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MarocLeaks : Le Monde et Le Figaro s'emparent (enfin) de l'affaire

Par le - 10h05 - suivi

Une tribune. Et le lendemain, un article explicatif ? Les lecteurs du Monde qui découvraient l'affaire MarocLeaks (évoquée par @si à de nombreuses reprises ici, ici ou encore ) ont dû rester perplexes. Le journal, qui n'en avait pas parlé jusqu'à présent, a d'abord publié, dans son édition datée samedi 3 janvier, une tribune du journaliste marocain, Ahmed Benchemsi.

Tribune

Benchemsi estime que les documents confidentiels (câbles diplomatiques, e-mails) diffusés au compte gouttes sur Twitter par celui qui agit sous le pseudonyme de @Chris_Coleman24 ne sont pas de nature à bousculer le régime marocain, même si l'on peut selon lui, "sans trop de risques", les estimer authentiques. "L’affaire ne fait pas vraiment scandale au Maroc. Il y a bien eu quelques articles dans la presse, écrits sans autocensure excessive – l’essentiel des informations fuitées y figurait –, mais sans réelle passion non plus", constate Benchemsi. Certes, l'aspect diplomatique n'a rien d'explosif : les câbles diplomatiques soulignent simplement que le Maroc est obsédé par la question du Sahara Occidental, ce que tout le monde savait.

Mais le volet médiatique de l'affaire n'a pas eu non plus l'écho escompté. La publication de mails révélant la proximité de journalistes marocains avec le pouvoir n'a pas choqué. "Samira Sitaïl, directrice de l’information de la chaîne de télévision publique 2M et informatrice zélée des services de renseignement –à en croire plusieurs mails révélés par le hacker — ne semble pas spécialement sur un siège éjectable. Pas plus qu’Ahmed Charaï, dirigeant d’un groupe de presse dont on sait maintenant qu’il est une façade des services secrets", constate encore Benchemsi. Avant d'ajouter : "La crédibilité de ses journaux, sites Web et station de radio est pourtant gravement compromise".

Même indifférence en France : les révélations sur les quatre journalistes français, soupçonnés d'avoir été financés par les renseignements marocains, sont tombées à plat et n'ont eu de l'écho que lorsque ces journalistes... ont publié deux tribunes pour démentir ces accusations. "Que certains faiseurs d’opinion français mangent à quelques râteliers marocains, ça aussi, on le savait depuis un moment. La « diplomatie pastilla » et les séjours tous frais payés à la Mamounia (prestigieux hôtel de Marrakech) de journalistes et politiciens « amis » de la monarchie est un vieux classique des relations franco-marocaines", analyse Benchemsi. Lequel rend son verdict : "un hacker ne peut déstabiliser à lui tout seul la monarchie marocaine".

Au lendemain de la publication de cette tribune, les lecteurs du Monde ont eu la surprise de découvrir en page 2... un papier d'ensemble résumant le MarocLeaks. Et à côté de ce papier, dans un encadré, Le Monde a expédié les accusations contre les quatre journalistes français... en relayant leurs démentis.

On interprète, et après on explique ?

 

Depuis le début de l'affaire, c'est peu dire que les médias français sont frileux. Hasard total : après la publication de l'article du Monde, c'est autour du Figaro.fr de s'emparer du MarocLeaks.

Hacker

Le site précise que "certaines révélations semblent avoir du crédit". Exemple ? Dans l'un des tweets de @Chris_Coleman24, repris par le journal espagnol El Mundo, on apprend que "la France et le Maroc n'auraient plus de coopération concernant la lutte antiterroriste depuis la crise diplomatique entre les deux pays du printemps dernier". Une crise née d'une plainte d'une ONG française pour "torture" et "complicité de torture" contre Abdellatif Hammouchi, le Directeur général de la surveillance du territoire (DGST). Et selon El Mundo, ce sont "les services antiterroristes espagnols [qui] joueraient désormais les intermédiaires entre Rabat et Paris".

En revanche, comme le reste de la presse, s'agissant du volet médiatique français, Le Figaro a fait le service mini-minimum en expédiant les accusations contre les quatre journaliste de LCI, L'Express, Le Point, Libé... en une phrase !

L'occasion de relire notre enquête : "Quatre journalistes français auraient été instrumentalisés par le Maroc"


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