Xavier Bertrand étrille un journaliste local
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Xavier Bertrand étrille un journaliste local

Retour sur polémique. Le 16 janvier dernier, Xavier Bertrand, secrétaire national de l'UMP et adjoint au Maire de Saint-Quentin (Aisne), prenait violemment à parti un journaliste pendant une émission de Public Sénat. Depuis deux jours, Bruno Roger-Petit, sur LePost, puis Rue89 sont revenus sur cet échange aux limites de la courtoisie...

Nicolas Totet, journaliste au Courrier Picard et invité par Public Sénat à participer à l'interview de Xavier Bertrand, provoque la colère du député. Mal à l'aise pour cette intervention télévisée, il pose la question de la succession de l'actuel maire de Saint-Quentin, Pierre André, ayant annoncé début janvier qu'il souffrait d'un cancer. Et voici la réponse du député :

Nicolas Totet se fait étriller en direct par Xavier Bertrand picto

Après cette séquence, Totet se dit "taillé en pièces, humilié. Je ne savais plus où j'étais." Selon Rue89, Didier Louis, patron de Totet, "dit qu'il est resté « très marqué » par cette interview : « Sa question était très maladroite, mais elle devait être posée, en y mettant mieux les formes. Il a été cloué au pilori. Ce sont les rapports d'un journal régional avec les politiques locaux. Ce genre d'incidents arrive avec des politiques de droite ou de gauche. »"

Une hargne et une violence qui s'expliquent en partie par les rapports difficiles entre le Courrier Picard et la mairie de Saint-Quentin. Selon Augustin Scalbert, de Rue89, "depuis début 2009, le rédacteur en chef adjoint de l'Aisne Nouvelle [l'autre journal de Saint-Quentin] est Erick Leskiw, qui me confiait au moment de sa nomination être un « ami de 20 ans » de Xavier Bertrand, à qui il rendait de menus services. En racontant la fronde que cette nomination avait provoquée dans la rédaction de l'Aisne Nouvelle, le Courrier Picard avait titré « L'ombre de Xavier Bertrand plane sur l'Aisne Nouvelle ». « Depuis, il avait envie de se payer le Courrier Picard », croit savoir un journaliste de la rédaction. Le journal a été blacklisté par la mairie pendant un an, jusqu'à l'annonce des ennuis de santé du maire". Emmanuel Mousset, l'une des voix socialistes de Saint-Quentin, reprise par l'Express explique : "Le Courrier a parfois pris position contre la mairie. Il a publié quelques articles sur des quartiers laissés à l'abandon, sur des commerçants qui plient boutique, sur des travaux qui n'avancent pas".

Sur LePost, Bruno Roger-Petit s'interroge : "Cette séquence en dit long sur la conception des rapports entre journalistes et politiques selon Xavier Bertrand. Elle en dit long sur la violence dont certains politiques sont prêts à faire preuve envers la presse et les journalistes dès lors que ceux-ci ne jouent pas le jeu convenu et ne bénéficient pas de la mobilisation de la vieille garde éditoriale préoccupée de sauver le soldat Chabot. Peillon ne vient pas à un débat télé, et c'est la mobilisation générale des journalistes institutionnels. Bertrand crucifie un journaliste, le maltraite, l'injurie, et c'est le silence absolu. Etonnant."

(Par Colin Bertier)

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