Navalny, et les baskets de Medvedev
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Navalny, et les baskets de Medvedev

500 arrestations, dont l'opposant Alexei Navalny : le bilan des manifestations anti-corruption en Russie

est, en France, l'un des titres de la matinée. Des milliers de citoyens sont descendus dans les rues de plusieurs villes de Russie, à l'appel de Navalny. Ils avaient notamment été mobilisés par une video d'investigation postée par Navalny sur Youtube, et vue onze millions de fois (ici sous-titrée en anglais). Elle dénonce le train de vie du Premier ministre, et ancien président, Medvedev. Elle dévoile tout le système de prête-noms, derrière lesquels il dissimule sa fortune. Comment Navalny a-t-il été mis sur la piste de cette fortune de Medvedev ? Grâce aux Anonymous, et à une paire de baskets. Il le raconte en détail dans la vidéo.

Sans doute des centaines de milliers de Russes ont-ils été sidérés par cette histoire de baskets (comme peuvent l'être les Français, par des histoires de costumes et de montres, appartenant à des élus politiques jusqu'alors considérés comme au-dessus de tout soupçon). Mais comment en parlent les medias publics russes en français ? Comme dans cet articlede RTFrance, à la remarquable sobriété. On y apprend que ces manifestations étaient "non autorisées". Que les organisateurs avaient refusé "tous les emplacements alternatifs que leur avait proposé la mairie de Moscou" (on aimerait bien savoir lesquels, avec une carte). Et que Navalny, arrêté, a écrit "tout va bien pour moi" sur son compte Twitter. Alors que ces medias multiplient les "live" sur Periscope sur la moindre manif dans une capitale européenne, pas une seule video de violence policière russe sur RTFrance. Et évidemment, pas une allusion aux baskets de Medvedev (ne serait-ce que pour démonter, le cas échéant, l'odieuse intox de Navalny).

Chaque jour, ici, nous essayons de déconstruire la propagande de nos propres medias, ce soft power occidental dans lequel nous baignons. Nous nous y attachons en priorité, du seul fait que nous y baignons, et que nous y sommes donc exposés de manière plus insidieuse. Il ne faudrait pas pour autant oublier que la propagande à l'ancienne, dans la plus pure tradition de la Pravda, se porte bien aussi, merci.

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