Vive Christ et Piss Le Pen : transgressions
Brève

Vive Christ et Piss Le Pen : transgressions

Bon sang mais c'est bien sûr, Andres Serrano, l'auteur de "Piss Christ", la photo d'un crucifix baignant dans l'urine, vandalisée à Avignon le week-end dernier, est chrétien. D'ailleurs, il détient des oeuvres chrétiennes chez lui. "J’aimerais travailler au Vatican, réaliser une grande œuvre religieuse à Rome, dans les églises de la cité pontificale. J’aimerais que le Saint-Siège comprenne que je suis un artiste profondément chrétien de mon temps" explique-t-il à Libération. D'ailleurs, une bonne soeur critique d'art américaine avait expliqué (et Wikipedia s'en souvient) que la photo du Christ dans l'urine était une manière de dénoncer "ce que nous avons fait du Christ". C'est toujours un bonheur d'entendre un artiste expliquer ses oeuvres. Lors d'une précédente exposition consacrée à une déclinaison de la merde, Serrano avait confessé que la merde la plus intéresante était celle d'un prètre.

picto Ci-contre, l'artiste lors d'une précédente vandalisation, dite "vandalisation de Melbourne" (1997)

Le fait (me fait malicieusement remarquer Alain Korkos) qu'un tirage de Piss Christ ait atteint le prix de 277 000 dollars à New York en 2008 est certainement sans aucun rapport avec le plaisir de l'artiste à entretenir ou à...ressusciter le scandale autour de son oeuvre.

Bon sang mais c'est bien sûr: Robert Ménard n'est pas lepéniste. Absolument pas, même s'il considère tout de même que Le Pen propose de bonnes choses. S'il a titré son opuscule (sortie prochaine) Vive Le Pen, c'est afin de démontrer qu'en France, aujourd'hui, on n'a pas le droit de dire Vive Le Pen. Et Pascale Clark l'invitait ce matin sur France Inter, pour démontrer qu'au contraire, en France, aujourd'hui, on a le droit de venir à la radio dire qu'on n'a pas le droit de dire Vive Le Pen à la radio. La nuit, Ménard doit rêver d'une chose: ah, s'il pouvait se trouver quelque part un commando pour venir vandaliser la pile de ses opuscules dans une librairie, de préférence devant une caméra ! Allez, qui se dévoue ?

La capacité instinctive du système à agglomérer toute transgression fût-elle la plus stupide, la plus opaque, la plus ambiguë, la plus indéchiffrable des transgressions, pour peu qu'elle soit toniturante, reste toujours sidérante, Comparez la place dévolue à Vive Le Pen et à Piss Christ, à la place faite à la dégradation, par Standard and Poors, de la perspective des Etats-Unis, de stable à négative (ce qui signifie qu'il existe au moins une probabilité d'un tiers que la note AAA des USA soit abaissée dans les deux ans). Vous avez bien entendu: la note américaine. Nord américaine. Pas grecque, ni portugaise, ni irlandaise: américaine. Que signifie cette dégradation exactement ? Veut-elle bien dire ce que l'on pense immédiatement qu'elle veut dire (les agences de notation se résolvent enfin à regarder le déficit américain de la même manière que le déficit grec) ? Et alors pourquoi maintenant, et pas l'an dernier ? Et quelles suites ? Et quelles conséquences ? Patientez un peu. On vous en reparlera, quand on en aura fini avec Vive Christ et Piss Le Pen.

Bon sang mais c'est bien sûr, Andres Serrano, l'auteur de "Piss Christ", la photo d'un crucifix baignant dans l'urine, vandalisée à Avignon le week-end dernier, est chrétien. D'ailleurs, il détient des oeuvres chrétiennes chez lui. "J’aimerais travailler au Vatican, réaliser une grande œuvre religieuse à Rome, dans les églises de la cité pontificale. J’aimerais que le Saint-Siège comprenne que je suis un artiste profondément chrétien de mon temps" explique-t-il à Libération. D'ailleurs, une bonne soeur critique d'art américaine avait expliqué (et Wikipedia s'en souvient) que la photo du Christ dans l'urine était une manière de dénoncer "ce que nous avons fait du Christ". C'est toujours un bonheur d'entendre un artiste expliquer ses oeuvres. Lors d'une précédente exposition consacrée à une déclinaison de la merde, Serrano avait confessé que la merde la plus intéresante était celle d'un prètre.

picto Ci-contre, l'artiste lors d'une précédente vandalisation, dite "vandalisation de Melbourne" (1997)

Le fait (me fait malicieusement remarquer Alain Korkos) qu'un tirage de Piss Christ ait atteint le prix de 277 000 dollars à New York en 2008 est certainement sans aucun rapport avec le plaisir de l'artiste à entretenir ou à...ressusciter le scandale autour de son oeuvre.

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