"Les Arabes" : aux origines de la couverture du Point
De Rembrandt à Tarzan
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chronique

"Les Arabes" : aux origines de la couverture du Point

Les Arabes. L'histoire méconnue d'une civilisation Aux origines de la tragédie d'aujourd'hui. Avec cette couverture, chef-d'oeuvre incontesté digne de Je suis partout, Le Point se hisse au sommet de son art.

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Pour illustrer ce dossier consacré aux Arabes, Le Point a choisi une peinturlure de Jean-Joseph Constant qui signait ses oeuvres sous le pseudonyme de Benjamin-Constant, à ne pas confondre avec l’écrivain Benjamin Constant.

Benjamin-Constant-avec-un-tiret fut un peintre fort célèbre en son temps qui peignit, entre autres, les plafonds de l'Hôtel de ville de Paris, ceux de l'Opéra-Comique de Paris itou, sans oublier quelques fresques ornant les murs de la Sorbonne. Mais avant d'être un barbouilleur officiel de la Troisième République, Benjamin-Constant-avec-un-tiret fut, avec Henri Regnaut dont il était tout récemment question dans une précédente chronique, l'un des derniers grands peintres orientalistes. Et c'est l'une de ses oeuvres intitulée Dans le palais du sultan qui s'affiche cette semaine au fronton du Point, sublime peinturlure faite de clichés et d'approximations. Voici l'oeuvre, dans son entier :

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Dans le palais du sultan par Benjamin-Constant,
XIXe siècle

Benjamin-Constant-avec-un-tiret, qui fit un séjour de quelques mois au Maroc, réalisa pendant des années des toiles illustrant un Orient de bazar à la géographie embrouillée. Dans Le palais du sultan, par exemple, nous voyons deux Marocains protégés par… un janissaire turc ! Mélange improbable, confusion, collage réunissant deux hommes avachis, inactifs (l'Arabe est volontiers paresseux), et un impavide guerrier casqué (car ne l'oublions pas, l'Arabe a aussi la fibre belliqueuse et tant pis si les Turcs ne sont pas des arabes, tout ça c'est de la vermine pareille).

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Le Point ne pouvait choisir meilleure illustration pour son dossier consacré aux Arabes. L'histoire méconnue d'une civilisation• Aux origines de la tragédie d'aujourd'hui, peut-on lire sur sa couverture. Et si nous considérions les deux phrases comme s'il s'agissait d'une seule ? « L'histoire méconnue d'une civilisation aux origines de la tragédie d'aujourd'hui. » Ainsi perçues, ces deux sentences nous signifient que la civilisation arabe porterait en ses gènes, en son essence même, la tragédie actuelle. Celle qui relève du salafisme djihadiste et qui a pour nom État islamique, Daech. Il suffit donc de lire un peu rapidement pour comprendre que les Arabes sont, par définition, des terroristes. Et l'on repense alors à cette autre une de Je suis partout datée du 15 avril 1938, intitulée Les Juifs :

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Les Juifs. La question juive. Les Juifs et l'Allemagne (en attendant cet autre numéro daté du 17 février 1939 qui s'intitula Les Juifs et la France). Et cet encadré, en haut à gauche : « Que vous aimiez ou non les Juifs, vous devez savoir ce qu'ils sont. Informez-vous en lisant ce numéro rigoureusement objectif. »

On attend avec impatience un prochain numéro du Point titré Les Arabes et la France. À moins que Valeurs actuelles ne lui grille la politesse, car la compétition est rude.

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée Arabie saoudite recrute bourreaux. Emploi à temps plein, sabre fourni.

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Exécution sans jugement
sous les rois maures de Grenade

par Henri Regnault, 1870


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