Sous-évaluation hippodrome : Woerth était prévenu (Canard)
Brève

Sous-évaluation hippodrome : Woerth était prévenu (Canard)

Le Canard riposte.

Alors que l'ex-ministre du budget Eric Woerth avait annoncé le 15 juillet son intention de déposer une plainte contre le journal satirique, pour diffamation, pour avoir écrit qu'il avait vendu l'hippodrome de Compiègne "pour un prix préférentiel et sous-évalu", le Canard enchaîné sort aujourd'hui des documents qui prouvent qu'il était au courant de cette sous-évaluation.

Woerth Canard

Woerth est soupçonné d'avoir cédé à la société des courses de Compiègne, dont le président est un proche, en mars 2005, un terrain domanial - une forêt de l'Etat - au 1/5e du prix, sans appel d'offre ni publicité, alors qu'il était ministre du Budget. "Sous la houlette du ministère du Budget, cet hippodrome, avec ses 57 hectares, une tribune de près d'un millier de places, un restaurant et un manoir anglo-normand de 300m2, a été cédé, le 18 mars 2010, à la société des courses de Compiègne pour 2,5 Millions", rappelle Le Canard.

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Mais Woerth avait bel et bien été prévenu par trois services de l'Etat, que cette estimation était fantaisiste. Le Canard publie des documents l'attestant. Dès le 22 juillet 2009, le directeur technique et commercial de l'Office national des forêts, Bernard Gamblin, conteste la proposition de l'acheteur, qui offre, au départ, 1,5 million. "Aucun lien avec la valeur réelle", écrit-il, estimant le prix à "au moins 10 fois supérieur à cette estimation".

Le 16 mars 2010, Philippe Dumas, président de la Commission pour la transparence des opérations immobilières de l'Etat, adresse "en urgence" une note au cabinet de Woerth. Il évoque l'"irrrégularité" de la procédure, et les "risques" pris par le ministre, et ajoute : "le prix convenu paraît assez faible". Selon lui, l'hippodrome vaut entre 11 et 19 millions.

Enfin, le directeur général des Finances publiques, Philippe Parini, affirme dans une note à Woerth le 1er septembre 2009, qu'il faut impérativement "lancer un appel d'offre", et recourir à une "expertise privée" pour établir la valeur du bien.

"Trois avis, trois bras d'honneur du ministère du Budget", conclut Le Canard. Et d'ajouter : "Si Woerth nous fait vraiment le cadeau d'un procès, Le Canard se fera une joie de citer à la barre ces trois haut fonctionnaires".

L'occasion de relire notre article "Woerth : délit de favoritisme", et notre dossier, Bettencourt, la milliardaire, le fisc, et le pouvoir.

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