'ailleurs déjà du bruit. Rappelons le texte de la chronique fatale : « Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

L'épisode va certainement déchainer sur la Toile une de ces controverses interminables dont raffolent les forums. En virant Siné après s'être battu pour le droit de publier la caricature ci-dessus, Charlie prend le risque de se voir reprocher de faire "deux poids deux mesures". Alors, comme ça, dans la maison Val, on le droit de taper sur l'Islam, et pas sur les Juifs ?

Ces lignes de Siné sont-elles antisémites ? En soi, incontestablement. Mais les écrits antérieurs de l'intéressé montrent qu' il en tient autant, au service des musulmans et des catholiques (lire l'article de Gilles Klein). Ces lignes sont-elles crétines ? Certainement (même si juger de la crétinerie est parfaitement subjectif). En outre, il semble que la rumeur de la conversion du fils Sarkozy est fausse, au moins à en croire Val. Mais l'essentiel n'est pas là. A les lire et les relire, ce qui me frappe surtout, c'est qu' elles...ne sont pas drôles. Personnellement, elles ne me font pas rire du tout (comme d'ailleurs toute la production sinéenne, question de génération, sans doute). Et puisqu'e l'heure est aux réformes constitutionnelles, je propose d'ajouter cet article au préambule de la Constitution: le droit au dérapage sera reconnu aux dessinateurs et aux humoristes, pourvu...qu'ils soient drôles.

Actualisation : dans le courant de la journée, notre matinaute est revenu sur cette chronique, écrite trop vite, et injuste envers Siné. Le mea culpa est là.

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