Chez Georges

Ancien enquêteur dans d"honorables journaux (Rouge, Le Canard enchaîné, Le Monde, entre autres) Georges Marion revisite périodiquement d'anciennes ou de nouvelles affaires, oubliées ou non.

Vignette Curiel Goldman
chronique du par

Goldman, Curiel, leur "assassin" et moi

Retour sur deux mystères d'outre-siècle

Militant révolutionnaire investi dans les luttes anti-impérialistes, Henri Curiel a été assassiné à Paris en 1978; militant révolutionnaire qui avait plongé dans le banditisme, Pierre Goldman l’a été un an plus tard, également à Paris. Curiel et Goldman ne naviguaient ni dans les mêmes eaux ni n’avaient suivi le même parcours. Hormis leur sensibilité politique, leur unique point commun fut leur mort violente jamais élucidée.Jamais les assassins n’ont été formellement identifiés. Or, dans un livre récent écrit par le journaliste Christian Rol (Le Roman vrai d’un Fasciste français, Edition La Manufacture de livres) un ancien militant d’extrême-droite mâtiné de mercenaire et de barbouze, s’accuse d’avoir participé aux deux crimes. Il est mort depuis, de même que Pierre Debizet, l’ancien patron du SAC, qui, selon lui, lui aurait commandité les deux assassinats.En ce qui les concerne, l’action publique est donc éteinte. Mais les mystères demeurent. Avec leurs mythes chaque fois relancés.

J’ai longtemps pensé que la mort du militant révolutionnaire Henri Curiel, assassiné à Paris le 4 mai 1978 par des tueurs non identifiés, était imputable aux services sud-africains. Avec, comme exécutants éventuels, d’hypothétiques mercenaires français. Je continue d’ailleurs à privilégier cette hypothèse, même si, aujourd’hui comme hier, je ne dispose d’aucune information définitive me permettant de la valider.

Au moment de l’assassinat, l’Afrique du Sud vivait encore sous un régime d’apartheid, n’hésitant pas, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières, à éliminer ses adversaires. Curiel était l’un d’eux, qui avait mis sur pied des filières d’aide logistique (évasion, faux papiers, hébergement) et des stages de formations diverses au profit des amis de Nelson Mandela. Que Pretoria l’ait fait tuer me paraissait donc crédible. Dix ans plus tard, à Paris encore, la représentante de l’ANC en France, Dulcie September, était à son tour assassinée, selon le même mode opératoire: devant son bureau par un tueur en embuscade. Là aussi les soupçons se portèrent sur les services sud-africains et quelques uns de leurs obligés évoluant dans le milieu des ex-mercenaires français. Mais, comme pour Curiel, l’enquête n’aboutit pas.

Curiel : mon enquête infructueuse en afrique du sud

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Commentaires d'utilité publique

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Je rejoins cette indignation -- quoique je commence à m'essouffler, c'est peut-être bientôt fini. On part sur une ...

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le 26/10/2013

Mais pourquoi "l'assassinat" de Boulin resurgit-il toujours ?

Faire un aussi long article pour un argument aussi mince, la lettre, sans tenir compte des "bizarreries" de ladite lettre, ...

Par Aldus
le 19/06/2013
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