Yade, DSK, protections rapprochées : l'art des questions
Brève

Yade, DSK, protections rapprochées : l'art des questions

Alors, matinautes : yadistes, ou bachelotiens ?

Pensez-vous que Yade a eu raison de mettre les pieds dans le palace de Lébleus en Afrique du Sud, et d'en dénoncer les coûts faramineux, ou bien, avec Bachelot, qu'elle a cassé, la vilaine, les tibias desdits Lébleus ? Et les somptuaires gardes du corps de Bayrou, de Royal, ou de Danielle Mitterrand ? Qu'en pensez-vous, hein, qu'en pensez-vous vraiment ? A l'heure de la crise grecque, des décisions douloureuses, des sacrifices nécessaires, est-il vraiment acceptable de laisser un garde du corps à Danielle Mitterrand? Le Parisien posait la question hier matin. TF1 la répétait hier soir. Les radios la reprennent en choeur ce matin.

De toutes parts, chaque matin, surgissent des sommations, à se prononcer sur des questions d'aucun intérêt, mais néanmoins savamment posées. Tiens, à propos de sommations, un nième sondage nous assure, dans Libé, que DSK, promis, juré, craché, téléphoné, est "le meilleur candidat de la gauche" en 2012. Notez qu'on n'a pas demandé aux sondés s'ils voteraient pour lui. On leur a seulement demandé s'il serait "le meilleur". Dix sondages précédents ayant déjà assuré qu'il serait "le meilleur", que font donc les sondés ? Ils répètent. DSK sera forcément le meilleur, puisque les sondages répètent qu'il sera le meilleur. Le meilleur, comme avant lui Barre, Delors, ou Balladur, furent forcément, eux aussi, les meilleurs, puisque les sondages le disaient. Vivent les bulles.

Pendant ce temps, du front de la crise, nous parviennent des nouvelles comme d'habitude a priori indéchiffrables. Merkel a annulé au dernier moment un dîner avec Sarkozy, ce qui, dans la porcelaine des relations franco-allemandes, est l'équivalent d'un vase balancé contre le mur du salon. Mais qu'on se rassure : tout va bien. Pendant ce temps, Lagarde et ses homologues "finalisaient" définitivement, juré, craché, téléphoné (la photo en fait foi), les fameux 750 milliards du plan de stabilisation, qui dormaient "sur la table" depuis un mois. En échange, parait-il, l'Allemagne a obtenu que les budgets des Etats soient désormais soumis à la "validation" de Bruxelles. Tout ceci, bien entendu, est définitif, juré, craché, téléphoné.

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