Sarkozy ouvre la chasse au Guillon
Le matinaute
Le matinaute
chronique

Sarkozy ouvre la chasse au Guillon

Le chômage enfle.


L'année 2009 s'annonce "obscure" (Lagarde). Le plan de relance français est jugé insuffisant. L'Europe patine. Heureusement, la France a à sa tête un homme d'Etat qui ne se laisse pas détourner de l'essentiel: les blagues de l'humoriste de France Inter, Stéphane Guillon, à 7 heures 55 le matin. En se plaignant de Guillon, la semaine dernière dans un avion, retour de Rome, devant quelques journalistes rosissants d'avoir été choisis pour monter dans l'avion du Chef, Sarkozy a recadré les choses. Il a montré, une fois de plus, où allaient ses priorités.

Attention: l'Hyper a bien pris soin de préciser que le crime de Guillon n'est pas de s'en prendre à lui et à la Sarkozie. C'est d'avoir traité Martine Aubry de "pot à tabac" (de la même manière, le préfet de la Manche n'a pas été sanctionné pour avoir laissé siffler Sarkozy, assura sérieusement l'Elysée, mais pour avoir laissé matraquer des manifestants). Certains fins observateurs pensent même que "l'affaire Guillon" pourrait peser dans la non-reconduction éventuelle, en mai prochain, du PDG de Radio France, Jean-Paul Cluzel. D'ailleurs, les paris sont lancés. Qui héritera de Guillon ? Chaque bookmaker a son pronostic. Berretta-du-Point voit Denis Jeambar. Revel-de-L'Express en tient pour Laurent Joffrin. Inutile, dans les forums, de me demander ce que j'en sais: je n'en sais rien, n'ayant pas été invité à jouer aux devinettes aériennes.

La chasse présidentielle au Guillon a déjà fait deux malheureux: Gerra (RTL) et Canteloup (Europe 1), collègues infortunés de Guillon en rigolade matinale. Aux dernières nouvelles, au comble de la déprime, ils auraient cessé de s'alimenter. Cette offensive va faire encore grimper les audiences matinales de France Inter. La nature ayant horreur du vide, Sarkozy vient enfin de s'inventer un opposant. Guillon est désormais Le Symbole de la Liberté: tous derrière lui ! Pas touche à Guillon ! Lui qui se permettait déjà tout, peut s'en permettre davantage encore. Et Sarkozy, exploit suprême, vient même de le délier du devoir d'être drôle.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.