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Maroc / Chantage : "prédateurs", "mercenaires" (presse marocaine)

Par le - 10h27 - suivi

Le Palais Royal n'a pas encore réagi à la mise en examen à Paris de deux journalistes français, soupçonnés d'avoir fait chanter le roi du Maroc. Les médias marocains, oui. Une partie d'entre eux, liés d'une façon ou d'une autre au pouvoir, dénonce les méthodes des journalistes français, en faisant parfois l'amalgame avec de précédents livres critiques sur le Maroc.

"La corruption n'est pas un fait du sous développement ou de l'univers sud comme certains donneurs de leçons de l'hexagone aiment à ressasser". Le quotidien Aujourd'hui Le Maroc (ALM) a la dent dure contre Eric Laurent et Catherine Graciet, et ce n'est pas le seul. Les deux journalistes, auteurs d'un livre très critique sur le règne de Mohamed VI en 2012, ont été interpellés à Paris jeudi 27 août, avant d'être mis en examen pour chantage et extorsion de fonds dans la nuit du vendredi 28 à samedi 29 août. "Éric Laurent et son chantage ne sont qu'une tentative parmi d'autres. Depuis le livre Notre ami le roi, signé par Gilles Perrault (ndr- paru en 1990), le Maroc a ainsi subi de nombreux préjudices par le biais de livres rarement objectifs (...) Les journalistes marocains n'ont rien à envier à leurs confrères occidentaux. Les auteurs de ce chantage se sont tout simplement trompés d'époque, de personne et de pays", estime le site d'information marocain créé en 2000 par Khalil Hachimi, qui dirige aussi la Maghreb Arabe Press (MAP), l'agence de presse étatique marocaine.


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Interrogé par ALM, le directeur de publication du journal arabophone Al Watan Al Ane, Abderrahim Ariri, estime que "l’heure est venue de rompre avec cette accointance et ce parti pris de l’élite politique, intellectuelle et économique marocaine avec les plumes occidentales. Il faut se comporter d’égal à égal avec ces plumes et ne plus applaudir et approuver tout ce qui nous vient de l’autre rive sans distinguer le bon grain de l’ivraie". Al Watan Al Ane s'était fait remarquer, le 29 janvier 2015, en comparant Hollande à Hitler en une de son magazine, en titrant : "Les Français vont-ils faire renaître les camps de concentration d'Hitler pour exterminer les musulmans ?". Le magazine entendait, quelques semaines après les attentats de Charlie Hebdo, dénoncer un "holocauste virtuel" des musulmans en France, qui ne seraient pas suffisamment protégés en France.

Des "mercenaires de la plume"

Le site de l'hebdomadaire économique marocain La Vie Eco, propriété du premier groupe énergétique marocain, Akwa Group, a aussi son avis sur la question : "Au-delà de son côté rocambolesque, l’histoire renseigne en tout cas sur les pratiques de certains milieux journalistiques en France : Comme on réclame de l’argent pour ne pas publier, on peut tout aussi écrire et publier des articles « commandés » contre sonnantes et trébuchantes". Dans le même article, Laurent et Graciet sont décrits comme "des mercenaires de la plume à qui font probablement appel les milieux français « hostiles » à ce Maroc qui les dérange par ses positions toujours transparentes et légalistes. Maintenant que ces milieux sont démasqués, on comprend un peu mieux comment s’organisent épisodiquement ces campagnes médiatiques acharnées contre le Maroc, ses institutions et son Roi…".

Que pense Le Matin, journal officieux du palais royal marocain, de toute cette affaire ? Etonnamment pas grand chose. Le site du quotidien s'est montré nettement moins offensif que ses confrères, en se contenant de reprendre la nouvelle et le témoignage de l'avocat du royaume, Eric Dupont Moretti.


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Capture Le Matin, 27/09/2015

Et à la télévision ? Cette "interpellation a fait la « une » des journaux télévisés du soir, malgré la campagne des élections communales commencée depuis seulement quelques jours. Des « experts » se sont relayés sur les plateaux des deux chaînes publiques pour dénoncer la « malhonnêteté » des deux journalistes, qualifiés de « prédateurs », et le « manque de respect de l’éthique journalistique dont ils font preuve chaque fois qu’ils écrivent sur le Maroc »", peut-on lire sur Le Monde Afrique.

L'occasion de relire notre enquête : "Deux journalistes français interpellés à Paris, soupçonnés d'avoir fait chanter le roi du Maroc".


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