La journaliste du Figaro et les assistés
Le matinaute
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La journaliste du Figaro et les assistés

Tiens, puisqu'il est question ces temps-ci de délimiter ce qui se dit et ce qui ne se dit pas, le séant et le malséant, un joli exemple. A peine publiée la chronique des matinautes d'hier, certains d'entre vous commençaient à jouer les détectives dans le forum. Cette Sophie Roquelle, journaliste au Figaro, et auteur de la longue enquête sur la France des assistés, ne serait-elle pas la même personne que Sophie Roquelle-Cirelli, épouse du numéro deux de GdF-Suez, Jean-François Cirelli ? Questions, liens édifiants (par exemple, vers cet autre article du Figaro, qui indique que la rémunération de Cirelli a triplé en 2008) jusqu'à ce que l'un d'entre vous copie-colle la notice du Who's who, qui ne laisse aucun doute: Sophie Roquelle et Sophie Roquelle-Cirelli ne font qu'une seule et même personne.

Et alors ? demanderont d'autres immédiatement. Sophie Roquelle, épouse Cirelli, a parfaitement le droit d'exercer la profession de journaliste. Elle a parfaitement le droit d'écrire sur la France des assistés, ou sur ces-vérités-qui-dérangent sur l'aide médicale aux étrangers. Elle a même le droit inaliénable d'être incorrigiblement optimiste, comme Minc, Godet, et quelques autres. Comme celles de n'importe quel journaliste, ses informations sont vraies ou fausses, impartiales ou orientées, indépendamment de son état marital. Sans doute un (e) autre journaliste du Figaro, se voyant commander une enquête sur "la France des assistés", aurait-il (elle) assuré la préparation d'artillerie de l'offensive de Copé contre le RSA, exactement de la même manière que Roquelle. Pour comprendre pourquoi écrit ce qu'écrit Le Figaro, une bonne connaissance de la structure de son actionnariat (tiens, à propos, vous aviez vu notre émission qui effleurait le sujet ?), ou du montant des recettes publicitaires du Figaro Magazine, est plus instructive qu'une investigation sur l'état-civil de ses journalistes, considérés individuellement. A la limite, on peut même soutenir que sa situation sociale place Sophie Roquelle, au contraire, à l'abri des pressions de sa hiérarchie, qui s'exercent sur d'innombrables pigistes et précaires de la profession -et s'en féliciter pour elle.

Adoncques, demanderez-vous, pourquoi l'écrire ? Pourquoi, en y consacrant la chronique de ce matin, faire franchir à cette information la ligne qui sépare les forums de l'espace rédactionnel du site ? Poser la question, c'est y répondre. Connaissant l'identité complète de la journaliste, il me semble que l'on lira différemment son enquête. Aura-t-on raison ou tort ? A chacun d'en décider ensuite, et d'en débattre. Pleinement informé de qui est qui.

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