Assez blablaté, on plonge d@ns le texte !
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Assez blablaté, on plonge d@ns le texte !

Eh bien voilà. Si vous avez vu l'émission de cette semaine, vous connaissez déjà la surprise qu'on vous prépare,

puisque Judith est venue sur le plateau faire un peu d'autopromo, sous les quolibets de Didier Porte (la peste soit sur lui jusqu'à la trois cent dix-septième génération). On s'étend. On s'agrandit. On a sauté le pas. On sort de chez nous. Eh oui, tout arrive. On risque une incursion hors de l'univers confortable de la critique des insuffisances démédias, pour commencer à dessiner nous-mêmes une alternative possible. Don't hate the media, be the media : il fallait bien qu'on s'y mette un jour. Oh, lentement. A petits pas. On ne va pas créer un journal demain. Mais on va dans cette direction-là. La tentation était trop forte.

Première incursion, donc : une émission littéraire (oui, osons le mot). Qui rentre dans les textes avec gourmandise, avec exigence. C'est pour cette raison, qu'on l'a appelée D@ns le texte. Il vaut toujours mieux faire simple, quand on choisit un titre. Il existe ensuite par lui-même, le titre. Et il vous fixe le cap, de son doigt de feu.

Si vous voulez en avoir un avant-goût, c'est par ici. (Mise à jour, 11 mars : et l'émission entière est désormais en ligne pour nos abonnés, ici).

Judith Bernard sera animatrice de cette émission bimensuelle (enregistrée et mise en ligne tous les deux mardis), et j'en serai le producteur, dans la coulisse. Sur le plateau, Judith aura deux chroniqueurs réguliers: Frédéric Ferney, et Eric Naulleau. Pourquoi ce trio ? Très simple. Parce qu'ils se sont rencontrés sur un plateau d'@rrêt sur images en décembre, que la rencontre a bien fonctionné, et qu'il faut savoir sauter sur les occasions. Pourquoi Judith en animatrice ? Regardez la première, dès mardi à 19 heures, et vous ne poserez plus la question.

Dès que je leur en ai fait la proposition, Frédéric Ferney et Eric naulleau ont accepté. Naulleau, je crois (il ne m'en a rien dit) qu'il a envie de montrer qu'il n'est pas seulement le sniper à blablateurs de chez Ruquier qu'on voit sur Dailymotion, mais que s'il flingue, c'est au nom d'une certain amour des textes, dont il affinera certainement l'expression au fil des émissions. Quant à Ferney, qui vient d'ouvrir son blog, je pense, sans trahir de secret, que la sensualité de l'entretien télévisé avec des auteurs lui manque, depuis la suppression de son émission sur France 5. Je sais qu'il souhaite y revenir dès qu'il pourra, et je suis certain qu'il saura forcer l'occasion. En attendant, il patiente avec nous.

Il y avait bien des raisons de ne pas faire cette émission. Bien des objections, que nous nous sommes évidemment formulées à nous mêmes. Vous voulez les connaître ? En vrac: Il y a plein d'émissions littéraires, à la télévision. Que va-t-on vraiment apporter de plus ? D'autant que les @sinautes cherchent autre chose. Ils ne viennent pas sur le site pour voir une émission littéraire. Et de toutes manières, aucun écrivain ne voudra venir affronter Naulleau.

Prenons-les une par une, ces objections. Il y a beaucoup d'émissions littéraires, à la télévision, c'est vrai. Parfois, entre deux pipeule, il arrive même qu'elles reçoivent des écrivains. Et on papote. De l'écrivain lui-même. Dans le meilleur des cas, de l'histoire de son livre, ou du sujet. Mais du texte, jamais ou presque. Le texte, ce trou noir, ce mystère. Le texte, tu penses bien que ça va faire fuir la ménagère. Donc, nous, nous y serons en plein, dans le texte. Nous nous y accrocherons, avec la même énergie que nous nous accrochons aux informations, ou aux images, sur le site. Et c'est cette curiosité, cette exigence, l'intransigeance de Judith, cette gourmandise aussi, qui feront de cette nouvelle émission un enfant de la démarche d'Arrêt sur images. Quant à tous ceux que nous invitons et qui refuseront de venir (il y en a déjà. Si vous êtes gentils, je vous donnerai les noms) parce qu'ils ne veulent pas affronter le grand méchant Naulleau, eh bien...tant pis pour eux. Ce refus témoigne plutôt de leur manque de confiance dans leurs propres textes. Un écrivain sûr de son texte, pourquoi aurait-il peur d'Eric Naulleau ?

