L'été de nos 20 ans
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L'été de nos 20 ans

On n'est pas très anniversaires, vous l'avez peut-être remarqué.

On n'est pas très autocélébrations, non plus. Dans un univers médiatique blindé d'autopromos en tous genres, on la joue plutôt modeste, en général. N'empêche que lorsque Robin, en réunion, a suggéré qu'on consacre cette année nos émissions d'été au 20e anniversaire d'Arrêt sur images, toute l'équipe a sauté sur cette excellente suggestion (et pas seulement parce qu'on n'avait pas d'autre idée mirobolante d'émissions d'été).

Car oui, les vieillards s'en souviennent, tout a commencé en 1995. En fait, tout avait commencé quelques mois plus tôt, par un appel de Jean-Marie Cavada, président de la toute neuve Cinquième. "Il faudrait qu'on ait une émission critique sur la télé, ça vous intéresserait de vous en occuper ?" On ne se connaissait pas. J'étais à l'époque chroniqueur télé au Monde, et depuis longtemps, je criais à qui voulait l'entendre qu'une telle émission était une nécessité. La télé était un outil tellement puissant, que retourner cette puissance contre elle-même m'apparaissait indispensable.

Je l'avais crié si fort que ce cri est arrivé aux oreilles de Cavada même si (je l'ai appris ensuite) avant de m'appeler, il avait sollicité toutes sortes de sommités qui, pour des raisons diverses, avaient décliné.

Donc, j'accepte. Tout de suite. Sans aucune idée sur la manière dont on fait une émission de télé, ni à quoi elle ressemblera, mais avec un concept simple : les images de télé tirent leur puissance d'influence de leur rapidité. Un sujet chasse l'autre, un plan chasse l'autre, un influx chasse l'autre, ça s'appelle le flux, ça ne s'arrête jamais. C'est un TGV lancé à pleine vitesse, et sans freins. Donc, on va les arrêter, et les disséquer à grands coups de débats, d'enquêtes, de chroniques, de parole. On va leur voler l'arme suprême : le tempo.

Aujourd'hui tout le monde le fait, les avant-soirées de la télé sont devenues un vaste espace de retour sur images, ce qui n'est d'ailleurs pas sans nous faire réfléchir, nous mêmes, sur l'endroit où nous sommes les plus nécessaires -comment être encore meta, quand le meta a envahi le présent ? Mais en 95, c'était nouveau. Et totalement sacrilège.

20 ans, ce n'est rien, et c'est énorme. Ce n'est rien : bien des vedettes de télé n'ont pas changé, le personnel politique s'est relativement peu renouvelé. Mais c'est énorme. Pour vous en convaincre, regardez par exemple notre toute première chronique Internet, qui a soulevé l'hilarité générale de l'équipe d'aujourd'hui. Et notamment quand je demande au président d'alors du CSA, Hervé Bourges, s'il est déjà "entré dans l'Internet" (la réponse est non).

20 ans, c'est suffisant, en tout cas, pour tenter d'explorer les permanences et les ruptures, dans la réflexion journalistique sur le journalisme et les medias. Donc, on va commencer à organiser tout ça par thèmes (premiers thèmes retenus, le divertissement, le terrorisme, les affaires, Internet justement, liste provisoire, qui a le temps de changer vingt fois d'ici juillet), avec tout plein d'extraits vintage rigolos, dans lesquels j'ai parfaitement l'air d'un poulet qui a avalé un parapluie.

Rien n'est encore définitivement figé, ni sur le fond, ni sur la forme. Vos suggestions de toutes sortes sont les bienvenues. Y a-t-il des moment mémorables, emblématiques, de l'émission ou de l'époque, que vous ayiez particulièrement envie de revoir, ou d'approfondir ? (vous avez même le droit de dépasser l'année 95. Et une émission particulière pourra même être consacrée à vos suggestions). Mieux encore, si ces 20 ans vous inspirent des idées de dessins, de photomontages, voire de vidéos traitant le sujet d'une manière ou d'une autre, n'hésitez pas à nous adresser vos créations et suggestions, ici. On en fera le meilleur usage.

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