La guerre en f@ce
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La guerre en f@ce

Quelle drôle d'idée !

Quand Justine Brabant, benjamine de notre aventure, nous a proposé de consacrer à la guerre notre série d'émissions d'été, notre première réaction fut de perplexité. Quelle drôle d'idée pour un été ! Un sujet d'été, n'est-ce pas obligatoirement plus... léger ? DSK, le féminisme à la française, le harcèlement sexuel, oui, ce sont des idées d'émissions d'été. Mais la guerre !

Et puis, la suggestion a fait son chemin. Après tout, pour la première fois depuis longtemps, la France s'est trouvée ce printemps engagée dans trois guerres à la fois (Afghanistan, Libye, Côte d'ivoire). Et après tout, c'est peut-être dans ce domaine de la guerre, que l'image formatée des télés est la plus éloignée de la réalité, puante, insaisissable, de la guerre. Sans même parler de l'absence de débat. Pourquoi l'armée française reste-t-elle en Afghanistan ? Pas de débat ! Comment sortir de la guerre de Libye ? Toujours aucun débat. Et si peu d'enquêtes, et si peu d'investigations, hors les éternels reportages "embedded" ! Sans même parler des guerres dans lesquelles la France n'est pas impliquée, comme la sanglante guerre de République Démocratique du Congo, largement inaperçue des écrans radars.

Allons plus loin dans l'introspection: si nous sommes parfaitement sincères, souhaitons-nous,souhaitez-vous vraiment, vous, oui vous, regarder la guerre en face ?

Et si nous nous interrogions sur cette incapacité, ou ce refus?

Cette série, nous l'avons donc amorcée la semaine dernière, en tentant de faire exploser les non-dits et la langue de bois sur la guerre de Libye, avec deux journalistes spécialisés, et un général remarquablement loquace et clairvoyant. Si vous ne l'avez pas encore vue, précipitez-vous.

Nous la poursuivrons cette semaine, avec le long témoignage de Hervé Ghesquière, l'un des deux journalistes-otages de France 3 libérés fin juin. Je ne l'interrogerai pas seulement sur sa détention, mais aussi sur la manière dont il est possible, pour un journaliste de télévision, de travailler sur la guerre aujourd'hui, en déjouant les pièges de la propagande... et de l'audimat. Et vous verrez que ses réponses décoiffent.

"Et si on osait faire autre chose que Pernaut ?" picto




Au fil de nos articles et de nos émissions d'été, vous ferez connaissance de journalistes de presse écrite, de journalistes de télévision, de responsables d'ONG, d''écrivains,

picto ou de photographes,

dont c'est précisément le métier de regarder la guerre en face. A travers leur regard, nous nous arrêterons sur quelques figures de l'iconographie de la guerre (combattants, otages, femmes violées, journalistes martyrs).

Si vous voulez comprendre pourquoi la figure de la victime a remplacé celle du combattant, si vous voulez apprendre pourquoi les journalistes, même parmi les meilleurs,

ne parviennent parfois pas à enfoncer un coin dans les récits des victimes, picto

et pourquoi la guerre reste malgré tout indicible, ne manquez pas nos émissions de cet été. Et pour terminer, nous formulerons une hypothèse, rien qu'une hypothèse, sur notre difficulté à regarder la guerre en face.


Et à la fin de l'été, le pique-nique

Encore un mot: à la fin de l'été, avec ceux d'entre vous qui le pourront, on se retrouvera autour de notre désormais traditionnel pique-nique.

Rendez-vous donc le dimanche 28 août, dans un lieu parisien dont les coordonnées précises seront communiquées ultérieurement sur le site. Réservez votre journée !

En attendant, vous pouvez replonger dans l'ambiance de notre premier et deuxième pique-nique...

Tout dernier mot: la chronique du matinaute va s'interrompre cette semaine, à une date encore non définie (le matinaute est un grand impulsif). Mais je ne serai que plus heureux de vous retrouver à la rentrée.

Et pour patienter, mes débuts de cameraman de plateau sont ci-dessous. Si vous voulez savoir de quoi parle Patrick Chauvel, rendez-vous le 29 juillet.

 

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