Retraites : la révolte brouillée
Brève

Retraites : la révolte brouillée

Sous les flonflons glorieux de la commémoration gaullienne
micro BBC

, sous les sanglots de rage de la déroute de lébleus, il arrive que les radios reviennent sur la réforme des retraites, dont le contenu a été dévoilé au siècle dernier, pardon, avant-hier. C'est en général pour faire entendre des interviews désolées, résignées, recueillies à la porte d'une usine. Par ailleurs, parviennent des sondages qui répètent tous la même chose : les Français, dans leur majorité, sont opposés à cette réforme. Par ailleurs enfin, les chefs syndicaux, maintiennent une protestation que neutralise l'identité même de ceux qui l'expriment. Ce matin, sur RTL, c'était Bernard Thibault, qui a semblé apprendre à un Aphatie stupéfait la tenue du briefing masqué de Christine Lagarde, que je vous racontais hier, sitôt terminée la conférence de presse à grand spectacle de Woerth. Il faut s'informer, Aphatie ! Il faut lire les bons sites !

Mais tout celà semble n'être rien de plus qu'un bruit de fond. Un bruit de fond savamment estompé, d'ailleurs, comme les ingénieurs du son des télés sont parvenus à estomper le bourdonnement des vuvuzelas, lors des retransmissions de matches. C'est un des prodiges techniques quotidiens du Système, que sa manière d'estomper les messages dans un savant brouillage, dont rien ne surnage.

Et sous le brouillage ? Eh bien, loin, très loin des micros, il paraît que ça bouge. Gérard Filoche, inspecteur du travail et dirigeant socialiste, qui multiplie en ce moment les meetings d'information en province contre la réforme des retraites, me racontait, lors du plateau que nous avons exceptionnellement enregistré hier soir (l'émission sera en ligne ce soir, comme d'habitude) que ces meetings font le plein, souvent au-delà des cercles militants habituels. Seulement maintenant ? Oui. Le démarrage a été tardif. Sans doute a-t-il fallu le temps que celà parvienne au cerveau, à travers la ouate des apparentes évidences démographiques : oui, pour complaire en hâte aux agences de notation, on a retiré deux ans de retraite aux ouvriers, aux salariés, dans une réforme qui par ailleurs ne réglera rien. Ces meetings se multiplient. Vous n'en entendez pas parler à la radio ? Normal. Il en va toujours ainsi des grands mouvements sociaux, qui ont une étonnante capacité à voler sous les écrans radar. Mais vient toujours un moment où le brouillage se dissipe.

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