Sondages : "Quelque chose ne va pas" (Le Monde)
Brève

Sondages : "Quelque chose ne va pas" (Le Monde)

Pour les sondeurs, la situation est embarrassante. Les intentions de vote qu'ils mesurent pour le premier tour de la présidentielle divergent très fortement d'une entreprise à l'autre. Et même dans des proportions "plus importantes que ce que l’on observait par le passé", selon Brice Teinturier, le directeur d'Ipsos. C'est ce que relève Le Monde dans dans une double page ce week-end.

Pour le sondeur CSA, l'écart d'intention de vote entre les deux principaux candidats s'est réduit depuis la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy. Il n'en est rien d'après l'Ipsos, pour qui les sondages sont restés stables. Au premier tour de l'élection, Ipsos classe ainsi Sarkozy et Hollande à sept point d'écart (25% contre 32%), tandis que CSA ne voit qu'un petit point entre les deux (27% contre 28%). Chose rare, même les sondeurs semblent reconnaître l'étrangeté de la situation. Pour Roland Cayrol, cité par Le Monde comme ancien sondeur "quelque chose ne va pas."

La Commission des sondages n'y voit pourtant "aucun défaut de qualité" ni "aucune irrégularité."

Alors comment expliquer de tels écarts ? La date à laquelle ont été menées les enquêtes d'opinion n'est pas la même, et le meeting du candidat-président était entre les deux, ce qui a pu jouer. Autre explication, la façon dont est administré le questionnaire aux sondés, sur internet ou par téléphone. Enfin, la méthode de redressement employée n'est pas la même selon les sondeurs, qui gardent jalousement secrets leurs procédés en la matière.

En outre, Le Monde revient aussi sur la difficulté qu'ont les sondeurs pour évaluer les intentions de vote du Front National. Et même si, selon Frédéric Dabi de l'Ifop, "le vote FN est de plus en plus dicible" (inimitable jargon), Marine Le Pen, elle, assure qu'"au téléphone, il y a encore une gêne, les gens se disent «Ils ont mon numéro.»"

Cela fait longtemps qu'@si navigue parmi les mystères des sondages. Replongez donc dans notre dossier Sondages, l'arme fatale.

(François Geffrier)

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