J'allais oublier : notre premier invité est Michel Vinaver. Vous ne le connaissez peut-être pas. C'est un auteur de théâtre (82 ans cette année), qui vient d'entrer au répertoire de la Comédie Française, avec une pièce ("L'ordinaire"), écrite en en 1982, mais qui est une métaphore "d'une troublante actualité", comme on dit, sur le crash du capitalisme. Accessoirement, dans une autre vie, il a fréquenté de l'intérieur l'univers des multinationales (il a été PDG de Gillette France). Pourquoi commencer par lui ? Parce qu'on avait envie d'entendre d'autres voix, sur la crise. D'autres voix que celles, aphones et inaudibles, des économistes et des politiques. On avait envie de confronter la crise à la puissance d'un texte.

Encore une chose : pour cette première, il est trop tard, mais pour les éditions suivantes, on tentera de vous donner le nom de l'invité deux semaines à l'avance. Cela permettra à ceux qui le souhaitent de lire son livre, et de glisser des questions ou des remarques à l'animatrice et aux chroniqueurs. C'est pas beau, une belle émission littéraire interactive ? Et joignant le geste à la parole, je commence tout de suite. Prochaine émission : Régis Debray d@ns le texte, pour "Le moment fraternité", chez Gallimard (j'aimerais vous faire un lien, mais je ne trouve pas le livre sur le site de Gallimard. On complètera ultérieurement). Mise en ligne le 24 mars.

Que vous dire, encore ? Quel secret vous révéler ? J'ai l'impression que tout a été si simple. La création du plateau, par exemple. Car il a fallu construire un plateau, évidemment. Visuellement, le plus différent possible du plateau d'@rrêt sur images. Mais grâce à François Rose, le meilleur déco-réalisateur de tout le web mondial, ça n'a pas été trop dur.

Et même très rapide... picto

Pour le reste, le magnifique logo que vous voyez en haut de ce texte a été dessiné par notre ami Alain Korkos. Et les sublimes bannières qui font la pub de l'émission sur la page d'accueil sont dûes au pinceau électronique affûté de notre chef de projet Julie Guilbault.

Faut-il "communiquer" à l'extérieur, à propos de cette nouvelle émission, ou laisser au bouche à oreille le soin de porter le bébé ? Je me suis posé la question. Eternel balancement du même éternel débat. Comme d'habitude, il y a du pour et du contre. Et comme d'habitude, on sera entre les deux. Pas de petit déjeuner de presse, de conférence de presse, de communiqué de presse. Pourtant, Ferney et Naulleau sur le même plateau, le méchant et le gentil, l'ange blanc et le bourreau de Béthune, ça se vendrait bien, coco. Reprises assurées. Télérama, Colombe Schneck, Les Inrocks, Le Monde Radio Télé, etc. Et un peu de buzz ne peut pas faire de mal. C'est pour cette raison que nous répondrons volontiers aux confrères qui, ayant vu l'émission, souhaiteront que l'animatrice, ou les chroniqueurs, ou le producteur, ou tous les quatre, ou qui ils voudront, leur en dise davantage. Mais d'abord, on attend vos réactions, à vous.

Dernière question: quel modèle économique ? Cela ne vous étonnera pas : je ne sais pas encore. Pour l'instant, chacun a accepté de se contenter de rémunérations qui en font certainement l'émission de critique littéraire la plus compétitive de tous les temps. Mais si nous voulons la réaliser correctement, il faudra à l'évidence un budget supplémentaire. Mon voeu le plus secret, c'est que cette nouvelle émission attire sur le site, et sur la chaîne arretsurmages.tv, qui lui fera évidemment une place digne d'elle, un flot de nouveaux abonnés, et nous permette par là d'élargir le public global du site et de la chaîne. C'est un pari. Nous verrons bien. De toutes manières, nous étudierons toutes les possibilités. Un abonnement distinct ? Une vente en VOD, à la pièce ? Je ne sais pas encore. Pour l'instant, on l'invente. On la jette à l'eau. Le reste, il sera bien temps de s'en occuper ensuite. Allez. Assez blablaté. Dès mardi, plongez d@ns le texte !

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